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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 21:08
Le quartier chinois de Oh Jung-Hi (Serge Safran)

Le quartier chinois de OH Jung-hi (Serge Safran - 216 pages - août 2014)

Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot

Titre original : Chunggugin kôri

(recueil de 3 nouvelles publiées entre 1979 et 1986)

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Plonger dans la Corée de l'après deuxième guerre mondiale, entre guerre, dictature et démocratie fragile n'est pas évident pour un occidental qui connait, comme moi, bien peu ce pays divisé entre le nord communiste et le sud "sous influence américaine".

Ce livre de OH Jung-hi, composé de trois nouvelles, nous permet de nous immerger dans son pays, la Corée du Sud, à travers trois personnages principaux : deux fillettes et un jeune garçon. L'avenir de ce pays, pourrions-nous dire, en sachant qu'entre exil forcé avec la guerre qui gronde au loin ou la misère du quotidien, rien n'est radieux dans ce pays. On est dans un "combat perpétuel" pour la survie mais en même temps on sent que cette jeunesse n'entend pas se résigner et elle vit, observe la famille ou les voisins pour en tirer une "leçon de vie".

 

Trois nouvelles donc :

 

1/ Le quartier chinois

L'arrivée dans le quartier chinois n'a pas été très agréable car la famille a été déçue de l'atmosphère qui y régnait à commencer par la pollution au charbon et il y a quelques chinois que les habitants méprisent.

El il y a Ch'i-Ok la camarade de classe de la narratrice qui habite en face, là où vit Maggy "la pute à Yankee" comme dit son père. Il est vrai que le casernement des américains est tout près d'ici, tandis que les chinois sont les "ennemis".

Et il y a cet homme aussi qui la regarde toujours depuis sa fenêtre.

Et il y a la mère qui passe sa vie à être enceinte et à accoucher. Une drôle de vie que celle des femmes.

Et il y a les drames du quartier toujours plongé dans l'obscurité dès que le jour décline.

Et dans cette drôle de vie les mois passent et la fillette devient femme...

 

2/ La cour de l'enfance

Ici on est dans un village de réfugiés toujours avec une très jeune enfant, Yeux-jaunes, qui raconte son quotidien: le frère inlassablement étudie l'anglais avec le même livre et les mêmes difficultés au collège mais tous croient qu'il réussira. il a autorité sur ses deux soeurs et se montre violent très souvent. Il sort tous les soirs pour trainer dans les cafés. Ses soeurs le suivent discrètement avec la hâte d'avoir l'âge de traîner ici où les filles cherchent des fiancés.

Pu-Ne a été ramenée de force par son père le charpentier et depuis elle vit nue dans une pièce fermée par un cadenas, ce qui intrigue sérieusement Yeux-jaunes

Depuis le départ du père à la guerre c'est ce frère qui fait office de père d'autant que la mère travaille dans un restaurant découche souvent ou rentre ivre. Quant à la grand-mère elle s'occupe du bébé et ne dit pas grand chose.

Sans vraie révolte, avec les yeux de l'enfance, Yeux-jaune nous raconte cette vie difficile entre pauvreté, insalubrité, violence et besoin de survivre par tous moyens, la guerre tonnant au loin.

 

3/ Le feu d'artifice

Yôngjo est passionné par les OVNIS au point d'en rêver la nuit et aime faire du feu même avec des papiers en classe mais le maître le voit et le gifle. D' ailleurs il n'est pas bon élève, pensant à autre chose pendant les cours d' histoire notamment.

Inja, sa mère, s' occupe de l'élevage des coqs et des poules. Hélas il en meurt beaucoup. Le père Kwanhi est "antiquaire" et reçoit souvent la visite du pharmacien qui aujourd'hui se confie à lui en annonçant qu'il est atteint de leucémie.

Mais l'événement du jour c'est la fête en l'honneur de la ville qui va changer de nom et en fin de journée un grand feu d'artifice va être lancé vers où tout le monde converge.

 

J'avoue avoir été moins touché par la troisième nouvelle, la seconde étant pour moi celle qui a le plus de force.

Ce qui fait que ce livre est très beau, c'est le style et la narration de l'auteure. Elle sait nous faire entrer dans l'univers de son pays, celui des pauvres, en finesse et nous donnant l'impression d'être là, au milieu de ces familles, comme un invité.

Bonne lecture,

Denis

 

Merci à Pati Vore qui organise le "challenge coréen".

 

Et j'ai pu lire ce livre grâce au partenariat qu'elle a établi avec les éditions Serge Safran.

 

 

Le quartier chinois de Oh Jung-Hi (Serge Safran)
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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 21:48

Le quartier chinois de OH Jung-hi (Serge Safran - 216 pages - août 2014)

Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot

Titre original : Chunggugin kôri

(recueil de 3 nouvelles publiées entre 1979 et 1986)

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Plonger dans la Corée de l'après deuxième guerre mondiale, entre guerre, dictature et démocratie fragile n'est pas évident pour un occidental qui connait, comme moi, bien peu ce pays divisé entre le nord communiste et le sud "sous influence américaine".

Ce livre de OH Jung-hi, composé de trois nouvelles, nous permet de nous immerger dans son pays, la Corée du Sud, à travers trois personnages principaux : deux fillettes et un jeune garçon. L'avenir de ce pays, pourrions-nous dire, en sachant qu'entre exil forcé avec la guerre qui gronde au loin ou la misère du quotidien, rien n'est radieux dans ce pays. On est dans un "combat perpétuel" pour la survie mais en même temps on sent que cette jeunesse n'entend pas se résigner et elle vit, observe la famille ou les voisins pour en tirer une "leçon de vie".

 

Trois nouvelles donc :

 

1/ Le quartier chinois

L'arrivée dans le quartier chinois n'a pas été très agréable car la famille a été déçue de l'atmosphère qui y régnait à commencer par la pollution au charbon et il y a quelques chinois que les habitants méprisent.

El il y a Ch'i-Ok la camarade de classe de la narratrice qui habite en face, là où vit Maggy "la pute à Yankee" comme dit son père. Il est vrai que le casernement des américains est tout près d'ici, tandis que les chinois sont les "ennemis".

Et il y a cet homme aussi qui la regarde toujours depuis sa fenêtre.

Et il y a la mère qui passe sa vie à être enceinte et à accoucher. Une drôle de vie que celle des femmes.

Et il y a les drames du quartier toujours plongé dans l'obscurité dès que le jour décline.

Et dans cette drôle de vie les mois passent et la fillette devient femme...

 

2/ La cour de l'enfance

Ici on est dans un village de réfugiés toujours avec une très jeune enfant, Yeux-jaunes, qui raconte son quotidien: le frère inlassablement étudie l'anglais avec le même livre et les mêmes difficultés au collège mais tous croient qu'il réussira. il a autorité sur ses deux soeurs et se montre violent très souvent. Il sort tous les soirs pour trainer dans les cafés. Ses soeurs le suivent discrètement avec la hâte d'avoir l'âge de traîner ici où les filles cherchent des fiancés.

Pu-Ne a été ramenée de force par son père le charpentier et depuis elle vit nue dans une pièce fermée par un cadenas, ce qui intrigue sérieusement Yeux-jaunes

Depuis le départ du père à la guerre c'est ce frère qui fait office de père d'autant que la mère travaille dans un restaurant découche souvent ou rentre ivre. Quant à la grand-mère elle s'occupe du bébé et ne dit pas grand chose.

Sans vraie révolte, avec les yeux de l'enfance, Yeux-jaune nous raconte cette vie difficile entre pauvreté, insalubrité, violence et besoin de survivre par tous moyens, la guerre tonnant au loin.

 

3/ Le feu d'artifice

Yôngjo est passionné par les OVNIS au point d'en rêver la nuit et aime faire du feu même avec des papiers en classe mais le maître le voit et le gifle. D' ailleurs il n'est pas bon élève, pensant à autre chose pendant les cours d' histoire notamment.

Inja, sa mère, s' occupe de l'élevage des coqs et des poules. Hélas il en meurt beaucoup. Le père Kwanhi est "antiquaire" et reçoit souvent la visite du pharmacien qui aujourd'hui se confie à lui en annonçant qu'il est atteint de leucémie.

Mais l'événement du jour c'est la fête en l'honneur de la ville qui va changer de nom et en fin de journée un grand feu d'artifice va être lancé vers où tout le monde converge.

 

J'avoue avoir été moins touché par la troisième nouvelle, la seconde étant pour moi celle qui a le plus de force.

Ce qui fait que ce livre est très beau, c'est le style et la narration de l'auteure. Elle sait nous faire entrer dans l'univers de son pays, celui des pauvres, en finesse et nous donnant l'impression d'être là, au milieu de ces familles, comme un invité.

Bonne lecture,

Denis

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 18:56
Mort à la Fenice de Donna Leon (Points - Policier)

Mort à la Fenice de Donna Leone (Points-policier - 284 pages)

Traduit de l'anglais (USA) par William Olivier Desmond

Titre original Death at La Fenice (New York 1992)

Première édition française : Calmann-Lévy 1997

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Première enquête du commissaire Brunetti et premier roman de l'écrivaine américaine installée à Venise où elle enseigne la littérature.

Mort à la Fenice, a été couronné par le prestigieux prix japonais Suntory, qui récompense les meilleurs suspenses. Donna Leon a publié à ce jour 24 enquêtes du désormais célèbre Guido Brunetti, un Maigret à l'italienne, aurais-je envie de rajouter, du moins au regard de cette première enquête.

 

Pendant une représentation de "La Traviata" à la Fenice, à l'entracte, le chef d'orchestre meurt et est remplacé pour la fin de l'opéra.

C'est Barbara Zorzi médecin qui a constaté la mort sans doute à cause du cyanure mis dans la tasse de café du maestro Helmut Wellauer, dit-elle au commissaire Brunetti arrivé sur les lieux.

Après avoir parlé avec la veuve, Brunetti interroge les trois principaux chanteurs.

Le metteur en scène dit s'être disputé avec Helmut Wellauer . Il révèle que le maestro était un ancien nazi et qu'il détestait les homosexuels refusant de faire travailler l'ami du metteur en scène.

Le lendemain Patta le supérieur hiérarchique de Brunetti lui dit qu'il doit s'occuper exclusivement de cette affaire car il faut rapidement retrouver l'assassin pour sauver l'honneur de Venise et de la Fenice.

Rizzardi lui confirme après l'autopsie que le chef d'orchestre a été empoisonné au cyanure avec mort quasi immédiate.

Brunetti interroge la soprano Flavia Petrelli dans son luxueux appartement. Sa secrétaire Brett Lynch a été accusée avec elle de lesbianisme par Wellauer menaçant de le dire à l'ex mari de la cantatrice.

La veuve ne fait pas de réelles révélations. Il la revoit à l'enterrement mais toujours rien de probant.

Brunetti décide d'aller à une réception chez les riches parents de son épouse Paola espérant y rencontrer quelques personnalités qui auraient des choses à lui dire sur le maestro. Et de fait le père de Paola a fait venir un critique d'art ami de jeunesse de sa fille et qui parle entre autres d' une ancienne cantatrice qui récemment aurait menacé de mort son ancien amant. Avant de partir Brunetti voit la femme médecin qui lui révèle être le médecin de son beau-père.

Il va voir la vieille cantatrice qui a chanté pour Wellauer en Allemagne avant la guerre et elle a refusé de chanter pour Mussolini et n'a plus chanté ensuite au grand déplaisir de Wellauer. Guido Brunetti interroge un ami de Rome sir le passé de cette dame lui disant que son père journaliste aura de meilleurs souvenirs.

La veuve Wellauer ne dit toujours rien de très convainquant.

Retour à la Fenice où on lui confirme que le maestro s' est montré soucieux, vieilli au point d'avoir mal joué.

Qu'est ce qui a pu le faire vieillir si vite? Là est la clé du mystère... Et l'une de ces femmes entre maîtresses et épouse est-elle la "criminelle"?

 

L'enquête pâtine comme le livre et j'avoue n'avoir pas toujours "accroché". Heureusement, le final nous surprend et nous fait rappeler que ce livre a des qualités littéraires et que ce livre n'est pas un policier comme les autres.

Et puis il y a Venise et le prestigieux Fenice (celui qui a été sérieusement endommagé par un incendie criminel quelques années plus tard) qui s'invitent comme cadre de l'intrigue. Brunetti prend son temps pour enquêter, seul, sans adjoint pour le guider. Tout est "deductif" de par les entretiens qu'il organise, des rencontres qu'il provoque avec en lui un forme d'humanité qui sert l'avancée de son enquête.

 

Un bon roman, pas que policier... pour les amateurs de romans policiers "lents" (en opposition aux fameux "page turner").

 

Bonne lecture,

Denis

 

Lecture faite dans le cadre du thème du mois de novembre du "challenge italien" de Eimelle.

Mort à la Fenice de Donna Leon (Points - Policier)
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 21:10
De beaux lendemains de Russell Banks (Actes Sud)

De beaux lendemains de Russell Banks

(Actes Sud - Thésaurus - tome 1)

Titre original : The sweet Hereafter (New York 1991)

Traduit de l'anglais (USA) par Christine Le Boeuf

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Septième roman de Russel Banks, né en 1940, "De beaux lendemains" est un livre magistral pour aborder un sujet tragique : la mort d'enfants dans un bus scolaire suite à un "accident".

Nous avons le regard de plusieurs acteurs du drame : le chauffeur, un parent, un avocat et une des victimes survivantes...

 

Dolorès Driscoll

Tous les matins de l'année scolaire et depuis de longues années, Dolorès conduit le car de ramassage des élèves qui vont à l'école de Sam Dent. Mariée à Abbott invalide depuis son accident cérébral et mère de deux fils établis loin de ces montagnes, elle se sent seule et aime ces gamins qu'elle emmène à l'école. Elle connait plus ou moins leur famille et leur histoire. Mais ce matin il neige et cela fait deux fois qu'elle voit ou croit voir un chien et cette fois ci c'est la fois de trop et pour l'éviter c'est l'accident irréparable.

 

Billy Ansel

Comme tous les matins Billy suit le car et regarde ses jumeaux qui lui font des signes à l'arrière du car et au moment de l'accident il pense au corps de Risa, sa maîtresse, la femme du motel. Elle aussi a un enfant dans le car.

Billy souffrait encore de la mort d'un cancer de sa femme Jessica. Ancien du Vietnam, il avait l'habitude avec elle de se droguer.

Il a senti le besoin de sexualité après la mort de Lydia et s'est tourné vers la femme de son ami Wendell. Et c'est Risa qui un soir lui a demandé de venir la rejoindre chambre 11.

Et l'accident a tout arrêté. Voir ses enfants et tous les autres morts. Rien ne pouvait plus être comme avant. Aucun réconfort n'était acceptable. Billy est resté quatre jours enfermé chez lui à s'enivrer. La veille des funérailles il est allé voir l'épave du bus entreposé à l'arrière de son garage. Il a vu un avocat qui voulait l'aider mais il a catégoriquement refusé. Il est retourné chambre 11, a parlé avec Risa mais leur amour s' est suspendu avec la mort de leurs enfants.

 

Mitchell Stephens, esquire

Dès qu'il a eu connaissance de la tragédie (pour l'assureur qu'il est ce n'est jamais un accident), Stephens a quitté New York pour cette ville perdue dans le nord non loin du Canada, sam Dent, enneigée et blottie dans les montagnes. Il a pris pension chez les Walker sans savoir en arrivant qu'ils faisaient partie des parents qui ont perdu un enfant dans le drame.

Lui aussi a perdu un enfant en quelque sorte. Sa fille a sombré dans la drogue. Les Walker l'acceptent comme avocat dès le premier soir lui dévoilant toute l'affaire et toutes les victimes. C'est ainsi que le lendemain il vient convaincre les Otto de les représenter au futur procès en wresponsabilité.

Billy Ancel le repousse ainsi que Dolorès Driscoll après avoir pris conseil auprès de son mari car il dit qu'elle n'a pas besoin d'aller devant un tribunal pour que les gens d'ici sachent qu'elle est innocente.

Nicole Burnell

Nicole, une des survivantes de l'accident, sent qu'à 14 ans sa vie est fichue. Paralysée et en chaise roulante à vie, son père lui a aménagé une chambre au rez-de-chaussée et heureusement il lui reste sa jeune soeur Jenny pour l'egailler. Elle n'a pas confiance en ses parents et ses frères. Son père aimait leurs attachements sexuels avant l'accident. Et à présent elle doit aussi parler à cet avocat Mr Stephens qui doit défendre ses droits.

Elle le fait contrainte et peu après Billy vient voir ses parents pour leur demander de se retirer du procès car il y a trop de dérives autour au point d'incriminer par exemple les sauveteurs qui n'auraient pas agi assez rapidement.

Nicole fait sa déposition et avoue alors que le car allait trop vite. Elle a vu 72 Miles sur le compteur car elle était au premier rang. Ce témoignage devrait suspendre les procès en cours.

 

Dolorès Driscoll

La vie de Dolorès s' est tournée vers Lake Place où elle a trouvé un emploi de chauffeur pour des hôtels, tentant d' oublier Sam Dent. Mais fin août elle décide d'aller à la foire avec Abbott fou de stock-car. D'habitude on l'aide à monter avec son fauteuil roulant en haut des gradins mais qu'en sera-t'il cette année?

 

La boucle est bouclée. Dolorès débute et termine le roman. Ces regards autour du drame éclairent le contexte de l'accident, les lieux aussi et les histoires de chacun avant, pendant et après le drame. L'auteur lie le tout avec une langue très littéraire, efficace, au service d'une histoire que l'on suit avec beaucoup de limpidité. Chacun des personnages est "disséqué" avec ses joies et ses malheurs. Et la question reste : peut-il y avoir de "beaux lendemains" après une telle tragédie?

 

Un excellent roman, très gros coup de coeur, que je recommande vivement même aux âmes sensibles, car on est là dans du très grand art littéraire.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Lecture faite dans le cadre du challenge littérature américaine

L'auteur invité en octobre 2015 était justement Russell Banks

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 18:19
L'homme noir de Luca Poldelmengo (Rivages / Noir)

L'homme noir de Luca Poldelmengo

(Rivages / Noir - 249 pages - Janvier 2015)

Traduit de l'italien par Patrick Vighetti

Titre original : L'uemo nero (Milan - 2012)

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Deuxième roman de Luca Poldelmengo, né en 1973, écrivain et scénariste.

Livre minimaliste, dirais-je, de par sa composition sous forme de courts chapitres à l'écriture brève, sèche qui semble ne laisser aucune place à la digression, à la réflexion.

Une écriture efficace qui emporte l'histoire simple en elle-même mais quelque peu "complexifiée" par l'auteur qui enchaîne les personnages demandant un minimum de concentration au lecteur pour se retrouver dans les méandres de l'intrige.

Une très belle langue pour décrire ces quelques moments d'une histoire "policière" qui se passe à Rome. Tous les personnages sont en "fuite" avec eux-mêmes et leur vie "sans saveur" voudrait prendre de l'ampleur.

 

- Filippo, marié à une slovaque Anastazia et père d'Elisa, est devenu le chauffeur de l'homme d'affaires Gabriele suite à une annonce dans un journal. Il a eu tout de suite sa confiance.

Il enrage après la propriétaire qui réclame 300 euros d'augmentation pour le renouvellement du bail. Sa femme le calme. Alors il se rapproche du calife pour dealer et améliorer ses revenus.

- Marco est inspecteur de police sans ambition, ami de Gabriele. Rien à voir avec son père. Il aime les voyages et rêve de l'île de Pâques.

- Fabiana, la soeur de Marco est mariée à son ancien jeune professeur de philosophie.

 

Ne pouvant plus conduire pendant dix mois pour suspension de permis Gabriele vire séance tenante Filippo. Il a un mois coûte que coûte pour trouver du travail. Il vend en attendant  de la drogue mais sur le terrain de Damir qui n'hésite pas à le frapper pour cela. Damir lui offre alors une nouvelle chance.

Damir se fait arrêter. Heureusement Filippo réussit à échapper à la police. C'est alors que Gabriele lui propose de tuer une femme qui roule en scooter. Sans savoir qui elle est il crée l'accident.

Marco est chargé de l'affaire. Fabrizio apprend le nom de sa victime dans les journaux et s'en veut d'avoir privé un enfant de sa mère.

A chaque moment fort du roman, il y a une jeune gitane Alida. Et "L'homme noir" serait Flippo...

 

Un flic râté; une femme embarque dans un fol amour avec un homme qui va se marier; un type qui ne sait pas faire grand chose de sa vie et qui se fait manipuler, un mari cocu et une jeune gitane bien seule et qui voit tout sans ne rien dire...

 

Un drôle de roman où l'on se perd parfois et quand on retrouve le fil tout devient limpide et "palpitant".

 

A lire absolument,

 

Denis

 

 

Un deuxième polar italien pour le mois italien...qui se poursuit chez Eimelle au-delà d'octobre 2015, sous forme d'un challenge Italie.

 

 

L'homme noir de Luca Poldelmengo (Rivages / Noir)
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 21:11
Une chambre à Turin de Gérard de Cortanze (Folio)

Une chambre à Turin de Gérard de Cortanze (Folio - 203 pages)

Première édition : Editions du Rocher 2001

 

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Je ne suis pas fervent amateur des 4e de couverture, mais pour une fois, je trouve qu'elle résume bien l'esprit de ce roman :

En janvier 2000, Gérard de Cortanze est invité à venir présider la cérémonie d'ouverture au public du château des Roero Di Cortanze, l'antique demeure familiale située au cœur du Piémont, entre Turin et Asti. Ce retour sur la terre de ses ancêtres est prétexte à une flânerie sur les rives du Pô, les pentes des Alpes, mais aussi du côté des grands textes de la littérature italienne. Parti à la découverte de son enfance, l'auteur écrit le roman vrai du Castello Di Cortanze, personnage principal de ses trois derniers romans, Les Vice-rois, Cyclone et Assam. Une invitation au voyage, entre rêve et réalité.

 

 

Ainsi, dans sa chambre à Turin, à la veille de son voyage vers ses racines à Cortanze, l'auteur se rappelle qu'il est descendant du vice-roi de Sardaigne et plus il vieillit plus ses racines italiennes sont prégnantes en lui.

Cesare Pavese a été le grand écrivain turinois. Nietzsche a aimé cette ville. Et bien d'autres auteurs sillonnent ce livre au fil des pages et des souvenirs.

La famille a connu l'exil à plusieurs reprises dont au moment de l'unité du pays.

Turin est depuis longtemps une ville aux rues bien alignées et autour ce sont les collines et l'une d'elles conduit à Cortanze où l'auteur part pour l'inauguration.

Il a parlé de sa région dans sa série de romans sur sa famille . Il s'interroge d'ailleurs sur ce qu'est l'écriture.

Les livres ont sauvé l'auteur du suicide. Notamment Don Quichotte dans sa jeunesse.

La figure de son grand-père et celle de son grand-oncle, célèbre coureur automobile, dominent les souvenirs familiaux.

Ainsi, souvenirs, citations, réflexions sur le temps et les lieux forment la trame de ce récit sorte de longue préface à ses romans "Les vice-rois", "Cyclone" et "Assam". C'est d'ailleurs le conseil que m'a donné Gérard de Cortanze au moment où il m'a dédicacé ce livre. Lire d'abord ce livre avant de se lancer dans sa trilogie. Ce que je vais faire bien sûr.

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Ce livre termine mes riches lectures pour le mois italien proposé en octobre par Eimelle Laure.

 

Une chambre à Turin de Gérard de Cortanze (Folio)
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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 18:37
Celui qui ne dormait pas d'Alessio Viola (Rivages / Thriller)

Celui qui ne dormait pas d'Alessio Viola

(Rivages / Thriller - 329 pages - octobre 2014)

Traduit de l'italien par Gérard Lecas

Titre original : Dove comincia la notte (2013 - Milan)

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Premier roman d'Alessio Viola, entre autre journaliste spécialiste de l'économie souterraine de la pègre à Bari. D'ailleurs il est précisé au lecteur en préambule au roman que l'auteur s'est inspiré d'événements réels qu'il a transposé pour les besoins de sa narration dans ce même Bari mais aux noms modifiés.

 

BARI -1999

Roberto est un vieux flic plutôt négligé à l'image de sa voiture toujours en fouillis. Il a mission de suivre un jeune dealer Giacinto Trentadue ce qu'il fait en dilettante.

Giacinto doit tuer un certain Degiosa.Pendant ce temps, Roberto contacte Franco Capasiello qui saura lui donner des indications sur le trafic autour de la maison à Poggiofelice, là où se rend constamment Giacinto.

Le meurtre a lieu sans bavures et Giacinto se montre très pro pour son premier meurtre.

Roberto a rencontré une médecin qui accepte d'aller chez lui mais qui est sado maso et elle demande à être son esclave.

Nouvelle offensive cette fois contre le "frisé" qui empiète sur le territoire de la drogue sans"autorisation".

L'enquête n'avance pas mais Roberto tout de même a réussi à s'infiltrer dans le réseau et prend une dose de drogue en comprimés avec Giacinto. Et il reste fou d'amour pour sa femme médecin pervertie par ses coutumes sexuelles auxquelles il n'adhère pas.

Devenu très ami avec Giacinto, Roberto comprend qu'un nouveau meurtre aura lieu le lendemain. Se sent-il en force pour intervenir avec la police ?

Non. Le nouveau règlement de compte se fait et Roberto continue à consommer son drôle d'amour avec la doctoresse.

Il fait le réveillon de Noël avec ses nouveaux amis et apprend qu'un nouvel homme est à abattre.

Une nouvelle fois il ne fait rien et reste avec sa doctoresse complètement soumise à son maître qu'elle ne peut quitter qu'à la fin de son"contrat" avec lui.

Cette fois c'est le clan qui a été visé et la répression est sanglante. Roberto voit les fuyards après un triple meurtre et reconnait son ami Giacinto parmi les fuyards. Il devient en quelque sorte son complice. Roberto sent qu'il dérape, qu'il n'a plus la force d'être un bon flic.

 Et Roberto va corriger avec Giacinto le maître de la doctoresse Romano en lui demandant de partir sous peine qu'il ait de gros ennuis.

Razzia de la police. Da Rosa est arrêté. Giacinto est convaincu que Da Rosava parler comme un "repenti".

 

Vous aurez compris que Giacinto est devenu un "brillant" tueur que Roberto semble admirer, lui, le flic à bout de souffle qui n'est plus rien. Un amour atypique avec cette femme, une amitié avec un drôle de type... Roberto reste flic dans l'âme mais il ne parvient pasà franchir le pas pour arrêter ces tueries entre "gangs".

Roberto dort très peu, d'où le titre de ce thriller.

On suit l'itinéraire de Roberto et de Giacinto sur quelques mois au temps du passage entre 1999 et 2000 alternativement sauf quand ils sont ensemble.

Par moments ces meurtres à répétition vont ralentir l'intrigue car on a l'impression de lire toujours la même chose. C'est le reproche principal que je ferais à ce thriller.

Sinon, c'est un premier roman bien maîtrisé, très bien écrit. Le lecteur n'est pas ménagé et tel Roberto, il est entraîné dans ce monde de la pègre, àù violence, sexe, alcool et drogue sont les rouages du quotidien.

Roberto saura-t-il reconquérir l'amour de cette femme sadomaso ? Et comment va-t-il se comporter pris dans une amitié incompatible avec son métier de policier !!!

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du mois italien de Eimelle Laure.

Celui qui ne dormait pas d'Alessio Viola (Rivages / Thriller)
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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 06:55
La belle romaine d'Alberto Moravia (Cercle du bibliophile)

La belle romaine d'Alberto Moravia (Le cercle du bibliophile - 408 pages)

Traduit de l'italien par Juliette Bertrand

Titre original : La romana (1947)

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J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre malgré une traduction trop francisée, au point que l'héroïne se prénomme Adrienne et que ses amis ont pour la plupart des prénoms français comme Jacques.

Ceci étant dit, l'histoire très linéaire, se lit avec bonheur. C'est le regard d'Adrienne (Adriana) qui nous est proposé. Malgré son manque évident de culture et d'éducation, Moravia l'a faite écrire avec grand talent.

 

Adrienne raconte qu'à seize ans, très belle, sa mère l'a faite poser nue chez un peintre par ailleurs toujours respectueux d' elle. Sa mère avait elle-même posé dans sa jeunesse. Et quand sa mère veut la faire entrer dans une troupe théâtrale où elle serait danseuse c'est un fiasco. Elle est trop"grosse" avec de trop gros seins pour faire une telle carrière.

Un matin elle voit un séduisant jeune homme qui lui propose de faire une promenade avec lui avant qu'il ne la dépose à son travail. Il se prénomme Gino et elle tombe vite sous son charme. Quand il lui dit qu'ils sont à présent fiancés, Adrienne en parle à sa mère et c'est la crise. Comment envisager un mariage avec un chauffeur alors qu'elle a d'autres ambitions pour sa fille. Quand Gino voit la mère par surprise et qu'il l'invite à dîner avec sa fille elle se détend mais dit malgré tout clairement qu'elle voit très mal ce mariage.

Gino lui fait visiter la maison de ses patrons et ce luxe lui donne envie d'avoir une maison propre et rangée à défaut de luxe. Ils font ensuite l'amour pour la première fois dans la chambre de Gino et quand Adrienne rentre chez sa mère celle-ci comprend ce qu'a fait sa fille. Elle la fait examiner par un médecin et se réjouit car elle est persuadée que Gino la quittera avant le mariage. Et pourtant les préparatifs se font sans failles. Chacun utilise ses économies pour acheter ce qu'il faudra dans la maison.

Adrienne a fait la connaissance de Gisèle un autre modèle du peintre, pas très intelligente mais elle en fait sa meilleure amie. Elle est fiancée avec Richard et la rencontre se passe très mal avec Gino. Gisèle a entrepris de lui présenter un homme marié et riche mais qui cherche une maîtresse à présent qu'il est séparé de sa femme. Et Gisèle a trouvé le moyen de faire une promenade en province pour la faire rencontrer Astarite. Pendant le repas dans une chambre à côté de la salle à manger du restaurant il lui fait l'amour presque de force. Au retour il lui donne de l'argent et elle l'accepte malgré tout presque avec fierté.

Rongée par le remords elle va voir un prêtre qu'elle trouve d'ailleurs à son goût. Il lui dit qu'il ne doit plus voir Astarite et qu'elle doit se marier au plus vite. Hélas, Gino retarde le mariage et sa mère et Gisèle lui disent que c'est la preuve que le mariage ne se fera jamais.

Astarite fait venir à son bureau Adrienne. Elle voit alors qu'il a une place importante dans le ministère de la police. Il déclare à son amie que Gino est marié et a une fille si bien que le mariage est impossible.

La vie d'Adrienne bascule alors dans la prostitution et se dit que cette vie est plutôt agréable.

Gisèle et Adrienne se font accoster dans la rue un soir par deux jeunes hommes en voiture. Très vite ils se retrouvent chez Adrienne. Elle sent de l'amour naître en elle pour Jacques.

Quand elle revoit Gino elle comprend que tout est fini entre eux d'autant qu'il a fait accuser une femme de chambre pour le vol du poudrier. Et son ami Sonzogne a été le receleur sauf qu'il a tué l'orfèvre et lui a volé son argent. C'est ce qu'il révèle à Adrienne quand il couche avec elle.

Le roman tourne alors presque au roman policier avec ce meurtrier qui peut devenir dangereux. Et puis Jacques en cette époque fasciste fait de la politique et il craint la prison.

Adrienne aime sans trop se poser de questions. C'est là le secret de son charme car elle est très naïve et il ne faut pas grand chose pour qu'elle se montre "romantique".

Elle a du charme cette jeune femme et elle nous convainc. Et on lui pardonne tous ses écarts... Connaitra-t-elle le vrai grand amour, durable ?

Un très beau livre, merveilleusement écrit, malgré sa facture très classique.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du mois italien proposé par Eimelle Laure

La belle romaine d'Alberto Moravia (Cercle du bibliophile)
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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 06:48
D'acier de Silvia Avallone (J'ai lu)

D'acier de Silvia Avallone (J'ai lu - 411 pages)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

(Première édition française 2011 - Editions Liana Levi)

Titre original : Acciaio (Milan - 2010)

Prix Campiello Opera Prima
 Adapté au cinéma par Stefano Mordini

Prix des lecteurs de l'Express

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Premier roman d'une jeune écrivaine italienne, D'Acier est une réussite absolue. On plonge dans l'Italie du début du 21e siècle à Piombino, une ville qui a connu son heure de gloire au 19e siècle, au  temps de l'acier. Elle fait face à l'île d'Elbe, bien connue des français pour y avoir fait séjourner sous la contrainte Napoléon quelque temps en 1814.

Piombino vit pour une grande part dans la misère en 2001, oubliée de tous ceux qui n'y vivent pas, tandis qu'en face, inaccessible pour ces ouvriers de l'aciérie Lucchini Spa, passée aux mains des russes, l'île d'Elbe reçoit de nombreux touristes venus des quatre coins de la planète.

 

Le roman nous plonge sur une période d'un an dans cet univers des barres d'immeubles de la Via Stalingrado non loin de l'usine dont il ne subsiste que le four N°4.

Deux familles émergent de ce monde ouvrier de la Lucchini Spa :

- Les Sorrentino : Anna la jeune ado de 13 ans, Sandra sa mère, militante à ses heures, Arturo le père, licencié de l'entreprise et qui vit de recels, vols et Alessio, le frère d'Anna, ouvrier courageux qui tient à préserver autant que possible sa soeur des méfaits de la vie.

 

- Les Morganti : Francesca la jeune ado de 13 ans également, la meilleure amie d'Anna, Rosa sa mère qui subit la vie et les violences de son mari, Enrico.

 

Et puis il y a les amis qui gravitent autour de ces deux familles : Nino (16 ans), ami proche de Francesca, Massi (17 ans) ami d'Anna, Lisa et sa soeur handicapée Donata, Cristiano et Mattia, amis d'enfance d'Alessio, enfin Elena ex petite amie d'Alessio.

 

Le décor est planté et vont passer les saisons de juin 2001 à juin 2002, sans oublier l'attentat du 11-septembre 2001 et l'arrivée de l'euro.

 

N'oublions pas de dire que Francesca et Anna sont de superbes jeunes ados, provocantes et qui font tourner les têtes des hommes...

 

Début du roman :

"Dans le clercle flou de la lentille, la silhouette bougeait à peine, sans tête.

Une portion de peau zoomée à contre-jour.

Ce corps d'une année sur l'autre, avait changé, peu à peu sous les vêtements.Et maintenant il explosait, dans les jumelles, dans l'été."

 

Ainsi, Enrico surveille sa fille Francesca depuis son balcon de la barre d'immeuble qui donne sur la mer. On est en 2001. Francesco comme son amie a presque 14 ans et leur corps est déjà bien formé, ce que mate Enrico à la jumelle. Quant à Arturo il a été viré de l'aciérie Lucchini pour vol de carburant. Lui se moque de bien des choses.

 

Le lundi matin francesca et Anna ont pris l'habitude de faire un streap-tease devant la fenêtre de la salle de bain d'Anna ce qui plait aux voisins d'en face.

Rosa, la mère de Francesca est renfermée portant la tristesse sur elle. Sandra au contraire est militante, ouverte aux autres et dit à Rosa qu'elles pourraient être amies comme leurs deux filles. Rosa ne dit pas non.

Francesca rentre manger et le terrible père est là et plutôt que de le tuer elle s'est taillée une veine au poignet et Enrico la fait recoudre par le médecin.

Nino est amoureux de Francesca mais elle résiste à cet amour alors qu'Anna cède plus facilement à Massi quand ils partent tous les quatre dans uen partie de l'usine désaffectée.

Arturo est souvent violent mais Sandra continue à l'aimer tout en se disant qu'elle devrait divorcer.

Alessio et Cristiano sont allés voler du cuivre dans l'usine Dalmine en pleine nuit sans tracas. Un mois de salaire ainsi gagné en quelques heures.

Quant aux deux amies, elles ont leur coin secret rempli d'algues et de chats errants. Et Anna redit qu'elle veut devenir quelqu'un plus tard et célèbre, alors que Francesca voudrait devenir mannequin. Francesca a osé l'embrasser lui montrant alors plus que de l'amitié.

Le lendemain matin, Anna se réveille et voit un grand et beau type, son ainé de dix ans, mais elle tombe sous el charme : il s'appelle Mattia et a dormi sur une chaise ici. Quant à Francesca elle est encore sous l'emprise de ses baisers donnés la veille à son amie près des algues.

Leur amitié survivra t-elle à ces deux événements ? On est alors qu tiers du roman et les jours, les semaines vont continuer à se dérouler, entre espoir et malheur, dans un contexte où tout semble pourtant prédéterminé.

Peut-on sortir de la pauvreté en Italie et ailleurs car ce petit monde de Piombino ressemble à toutes les villes ou quartiers où il n'y a rien de nouveau, de stimulant qui arrive. Les saisons se succèdent, les hivers sont terribles et la vie reprend au printemps... Mais pourquoi ? Elena, elle semble avoir réussi en devenant DRH à l'usine mais elle est tout de même de l'autre côté, celui des nantis avec un père chirurgien.

Ici, via Stalingrado, à part regarder les jeunes nymphettes, il n'y a que la drogue, l'alcool, la violence les bars et la souffrance au travail comme horizon.

Le roman va montrer ces drames et ces espoirs avec une écriture limpide, Le langage est proche de cet univers, sans fioritures. On est dans le concret de ces tranches de vie et c'est ce qui fait la force magnétique de ce roman.L'intrigue se déroule simplement mais avec la magie des images qui aident à entrer dans la psychologie des personnages et à faire progresser la lecture dans le "ravissement des mots justes".

L'auteure a vécu à Piombino quelques années ce qui expliquerait sa parfaite connaissance de ce monde "clos" sur lui-même.

 

Vous aurez compris que ce roman est un vrai grand et beau coup de coeur. Lisez-le et vous découvrirez ce "monde impitoyable" ouvert aux rêves et à l'amour, ce qui n'est pas rien...

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du "mois italien" organisé par Eimelle Laure.

D'acier de Silvia Avallone (J'ai lu)
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:02
Soie d'Alessandro Baricco (Folio)

Soie d'Alessandro Baricco (Folio - 142 pages)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

(Première édition française Albin Michel - 1997)

Titre original : Seta (Milan - 1996)

 

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Troisième roman de l'auteur italien, né en 1958 à Turin, Soie a eu un très grand succès international lors de sa sortie. Il a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2007.

 

Hervé Joncour a 32 ans et en 1861 vend des vers à soie quand ils ont encore la forme d'oeufs minuscules. Il est marié à Hélène et vit dans le midi de la France. C'est Baldabiou qui l'a lancé dans ces affaires. Il avait l'usine de filature et Hervé devint l'acheteur de vers à soie en Égypte principalement. Sauf que maintenant l'épidémie qui était européenne s' est étendue jusqu'en Inde. Il va donc falloir aller jusqu'au Japon pour trouver des oeufs sains. Et c'est Joncour qu'on envoye là bas, très loin dans ce pays impénétrable aux étrangers il y a encore peu d'années.

Le voyage est long. Sur place il négocie avec Hara Kei et se montre malin quand on veut lui vendre de faux oeufs. Il rentre ensuite en France avec une future soie encore plus belle.

Il retourne au Japon et une jeune femme lui glisse un papier qu'il fait traduire ensuite par une prostituée de Nîmes: "reviens ou je meurs". Malgré une tension contre les étrangers au Japon, Hervé Joncour retourne là bas. Et peu avant de partir il passe une belle nuit avec une jeune femme puis il rentre chez lui pour arriver comme d'habitude le premier avril et assister à la grande messe.

En octobre 1864 il entreprend son quatrième voyage et voit alors le village de Hara Kei complètement détruit. Un jeune garçon le conduit à travers la montagne jusqu'à son ami japonais transformé et agressif à son égard. Pourra-t-il encore acheter ses vers et revoir la mystérieuse et belle jeune femme !!

Conte ou fable, comme on veut, pour cette histoire, ciselée avec maestria dans une langue de belle facture par Alessandro Baricco. Certains passages se répètent comme de décrire le trajet aller ou retour au Japon. Il n'y a rien de superflu dans ce roman. L'essentiel est dit dans ces 65 petits chapitres d'environ deux pages chacun. Pas d'introspection. On est ici dans le descriptif "objectif" des actes des uns et des autres dont Hervé est le maillon car c'est lui qui amène de quoi vivre pendant une année. Et malgré cela, Hervé semble subir sa vie toujours disponible pour les autres et aux ordres de Baldabiou.

Un petit livre génial malgré une fin quelque peu rapide qui casse le rythme du roman.

A lire assurément pour le plaisir des mots aussi. C'est cela aussi et surtout la littérature.

Bonne lecture,

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du "mois italien" organisé par Eimelle avec ce vendredi 9, une lecture commune autour de l'oeuvre d'Alessandro Baricco.

 

Soie d'Alessandro Baricco (Folio)
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