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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 20:03

Paroles et traduction de «Suzanne»

 

Suzanne (Suzanne)

 

Suzanne takes you down to her place near the river
Suzanne t'emmène chez elle près de la rivière
You can hear the boats go by
Tu peux entendre les bateaux voguer(1)
You can spend the night beside her
Tu peux passer la nuit auprès d'elle
And you know that she's half crazy
Et tu sais qu'elle est à moitié folle
But that's why you want to be there
Mais c'est pour ça que tu veux rester
And she feeds you tea and oranges
Et elle te nourrit de thé et d'oranges
That come all the way from China
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
And just when you mean to tell her
Et juste au moment où tu veux lui dire
That you have no love to give her
Que tu n'as aucun amour à lui donner
Then she gets you on her wavelength
Elle t'entraîne dans ses ondes
And she lets the river answer
Et laisse la rivière répondre
That you've always been her lover
Que tu es son amant depuis toujours

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that she will trust you
Et tu sais qu'elle aura confiance en toi
For you've touched her perfect body with your mind.
Car tu as touché son corps parfait avec ton esprit.

And Jesus was a sailor
Et Jésus était un marin
When he walked upon the water
Quand il marchait sur l'eau
And he spent a long time watching
Et il passa très longtemps à observer
From his lonely wooden tower
Du haut de sa tour solitaire en bois
And when he knew for certain
Et quand il eût la certitude
Only drowning men could see him
Que seuls les hommes sur le point de se noyer pouvaient le voir
He said All men will be sailors then
Il dit tous les hommes seront des marins alors
Until the sea shall free them
Jusqu'au moment où la mer les libérera
But he himself was broken
Mais lui-même fut brisé
Long before the sky would open
Bien avant que le ciel ne s'ouvre
Forsaken, almost human
Abandonné, presque humain
He sank beneath your wisdom like a stone
Il sombra sous ta sagesse comme une pierre

And you want to travel with him
Et tu veux voyager avec lui
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you think maybe you'll trust him
Et tu penses que peut-être tu lui feras confiance
For he's touched your perfect body with his mind.
Car il a touché ton corps parfait avec son esprit.

Now Suzanne takes your hand
Maintenant Suzanne prend ta main
And she leads you to the river
Et te conduit à la rivière
She is wearing rags and feathers
Elle est vêtue de haillons et de plumes
From Salvation Army counters
Venant des guichets de l'Armée du Salut
And the sun pours down like honey
Et le soleil coule comme du miel
On our lady of the harbour
Sur notre dame du port
And she shows you where to look
Et elle t'indique où regarder
Among the garbage and the flowers
Au milieu des déchets et des fleurs
There are heroes in the seaweed
Il y a des héros dans les algues
There are children in the morning
Il y a des enfants dans le matin
They are leaning out for love
Ils s'inclinent par amour
And they will lean that way forever
Et ils s'inclineront ainsi pour l'éternité
While Suzanne holds the mirror
Pendant que Suzanne tient le miroir

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that you can trust her
Et tu sais que tu peux lui faire confiance
For she's touched your perfect body with her mind.
Car elle a touché ton corps parfait avec son esprit.

(1) littéralement passer ( mais fallait éviter la répétition de passer )


En savoir plus sur http://www.lacoccinelle.net/243649.html#51gQDl1EQ1CSVEPW.99

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 15:56

 

Après avoir vu une video très intéressante de Pauline Picot lisant son texte "A l'heure qu'il sera" et que je mets en fin d'article, j'ai demandé à "Appelle-Moi Poésie" de se présenter et voici le texte que m'a adressé Catel Tomo, coordinateur du projet :

 

 

Appelle-Moi Poésie est la première websérie francophone consacrée à la poésie.

Sur internet, nous produisons et diffusons des vidéos courtes où des auteurs interprètent leur poème dans des lieux ordinaires ou inattendus. Cette initiative est inédite en France.

Notre volonté est de rendre la poésie accessible à un plus large public, en restant exigeant sur la qualité des créations.

A l'heure actuelle, Appelle-Moi Poésie, c'est une équipe de 10 collaborateurs bénévoles. Nous avons déjà acquis la confiance de 40 poètes avec qui nous travaillons, et de plusieurs maisons d'édition qui mettent des œuvres de leur catalogue à notre disposition. Deux ans après son lancement, Appelle-Moi Poésie compte aujourd'hui 250 000 vues pour ses vidéos et 10 000 abonnés sur Facebook.

Parallèlement à cette activité vidéo, Appelle-Moi Poésie met en place d'autres projets afin de travailler avec les auteurs dans la continuité.

- Ainsi, nous publions, à la fin de chaque saison vidéo, un recueil papier qui regroupe les textes des auteurs filmés dans la saison. Ce recueil, édité et fabriqué par nos soins, est vendu en partie dans sur notre boutique en ligne : http://www.appellemoipoesie.com/produit/lv1/

- Nous organisons des rencontres intitulées "Tu parles ! Portes et bouches ouvertes sur la poésie" lors desquelles nous invitons le public à venir échanger avec les auteurs que nous avons filmés, autour de lectures et de performances interactives.

- Enfin, depuis janvier 2016, Appelle-Moi Poésie anime un atelier ambulant de créations poétiques intitulé "Poésie-Box", auprès des 6-12 ans.

Site internet : www.appellemoipoesie.com

 

​Bonne découverte,

 

​Denis

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 15:31
Poème de John Keats : A thing of beauty

Un auteur : John Keats (1795-1821)

Un recueil : Endymion

Un poème :

 

            A thing of beauty

 

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make
'Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.

Poème de John Keats : A thing of beauty
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 16:49
Chanter la poésie : Alfred de Musset par Gainsbourg

Un poète : Alfred de Musset (1810-1857)

Un chanteur :Serge Gainsbourg (1928-1991)

Un poème :

 

                       La nuit d'octobre (extrait) - recueil "Poésies nouvelles"

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

 

Le texte complet sous forme "théâtrale" (dialogue entre la muse et le poète) est sur ce site :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_musset/la_nuit_d_octobre.html

 

Serge Gainsbourg a chanté cet extrait au début de sa carrière. Je l'ignorais complètement.

A découvrir pour "l'histoire de la chanson".

 

 

 

 

 

 

 

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:31
Chanter la poésie : Léopold Sédar Senghor par Ascal

Un poète : Léopold Sédar Senghor (1906 - 2001 / Sénégal)

Un chanteur : Bernard Ascal  ( http://www.bernard-ascal.com/ ) 

                       Recueil : Poètes de la négritude

Un poème :  

 

                     Ma soeur, ces mains de nuit

 

                                     (pour riti)*

 

- Ma soeur, ces mains de nuit sur mes paupières !

- Devine la musique de l'Enigme.

 

- Oh ! ce n'est pas la bête brute qu'est le Buffle, pas les

  pattes sourdes du pachyderme

Pas le rire des bracelets aux chevilles de la servante lente

Pas les pilons encore lourds de sommeil, pas le rythme des

   routes en corvée.

 

Ah !  le balafong de ses pieds et le gazouillis des oiseaux

   de lait !

Les cordes hautes des kôras, la musique subtile de ses

  hanches !

C'est la mélodie du blanc Méhari, la démarche royale de

  l'autruche.

 

- Et tu as reconnu ta Darne, la musique qui fait mes mains

  tes paupières si transparentes.

- J'ai nommé la fille d'Arfang de Siga.

 

Poème extrait du recueil "Nocturnes"

 

(Le violon peul, le riti ou encore le nianiorou est un instrument de musique à corde frottée. Il s'utilise avec un archet, ne comporte qu'une seule corde et le son qu'il produit est un son aigu. Le riti dispose de 5 notes. C'est instrument qui est utilisé en milieu  peul, notamment les bergers peuls.

Le riti accompagne ordinairement le poème satirique.

 

Ici, Bernard Ascal utilise des instruments occidentaux pour l'interprétation du poème.

Photo du riti

Photo du riti

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:43
Chanter la poésie : Neruda par "Harpe et poésie"

Un poète : Pablo Neruda (1904-1973)

Un chanteur (récitant) / une musicienne : Harpe et poésie

Un poète,une harpiste… Patrick GASTALDI, un amoureux de la poésie et Laure BERTRAND, harpiste professionnelle

 

Un poème :

 

          Je prends congé, je rentre

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

 


Pablo Neruda

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 18:44
Chanter la poésie : Thiéfaine par Thiéfaine

Un poète : Hubert-Félix Thiéfaine (né en 1948)

Un chanteur : Hubert-Félix Thiéfaine

Un poème (chanson) :

 

             Alligators 427

 

 

Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

 


En savoir plus sur http://www.paroles-musique.com/paroles-Hubert_Felix_Thiefaine-Aligator_427-lyrics,p56690#ocT0Y1Y1eOz0tkVo.99

Alligator 427

Chanter

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:01
Chanter la poésie : Apollinaire par Serge Reggiani

Un poète : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un chanteur : Serge Reggiani (1922-2004)

Un poème :

 

             Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:10
Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci

Un poète : Jean de la Ville de Mirmont (1886-1914)

Une chanteuse : Anna Caterina Antonacci (née en 1961) soprano

Un compositeur : Gabriel Fauré (1845-1924)

Un poème :

 

                              La mer est infinie...

 

 

    La mer est infinie et mes rêves sont fous.
La mer chante au soleil en battant les falaises
Et mes rêves légers ne se sentent plus d’aise
De danser sur la mer comme des oiseaux soûls.
 
Le vaste mouvement des vagues les emporte,
La brise les agite et les roule en ses plis ;
Jouant dans le sillage, ils feront une escorte
Aux vaisseaux que mon cœur dans leur fuite a suivis.
 
Ivres d’air et de sel et brûlés par l’écume
De la mer qui console et qui lave des pleurs,
Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ;
Les goélands perdus les prendront pour des leurs.
 

 

                (L'horizon chimérique)

 

 

Ce poème est le premier de 4 poèmes qui composent l'oeuvre de Gabriel Fauré "L'horizon chimérique" opus 118, dernière oeuvre vocale datant de l'automne 1921.

4 textes du recueil du même nom de Jean de la Ville de Mirmont, jeune poète mort prématurément à la guerre.

 

Jérôme Garcin a publié récemment un livre "Bleus horizons" sur Jean de la Ville de Mirmont qui donne un éclairage passionnant sur la vie du poète.

 

Denis

Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:40
Chanter la poésie : Villon par Brassens

Un poète : François Villon (1431 ? - 1463)

Un chanteur : Georges Brassens (1921-1981)

Un poème :

 

       Ballade des Dames du temps jadis

 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

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