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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:48
A chacun son dû de Leonardo Sciascia (Denoël & d'ailleurs)

A chacun son dû de Leonardo Sciascia

(Denoël & d'Ailleurs - 155 pages - juin 2009)

Traduit de l'italien par Jacques de Pressac (première édition 1972 reprise en 2009)

Titre original : A Ciascuno il suo (1966)

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Leonardo Sciascia (1921-1989) est l'un des plus importants écrivains siciliens du XXe siècle, député européen et italien, c'est dire combien la "politique" a été au coeur de sa vie et de son oeuvre. Il a plus de trente oeuvres à son actif dont l'oeuvre complète en trois volumes est parue chez Fayard.

Voltaire est très présent dans son oeuvre car je l'avais découvert avec "Candide ou un rêve fait en Sicile". On le retrouve cité dans ce roman à partir de ses "Lettres d'amour".

 

Le pharmacien Manno reçoit une lettre anonyme annonçant qu'il va mourir. Il croit à une farce car il ne se connaît aucun ennemi. Ses amis le confortent dans cette idée mais un carabinier lui dit qu'il doit porter plainte. Malgré cette menace il a bien l'intention d'aller à l'ouverture de la chasse.

Et de fait ce 23 août 1964, de retour d'une bonne et fructueuse chasse, le pharmacien et son ami le docteur Roscio sont tués. Il a bien fallu que le pharmacien ait fauté pour être tué ce que sous-entend la lettre. Et en fouillant les souvenirs des uns et des autres il aurait eu une liaison avec une jeune fille qui venait souvent à la pharmacie.

Le professeur Laurana fait sa propre enquête car la lettre anonyme aurait été découpée dans un journal  catholique mais seuls deux exemplaires arrivent dans la ville. Seulement, le curé de Sant-Anna ne peut être mis en cause après qu'il l'ait rencontré. De même pour l'archiprêtre, au-delà de tout soupçon.

Laurana apprend que le docteur était allé à Rome rencontré un ami commun, avocat car il voulait compromettre un homme politique. Le pharmacien aurait servi d'écran pour qu'on le tuer.

Rosello, notable, ferait un bon suspect d'autant que l'on dit qu'il aurait eu une liaison avec la veuve du docteur, sa cousine, mais il y en a tant d'autres potentiellement corrompus !

Laura semble vouloir qu'une enquête aboutisse et elle contacte Laurana qui semble bien être le seul à vouloir connaître le meurtrier, dans une région où la mort est banalisée.

 

La politique et la mafia sont les sujets principaux du roman, comme souvent dans la littérature sicilienne, mais Leonardo Sciascia sait nous donner du recul et une profondeur où la "philosophie", la "réflexion" viennent donner un éclairage au lecteur. La force de l'auteur est de rester très lisible, sans verbiage.  En résumé, un retour réussi vers cet auteur majeur.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Livre lu dans le cadre du mois italien, animé par Eimelle, qui met en honneur en juin la littérature sicilienne.

 

 

 

 
 

 

A chacun son dû de Leonardo Sciascia (Denoël & d'ailleurs)
A chacun son dû de Leonardo Sciascia (Denoël & d'ailleurs)
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 16:35
Trame de sang de William Bayer (Rivages / Thriller)

Trame de sang de William Bayer

(Rivages / Thriller - 415 pages - mai 2015)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil

Titre original : Hiding in the Weave (2014)

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C'est un véritable coup de coeur que ce roman pour moi et la découverte d'un auteur qui a pourtant déjà beaucoup publié, né en 1939 et dont le premier roman est paru en 1962. Il a également écrit sous le pseudonyme de David Hunt.

Surtout, si vous aimez les thrillers qui ont du suspens à chaque tournage de page, vous serez déçus. Mais si vous aimez l'art, la littérature, les romans d'initiation d'adolescence vers l'âge adulte et les pensionnats pour l'atmosphère, alors ce livre est à lire impérativement.

 

Joel Barley le narrateur étudie à  Delamere, une école réputée et il aime particulièrement le cours de littérature américaine de Harry Bishop et plus encore la présence de Liv à ses côtés. Mais elle lui dit qu'elle est déjà amoureuse vivant un amour compliqué. Kate, la meilleure amie de Joel lui dit qu'il sera malheureux d'aimer cette fille ce que lui confirme Justin l'autre grand ami de Joel.

Liv et Joel visitent des tunnels de câblage de l'école où nombre d'étudiants ados comme eux ont inscrit sur les murs leur état d'âme. Chacun écrit un texte sur un mur sans dire à l'autre ce qu'il a noté.

Deux universitaires lesbiennes en couple, Moriko et Kaplan, viennent à l'école et y font sensation par leur liberté de ton sur l'art et la littérature.

Joel réitère son amour pour Liv qui lui avoue avoir un penchant pour les femmes.

Pendant les vacances de Thanksgiving, Justin, Kate et Joel interrogent une ancienne élève de l'école qui avoue qu'il existe un sex club animé par quatre filles et ce sont elles qui choisissent les garçons qui viendront pour les séances sexes.

La panique s'empare de l'école mais pour une autre raison. Liv a été retrouvée pendue.

Elle était nue et avait de la poudre rouge aux lèvres quand elle s'est suicidée en partie selon des caractéristiques décrites à Joel lors d'un rêve. L'école est sous le choc mais personne ne divulgue réellement d'informations.

Un nouveau séminaire débute, sur" crime et châtiment en littérature" et Zoé montre beaucoup de plaisir à y être avec Joel.

Pour Justin la thèse du suicide lui paraît suspecte. Ce serait plutôt un accident pendant qu'elle préparait une "performance" artistique comme elle en rêvait tant.

Joel a un entretien plutôt virulent avec le Dr Vidal  qui dans ses derniers retranchements lui avoue qu'elle n'a pas su aider Liv quand elle est venue lui parler d'un amour qui avait mal tourné et qu'elle se sent responsable de sa mort.

Zoe initie Joel au plaisir sexuel qui en ressort comblé. Il prépare une sculpture hommage à Liv et va pouvoir travailler avec Aaron Gratowski, en résidence à l'école une semaine et que Liv s'était fait une joie de le rencontrer. Et cette semaine se passe très bien et Gratowski encourage avec conseils à l'appui de faire cette oeuvre hommage à Liv.

Et puis paraît l'article sur les D ce sex club secret. Une bombe est lâchée mais Justin et Joel disent avoir une preuve avec ce témoignage dont ils font écouter quelques passages à Mr Dawes. Il dit que la directrice est très en colère mais que lui ne demandera pas leur exclusion.

Peu après Joel est tabassé par deux inconnus poussés à la violence par une fille. Aucun des trois n'a été identifié et Joel y a gagné en notoriété

Nouveau coup de tonnerre. M. Bishop le professeur de littérature a eu un comportement bizarre avec des enfants dans un parc ce qui a provoqué l'intervention de la police avec perquisition chez lui . Il est accusé de pédophilie et a dû démissionner sur demande de la directrice. Pour sa défense il dit s'être déguisé en clown pédophile pour les besoins du livre qu'il est en train d'écrire.

C'est à présent une journaliste Amy Marcus contactée par Justin et Joel qui mène l'enquête pour son journal. Elle est ancienne élève de l'école et avance difficilement sur l'enquête.

 

Donc, trois scandales qui viennent ternir l'image de la prestigieuse école en quelques mois. L'auteur dans une postface rappelle que cette école n'existe pas en tant que telle mais a été inspirée par des histoires vraies qui se sont déroulées dans d'autres écoles proches de celle imaginée.

 

L'nquête ira jusqu'au bout et les brillants élèves seront reçus à leurs examen pour pouvoir ensuite aller en université.

Comme je le disais au début, c'est le ton du roman, toujours juste, sans fioritures, avec de bonnes réflexions sur l'art et la littérature, n'hésitant pas à aller jusqu'à la "performance" pour Bishop et Liv, chacun dans son domaine.

Lisez ce roman, dans le contexte donné au début de ce résumé, et vous serez ravis.

 

Mantra de Liv qui forge la trame du livre (et du sang) : "Ce qui ne peut être dit sera dansé. Ce qui ne peut être dansé sera tissé. Et ce qui ne peut pas être tissé sera inscrit dans la chair".

 

Denis

 

 

Trame de sang de William Bayer (Rivages / Thriller)
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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 16:44
Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier (Livre de Poche)

Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

(Livre de Poche - 499 pages - 384 pages nouvelle édition)

Traduit de l'anglais par Denise Van Moppes

Titre original : My cousin Rachel

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On sait tout ce que l'on doit à Alfred Hitchcock (1899-1980) pour la notoriété des livres de Daphné du Maurier (1907-1989)  :​  L'auberge de la Jamaïque, Rebecca ou Les Oiseaux.

Ce roman, "Ma cousine Rachel" parut en 1951, après qu'elle eût publié ces ouvrages "hitchcockiens". Il a tout de même été adapté au cinéma par Henry Koster avec Richard Burton un an plus tard en 1952.

 

Il y avait bien longtemps que je n'avais lu cette auteure que je craignais un peu "démodée".

Et puis, à l'occasion du "mois anglais" en juin, avec la thématique du 9 juin, autour de la campagne anglaise, Johanna Lilas m'a proposé d'en faire une lecture commune.

Alors, très sérieusement, tous les jours pendant deux petites semaines chacun a lu les trois chapitres du jour en s'envoyant via Messenger son ressenti, son interprétation, ses attentes par rapport à l'action et aux personnages. Ceci a été très stimulant et a rendu la lecture vivante. C'était la première fois que je procédais ainsi et je suis prêt à retenter l'aventure tellement c'est passionnant de lire ainsi.

On a plutôt souvent été d'accord pour houspiller l'incrédulité de Philipp et l'aspect "dangereux" de Rachel.

Vous lirez sur son blog, le compte tenu de cette lecture faite par Johanna

 

 

 

Ambroise Ashley a servi de "famille" à son cousin Philip, le narrateur et il lui doit tout ce qu'il est devenu. Mais depuis ses études londoniennes Philip est obligé de rester en Cornouailles car Ambroise a décidé de voyager. Passionné par les jardins et les plantes il ramène de ses deux voyages en Méditerranée des plantes exotiques qui poussent bien malgré le climat en Angleterre. Et puis le troisième hiver il part en Italie et dit avoir rencontré une cousine qu'il appelle Rachel et peu après il annonce s'être marié avec elle.

Chacun à son rang (Philip et les employés) imagine la vie ici avec Rachel pour le meilleur ou le pire. Mais le maître tarde à rentrer et au deuxième été ses lettres sont désespérées au point d'implorer Philip de venir le voir à Florence.

Il arrive à Florence après trois semaines de voyage, fatigué, incommodé par la chaleur et quand il arrive à la villa c'est pour apprendre par un couple de domestiques qu'Ambroise est mort et enterré à Florence depuis trois semaines. La propriété est à vendre et Rachel est partie emportant toutes les affaires. Philip visite la maison qui retrouve un peu d'éclat par l'ouverture des volets avant de retrouver l'ombre de la mort.

Le soir il rencontre Rainaldi l'homme de confiance de Rachel qui dit qu'Ambroise est mort suite à une tumeur au cerveau d'où ses propos confus et déments qui prétendraient que sa femme lui avait fait du mal. Philip n'en croit rien et se jure de rendre le mal à Rachel. Il rentre en Cornouailles.

Son parrain Nick Kendall lui confirme qu'il hérite de tous les biens et que le testament n'a pas été modifié avec le mariage. Ainsi il serait de bon ton de ne pas incriminer Rachel d'avoir été une des causes du décès d'Ambroise.

Rachel est à Plymouth et a écrit au parrain de Philip qu'elle met à disposition du cousin toutes les affaires d'Ambroise. Philip accepte qu'elle vienne au domaine mais se montre très distant pendant les préparatifs de son arrivée. Et le soir de son arrivée, après le dîner pris séparément, il faut bien qu'il vienne jusqu'à elle comme elle l'a demandé via ses domestiques.

Il la voyait plus grande. Sa voix est douce et calme. Il parvient à être aimable mais tout en retenue.

Elle sait tout ou presque de sa famille et de la vie quotidienne ici et sait de quoi est constitué le domaine. Elle est habillée en noir mais montre de la gaieté et de la détermination dans sa voix ce qui laisse peu d'espace à Philip pour s'exprimer.

Le lendemain il la promène dans la propriété, elle à cheval et lui à pied, car elle ne sait pas monter seule à cheval. Et il se sent mal à l'aise, ce qu'elle a bien ressenti, car il veut lui dire qu'il est allé à Florence.

Le soir ils se parlent franchement et Philip montre les lettres qui incriminent Rachel. Ainsi chacun dit avoir été jaloux de l'autre au travers d'Ambroise. Ils sont à présent soulagés comme si l'on avait fait tomber le masque.

La messe puis le repas du dimanche se passent à merveille tout le monde étant subjugué par Rachel. Et Philip commence alors à lui dicter ce qu'elle doit faire chaque jour tout en continuant à parcourir le domaine et y rencontrer les fermiers. Louise, la fille de son parrain, semble jalouse de Rachel que tout le monde trouve jolie.

Philip lui fait obtenir une rente trimestrielle signée par son tuteur car il s'était offusqué qu'elle ait parlé de donner des cours d'italien. Quand elle apprend la nouvelle et le lien fait avec ces cours elle se montre à Philip orgueilleuse et offusquée de tels propos puis elle lui dit qu'elle a été ingrate. Elle accepte la rente et le principe de rester ici encore un moment.

Rachel s'occupe du jardin pendant tout ce mois d'octobre et semble s'intéresser à Mr Kendall. Elle dit à Philip qu'il ne doit pas rester vieux garçon et qu'il doit épouser une de ses cousines ce qu'il refuse aussitôt.

L'ouverture des malles est dur pour tous deux chacun y voyant des moments de vie avec Ambroise. Et Philip retrouve un fragment de lettre où Ambroise parle de dettes de Rachel qu'il a dû combler, comme si elle était malade, avide de dépenses.

 

Je n'en dirai pas plus sur cette histoire. Philip est amoureux de Rachel et se montre soumis, prêt à tout pour la rendre heureuse et la maintenir ici en Cornouailles quand tout devrait la renvoyer à Florence. Est-elle cupide ? Obnubilée par l'argent. Rainaldi est sans doute de mauvaise influence, encore plus quand il débarque au domaine. Louise, amoureuse de Philip !!, aura-t-elle un rôle à jouer dans cette histoire, car elle est très lucide et comprend que son cousin Philip ne maîtrise en aucun cas la situation.

 

Un très bon suspens psychologique qui énerve le lecteur, lequel voudrait tant que Philip comprenne qu'il est manipulé. On voudrait lui souffler ce qu'il devrait faire.

 

Ce roman n'est pas un chef d'oeuvre. Il est écrit dans le style de l'époque où il devrait se situer : début du XIXe siècle, même si rien n'indique précisément quand se situe l'action. Une agréable lecture comme il faut en faire régulièrement pour se rappeler que le monde de la littérature est vaste et qu'il faut selon son humeur, ses envies du moment, lire tel ou tel auteur. Et Daphné du Maurier mérite qu'on y revienne de temps en temps.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

Lecture faite dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda et que vous pouver retrouver sur facebook et sur les blogs des participants.

 

C'est une deuxième lecture après un livre sur L'histoire de Londres.

 

 

Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier (Livre de Poche)
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 17:14

Plume de Cajou vient de créer un challenge "Coupe d'Europe des Livres" à l'occasion de la Coupe d'Europe de Football dite "Euro 2016" qui se déroule du 10 juin au 10 juillet 2016

 

Voici l'objectif de départ :

Ils sont 11 joueurs par équipe alors ce « challenge-qui-n’en-est-pas-vraiment-un » consiste tout simplement à créer votre équipe parfaite de 11 livres pour ce mois de Coupe d'Europe

Je vous laisse le soin d'aller voir sur son site la présentation du challenge, car à mon niveau, le choix des livres ne se fait pas en fonction des envies de lire selon ses critères (livres à lire de la PAL etc...), mais en fonction du rapport du titre du livre avec le contexte d'un match de football.

 

J'espère que Plume me pardonnera mon égarement d'autant que je n'aurai pas le temps de lire dans l'immédiat ces livres. Un livre de la liste lue = un but. Si aucune lecture 0 but bien sûr pour l'équipe choc des écrivains.

 

Sans plus attendre voici ma liste :

 

Gardien de but

Peter Handke : L'angoisse du gardien de but au moment du penalty

 
 

 

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

Arrières / défenseurs : au nombre de 3

 

Philippe Besson : L'arrière saison

Mathias Enard : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Virginie Despentes : Apocalypse Bébé

 

(Vous aurez compris que la défense est à l'arrière, qu'elle mène de rudes batailles et que n'avoir pas empêché l'adversaire de marquer un but est considéré comme l'apocalypse. Tout se tient, donc la défense est solide)

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

A présent il nous faut ​3 milieux de terrain :

 

Olivier Adam : Des vents contraires

Michel Houellebecq : Extension du domaine de la lutte

Jean Echenoz : Courir

 

(Les milieux de terrain vont de l'avant de l'arrière et ne cessent de se confronter aux vents contraires, sans oublier que ce sont des lutteurs et qu'ils courent beaucoup. Ainsi nous avons 3 milieux de terrain robustes et solides)

 

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

Pour terminer ce "onze de départ", il nous faut 4 attaquants :

 

Emmanuel Carrère : l'adversaire

Claudie Gallay : Les déferlantes

Herbert Simmons : Corner Boy

Anna Gavalda :L'échappée belle

 

(La défense adversaire est bien sûr l'adversaire qu'il faut vaincre, si possible en contre après une échappée belle ou en force telle une déferlante, sans oublier notre spécialiste des corners. Là encore un quatuor parfait d'écrivains au top et enfin ici avec la parité hommes / femmes)

 

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

On a tout de même oublié l'arbitre (j'oublie les assistants de plus en plus nombreux) :

Nick Hornby : Carton jaune

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

Mais un match sans remplaçants ce n'est pas concevable. Le compte n'y est sans doute pas, mais j'ai mis un gardien et deux joueurs qui viendront recoller les morceaux :

 

Gaelle Josse : Le dernier gardien d'Ellis Island

Maylis de Kerangal : Réparer les vivants

Jean Teulé : Mangez-les si vous voulez

 

 

Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"
Challenge "La Coupe d'Europe des Livres"

Je l'aime bien cette équipe, elle a du coffre et les romans sont plutôt de qualité. J'en ai lu certains et j'en lirai d'autres assurément dans les prochaines semaines. Il faudrait bien que l'équipe marque au point un but voire deux.

 

N'hésitez pas à participer au challenge selon les règles de Plume car je suis hors-jeu avec mon équipe internationale (les non européens sont acceptés dans le challenge de Plume, ce que j'ai fait ici).

 

Et dites-moi ce que vous pensez de mon équipe aussi en commentaire.

 

Denis

 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 16:49
Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte)

 Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte - 151 pages - mars 2015)

Traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

Titre original : Casa de caba (2004)

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Asphalte nous invite à découvrir la littérature d'Amérique latine et centrale. Après avoir lu "Coupable vous êtes" de Lorenzo Lunar, j'ai pu découvrir "Nid de vipères" d'Edyr Augusto, né en 1954 à Belém, auteur dramatique et romancier, il ancre ses récits dans sa région à l'image de Lunar à Santa Clara - Cuba.

 

On a également ici un polar au ton assez singulier fait de courts chapitres qui entrecroisent les périodes de l'histoire. Un mot pour lancer le chapitre : FEUX ; ARBITRE ; POURSUITE ETC... et pour donner le ton. Une scène va être vue sous différents angles et des phrases percutentes pour dire "l'indicible" de certaines scènes.

 

 

Alors que le feu d'artifice est en train d'être tiré trois hommes viennent tuer une famille et les deux domestiques soit au total six personnes. Les meurtriers sont cueillis à leur arrivée à leur voiture et conduits dans un endroit calme où ils sont à leur tour tués.

 Fred reçoit un mail de sa soeur Isabela qui lui demande de venir en urgence au Brésil alors qu'il vit à présent aux USA. Ce sont les deux survivants de la tuerie de leur famille.

Isabela s'est faite pute sous le nom de Silvia afin d'atteindre le gouverneur Wlamir Turvel, celui qui a commandité le meurtre de sa famille.

Fred assiste à l'enterrement de sa famille mais ne voit pas sa soeur. Il apprend que sa fiancée Pat rock star arrive pour le rejoindre. Pendant ce temps, une enveloppe avec des documents très compromettants pour le gouverneur arrivent dans les mains d'un journaliste.

 

Voici résumée en quelques phrases une intrigue assez simple mais qui fait remonter assez loin la haine qui a pu conduire la famille d'Isabela à en découdre avec Turvel. Cette fois, après cette tuerie, elle est prête à tout pour tuer ce type qui a assis sa gloire sur le mensonge, la violence et la haine des autres. Il doit payer à tout prix...

 
Page 42 :

"ISABELA PASTRI. Je n'ai jamais oublié. Au contraire. Chaque jour de ma vie, je m'en suis souvenu. Fred et moi. Sur la jetée, avec papa et maman. Ces hommes sont arrivés. Ils l'ont frappé. Ils l'ont violée. J'écris cela et je revois ces scènes au ralenti. Je n'ai jamais oublié ce visage. Cet homme. On s'est réfugis aussi vite que possible à Belém. Pendant un moment, je n'ai rien dit. Je n'avais rien à dire. Peu à peu, je suis redevenue normale. Normale ? Je n'ai jamais été normale. Fred non plus, à sa façon. Mon père n'a plus jamais marché comme avant. Plus jamais travaillé. Plus jamais quitté cet appartement. Le nouveau foyer. Dans le quartier de Nazaré. La tristesse au quotidien. Continuellement..."

 
 
 

Des mots, de courtes phrases qui claquent. Bref du grand art étalé sur 150 pages, qui montrent une nouvelle fois que parfois, pas toujours bien sûr, il peut suffire de quelques pages pour dire l'essentiel sans verbiage.

 

Un éditeur, un auteur à découvrir de toute urgence.

 
Bonne lecture,
 
Denis
 
 
 

 

 

 

 
 

 

 

Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte)
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:42
Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte)

Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte - juin 2015 - 140 pages)

Traduit de l'espagnol (Cuba) par Morgane Le Roy

Titre original : Usted es la culpable (2006)

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Neuf ans après sa publication en langue espagnole, ce polar a été traduit pour le compte des éditions Asphalte qui ont également publié "La vie est un tango". L'auteur a publié trois titre qui reprennent les aventures de Leo Martin, lesquelles se passent dans le quartier que connait bien Lorenzo Lunar pour y vivre et y tenir une librairie : Santa Clara.

 

 

Leo Martin est policier et a passé la nuit avec Raquelita la fille de son ami d'enfance mais elle est tellement sensuelle qu'il n'a pas résisté à son charme deux ans plus tôt. Et pendant cette nuit-ci, un cadavre méchamment mutilé a été découvert par un ivrogne.

Le mort n'était pas net quand on fouille son passé. Il semble être revenu ici pour régler des comptes du passé car il n'habite plus Santa Clara depuis un moment. Il a été tué à coups de marteau de cordonnier. Ceci fait penser à Chago le Boeuf, le cordonnier de la ville. Or celui-ci vient déclarer le vol de son marteau.

Leo Martin, avant de démarrer son enquête, vient voir sa mère malade et elle lui parle de Luisa mais il lui dit qu'il ne la voit plus depuis une semaine car ils ont décidé de faire une pause dans leur amour.

Il vient voir ensuite Cuqui, une femme à la réputation sulfureuse, protégée en haut lieu et qui n'a jamais été déclarée en tant que prostituée. Elle a bien connu ce Panchita le sale type qui vient d'être assassiné.

Tout le monde ici est plus ou moins lié à la prostitution et chacun est plus ou moins"pittoresque". Ainsi de Jabao ancien copain de Léo pas très malin et marié à celle qui se fait appeler Cléopâtra absente pour l'heure. Il voit ensuite la China prostituée d'origine chinoise qui ne lui apporte aucune révélation.

Leo apprend que Raquelita se prostitue depuis plus de deux ans et c'est la raison pour laquelle son ami lui a mis dans les "pattes". Et son mac est celui qui a été assassiné. Il l'interroge mais là encore il n'apprend rien d'intéressant. Qu'est-il venu faire ici pour se faire tuer?

Retour chez Chago le boeuf qui confirme ne pas avoir tué Panchita. Par contre il dit que le père de Raquelita pourrait être le commanditaire du meurtre notamment pour débarrasser sa fille de ce souteneur.

Il fonce alors chez son ami Manolito. C'est Raquelita qui lui ouvre la porte car elle vient de rentrer... Et les choses se compliquent sérieusement.

 

140 pages pour aller à l'essentiel, même si ici l'essentiel ce sont de fausses pistes qui ont du mal à se relier pour faire éclater la vérité. Un mort, peut-être plus ! autour de la prostitution qui marque la ville de son empreinte "mafieuse" ! Des tranches de vie qui sont racontées pour présenter ces femmes sensuelles et qui ne semblent pas

 

Des petites phrases cinglantes qui peuvent se répéter comme des paroles hésitantes, qui ruminent dans le cerveau avant de former un sens.

 

Début du roman - chapitre I

"Dans le quartier, la mort est chose quotidienne. // Rien de plus naturel à ça. // Les gens meurent à n'importe quelle heure dans le quartier : le matin, l'après-midi, la nuit. // Les gens meurent de choses et d'autres, dans le quartier : le foie, la prostate, la gorge. Les poumons ! // Ils meurent tout simplement. // D'un cancer, d'une leucémie, d'une cirrhose, de tuberculose, d'anémie, du sida... // D'une cuite, de froid, de vieillesse... // Les gens se suicident dans le quartier : ils se coupent les veines, avalent de la mort aux rats, se pendent, s'immolent par le feu, se jettent dans un puits... // Les gens du quartier se tuent à coups de couteau. Se sabrent à coups de machette. S'affrontent à coups de pierres, de briques, de feu. // Et personne ne s'en étonne, parce que la mort, dans le quartier, est chose quotidienne. Un lieu commun".

 

 Quand un roman commence ainsi, je sens que je vais accrocher et j'ai vraiment apprécié ce roman, plus qu'un polar, une oeuvre littéraire que je recommande vivement.

 

Après avoir lu un polar costa-ricain : "Eté rouge" de Daniel Quiros c'est une deuxième passionnante lecture que j'aurai faite cette fois-ci à Cuba.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 
 

 

 

Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte)
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 19:23
Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol (Actes Sud)

Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol

(Actes Sud - Actes Noirs - février 2015 - 600 pages)

Traduit de l'espagnol par Claude Bleton

TItre original : Un millon de gotas ( Barcelone - 2014)

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Ce livre est un "monument" par la taille, par le propos et par la construction. Quelle aventure que de rentrer dans ce livre ! On est absorbé par toutes ces vagues narratives.

Tenter de résumer ce livre relève d'une certaine gageure, d'autant qu'il y a un intrigue policière dont il ne faut pas trop dévoiler les tenants et aboutissements. Et puis vous aurez 600 pages serrées pour atteindre l'autre rive.

Comme j'adore tout ce qui touche à l'Histoire et plus encore à celle du 20e siècle, j'ai été comblé avec ce livre.

 

Le roman se passe en 2002 mais il faut remonter à janvier 1933 et connaitre toute la vie d'Elias Gil jusqu'à sa mort en 1967 pour raccorder son histoire à celle d'aujourd'hui qui concerne ses enfants Gonzalo et Laura.

Donc 1933, c'est la grande "époque" du stalinisme quand il était encore regardé comme très fréquentable et Elias arrive là-bas, jeune ingénieur espagnol diplômé. ​Lui et trois amis européens de l'ouest l'accompagnent mais très vite les choses tournent mal car l'URSS a déjà ses travers et voit partout des espions venus de l'Ouest, si bien qu'il se retrouve en mai 1933 sur l'île de Nazino en Sibérie avec Irina qu'il aime et Anna la fille d'Irina. Ils assistent à un véritable massacre et Elias jure de les sortir de là tous les trois.

 

Extrait p.220  "Quand s'étaignit l'écho des derniers coups e feu, l'îlot était jonché de cadavres. L'air sentait la poudre. Même les soldats, qui s'acharnaient encore quelques minutes plus tôt, contemplaient ce spectacle dantesque en silence, effrayés de leur propre rage. Certains vomissaient, d'autres sanglotaient. Plus de deux cents hommes, femmes et enfants moururent ce jour-là. Une demi-douzaine de soldats tombèrent aussi. // Et soudain, au loin, un écho musical transperça la brume qui enrobait le fleuve. Entouré de cadavres, un vieil homme jouait de l'harmonica, assis sur un tronc d'arbre. La musique répandait sa tristesse. La scène était démentielle, hallucinante, incroyable. Mais le vieillard était bien réel, les notes de son harmonica s'élevaient au-dessus des gémissements des blessés".

 

Cet extrait montre la qualité du style et de la narration.

Igor, le tortionnaire russe,  lui met une telle pression qu'il décide de s'enfuir au plus vite par la rivière mais leur embarcation est précaire et Irina lui échappe. Anna est sauvée. Mais les ennuis qui vont poursuivre à jamais Elias naissent de sa lâcheté à avoir abandonné Irina pour se sauver puis à avoir donné Anna à Igor.

Pour Elias, il va y avoir le retour en Espagne, puis la guerre d'Espagne du côté des barcelonais contre Franco avec en 1939 le départ vers Argeles et Collioure pour se mettre à l'abri dans des camps de refugiés. Retour en URSS en 1941 pour se battre au côté des russes contre les allemands à Leningrad... Retour en Espagne où son activité devient plus trouble. Et Anna va revenir dans sa vie, Igor également...

Les chapitres s'alternent entre passé et présent sans gêner l'avancement de la lecture car justement cela apporte au fur et à mesure un éclairage sur la situation.

 

Tout cela pour arriver à 2002. Laura Gil, flic, est soupçonnée d'avoir tué un espion russe Zinoviev, lequel était suspecté d'avoir tué son fils. Gonzalo, son frère, avocat, n'a pas eu de nouvelles de sa soeur depuis 10 ans jusqu'à ce que le soir de son anniversaire il apprenne qu'elle s'est suicidée après avoir été arrêtée pour meurtre. C'est toute la famille qui est ébranlée et qui comprend que le passé est en train de remonter à la surface. Le beau-père de Gonzalo, le policier qui a travaillé avec Laura, les russes arrivés en Espagne... Tout ce petit monde est encore bien présent pour semer la pagaille.

Au fil des pages, les diverses ramifications de l'intrigue se ressoudent. Cela demande un minimum de concentration au lecteur mais ce livre en vaut vraiment la peine. Vous ne le regretterez pas.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol (Actes Sud)
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 19:20
En attendant la vague de Gianrico Carofiglio (Le Seuil)

En attendant la vague de Gianrico Carofiglio

(Le Seuil - mai 2013 - 272 pages)

Traduit de l'italien par Nathalie Bauer

Titre original : Il silenzio dell'onda (Milan 2011)

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Gianrico Carofiglio, né à Bari en 1961, est magistrat anti-mafia, un métier à haut risque. Et il est aussi écrivain, connu surtout pour ses "legal thriller" incarnés par Guido Guerrieri, que j'avoue ne pas connaitre. Ce roman étant d'ailleurs le premier que je lis de lui. Je peux vous dire que l'on peut avoir de hautes fonctions et être un écrivain de très grande qualité, ce qui est le cas de Gianrico Carofiglio.

Je le dis d'entrée, ce roman a été pour moi un très grand coup de coeur. Pas de fausses notes, une intrigue maîtrisée et très bien tenue. On aimerait lire souvent de telles oeuvres littéraires.

 

Né à Bari, certes, mais le livre se passe intégralement à Rome. Et on osera dire que l'auteur doit particulièrement aimer le cinéma car Emma est une ancienne actrice et un chauffeur de taxi fait visiter Rome à Roberto, qui se fait passer pour touriste, en allant lui montrer les lieux où ont été tournés tous les chef- d'oeuvres des années 50/60. Justement, on rembobine, et on reprend tout depuis le début :

Roberto souffre depuis plusieurs années de troubles et d'insomnies et voit son psychiatre chaque lundi et jeudi. Il lui a raconté comment il est devenu carabinier, respecté grâce à son courage pour déjouer un hold-up.

Il vit seul et a parlé d'un rêve lié au surf, ce sport qu'il a pratiqué quand il vivait en Californie. 

En venant aux séances il a repéré une femme qui lui dit quelque chose, et quand il vient la dépanner parce que sa voiture ne démarre pas, il se rappelle qu'elle a été actrice de publicité.

Entre deux séances chez le psy, sans lien entre eux, Giacomo nous raconte ses rêves. Il est lycéen et un chien l'accompagne dans ses rêves, Scott. Il se voit embrasser Ginevra la plus belle fille de sa classe.

Roberto raconte qu'il a été affecté aux stupéfiants et à ce titre a commencé à fréquenter la mafia pour pouvoir faire ensuite des rapports et faire procéder à des arrestations. Et un jour un certain Mario Jaguar lui propose de s'associer avec lui pour un gros coup en lien avec la drogue colombienne. Pour mieux montrer qu'il est des leurs il se fait tatouer et six mois plus tard ils les fait tous arrêtés. La carrière de Roberto est plus que lancée dans son rôle d'infiltré.

Roberto a revu la femme actrice, Emma, qu'il avait dépannée mais il se rend compte de son inculture en lui parlant de théâtre car elle a joué Shakespeare et Pirandello qu'il ne connaît pas vraiment. Et quand le psychiatre lui demande s'il a lu des romans il répond non. A 47 ans il ne sait pas grand chose et s'en désole tout en culpabilisant.

Ils finissent vraiment par sympathiser. Emma lui dit que sa vie est aussi compliquée d'où le recours au psy.

L'essentiel du roman tourne autour de la psychiatrie, entre rêves et réalités à expliquer.

Emma pourrait être la rédemption pour Roberto et pourquoi pas également Giacomo qui vient croiser cette histoire ! Roberto, étonnamment, se montre hésitant dans ses choix de vie alors qu'il a eu une carrière très difficile à gérer et c'est sans doute là seulement qu'il arrivait à "se réaliser".

 

Une intrigue qui avance sans coups d'éclat mais à un bon rythme et des personnages attachants, y compris le psy qui a aussi ses problèmes à résoudre. Quant à cette vague, c'est celle que l'on attend quand on fait du surf pour la "dompter"... Et un style qui renforce bien cette histoire par le ton juste, souvent par touches de courts chapitres. La narration àla troisième personne donne la distance qui permet de voir évoluer Roberto sous un éclairage plus distant. Seul Giacomo nous raconte ses rêves en disant "je".

 

Page 97 : "La légèreté qu'avait éprouvée Roberto s'effaça rapidement devant un sentiment d'angoisse et de vide. Exaltation et dépression. Le médecin y avait fait allusion un peu plus tôt : ces deux états pouvaient alterner pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois au fur et à mesure que son état s'améliorerait."

 

Une lecture que je conseille vivement.

​Denis

 
 

 

Et ce roman rentre dans la thématique du "mois italien" avec un auteur qui vient du sud de l'Italie.

 

 

 

 

 

En attendant la vague de Gianrico Carofiglio (Le Seuil)
En attendant la vague de Gianrico Carofiglio (Le Seuil)
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 19:12
Le livre de Yaak de Rick Bass (Gallmeister)

Le livre de Yaak - Chronique du Montana de Rick Bass

(Gallmeister - collection Nature Writing - 180 pages - juillet 2007)

Traduit de l'anglais (américain) par Camille Fort-Cantoni

Titre original The Book of Yaak (1996 - 2007 pour l'épilogue)

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Ce livre est bien une chronique, un vagabondage dans cette région du Montana, le Yaak, que l'auteur a découverte et dont il est tombé amoureux.

 

Rick Bass, à 29 ans, décide avec son épouse Elizabeth de quitter le Mississippi pour s'installer dans un endroit où ils pourront pleinement vivre leur vie d'artiste car Rick veut devenir écrivain.

Et c'est ainsi qu'ils sont arrivés dans la vallée de Yaak. Une vallée sauvagement déboisée avec des "coupes à blanc", sans téléphone et électricité pour une partie de cette vallée.

L'auteur milite pour la sauvegarde de cette région qui n'a aucun hectare protégé. La vallée n'a qu'une centaine d'habitants et il faut aimer, comme la famille Bass, la solitude pour vivre ici. D' autant qu'ils ont une cabane dans les bois. Elle date de 1903, du temps de la ruée vers l'or.

Les coyotes (proche du loup) et les grizzlys (sous-espèce de l'ours brun) sont deux des "attractions" de cette contrée, si rares ici et encore plus ailleurs.

Rick Bass nous raconte ce qu'il voit, ce qu'il vit ici avec sa famille et ses amis. Malgré son militantisme écologiste pour sauvegarder la région, en 2007, il constate que rien n'a changé.

Il faut se laisser porter par les mots de l'auteur et imaginer ce que peut être cette région au fil de ses pérégrinations.

 

Page 69 : "Des secrets nous parviennent de la forêt : la force que la grâce des bois peut apporter à une communauté. Cette force et cette grâce sont impossibles à mesurer, mais on peut les connaître et les éprouver : aussi longtemps qu'on reste partie prenante d'un lieu et ouvert sur le monde, on sent bien si ce lieu - ville, maison, forêt - recèle encore cette grâce ou si celle-ci a disparu, si on y a renoncé". // Je vois dans l'art une conséquence parmi d'autres, un indicateur de la richesse d'un lieu. Ni la richesse ni la force ne se laissent quantifier, mais je me dis que l'art, parfois - tel un loup, un grizzly ou un caribou - est révlateur de la force et de la variété d'un lieu".

 

C'est réellement un livre dans lequel il fait bon vivre. De courts chapitres nous font pénétrer à "pas de loup" dans cet univers "sauvage", loin du bruit et de la fureur du monde, excepté le fait que rien n'est fait pour en faire un lieu "officiellement protégé". Et c'est la seule révolte de l'auteur qui y a trouvé une vie saine ici.

 

Une chronique écrite pas un grand écrivain est forcément de belle facture. Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu dans le cadre du challenge Gallmeister.

Le livre de Yaak de Rick Bass (Gallmeister)
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:54
Rencontre au Havre avec Ellen Urbani (version traduite anglais)
Rencontre au Havre avec Ellen Urbani (version traduite anglais)

Ellen Urbani est venue en France pour présenter son livre "Landfall" que j'ai lu en avant-première grâce aux éditions Gallmeister et au "challenge Gallmeister" organisé par Léa pour les 10 ans de l'éditeur,

Ellen Urbani came to France for a presentation of her novel Landfall which I read a preview of owing to Gallmeister Publishing and the Gallmeister Challenge organized by Lea for the publisher's  tenth birthday.

 

Sa "tournée" de trois semaines commencée à Rouen, s'est poursuivie hier mercredi 11 mai 2016 au Havre à la Librairie La Galerne. Elle va aller ensuite à Laval, à Caen sans oublier Saint-Malo pour le festival littéraire "Etonnants voyageurs"... Toutes les dates sont sur le site Gallmeister. Ellen nous a avoué que c'est la première fois qu'elle vient en France.

Her french three week tour started in Rouen, then in Le Havre on wednesday, May 11th at La Galene bookshop. Then, she will be in Laval, Caen and of course Saint-Malo for the litterary festival, Etonnants Voyageurs. Save your dates on Gallmeister website ! She confessed it is the first time she comes to France.

 

C'était pour moi et Fabienne un grand bonheur de pouvoir rencontrer Ellen Urbani dans le contexte fort agréable d'une librairie. Et nous étions environ 25 personnes à partager ce plaisir, sans compter les organisateurs havrais.

 

Needless to say it was a great pleasure for Fabienne and myself to meet Ellen in a place as nice as a bookshop. And we were about 25 people who shared this pleasant time, the organizers from Le Havre not included.

 

Avant de débuter la rencontre, Ellen Urbani est allée saluer chaque "auditeur" individuellement en lui serrant la main et en lui montrant combien elle était heureuse de cette rencontre.

Les organisateurs de la librairie, qui en sont à je ne sais combien d'auteurs invités à ce jour, n'avaient jamais vu un auteur débuter ainsi une rencontre

Before the meeting started, Ellen Urbani greeted every single auditor, shaking hands and showing how happy she was with this event and the organizers, who welcome authors very often, said it was the first time they saw an author starting a meeting that way.

 

Après avoir ainsi salué chacun, elle est venue s'installer à la table où l'attendait Marie Mascoso, des éditions Gallmeister et pour l'occasion traductrice. Tout en admettant que ce n'était pas son métier, elle a très bien assuré ce rôle. Un anglophile a dit en aparté à la fin de la conférence qu'elle avait fait un excellent travail. A mon tour d'être le plus fidèle possible à ses propos dans ce compte-rendu que je vais faire à présent, au fil des notes prises sur un carnet.

After waving to everyboby, she sat at the table where Marie Mascoco from Gallmeister will also act as a translator. Even if it is not her proper job, she was very good, definitely. An english speaking person even said in an aside that she did an excellent job. Now it's my turn to try and transcript as faithfully as possible her words during this interview.

 

Ellen Urbani était "interviewé" par Elvire Duchemin qui est souvent invitée par La Galerne pour animer des débats littéraires et qui, elle aussi, a très bien assumé son rôle.

 

Expliquez-nous le début du roman et pourquoi avoir choisi une fiction?

Would you please explain to us the beginning of the novel and the reason why you chose to write fiction ?

Ellen Urbani explique le début du roman (que je ne reprendrai pas ici et qui est ainsi résumé sur la 4e de couverture " Un matin de septembre 2005, Rose, à peine âgée de dix-huit ans, s’apprête à rejoindre La Nouvelle-Orléans avec sa mère. Les deux femmes vont porter secours aux sinistrés de l’ouragan Katrina. Mais sur la route, leur voiture quitte la chaussée et percute une jeune fille. Cette inconnue, morte dans l’accident, seule et sans le moindre papier d’identité, ne tarde pas à obséder la rescapée).

Ensuite, elle nous dit qu'elle a travaillé en tant qu'aide et soutien psychologique aux malades atteints du cancer (donc en service d'oncologie) et également en soutien aux victimes de catastrophes en tout genre.

After talking about the beginning of the novel, Ellen explains to us that she worked as a psychological support to people suffering from cancer and also she supported victims of any kind of disasters.

 

Ce travail en profondeur avec des êtres en souffrance lui a permis d'avoir une compréhension immédiate de celle des victimes de Katrina en août 2005.

C'est cet aspect humain, qui n'a pas été suffisamment mis en avant dans les livres qui ont été écrit avec le passage de l'ouragan, qu'Ellen Urbani a voulu faire ressortir dans ce livre, qui ne pouvait être qu'un roman pour elle et non un reportage de non-fiction.

This deep work with suffering people enabled her to have an immediate understanding of the Katrina's victims in 2005. According to her, this human aspect has not been underlined enough in books dealing with the hurricane and she wanted to point it out in this book which could be a novel only instead of a non-fiction report.

 

Comment avez-vous composé ce roman ?

How did you compose this novel ?

J'avais besoin de comprendre ce qui s'était passé et j'y ai consacré beaucoup de temps pour reconstituer les faits. Etant à l'époque mère célibataire avec deux très jeunes enfants, j'effectuais mes recherches la nuit et je peux dire que je suis devenue "experte". Il me fallait alors mixer fiction et réalité des faits, en insérant de façon équilibrée la fiction.

I needed to understand what had happened and I spent a great deal of time peicing facts together. At that time I was a single mother raising two kids and I was searching for information at night and I really became skilled at it. Then, I had to mix fiction and reality and insert fiction in a well  balanced way.

 

Peut-on dire que Katrina est un "révélateur" du comportement humain?

Would you say that Hurricane Katrina is an « enlightener » of the human behaviour ?

J'ai grandi dans le sud des USA, en Virginie et en Alabama.

Je me sens aujourd'hui "expatriée" en vivant dans l'Orégon mais le racisme qui sévit dans le "sud" de manière très forte ne m'autorisait pas à laisser vivre mes enfants dans ce contexte. Je veux leur donner des valeurs qui ne sont pas celles-là.

Et le racisme est revenu au devant de la scène en Alabama, au moment de Katrina. Il fallait déjà cette "vérité" pour construire aussi le livre.

I grew up in the South – Virginia and Alabama. Today, I feel an « expatriate » living in Oregon but  I couldn't allow myself to bring up my kids in the South because of racism which is a plague over there. I want to transmitt values to them which are not those ones. And with Katrina racism came back to the forefront in Alabama. It was necessary to held this « truth » to build the novel.

 

Qui sont Rose et Rosy? Comment les avez-vous créées?

Who are Rose and Rosy ? How did you « create » them ?

Au départ, je ne voulais pas écrire de la fiction pour mon deuxième livre (Ellen Urbani a écrit un premier livre non traduit sur son expérience au Guatémala). Je voulais faire une autobiographie familiale. Ma mère et ma soeur ont pleuré quand je leur ai dit cela ne souhaitant pas que leurs problèmes familiaux soient exprimés au regard des autres. Peut-être que plus tard ce livre pourra être écrit.

Dans "Landfall", il y a tout de même beaucoup de ma famille mais ma mère et ma soeur ne l'ont pas lu ainsi, n'y voyant pas de liens directs avec leur propre histoire.

At the beginning,  I did not want my second novel to be a fiction (Ellen's first book – not translated yet - deals with her experience in Guatemala). I wanted to write a « familiy autobiography ». My mother and my sister cried when I told them because they did not want her family problems to be revealed. Maybe, this book will be written later... Anyway, many things on my family are said in Landfall but neither my mother nor my sister read the novel with direct connections with their own story.

 

Qu'est-ce qu'on fait avec le secret?

What does one do with a secret ?

Je ne suis pas quelqu'un secret mais il y a contradiction entre protéger les nôtres et leur dire la vérité. J'avais la même problématique au Guatémala.

Les deux mères représentent ces contradictions. Gertrude ne dit rien à Rose alors que Cilla dit tout à sa fille Rosy.

I am not a secret person but there is a contradiction between preserving our people and telling them the truth. I was faced with the same problem in Guatemala. In Landfall, both mothers are this contradiction : Getrude does not say anything to Rose whereas Cilla says everyting to Rosy.

 

Il y a aussi une histoire de chaussure !

There is also a story about shoes !

Au début du roman l'accident de voiture est causé à cause d'une dispute entre Gertrude et Rose car Rose a mis ses chaussures sur le tableau de bord. Pieds nus, elle va trouver sur les lieux de l'accident mettre les chaussures de Rosy qu'elle a trouvées au sol. Elles vont l'accompagner tout au long du roman.

Aux USA, on dit que si on marche avec les chaussures d'un autre, on finit par le connaître. Ces chaussures sont le lien entre les deux jeunes filles.

At the beginning of the novel, the car accident happens because of an argument between Gertrude and Rose because Rose puts her shoes on the dashboard. After the crash, she is barefoot and she finds a pair of shoes near the car, belonging to Rosy. She puts them on they will stay with her up untill the end of the novel. In the United States, they say that when you walk with someone else's shoes, you know him/her in the end. These shoes are the link between the two girls.

 

Peur, violence, corps en lutte pour la survie. Comment avez-vous écrit ces moments de violence ?

Fear, violence, struggle to survive... How did you write those sequences of violence ?

J'ai vu beaucoup de "beauté" en vivant auprès de mourants et c'était un moyen ici de leur rendre hommage. J'ai aussi vécu des moments de violence dans ma vie. Et quand on survit à ces violences, il faut savoir mesurer la chance que l'on a eu de survivre.

I experienced a great deal of beauty living close to dying people and it was a way to pay tribute to them. I also experienced violence in my life. And when you outlive, you have to rate the chance you had to outlive.

 

Dans ce cataclysme, il y a un joli personnage, Jennifer

In such a cataclysm, there is the nice character of Jennifer.

Souvent les auteurs n'aiment pas qu'on leur demande si les personnages sont issus de leur vécu. Pour ma part, cette question ne me gène pas. Et dans mes récits j'aime y mettre des personnages que je connais, comme ma mère.

Jennifer, c'est le modèle de ma meilleure amie, et c'est la plus incarnée.

Après ce débat, il y a eu les questions du public, notamment une sur le premier roman de Harper Lee paru l'an dernier, et qui se passe également en Alabama et concerne le racisme mais Ellen Urbani n'ayant pas lu le livre, elle n'a pu répondre à la question.

Most of the time, writers do not like to be asked if their characters belong to their life. As far as I am concerned, such a question does not upset me and in my stories, I like placing charcaters I know, suc as my mother. Jennifer is very close to my best friend and she is the most personified

 

Et le policier ?

What about the policeman ?

Et pour ma part, comme ce roman est avant une affaire de femmes, j'avais attiré l'attention dans mon article sur le policier. J'ai donc demandé à Ellen comment elle voyait ce personnage dans son roman et voici sa réponse :

storyIn my eyes, as this novel is a « matter of women » above all, I had layed the emphasis on the policeman in my article. So, I asked Ellen how she « imagined » this character :

Je parle de femmes fortes et féministes assurément. Mais j'ai réalisé qu'il y avait aussi des hommes "biens".

Mais il fallait, pour moi, que cet homme soit derrière elles, comme un guide.C'est ce que fait le policier. Il a été le personnage le plus difficile à écrire.

StoryI speak about srong and feminist women, definitely. But I also realized there are also nice guys. For me, this man has to stand behind them, acting as a guide. That's what the policeman does. He has been the most difficult character to be depicted.

 

Et une dernière question du public :

Last question from the audience :

 

Comment va la Nouvelle-Orléans aujourd'hui ?

How is New-Orleans today ?

J'y suis retournée en 2015 pour le 10e anniversaire de Katrina et pour le lancement de "Landfall".

La partie la plus touchée était celle des quartiers pauvres, essentiellement de population noire.

Beaucoup d'argent a été engagé pour la reconstruction. Brad Pitt y a sa rue car il a fait un don qui a permis de reconstruire intégralement cette rue.

Reste un paysage d'abandon. Tous les noirs ont été déplacés, c'est ainsi la plus grande migration depuis l'esclavage aux USA.

L'identité de la Nouvelle-Orléans a changé et ne sera plus celle qui en a fait sa renommée, berceau du jazz.

StoryI came back there in 2015 on the occasion of the tenth anniversary of Hurricane Katrina and for the « launching » of Landfall. The most injured part of the city was the poor quaters where most of the resident are black. A lot of money has been engaged in reconstruction. A street bears Brad Pitt's name because he gave monet which was used to rebuild this street.

There remains a desolated countryside. All the black people have been uprooted leading to the most important migration since slavery in the US. New-orleans idendity has changed and will never be the one who made its fame, the jazz cradle.

                                  ---------------------------------------------------

Il n'y avait plus qu'à applaudir ce beau moment de littérature et pour Ellen passer à la séance de dédicace, avant de se dire au revoir, jusqu'au prochain roman... La question n'a pas été posée, si bien que le mystère reste entier.

N'hésitez pas à suivre son actualité sur son site Internet

http://www.ellenurbani.com/

Time had come to applaud this great moment of litterature and leave Ellen to her dedications before saying « good-bye » waiting for her next novel... Nobody asked the question. Who knows ?

Follow Ellen on her website, http://www.ellenurbani.com/

 
 

 

Denis 

 

​(Translation by Marie-Hélène Bazinet. Many, many thanks for her very good work).

 

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