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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 15:49
Les poètes de Léo Ferré chanté par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi
Les poètes de Léo Ferré chanté par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi

                   Les poètes de Léo Ferré :

 

Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Les sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité

Ce sont des drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l'âme

Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l'Art

Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux

Ils ont des paradis que l'on dit d'artifice
Et l'on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l'on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l'égout

Léo Ferré

-----------------------------------------

Une très belle interprétation de ce poème par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi à découvrir en mode "jazz" :

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 15:42
Poème : A Madame du Deffant par VoltairePoème : A Madame du Deffant par Voltaire

Voltaire (1694-1778) est surtout connu pour ses contes philosophiques tels Candide, Zadig. Il a toutefois été également poète. Ainsi, ce poème de 1773 à Mme du Deffand (1697-1780), connue comme épistolière et comme "salonnière". Elle ouvrit son salon en 1749 dans les appartements occupés autrefois par Mme de Montespan, rue Saint Dominique à Paris. D'Alembert, Marivaux entre autres l'ont assidûment fréquenté.

 

Titre : À Madame du Deffant

Voltaire (1694-1778)

Recueil : Poésies complètes (1778).

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu'au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n'a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n'obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j'essaie encor ma voix
Au moment même qu'elle expire.

"Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante."

Mais quand on sent qu'on va passer,
Quand l'âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu'il a fait en santé.
Quel mortel s'est jamais flatté
D'un rendez-vous à l'agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S'en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu'elle fut belle,
Et qu'elle a vécu pour l'amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?... Dieu le sait, ma chère.

À Ferney, le 16 novembre 1773.

Voltaire.


Read more at http://www.poesie-francaise.fr/voltaire/poeme-a-madame-du-deffant.php#1CAmB5PDAA8xiF0t.99

Poème : A Madame du Deffant par Voltaire
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 20:03

Paroles et traduction de «Suzanne»

 

Suzanne (Suzanne)

 

Suzanne takes you down to her place near the river
Suzanne t'emmène chez elle près de la rivière
You can hear the boats go by
Tu peux entendre les bateaux voguer(1)
You can spend the night beside her
Tu peux passer la nuit auprès d'elle
And you know that she's half crazy
Et tu sais qu'elle est à moitié folle
But that's why you want to be there
Mais c'est pour ça que tu veux rester
And she feeds you tea and oranges
Et elle te nourrit de thé et d'oranges
That come all the way from China
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
And just when you mean to tell her
Et juste au moment où tu veux lui dire
That you have no love to give her
Que tu n'as aucun amour à lui donner
Then she gets you on her wavelength
Elle t'entraîne dans ses ondes
And she lets the river answer
Et laisse la rivière répondre
That you've always been her lover
Que tu es son amant depuis toujours

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that she will trust you
Et tu sais qu'elle aura confiance en toi
For you've touched her perfect body with your mind.
Car tu as touché son corps parfait avec ton esprit.

And Jesus was a sailor
Et Jésus était un marin
When he walked upon the water
Quand il marchait sur l'eau
And he spent a long time watching
Et il passa très longtemps à observer
From his lonely wooden tower
Du haut de sa tour solitaire en bois
And when he knew for certain
Et quand il eût la certitude
Only drowning men could see him
Que seuls les hommes sur le point de se noyer pouvaient le voir
He said All men will be sailors then
Il dit tous les hommes seront des marins alors
Until the sea shall free them
Jusqu'au moment où la mer les libérera
But he himself was broken
Mais lui-même fut brisé
Long before the sky would open
Bien avant que le ciel ne s'ouvre
Forsaken, almost human
Abandonné, presque humain
He sank beneath your wisdom like a stone
Il sombra sous ta sagesse comme une pierre

And you want to travel with him
Et tu veux voyager avec lui
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you think maybe you'll trust him
Et tu penses que peut-être tu lui feras confiance
For he's touched your perfect body with his mind.
Car il a touché ton corps parfait avec son esprit.

Now Suzanne takes your hand
Maintenant Suzanne prend ta main
And she leads you to the river
Et te conduit à la rivière
She is wearing rags and feathers
Elle est vêtue de haillons et de plumes
From Salvation Army counters
Venant des guichets de l'Armée du Salut
And the sun pours down like honey
Et le soleil coule comme du miel
On our lady of the harbour
Sur notre dame du port
And she shows you where to look
Et elle t'indique où regarder
Among the garbage and the flowers
Au milieu des déchets et des fleurs
There are heroes in the seaweed
Il y a des héros dans les algues
There are children in the morning
Il y a des enfants dans le matin
They are leaning out for love
Ils s'inclinent par amour
And they will lean that way forever
Et ils s'inclineront ainsi pour l'éternité
While Suzanne holds the mirror
Pendant que Suzanne tient le miroir

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that you can trust her
Et tu sais que tu peux lui faire confiance
For she's touched your perfect body with her mind.
Car elle a touché ton corps parfait avec son esprit.

(1) littéralement passer ( mais fallait éviter la répétition de passer )


En savoir plus sur http://www.lacoccinelle.net/243649.html#51gQDl1EQ1CSVEPW.99

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 15:56

 

Après avoir vu une video très intéressante de Pauline Picot lisant son texte "A l'heure qu'il sera" et que je mets en fin d'article, j'ai demandé à "Appelle-Moi Poésie" de se présenter et voici le texte que m'a adressé Catel Tomo, coordinateur du projet :

 

 

Appelle-Moi Poésie est la première websérie francophone consacrée à la poésie.

Sur internet, nous produisons et diffusons des vidéos courtes où des auteurs interprètent leur poème dans des lieux ordinaires ou inattendus. Cette initiative est inédite en France.

Notre volonté est de rendre la poésie accessible à un plus large public, en restant exigeant sur la qualité des créations.

A l'heure actuelle, Appelle-Moi Poésie, c'est une équipe de 10 collaborateurs bénévoles. Nous avons déjà acquis la confiance de 40 poètes avec qui nous travaillons, et de plusieurs maisons d'édition qui mettent des œuvres de leur catalogue à notre disposition. Deux ans après son lancement, Appelle-Moi Poésie compte aujourd'hui 250 000 vues pour ses vidéos et 10 000 abonnés sur Facebook.

Parallèlement à cette activité vidéo, Appelle-Moi Poésie met en place d'autres projets afin de travailler avec les auteurs dans la continuité.

- Ainsi, nous publions, à la fin de chaque saison vidéo, un recueil papier qui regroupe les textes des auteurs filmés dans la saison. Ce recueil, édité et fabriqué par nos soins, est vendu en partie dans sur notre boutique en ligne : http://www.appellemoipoesie.com/produit/lv1/

- Nous organisons des rencontres intitulées "Tu parles ! Portes et bouches ouvertes sur la poésie" lors desquelles nous invitons le public à venir échanger avec les auteurs que nous avons filmés, autour de lectures et de performances interactives.

- Enfin, depuis janvier 2016, Appelle-Moi Poésie anime un atelier ambulant de créations poétiques intitulé "Poésie-Box", auprès des 6-12 ans.

Site internet : www.appellemoipoesie.com

 

​Bonne découverte,

 

​Denis

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 15:31
Poème de John Keats : A thing of beauty

Un auteur : John Keats (1795-1821)

Un recueil : Endymion

Un poème :

 

            A thing of beauty

 

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make
'Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.

Poème de John Keats : A thing of beauty
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 16:49
Chanter la poésie : Alfred de Musset par Gainsbourg

Un poète : Alfred de Musset (1810-1857)

Un chanteur :Serge Gainsbourg (1928-1991)

Un poème :

 

                       La nuit d'octobre (extrait) - recueil "Poésies nouvelles"

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

 

Le texte complet sous forme "théâtrale" (dialogue entre la muse et le poète) est sur ce site :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_musset/la_nuit_d_octobre.html

 

Serge Gainsbourg a chanté cet extrait au début de sa carrière. Je l'ignorais complètement.

A découvrir pour "l'histoire de la chanson".

 

 

 

 

 

 

 

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:31
Chanter la poésie : Léopold Sédar Senghor par Ascal

Un poète : Léopold Sédar Senghor (1906 - 2001 / Sénégal)

Un chanteur : Bernard Ascal  ( http://www.bernard-ascal.com/ ) 

                       Recueil : Poètes de la négritude

Un poème :  

 

                     Ma soeur, ces mains de nuit

 

                                     (pour riti)*

 

- Ma soeur, ces mains de nuit sur mes paupières !

- Devine la musique de l'Enigme.

 

- Oh ! ce n'est pas la bête brute qu'est le Buffle, pas les

  pattes sourdes du pachyderme

Pas le rire des bracelets aux chevilles de la servante lente

Pas les pilons encore lourds de sommeil, pas le rythme des

   routes en corvée.

 

Ah !  le balafong de ses pieds et le gazouillis des oiseaux

   de lait !

Les cordes hautes des kôras, la musique subtile de ses

  hanches !

C'est la mélodie du blanc Méhari, la démarche royale de

  l'autruche.

 

- Et tu as reconnu ta Darne, la musique qui fait mes mains

  tes paupières si transparentes.

- J'ai nommé la fille d'Arfang de Siga.

 

Poème extrait du recueil "Nocturnes"

 

(Le violon peul, le riti ou encore le nianiorou est un instrument de musique à corde frottée. Il s'utilise avec un archet, ne comporte qu'une seule corde et le son qu'il produit est un son aigu. Le riti dispose de 5 notes. C'est instrument qui est utilisé en milieu  peul, notamment les bergers peuls.

Le riti accompagne ordinairement le poème satirique.

 

Ici, Bernard Ascal utilise des instruments occidentaux pour l'interprétation du poème.

Photo du riti

Photo du riti

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:43
Chanter la poésie : Neruda par "Harpe et poésie"

Un poète : Pablo Neruda (1904-1973)

Un chanteur (récitant) / une musicienne : Harpe et poésie

Un poète,une harpiste… Patrick GASTALDI, un amoureux de la poésie et Laure BERTRAND, harpiste professionnelle

 

Un poème :

 

          Je prends congé, je rentre

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

 


Pablo Neruda

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 18:44
Chanter la poésie : Thiéfaine par Thiéfaine

Un poète : Hubert-Félix Thiéfaine (né en 1948)

Un chanteur : Hubert-Félix Thiéfaine

Un poème (chanson) :

 

             Alligators 427

 

 

Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

 


En savoir plus sur http://www.paroles-musique.com/paroles-Hubert_Felix_Thiefaine-Aligator_427-lyrics,p56690#ocT0Y1Y1eOz0tkVo.99

Alligator 427

Chanter

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:01
Chanter la poésie : Apollinaire par Serge Reggiani

Un poète : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un chanteur : Serge Reggiani (1922-2004)

Un poème :

 

             Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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