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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 16:17
Le concept de bonheur selon Emmanuel Kant

"Le concept de bonheur est un concept si indéterminé que, malgré le désir qu'a tout homme d'arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire ce que réellement il veut et il désire. Le bonheur est un idéal non de la raison mais de l'imagination. »
Emmanuel Kant (1724-1804) Fondements de la métaphysique des mœurs. 1785

 

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Kant : Une anti-philosophie du bonheur

Le bonheur chez les Grecs

La tradition philosophique, depuis Aristote, a associé bonheur et vie contemplative (cf. notre analyse de l’Ethique à Nicomaque). Le bonheur se différencie du divertissement, il constitue une affaire sérieuse, une activité valable en soi. Dès lors, le but de tout homme est de rechercher le bonheur, c’est-à-dire à vivre selon la raison. L’homme atteint sa perfection grâce au regard porté sur les réalités divines et intelligibles. Il y aurait donc un lien entre connaissance et bonheur.

Bonheur et connaissance

Or, Kant rompt ce lien entre connaissance métaphysique et bonheur. La Critique de la raison pure montre en effet le caractère illusoire d’une telle connaissance : loin de conduire l’homme au bonheur, l’intelligence spéculative lui inflige les tourments de ses paralogismes et de ses antinomies. L’absence d’intuition rend en effet impossible la connaissance des choses en soi (ou noumène, opposé des phénomènes) et Kant souligne “la perte que la raison spéculative doit subir dans ce qu’elle imaginait jusqu’alors être sa possession“. Il faut démettre ” la raison spéculative de sa prétention à des intuitions transcendantes “, autrement dit dénoncer le dogmatisme métaphysique.

 

Bonheur et égoïsme

La quête du bonheur, chez Kant, ne peut constituer le mobile d’une conduite morale car elle relève de l’amour de soi, de l’égoïsme du sujet. Néanmoins l’idée de bonheur demeure à l’horizon de sa philosophie pratique. Kant évoque ainsi l’espérance du sujet moral de devenir “digne d’être heureux“. Kant maintient un lien entre vertu et bonheur, en recourant à deux postulats : l’immortalité de l’âme et l’existence de Dieu.

Le désir de bonheur

“Le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l’imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques”. La raison ne peut donc pas aider à atteindre le bonheur. Le bonheur vient de la faculté de désirer. Et aucune morale ne peut en faire son but, car il n’existe pas de loi concernant le bonheur, seulement des maximes.

Le bonheur est donc séparé de la morale, la doctrine du bonheur doit être distinguée de la doctrine morale. Cependant, elles ne sont pas opposées : le devoir doit primer sur la recherche du bonheur, l’obéissance à la loi morale doit passer au premier plan par rapport au désir de bonheur.

 

Bonheur et espérance

Pour conclure, le bonheur n’est pas une fin première de l’homme, mais une fin dérivée de la morale : on n’est pas heureux, on se rend digne de l’être. On agit pas moralement pour être heureux, mais en espérant l’être. Cette espérance, chez Kant, se matérialise dans le concept des règnes des fins, lequel renvoie à la liaison systématique des êtres raisonnables ayant obéit à la loi morale. Le bonheur doit donc être ajourné. L’homme doit postuler que vertu et bonheur seront un jour réunis.

Texte repris de ce lien :

https://la-philosophie.com/kant-le-bonheur

Le concept de bonheur selon Emmanuel Kant
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 17:22
La fin de vie par les Pr. Borasio et Aubry (Eyrolles)

La fin de vie

"Ce que l'on sait, Ce que l'on peut faire, Comment s'y préparer"

par les Pr. Gian Domenico Borasio et Régis Aubry

(Eyrolles - octobre 2016 - 220 pages)

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Les Editions Eyrolles m'ont envoyé ce livre en octobre dernier en "service de presse".

Je l'ai lu avec attention sur plusieurs semaines, car vous aurez compris que ce livre est plut^to un livre "pratique" qu'un livre qui se lit comme un roman.

J'ai demandé à lire ce livre car le sujet est plus que jamais d'actualité, car on parle beaucoup de la "fin de vie", voulue ou subie ! Et puis surtout, il y a déjà un moment que ce thème m'intéresse. Quand on atteint la soixantaine, on commence, sans doute à tort !, de penser à la manière dont on voudrait mourir.

Deux Professeurs spécialistes de la fin de vie et des soins palliatifs nous présentent tout ce qui est fait, pensé dans le monde de la Santé pour donner ses lettres de noblesse à la fin de vie.

La version pour l'édition française a été mise à jour des lois de 2016.

Le personnel soignant est formé à la fin de vie et plus encore les services spécialisés de soins palliatifs à l'hôpital ou au domicile. Le patient est donc pris en charge dans des conditions optimales, ce qui est rassurant de ce point de vue.

Les familles et les patients sont entourés. Ceci n'empêche pas que le malade sait la plupart du temps qu'il va mourir.

Les auteurs proposent par exemple la méditation comme méthode pour s'accompagner dans la maladie puis la fin de vie.

Il faut aussi savoir "prendre ses dispositions". (P163 : "Les mesures à prendre pour préparer sa fin de vie sont détaillées dans la loi du 2 février 2016. Deux principaux instruments sont à disposition : la désignation d'une personne de confiance et les directives anticipées contraignantes. De plus, établir une liste exprimant ses propres valeurs s'est révélé très utile dans la pratique."

Les auteurs précisent ensuite la notion de "directives anticipées contraignantes" : "Elles s'imposent au médecin, sauf dans trois cas : une urgence vitale, un caractère manifestement inapproprié ou une rédaction non conforme à la situation médicale du patient"... "Elles expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l'arrêt ou du refus de traitements ou d'actes médicaux"... Elles peuvent être rédigées conformément à un modèle élaboré par la Haute Autorité de Santé et téléchargeable sur son site internet" (www. has-sante.fr)

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2619437/fr/les-directives-anticipees-concernant-les-situations-de-fin-de-vie

Vous aurez compris que ce livre est indispensable à toute personne qui est intéressée ou concernée par "la fin de vie" pour en faire un acte constructif et en pleine connaissance de cause pour maîtriser sa vie et son corps jusqu'au dernier moment.

 

Denis

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 17:20

 

livres barbara tuchman

 

 

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 10:07

 

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 19:16

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 20:18

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 20:30

Dans le cadre des lundis philo de Heide

LundisPhilo.jpg

 

voici ma 15e contribution avec "Le rire" d'Henri Bergson (PUF-Quadrige-157 pages)

la thématique d'avril concernait le rire mais je n'avais pas eu le temps de lire ce livre.

 

Le philosophe a réuni dans ce livre 3 articles parus dans la revue de Paris en février et mars 1899.

Il affirmeque le rire est "une espèce d'automatisme" et qu'il est "inconscient". Il ne faut pas oublier que l'inconscient a été étudié par Freud à partir de 1895. Cet essai est donc contemporain de la création de la psychanalyse.

Bergson étudie le comique des mouvements et pour ce faire il pose comme hypothèse, page 22, "Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où le corps nous fait penser à une simple mécanique".

Un corps mécanique, un rire inconscient. Alors, pourquoi rions-nous? On aurait envie de dire "bêtement" . Non spontanément et parce qu'il y a des éléments qui nous y conduisent.

Alors Bergson s'appuie esentiellement sur le théâtre pour étayer ses thèses.

En effet, le théâtre comique, celui de Molière aussi bien que le vaudeville, joue sur plusieurs registres : des effets de mouvements de corps, des gestes, mais aussi sur des répétitions de mots.

Pensez à "que diable allait-il faire dans cette galère!" plaqué comme un leitmotiv, cher à Wagner pour repérer ici les moments de rire, de comique.

Les quiproquos qui ont fait les beaux jours du théâtre de boulevard ont un effet comique indéniable. ONa le trompeur trompé aussi.

Bergson dit aussi à la fin de son essai que le rire peut s'apparenter au rêve et à la paresse.

Le rire peut surgir à tout moment dans les gestes, les mouvements, les paroles...

Pensez à quelqu'un qui tombe, c'est toujours comique alors que les conséquences peuvent être dramatiques.

Alors, pour retrouver le rire, faites comme Bergson, pensez au théâtre et à Molière :

 

 

 

 

Bonne lecture, et excusez moi de n'avoir pas été très comique dans cet article,

Denis

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:00

 

 

 

( Source photo internet )

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 18:20

 

 

nuages-jean-gastaldi.jpg

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 22:15

 

La pesanteur et la grâce de Simone Weil (Plon - 205 pages)

 

J'ai présenté la semaine dernière, dans le cadre des lundis philo, Simone Weil et j'ai lu entretemps "La pesanteur et la grâce".

Un livre très difficile à résumer, car il est avant tout considéré comme une initiation à son oeuvre, à partir du moment où la religion est rentrée dans sa vie. Dieu y est très présent.

"La pesanteur et la grâce" est donc un recueil de ses pensées issues de ses carnets et ordonnées selon des thématiques. 39 chapitres pour connaitre sa pensée philosophique.

Elle aborde la problématique du salut et préconise une ascèse totale afin de trouver le chemin du vrai et du bien.

Quelques pensées de Simone Weil :

Chapitre "Le moi" page 35 : "Nous ne possédons rien au monde - car le hasard peut tout nous ôter - sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est à dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je."

Chapitre "La violence" page 101 : "La non-violence n'est bonne que si elle est efficace. Ainsi, question du jeune homme à Gandhi concernant sa soeur. La réponse devrait être : use de la force, à moins que tu ne sois tel que tu ne puisses la défendre, avec autant de probabilité de succès, sans violence".

Chapitre "L'intelligence et la grâce" page 147 : "L'humilité vraie est la connaissance qu'on est néant en tant qu'être humain et, plus généralement, en tant que créature. L'intelligence y a une grande part, il faut concevoir l'universel."

Simon Weil est une philosophe sans concessions, qui s'interroge notamment sur sa foi et la force de la croyance en Dieu.

Elle dit page 131 (chapitre "l'athéisme purificateur") "Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près".

Une belle définition de l'athéisme, car en effet, l'athée se pose des questions sans cesse, alors que le croyant finit par ne plus s'en poser et n'avoir plus de sens critique par rapport à Dieu et la religion.

Un livre à lire, à méditer, très riche en questionnements sur le sens de la vie.

Bonne lecture,

Denis

LundisPhilo.jpg

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