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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 17:51
Mansfield Park de Jane Austen (Archipoche)

Mansfield Park de Jane Austen (Archipoche)

Traduit de l'anglais par Henri Villemain

Edition revue, complétée et préfacée par Hélène Seyrès

 

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Fanny Price, à l’âge de 10 ans, est appelée à venir s'installer à Mansfield Park chez sa tante lady Bertram et Sir Thomas Bertram, les Price ayant beaucoup d'enfants et vivant dans la pauvreté. Bien sûr, elle ne sera jamais une Bertram de par sa condition mais elle pourra bénéficier de l'enseignement de Melle Lee.

Edmund a décidé d'aider sa cousine à s'insérer dans la famille ce qui l'a soulagée et ses ignorances ont fini par accommoder les autres. Fanny pense beaucoup à son frère William qu'elle a pu revoir, tandis qu’elle a oublié le reste de sa famille. Sa deuxième tante vit également près d’elle, Mme Norris et se montre peu affable.

 

M. Norris meurt. Edmund pourrait le remplacer en tant que pasteur au terme de ses études. Pour l’heure, à présent âgée de 15 ans, Fanny est promise à aller vivre chez sa tante Norris. Edmund lui dit que rien ne changera et qu'elle pourra venir à Mansfield Park quand elle le voudra. Finalement Mme Norris refuse de prendre Fanny dans sa nouvelle maison trop petite, ce qui la soulage. Quant à Mr Bertram il décide de partir à Antigua suivre ses affaires et son fils aîné Tom l'accompagnera.

Tom est revenu assez vite d’Antigua. Les deux filles Bertram trouvent un cœur à prendre. Les alliances ne pourront se concrétiser qu'au retour de Sir Bertram. Les Grant sont venus s'installer entretemps dans l'ancienne maison de Mme Norris et Fanny a 18 ans à présent.

Les Crawford sont invités chez les Grant. Ils sont en famille avec eux. Lui s'intéresse à la cadette Julia Bertram laquelle n'est pas insensible au charme de Tom Bertram.

Mr Rushworth est promis à l'aînée des Bertram. Il parle de son domaine de Sotherton qui a besoin d'être rénové. Chacun y va de ses conseils et il est convenu de s'y rendre pour voir ce qui pourrait être fait. Quant à Edmund, il se montre très assidu auprès de Mlle Crawford.

Autre invité, John Yates. Il aimerait y jouer une pièce de théâtre. C'est finalement une pièce assez vulgaire qui est choisie et c'est un déchirement de savoir qui jouera qui. Quand Sir Thomas Bertram rentre de voyage, il fait aussitôt arrêter toute répétition. Et la vie reprend son cours normal à Mansfield Park, autour des Bertram, les autres s’éloignent, bien obligés.

Henry Crawford dit à sa soeur qu'il fera tout pour séduire Fanny qu'il trouve à présent vraiment jolie. C'est le moment où William rentre en permission et il est accueilli avec joie par sa sœur et sir Thomas Bertram…

Fanny cèdera-t-elle au charme de Henry malgré ses résistances ?  Que deviennent les autres membres du cercle restreint des Bertram ?

Tout le roman tourne autour des relations souvent difficiles entre les uns et les autres. On est loin du roman sentimental, Jane Austen campant des personnages qu’elle ne ménage pas, montrant leurs travers, leurs doutes, leurs ambitions.

 

On voit l’ascension de Fanny, une jeune femme pauvre, dans le monde de l'aristocratie  londonienne et Mansfield Park, loin du bruit et de la fureur, semble être le lieu de tous les possibles. Seulement, Sir Thomas Bertram, humain au fond de son cœur, veille au grain et impose une discipline qui sera souvent bafouée par ses enfants dès qu’ils sont dans un autre univers, plus permissif et libre.

 

Un roman qui m’a passionné et que j’ai trouvé d’une grande justesse dans l’analyse des situations, des personnages. Et un beau style aussi, sans pathos. J’avoue avoir été vraiment charmé par Jane Austen, alors que j’avais tendance à négliger son œuvre, si british !!! Elle se montre au contraire audacieuse en faveur de l’émancipation de la femme et des êtres humains plus généralement.

Une belle lecture pour un roman que je recommande vivement..

 

Livre écrit en 1814 par Jane Austen (1775-1817) et la traduction date également de 1814. Elle a ainsi été revue par Hélène Seyriès.

L'intérêt de sa traduction tient à une grande connaissance des manières en usage dans l'aristocratie.

Bonne lecture

Denis

 

Article publié dans le cadre du mois anglais et de la journée Jane Austen

Mansfield Park de Jane Austen (Archipoche)
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 18:24
V.W. par Geneviève Brisac et Agnès Desarthe (Ed. de l'olivier)

V.W. : le mélange des genres 

par Geneviève Brisac et Agnès Desarthe

(Editions de l'Olivier - Octobre 2004 - 280 pages)

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Résumé du livre sous forme de notes prises au fil de ma lecture de ce livre passionnant sur V.W. (Virginia Woolf  1882 - 1941) :

 

Le grand choc de Virginia a été la mort de sa mère Julia en 1895. Elle avait alors 13 ans. Leslie, le père se montre tyrannique après le décès de Julia. En 1897, c'est Stella, une demi-soeur qui meurt juste après son mariage, ce qui va profondément marquer Virginia.

Thoby a beaucoup compté pour elle. Son frère aîné à l'origine du groupe de Bloomsbury , mort à 26 ans.

Mais Vanessa, peintre, sera sa meilleure complice.

Virginia avait peur du mariage mais très vite et jusqu'à sa mort elle va dire que son mariage a été heureux.

Leonard se montre très attentif à la "folie" de Virginia d'autant qu'il suit de très près son oeuvre. Une oeuvre que Virginia nourrit en même temps qu'elle envoie de nombreuses lettres à ses amis.

Les lettres sont également des nourritures intellectuelles. Elles doivent être bourrées d'idées. Remplies de la banalité et des futilités du quotidien ses lettres l'ont désacralisée.

(p. 81) "Lire Virginia Woolf prend du temps. Son oeuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d'écrire si peu conventionnelle que l'on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre et pour ne pas s'y perdre".

Le "temps" est un élément clé de son oeuvre entre ennui d'un temps continu et répétitif et l'impression brutale que tout s'accélère ou de fige, avec en contrepoint la mort.

VW a des visions comme un peintre peut en avoir et la dernière phrase de "La promenade au phare", "j'ai eu ma vision" pourrait être la phrase inaugurale de tous ses romans. (p. 128).

Elle rompt avec le traditionalisme de la littérature trop "policée". Elle veut décrire le chaos de la pensée et utilise beaucoup de métaphores. Elle veut aussi casser la chronologie.

Virginia Woolf lit toujours plusieurs livres dans une même journée et elle écrit: "Que j'ai de choses à lire, pour démêler ce qui sonne juste et ce qui est faux, le posé et le naturel, la prose poétique, les faux pas, la rhétorique".

Elle cherche sans cesse à travers ses lectures et ses écrits la nouveauté, l'inventivité et l'innovation.

Ses grands auteurs sont Proust, Dante, Shakespeare et les russes.

 

Écrire et être publiée en toute liberté se réalise pour Virginia grâce à la maison d'édition créée avec Leonard, la Hogarth Press. Le nom vient de"Hogarth House" à Londres où est installée leur presse. Et pas de contraintes économiques. Ce qu'ils publient ne sont que des coups de coeur et Virginia y publie ses écrits. Ils vont publier Freud, Svevo, Mansfield, Rilke et bien d'autres mais Virginia refuse "Ulysse" de Joyce. Livre trop volumineux et qui la dérange. Trop proche d'elle peut-être et sans doute un rival de la modernité littéraire!

 

L'injustice faite aux femmes constitue le paysage mental de toute son oeuvre. Les femmes doivent avoir "une chambre à soi" et une indépendance financière pour s'exprimer sans soumission. Une certaine émancipation par rapport aux hommes. La femme n'a pas la place qu'elle mérite, écartée de la vie intellectuelle et sociale. C'est une injustice qu'elle veut réparer au travers de sa vie et de ses livres.

La guerre va perturber sa vie et contribuer à son suicide.

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L'on découvre ainsi les grandes étapes de la vie matérielle et intellectuelle de Virginia Woolf, ce qui nous permet d'éclarer au plus près son oeuvre littéraire.

Le sous-titre montre bien "le mélange des genres" qui a nourri les textes de V.W., la peinture demeurant, sans doute du fait de sa soeur Vanessa artiste peintre, sa plus grande source d'inspiration. Elle pense en peintre de son temps.

Les deux auteures sont également romancières et essayistes aux Editions de l'Olivier. Agnès Desarthe a par ailleurs traduit deux oeuvres de Virginia Woolf. Tous les amoureux de l'oeuvre de V.W. se doivent de lire ce livre.

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Le thème de ce livre étant une auteure anglaise, je rattache cette lecture au mois anglais dont vous trouverez tous les détails sur le groupe facebook.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:26
Les lames de Mo Hayder (Pocket)

LES LAMES DE MO HAYDER

(Pocket - 574 pages - juin 2012 -

Première édition France Presses de la Cité - 2011)

Titre original : Hanging Hill (2011)

Traduit de l'anglais par Jacques Morin

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Sally et Isabelle sont les meilleures amies du monde et leurs enfants ados s'entendent à merveille. Sally est criblée de dettes suite à son divorce et fait du ménage. Elle a aussi fabriqué des cartes de tarot à partir des portraits de ses amis et de sa famille mais une est tronquée. Mauvais présage!! Et on apprend que Lorne a disparu.

Le corps est retrouvé et c'est Zoé la soeur de Sally qui est chargée de l'enquête, avec Ben son amant. Lorne avait été amie avec les filles d'Isabelle et Sally.

Une femme qui vit au bord du canal a entendu Lorne la veille parler au téléphone mais elle était seule à ce moment-là.

Sally travaille avec deux jeunes polonaises chez un étrange David Goldrab, riche et pas convivial. Ce dimanche matin il propose à Sally qu'elle devienne sa gouvernante car elle vaut mieux que de faire du ménage

Lorne aurait été inconsciente quand elle a été violée selon le médecin légiste. Elle est morte étouffée avec une balle de tennis maintenue par un collant dans la bouche.

Zoé n'a pas revu Sally depuis 18 ans et ses parents vivent en Espagne. Elle se met une balle de tennis dans la bouche pour voir ce qui se passe.

Steve, son compagnon, dit à Sally de se méfier de David Goldrab car s'il ne peut pas dire ce qu'il fait comme métier elle sait qu'il enquête sur des personnes peu recommandables comme cet homme.

Debbie, une psychologue vient expliquer aux policiers ce qu'elle ressent du crime d'autant qu'il y a eu des inscriptions sur le corps de la victime et pour elle le meurtrier la connaissait bien et est de son âge. Zoé n'adhère pas à cette thèse, Ben oui. Elle se rend chez les Wood. La mère de Lorne, Pippa, était au même pensionnat qu'elle. Dans la chambre de Lorne elle trouve un journal où il est question d’un RH. Et elle trouve une clé d’appareil photo et visionne les photos qui représentent Lorne en petite tenue et très suggestives. Ceci la ramène à son passé où elle aura a dû faire des choses peu recommandables pour payer ses voyages.

Zoé s'était étonnée de voir le 4x4 du dealer Jake Drago devant le lycée et lui a parlé. Le soir c'est Sally qui le voit et Millie, sa fille, est terrorisée au point de lui avouer qu'elle a emprunté de l'argent à ce type et à présent il la traque pour qu'elle le paie avec intérêts.

 

Tous les protagonistes ou presque sont mis en place pour essayer de comprendre ce qui relie les uns aux autres, entre passé et présent.

Mo Hayder maîtrise de bout en bout le puzzle, d’une plume alerte, fulgurante. Elle sait prendre son temps pour présenter les lieux dont la ville de Bath qui sert de support à l’intrigue, entre belles villas et quartiers populaires.

L’on sait dès le départ qu’il y a eu meurtre mais les suspects se succèdent depuis le petit ami supposé de Lorne jusqu’aux mafieux qui s’entredéchirent et ont très bien pu entraîner Lorne dans de sombres chemins avant de la tuer.

Telle une symphonie, l’intrigue monte crescendo pour devenir très tendue.

Une belle lecture grâce à Fabienne qui avait découvert cette auteure anglaise avec ce roman avec ce polar qui tient la route sans oublier les méandres de l’intrigue.

 

Bonne lecture

 

Denis

 

Une lecture faite dans le cadre du mois anglais et à la journée consacrée aux lectures de romans policiers.

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 16:24
Le message du pendu de Pieter Aspe (Livre de Poche)

Le message du pendu de Pieter Aspe

(Le livre de poche - policier - 310 pages - novembre 2014)

Première édition française : Albin Michel 2012

Première édition originale : "Onder valse vlag" -Anvers 2002

Traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron

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C'est la canicule à Bruges. Le commissaire Van In, personnage récurrent des romans policiers de Pieter Aspe, est de repos et entend passer du bon temps avec sa compagne, Hannelor, juge d'instruction.Mais son adjoint, Versavel vient troubler ces instants de bonheur car un triple meurtre a eu lieu : Louise et ses deux enfants ont été assassinés dans leur luxueuse maison près du clic canal de Bruges à Damme.

Hoornaert, le père de Louise, est présent quand la police arrive, alerté par le jardinier qui a découvert le carnage. Peu après est retrouvé le corps du mari, Wilfried Traen, pendu dans le grenier. Il était dans la même classe que Van In et ce dernier imagine mal Wilfried se suicider. Ne serait-ce pas un meurtre déguisé?

Le décor est planté. L'enquête peut alors commencer pour Van In, Versavel, Carine (la belle policière qui ne laisse pas indifférent Van In) et Bruynooghe, sans oublier Hannelore dans son rôle de représentante de la justice.

Au fil des pages, on découvre les personnages clés qui vont fraviter autour de ces morts, à commencer par Marijke et Stef, ce couple presque clochardisé. Stef a été licencié de l'entreprise prospère de Wilfried et a quelques rancunes qui en font un tueur potentiel. Et puis il y a la belle Kitty Jouy, une call-girl de luxe qui travaillait pour Wilfried, organisant avec lui des soirées très chaudes avec des ministres et personnages importants du pouvoir, de l'espionnage international. Et il y a David Starr, très introduit dans ces milieux, américain installé depuis quelques années à Bruges...

Van In aime les femmes et tout en restant fidèle autant que faire se peut à Hannelor, est prêt à succomber au charme de Carine par exemple. Et, alors, il aime encore plus boire de la bière Duvel. Je n'ai pas compté combien de bières ont été bues tout au long de ces 300 pages, mais c'est vertigineux, d'autant que beaucoup d'interrogatoires se passent dans des bars à Bruges ou sur des terrrasses à Blankenberge, la ville de bord de mer prisée des riches brugeois et des politiques.

On est dans un roman policier, donc l'intrigue suit les fils du genre, avec toutefois la particularité que l'auteur nous révèle très vite les implications des personnages dans ces meurtres, semblant nous dire que ce n'est pas nécessaire de garder ce type de suspens. Il faut suivre les personnages dans leurs raisonnements et leurs attitudes même si l'on en sait plus que Van In et sa propre enquête.

 

C'est très bien écrit, plaisant à lire, mais j'avoue une nouvelle fois que le roman policier n'est pas ce que je préfère, le roman s'engageant à ne parler que de ce qui concerne l'enquête. On n'arrive pas à en sortir... Il n'y a pas d'échappatoire pour le lecteur. C'est parfois étouffant. Ceci étant, les amateurs du genre aimeront ce livre.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre de la journée polar du mois belge chez Mina et Anne

Le message du pendu de Pieter Aspe (Livre de Poche)
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 11:00
Hôtel problemski de Dimitri Verhulst (Christian Bourgois)

Hôtel problemski de Dimitri Verhulst

(Christian Bourgois - octobre 2005 - 160 pages)

Traduit du néerlandais (Belgique) par Danielle Losman

Titre original : Problemski Hotel

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L'auteur, écrivain et journaliste, belge d'expression flamande est né en 1972 à Alost. Il explique dans la postface de ce livre qu'il a été invité par la revue "Deus Ex Machina" à écrire un article sur les demandeurs d'asile. Il a ainsi séjourné quelques jours dans le centre d'accueil à Arendonk, en décembre 2001, peu après la destruction des tours de New York et l'ambiance était encore très tendue. Il a alors pris pour modèle des demandeurs d'asile du centre pour en faire ce livre très fort, ni roman ni essai : "Pour éviter les malentendus je me vois obligé de préciser que la moitié à peu près des récits sont inventés, et qu'aucun des récits ne contient un mensonge".

 

Livre "choc" assurément, tellement la vie de ces gens de toutes races et de toutes couleurs est sordide, tant pour les raisons pour lesquelles ils sont là, que pour leur quotidien au centre d'accueil que pour leur futur...

Un futur en forme d'espoir : obtenir le droit d'asile, surtout ne pas rentrer au pays et au besoin fuir dans des conteneurs, des camions ou dans toute autre moyen de transport qui permette de se cacher.

 

Le personnage principal du livre est Bipul Masli, photographe avec qui on fait connaissance en 1984, à Hargeisa (Somalie) lorsqu'il prend en photo un enfant mourant : (page 12) "Ce gosse mourant que je voulais photographier a déterminé, je l'avoue, un tournant dramatique et artistique dans ma vie. Il m'a converti à la photo couleur". Il lui faut une mouche pour faire plus véritable, d'où la mouche sur la photo de couverture du livre. Et à Flutopia en 1974, lorsque ses parents lui ont offert pour sa communion un appareil photo et quand il prend sa soeur en photo elle se prend une balle de rebelles en pleine tête. Un journaliste lui a acheté sa photo : (page 25) "C'est là, c'est là qu'a débuté ma vie de photographe de presse. Avec une photo médiocre, prise avec un temps d'obturation trop court et sous-exposée."

Un personnage sordide que l'on retrouve en décembre 2001 parmi les exilés. Commencent alors de courts chapitres pour parler du quotidien avec des portraits des "pensionnaires" hauts en couleur, ainsi de Igor dit Stravinksi ou Rocky car il aime la boxe : (page 52) "Igor ne dit pas grand chose. Igor en vrité dit trois fois rien. C'est ce qui m'angoisse tant. Ca bout, dans ce garçon, le fossile le plus demeuré le sentirait, et tôt ou tard les fusibles pèteront".

Il y a Anna qui se prostitue, la jeune mineure Lidia ou Martina violée par un albanais et qui donne naissance à un enfant qui doit mourir dès sa naissance.

Tout le monde espère s'en sortir mais sans vraie conviction. Surtout ne pas rentrer au pays où la terreur sévit généralement.

Ainsi arrive Noël, fêté par les chrétiens comme Bipul : (page 148-149) "Ce matin-là, nous avions enterré Sedi dans une tombe que personne jamais ne visitera, à côté de lui l'enfant non désiré de Martina se dissout dans une pourriture absolue. Blanches sont les crêtes des vagues sur la mer, blanc est le noêl rêvé de Lidia. Elle me manque. Et mon appareil photo me manque".

Chanter, rêver, penser et survivre quoiqu'il arrive. Il y a eu déjà tant d'horreurs à vivre pour arriver jusqu'ici que tout bon moment est à déguster. La violence existe aussi ici et trouver une opportunité de s'enfuir n'est pas simple d'autant qu'il faut savoir que ce sera une nouvelle galère pour rallier l'Angleterre...

Un livre fort, puissant, plein d'humour même si les passages que j'ai choisi sont plutôt sombres.

 

Un très, très grand livre pour approcher une des tares de notre monde : la guerre, la violence. Et en sortir quand on est né dans un pays guerre et/ou en état de violence, c'est un combat de chaque instant où il faut vraiment une force de caractère intense pour espérer en un avenir meilleur...

 

Un énorme coup de coeur tant littéraire car c'est de la grande littérature ce livre autour d'un sujet tragique de société.

 

Bonne lecture,

Denis,

 

Livre lu dans le cadre du mois belge animé par Mina et Anne, avec pour thématique ce 10 avril, un auteur belge de langue flamande.

 

Hôtel problemski de Dimitri Verhulst (Christian Bourgois)
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:11
Amours de Léonor de Récondo (Sabine Wespieser Editeur)

Amours de Léonor de Récondo

(Sabine Wespieser Editeur - 276 pages - janvier 2015)

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Le 4e roman de Léonor de Récondo, violoniste baroque et écrivaine, "Amours", se passe sur les bords du Cher en 1908 et 1909 dans un univers bourgeois où Anselme, le maître des lieux est un notaire très occupé par son métier. Sa jeune épouse, Victoire, s'est mariée avec lui contre son gré, sa mère ayant répondu pour elle à une annonce passée dans "Le chasseur français".

Ainsi, les Champfleuri ont pu embrasser la fortune des "de Boisvaillant". Le couple a bien sûr des employés : un couple au service des Boisvaillant depuis de longues années, Huguette et Pierre. Pierre a été ami avec le père d'Anselme car ils ont combattu ensemble pendant la courte mais assassine guerre de 1870. Pierre en est revenu invalide, sourd et muet, le père d'Anselme y a laissé sa vie. Et puis il y a la jeune et belle Céleste âgée de 17 ans.

Elle fait une entrée bouleversante dans le roman "Anselme jette Céleste sur le matelas, chaque fois le même geste que la balance sur le ventre, la tête plongée dans l'oreiller, la tignasse àportée de main" .

Violée, violentée par Anselme qui satisfait alors ses instincts sexuels refoulés, Victoire le repoussant régulièrement.

Et comme dans les drames à la Maupassant, Céleste tombe enceinte du Maïtre. Elle doit cacher absolument sa grossesse d'autant qu'encore très innocente elle a mis longtemps à se rendre compte de son état.

VIctoire va la surprendre en train d'essayer un de ses corsets, nue devant elle, essayant de comprimer son ventre. La vérité est tout de suite éclatante mais Victoire est surtout troublée par ce corps de femme plus charpenté que son frêle et maigre corps. Victoire n'a jamais voulu se regarder nue devant un miroir. Et là, avec ce corps devant elle, elle comprend qu'un corps de femme peut être beau, émouvant et porteur de plaisir...

Il est difficile d'en dire plus, au risque de trop en dévoiler pour le lecteur qui veut découvrir le texte et l'histoire qui se déroule devant nous.

Léonor de Récondo est musicienne et justement la musique joue un rôle important dans ce roman. Victoire aime jouer du piano, en amateur, trop peu douée pour jouer autre chose que du Mozart. Beethoven n'est pas pour elle lui a-t-on dit, mais quand l'histoire avance avec la naissance du jeune Adrien, Victoire comprend qu'elle se doit de jouer la "sonate au clair de lune". Alors, à longueur de jour, elle "martèle" la sonate sur le clavier. Et sa rage de vie et d'amour s'exprime aussi et surtout avec cette oeuvre.

Beethoven a écrit cette sonate pour une jeune fille de 17 ans ! l'âge de Céleste ! Oserons-nous dire que Beethoven comprend que sa surdité arrive quand il compose cette oeuvre et qu'en écho Pierre est sourd ! La sonate a été considérée comme une musique funèbre, préfiguration du drame qui se précise au fil des pages, avec un "final" très fort (presto agitato).

On n'est pas dans la "petite musique de nuit" de Mozart mais dans le claquement des notes de Beethoven d'où se tisse le drame de ce roman.

Léonor de Réconda a choisi la linéarité de l'intrigue. Certes, il y a quelques retours en arrière mais de chapitre en chapitre l'intrigue progresse en pleine continuité. L'écriture est limpide, presque trop simple, sans artifices particuliers. Mais le lecteur est enveloppé dans ces mots et cette intrigue et l'esprit ne peut pas sortir de ce presque huis-clos bourgeois. Le lecteur est accroché à cette histoire et oublie le monde contemporain. Ici, on rêve d'amour loin du modernisme et pourtant les deux femmes veulent s'émanciper et elles vont tout faire pour que le corset de la vie bourgeoise éclate. Car ce livre est aussi et surtout un roman de l'émancipation, de l'audace au-delà des apparences qu'il faut toujours tenter de sauvegarder. L'évasion est dans les corps, dans l'espoir d'une vie libre...

Un magnifique roman comme on en lit trop peu souvent. Un immense coup de coeur littéraire.

Merci à Denis dit le "hibou" de m'avoir prêté ce livre car il restera comme un des plus beaux livres que j'aurai lu ces derniers mois.

 

Son avis sur le livre, c'est ici.

 

Bonne lecture,

Denis

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 09:00
Accident nocturne de Patrick Modiano (Gallimard)

Accident nocturne de Patrick Modiano

(Gallimard - Octobre 2003 - 148 pages)

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"Tard dans la nuit, à une date lointaine où j'étais sur le point d'atteindre l'âge de la majorité, je traversais la place des Pyramides vers la Concorde quand une voiture a surgi de l'ombre. J'ai d'abord cru qu'elle m'avait frôlé, puis j'ai éprouvé une douleur vive de la cheville au genou. J'étais tombé sur le trottoir. Mais j'ai réussi à me relever."

 

Ainsi débute le roman de Patrick Modiano. On est tout de suite plongé dans l'univers de l'auteur où rien n'est défini avec précision car la mémoire se dérobe bien souvent.

Après cet accident, le narrateur est conduit avec la femme qui était au volant de la voiture à l'Hôtel-Dieu pour y être soigné. Semi inconscient, il se réveille sans trop savoir où il est. Il s'imagine à la montagne et repense à son chien écrasé autrefois par une voiture. Ce pourrait être cette même femme qui l'a renversé ! Les dates ne coïncident pas avec l'âge de cette femme dont il a pu connaitre le nom, Jacqueline Beausergent, au moment de sortir non de l'hôpital mais de la clinique Mirabeau où sans s'en rendre compte il a été transporté par M. Solière, un homme riche qui connait bien Jacqueline. L'homme lui a en effet donné un papier qui ressemble à un constat avec description de l'accident, du véhicule et le nom de la conductrice sans oublier l'adresse "square de l'Alboni".

 

Il n'en faut pas plus pour que Modiano nous emmène dans les méandres de la mémoire, de la déambulation dans les rues de Paris, les événements et impressions se superposent entre la jeunesse passée avec des rencontres du père dans des cafés de plus en plus éloignés du centre de Paris, au fur et à mesure que le père s'appauvrit; le présent, celui du souvenir de ce lointain accident qui en rappelle un autre à Jouy en Josas et aussi les rencontres fortuites puis organisées autour d'un brillant intellectuel, le Dr Bouvière, écouté religieusement par ses jeunes élèves dont une jeune fille qui fascine le narrateur...

 

Kaléidoscope et découpe de la mémoire qui demande au lecteur de la patience car Modiano en nous égarant dans les méandres des pensées du narrateur est parfois agaçant. Le narrateur retrouvera-t-il la Fiat couleur vert d'eau? Retrouvera-t-il Solière puis Jacqueline? Bien sûr, l'adresse ne permet aucun espoir de rencontre ici... Un soir, alors qu'il observe un endroit où pourrait habiter Jacqueline, il se fait bousculer par une vieille dame qui disparait comme elle est venue. Chez un bouquiniste, il trouve trois livres de Bouvière dédicacés à Geneviève Dalame, la jeune femme fascinée par l'homme et que le narrateur a eu plaisir à revoir un jour dans un bus...

 

Du Modiano très modianesque qui, vous l'aurez compris, m'a quelque peu agacé. Sans doute pas son meilleur roman à mes yeux mais qui s'inscrit bien dans la ligné de sa veine romanesque. Avouons tout de même qu'il reste un grand écrivain mais à trop le fréquenter on finit par se lasser, sans doute.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du blogoclub animé par Sylire et Lisa qui nous proposait de lire un livre au choix de Patrick Modiano, récent Prix Nobel de Littérature.

 

 

Accident nocturne de Patrick Modiano (Gallimard)
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 11:10
Love de Richard Morgiève (Carnets Nord)

Love de Richard Morgiève (Carnets Nord - 301 pages - janvier 2015)

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Fin d'un triptyque romanesque avec ce roman, après United Colors of Crime (2012) et Boy (2013) parus également chez Carnets Nord.

Un tremblement de terre a provoqué des dégâts immenses atteignant notamment la centrale nucléaire du Tricastin. On n'annonce pas encore de catastrophe nucléaire mais tous les symptômes sont là. Chance, commandité par "Le Contrôle" doit sortir du TGV dans lequel il est installé au moment de la catastrophe. Le Contrôle le guide, conduisant notamment à tuer des gens car tout est permis pour sauver cet agent formé pour tuer, sans aucun sens de "l'humain". Ses instructions sont transmises au travers de ses lunettes. Le mot apocalypse commence à être prononcé par les gens désoeuvrés qu'il rencontre, fuyant au plus vite les lieux du drame. On dénombre des morts sur les bords des routes, les voitures sont abandonnées au bord des routes.

Dans ce contexte, Chance décide de se déconnecter du "Contrôle". Il enlève alors tout ce qui lui a été implanté dans le corps. Comme il a besoin de médicaments pour survivre il se rend dans une pharmacie, prend ce dont il a besoin et part avec la femme du pharmacien aux yeux verts. Très vite, ils se séparent. Par la suite, Chance n'aura qu'un but, c'est de retrouver cette femme car il sent qu'il va avec elle enfin connaitre l'amour, ce qu'il n'a jamais connu, devenu "robot" du "Contrôle".

Chance est seul alors dans sa "quête" et il trouve un pendu qui a affiché un extrait de "La route" de Cormac McCarthy. Chance va alors essayer de se procurer un exemplaire de ce livre post-apocalyptique. On aura compris que Richard Morgiève place son roman dans le sillage de ce roman.

Love de Richard Morgiève (Carnets Nord)

Chance va essayer de sauver un homme, nommé Icckx, nom symbolique pour lui car X, Y sont des lettres qui reviennent régulièrement. Dans ce monde devenu vraiment cahotique tout est permis. On peut tuer, voler... Plus aucune loi n'est applicable, c'est l'anarchie d'une fin de monde. Les radios, les TV sont déréglées, donnent des informations parcellaires. Il faut "sauver sa peau" à tout prix, ce qu'il fait, et en même temps il veut retrouver cette fille coûte que coûte. Arrivera-t-il à la retrouver et enfin goûter à l'amour, lui qui ne sait pas ce que c'est qu'aimer ? De toute façon, il devra se battre, seul ou à deux pour espérer sortir de cette "fin de monde"...

Il s'agit là d'un livre très fort où l'on espère jusqu'au bout que l'amour saura endiguer la violence devenue règle générale de vie (survie !), très bien écrit comme ces deux précédents romans. Pas de mots en trop. Une écriture efficace à la hauteur de l'histoire contée ici.

Page 76 : "On se bousculait pour vider les rayons. Un homme buvait du whisky, assis dans un coin. Il parlait à son index et lui disait que les lois étaient faites pour empêcher les pauvres de jouir. L'index ne pipait mo. Chance a trouvé une boîte de Perrier qui avait roulé sur le carrelage. Il l'a décapsulée et bue. L'a empochée, vide. Il s'est vu dans une glace de surveillance, convexe. Il s'est conteplé, surpris. S'est touché le visage, son reflet aussi. Tout ça était bien curieux, tout était quand même bizarre. Le nez avec les narines. C'était drôle et fou.Et les trous des oreilles ? Et tous ces trous dans la peau ? Sans parler des orteils."

 

Page 88 : "De toutes les lettres, surtout les c, les x et les y... Les chromosomes x et y, les gênes. L'ADN, le génome humain ? C'était ça la piste ? Cela voulait dire quoi ? L'envoyer vers quelle réflexion ? Ses origines ? Quel était le but du Joueur qui manoeuvrait le destin de Chance ? Dehors, lechemin était gris. Tout était sombre, comme une pièce de drap, oubliée quelque part..."

 

Merci à Fleur de Carnets Nord pour sa fidélité à m'envoyer les livres publiés par cet éditeur. Et je ne suis jamais déçu. Ce triptyque de Richard Morgiève est passionnant au travers de ces trois livres qui peuvent par ailleurs se lire indépendamment les uns des autres.

 

A lire absolument.

Bonne lecture,

Denis

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 11:53
Jack London photographe par J. Campbell Reesman (Phébus)

Jack London photographe

par Jeanne Campbell Reesman, Sara S. Hodson et Philip Adam

(Phébus - 280 pages - septembre 2011)

 

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Un excellent livre illustré de très nombreuses photos de l'écrivain Jack London autour des thèmes suivants :

- Londres et le "peuple d'en bas (1903)

- La guerre russo-japonaise (1904)

- Le tremblement de terre de San Francisco (1906)

- La croisière du "Snark" (1907-1908)

- Le voyage du "Dirigo" (1912)

- La révolution mexicaine (1914)

 

Des événements politiques ou des voyages, voire des catastrophes naturelles ont inspiré l'écrivain Jack London. Il devient alors reporter pour des journaux et écrit des articles, voire des livres à partir de ce qu'il a vu.

"J'aime voir les choses à ma façon, pour poser sur elles mon propre regard"

Il aimait l'aventure, les découvertes et surtout les rencontres avec les humains ce qui ressort magistralement dans ce livre. Il a su photographier des gens de toutes conditions : pauvres gens, marins, rebelles... Une connotation politique s'insinue dans son regard du monde car il recherche des expressions, des "attitudes" face au monde, au mal qu'ils vivent. Il y a aussi des moments de bonheur, bien sûr, car il sait voir un sourire poindre.

Voyager, regarder et observer puis capter un paysage, des humains. Ses clichés sont de grande qualité et n'oublions pas que c'était encore plus ou moins les débuts de la photographie "ambulante", ce que rappelle le photographe Philip Adam dans cet ouvrage.

Jack London photographe par J. Campbell Reesman (Phébus)

Un beau voyage indéniablement en compagnie de Jack London et de sa femme Charmian qui l'a accompagné dans tous ses reportages et croisières. Les éditions Phébus ont fait un important travail éditorial depuis de longues années à présent pour mettre à notre disposition pratiquement tous ses textes.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Jack London photographe par J. Campbell Reesman (Phébus)
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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 21:53
La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch (Denoël)

La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch

(Denoël & D'ailleurs - 335 pages - septembre 2014)

Traduit de l'anglais (Etats Unis) par Guillaume-Jean Milan

Titre original : The chronology of water (2010)

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Deuxième roman publié en France après Dora la dingue en 2013, l'auteure écrit là un roman très fort sur sa vie et sans concessions. L'eau est le fil conducteur de ce livre, d'autant que Lidia (telle est son prénom dans le "roman") a été excellente nageuse dans sa jeunesse, remportant des compétitions. Rappelons-nous à ce propos le titre original : The Chronology of Water.

Et il convient de citer les trois phrases mises en exergue au livre :

"Dire toute la vérité, mais la dire de biais" - Emily Dickinson

"Le bonheur ? Ca fait des histoires pouries" - Ken Kesey

"Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau" - John Keats

 

Le titre I est "Retenir sa respiration" et c'est bien ce qui est demandé au lecteur, car l'auteure nous propose d'aller à la rencontre de sa vie, de ses joies et de ses malheurs. Vous direz que c'est le sort de tout un chacun. Seulement, Lidia Yuknavitch est écrivaine et elle est de grand classe, avouons le tout de suite. Elle donne le ton dès le début du livre : "Le jour où ma fille est née morte, après que j'eus tenu l'avenir rose aux lèvres rosacées dans mes bras frissonnants - nacelle sans vie-, couvrant son visage de larmes et de baisers, après qu'ils eurent tendu ma petite fille morte à ma soeur qui l'embrassa, puis à mon premier mari qui l'embrassa, puis à ma mère qui ne supporta pas de la tenir, puis qu'ils l'eurent emmenée hors de la chambre d'hôpital - minuscule chose emmaillotée sans vie - l'infirmière me donna des tranquillisants, un savon et une éponge'.

Nous suivons donc les grands moments de la vie de Lidia : sa vie très difficile avec ses parents. La mère est alcoolique, le père est artiste et architecte. Mais il a abusé sexuellement de ses deux filles, la mère n'ayant jamais essayé quoi que ce soit pour défendre ses filles. Alors, heureusement, il y a la grande soeur qui a su être à ses côtés dans les moments difficiles.

Très jeune, Lidia a pris son destin en main, s'adonnant à la natation et se sentant très jeune attirée par l'écriture.

Elle découvre aussi la sexualité et même la bisexualité avec ses camarades d'université. Elle goûte à la drogue et à l'alcool. Passionnée aussi par la "Creative Writing", elle va avoir la chance de cotoyer pendant un an l'écrivain Ken Kesey dans le cadre de son atelier d'écriture. Elle va écrire ainsi un texte collectif qui ne sera pas excellent mais qui va lancer réellement dans la littérature.

Il y a ainsi de magnifiques pages sur cette expérience littéraire, car Lidia Yuknavitch a un style très imagé, parfois jouant sur la répétition de mots pour dire, reformuler ce qu'elle a à nous dire. Les larmes, les rires, les extases amoureuses sont là pour attester que son corps a un rôle essentiel dans sa vie et dans son texte.

 

Sur la composition de son livre, Lidia nous prévient (page 16-17) : "J'ai pensé commencer ce livre avec mon enfance, le début de ma vie. Mais ce n'est pas comme ça que je m'en souviens. Je me souviens des choses lors de fashs rétiniens. Sans ordre. Notre vie ne se déroule dans aucun ordre particulier.

Et sur la véracité des faits (page 212) : "... Je me dis toujours que c'est  la même question à poser à une vie - est-ce que ça m'est vraiment arrivé ? Le corps ne ment pas. Mais quand on apporte le langage au corps, n'est-ce pas déjà toujours un acte de fiction ?

On ne peut pas tout raconter en quelques mots d'une vie foisonnante, expérimentale à tous points de vue : il y a les trois maris, l'accident qui lui a valu quelques ennuis...

En résumé, un livre jubilatoire, inventif, autofictionnel... qui nous tient en haleine pendant plus de 300 pages.

 

Je ne peux que remercier Stéphanie de "Je me livre" d'avoir rendu ce livre voyageur pour que je puisse le lire.

A l'issue de cette lecture, j'ai vraiment une urgente envie de lire le livre de Ken Kesey "Et quelquefois j'ai comme une grande idée", acheté l'an dernier au salon du livre de Paris.

Bonne lecture,

Denis

 

Lecture 3/6 - challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 animé par Hérisson

La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch (Denoël)
Ken Kesey

Ken Kesey

 

 

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