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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 08:43
La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio)

La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio - 537 pages)

Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel

Titre original : La conscienza di Zeno (1923)

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Italo Svevo (1861-1928) a publié 3 romans en 30 ans :Una Vita (1892) ; Senilita (1898) et La concienza di Zeno en 1923.

 

Zeno Cosini, sur demande de son "psychanalyste", raconte par écrit les grands moments de sa vie, ceux qui l'ont marqué et ont fait ce qu'il est aujourd'hui, vieux, névrosé et malade imaginaire. Tout doit venir de son inconscient.

 

Tout commence avec la cigarette. De médecins en cures, rien n'y fait. Zeno fume et ne parvient pas à arrêter. Il fait un séjour dans une maison de repos pour tenter d'arrêter de fumer. On lui offre une bouteille de cognac avec laquelle il saoule l'infirmière ce qui lui permet de s'évader pour rentrer chez lui. On comprend très vite qu'il n'a aucune "autorité" sur lui et sur les autres.

 

La mort de mon père est le deuxième sujet qu'il explicite. Orphelin de mère à quinze ans, il a souvent été en conflit avec son père sans s'inquiété de sa santé même quand elle s'est dégradée. Le médecin veut prolonger la vie du père mais Zeno n'y croit pas, s'opposant même aux traitements. Le père va mieux et puis soudain il gifle son fils et meurt.Remords, cas de conscience...

 

Et puis le mariage de Zeno est un moment important de sa vie. Il fréquente Giovanni Malfenti pour ses affaires et c'est ainsi qu'il va rencontrer ses quatre filles et choisir parmi elles Adeline pour devenir son épouse. Il se montre très gauche dans ses paroles et ses actes. Anna la plus jeune des quatre soeurs l'a d'ailleurs traité de fou, ce que Adeline semblait penser aussi. Il sent alors qu'elle le fuit et refusera de l'épouser. Il demande à chacune des autres soeurs si elle veut bien l'épouser et Augusta finit par accepter.

 

(p 200/201) : "une importance extrême m'était attribuée dans son petit univers. A tout propos, je devais exprimer ma volonté : pour le choix des aliments, des habits, des relations, des lectures. Je n'avais pas un moment de répit, ce qui d'ailleurs ne me déplaisait pas. Je contribuais à l'édification d' une famille patriarcale, et j'étais moi-même le patriarche, fonction que j'avais jadis en horreur et où je voyais maintenant l'image et le signe de la santé."

 

Zeno s'est décidé à l'occasion du voyage de noces pourtant ennuyeux de toujours sourire. Une nouvelle maladie vient cependant l'accabler : la peur de la vieillesse et de la mort. Nul en affaires, Augusta lui dit de rester avec elle, Olivi gérant sans failles les affaires de feu son père.

Copler un ami de Zeno, malade, vient s'installer à Trieste. Il lui présente Carla et sa mère devenues pauvres et que Zeno aide volontiers.

Ainsi marié, le problème est de savoir s'il n'aurait pas intérêt à avoir une maîtresse.

Carla lui plait et comme elle chante il lui achète un traité de chant et c'est par ce biais qu'il revient, l'embrasse et en fait sa maîtresse lui ayant par faiblesse fait croire qu'il n'aime pas sa femme.

Mais Zeno a du mal à vivre cette liaison dans le secret et va "lâcher" le terrain quand Carla va rencontrer son nouveau maître de chant Lali. Et puis il est toujours amoureux de sa femme.

 

Enfin, il y a cette histoire d' une association commerciale car il lui faut bien travailler pour ne pas s'ennuyer.

Zeno accepte de travailler avec Guido, son beau-frère, celui qui a épousé Adeline. Zeno fait la comptabilité. Il a été troublé quelque temps par Carmen la jeune et belle dactylo mais il a compris qu'elle était promise comme maitresse pour Guido.

Adeline tombe malade et part en cure. Quand elle revient son beau visage reste marqué. Zeno fait le bilan de l'entreprise et constate que la perte représente la moitié du capital. Guido semble vouloir passer outre. Zeno est décidé à l'aider dans la remontée des affaires.

Décidément, rien ne fonctionne comme il le voudrait. Seul son ménage semble invulnérable.
Et bien plus tard, au moment de la grande guerre, Zeno se dit qu'il n'a plus besoin de psychanalyse, inefficace, sans intérêt car il n'a plus de problèmes !!!

 

Torturé par ses maladies, par ses actes qu'il n'arrive pas à organiser et conduire jusqu'au bout, on aurait envie d'aider Zeno à prendre des décisions, à s'enhardir pour assumer sa vie...

 

Un roman très bien écrit, critique à l'égard de la psychanalyse, autant hésitante que la "conscience" de Zeno à adapter des améliorations à la vie au quotidien.

 

Un livre que je recommande vivement.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du mois italien initié par Eimelle et repris également sur facebook

La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio)
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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 20:35
Bonjour tristesse de Françoise Sagan (Julliard)

Bonjour tristesse par Françoise Sagan (Julliard - 188 pages - 1954)

Prix des critiques 1954

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Françoise Sagan née en 1935 a 19 ans au moment où elle publie ce premier roman. Son héroïne Cécile a étrangement 17 ans et est issue comme son auteur de la bourgeoisie parisienne. Elle a également échoué à son baccalauréat. Encore un point commun.

Aujourd'hui, on appellerait cela de l'auto-fiction, terme inconnu en 1954.

Autant que je dise tout de suite que j'ai horreur de ces milieux bourgeois où la fête, l'alcool et le "m'as tu vu" est de rigueur. Où l'insoucience est de rigueur (si l'on peut parler de rigueur). C'est dire que je suis entré avec réticence dans ce roman et dans l'univers de Françoise Sagan.

Mais, quand j'ai lu que le titre du roman venait d'un vers de Paul Eluard

Adieu tristesse

Boujour tristesse

(La vie matérielle)

je me suis dit qu'il y avait un intérêt à lire ce roman. Il faut bien des critères pour avoir envie d'entrer dans un livre.

Et là j'ai découvert une jeune adulte en pleine recherche de son "moi" (ou son égo), prête à tout pour sauver le "couple" formé avec son père, au risque de se montrer retorse, sans toutefois avoir la force de caractère d'aller jusqu'au bout de ses "perversités". C'est là que l'on voit qu'elle n'est pas mature et qu'elle doute.

 

Alors voici l'intrigue du roman qui permettra de mieux comprendre le jeu de Cécile :

 

Cécile, 17 ans, est orpheline de mère et passe des vacances en bord de Méditerranée avec son père et son amie Elsa. Le soir le père annonce qu'il a invité Anne la meilleure amie de la mère de Cécile, laquelle a tenu un temps un rôle de mère pour elle.

Elle a fait de la voile avec Cyril et ressenti ses premiers émois pour lui. Anne arrive surprise qu' Elsa soit là et la première soirée se passe bien. Cécile se rappelle alors la vie frivole et mondaine où son père l'a entraînée à Paris.

Étonnant trio pour Cécile: Un séducteur (le père), une demi-mondaine (Elsa, frivole et plutôt "bête") et une femme de tête (Anne, toujours sérieuse et intelligente dans ses réflexions et ses attitudes). D'ailleurs Anne voudrait que Cécile travaille pour obtenir l'examen raté de juin.

Trois semaines de bonheur où Anne se montre polie avec Elsa.

Ils partent un soir danser et Cécile surprend son père enlacé avec Anne dans sa voiture. Quand elle revient auprès d'Elsa celle-ci a tout compris et dit qu'elle partira demain. Cécile sent un mal-être en elle. Et dès ce matin là son père et Anne annoncent qu'ils vont se marier. Cécile dit que c'est une bonne idée mais très vite elle comprend que sa vie ne sera plus la même car déjà Anne a demandé à Cécile de ne plus voir Cyril qu'elle a surpris un peu trop embarqués dans leur amour et elle lui a fait travailler une phrase de Bergson.

 

Comment faire échouer ce mariage? c'est tout l'art de la deuxième partie du roman que je tairai pour laisser un minimum de suspens à ceux et celles qui ne l'ont jamais lu.

 

Jeu pervers de la séduction, du mensonge, de l'imagination débordance chez une jeune fille de 17 ans... On aurait pu être dans du Sade soft si Cécile avait été courageuse et téméraire...

 

Tout le talent de Françoise Sagan est dans l'étude psychologique de son personnage principal qui dit "je" et qui est indéniablement le double de l'auteur. On se prend à "jouer" avec Cécile et à entrer dans ce drame bourgeois bien estampillé "années 1950", au temps où l'on pouvait croire que l'argent coulait à flot et que les belles voitures seraient la manière de "bruler" la vie à l'image d'un Roger Nimier, auquel j'ai souvent pensé en lisant "Bonjour tristesse".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

(Lecture faite dans le cadre de lectures communes autour de Françoise Sagan organisé par Lou de libellus)

 

 

Bonjour tristesse de Françoise Sagan (Julliard)
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 08:51
L'épopée du buveur d'eau de John Irving (Le Seuil)

L'épopée du buveur d'eau de John Irving

(Editions du Seuil - 1988 - 368 pages)

Traduit de l'anglais (USA) par Michel Lebrun

Titre original : The Water-Method Man - New York -1972

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Deuxième roman de John Irving, après "Liberté pour les ours" (Setting Free The Bears) de 1968, "L'épopée du buveur d'eau" a été publié en France en 1988 après que l'auteur aura connu une certaine notoriété avec "Le monde selon Garp" (1980).

Ce roman a certaines caractéristiques que l'on avait déjà découvertes dans son premier roman : Vienne, les ours, le zoo... Mais avec "L'épopée du buveur d'eau" la majeure partie du roman se passe aux USA.

 

Fred Bogus Trumper a des  problèmes urinaires et son amie Tulpen via son gynécologue lui a conseillé d'aller voir à New York un urologue français Vigneron qui lui dit que son canal est étroit et sinueux. Il doit boire beaucoup et pour l'amour il doit avoir la vessie pleine au moment de l'acte et aller uriner après.

Il a connu un premier mariage avec Biggie qui lui a donné un fils, Colm.mais les soucis financiers les ont assaillis, son père lui ayant ôté tout espèce d'argent et d'aide dès lors où il a connu Biggie.

Trumper a travaillé sur une traduction du nordique primitif . Et puis il a rencontré Ralph Packer à ses début de cinéaste. Il l'a accompagné ensuite dans ses films d'avant garde faisant des doublages en allemand et participant avec Tulpen, la nouvelle femme de sa vie, au montage et à la bande son.

Fred Trumper se présente comme le double de l'auteur, né le même jour, au parcours universitaire identique avec passage par l'Autriche.

Ces deux amours de Trumper forment alors la trame du livre, l'auteur alternant les moments passés avec Biggie puis ceux passés avec Tulpen.

 

John Irving nous concocte des anecdotes savoureuses comme celle-ci (aux USA) :

Pour gagner un peu d'argent il vendait des badges aux entrées de matchs de foot et il eut honte de ce travail en voyant son élève, la belle Lydia Kindle. il se cacha derrière son panneau et le copain de Lydia le fit tomber avec tous les badges. Il en perdit son bouleau mais eut droit plus tard dans la soirée aux baisers amoureux de Lydia. Biggie qui sembla le pardonner.

 

Le cinéma est également au centre du roman avec ce Ralph, cinéaste d'art et essai sans grand talent.

Trumper raconte comment il a rencontré dans une station de ski Biggie venue des USA à 19 ans pour gagner une course internationale. Il était dans une auberge avec son ami diabétique et moniteur de ski, Merrill Overturf quand elle est arrivée avec deux skieuses. Il avait vu son interview impertinente et est tout de suite tombé sous son charme. Et quelle paire de seins en plus qu'il devine sous son pull.

Et puis il y a ce problème urologique. Trumper est allé avec Tulpen prendre un rendez-vous chez Vigneron pour se faire opérer puisque la méthode aqueuse ne fonctionne pas.

Toujours indécis, Trumper a l'habitude de quitter brusquement les uns ou les autres. C'est ce qu'il a fait avec Biggie puis avec Tulpen. Il recherche toujours un ami, tel ce Merril. Il ne peut se fixer nulle part ni dans un métier bien précis.

Seule sa traduction le retient régulièrement et l'aide à se concentrer.

 

En compagnie de Trumper, on passe d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre. Les femmes et les amis passent. Rien n'est figé et on déambule pour notre plus grand plaisir. John Irving est décidément un "enchanteur littéraire". Avec des écrivains tels que lui, j'aime rester dans leur univers "fantastique" le plus longtemps possible.

Trois semaines de bonheur de lecture.

Prochaine étape, son troisième roman publié aux USA : "Un mariage poids moyen" (The 158-Pound Marriage - 1974).

 

Bonne lecture,

Denis

 

Livre qui s'inscrit dans le "mois américain" chez Martine.

L'épopée du buveur d'eau de John Irving (Le Seuil)
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 09:00
Le fils de Philipp Meyer (Albin Michel)

Le fils de Philipp Meyer

(Albin Michel - "Terres d'Amérique" - Août 2014 - 671 pages)

Traduit de l'anglais (USA) par Sarah Gurcel

Titre original :"The Son"  - 2013

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Saluons tout d'abord le respect de la traduction du titre original, ce qui n'est plus souvent de mise hélas.

J'ai beaucoup aimé ce livre salué l'an dernier comme un des grands romans étrangers de la rentrée et il le mérite. Le style est excellent, fluide et le ton est toujours "juste" (du moins au travers de la traductrice).

Le roman retrace l'aventure d'une famille texane, les McCullough, au travers du destin entrecroisé de trois membres de la famille : Eli, né en 1836, enlevé avec son frère Martin par les Indiens Comanches au printemps 1849, après avoir violé et tué sa mère et sa soeur ; Peter, né en 1870, fils de Eli et enfin, Jeanne Anne née en 1926, petite-fille de Peter et arrière petite-fille d'Eli.

De manière continue, nous suivons tour à tour aux instants de vie de ces trois personnages qui ont fait l'histoire en forme "de grandeur et décadence" d'une famille texane.

Eli est le fondateur de la dynastie dans cet état après avoir vécu deux ans avec les Indiens, devenant ainsi, l'un d'eux et participant aux expéditions contre les yankies et les mexicains. Il aurait pu demeurer Indien mais la tribu dans laquelle il s'est initié à la vie adulte s'est trouvée décimée. Il est alors revenu dans le monde des "blancs", se mariant avec Madeline, et s'installant à Austin, dans le Texan, après la guerre de Sécession. Il a vécu près de 100 ans si bien qu'on le voit vivre aux côtés de Peter et de Jeanne Anne. De par sa force et ses ambitions, il est surnommé "le colonel".

Alors, donc, Peter, fait le lien entre Eli et Jeanne Anne (J.A.). On lit son journal du 10 août 1915 à octobre 1917 : deux années intenses, débutées par un traumatisme important. Sa famille, aidée d'autres blancs, est venue investir le ranch des Garcia, tuant quasiment toute la famille. Peter n'arrive pas à se remettre de ce crime affreux mais comme c'est dans un contexte de guerre au Mexique, cet assassinat n'a jamais été sanctionné par la justice américaine. Peter se désintéresse de plus en plus de la gestion du domaine. C'est à cette époque que le pétrole va jaillir, favorisant l'enrichissement des McCullough. Une Garcia va revenir sur les lieux familiaux Maria, et elle va bouleverser la vie de Peter et des siens.

Enfin, l'itinéraire de Jeanne Anne (J.A.) s'étend sur une longue durée, depuis sa jeunesse auprès du Colonel jusqu'à sa mort, de nos jours. C'est avec elle que la dynastie s'éteint dans la ruine et la misère alors qu'elle est devenue une vieille femme, que le pétrole ne rapporte plus rien ici. Souvent seule, mal conseillée, elle s'est sentie impuissante à faire vivre le domaine d'Austin. Pour elle aussi, un descendant des Garcia va apparaitre dans les derniers moments de sa vie.

 

Rien d'étonnant à ce que l'auteur place en exergue trois passages du livre d'Edward Gibbon "Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain". dont celui-ci : "(...) les vicissitudes de la Fortune, qui n'épargnent ni l'homme ni son plus bel ouvrage (...), ensevelissent villes et empires dans une même tombe".

 

Un livre très facile à lire malgré ce "tronçonnage" en trois histoires parallèles mais les moments des uns et des autres forment l'unité de la famille. On pourrait d'ailleurs s'amuser à relire le livre en reprenant chacun des personnages dans sa continuité narrative.

 

Philipp Meyer, né en 1974, a publié en 2009, un premier roman, "Un arrière-goût de rouille" ("American rust") ("Rouille américaine" en traduction littérale) repris fin août 2015 en folio, traduit également par Sarah Gurcel. C'est aussi un "drame" familial mais cette fois en Pennsylvanie où la crise de l'acier va conduire deux jeunes hommes à fuir vers la Californie. Une autre épopée américaine à vivre sur 500 pages.

 

Un auteur à suivre de près, après ce magnifique roman, véritable coup de coeur.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre qui s'inscrit dans le mois américain organisé en septembre 2015 par Martine du blog   " plaisir à cultiver "

 

Livre qui s'inscrit dans le mois américain

Livre qui s'inscrit dans le mois américain

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 17:56
La pluie avant qu'elle tombe de Jonathan Coe (Folio)

La pluie avant qu'elle tombe de Jonathan Coe (Folio - 268 pages)

Traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin

Titre original : The rain before it falls (2007)

Première édition française Gallimard 2009)

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L'auteur précise dans une note liminaire : "Le titre de ce roman est emprunté à une composition de Michael Gibbs. La description de la musique de Catharine s'inspire du travail de Theo Travis sur son album Slow Life."

 

Dernière phrase du livre : "Ce qu'elle espérait trouver n'était qu'une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu'elle tombe".

 

Et bien sûr, il est rappelé à une enfant dans le livre que l'on ne peut pas nommer pluie l'eau quand elle n'est pas encore tombée puisqu'elle n'est pluie que quand elle tombe.

 

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Gill apprend la mort de sa tante Rosamond. Elle se rend à l'inhumation et est informée qu'elle fait partie des trois héritiers mais il faut retrouver Imogen qu'elle n'a vue qu'une fois il y a plus de vingt ans. L'enfant d'alors était aveugle.

Gill inspecte la maison, seule, découvre les cassettes dont lui a parlé la doctoresse et le disque qu'elle écoutait au moment de mourir. Mais Gill voit un verre et un médicament qui pourraient signifier qu'elle s'est suicidée.

Imogen n'a pas encore été retrouvée alors Gill et ses filles décident d'écouter les cassettes.

Les paroles sont accompagnées de photos que Rosemond décrit. Au total 20 cartes et photos, décrites avec attention pour qu'Imogen puisse imaginer le contexte de l'histoire qu'elle raconte, autour de ces lieux et personnages qui apparaissent sur ces images.

La première montre le devant d'une maison et d'un jardin au début de la deuxième guerre mondiale.

La numéro deux montre un pique-nique quand elle a été recueillie par sa tante Evy et oncle Owen pendant la guerre, les enfants étant évacués des villes. Elle s'entendait bien avec sa cousine Beatrix.

Numéro trois: Une vielle caravane sur le terrain de la ferme. Ce sera le Q.G. des deux enfants. Une nuit elles ont voulu fuguer vite rattrapées. Manifestement tante Ivy n'aimait pas sa fille et lui parlait très mal. Rosamond est alors rappelée chez elle.

A présent elle évoque 1945. Un bord de lac. Puis c'est une photo du mariage de Beatrix avec Roger en 1948. Elle a 18 ans et est enceinte de la mère d'imogen. Théa.

Quant à Rosamond, elle a compris qu'elle aime mieux les femmes que les hommes...

Et le livre continue ainsi pour mettre en scène Rosamond, Beatrix, Théa et Imogen. Quatre femmes aux destins divers, toutes contrariées dans leur vie, presque toujours mal aimées, sous le regard très réaliste de Rosamond.

Petit à petit le destin de ces femmes s'éclaire pour arriver jusqu'à Imogen, la jeune aveugle que Gill espère retrouver... C'est là le principal suspens de ce roman de construction originale comme vous avez pu le lire.

 

J'avoue avoir aimé ce livre mais sans l'étincelle qui avait fait que j'avais adoré lire "La maison du sommeil".

Une très bonne lecture tout de même.

Bonne lecture,

 

Denis Lecomte

 

Lecture faite dans le cadre de la lecture commune de ce 20 août 2015 autour d'un livre de Johathan Coe, organisée par Titine 75 (blog plaisir à cultiver)

La pluie avant qu'elle tombe de Jonathan Coe (Folio)
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 20:46
Imagine le reste d'Hervé Commère (Fleuve Noir)

Imagine le reste d'Hervé Commère

(Fleuve Noir - juin 2014 - 419 pages)

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J'aurais envie de dire d'entrée de jeu que "Imagine le reste" est un roman en "trompe l'oeil". On se croit dans un polar et on y trouve des allures de "littérature blanche". C'est d'ailleurs ainsi que Lucie Merval libraire à l'espace culturel Leclerc d'Yvetôt m'a présenté ce livre "inclassable". Comme elle savait que je n'étais pas très polar elle m'a dit que ce livre devrait me plaire.

Et de fait j'ai été conquis et enthousiasmé par ce livre très bien construit en 4 parties qui permettent d'identifier les 3 personnages principaux : Kark, Nino et Serge, la dernière partie étant "All together" en forme de longue conclusion, tout autant bluffante que le reste du livre.

 

Comme toujours avec ce type de roman il est très délicat de présenter le livre sous peine de révéler des points qui font perdre au lecteur de l'article une partie du suspens.

 

 

Fred et Karl sont amis d'enfance et font dans Calais des mauvais coups rémunérés. Ainsi casser un bar au nom de Mario qui a eu besoin d'être vengé.

Fred a tout appris du caïd du coin Serge Cimard et puis sans raisons il a été congédié.

Tour à tour les deux amis vont en prison. De même ils vont aimer la même femme, Carole, faite pour le cirque et elle va un jour quitter ces deux "ratés". Fred attend le grand jour ! 7 ans plus tard il semble venu quand il dit avoir volé 2 millions d'euros à Cimard contenus dans un sac en cuir. Il faut vite fuir Calais et partir pour le Portugal avec la supercinq de la mère de Karl. En route, au Touquet ils s'arrêtent à la maison de Cimard et prennent une de ses voitures de sport pour aller vers la plage déserte en novembre.

Sept ans donc qu'il prépare ce jour pistant Cimard inlassablement et il sait qu'il est en Thaïlande avec son amant chauffeur.

Seul bémol ce matin la Maserati ne redémarre pas et elle est engloutie dans les eaux du Touquet.

Alors Karl et Fred partent pour Bordeaux où ils savent que Carole vit. Quand ils arrivent au cirque une fille leur dit qu'elle est en voyage avec des élèves du cirque à Rome . Ils décident de l'attendre. Ils se rendent dans un bar et tout chavire quand ils s'aperçoivent qu'on leur vole leur voiture. Ils courent après et Fred est percuté au feu rouge par une voiture.

Le voleur est Nino. Pourquoi est-il là? C'est le début de la 2e partie du roman que je laisse en suspens... Serge interviendra ensuite pour faire rebondir l'intrigue...

 

Silence donc... On se rend compte que les méchants ne sont pas toujours aussi durs qu'on pourrait le croire. Tous les protagonistes principaux du roman sont des délinquants prêts au pire mais capables d'avoir peur, d'avoir des remords. Et puis le sac en cuir tient son rôle dans ce roman. Il est un des fils conducteurs de l'intrigue.

On peut juste rappeler la première phrase du prologue qui lance le roman : "Aux alentours du 21 mai 2011, quelque part sur une route de Sicile, se volatilisait Nino Face, un emblématique chanteur aux cheveux orange. La dernière personne à l'avoir vu vivant était un réceptionniste du sud de l'île, travaillant dans un hôtel où le chanteur venait de passer quelques heures, enfermé dans une chambre qui n'avait rien révélé de particulier durant l'enquête".

 

Merci encore Lucie pour cette très belle lecture au style fluide savamment architecturé.

 

Bonne lecture,

Denis

Imagine le reste d'Hervé Commère (Fleuve Noir)
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 17:08
Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé (L'Olivier)

Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé

(Editions de l'Olivier - janvier 2008 - 233 pages)

 

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L'univers littéraire de Véronique Ovaldé est très singulier, fait de lieux imaginaires et de personnages hors normes.Le roman qui l'a fait remarquer du grand public a été "Ce que je sais de Vera Candida". "Et mon coeur transparent" a obtenu en 2008 le Prix France-Culture - Télérama.

 

Lancelot (que sa femme appelle Paul) apprend par la police que Irina a eu un accident de voiture. Comment est-ce possible alors qu'il l'a déposée à l'aéroport peu avant?

C'est alors qu'il se remémore qu'il a d'abord été marié avec Elisabeth. Et un jour qu'elle fit une sortie scolaire, en route pour aller chez son éditeur, il reçut dans la rue une chaussure sur la tête et c'est ainsi qu'il rencontra Irina furieuse quand il la lui rapporta et qu'elle lui dit que son mari l'avait sciemment jetée car elle appartenait à sa maîtresse. Grand malaise mais Irina le rejoint dans la rue ensuite.

Il décide alors de quitter Elisabeth dès son retour de voyage scolaire et s'installe chez Irina qui entretemps a viré son amant indélicat.

Lancelot se rend sur les lieux de l'accident puis est interrogé par la police. Et un soir il reçoit la visite du père d'Irina,  étonné de le voir alors qu'elle lui avait dit qu'il était mort!

Leur vie avait commencé à déraper quand ils avaient quitté Camerone pour la ville gelée et enneigée de Catano.

Il revoit le père qui s'appelle Paco et qui dit que sa fille a fugué à 17 ans et a failli aller en prison pour trafic et vol. Et il dit à Lancelot qu'il n'y a jamais de départ d'avion la nuit. Elle lui a donc menti la nuit de sa mort.

Lancelot décide de vendre la maison et il rencontre Marie Marie d' une agence immobilière. 

Ainsi, au fil des pages, l'histoire entre Lancelot et Irina se trouble. Qui était-elle? L'a-t'elle trompée avec un certain Kurt? Pourquoi avoir quitté l'aéroport dans une voiture qui n'était pas la sienne.

Lancelot enquête sur le passé de sa femme. Elle aurait bien été "délinquante" !!! Et aujourd'hui encore!!!

Et Lancelot ne comprend pas que des meubles disparaissent régulièrement.

Autant d'énigmes qui font de ce livre singulier un texte entre polar et roman. On est dans l'entre-deux à tout point de vue : personnages, lieux, situations... Le lecteur vacille autant que le héros principal, ce Lancelot bien naïf décidément...

Ce roman est un "tourbillon" et le lecteur se doit de suivre ces tours et détours, magnifiquement racontés par Véronique Ovaldé. Elle sait nous surprendre, nous entraïner dans ce monde étrange où rien n'est acquis.

Un magnifique roman tel que je les aime entre onirisme, fantaisie philosophique (au sens noble et non rebutant du terme).

Une auteure au talent fou et à l'humour incisif à lire absolument.

Bonne lecture,

Denis

Et mon coeur transparent de Véronique Ovaldé (L'Olivier)
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:47
Sept femmes de Lydia Salvayre (Points-Seuil)

Sept femmes de Lydia Salvayre (Points-Seuil - 226 pages - septembre 2014

Première édition - Perrin - 2013

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"Sept folles.

Pour qui vivre ne suffit pas. Manger, dormir et coudre des boutons, serait-ce là toute la vie ? se demandent-elles?

Qui suivent aveuglément un appel. Mais de qui, mais de quoi ? s'interroge Woolf.

sept allumées pour qui écrire est toute la vie." (page 7, début du livre)

 

Sept femmes que nous présente Lydia Salveyre. Sept femmes qui ont marqué sa vie de lectrice et d'écrivain.

1/ Emily Brontë

Emily a toujours aimé vivre à Haworth, là où son père officie en tant que pasteur. Elle est longtemps restée "enfant" aimant créer des fictions avec son frère et ses soeurs.

Et dans la solitude de Haworth les trois soeurs écrivent des poèmes et en obtiennent la publication  en un volume et sous pseudonyme. C'est alors qu'en 1846 Emily entreprend la terrible histoire de Heathcliff. Pour Lydie Salvayre , il incarne la révolte qu'elle a connue à 15 ans au moment où elle lisait ce livre et se sentait mal chez elle.

A sa parution le livre est conspué par la critique et il faudra attendre Swinburne, Woolf puis Bataille pour que l'éloge du livre soit enfin inscrite dans l'histoire littéraire.

2/ Djuna Barnes

Les meilleures années de la vie de Djuna Barnes ont été les années 20 passées à Paris dans l'univers des anglo-saxons qui admiraient Joyce. Lesbienne, elle eut plusieurs amies dont Thelma Wood. Bien vite la vie y fut insupportable et elle écrivit "les bois de la nuit" qui retrace ces années folles. Livre culte, il fut au début boudé par les américains. Elle revint aux États-Unis pour bientôt s'isoler complètement sans voir personne et mourir de vieillesse à 90 ans.

3/ Sylvia Plath

Elle a cru au bonheur en épousant l'écrivain Ted Hugues en 1956. Lui eut très vite la gloire littéraire tandis que ses poèmes restaient dans l'ombre. Elle a beaucoup utilisé l'ironie, elle qui avait été hantée par la mort et qui n'acceptait pas la suffisance qui fait oublier le jugement critique. Elle va avoir deux enfants de Ted puis il va en aimer une autre. Lasse de ses insuccès et de cette vie qui ne lui apporte rien, elle se suicide au gaz avec ses enfants. Sa gloire sera alors posthume.

4/ Colette

Sido a fait de sa fille une femme libre, souvent scandaleuse aux yeux des autres. "La naissance du jour" certes au style démodé aujourd'hui a enchanté l'auteure à quinze ans car elle y voyait la liberté d'être et de penser au fil des pages entrecroisées des lettres de Sido.

5/ Marina Tsvetaieva

L'oeuvre de Marina Tsvetaieva a été décriée en France et plus encore en Russie où bien qu'apolitique, elle préférait le tsar aux rouges. Elle a aimé son mari Sergueï Efron tout en lui étant infidèle toute sa vie par des coups de foudre éphémères avec des hommes et des femmes. Mais son plus bel amour fraternel aura été celui avec Boris Pasternak à travers leur poétique et belle correspondance. C'est là que les deux poètes ont pu le mieux exprimer leur poésie.

Depuis la France où personne du monde littéraire ne s'intéresse à elle, elle refuse toute compromission avec le régime stalinien tandis que Pasternak de l'intérieur en accepte au point que leur amitié s'effrite et que leur correspondance cesse. Acculée à la misère , elle rentre en URSS où sa fille et son mari sont déjà rentrés et bientôt arrêtés. Plus que jamais désœuvrée, elle préfère le suicide à une vie où sa poésie est complètement incomprise.

6/ Virginia Woolf

Sa vie a été ponctuée de deuils dont elle a cru pouvoir se détacher mais qui l'ont obsédée. Elle a connu de très bons moments avec sa soeur Vanessa, ses amis de Bloomsbury sans compter son amour pour son mari Leonard Woolf ou pour Vita Sackville-West.

A chaque fois qu'elle a achevé un livre elle a connu de longs moments de mélancolie menant à une sorte de "folie" comme elle l'a dit elle-même jusqu'à ce jour où elle s'est emplit les poches de cailloux avant de se jeter dans l'Ouse.

7/ Ingeborg Bachmann

Elle a été fille de nazi autrichien et rencontre Paul Celan en 1948 à Vienne un juif rescapé de la Shoah. Son Coeur bien sûr penche pour ceux qui ont combattu le nazisme car comme Thomas Bernhard elle a haï l'Autriche restée pro nazie.

Elle a aimé Celan l'éternel malheureux quand elle croyait que la littérature pouvait tout sauver. Elle s'est nourrie de la poésie de son ami toute sa vie et elle a écrit jusqu'à ce roman inachevé "Franza" qui décrit le meurtre psychologique de l'épouse par un homme qui pourrait s'assimiler à un bourreau nazi.

 

Un très beau livre pour retracer ces 7 trajectoires de femmes écrivains à lire, relire...

 

Bonne lecture,

 

Denis

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 19:53
Traversées de Virginia Woolf (Gallimard - pléiade)

Traversées de Virginia Woolf

(Gallimard - tome 1 Oeuvres romanesques - Pléiade)

Texte traduit, présenté et annoté par Jacques Aubert

Titre original : "The voyage out" (1915)

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Le roman a été précédemment traduit sous le titre "La traversée des apparences" ou "Croisière". C'est le premier roman de Virginia Stephen, car elle n'était pas encore mariée avec Leonard Woolf, au moment de la publication du livre à Londres.

Longue gestation du roman entre 1907 et la date de publication avec de nombreuses versions et modifications.

Mr RIdley Ambrose et sa femme Helen se rendent sur le bateau que dirige Mr Pepper. Le propriétaire en est Willoughby Vinrace. Sa fille Rachel, nièce de Helen, est également embarquée sur ce navire, l' "Euphrosyne". L'objectif est de partir pour l'Amérique du Sud au départ de Londres où Mr Vinrace a des affaires à conduire, les Ambrose, eux, étant invités à séjourner dans la maison coloniale  prêtée par le frère de Helen.

Les débuts de la traversée sont très vite difficiles quand il faut affronter une tempête, le reste du temps, le voyage est plutôt calme et permet à Helen de mieux connaitre Rachel qui, à 24 ans, est peu éclairée sur le monde dans lequel elle vit, "couvée" par son père veuf, très occupé par ses affaires et qui a donné peu de libertés à sa fille.

A l'occasion d'une halte à Lisbonne, Mr Vinrace invite Mr et Mrs Dalloway à se joindre à eux jusqu'aux côtes africaines où ils débarqueront. C'est l'occasion de donner un peu de nouveau à cette traversée qui commençait à ennuyer Helen. Rachel s'est sentie bien avec les Dalloway et alors que Rachel aurait dû rester avec son père, Helen propose qu'elle vienne avec eux et elle pourra alors s'émanciper. Et de fait, une fois arrivés à la villa les Ambrose et Rachel font très vite connaissance avec les anglais installés dans un grand hôtel non loin de leur résidence.

Tout ce petit microcosme de la bourgeoisie londonnienne aime parler, deviser sur la musique ou la littérature, deux arts que Rachel aime beaucoup sans trop encore en connaitre toute "l'histoire". Un jeune homme va se charger de l'éduquer, d'abord Hirst puis son ami Hewet qui lui conseille fortement Gibbons et son histoire de l'empire romain. Rachel se montre plutôt docile et obéissante et bien vite elle s'aperçoit que l'amour peut envahir une personne et ses pensées. Mais là encore, elle laisse venir son ami Hewet qui lui parler de ces sentiments et elle comprend ainsi qu'elle ressent pour lui de l'amour.

Les personnages du roman semblent être pour beaucoup à l'image de Rachel avec en eux, quel que soit leur âge, un côté "naïf" où ce qui se passe peut leur paraitre étrange, inconnu. On pourrait parler aussi d'ingénuité. Ils ont le savoir, l'argent sans se sentir pour autant dominateurs. Il faut se rappeler aussi qu'ils sont en vacances, en période de "létargie".

Virginia Woolf connaît l'art du silence, de l'observation des autres et de la nature et aussi des discussions stériles ou non, selon qui parle et quand... Inévitablement, Rachel est au centre des "débats" bien malgré elle, encore une fois.

Pour se distraire, Mme Flushing organise avec son mari une escapade de plusieurs jours sur le fleuve qui passe près de l'hôtel, sans savoir que cette balade aura des conséquences tragiques... alors même que le bonheur de deux couples formés pendant ces mois de villégiature, Susan et Arthur, Rachel et Terence Hewet, aurait dû donner au roman une touche finale d'espoir et de rêves pour mieux aborder le retour vers Londres...

L'ami de Virginia Woolf qu'a été E.M. Forster a très bien résumé ce roman magistral : "Un livre étrange, tragique et inspiré, qui se déroule dans une Amérique du Sud introuvable sur aucune carte et atteinte par un bateau qui ne flotterait sur aucune mer, une Amérique imaginaire aux confins de Xanadu et d'Atlantis… C'est un roman qui n'a peur de rien..."

"Traversées" est un roman très accessible pour s'initier à l'univers de Virginia Woolf. J'ai retrouvé pour beaucoup une ambiance à la "Proust" avec de très belles phrases et une acuité de l'observation du monde qui entoure les personnages à couper le soufle. Tout est juste, pensé... Bref un chef d'oeuvre à lire absolument pour aimer à jamais la plume, le style et les pensées de VIrginia Woolf...

Bonne lecture,

Denis

 

Une nouvelle lecture pour terminer brillamment ce mois anglais de Martine, Cryssilda et Lou... Classiques féminins pour moi cette année avec Jane Austen, Emily Brontë et Virginia Woolf... Mais trois femmes écrivains au talent immense, sans frontière et sans âge...

 

Traversées de Virginia Woolf (Gallimard - pléiade)
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 17:27
Wuthering Heights d'Emily Brontë (Presses de la Renaissance)

Wuthering Heights d'Emily Brontë (Presses de la Renaissance - 1974)

Traduit de l'anglais par Catherine et Georges Vertut

(traduit sous le titre Les Hauts de Hurlevent ou Les Hauts de Hurle-Vent) -----------------------------

 

Unique roman d'Emily Brontê (1818-1848), "Wuthering Heights" (nom du lieu de l'action principale - la maison secouée par le vent) nous entraîne dans un monde clos où les relations entre les personnages sont très difficiles, cruelles voire perverses.

 

1801 : M. Lockwood est le nouveau locataire de M. Heathcliff Il loge un peu plus loin que Wuthering Heights dans un lieu dit "la grange"? Il rend visite au propriétaire qui ne se montre pas aimable et quand il revient le lendemain à Wuthering Heights il fait connaissance de Mme Heathcliff au demeurant jeune et très charmante. Elle est sa belle-fille et cet homme la méprise.

Une tempête de neige oblige le narrateur à rester à Wuthering Heights pour la nuit contre le gré de Heathcliff. Lockwood occupe une chambre "hantée par la présence d'une certaine Catherine". Au matin il rentre exténué à la grange.

Le soir il demande à Mme Dean, dite Nelly, la gouvernante de lui parler de ses voisins. Il apprend alors que Heathcliff a été recueilli par l'ancien propriétaire M. Earnshaw et que très vite il a été désagréable avec tout le monde, surtout avec Hindley le fils. Le vieil homme n'en voyait que pour Heathcliff au détriment de ses enfants dont Catherine. A la mort du vieil homme le fils revient et cette fois c'est lui le maître et Heathcliff est soumis à ses ordres.

Catherine dite Cathy aura beaucoup d'affection pour Heathcliff toujours mal traité. Hindley va avoir un fils Hareton mais sa femme meurt peu après et c'est Nelly qui va s'en occuper tandis que Hindley se replie sur lui et rend Wuthering Heights invivable.

Catherine annonce à Nelly qu'elle va épouser Edgar Linton. Quand Heathcliff entend cela, il s'enfuit durablement des lieux.

Trois ans plus tard il revient et rencontre Catherine à présent mariée à Edgar, lequel voit d' un mauvais oeil ce retour qui enchante sa femme. Heathcliff déclare qu'il s'est installé à Wuthering Height.

Isabella, la soeur d'Edgar vit avec eux à la grange et semble amoureuse de Heathcliff mais devant lui, Catherine l'en dissuade.

Heathcliff revient, embrasse Isabella et Nelly fait enclencher une terrible querelle entre les Linton et Heathcliff, l'homme est chassé mais les liens entre les Linton sont plus que tendus.

Catherine tombe dans une sorte de folie tandis qu'Isabella a fui avec Heathcliff.

De retour à Wuthering Heights Isabella écrit son désarroi à Nelly car tous là bas la méprisent.

Mais quand Nelly vient voir Heathcliff en présence de Isabella, celui ci dit toute la haine qu'il a pour son épouse. Par contre il veut absolument revoir Catherine et Nelly finit par céder pour organiser un rendez-vous.

Catherine ne peut s'empêcher de dire à Heathcliff combien elle l'aime et tombe inanimée, épuisée quand Linton entre dans la chambre. Dans la nuit Catherine donne naissance à une fille Catherine elle aussi puis elle meurt.

Isabella après une nouvelle et grave rixe entre Heathcliff et Earnshaw s'enfuit de Wuthering Heights . Elle met au monde un fils et meurt quelques années plus tard. Earnshaw meurt le lendemain de l'altercation et Heathcliff obtient d'être le maître des lieux et Hareton n'y aura aucun droit son père étant ruiné...

 

Le roman se poursuit toujours dans la tension car Heauthcliff est vraiment odieux. On dit que le frère d'Emily pourrait en être le modèle !!

La majorité du récit se fait de la bouche de Nelly qui raconte tout ce passé "maudit" à M.Lockwood. Il se rend compte que le présent n'est pas plus gai et il n'a qu'une hâte c'est de quitter ces lieux.

On peut comprendre qu'à l'époque de sa publication en 1847, sous le règne Victoria, le roman a pu choquer par sa violence et les relations odieuses entre les protagonistes où tout le monde semble résigner à vivre dans un tel contexte, tentant d'y trouver quelque "respiration". Nelly aura été la plus clairvoyante et elle a souvent servi de "médiatrice" entre les uns et les autres...

Un grand roman que j'ai eu plaisir à relire.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais.

 

Wuthering Heights d'Emily Brontë (Presses de la Renaissance)
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