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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 16:42
Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)

Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas

(Christian Bourgois - mai 2000 - 273 pages)

Traduit de l'espagnol par Denise Laroutis

Titre original : Lejos de Veracruz (1995)

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Le roman débute ainsi : "Tout le monde ne sait pas qu'à Veracruz et ses plages lointaines jamais de ma vie je ne retournerai. J'y ai été heureux, le mois dernier, une nuit de pleine lune, à Los Portales, pas avant ni après, au cours du dernier mois de juillet de ma jeunesse. Mais jamais de ma vie je n'y retournerai, ai-je décidé, car je sais très bien que la nostalgie d'un lieu n'enrichit qu'à condition qu'elle reste de la nostalgie : qu'on retourne en ce lieu et c'est la mort."

 

Enrique est parti au Mexique pour y parler de son frère Antonio décédé, écrivain voyageur et ami de l'auteur Sergio Pitol originaire de Veracruz. Mais il n'est plus pressé de rentrer à Barcelone et décide d'écrire "moi je suis de Veracruz", ce qui est faux, lui rappelle Sergio.

Et c'est sur l'île de Majorque où est née Marta la veuve d'Antonio qu'il commence à écrire son livre. Les frères Tenorio se ressemblaient. Antonio a écrit des récits de voyages qu'il n'a jamais effectués. Et au moment de son suicide il avait commencé "La descente".

Maximo le frère aîné est peintre et la mère des trois frères est morte suite à l'accouchement d'Enrique. La vingtaine arrivée et n'en pouvant plus de cette famille d'artistes ratés il décide de partir en voyage en Afrique. Là bas il a dû tuer un homme pour survivre. Au retour il apprend la mort de son père.

Nouveau voyage avec une australienne de moeurs légères, dans son pays, puis en Inde. Là il va perdre un bras et se retrouver seul pour rentrer à Barcelone.

Il a vingt sept ans à présent et est sur l'île des Baléares à discuter avec son voisin dentiste inculte en littérature.

Il avait retrouvé son amie d'enfance, Carmen, en fait sa cousine, lors du mariage d'Antonio. Très vite ils se sont mariés et sont partis sur les traces de volcans, la grande passion de Carmen. Mais elle n'en est pas revenue piquée par des insectes, la fièvre l'ayant tuée. Nouveau retour catastrophique de voyage.

Maximo a poussé un cri d'alarme depuis les tropiques que ses frères n'ont pas compris. Peu après Rosita leur annonçait son décès par accident. C'est alors qu'Enrique a décidé de partir là-bas pour l'enterrement, sans Antonio, toujours réfractaire aux voyages...

 

Roman d'aventure, roman sur l'art ou non art d'être écrivain ou artiste, roman sur le mensonge... On a tout cela comme toujours chez Enrique Vila-Matas, écrivain des méandres, des mélanges de genre et de style. On y rencontre l'écrivain bien réel Sergio Pitol à Veracruz.

Oui, on est loin de Veracruz, un lieu toutefois qui a un sens dans la vie des trois frères Tenerio, sens du rêve ou du cauchemar.

 

Du très grand Enrique Vila-Matas, comme on l'aime. On est ici dans des allers-retours entre présent, passé, dans la difficulté d'être et d'écrire. Cervantes n'est pas loin. Don Juan aussi puisqu'il lui prend le nom de Tenorio. Enrique, le narrateur, écrivain en devenir, double ou non de l'auteur ! Tous ces entre deux sont fascinants. Le lecteur se plait dans cette ivresse des mots, des phrases, surpris au coin des pages, comme aime l'être le lecteur qui adore l'aventure littéraire insolite et tellement fascinante. Un voyage littéraire de grande facture entre immobilisme et rêve éveillé.

Dans les romans de tels auteurs, on n'attend rien de l'histoire elle-même, on attend d'être enivré par les mots et l'invention littéraire. John Irving, Enrique Vila-Matas ou Thomas Pynchon font partie de ces auteurs-là...

 

Un nouveau très grand coup de coeur pour un de mes auteurs contemporains préférés.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 
 
 

 

 

Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 17:04
Le lynx de Silvia Avallone (Liana Levi)

Le lynx de Silvia Avallone

(Liana Levi - Piccolo - 60 pages - inédit 2012)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : La Lince (2011 - Milan)

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J'avais été très impressionné par "D'Acier" de Silvia Avallone qui a été un de mes gros coups de coeur 2015. Et c'était l'occasion avec "Le Lynx" d'approfondir ma connaissance de la jeune oeuvre de Silvia Avallone (née en 1984).

Il s'agit ici d'une nouvelle de 60 pages. Il n'y a donc pas l'ampleur de son roman de plus de 400 pages. Mais on y retrouve l'essence de ses livres : décrire des personnages "perdus" dans une vie médiocre où il n'y a pas beaucoup de place à l'aventure. Des gens sans destin, enfermés dans leur tissu social et familial avec l'espoir toujours d'en sortir par tout moyen.

 

Piero s'est arrêté en pleine nuit sur une aire d'autoroute avec l'intention de braquer la caisse de la station-service. Mais en allant aux toilettes, il voit un jeune adolescent qui lui demande s'il peut lui prêter son téléphone portable. Quand Piero entend le jeune homme (Andrea) dire qu'il espère trouver une voiture pour rentrer chez lui, il se propose de le conduire à destination. Toutefois, il revient seul dans la station et dérobe la recette. Il dépose Andrea et rentre retrouver sa femmeet l'ambiance difficile de leur vie. Lui, a été plusieurs arrêté et envoyé en prison et elle survit comme elle peut car il n'a pas grand chose à lui proposer.

Piero décide de revoir Andrea et lui achète un téléphone portable. Mais l'adolescent ne le remercie même pas. Toutefois, comme omnubilé par lui, Piero revient le voir, l'emmène avec lui à la montagne. Toujours même ingratitude. Pourquoi s'acharner alors à se montrer complaisant avec Andréa alors que leur relation est également empreinte de violence !!

 

Une histoire simple racontée tout aussi simplement. On s'intéresse à la psychologie des personnages, au manque de leur vie et à leurs espoirs. On est vraiment, je le répète, dans l'esprit de "D'Acier". Décidément, Silvia Avallone est une très grande "sociologue" des paumés. Et on a hâte de lire ses prochains romans.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Le lynx de Silvia Avallone (Liana Levi)
Ce livre s'inscrit hors thématique pour juillet, dans le cadre du challenge italien d'Eimelle.

Ce livre s'inscrit hors thématique pour juillet, dans le cadre du challenge italien d'Eimelle.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:27
La reine des pommes de Chester Himes (Folio - policier)

La reine des pommes de Chester Himes

(Folio Policier - 282 pages - mai 1999 pour la présente édition)

Traduit de l'anglais (USA) par Minnie Danzas (Gallimard 1958)

Titre original : The Five Cornered Square (1957)

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Je poursuis ma série commencée en janvier dernier de lire un livre d'auteurs "mythiques" et devenus "classiques" de la littérature policière (au sens large du terme) au travers de personnages récurrents. Rouletabille, Arsène Lupin, Maigret, Walt Longmire ou Lew Archer...

Et aujourd'hui, c'est Chester Himes (1909-1984) et ses deux policiers noirs de Harlem : Ed Cercueil Johnson et John Fossoyeur, créés pour ce premier tome de leurs aventures "La reine de la pomme". Ce cycle de 9 romans sera appelé "cycle de Harlem" et s'étale de 1958 à 1983 avec Plan B resté inachevé.

Je l'avais signalé lors de la lecture de Raymond Chandler, Folio n'a pas revu les traductions de l'époque et les dialogues comme les titres sont accrocheurs dans l'esprit de la série noire de l'époque. Heureusement, une édition quarto que je ne connais pas, a retraduit l'ensemble du cycle pour son édition de 2007, intitulé "Le cycle de Harlem" et que l'on doit à C. Jase.

 

Le roman a obtenu le Grand Prix de la Littérature policière et Giono, Cocteau et Sartre, nous dit Folio, ont salué ce roman.

 

De drôles de gachettes que ces deux policiers, prêts à tirer à tout moment, sans hésiter à hurler : "Garde à vous". Il faut dire que le Harlem de l'époque est plutôt violent et il faut savoir "se montrer" et réagir très vite.

 

 

Jackson a contacté un faux monnayeur pour transformer ses billets de 10 dollars en billets de 100. Mais la police arrive et arrête Jackson, lequel voyant que l'inspecteur est noir comme lui arrive à lui proposer de l'argent pour être libéré. Mais il a dû voler de l'argent à son employeur pompe funèbre pour payer le flic.

Jackson explique à son frère Goldy ses difficultés, décidé à l'aider d'autant qu'il a compris que le flic était un complice de son amie et du faux-monnayeur pour lui voler tout son argent.

Goldy s'habille en fille et plus encore en bonne soeur pour faire la manche. Il vit avec deux hommes eux aussi habillés en femme, la Grande Kathy et Lady Gitane, dans le quartier d'Harlem. Mais très vite Goldy comprend qu'il peut se faire de l'argent en suivant la piste des agresseurs de son frère. Il drogue Jackson pour qu'il reste caché chez lui pendant ses investigations.

Ed Cercueil et Fossoyeur sont deux flics noirs bien connus à Harlem. Goldy leur donne quelques tuyaux sur ces escrocs qu'il recherche lui-même. Pour tendre un piège à Gus l'escroc principal, Jackson dit qu'il a une belle somme à investir dans ses mines d'or.

Tous arrivent chez Gus et les bons tireurs que sont les deux flics tuent l'escroc. Mais Imabelle s'enfuit avec Slim un complice, suivis par Goldy en taxi.

Un flic blanc a été tué dans l'échauffourée, Ed a reçu du vitriol risquant de le conduire à être aveugle. Ici, à Harlem les noirs savent qu'il va y avoir de sacrés soucis en perspective.

Jackson emprunte le corbillard de son patron, retrouve Imabelle et avec Goldy embarque la caisse d'or mais au moment de partir Imabelle s'est enfuie.

Deux autres complices reviennent et voient le corbillard... Alors, là tout va s'envenimer avec meurtres, courses poursuites entre escrocs et avec la police entre deux.

 

Une fin "rocambolesque", non dénuée d'humour, malgré le côté tragique de cette sombre histoire d'escroquerie où le très naïf Jackson va mettre, sans intentions particulières, le feu aux poudres.

 

Une lecture très agréable, qui aurait sans doute été encore meilleure dans la traduction de 2007.

 

Un grand auteur de littérature "noire" (dans les deux sens du terme) à ne surtout pas oublier, d'autant qu'il a écrit d'autres romans que cette série-ci.

 

A noter que ce livre a été repris en bande dessinée par Wolinski et porté au cinéma en 1991, par Bill Duke sous le titre "Rage in Harlem".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

 

La reine des pommes de Chester Himes (Folio - policier)
La reine des pommes de Chester Himes (Folio - policier)
La reine des pommes de Chester Himes (Folio - policier)
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 16:58
En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)

En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina

(Le Seuil - 125 pages - janvier 2004)  ​

Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon

Titre original : En auscencia de Blanca (1999)

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Un auteur espagnol que je découvre avec ce court roman. Né en 1956, Antonio Muñoz Molina a fait des études d'histoire de l'art, ce que l'on ressent bien dans ce roman où l'art est très présent.

On dit que ce livre est un hommage à Flaubert à travers Blanca, une Emma Bovary espagnole des temps modernes. A chacun selon sa propre interprétation. En tout cas le style est fluide avec de longues phrases à l'image de l'incipit :

"La femme qui n'était pas Blanca avança vers Mario depuis le fond du couloir, habillée du chemisier de soie verte, des jeans et des chaussures plates de Blanca, lui souriant et fermant à demi les yeux tandis qu'elle s'approchait, des yeus qui avaient la même couleur et la même forme que ceux de Blanca mais qui n'étaient pas les siens, lui souhaitant la bienvenue sur un ton de voix aussi semblable à celui de Blanca que si c'était véritablement elle qui lui parlait."

 
 

Mario López est chez lui en compagnie d'une usurpatrice d'identité !! Elle n'est pas Blanca qui l'a quitté mais elle porte les mêmes habits et bijoux. Etrange !

Dessinateur et fonctionnaire au Conseil Général de la province de Jaen, il termine sa journée peu avant 15 h et n'a qu'une hâte : rentrer retrouver Bianca qui travaille selon ses contrats de façon très irrégulière. Ils s'aiment comme au premier jour. Ils habitent à Jaén. Blanca voudrait aller à Madrid voir une exposition sur Frida Kahlo. Mario est prudent eu égard à leur finance. Il se rappelle qu'il vient d'un milieu modeste et elle d'un milieu bourgeois.

Mais ce qui l'inquiète c'est le fait qu'un artiste vient à Jaén que Blanca semble apprécier Lluis Onésimo et elle en parle souvent.

Elle avait connu  Naranjo un peintre excentrique et drogué qu'elle voulait contribuer à faire reconnaître à Madrid mais elle le perdit quand il alla s'installer dans la capitale.

Il se rappelle sa première rencontre avec Blanca dans une boîte. Il y était allé pour faire plaisir à des amis. Blanca lui avait été présentée mais il la retrouva au bar puis dehors en très mauvais état, vomissant, imbibée d'alcool et de drogue. Elle espérait y voir Naranjo. Il l'a ramenée chez elle dans un appartement d'une saleté repoussante.

A présent il se dit qu'il aurait dû épouser Juli qui aurait été moins exigeante dans ses besoins artistiques

Page 91 : "Mario (...) dont les espérances dans la vie correspondaient en réalité non pas à celles de Blanca, pour autant qu'ils eussent tous deux essayé de le croire, mais à celles d'une secrétaire d'agence, au genre de femmes qu'incarnait exactement Juli, une femme qui jamais n'aurait souffert de ne pas assister à la Biennale de Venise ou à la première de Madame Butterfly, à Covent Garden à Londres et, qui plus est, aurait tou ignoré de l'art moderne, de l'opéra, de Covent Garden, sans être pour autant une idiote, une fonctionnaire mentale, comme le disait si souvent Blanca, comme s'il y avait eu quelque chose de déshonorant dans le fait d'être fonctionnaire..."

 

Le roman débute comme il finit, avec cette question que se pose Mario :Blanca est-elle revenue ou est-elle partie vivre avec Onésimo ! Cette femme est-elle son double? Qui est-elle?

On le voit alors vivre avec Blanca, tous les deux si différents l'un de l'autre (à l'image des Bovary, pour se référer à Flaubert). Amoureux fou malgré tout.  Quand lui pense à sa vie rangée de fonctionnaire scrupuleux et sérieux au possible, Blanca se montre plutôt bohème, telle qu'il l'a connue cette fameuse nuit en boite de nuit, aimant l'art par dessus tout, rêvant d'aller dans tous les lieux où se joue l'art contemporain...

Les contraires peuvent-ils s'aimer sur le long terme? N'y a -t-il pas une distance qui se crée malgré l'amour qui devrait être au-dessus de tout !

 

Un livre de grande qualité littéraire, non dénué d'humour. Le lecteur n'arrive pas à prendre parti pour Mario ou Blanca. Distance est prise par l'auteur puisque c'est un narrateur extérieur qui raconte cette drôle d'histoire de couple. On remonte le temps pour essayer de comprendre ce que souhaite faire Blanca de sa vie.

 

Excellent livre que je recommande vivement.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

 

 

En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)
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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 19:29
Calderon de Pier Paolo Pasolini (Babel - Théâtre)

Calderón de Pier Paolo Pasolini (Babel - "Théâtre" - octobre 1995)

Traduit de l'italien par Michèle Fabien

Titre original : Calderón (Milan - 1973)

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Six pièces de théâtre composent ce volume, annoncé comme étant l'intégrale de son théâtre (Calderón, Affabulazione, Pylade, Porcherie, Orgie et Bête de style).

Une déception : pas d'introduction, aucun commentaire. Une telle édition devrait être une "référence" à l'image que ce que fait GF, Folio pour les "classiques".

Pour rappel, Calderón a été un grand dramaturge du siècle d'or espagnol. Et la pièce dont il est fait explicitement référence est "La vie est un songe", où l'on retrouve certains personnages ici: Sigismond, Rosaura, Basilio. Je vous renvoie pour cette pièce à mon article sur le blog.

 

Ici, la pièce se passe dans l'Espagne franquiste de 1967.

On retrouve Rosauria au réveil de trois songes qui vont la conduire dans trois mondes différents.

 

Comme dans la tragédie grecque classique, la pièce débute par un stasimon. Au lieu d'un choeur, c'est un speaker qui explique le contexte de la scène et nous donne ici une "introduction".

 

Rosaura se réveille auprès de sa soeur Stella sans rien reconnaître. Ni les lieux, ni sa soeur. Un mois plus tard sa mère dona Lupe dit à son amie dona Astrea que Rosaura est rétablie. D'ailleurs elle vient dire bonjour au moment où arrive Sigismond grand voyageur et ami des artistes.

Dans l'Espagne de 1967 être antifasciste comme Sigismond n'est pas recommandable alors que Rosaura semble être amoureuse de lui.

Rosaura est enfermée dans un couvent et Manuel le médecin amoureux d'elle lui dit qu'il lui donne sa liberté.

Elle retrouve alors Sigismond le révolutionnaire du temps de la guerre d'Espagne. Mais il lui révèle qu'en révolte il a violé la mère de Rosaura et elle est sa fille.

 

Autre situation : Rosaura est amnésique à son réveil mais cette fois elle a pour soeur Carmen et est issue d'un milieu pauvre.

Prostituée elle rencontre Pablo un jeune pédéraste de 16 ans que ses amis ont amenés ici pour le déniaiser. Riche il dit vouloir vivre auprès des pauvres et il promet à Rosaura de revenir lui rendre visite. Un prêtre vient peu après lui dire que Pablo est son fils.

Troisième scénario. Cette fois sa soeur s'appelle Agostina. Rosaura est mariée à  Basilio lequel s'énerve contre Manuel le médecin qui se montre amoureux de Rosaura.

Surgit Enrique, un étudiant traqué par la police suite à une manifestation. On est en Espagne en mai 68. Rosaura a fait un rêve politique qu'elle explique à Basilio.

 

Car cette pièce est aussi "politique" ce qui est courant dans l'oeuvre de Pasolini. Il a transposé le fascisme italien dans l'Espagne de Franco.

 

Un pièce assez déroutante mais là encore on sait à l'avance que rien ne sera simple en lisant cet auteur.

Bonne lecture;

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du "mois italien" consacré ce mois-ci au théâtre. Eimelle anime également un challenge théâtre. Double effet, donc.

Calderon de Pier Paolo Pasolini (Babel - Théâtre)
Calderon de Pier Paolo Pasolini (Babel - Théâtre)
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 16:35
L'alignement des équinoxes de Sébastien Raizer (Gallimard)

L'alignement des équinoxes de Sébastien Raizer

(Gallimard - Série Noire - 463 pages - Avril 2015)

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Premier livre d'une série, dont le deuxième tome a été publié en mars 2016 "Sagittarius", "L'alignement des équinoxes" pourrait s'apparenter aux "thrillers métaphysiques". L'intrigue tourne autour de cet alignement des équinoxes

 

On peut lire un entretien passionnant sur le blog "Encore du noir" de Sébastien Raizer que je vous invite à aller lire dans son intégralité :

 

Extraits :

"...d’où vient cette idée de l’Alignement des équinoxes ?

Tout est parti de la Vipère : radical, insaisissable et dangereux, dans ses actes comme dans son discours… Je savais exactement ce que je voulais : le cœur du noir, le noir absolu, ne réside pas tant dans les actes violents, que dans une pensée totalement hors de contrôle : une vision du monde oblique, irréfutable et inconditionnelle. Une vision du réel et de l’existence mise en actes. Ontologique, carrément. Et lumineuse, au final. Exactement luciférienne, en un sens. Le reste est venu d’un bloc : les personnages de Wolf et Silver, de Karen la samouraï. Il fallait que la force noire de la Vipère prenne corps. Et là, Diane est venue pour la mettre en scène. Le jour où j’ai eu l’idée de la loi de l’alignement, j’étais persuadé que sa formulation existait déjà. Or, je n’ai rien trouvé à ce sujet, sinon une séquence de démonstration mathématique qui s’appelle la théorie de l’alignement. Ça n’avait rien à voir avec mon propos, mais je me suis dit : OK, je fonce. Le reste, c’est écouter la mécanique des sphères, quoi qu’elle dise."

 

"Comment la musique a-t-elle façonné le livre et les personnages ?

Ah, oui, la musique m’a beaucoup aidé pour plonger dans la psyché des personnages, notamment de Diane, qui détruit puis construit son univers. Elle, c’était la musique de Coil qu’il lui fallait – et à moi aussi, pour mieux la connaître, parce qu’on accède à une intimité terrifiante avec Diane, chaotique, en mutation perpétuelle, à la structure éclatée, et pourtant son ensemble constitue une vraie dynamique. Coil, en somme… ;-) Sinon, Wolf, l’ex-commando déphasé, lieutenant à la Brigade criminelle, c’est le Search & Destroy  des Stooges qui coule dans ses veines, c’est la violence qu’il doit canaliser en permanence, notamment grâce à son binôme Silver. Et la Vipère se régénère au son des haïkus électroniques de Kraftwerk."

 

L'auteur vit au Japon et on en sent l'influence dans ce roman où les arts martiaux, la méditation zen y ont une place importante.

 

Résumer le livre est très difficile. Il dégage une force inouie qui nous envoûte comme le sont les personnages par ce psychiatre devenu "la Vipère". C'est par lui que tout passe pour essayer d'atteindre le nirvana par ce fameux "alignement" qui doit être de 100%. A 99.99%, on est "mort".

 

 

Quelques pistes, celles du début du roman :

 

 

Le lieutenant Luc Hackman surnommé Wolf est de garde au quai des orfèvres quand il est appelé pour un meurtre rue de Bagnolet. Il appelle Silver, son acolyte d'origine asiatique, pour qu'elle le rejoigne sur place.

Stéphane Barres a été décapité et son assassin est assise sur une chaise, jeune et jolie, Karen Tilliez. Elle lui a fait un wakizashi avec un sabre de l'époque d'Edo.

Karen dit avoir utilisé la loi de l'alignement. Silver connaît beaucoup de choses sur l'art asiatique étant elle-même asiatique, si bien qu'elle peut se projeter dans le monde intérieur que décrit Karen.

Diane Lempereur, une autre élève, aime se martyriser et elle a trouvé en Meriem Drought, son psychiatre, un allié. On saura plus tard que c'est lui la Vipère. Elle travaille dans un sex-shop et son objectif est de "tuer" toutes les impuretés qui sont en elle.

Autre affaire : deux meurtres avec un tatouage sur le front, une étoile à six branches : un inconnu impossible à identifier et une jeune droguée Deborah.

La vipère détient un puissant logiciel qui lui permet d'aller sur le black Web et c'est ainsi qu'il apprend l'arrestation de Karen. Il savait qu'elle saurait se rendre maître de l'alignement zéro, ce que lui-même n'a pas encore réussi à atteindre. Karen explique que l'alignement se fait à partir de trois données: Physique, psychique et spirituelle. La vipère en écoutant la video de l'entretien de Karen avec les policiers comprend que son élève veut mettre l'accent sur Luc car elle sait qu'il suit toute l'affaire depuis le dark web et lui envoie des signes.

Ces meurtres sont douteux et quelle est la philosophie dans tout cela? Les flics ont blessé à l'appartement de Deborah un type dont le sang analysé permet d'identifier antoine Marquez membre de Human Final Solution (HFS) qui veut éradiquer l'espèce humaine nuisible à la survie de la planète. Y a-t-il un lien avec l'alignement des équinoxes ?

 

Voici à peu près résumée la première partie du roman qui met en place les personnages, les "philosophies" des uns et des autres. Wolf et Silver vont avoir fort à faire mais déjà eux aussi ont une personnalité trouble en usant de pseudonymes pour se faire connaître.

 

Ce résumé vous aura peut-être fait peur, ce serait dommage, car il n'y a pas de verbiage inutile dans ce roman. Il faut accepter comme dans d'autres genres littéraires, le fait qu'il y a du "surnaturel" dans ce roman. Mais c'est un surnaturel qui pourrait être réel. Ce sont des conceptions philosophes simples qui s'appliquent ici et la musique participe à cette "thérapie" par le mal, car on tue quand même pas mal pour arriver à ses fins.

 

Ce livre restera marqué dans ma mémoire et assurément je lirai la suite de ces aventures écrites avec maestria.

 

Bonne lecture,

Denis

 
 

 

L'alignement des équinoxes de Sébastien Raizer (Gallimard)
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 20:01
Yellow Birds de Kevin Powers (Le livre de Poche)

Yellow Birds de Kevin Powers

(Le livre de poche - 236 pages - Avril 2014)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson

(Première édition France : Stock 2013)

Titre original : The Yellow Birds (2012)

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Alors que ce roman a eu très bonne presse, obtenant le prix littéraire du journal "Le Monde" et classé "meilleur premier roman étranger" du magazine Lire, et qu'il a reçu un excellent accueil auprès des lecteurs, je me dois de dire que j'ai été déçu par ce roman, au point que je ne voulais pas écrire cet article.

Le livre est bien écrit, l'histoire est intéressante mais les aller-retour entre le "terrain" en Irak, zone de combat et les Etats-Unis, avant et après cette période en Irak s'alternent désordonnant la suite logique du roman. Ce ne serait pas trop grave en soi, car il y a de plus en plus de romans qui mélangent les lieux et les époques. Sauf que là on ne connaitra la cause de la mort de Murphy qu'en toute fin de roman, tandis que l'on voit se torturer l'esprit, Bartle, traumatisé par la mort de son ami. Sans en connaître la cause, je n'ai pas pu adhérer aux atermoiements de Bartle. Ce qui est bien dommage car c'était tout l'enjeu du roman.

 
 
L'histoire en quelques mots :

 

 

Al Tafar, ville irakienne en septembre 2004. La population est évacuée et les américains comptent leurs morts. Ils tirent depuis les toits et là ils viennent de tuer une vielle dame. A présent la relève va arriver.

Retour à décembre 2003. Battle le narrateur a connu à ce moment-là Daniel Murphy comme lui jeune soldat sous les ordres du sergent Sterling. Il neigeait dans ce coin des USA comme au moment où neuf mois plus tard murphy mourait en Irak.

En mars 2005 ils sont en Allemagne prêts à être démobilisés du moins pour Battle. Ils vont en ville et se saoulent dans un bordel. Battle ne se sent pas à l'aise et il repense à  Murphy.

Retour à septembre 2004. Murphy reçoit une lettre de son amie qui dit partir à l'université et semble dire entre les lignes qu'elle le quitte. Et c'est la préparation pour un nouveau combat.

Arrivée en Virginie en mars 2005 puis chez lui sa mère l'ayant accueilli à l'aéroport. Il se sent déphasé. L'été passe et il n'a aucune envie. Il s'isole en buvant ses bières.

Octobre 2004 : Les patrouilles de 48 heures s'enchaînent avec la violence qui va avec. Entre deux des cuites au mauvais whisky et Murphy qui a disparu quelques jours et qu'il retrouve à l'infirmerie, amoureux d'une jeune femme.

 

Rien à ajouter au-delà de ma grande déception.

 

Denis

 

 

 

 

 

Yellow Birds de Kevin Powers (Le livre de Poche)
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 15:59
Regardez-moi d'Anita Brookner (La Découverte)

Regardez-moi d'Anita Brookner

(Editions La Découverte - 226 pages - 1986)

Traduit de l'anglais par Franchita Gonzalez Batlle

Titre original : Look at me (1983 - Londres)

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Une belle occasion en ce "mois anglais" sur facebook de rendre hommage à Anita Brookner née le 16 juillet 1928 et décédée cette année le 10 mars 2016. Elle a écrit 24 romans dont "Look at me" qui était son troisième roman mais le premier traduit en français.

On est donc avec ce livre au début de la carrière littéraire de cette universitaire, enseignante en littérature et en histoire de l'art.

On sent bien son amour des arts dans ce roman. Lors de son décès, Télérama titrait son article hommage "l'écrivaine de la solitude".

Solitude assurément mais aussi quête des autres.

 

Frances Hinton est bibliothécaire dans un institut de recherches médicales spécialiste de la mélancolie, la folie et la mort. Les trois principaux clients et chercheurs sont l'excentrique Mrs Halloran, l'effacé Dr Simek et l'éclatant Dr Nick Fraser toujours fort occupé. Olivia est l'amie et l'assistante de Frances.

Tout document, oeuvre d'art, livres... sont collectés, photocopiés et répertoriés ici. Pour l'art Frances a une prédilection pour Goya.

Frances vit seule depuis la mort de sa mère et se confie à son journal et écrit aussi pour être publiée. Elle est encore jeune. On la dit "charmante" mais elle n'est pas amoureuse.

Elle habite le quartier plutôt chic de Maida Vale. Nancy la domestique de ses parents est restée vivre avec elle. L'appartement est resté tel qu'il était sans être à son goût.

Elle sort le soir avec Nick et sa femme Alix et a pu faire connaissance de Maria une de leurs amies et elle comprend qu'elle est en train de sortir de sa solitude.

Alors qu'elle aurait pu se bercer d'illusions en voyant Nick, dès qu'elle a vu pour la première fois Alix un matin à la bibliothèque, Frances a compris que cette femme était en osmose complète avec son mari et que rien ne pourrait jamais compromettre cette "fusion" du couple.

Ils manipulent sa vie assurément mais elle est heureuse que ses temps de loisirs soient remplis d'eux et de leurs "caprices". Alix brise sa déprime surtout quand elle se rappelle sa vie à la Jamaïque avec son père.

Et un soir Frances se retrouve en compagnie du docteur James Anstey invité par les Fraser. Ils ne se cachent pas pour dire qu'ils formeraient un beau couple.

Mais Frances n'est pas sûre d'aimer James.

Alix appelle souvent son amie à la bibliothèque et montre qu'elle n'est pas stable actuellement. Et c'est elle qui tire toutes les ficelles des liens entre eux tous. James a refusé de faire l'amour avec Frances quand elle l'a attiré dans sa chambre comme si tout était en train de se déliter.

La bibliothèque ferme pour noël et les fêtes se préparent. Quand elle va manger avec les Fraser et James elle comprend qu'elle est marginalisée. Et elle rentre seule à pied peu rassurée de marcher ainsi à minuit dans les rues de Londres.

Frances a à présent tous les "matériaux" pour écrire son roman qui sera sans doute sarcastique et satirique.

 

C'est aussi le moment où elle retombe dans sa solitude, tous ses amis ou présupposés amis reprennent leur vie loin d'elle. Comme si elle ne pouvait que vivre seule, enfermée dans son univers et son cahier où elle note tout ce qu'elle peut y noter, mais elle est libre à présent.

 

Vous aurez compris que c'est un livre où la psychologie des personnages est au centre du roman. Tout gravite autour de cela et Frances comprend que sa solitude a changé entre le début et la fin du roman. Elle a compris qu'elle a trop subi les caprices des uns et des autres et son changement d'appréhension de la vie passe par la LIBERTE. Savoir se détacher des autres pour vivre pleinement sa vie.

Très belle philosophie de la vie pour ce très beau roman. Une auteure que j'ai découverte avec ce livre et que je continuerai à lire. Chaque fois, on se dit, pourquoi avoir attendu sa mort pour la lire, quand ce livre était dans ma bibliothèque depuis plusieurs années !

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 
 

 

Regardez-moi d'Anita Brookner (La Découverte)
Livre lu dans le cadre du mois anglais

Livre lu dans le cadre du mois anglais

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 16:31
Piste noire d'Antonio Manzini (Denoël - Sueurs froides)

PIste noire d'Antonio Manzini

(Denoël - Sueurs froides - 251 pages - mars 2015)

Traduit de l'italien par Samuel Sfer

Titre original : Pista Nera (2013)

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Assurément Rocco Schiavone est un "anti-héros". Et pourtant, ce roman est le premier d'une série qui met en scène ce sous-préfet (commissaire de police) venu de Rome, suite à une sanction, muté ici à Champoluc dans le val d'Aoste. C'est dire que l'auteur croit en lui malgré ses défauts annoncés sur la 4e de couverture : "snob, macho et ronchon, doté d'un humour noir dévastateur".

 

Amadeo Gunelli est dameur de pistes à Champoluc dans la vallée d'Aoste. Il vient de découvrir un cadavre. Le sous-préfet (nouveau nom pour les commissaires de police) Schiavone est immédiatement alerté et il part avec Italo Pierron sur les lieux.

Ils montent voir le corps broyé et au retour ils rencontrent Maurizio Baldi le procureur qui ne semble pas apprécier Rocco Schiavone, d'autant qu'il dit connaître son passé.

Quand Luisa Pec vient dire que son mari a disparu depuis la veille et qu'il portait un tatouage avec le même mantra qu'elle, Schiavone peut aussitôt identifier le cadavre qu'il a vu à la morgue. Son nom Leone Miccichè Il envoie ses agents pas très futés du moins à travers son regard acerbe, retrouver les noms de tous ceux qui ont logé dans la montagne ces derniers jours. Heureusement l'inspecteur Caterina Rispoli, jeune et jolie relève le niveau intellectuel de ceux qui bossent avec lui !!

Schiavone vit dans le souvenir de Marina mais il voit quand il le peut Nora.

Leone a eu une altercation au téléphone avec son frère Domenico se souvient Luisa. Et puis Schiavone apprend qu'elle était enceinte ce qui aurait pu indisposer son ancien petit ami resté très jaloux, Omar Borghetti. Deux suspects d'un coup.

Schiavone retrouve un vieil ami Sebastiano venu de Rome pour intercepter un camion de marijuana en provenance d'Amsterdam. Schiavone l'interceptera et ils pourront se partager une partie du butin, ce qui montre là un des travers de la personnalité de l'homme !

 

Omar avoue que Luisa et Leone lui devaient de l'argent mais il clame n'avoir pas tué le mari de son amie. 

 

 

Ainsi, la suite du roman doit nous révéler le nom de l'assassin et la réelle contenance du camion car il pourrait bien y avoir des surprises. Une chose est certaine, Rocco Schiavone joue en grande partie sa carrière sur ces deux affaires.

 

Ce livre n'a pas été un coup de coeur. On sent bien que l'auteur est scénariste, acteur et réalisateur au vu du grand nombre de dialogues dont est constitué le roman. Peu de descriptif, des faits, des interrogations pour faire avancer l'intrigue.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Piste noire d'Antonio Manzini (Denoël - Sueurs froides)
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:43
Cible mouvante de Ross Macdonald (Gallmeister - Totem)

Cible mouvante de Ross Macdonald

(Gallmeister - Totem - mars 2012 - 278 pages)

Traduit de l'anglais (USA) par Jacques Mailhos (nouvelle traduction 2012)

Titre original : The Moving Target (1949) 

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Ross Macdonald (1915-1983) a créé un détective privé, Lew Archer, en 1949, avec ce roman "The Moving Target". Son personnage revient ensuite dans 17 romans, jusqu'en 1976. C'est dire que ce personnage a traversé son oeuvre littéraire, en en faisant un pilier. Gallmeister retraduit tous les livres de la série, ce que je comprends très bien ayant été récemment déçu par un livre de Raymond Chandler. Les temps ont changé et les traductions "années 50" ont vieilli et trahissent plutôt l'oeuvre. Exemple, ce roman a initialement été traduit par "Il est passé par ici".

On ne peut que féliciter l'éditeur d'avoir repris tous ces textes pour les mettre à disposition des amateurs de Ross Macdonald, dans un format soigné au prix d'un livre de poche.

 

 

Le détective Lew Archer arrive chez Mme Sampson dont la villa du bord du Pacifique est somptueuse. Elle est handicapée des deux jambes et demande à Archer de retrouver son mari, Ralph Sampson, parti sans doute avec une femme hier pour Los Angeles. Le détective parle avec la fille du fugitif, Miranda et Taggert son pilote d'avion. Sampson a disparu après avoir atterri la veille sans qu'on puisse savoir où il est allé. Il faut dire qu'il est souvent sous l'emprise de l'alcool et alors il devient incontrôlable.

C'est Albert Graves l'avocat des Sampson qui a conseillé Archer car ils ont déjà travaillé ensemble par le passé. Archer sent que Graves est amoureux de Miranda mais le pilote semble l'être également. 

Ils partent en avion à Los Angeles passant d'abord au bungalow où Ralph Sampson avait l'habitude d'aller et qu'il a décommandé la veille selon les dires de la secrétaire de l'hôtel.

Lew continue seul ensuite son enquête et parvient à savoir par un ami journaliste que celle qui serait la maîtresse de Ralph : Fay, est une actrice sur le déclin mais elle joue encore et de fait il la trouve sur un plateau de cinéma et la suit jusque chez elle et le soir au Swift puis dans d'autres bars. Il la ramène saoule chez elle et apprend que Ralph est dans le Nevada. Et dans la soirée il voit Taggert qui lui dit avoir eu des nouvelles de Ralph qui aurait besoin d'une grosse somme d'argent. Lew répond que cela sent l'enlèvement.

Il raccompagne Fay chez elle puis tombe sur le mari et repart vers une boîte où joue une pianiste Betty et qui avait appelé Fay, mais elle le fait mettre dehors. Il est même frappé et heureusement Taggert arrive et ils partent ensemble chez Fay mais un camion arrive et une poursuite veine s'ensuit.

De retour chez les Sampson les cent mille dollars sont collectés.

Miranda et Lew partent au loin voir le vieil illuminé et adorateur du soleil qu'est Claude et il ne leur a pas menti, son ami Ralph n'est pas ici.

Au retour après avoir failli être percutés par une limousine noire, une lettre anonyme les attend demandant la rançon pour libérer le lendemain Sampson. Lew a mis à présent la police sur l'affaire. 

C'est Graves qui va déposer la malette et Lew se place plus loin prêt à suivre la voiture qui aura pris la rançon. Mais elle tourne la rue juste avant une autre voiture jaillit puis Lew entend un coup de feu.

 

Vous n'en saurez pas plus et vous aurez compris qu'il y a pas mal de suspens, bien mené, par un Lew perspicace mais qui sait prendre son temps, surtout quand il comprend que les langues auront du mal à se délier. Un très bon roman policier, noir et bien dans le ton des USA de la fin des années 40, qui se laisse lire avec plaisir et donne envie de continuer l'aventure avec notre cher ami détective, Lew Archer, dont le tome suivant s'intitule "The Drowning Pool" ("Noyage en eau douce" pour la traduction Gallmeister).

Bonne lecture

Denis

 
 
 

Lecture qui s'inscrit dans le challenge Gallmeister organisé par Léa en collaboration avec l'éditeur, à l'occasion des 10 ans de la création de Gallmeister.

 
 
 

 

 

 

Cible mouvante de Ross Macdonald (Gallmeister - Totem)
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