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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 17:42
L'homme du hasard de Yasmina Reza (Livre de Poche)

L'homme du hasard de Yasmina Reza

(Le livre de Poche - Théâtre - septembre 1999 - 30 pages pour cette pièce)

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La pièce a été créée le 19 septembre 1995 au théâtre Hébertot, mise en scène par Patrice Alexsandre.

Distribution :

 La femme : Françoise Fabian

  L'homme : Michel Aumont

 

Un compartiment de train. Un homme et une femme. Chacun en soi-même (préambule noté par l'auteure)

 

L'argument de la pièce est très simple comme le dit Yasmina Reza : un compartiment dans un train qui roule vers Francfort et un homme, une femme.

Chacun est dans ses pensées. Cependant, autant l'homme ne sait rien de la femme, elle, par contre sait beaucoup de choses sur lui, car il est écrivain et justement elle est fan de son oeuvre au point d'avoir dans son sac son dernier livre publié :"L'homme du hasard".

Titre à double sens, dirons-nous, puisque le hasard les a mis dans le même compartiment. La femme se retient de sortir le livre de son sac. Pour l'heure, elle repense à Serge mort récemment, tandis que lui pense à son ami Youri et à son nouveau livre "Le capitaine de navire perdu" qu'il n'écrira peut-être jamais.

Chacun regarde l'autre en se demandant si un dialogue sera possible car ils se sentent attirés l'un vers l'autre. La femme n'ose pas lui dire qu'elle l'a reconnu.

Alors, tout de même, elle sort le livre se disant que cette fois il ne pourra pas rester silencieux. Ils avaient juste échangé deux mots pour ouvrir la fenêtre du compartiment et retour aux dialogues intérieurs, car le texte reprend l'un après l'autre les personnages, les faisant parler en eux. Enfin, les dernières pages de la pièce sont le vrai dialogue entre les deux, même si l'homme préfère pendant un instant de ne pas révéler son identité.

Pièce de l'incommunicabilité entre les êtres sans doute mais aussi texte sur l'introspection de personnages qui sont plutôt malheureux dans leur vie, abandonnés des amis pour diverses raisons.

La pièce commence d'ailleurs par une phrase que rumine l'homme : "Amer. / Tout est amer / Amer le pli de ma bouche. / Amers le temps, les objets, les choses inertes que j'ai entreposes autour de moi, qui n'ont vécu que le temps de leur tractation".

 

Et pour une fois, on peut écrire ici la dernière phrase dite par la femme : "En vous lisant, il y a eu mille instants comme des éternités. Et s'il faut que je me montre à la hauteur du diable qui m'a déposée dans ce compartiment, je dois vous avouer que je vous ai aimé follement et que dans une autre vie - pour ne pas vous gêner - je me serais envolée pour n'importe que aventure avec vous... (Il rit;)"

 

Voici donc un texte tout en finesse qui nous entraîne dans l'esprit de chacun avec ses rêves, ses difficultés et cette rencontre qui pourrait être magique. Mais que chacun va-t-il faire à Francfort ? Autre question qui tourne dans leur esprit.

 

Le recueil "théâtre" comprend également "Conversations après un enterrement", "La traversée de l'hvier" et "Art" que je lirai assurément à la suite de cette oeuvre.

 

Avec Yasmina Réza,et oui, une femme enfin !!! dans ce périple d'un an dans les époques historiques du théâtre très "masculin", se termine mon cycle "en 2014, je lis du théâtre", initié au départ par Ankya, que je remercie pour l'idée qu'elle a lancée et qui m'a permis de faire de très belles lectures.

 

Une belle aventure littéraire que je poursuivrai inévitablement cette année avec les 20e et 21e siècles si riches en créations théâtrales...

 

Je vais tout de même mettre l'acent en 2015 sur la poésie... A suivre ici...

L'homme du hasard de Yasmina Reza (Livre de Poche)
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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 21:27
Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood (Zulma)

Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood

(Zulma - 500 pages - Août 2014)

Prix du Roman FNAC 2014

Traduit de l'anglais par Renaud Morin

Titre original : The Bellwether Revivals (2012 - GB)

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Ce livre est ma première lecture de la rentrée littéraire de l'été 2014. Et grâce à Olivier de Priceminister, j'ai pu lire ce livre captivant et très bien écrit. J'avoue avoir eu peur qu'il y ait des "conversations philosophiques" quelque peu ennuyeuses, mais l'auteur sait nous ramener très vite à l'action qui rebondit de chapitre en chapitre. On a beau ne pas être "officiellement" dans un polar ou un thriller, l'intrigue nous "happe" et s'intensifie de pages en pages.

 

Le prélude se passe en juin 2003 et on comprendra à la fin qu'il fait la boucle avec l'histoire d'Eden Bellwether.

Ce qu'il faut bien voir c'est que le roman suit Oscar, aide-soignant dans un maison de retraite à Cambridge. On voit tout à travers son regard tandis que le personnage central reste Eden Bellwether, celui qui a donné son titre au roman. L'auteur a manifestement voulu cette forme narrative pour montrer en "décalé" cet étrange Eden et son "complexe" ("complex" in english - dans le titre original on lit "revivals" et je ne suis pas suffisamment anglophone pour être certain que la traduction soit fidèle). L'auteur parle de "narcissisme" !!

Toujours est-il que Oscar passe un soir près de la chapelle de King's College à Cambridge et entend le son de l'orgue et voici comment il ressent cette musique : "(P.14) Il y avait une fragilité dans cette musique, comme si l'organiste n'enfonçait pas les touches mais faisait voltiger ses doigts, comme un marionnettiste."

Il rentre alors et est subjugué par cette musique couplée aux choeurs. Il n'imagine pas encore que sa vie va être bousculée par cette rencontre, d'autant qu'il remarque une des jeunes filles dans l'assistance qui n'est autre que la soeur d'Eden Bellwether, l'organiste, mais il le saura plus tard.

Eden vit en grande partie pour la musique tout en suivant ses études à Cambridge. Il est persuadé que la musique est une thérapie et qu'elle doit être couplée à de l'hypnose. Pas n'importe quelle musique bien sûr, celle de Johann Mattheson plus les improvisations d'Eden Bellwether.

Johanna Mattheson (1681-1764) a été musicien, organiste et théoricien, ami de Haendel et Buxtehude. Il a occupé le poste de directeur de la musique à Hambourg. Ces informations ont leur importance pour la fin du roman, mais je n'en dis pas plus.

 

Eden va exercer ses dons sur Oscar, lui faisant malheureusement mal à la main pendant qu'il était sous hypnose, ce qui conduisit Oscar a prendre quelques distances avec Eden. Toutefois, son amour pour Iris lui fait accepter bien des contraintes, dont celle de se sentir "inférieur" et "rabaissé" par Eden et ses parents. Heureusement, il se lie tout de suite d'amitié avec "la bande" à Eden et Iris : Markus, Yin et Jane (amie d'Iris et amoureuse d'Eden).

 

A la maison de retraite, Eden est très lié avec un des patients, le Dr Paulsen, passionné de lecture. Il prête volontiers ses livres à Oscar. Homosexuel, le Dr a aimé un autre Dr, Hubert Crest, que Paulsen lui présente un jour. L'homme est atteint d'une tumeur cancéreuse.

 

Ainsi, après qu'Eden ait prouvé qu'il pouvait guérir par sa méthode une fracture contractée par sa soeur Iris, il propose de guérir le Dr Crest, lequel a d'ailleurs écrit sur le complexe dont est atteint Eden. Des deux hommes pourront donc s'entraider. Le Dr Crest n'a rien à perdre et accepte ce "challenge"...

 

Le traitement sera-t-il efficace? Ce sera l'objet de la suite du livre que je tairai car le suspens va alors prendre vraiment tout son sens dans ce roman d'une redoutable énergie qui va crescendo plus on approche de la fin.

500 pages de pure littérature de qualité. A lire absolument pour découvrir ce jeune auteur britannique, très prometteur et l'édition est de qualité comme toujours chez Zulma.

Merci encore à priceminister pour cette lecture passionnante.

http://www.priceminister.com/

Et comme promis à Olivier de priceminister, ce livre sera voyageur, d'abord au sein de chez moi, puisque Fabienne va le lire à présent puis il ira chez Christelle Salvan et pourra encore voyager par la suite...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Ce livre s'inscrit également dans le challenge "rentrée littéraire 2014" géré par Hérisson  -   1/6

Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood (Zulma)
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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 21:58
Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos

Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos

(Lecture faite dans le volume "Oeuvres romanesques"

de la Bilbiothèque de la Pléiade)

Disponible en collection de poche Points

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Testament spirituel de Bernanos, les "Dialogues des Carmélites" ont été composés en Tunisie au cours de l'hiver 1947-1948 et achevés à la mi-mars, lejour même où l'auteur était contraint de s'aliter de façon définitive.

C'était au départ un travail de dialoguiste de film. A la source de ce livre, la nouvelle de l'allemande Gertrude von Le Fort, "la dernière à l'échafaud", inspirée d'un fait historique authentique. Le 17juillet 1794, dix jours avant la fin de la terreur, 16 carmélites de Compiègne étaient condamnées à mort puis le même jour à Paris, guillotinées. Soeur Marie de l'Incarnation, seule survivante du Carmel car absente au moment de l'arrestation, a témoigné par lasuite en écrivant "La Relation".

Le Révérand Père Brückberger décide de porter à l'écran le texte et compose un scénario. Bernanos est alors choisi pour en faire les dialogues.Mais le texte n'est pas admis pour le cinéma et tombe dans l'oubli, le temps que Albert Béguin structure le texte et publie le texte.

Finalement, c'est le théatre qui s'empare du texte pour en faire un réel succès en 1952. Poulenc en fera un opéra en 1957 pour être repris au cinéma en 1960.

 

La peur domine ce texte et c'est un thème familier à l'oeuvre de Georges Bernanos. et il a fait de Blanche le symbole de la destinée du chrétien engagé dans l'Histoire.

 

Georges Bernanos vient d'être remis en lumière avec le roman de Lydie Salvayre "Pas pleurer" (Prix Goncourt 2014) puisqu'elle y évoque l'auteur quand il était engagé dans la guerre d'Espagne.

Tout m'oppose à cet auteur car non catholique et encore moins royaliste, mais j'ai eu l'occasion d'acheter il y a 40 ans ses "Oeuvres romanesques" dans la Pléiade et j'ai lu chacun de ses romans qui m'ont fortement impressionnés par l'ambiance "ténébreuse", par les dialogues âpres entre personnages où aucune concession n'est faite.Et puis, les prêtres sont aussi des hommes avec leurs doutes, leurs émotions... Et j'avoue que son oeuvre m'a franchement passionné.

Il me restait à lire ces "Dialogues des Carmélites". Un texte très littéraire et de grande tenue. Et puis, il y a le contexte historique très prégnant qui ajoute à l'intérêt de la pièce.

Après un court prologue, 5 tableaux découpés en scènes parfois très courte, car on change souvent de lieux. Et les didascalies sont nombreuses. N'oublions pas que c'était destiné au cinéma au départ.

Blanche s'est retirée du monde volontairement et contre les intentions de son père, marquis et de son frère. Elle veut "sauver son honneur et se retirer de ce monde hostile". Monde de plus en plus hostile, puisque la révolution française vient d'éclater et très vite les Religieuses et en général l'ensemble du clergé sont menacés.

La prière ne suffit pas à les sauver. La Prieure meurt et est remplacée par une Religieuse beaucoup moins sûre d'elle pour affronter les difficultés du monde.

Blanche ne va pas pouvoir faire ses voeux car la Révolution l'interdit. Bientôt, les biens sont confisquées, l'aumonier est traqué également, si bien que les Religieuses sont plus que jamais prisonnières dans leur Carmel. Elles s'en consolent puisqu'elles ont décidé de quitter la vie des humains pour vivre recluses.

Dans la scène VIII du 4e tableau, Blanche dit "La peur est peut-être une maladie". Mère Marie rétorque "On n'a pas peur, on s'imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon".

 

Blanche a peur mais elle a du courage et quand elle apprend que les Carmélites sont prisonnières et risquent la peine de mort, elle décide d'aller les soutenir. Elle ne veut pas être lâche et va le prouver à la fin du texte.

 

Sans être un incontournable de la littérature du 20e siècle, n'hésitez pas à lire ce livre s'il se présente à vous car il a de réelles qualités et on ne s'ennuie pas une seconde à la lecture de ces "dialogues".

 

Mon avant-dernière lecture pour 2014 d'oeuvres théâtrales.

 

Denis

 

 

Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 06:00
La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio)

La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio - 392 pages)

Première publication 1960 - édition définitive 1980

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Roman dit "autobiographique" de Romain Gary (1914-1980), publié au milieu de sa carrière littéraire, une carrière dessinée par sa mère dès son plus jeune âge. Car voilà, Romain a été "managé" par sa mère, une juive russe qui l'a élevé seul. Elle a toujours vu très grand pour lui. Il était impossible qu'il ne devienne pas célèbre.

Né à Vilnius (Wilno dans le roman, de par son nom quand la ville était polonaise), il a passé son enfance ici poussé inlassablement à briller par sa mère. Il s'est essayé dans tous les arts principaux : musique, peinture, danse, chant... Mais pas de talent hélas. Alors, plus tard, à Nice, il faudra trouver encore et toujours un art... Pourquoi pas le tennis et comme la mère n'a peur de rien pour promouvoir son fils, elle le fait jouer sous l'oeil du roi de Suède... Mais toujours pas de talent... Alors, pourquoi pas la littérature en désespoir de cause. Pour la mère, ce sera le Prix Nobel assuré pais attention à la syphilis qui a atteint tant d'écrivains...

Vous aurez compris que l'auteur est en "fusion" avec sa mère, sous domination tout de même et que l'humour est présent tout au long du livre pour "sauver" l'auteur de ses déceptions.

Page 160 ; "...Instinctivement,sans influence littéraire apparente, je découvris l'humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même oùil va vous tomber dessus. L'humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage ; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l'adversité".

 

L'auteur va prendre son véritable "envol" avec la deuxième guerre mondiale en devenant justement aviateur. A l'image de Guynemer pour la mère naturellement... La séparation va être alors de longue durée :la guerre entière en fait. Il a laissé sa mère gravement malade à Nice mais pendant ces années terribles 1940-1944, ils vont s'écrire. On saura à la fin du livre pourquoi sa mère ne s'enthousiasme pas lorsqu'il lui parle de ses exploits aux côtés de la "France Libre" qu'il a ralliée dès l'armistice. Le Général de Gaulle lui a remis la Croix de la Libération et là encore sa mère ne s'emballe pas...

 

Autobiographie pas très fidèle mais mise au "pinacle" par les exigeances de la mère, adorée par l'auteur, au point qu'il a toujours ses mots d'encouragement en tête tout le temps, y compris quand il aime des femmes, car sa mère lui a dit qu'il ne devait jamais rester sans femme dans sa vie, elle n'étant pas éternelle notamment...

On rit souvent dans ce livre car Romain est quelque peu un "Bouvard et Pecuchet", seulement, j'ai trouvé par moment que c'était un peu "lourd" ces "vantardises" de la mère ou du fils?

C'est bien écrit, c'est plaisant à lire mais le manque d'humilité finit par lasser.

Denis

 

Livre lu dans le cadre du blogoclub animé par Sylire et Liza.

 

La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio)
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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 21:58
HENRI IV DE LUIGI PIRANDELLO (Folio Théâtre)

Henri IV de Luigi Pirandello (Folio - théâtre- 160 pages)

Traduit de l'italien par Michel Arnaud

Edition présentée et annotée par Robert Abirached

Titre original "Enrico IV"

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Luigi Pirandello commence à écrire Henri IV alors que sa plus célèbre pièce "Six personnages en quête d'auteur" est encore représentée en 1921. Et tout se passe comme si un courant circulait d'une pièce à l'autre. Et la question qui se pose tout au long de la pièce est : l'homme qui se prend pour Henri IV est-il fou ou joue t-il à la folie? Est-il responsable ou sème t-il à tous vents des mots sans conséquences ?

Pour Henri IV, sortir de la folie, c'est retrouver une vie où il faut reprendre le flot des préoccupations et obligations du quotidien...

 

Qui est donc ce Henri IV? Un "fou" qui se fait passer pour Henri IV. Mais quel Henri IV? C'est la question que pose Berthold au début de la pièce. Harald lui répond :

"Henri IV d'Allemagne, mon cher ! Dynastie des Saliens !"

Ordulphe : "Le grand et tragique empereur !"

 

En effet, le personnage "fou" se fait passer depuis sa chute de cheval, 20 ans plus tôt pour l'empereur Henri IV né en 1050. Proclamé empereur à 6 ans, le vrai Henri IV eut des déboires avec le pape Grégoire VII et fut excommunié faisant élire par la suite un antipape. Après 3 excommunications, il mourut, destitué par ses fils à Liège en 1106.

 

La femme du "fou" a décidé de venir le voir mais il faut en passer par la théâtralisation de la rencontre. Elle se déguise en duchesse Adélaïde et le docteur qui l'accompagne va prendre l'habit de "l'abbé de Cluny". Des hallebarbiers vont les introduire auprès de l'empereur Henri IV et les mettre en scène dans le ton du XIe siècle. Henri IV joue le jeu, reconnait sa femme et comprend que le docteur est venu pour mesurer l'ampleur de sa folie.

Après cette "mascarade", Henri IV dit clairement à son homme de confiance qu'il feint la folie depuis 20 ans. Seulement, revenir dans le monde d'aujourd'hui lui est impossible. Il dit qu'en plus sa femme est venue avec son amant, ce qui est une insulte à sa personne. Il est "piégé", s'étant enfermé dans une image qui lui permettait de "sortir du monde" pour ne plus pouvoir revenir en arrière. De plus, il est convaincu que son accident a été provoqué pour le faire sortir de la vie de sa femme...

 

Une tragédie traitée sur le ton de l'absurde, l'incommunicabilité entre les êtres. Tout est théâtre, thème cher à l'auteur.

Trois actes avec beaucoup de "didascalies" pour guider lecteur et acteur dans cette tragédie.

Un texte très bien écrit qui nous entraine dans cette "folie théâtrale" par un auteur exprimenté dans l'art de la "tromperie", Pirandello (1867-1936) prenant également quelques libertés avec l'Histoire. Un auteur que j'aime retrouver régulièrement dans mes lecture et qui a marqufé le théâtre du 20e siècle, influençant notamment Sartre, Genet, Salacrou ou Ionesco...

A lire pour le plaisir de découvertes littéraires.

 

Bonne lecture,

 

Denis

Lecture dans le cadre de cette année "2014- je lis du théâtre !"

Lecture dans le cadre de cette année "2014- je lis du théâtre !"

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 21:15
Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (Points)

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (Points - 438pages)

Traduit de l'espagnol (Colombie) par Claude et Carmen Durand

Titre original : Cien años de soledad (1967)

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Un absolu chef d'oeuvre que ce roman de Gabriel Garcia Marquez. Les amoureux de la littérature ont lu ce livre et je suppose qu'ils ont eu le même bonheur de lecture que moi. A mon habitude, j'ai mis un mois pour savourer ce livre épique, foisonnant, saga familiale onirique...

Résumer ce livre est difficile tellement il est dense, traversant plusieurs générations d'une famille installée par hasard à Macondo, en Colombie. Pas de chapitre, mais des tranches de vie sur une vingtaine de pages et on avance ainsi dans ce roman.

Tout commence ainsi : "Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait serappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques".

 

On est alors lancés dans cette fabuleuse histoire d'une famille fondatrice du village de Macondo : José Arcadio Buendia et sa femme Ursula Iguarán, par ailleurs sa cousine. Ils vont avoir trois enfants : Aureliano (le futur colonel cité au tout début du roman), José Arcadia et Amaranta. Ces prénoms vontse perpétrer de gnération en génération.

Les premières visites sont celles de gitans et notamment Melquiades va être très important car José Arcadio va suivre toutes ses découvertes et inventions pour les mettre en application au village.

Le village va se développer au fil du temps, même si tout semble intemporel ici, tant on vit vieux et dans la répétition des us et coutumes au fil des générations.

Des nord-américains vont s'intéresser un temps à Macondo, y implantant le train et l'industrie bananière. Seulement, la vie est difficile ici. Il y aura notamment la peste de l'insomnie. Mais, Aureliano va être l'initiateur des révolutions colombiennes. Il va passer sa vie, à défaut d'aimer, à combattrele gouvernement, manquant plusieurs fois d'être tué ou exécuté mais réussissant à chaque fois à déjouer les pièges qu'on lui tend.

José Arcadio Buendia va s'enchaîner à un marronnier dans les dernières années de sa vie, marquant le début des grandes solitudes vécues par la famille Buendia. Ursula, elle, va tenir dans la dignité la maison tout au long de ses plus de 140 ans de vie. La solitude, l'incommunicabilité sont les maîtres-mots de cette famille qui va petit à petit se décomposer, Une longue période de pluies incessantes de près de 5 ans va définitivement tuer le village, depuis longtemps déserté par les nord-américains. Restent quelques vieux et quelques prostituées.

Le dernier Aureliano va se montrer érudit, cherchant à comprendre son histoire et celle de sa famille dans les livres.

Le surnaturel s'inscrit aussi dans le récit : lévitation, insectes dévastateurs en grand nombre telles les fourmis, résurrection...  Mais ces événements s'inscrivent dans cette épopée familiale et semblent faire partie du "paysage" de Macondo.

Il faut lire cet extrait d'un entretien que donna l'auteur à Manuel Pereira : "Tout ce que j'ai écrit à une base réelle, car sinon c'est de la fantaisie, et la fantaisie c'est Walt Disney. Cela ne m'intéresse absolument pas. Si l'on me dit que j'ai un gramme de fantaisie, j'ai honte. Je n'ai de fantaisie dans aucun de mes livres". (Novembre 1981 - Le Magazine Littéraire)

 

Je vous renvoie à Wikipedia qui donne un article très fourni sur "Cent ans de solitude" pour approfondir la connaissance de ce roman.

 

Un livre devenu un classique de la littérature mondiale à LIRE ABSOLUMENT

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:27
Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonantine Editions

Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonatine Editions - 2009

Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau

Titre original: A Quiet Vendetta - Londres - 2005

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N'oublions pas que l'auteur est anglais même si ses livres se passent en Amérique.

L'éditeur annonce en 4e de couverture qu'il s'agit d'un "thriller au suspense exceptionnel, doublé d'une impressionnante histoire de la mafia des années 1950 à nos jours". Tout commence par un meurtre sordide lorsqu'une voiture est retrouvée le long d'un trottoir et que le coffre contient un corps dépecé, le coeur arraché et replacé dans la cage thoracique. Et puis, encore plus inquiétant pour la police, l'enlèvement de la fille du gouverneur de la Nouvelle Orléans, Catherine Ducane.

Le meurtrier ne tarde pas à se manifester. Il donne un premier message "Toujours". John Verlaine, policier, pense aussitôt à Feraud, dit Papa Toujours, un des vieux mafieux puissants de la ville. Mais, l'exigeance suivante de l'homme est de faire venir de New York Ray Hartmann, un ancien alcoolique, fonctionnaire affecté à une unité de lutte contre le crime organisé.

Alors, va commencer une longue semaine d'entretiens entre les deux hommes : Ernesto Perez remonte à sa jeunesse à La Havane où son père violent s'intéressait fortement aux débuts de Fidel Castro. Ernesto a compris qu'il pourrait s'en sortir dans ce monde en devenant à son tour violent. Il commet un premier meurtre très jeune, en tuant un escroc qui vendait des encyclopédies "sous le manteau" à de jeunes gens crédules.

 

Chaque jour, Ernesto continue à expliquer dans le détail sa vie qui va devenir celle de "tueur à gage" pour la mafia américaine : cette des cubains, des italiens ou irlandais installés aux USA... Perez tuera sans état d'âme, commandité par des "parrains". Il s'est lié d'amitié avec un homme tel que Don Calligaris auprès de qui il va rester fidèle pendant plus de 30 ans.

 

Schaeffer et Woodroffe ont pris le relais de John Verlaine et analysent chaque "révélation" de Perez, enregistré tout au long de ces jours, transmettant les informations clés au siège du FBI, pour avoir des recoupements possibles entre les faits racontés et la réalité des meurtres commis et jamais élucidés au fil de ces 50 années de narration.

 

Perez et Hartmann ont des relations plutôt courtoises. Mais Hartmann comprend qu'il ne pourra jamais rentrer à New York dans les délais pour espérer retrouver une vie saine avec sa femme Carol et sa fille Jess, au terme d'une rencontre programmée dans un parc. Perez n'est pas pressé de révéler où se cache Catherine. Il dit qu'elle pourrait fort bien être morte, mais tout autant en vie... La tension monte au sein du FBI, car le gouverneur commence à s'énerver de ce temps perdu à écouter un vieil homme, assassin, raconter tout ce lourd passé... d'autant que Perez montre bien que Ducane et Féraud ne sont pas des "enfants de coeur", baignés eux aussi dans ce monde de la mafia et de la vendetta. Il a d'ailleurs eu affaire à eux il y a longtemps dans cette ville... Tension augmentée par un attentat commis contre les locaux du FBI où ont lieu les entretiens...

 

650 pages de suspens pour tenir en haleine le lecteur qui s'immerge complètement dans ce "huis clos". Le roman fait alterner les longs moments de récits (environ 40 pages par entretien) et les temps de pause occupés à revivre le film des révélations de Perez et les recoupements. Ce sont aussi là les moments où Hartmann pense aux siens et à cette rencontre déterminante pour lui (environ 15 pages).

 

Comme je ne suis pas un lecteur "compulsif" qui veut absolument terminer le livre au risque de passer des nuits blanches, j'ai réussi à contenir les émotions de la lecture sur deux semaines, alors qu'un lecteur de thriller 'normal" aurait voulu le lire en quelques jours pour connaitre le dénouement tant attendu. Et comme l'auteur sait mener une intrigue et nous surprendre, il est clair que la fin est surprenante.

 

J'ai beaucoup aimé le style de R.J. Ellory qui sait mettre dans la bouche d'un tueur sans scrupule de "l'humanité" dans sa manière de raconter sa vie autour de ces meurtres, car Perez va se marier, avoir des enfants et entendre avoir une vie de famille comme un être normal et il a su s'instruire notamment à partir de "son encyclopédie" arrachée à l'escroc...

 

Un très grand livre assurément par un auteur de grande envergure que je relirai avec grand plaisir malgré les thèmes très rudes de ses livres. Mais la littérature est présente avec la richesse de la langue et de la structure narrative qui enchante le lecteur "exigeant" qui attend plus qu'une intrigue, une "atmosphère" rondement menée...

 

Merci à Léa du blog Léa touch Book qui a organisé ce mois Ellory, et elle me pardonnera d'avoir mis du temps à lire ce gros volume qui aurait dû être terminé pour le 15 octobre dernier, mais lire ce livre aura été une grande aventure de lecteur que je n'oublierai pas de sitôt...

 

Denis

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:42
La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon (Actes Sud)

La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

(Actes Sud - janvier 2014 - 320 pages)

Prix Closerie des Lilas 2014 et d'autres prix...

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Aux Jeux Olympiques de Montreal en 1976, une jeune gymnaste roumaine de 14 ans fait sensation. Elle fait "exploser" les ordinateurs et sa note s'affiche 1.00 alors qu'elle a concouru à la perfection. Et de fait, elle a obtenu la note parfaite 10.0. Seulement, personne n'avait jamais eu cette note avant Nadia Comăneci et donc les informaticiens s'étaient limités à 1 chiffre avant la virgule.

 

Début du roman de Lola Lafon : "Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l'entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l'instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s'agit plus de ce que l'on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d'advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l'atmosphère pour s'y lover".

 

Un homme, un roumain de la minorité hongroise, Béla Károlyi a fait de Nadia une jeune fille hors du commun. Il ne lui a rien épargné pour en faire la fierté d'un pays "émergeant !", la Roumanie de Nicolae Ceausescu. Une Roumanie qui peut enfin plus que rivaliser avec la suprématie de la gymnastique d'URSS, puisqu'enfin, elle est en mesure de la dépasser. Nadia devient une vedette internationale.

La romancière écrit ce livre comme le ferait une biographe, allant à la recherche de documents, de videos, imaginant même qu'elle a été en contact avec la gymnaste pour revenir sur les événements qui ont marqué sa carrière.

Une carrière fulgurante qui a duré le temps de deux olympiades. Et d'ailleurs, les J.O. de 1980 se sont tenus en URSS, en pleine crise politique, cette qui a suivi l'invasion de l'Afghanistan et la volonté pour les occidentaux de boycotter ces Jeux. La Roumanie y va tout de même et pour les gymnaste c'est l'occasion de défier les russes sur leur propre terrain. Nadia est déjà sur le déclin mais elle obtient tout de même deux médailles d'or. Et elle met un terme à sa carrière en 1981, à 20 ans.

Le roman suit donc au plus près les moments importants de sa vie. On la voit à l'entrainement et dans sa vie dans un pays en pleine mutation. Et alors qu'elle n'a jamais contesté la politique de Ceausescu, quelques jours avant la chute du régime, elle s'enfuit, passant par la Hongrie et demandant l'asile politique à l'Ambassade des USA à Vienne.

Lola Lafon a vécu sa jeunesse en Roumanie communiste, ce qui donne à son roman un ton "intimiste", nous montrant "de l'intérieur" l'esprit de ce pays, bien que née en 1975, elle était trop jeune pour avoir vu Nadia gymnaste.

Un excellent roman, très bien construit, qui nous tient en haleine. La politique y est très présente car une athlète telle que Nadia était une image de la réussite d'un pays tel que la Roumanie. Cependant, on sent que la gymnaste entend gérer sa vie car elle a du caractère cette "petite communiste qui ne souriait jamais..."

 

Bonne lecture,

Denis

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 21:14
Biblique des derniers gestesde Patrick Chamoiseau (Folio)

Biblique des derniers gestes de Patrick Chamoiseau

(Folio - 865 pages - octobre 2003)

Première édition : Gallimard 2002

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Voici un livre UNIQUE : vous n'en trouverez pas deux comme celui-ci. J'ose dire qu'au-delà des 865 pages (oui j'ai bien dit 865 pages) il s'agit d'un véritable monument littéraire. Et pour moi un IMMENSE COUP DE COEUR, qui m' accompagné pendant 87 jours, à raison de 10 pages par jour.

 

Balthazar Bodule-Jules n'a pas d'âge, tellement il semble avoir vécu depuis la nuit des temps. Toutefois, sa vie s'oriente surtout au 20e siècle, en Martinique où il est né et a vécu toute sa jeunesse, avant de parcourir le monde, partout où il y a eu des combats contre le colonialisme : Afrique noire et du nord, Asie, Amérique latine. Il a espéré rencontrer Ché Guevara en Bolovie mais l'a râté de peu. Il aurait rencontré et soigné Ho Chi Minh lors de ses luttes contre les colonisateurs... Une vie intense dont il a décidé lui-même de l'issue, ici, en Martinique, pays qu'il a tant aimé, déçu seulement que ce pays n'ait pas voulu se battre pour son indépendance.

 

Incipit du roman : "Le grand indépendantiste, Balthazar Bodule-Jules, annonça qu'il mourrait dans trente-trois jours, six heures, vingt-six minutes, vingt-cinq secondes, victime non pas de son grand âge mais des rigueurs de son échec."

 

Echec d'une si longue vie ! Plutôt lassitude sans doute. Epris de poésie, admirateur inconditionnel d'Aimé Césaire, Saint-John Perse ou Edouard Glissant, le "trio poétique" des Antilles, il a vécu pleinement échappant aux maladies, aux occasions de mort au combat sur tous les continents. Et pourtant, une diablesse, l'Yvonnette Cleoste a toujours tenté de venir à bout de sa longue vie, y compris pendant sa longue agonie de 33 jours, 6 heures etc...

 

Heureusement d'autres femmes l'ont aidé à se faire lui-même et à apprendre à survivre dans toutes les conditions de la vie. Au début, bien sûr, il y eut ses parents et sa mère essentiellement. Mais devenu orphelin, il a eu le bonheur de rentrer la belle et énigmatique Man l'Oubliée qui lui a réellement tout appris de la vie. Elle ne pouvait vivre telle une "ondine" qu'auprès de l'eau et dans la nature. Elle lui a donné nombre de leçons pour savoir se servir de la nature pour se soigner, manger : survivre en un mot.

 

Quand elle a disparu plus ou moins de sa vie, il a pu s'installer chez Nicol Timoleon sur demande de Man l'Oubliée, afin qu'il puisse cette fois apprendre ce qu'est la vie politique et le militantisme anti-colonialiste.Très vite, il comprend que cet ancien instituteur est en fait une femme. Et de son vrai prénom Deborah vit avec sa soeur et une belle jeune fille Anaïs-Alicia dont Balthazar tombe immédiatement amoureux. Deborah va lui apprendre la politique et Anaïs, la poésie. Ce seront ses "deux nouvelles armes" pour affronter la vie héroïque qui l'attend et qui fait aujourd'hui son aura, au point que la police le respecte. Les jeunes ont essayé de s'emparer de ses biens, essayant même de le tuer. Mais comme ce sont des drogués, il décide alors de les guérir de ce mal redoutable...

 

Rien n'est vrai malgré les efforts de l'auteur pour nous faire croire que Balthazar a existé, qu'il a accordé des interviews et écrit des articles dans les journaux, comme aurait été écrite une biographie. L'auteur dit s'inspirer d'un texte écrit sur Balthazar, dont il cite très souvent des extraits : "Notre morceau de fer", cantilènes d'Isomène Calypso, conteur à voix pas claire de la commune de Saint-Joseph.

 

Et le livre de l'agonie que déploie ici sur plus de 800 pages Patrick Chamoiseau s'écrit en plusieurs chapitres dont les titres sont éloquants sur l'incertitude sur tout ce qui s'est dit, écrit sur l'homme, y compris ses propres propos :  1- Incertitudes d'un commencement au coeur ému du pays enterré / 2- Incertitudes sur les trente-douze amours de son enfance sorcière / 3- Incertitudes sur les et-caetera amours de son âge de mâle bougre / 4- Incertitudes sur les restants d'amours de son âge en vieux-corps.

 

Vous pourrez constater que les seuls titres des parties du livre ont une connotation poétique. Ce livre est une merveille littéraire, à mi chemin entre le conte, la biographie, la digression poétique. Rien n'est "naturel", on est très souvent dans le "surnaturel" mais quel bonheur de se laisser emporter par le récit de l'auteur. Certains événements reviennent comme des litanies tout au long du récit. Tels ces moments près de Ho Chi Minh ou près d'une bolivienne quand il cherchait à rejoindre le Che. Il est impossible de résumer en quelques lignes toutes ces pages, tous ces événements.

 

Pour vivre une extraordinaire aventure imaginaire, il faut ABSOLUMENT lire ce "pavé littéraire".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 19:55
Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon - 123 pages)

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Antigone est la fille d'Oedipe et de Jocaste. Elle eut une vie douloureuse et une mort atroce, mais ne se départit jamais d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans pareils dans la mythologie. Ce fut elle qui servit de guide à Oedipe quand il dut mendier, les yeux crevés, chassé de Thèbes. Quand Antigone revient à thèbes, ses frères se sont entretués. Elle veut une sépulture pour Polynice alors que Créon a interdit que "le traite" ait droit aux honneurs post-mortem. Elle verse sur le corps quelques poignées de terre, mais surprise par un garde du corps de Créon, elle est condamnée à mort et enterrée vive. Mais elle préfère se pendre.

Jean Anouilh (1910-1987) s'inspire de la pièce de Sophocle et dit (repris sur la 4e de couverture) : "L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonnace de la tragédie que nous étions alors en train de vivre".

 

La pièce est constituée d'un prologue qui permet de présenter les personnages et le moment où l'action va débuter. Les deux frères d'Antigone se sont entretués. Hémon doit épouser Antigone et Créon a ordonné qu'aucune funéraille de Polynice, le "vaurien" soit tolérée. Les personnages s'effacent et le drame peut commencer, au petit matin.

 

Un seul acte sans découpage par scène pour cette journée de tous les dangers pour Antigone. La pièce est alors fidèle à la légende. Antigone est allée pendant la nuit recouvrir le corps de son frère avec de la terre, à l'insu des gardes de Créon. De retour à la maison, sa soeur Ismène arrive et dit à Antigone qu'elle ne doit pas enterrer son frère, mais elle lui avoue avoir déjà fait le nécessaire. Antigone ne veut pas être "raisonnable" et elle sait qu'elle risque gros. D'ailleurs, elle est très vite dénoncée par les gardes. Lesquels gardes sont fébriles car ils craignent la mort pour avoir laisser Antigone approcher de son frère. D'ailleurs, c'est assez troublant de voir combien leur rôle est important dans la pièce de Anouilh. L'auteur en fait des personnages "principaux".

 

Créon, dès qu'il est informé, tente d'étouffer l'affaire et s'adresse à Antigone, lui rappelant qu'elle doit épouser Hémon, son fils, et qu'il veut qu'elle vive. Mais elle s'entête puis fait ses adieux à son fiancé. Elle ne veut pas être conventionnelle et se montre plus que jamais rebelle, préférant la mort que toute compromission...

Il faut se rappelerque la pièce a été créée le 4 février 1944, au Théâtre de l'Atelier, en pleine période d'occupation. On peut penser que le courage d'Antigone et son pouvoir de dire non ne pouvait que montrer une grandeur d'âme comme les résistants ont su en avoir...

 

Les allemands se sont identifiés à Créon qui avait été le héros tragique de Sophocle, tandis qu'Anouilh met plutôt l'accent sur Antigone...

 

J'avoue n'avoir pas été conquis par cette pièce. Comme pour Giraudoux, je préfère retourner à l'oeuvre antique plus "authentique". Le langage du 20e siècle ne me parait pas approprié à ces "transpositions" !!!

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre de "En 2014, je lis du théâtre".

 

 

 

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)
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