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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 22:21
Virginia de Jens Christian Grondahl (Gallimard - Du Monde Entier)

Virginia de Jens Christian Grøndahl

(Gallimard - Du Monde Entier - 111 pages - mai 2004)

Traduit du danois par Alain Gnaedig

Titre original : Virginia ( Danemark - 2000)

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La jeune fille a seize ans en 1943 quand une cliente à sa mère couturière, lui propose de quitter Copenhague pour l'été et venir chez eux en bord de mer du Nord.
Le mari est médecin-chef et ils ont invité leur neveu âgé de 14 ans qui ne connaît rien aux filles mais aime bien observer la jeune fille et passer du temps avec elle.
Et les avions commencent à passer au-dessus de la maison. L'un d'entre eux s'écrase dans la campagne. C'est un avion de la Royal Air Force. Et la jeune fille a découvert dans une grotte l'aviateur. La nuit suivante elle lui apporte de la nourriture mais le jeune garçon l'a suivie sans rien lui dire quand il l'a revue dans la journée, alors qu'elle lisait. L'aviateur a été arrêté. Il n'avait fait que l'embrasser. Rien de plus lui dit-elle par la suite.
Avant de mourir elle lui envoya bien plus tard alors qu'ils s'étaient revus de temps à autre l'étui à cigarette que l'homme lui avait donné. 
La soixantaine arrivée et vivant seul à présent il fait un séjour à Paris aimant flâner dans les quartiers et un dimanche il l'appelle car il sait qu'elle habite ici. Ils se voient bien vieillis. Elle aussi vit seule et elle lui reparle de l'épisode de l'avion et de sa fuite soudaine. 
Ils ne se reverront pas. Plus tard il ira sur sa tombe et y fera connaissance de son premier mari...
 
Le livre est court et le style simple et efficace pour raconter une vie en quelques pages. Une vie bien solitaire pour cette femme qui a cru en l'amour. Elle a passé aussi sa vie à rêver de l'aviateur sans savoir que c'était le jeune homme qui avait dénoncé par jalousie l'aviateur.
Y a-t-il un espoir d'une vie meilleure? Pas si sûr que cela...
Un petit livre par son apparence mais un excellent livre par son contenu.
Au début, le narrateur est "neutre" mais ensuite c'est le jeune homme qui prend la parole dans son âge adulte.
Bonne lecture,
Denis
 
Livre lu dans le cadre de "Décembre nordique" animé par Cryssilda sur la page Facebook du groupe.
 

 

Virginia de Jens Christian Grondahl (Gallimard - Du Monde Entier)
Virginia de Jens Christian Grondahl (Gallimard - Du Monde Entier)
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 19:26
Aussi noir que ton mensonge d'Antti Tuomainen (Fleuve Noir)

Aussi noir que ton mensonge d'Antti Tuomainen

(Fleuve Noir - septembre 2016 - 316 pages)

Traduit du finnois par Alexandre André

Titre original : Kaivos (Finlande - 2015)

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Troisième roman publié en France de Antti Tuomainen, né en 1971, ce roman "noir" est le cinquième de l'auteur.

 

Janne Vuori, journaliste au "quotidien de Helsinki", arrive avec  Jari Rantanen, photographe à l'usine de nickel de Suomalahti suite à un courriel anonyme qui annonce que l'usine est dangereuse pour l'environnement. Ils ne peuvent y entrer. Alors Janne décide de rester dans la région et trouve un hôtel. Il écrit un premier article qu'il envoie à sa rédaction. 

On suit en parallèle un tueur. 

Janne rentre à Helsinki pour interroger des membres de la direction de l'entreprise au siège. Il ne peut parler qu'à Marjo Harjukangas.

Pauliina ne se montre pas très enthousiaste quand il rentre au domicile. Leur fille Ella a deux ans et leur vie commune trois ans. 

Emil, le père de Janne est venu à sa rencontre 30 ans après l'avoir abandonné alors qu'il était à peine né. Ce pourrait être lui le tueur revenu à Helsinki pour une mission. 

Janne a interrogé Maarit, la fille du journaliste Lehtinen qui avait déjà enquêté sur l'usine. Maarit lui donne tous les documents de son père. En sortant Janne se fait agresser mais réussit à conserver son sac à dos. 

Emil tue un type dans un parc au petit matin et reprend contact avec Leena son épouse d'alors. 

Janne se fait insulter par un journaliste à la retraite de Suomalahti qui lui dit que c'est facile d'être contre une usine quand on vit à Helsinki loin des difficultés à vivre dans le nord du pays puis il revoit Marjo qui lui demande la plus grande discrétion et lui avoue que deux dirigeants sont morts ces jours-ci. 

Janne passe sa soirée dans un bar et Maarit y arrive peu après. Ils boivent, discutent et ils arrivent en amoureux chez elle. Plusieurs fois Janne a constaté qu'il était suivi par deux hommes. C'était déjà le cas à Suomalahti. 

Janne part avec Maarit et un biologiste faire des prélèvements d'eau à l'usine... espérant découvrir le mystère de cette usine...

 

L'intrigue tourne autour de l'écologie, thème cher aux auteurs nordiques. La fin du roman m'a quelque peu déçu car on finit par "tourner en rond" dans l'intrigue. Et on ne sait trop qui tire les ficèles de cette "machination" qui tue des dirigeants sans inquiéter réellement l'opinion publique. Pas très crédible à mon sens tout cela. Une lecture en demi-teinte après un début très prometteur.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre de "décembre nordique" animé par Cryssilda sur Facebook et dans le cadre du prix du balai d'or 2017, animé par Richard Contin.

 

 

Aussi noir que ton mensonge d'Antti Tuomainen (Fleuve Noir)
Aussi noir que ton mensonge d'Antti Tuomainen (Fleuve Noir)
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:25
Americanah de Chimamanda ngozi Adichie (Gallimard)

Americanah de Chimamanda ngozi Adichie

(Gallimard - Du monde Entier - 525 pages - décembre 2014)

Traduit de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

Titre original : Americanah (2013)

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Americanah est le quatrième livre publié en France de cette jeune auteure nigériane Chimamanda ngozi Adichie (née en 1977) et a eu un certain succès.

Je dirai en préambule que j'ai vraiment beaucoup aimé les 300 premières pages bien construites, au style sans défaut (peu innovant mais de qualité pour une lecture agréable et "intelligente").Et puis j'ai trouvé que ses années d'adulte quand elle parle de son blog, de ses longues conversations autour de la race noire avec ses amis d'université, m'ont ennuyé. Je me suis alors complètement "en dehors" des préoccupations des personnages. Peut-être parce que je ne suis ni femme, ni nigérian, ni états-unien, ni noir...

Bref un très bon roman mais qui pourra laisser indifférents certains lecteurs voire lasser !

Ifemelu vit à Princeton, une ville sans odeur. Elle est noire et tient un blog sur "les modes de vie". Elle rencontre ainsi des noirs, des blancs  qui lui inspirent des articles très suivis. Elle va dans la banlieue noire pour se faire tresser les cheveux car elle a décidé de rentrer au Nigeria où elle a trouvé un emploi. Elle va quitter les USA après y avoir vécu treize ans. Elle rompt avec son ami Blaine et envoie un mail à son premier amour nigerian Obinze à présent marié, pour lui annoncer qu'elle rentre au pays.

De fait Obinze est marié à Kosi et père d'une fillette . Il se souvient bien de son amour pour Ifemelu. Et il répond le soir à son e:mail.

Pendant qu'Ifemelu se fait longuement coiffer, elle fait défiler dans sa mémoire toute son histoire depuis qu'elle a été étudiante au Nigeria.

Obinze avait tout de suite aimé Ifemelu quand il l'a rencontrée à une soirée d'étudiants et il a aimé son esprit polémique. Elle a aimé qu'il apprécie comme elle la lecture. Et ils décident d'aller à la même université, celle où enseigne la mère d'Obinze, Nsukka. Ils font l'amour et malgré les précautions prises Ifemelu se croit enceinte. Les grèves à répétition font qu'Ifemelu envisage de partir aux USA d'autant que sa tante Uju y vit et l'incite à la rejoindre. Elle obtient son visa et part.

Tante Uju rate un de ses examens pour devenir médecin. Pendant ce temps Ifemelu garde Dike le fils d'Uzu. Elle se plaît avec l'enfant mais à l'automne elle part pour Philadelphie où elle rejoint son amie Ginika. Trouver un emploi pour se loger et payer ses études est alors très difficile, au point de friser la dépression.

Kimberly va lui faire confiance en tant que baby-sitter pour Taylor.

C'est dans le train qui la conduit chez sa tante qu'elle rencontre Blaine. Mais c'est Curtis dit Curt qui devient son amant. Il est l'oncle de Taylor. Kimberly est ravie de cet amour.

Ils s'aiment assurément mais Obinze revient indirectement sur sa route quand elle crouse un ami nigerian qui lui dit qu'il est établi en Angleterre. Elle lui envoie alors un courriel.

Obinze est de fait installé depuis trois ans en Angleterre et il décide de faire un mariage blanc pour enfin régulariser sa situation avec l'office d'immigration. Mais au moment de se marier la police de l'émigration vient l'arrêter et après quelques jours de prison il atterrit à Lagos.

Ifemelu a quitté Curt et son emploi et a créé un blog pour y parler de la femme noire non américaine. Elle devient "la blogueuse" et son succès ne cesse de croître obtenant ainsi de substantiels revenus.

Elle fait la connaissance de Shan la soeur de Blaine très introduite dans les milieux littéraires. C'est le temps où Obama se présente aux élections présidentielles et il est beaucoup question de la négritude lors de leurs soirées entre amis. L'élection d'Obama leur donne un dernier lien avant qu'elle ne parte à Princeton et ne décide ensuite de rentrer au Nigeria.

Le retour au pays fait d'elle une Americanah. Elle montre bien qu'elle est différente et exigeante refusant le laxisme ambiant.

Au-delà de ma déception, c'est un très bon récit. Le New York Magazine a écrit : "Avec Americanah, Adichie est à la négritude ce que Philip Roth est à la judéité...". Alors !!!

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Americanah de Chimamanda ngozi Adichie (Gallimard)
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 17:16
La contrée finale de James Crumley (Folio Policier)

La contrée finale de James Crumley

(Folio policier - avril 2005 - 410 pages)

Traduit de l'anglais (USA) par Philippe Garnier

Titre original : The final country (2001)

Première édition française : Gallimard 2002

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James Crumley (1939 - 2008) a entre autres romans publié sur 20 ans 4 romans qui mettent en scène Milo Milodragovitch. The Final Country en est le dernier tome.

 

Série Milo Milodragovitch

  • The Wrong Case (1975)

    Publié en français sous le titre Fausse piste, Paris, Christian Bourgois, 1988, réédition Paris, 10/18, "Grands détectives" no 2133, 1990, réédition, Paris, Folio Policier no 414, 2006, nouvelle traduction en 2016 aux Éditions Gallmeister.

  • Dancing Bear (1983)

    Publié en français sous le titre La Danse de l’ours, Paris, Albin Michel, Spécial Suspense, 1985, réédition Paris, Le livre de poche no 7523, 1987, réédition, Paris, Série noire no 2361, 1994, réédition, Paris, Folio Policier no 68, 1999.

  • Bordersnakes (1996)

    Publié en français sous le titre Les Serpents de la frontière, Paris, Gallimard, La Noire, 1996, réédition, Paris, Folio Policier no 154, 2000.

  • The Final Country (1996)

    Publié en français sous le titre La Contrée finale, Paris, Gallimard, La Noire, 2002, réédition, Paris, Folio Policier no 333, 2004.

(Source Wikipedia)

 

Milodragovitch a quitté le Montana pour le Texas pour cause d'argent et de vengeance et il est resté ici depuis quatre ans pour une femme, Betty Porterfield.
Il est propriétaire d'un bar dont les fils Herrera s'occupent et détective privé à ses heures après avoir été flic autrefois au Montana.
Là, il recherche Carol Jean qu'il retrouve dans un bar malfamé. Il voit arriver Enos Walker qui, tout juste sorti de prison, vient tuer Billy Long.  Le détective appelle la police et raconte au shérif James Gannon ce qui s'est passé.
De retour dans son bar Milo fait la connaissance de Molly McBride une belle avocate qu'il a sauvée des mains d'un ivrogne. Avant de faire l'amour avec lui, elle lui dit être là suite au meurtre de sa soeur quatre ans plus tôt. Elle a rendez-vous le lendemain avec un type qui pourrait être le meurtrier. Milo pourrait être son garde du corps pendant cette rencontre.
Et de fait un homme se jette sur elle dans le parc où a lieu de rendez-vous. Elle s'enfuit. Milo se bat avec l'agresseur qui se tue involontairement avec son arme. Milo apprend que c'était un flic et Molly une arnaqueuse qui avait rencontré la veille Betty pour lui voler son arme. Il est libéré sur caution. Que pouvaient bien lui vouloir ces deux là?
Milo est relaxé et pense que cette affaire est liée à la mort de Walker.
Une nouvelle fois on lui tire dessus quand il doit rencontrer Sissy Duval.
Sylvie Lomax et le procureur Tobin Rooke missionnent Milo pour retrouver Molly McBride ce qui mettrait fin à ses problèmes. Il y parvient à Las Vegas mais elle dit que son commanditaire n'était qu'une voix sans savoir qui il était...
Les soucis ne vont faire que s'accumuler tout au long de ces pages, où les ennemis peuvent devenir des alliés...
 
Une intrigue que j'ai trouvée embrouillée, souvent ennuyeuse. Et les relations entre les uns et les autres sont ambigües et troublent la narration.
Le livre est tout de même très bien écrit, mais c'est loin d'être un coup de cœur pour moi.

Bonne lecture,

Denis

 

 

La contrée finale de James Crumley (Folio Policier)
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 19:29
Le chuchoteur de Donato Carrisi (Le livre de Poche)

Le chuchoteur de Donato Carrisi

(Le livre de poche - juin 2011 - 575 pages)

Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza

Première édition France : Calmann-Lévy - 2010

Titre original : Il suggeritore (Milan - 2009)

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"Le chuchoteur" est le premier roman de Donato Carrisi, né en 1973. Juriste, spécialisé en criminologie et en sciences du comportement, on sent l'importance de son métier dans la manière de raconter l'histoire.

 

Cinq fillettes de sept à treize ont disparu ces derniers jours : Debby, Anneke, Sabine, Melissa et Caroline. Goran Gavila, criminologue a été appelé par la police après que cinq bras aient été retrouvés enterrés dans une clairière au milieu des bois. C'est l'inspecteur-chef Roche qui dirige l'enquête. Seulement soudain on en dénombre un sixième.

Mila, femme flic, a sauvé Pablo et Élisa des mains de leur ravisseur, leur maître de musique, qu'elle pousse au suicide. Élisa était sa prisonnière depuis longtemps et ses parents avaient fait le deuil la croyant morte. Une autre fillette était inscrite sur un carnet du maître de musique. Mila a donc sauvé trois jeunes. Mais là son supérieur lui dit d'aller rejoindre l'équipe qui enquête sur la mort des six enfants. Après avoir lu le dossier et vu les photos, une marque sur le bras lui fait dire que la sixième victime connaissait la première.

Alexander se retrouve au poste de police pour défaut de carte grise. Les policiers ne savent pas ce que contient son coffre. Mais peu après, de par l'odeur, un cadavre de fillette est découvert. Et quand Mila, Goran et toute l'équipe arrivent, Alexander s'est donné la mort dans sa cellule.

Tout paraît propre dans la maison d'Alexander comme le corps de Debby autopsié. Veronica, sa femme, ne sait rien des agissements de son mari. Goran voit qu'il était collectionneur de papillons. Et un message sur le répondeur semble ressembler à des aveux.

Le lendemain Veronica avoue que son mari avait une maîtresse du nom de Priscilla. Elle leur donne son adresse mais les policiers découvrent un appartement inhabité et les empreintes sont celles d'Alexander. Ils se concentrent sur son ordinateur qui finit par "parler". En fait ils arrivent sur un "chat" se rendant compte, en répondant, que leur interlocuteur est un enfant.

Mila est allée dans la chambre de Debby au collège espérant trouver des indices sur sa soeur de sang. Ne trouvant rien elle appelle Goran et ensemble ils refont le parcours des victimes pour conclure que la sixième ne serait pas morte malgré l'amputation puisqu'elle a eu des médicaments pour ralentir voire arrêter l'hémorragie.

Les enquêteurs suivent un signal GPS qui les amène dans un orphelinat désaffecté où ils trouvent le cadavre souriant de Anneke.

Ce nouveau corps suscite bien des interrogations. Il y a de fortes chances que le tueur en série ait été pensionnaire de cet orphelinat. Ils en viennent à exhumer le corps d'un des élèves mort ici de méningite.

Le prêtre qui vit encore ici s'avère être celui qui a tué cet élève. Mila qui revient sur les lieux seule est droguée par lui et quand il veut la jeter dans un précipice elle se défend et c'est lui qui tombe. Elle y a perdu un bras.

Un troisième corps est retrouvé dans la maison d'un dentiste de Capo Alto, déposé pendant qu'il était parti en vacances.

Sabine a été identifiée comme la troisième enfant morte.

 

On a compris alors que les cinq cadavres vont se révéler à nous avant que l'on comprenne l'énigme du 6e enlèvement et plus encore qui est ce criminel qui semble téléguider l'affaire commençant de plus les agissements de la police.

 

Goran et Mila sont très "futés" pour avancer conjointement dans l'enquête, comme si le fait qu'ils viennent de l'extérieur, leur donne une force supplémentaire pour faire jaillir de nouvelles pistes.

 

Un thriller à rebondissements, un peu long sur la fin, mais qui reste un très bon roman où la psychologie a sa place pour arriver à comprendre mieux qui est ce "serial killer".

 

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du "mois italien"  que vous pouvez retrouver sur Facebook.

Le chuchoteur de Donato Carrisi (Le livre de Poche)
Le chuchoteur de Donato Carrisi (Le livre de Poche)
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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 16:51
Le ciel volé (Dossier Renoir) d'Andrea Camilleri (Fayard)

 

Le ciel volé - Dossier Renoir d'Andrea Camilleri

(Fayard - septembre 2010 - 108 pages)

Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

Titre original : Il cielo rubato (Skira - Milan - 2009)

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Roman épistolaire puis enquête policière pour ce roman très court mais de grande intensité à l'écriture remarquable.

 

 Michele Riotta reçoit une lettre d'Alma Corradi qui lui dit avoir lu le livre qu'il avait écrit dans sa jeunesse, sur Renoir.

 

Il se souvient alors que son livre vient de sa grand-mère qui lui avait dit avoir transporté des pots de peinture pour que Renoir puisse repeindre "le baptême de Jésus" dans l'église de Capistrano. Et l'ange avait le visage d'Aline Charigot une des muses du peintre. 

Il avoue être veuf, notaire bientôt à la retraite et que ce livre a été le seul qu'il ait écrit en 1960, passé complètement inaperçu. 

 

Une belle amitié semble se nouer entre eux. Elle lui envoie sa photo puis lui dit qu'elle voudrait le rencontrer. Michele tombe sous le charme et encore plus quand elle lui envoie une photo d'un tableau qu'un ami a fait d'elle nue et où on voit bien son anatomie.

Elle refuse ensuite de lui téléphoner et ajourne tout déplacement vers Agrigente où il vit. Elle le traite de menteur quand il lui dit que Renoir n'est jamais venu à Agrigente  (à l'époque Girgenti).  

Elle dit avoir rencontré à Venise un de ses anciens clients qui a très mauvaise opinion de lui. Il aurait acheté à bas prix un terrain à un agriculteur alors qu'en fait il dit l'avoir acheté plus cher que sa valeur pour permettre au vendeur d'avoir l'argent pour vivre ses dernières années auprès de son fils en Allemagne. 

Elle le titille encore sur le séjour de Renoir à Girgenti mais finit par lui donner un rendez-vous. 

Sa lettre suivante commence par "mon amour". Et il a su que ses nombreux voyages en Italie sont le fait qu'elle est galeriste d'art. Et elle lui propose d'écrire un livre avec elle et qu'elle signerait prouvant que Renoir est bien venu à Girgenti, avec de fausses preuves à l'appui. 

Alma vient rejoindre Michele amoureux fou d'elle pour écrire ce livre. 

Mais c'est Giorgio le neveu de Michele qui raconte la suite de l'histoire de son oncle.

 

​C'est alors que commence une enquête policière. Mais gardons le silence pour ne pas effleurer la fin du roman.

 

​Une grande clarté de ton rythme ce livre où l'on ne s'ennuie jamais. On entre indirectement dans l'univers du grand Pierre-Auguste Renoir, ne sachant pas réellement si le peintre est venu ou non peindre à Girgenti (Agrigente).

 

​Un petit "grand" livre à déguster par un auteur sicilien né en 1925 près d'Agrigente.

 

​Un auteur à recommander et je lirai d'autres livres de lui  Une quarantaine de livres sont traduits en français. 

 

Bonne lecture,

 

​Denis

 

​Livre lu dans le cadre du mois italien à retrouver sur facebook.

Le ciel volé (Dossier Renoir) d'Andrea Camilleri (Fayard)
Le ciel volé (Dossier Renoir) d'Andrea Camilleri (Fayard)
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 16:54
Le talentueux M. Ripley de Patricia Highsmith (Calmann-Levy)

Le talentueux M. Ripley de Patricia Highsmith

(Calmann-Lévy - collection Pérennes - 305 pages - janvier 2004)

​Précédente édition française sous le titre "Monsieur Ripley" - Calmann-Lévy - 1957

Titre original : The talented Mr. Ripley - 1955

Traduit de l'anglais (américain) par Jean Rosenthal

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Tom Ripley est un personnage récurrent de Patricia Highsmith (1921-1995). Ses aventures s'étalent entre 1955 avec ce roman pour se terminer en 1990. Toute une vie d'écrivain à mettre en scène dans 5 romans cet étrange M. Ripley.

Ce brave jeune, un peu voyou, est cultivé, intelligeant mais il est avant tout un meurtrier presque malgré lui. En témoigne ce premier roman "Le talentueux M. Ripley" qui lance le personnage que l'on suivra dans sa vie dans l'ordre d'écriture des 5 volumes. Il est donc conseillé de lire les livres dans leur ordre de parution :

 

The Talented Mr. Ripley (1955) Publié en français sous le titre Monsieur Ripley / Plein soleil / Le Talentueux Mr Ripley, Paris, Calmann-Levy, coll. « Traduit de », 1956 et 2000

Ripley Under Ground (1970) Publié en français sous le titre Ripley et les Ombres, Paris, Calmann-Lévy, coll. Chefs-d’œuvre de psychologie criminelle, 1970

Ripley's Game (1974) Publié en français sous le titre Ripley s'amuse / L’Ami américain, Paris, Calmann-Lévy, « Chefs-d’œuvre de psychologie criminelle », 1974 et 1982

The Boy Who Followed Ripley (1980) Publié en français sous le titre Sur les pas de     Ripley, Paris, Calmann-Lévy, 1980

Ripley Under Water (1991) Publié en français sous le titre Ripley entre deux eaux, Paris,  Calmann-Lévy, 1992

 

Tom Ripley est dans New York et se croit suivi par la police. Il rentre alors dans un bar où il va régulièrement. Et de fait un homme l'aborde et lui dit qu'il est Herbert Greenleaf, le père de Richard dit Dickie. Tom se rappelle alors ce jeune homme qui a le même âge que lui, 25 ans. Le père voudrait que son fils rentre d'Italie où il s'est installé. Seul un ami pourrait lui faire entendre raison. Tom accepte de lui écrire et encore plus d'aller à sa rencontre à Mongibello où il réside.

Le voyage se passe très bien et il retrouve à Mongibello Dickie qui est avec son amie Marge.

Très vite Tom avoue à Dickie pourquoi il est ici. Tom dit n'être pas pressé de rentrer aux USA. Ils partent tous les deux visiter rapidement Rome.

Les projets de voyages à trois tombent à l'eau les uns après les autres. Et M. Greenleaf signifie par lettre à Tom qu'il a compris l'échec de la mission et qu'ainsi leur contrat est rompu.

Tom part alors avec Dickie pour San Remo et ils font une ballade en mer avec un canot qu'ils ont loué et brusquement Tom a l'idée de tuer Dickie et il le fait couler au fond de l'eau avant de saborder le canot.

Il revient à Mongibello et annonce à Marge que Dickie a décidé de rester à Rome pour un bon moment. Ainsi il va le rejoindre avec ses affaires. Et l'intention de Tom est de détourner à son profit l'argent de Dickie.

Tom a pris autant que faire se peut l'apparence de Dickie et écrit des lettres en son nom à Marge et aux parents de Dickie. Il habite à présent un appartement à Rome et un jour Freddie un grand ami de Dickie réussit à trouver l'adresse de Tom. Il fait croire que son ami est sorti mais Freddie parle à la gardienne qui dit qu'il n'y a que M. Greenleaf qui vit ici. Intrigué il remonte à l'immeuble.

 

Va-t-il comprendre que Tom et Dickie ne font plus qu'un?

 

Je ne dévoilerai pas la suite du roman mais Tom va jouer avec les deux identités autant qu'il pourra le faire, que ce soit avec Marge, avec la police et plus tard avec le père de Dickie, sans oublier Freddie et les autres amis américains de Dickie installés à Rome...

 

Une lecture captivante malgré quelques longueurs surtout au début. Tom est brillant pour gérer sa double identité. On se demande tout de même s'il ne va pas finir par "tomber". N'oublions pas que l'on est alors dans les années 1950. De nos jours avec l'ADN etc... j'imagine mal que l'on puisse ainsi se jouer de la police. On oserait presque dire malgré tout que cette police est bien "naïve".

 

Bonne lecture

 

Denis

 

Cette lecture s'inscrit dans le Mois Américain et rentre également dans le cadre du challenge italien puisque plus de 95% du livre se situe en Italie au hasard des voyages de Tom Ripley : Palerme, Naples, San Remo, Rome, Venise...

 

 

Le talentueux M. Ripley de Patricia Highsmith (Calmann-Levy)
Le talentueux M. Ripley de Patricia Highsmith (Calmann-Levy)
Le talentueux M. Ripley de Patricia Highsmith (Calmann-Levy)
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:53
Sukkwan Island de David Vann (Gallmeister)

Sukkwan Island de David Vann

(Gallmeister - collection Nature Writing - 192 pages - Novembre 2009)

Traduit de l'anglais (américain) par Laura Derajinski

Edition USA avec le même titre : 2008

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​Il est des livres que l'on tarde à lire alors qu'autour de vous tout le monde dit qu'il faut absolument plonger dans ce texte.

Et puis, un jour, on se lance presque par hasard. Marjorie Littérature, avec qui j'ai déjà fait deux lectures communes, me dit qu'elle a ce livre dans sa pile de livres. Et notre lecture s'est faite sur 5 jours avec échanges sur le livre tous les jours.

 

Si on est grincheux, on dira qu'il y a quelques longueurs, cependant on est bien "scotché" à l'intrigue quand on lit ce livre. Et on sort de la première partie puis de la fin du livre complètement ébranlé en se disant que ce n'est pas demain qu'on oubliera ce livre.

 

 

 

Le père de Roy, dentiste en Californie, a vendu son cabinet pour aller s'installer avec son jeune fils sur l'île de Sukkwan, en Alaska où il a acheté une cabane.

 

Page 12 : "Ils ne connaissaient pas cet endroit ni son mode de vie, ils se connaissaient mal l'un l'autre. Roy avait treize ans cet été-là, l'été suivant son année de cinquième à Santa Rosa, en Californie, où il avait vécu chez sa mère, avait pris des cours de trombone et de foot, était allé au cinéma et à l'écolde en centre-ville. Son père avait été dentiste à Fairbanks. Ils s'installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A".

 

Très vite Roy comprend que son père est loin d'avoir tout imaginer de leur vie solitaire dans ce climat rude. D'ailleurs la première nuit il entend son père pleurer. L'urgence c'est le bois de chauffage.

La pêche va compléter la nourriture emportée. La radio ne fonctionne pas, si bien qu'ils sont complètement isolés. Et au retour d'une sortie ils voient une majeure partie de leur nourriture et leurs sacs de couchage détruits. Le père pense à un ours et part à sa recherche. Il revient le lendemain et dit qu'il a tué l'ours mais Roy n'a pas entendu de coups de feu.

Le père continue à pleurer presque toutes les nuits et à présent il se confie pendant ces moments de douleurs. Il a divorcé deux fois pour avoir trompé les deux femmes avec qui il a vécu transmettant même un maladie vénérienne à la seconde. 

Il avoue être angoissé, souffrir des sinus et se demande s'il pourra continuer à vivre ici. Heureusement Roy est courageux et efficace pour aider et soulager son père.

Ce père a fait une chute et a mis une semaine à s'en remettre. Roy a pensé à un suicide et il voudrait surtout que cette vie ici s'arrête pour rentrer chez lui.

Le mauvais temps arrive avec neige, tempête.

Le père réussit à joindre Rhoda, avec qui il a vécu, par radio.

On apprend alors que le prénom du père est Jim. Elle lui dit qu'il est hors de question qu'ils se remettent ensemble car elle vit avec un homme et va se marier. Jim est désespéré et ne parle presque plus à Roy .. Un soir il sort et presque aussitôt un drame se produit qui termine sur un "coup de théâtre" la première partie.

 

Jim est un drôle de type pour qui on n'a aucune empathie possible. Il est négligeant, lâche, après avoir improvisé cette immersion sur une île déserte en une région bien ingrate, oubliant la moitié du matériel et des vivres dont ils auraient besoin par manque manifeste de préparation, comme s'il avait fallu partir très vite, sur un coup de tête. Il se dit paranoïaque à un moment et souffre a priori d'angoisses noctures car il pleure la nuit et parle à haute voix, ce qui permet, au moins, à Roy d'en savoir un peu plus sur cet étrange père. Jim est en manque de femme et de sexualité ici. Il s'en rend bien compte mais il veut rester, aller jusqu'au bout de "sa folie" en venant ici.

Et pire que tout, il a embarqué Roy dans son délire.

 

Roy a 13 ans, mais c'est lui l'homme de l'expédition. Quand il voit que son père est "désorienté", il prend de nombreuses initiatives. C'est lui qui va à la pêche, qui va chercher du bois de chauffage, qui fait souvent à manger. Il est d'un courage fou. Et il entend rester fidèle à son père même s'il a espéré pouvoir rentrer à plusieurs reprises. Tant que son père restera ici, il restera.

Et pourtant il a envie de vivre sa vie d'adolescent, de s'intéresser aux filles.

 

La fin de la première partie et toute la deuxième partie ne peuvent pas être racontées ici. Ce serait trahir le suspens du livre.

 

Si vous n'avez pas lu ce livre, j'unis ma voix à celle de Marjorie, pour vous dire ce que l'on m'a toujours conseillé : LISEZ CE LIVRE. C'est un livre "monumental"  Un énorme coup de coeur. Je ne vais pas jusqu'à "chef d'oeuvre" car il a quelques défauts, dont quelques redites. C'est pour mieux nous préparer aux "coups de tonnerre, dirons-nous. 

 

Bonne lecture et encore merci à Marjorie (cliquer sur son prénom pour aller vers son article) pour cette lecture en écho qui permet toujours d'aller plus loin dans notre approche de notre lecture.

 

Denis

 

Cette lecture rentre dans le cadre du challenge Gallmeister et du mois américain.

 

Sukkwan Island de David Vann (Gallmeister)
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 17:13
Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)

sLes aventures d'Augie March de Saul Bellow

(Gallimard - Quarto - août 2014)

Nouvelle traduction intégrale de l'anglais (américain) par Michel Lederer

Titre original : The Adventures of Augie March (1949)

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On est face à un "roman fleuve" de plus de cinq cents pages dans cette collection où les pages sont très denses. C'est dire que j'ai passé de nombreuses heures en compagnie d'Augie March qui entreprend de raconter ses "aventures" depuis sa jeunesse dans le Chicago de l'entre deux guerres au temps de la "prohibition" jusqu'à son mariage.

 

 

C'est Grandma Lausch qui régit la maison depuis que le père d'Augie a quitté la maison. Mama et ses trois fils : Simon, Georgie et Augie ne peuvent pas assurer seuls la gestion de la maison  Grandma vient de Russie et a connu l'opulence autrefois. Maintenant il faut tout marchander et avoir deux locataires pour survivre ici à Chicago.

 

Dès l'âge de douze ans Augie doit travailler l'été en distribuant les journaux.

Georgie est "idiot" par contre dans la famille on met en compétition Simon et Augie pour ce qui est des études.

Simon travaille pour la diffusion de la presse et il fait embaucher son frère sans succès car il se fait licencier. Quant à l'assiduité scolaire elle n'est pas garantie. Augie va passer une grande partie de sa vie ainsi.

 

Il râte tout ce qu'il entreprend, devenant voleur au besoin, voire "trafiquant" et participe à un hold-up. En fait, il entend être libre.

 

Pendant ce temps, son frère handicapé est interné dans un centre spécialisé, ensuite c'est Grandma qui part dans une maison de retraite où elle va y mourir. Plus tard ce sera sa mère. Seul Simon peut assurer matériellement les dépenses liées à la famille.

 

Je passe sur une partie des péripéties qui égrennent ce roman, foisonnant, ne concervant que celles qui ont réellement influencé son parcours.

 

Il revoit un copain d'école Padilla qui paie en partie ses études en volant des livres. Augie se lance avec lui dans ce trafic mais il se prend de passion pour la lecture et garde les livres tant qu'il ne les a pas lus. Et il revoit Simon qui a fait de la prison et annonce un autre mariage cette fois avec une fille riche Charlotte Magnus. Il agit à présent en homme d'affaires riche et séduisant. Augie travaille pour lui et ils vont ensemble voir leur mère au home. Simon veut qu'elle ait le confort maximum. Simon aimerait bien que son frère épouse Lucy la cousine de Charlotte.

Mais très vite la relation se dégrade et Augie est renvoyé de la famille Magnus et Simon dit qu'il ne veut plus le voir. Pendant ce temps Mimi sa voisine va mal après avoir mis fin à sa grossesse. D'ailleurs ses proches pensent que Augie couchait avec elle.

 

Grâce à Mimi il travaille pour un syndicat. Mais les choses tournent mal. Il se tourne vers Théa en plein divorce avec son mari au Mexique.

Et ils partent tous deux pour le Mexique. En route Théa achète un aigle qu'elle appelle Caligula. La route devient plus compliquée avec cet animal.

 

C'est là le côté le plus "cocasse" du roman. A Mexico, Augie va apercevoir Trotski mais là encore le voyage finit lamentablement pour lui et il rentre désabusé à Chicago...

 

 

Saul Bellow (1915-2005) a obtenu le prix Nobel de Littérature en 1976. Il a également été ami avec Philip Roth. Il a, comme son personnage, eu une vie sentimentale très compliquée.

 

Ce quarto propose un entretien passionnant entre les deux écrivains autour des livres de Bellow. Roth explique qu'il a eu cette idée en 1998, après une nouvelle rencontre avec l'écrivain. Il a alors proposé de relire ses livres et de lui poser des questions circonstanciées. Hélas, il n'a pas pu reprendre tous ses livres avec lui, mais en a fait un article publié dans "The New Yorker" du 25 avril 2205 sous le titre "Reflexions, I got a Scheme, The Words of Saul Bellow".

 

Un des très grands écrivains américains à ne pas oublier et à lire avec patience et passion car son écriture est vraiment très belle.

 

Le roman débute ainsi : "Je suis un Américain, natif de Chicago - Chicago, cette ville sombre -, et je prends les choses comme je l'ai appris seul, en écriture libre, et je ferai le récit à ma manière : premier à frapper, premier à entrer ; un coup parfois innocent, parfois moins innocent. Mais le caractère de l'homme est son destin, dit Héraclite, et à la fin, il n'y a aucun moyen de camoufler la nature des coups par une isolation acoustique de la porte ou un gant sur le poing."

 

Bonne lecture,

Denis

 

​Ce livre s'inscrit dans le mois américain, groupe que vous retrouverez sur Facebook.

Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)
Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 17:06
L'heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister)

L'heure de plomb de Bruce Holbert

(Gallmeister - Nature writing - septembre 2016 - 374 pages)

Traduit de l'anglais (américain) par François Happe

Titre original : The Hour of Lead (USA - 2014)

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"L'heure de plomb" est un des romans étrangers de la rentrée littéraire de l'été 2016 et les éditions Gallmeister ont eu la gentillesse d'envoyer ce roman aux membres du challenge Gallmeister animé sur facebook par Léa, qui le souhaitaient.

J'avais eu une première expérience en début d'année avec "Landfall" d'Ellen Urbani et cette deuxième lecture est également une belle aventure littéraire.

Pour ceux qui pourraient penser que le  label "Nature Writing" vous donnera l'occasion de voyager dans la nature comme dans un nirvana où tout est "merveilleux", il va falloir changer d'avis en lisant ce livre. Certes la nature y a un grand rôle dans la vie des personnages mais bien souvent loin de leur offrir du "bonheur".

 

 

Linda Jefferson a 24 ans et est veuve de guerre. Elle est maîtresse d'école. Parmi ses élèves il y a deux jumeaux Matt et Luke. On est en 1918 et une tempête de neige d'une force inconnue s'abat sur la région. Linda aperçoit le cheval des jumeaux et part à leur rencontre, les trouve et les amène à l'école. Trempés ils se couchent nus dans des couvertures et font du feu en brûlant des bureaux de l'école. Hélas Luke meurt et Matt pour se réchauffer fait l'amour à Linda.

Ils habitent le comté de Lincoln, état de Washington. Ed Lawson le père de Matt a disparu cette nuit là et son corps n'a pas été retrouvé. Alors son fils survivant le recherche. Et Wendy la fille de l'épicier l'accompagne quand il va frapper à chaque porte pour savoir si quelqu'un sait quelque chose. Aucun résultat, alors ils changent de secteur.

Ils vont avec leur chariot attelé jusqu'aux tribus indiennes.

Matt travaille à la ferme et va moins régulièrement à l'école. Et puis après quelques semaines Matt et sa mère décident enfin d'enterrer Luke puisque le corps du père n'a pas été retrouvé.

Les dimanches avec Wendy se poursuivent et il se sent bien avec elle. Ils se sont faits deux amis adultes. Alfred  avec sa meute de chiens et Miller et son employé indien. Ensemble ils assistent à un meeting organisé par un pasteur genre gourou, Jenkins. Et ils font capoter la fête, les chiens mangeant toute la viande ce qui crée une certaine violence. D'ailleurs Matt est blessé par balle à l'épaule.

Peu après son chien permet de retrouver la dépouille du père le dégel ayant permis d'exhumer le corps amputé. Le dimanche suivant Matt dit à Wendy que leurs sorties sont terminées.

Matt travaille à la ferme et finit par ne plus aller à l'école. Il ne voit plus Wendy et se renferme sur lui-même.

Linda Jefferson voit chaque semaine l'inspecteur Harrison et elle lui demande de lui faire un enfant. Il accepte jusqu'à ce qu'elle lui annonce qu'elle est enceinte. Quelques semaines plus tard il lui signifie son licenciement.

Matt dépose chaque nuit un cadeau devant la porte de Wendy. Il vient avec le cheval hongre qu'il a acheté à un indien et qui est difficile à dompter. Il lui offre mais il le tue car il l'a blessée. Elle découvre qui est le "prince charmant" après que la famille entière l'a guetté.

Linda quitte le village après être passée voir le banquier et le médecin.

 

Ainsi s'achève la première partie du roman où l'on voit bien les situations de violence faites par la nature ou par les hommes, selon les circonstances. Et toute la vie de Matt, Linda et Wendy, les trois personnages principaux, vont devoir se "battre" pour survivre dans cette contrée où rien n'est simple. Horace et le vieux Roland vont à leur tour faire leur entrée en scène dans un même climat de tension :

 

Ainsi, Matt quitte le village après avoir reçu une balle à la hanche et s'être cassé le bras en tombant du toit de la maison de Wendy. Pendant treize ans il va aller travailler un peu partout en faisant tout ce qui se présente à lui. Et un soir lui qui est devenu un sacré gaillard va sauver Horace Jarms des mains de quatre malfaiteurs et se mettre au travail pour lui et son père le vieux Roland qui a autrefois enterré deux enfants mort-nés et vu partir à son insu sa femme quand Horace avait trois ans.

Horace est fainéant et ne pense qu'à s'amuser.

Quant à Wendy elle s'est installée chez Mme Lawson dès le départ de Matt. Cela fait quinze ans à présent qu'elle vit au ranch mais il y a un avis d'expulsion, suite à la construction d'un barrage qui va faire monter les eaux et engloutir la maison....

La maison de Linda a brûlé et elle et son fils Lucky sont hébergées chez Mrs Lawson et Wendy.

 

On comprend alors que le destin de chacun va faire se rejoindre au-delà des années les protagonistes...

Presque toute une vie va ainsi passer entre rapport de force, combat avec la nature. Même l'amour est difficile à vivre dans ces contrées où tout paraît hostile.

 

J'ai vraiment ressenti beaucoup de tension dans ce roman qui aurait pu être aussi inscrit dans la collection "néo-noir", car on voit rarement briller la lumière.

 

Seulement, tout cela fait un grand livre, un grand et beau texte, merveilleusement raconté au fil du temps. Je n'ai pas vraiment trouvé de personnages sympathiques, mais quand on vit dans ces comtés entre 1918 et les années 60/70, on ne rit pas tous les jours...Où est le rêve américain?

 

Page 201 (début du chapître 20) pour voir l'ampleur du style : "Elles ne lui brossaient pas les cheveux et, s'ils étaient moins emmêlés depuis qu'il les avait coupés, sa tête resemblait toujours à une boule d'amarante, et avec son regard aux yeux de biche, il avait l'air d'être encore à moitié endormi bien après midi. Ses vêtements, à l'exception des habits de seconde main qu'elle lui avait fait mettre ce premier soir, étaient fins comme un voile, là où ils n'avaient pas encore été rapiécés ou élargis pour tenir compte de sa croissance. Son menton était parsemé de poils de barbe. Lucky avait seize ans, mais il était si étrange et si sauvage qu'aucun nombre, en dehors de sa taille et de son poids, ne pouvait le décrire de manière adéquate."

 

​Un auteur à découvrir et à suivre avec ce deuxième roman publié par Gallmeister après "Animaux solitaires" paru en 2013 et repris en collection de poche Totem en 2016. Il est né dans l'état de Washington, c'est dire qu'il connait bien la région qu'il décrit dans ce roman remarquable.

 

Un grand merci aux Editions Gallmeister et à Léa qui anime avec brio le challenge Gallmeister.

 

Et ce roman s'inscrit dans le mois américain conduit par Martine avec autant de brio.

L'heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister)
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