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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 18:44
Landfall d'Ellen Urbani (Gallmeister)

Landfall d'Ellen Urbani (Gallmeister - 304 pages - mars 2016)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Juliane Nivelt

Première parution Etats-Unis 2015

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Landfall est le premier roman publié par Gallmeister d'Ellen Urbani. Il est paru le 3 mars dernier et l'éditeur a eu la très riche idée de proposer aux membres du groupe facebook "Challenge Gallmeister - 10 ans" animé par Léa de nous envoyer une épreuve du roman avant parution.

Vous pourrez voir sur le groupe que les avis sont unanimes pour dire qu'il s'agit là d'un très grand roman, sentiment que je partage pleinement.

 

Pour une fois, je résumerai l'intrigue en reprenant le texte de la 4e de couverture :

" Un matin de septembre 2005, Rose, à peine âgée de dix-huit ans, s’apprête à rejoindre La Nouvelle-Orléans avec sa mère. Les deux femmes vont porter secours aux sinistrés de l’ouragan Katrina. Mais sur la route, leur voiture quitte la chaussée et percute une jeune fille. Cette inconnue, morte dans l’accident, seule et sans le moindre papier d’identité, ne tarde pas à obséder la rescapée. D’autant que dans sa poche on retrouve une page d'annuaire avec les coordonnées de la famille de Rose. Celle-ci n’a alors d’autre choix que de retracer pas à pas le parcours de la victime, à travers une ville en ruine après le passage de l’ouragan.

 

Landfall est un roman haletant qui révèle les destins croisés de deux jeunes filles, l’une blanche, l’autre noire. Ellen Urbani dresse le portrait de femmes résolues à se battre au cœur de la tourmente".

 

Vous retrouverez également des présentations de l'intrigue plus fournies sur les articles du groupe. C'est pourquoi je n'ai pas osé refaire le résumé détaillé du texte.

 

Je voudrais surtout revenir sur le contexte du roman.

 

Elle Urbani nous rappelle dans le roman que le 11-septembre 2001 a marqué les Etats-Unis de manière très forte. Et les héroïnes de son roman, Rose - Rosebud (Rosy)  bien qu'adolescentes à l'époque, s'en souviennent encore 4 ans après en 2005, quand un nouveau grand drame vient s'abattre sur ce pays fragilisé.

 

Page 92 :

"- Rose ! cria-t-elle, alors qu'un témoin oculaire - un producteur connecté par téléphone - se demandait tout haut s'il se pouvait qu'il y ait des problèmes de contrôle de la circulation aérienne.

- Rose ! Debout ! On attaque les Etats-Unis !

Quand Rose se précipita hors de sa chambre, les yeux ensommeillés, elle entendit sa mère crier :

- On attaque notre pays !

Elles restèrent assises ensemble par terre, se tenant la main sans même s'en rendre compte, jusqu'à 9h30..."

 

Et de fait, l'ouragan Katrina est annoncé de force 5, du jamais vu encore ici. Et la majorité des habitants de ces quartiers périphériques de la Nouvelle Orléans, n'ont pas pu fuir car il n'y avait pas assez de car.

 

Page 81: "L'aube naquit dans la pénombre le 29 août 1985. Le ciel, toujours gris, toujours en pleurs, ne reflétait pas le passage des heures. Rosy était au lit, pas vraiment endormie, mais pas vraiment réveillée, quand elle entendit un grondement? Pas un fracas - rien d'aussi fort ou d'aussi franchement alarmant - mais tout de même menaçant. Comme si une rumeur venue des entrailles mêmes de la terre remontait entre les lattes du plancher, jusque dans ses os. Pas un séisme. Pas aussi saccadé. La terre qui parlait. Elle resta allongée, parfaitement immobile, et ça recommença. une vibration qui allait crescendo. Elle se leva, encore vêtue des habits de la veille".

 

Ce 29 août et les deux jours suivants ont été terribles. Pluie, vents violents, inondations par rupture des digues.

Ellen Urbani nous raconte avec force, sans pathos, ces terribles jours vécus par Rosy et sa mère Cilla, maniaco-dépressive, malade. Comme nombre d'habitants, elles sont montées au 1er étage, puis dans le grenier et enfin sur le toit de la maison de leur voisine, Maya, qui au dernier moment, voudra rester chez elle. C'est alors que Rosy et sa mère parviennent au Superdome où sont entassés des milliers de néo-orléanais.

 

Page 148/149 : "Trente mille personnes, quatre jours, des douzaines de toilettes laissées sans entretien. Bouchées, toutes les cuvettes débordaient ; les lunettes étaient mouchetées de sang et d'excréments... A la fin de la semaine, après l'évacuation du Superdome, plus de quatre mille tonnes de déchets et de débris humains seraient nettoyés par les soldats restés sur place..."

 

L'auteure a fait beaucoup de recherche documentaire pour raconter Katrina, avant, pendant et après son passage. Elle donne ses sources et références en fin de roman. C'est dire que l'on s'immerge complètement dans ce drame américain, non maîtrisé par les autorités. Et pas question de partir, car il n'y a pas de moyens de transport et le pont qui permettrait de partir est contrôlé par les policiers de Gretna qui refusent que la population "contaminée" ne vienne perturber la noble ville. C'est pourtant par là que Rosy va réussir à s'évader, après avoir laissé sa mère à l'hôpital du Superdome où elle doit être soignée.

 

Le destin a basculé pour Rosy après son "évasion"de la zone sinistrée.

Le roman d'Elle Urbani oscille entre les deux personnages principaux : Rosy que l'on voit se débattre avec Katrina et ses suites et Rose qui va mener son enquête après l'accident qui a tué sa mère et la jeune noire.

Rose recherche toutes les personnes qui ont été en contact avec Rosy après son départ chaotique de la Nouvelle-Orléans. Et elle va y parvenir, aidée psychologiquement par le policier qui est venu sur les lieux de l'accident et qui s'est pris d'affection pour la jeune femme désorientée. Il fallait tout de même qu'il y ait un homme vaillant dans ce roman car les autres ont été des lâches, leurs géniteurs et leurs parents qui n'ont su qu'abandonner à leur sort Gertrude et Rose, Cilla et Rosy.

 

Vous aurez compris que ce roman est magistral, époustouflant, au style éblouissant à l'image des extraits que j'ai inséré dans cette présentation.

 

Un roman déjà historique même s'il se passe en 2005, pas si loin de nous. Car il comptera pour se rappeler dans 20, 30 ans et plus ce qui s'est passé en cette fin d'août 2005 à la Nouvelle-Orléans.

 

Bravo à Ellen Urbani de nous avoir fait tant vibrer avec Rose et Rosy. Et vous verrez que les dernières pages nous réservent de sacrées surprises.

 

Précipitez-vous sur ce livre que Pat Conroy, qui vient de mourir, a annoncé comme "phénoménal, aussi puissant qu'un ouragan".

 

Tout est dit,

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

(Encore merci à Gallmeister et Léa)

 

 

 

 

 

Le Superdome inondé

Le Superdome inondé

Landfall d'Ellen Urbani (Gallmeister)
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 21:35
La comtesse de Ricotta de Milena Agus (Liana Levi)

La comtesse de Ricotta de Milena Agus

(Liana Levi - collection piccolo - 120 pages - juin 2013)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : La contessa di ricotta (2009)

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Les livres de Milena Agus sont toujours petits par la taille mais grands par le style et l'histoire. Sobriété est souvent signe de grande force intellectuelle. Un art du mot juste sans superflu et grandiloquence. Les personnages sont là par leur présence, leurs espoirs et leurs silences.

 

Trois soeurs occupent trois appartements sur les huit de ce qui fut un des plus beaux palais de la ville datant du XVIIe siècle. Plutôt mal entretenu faute d'argent.

Noemi est l'aînée, magistrate restée vieille fille. Maddalena est mariée à Salvatore et ils espèrent avoir un enfant sans jamais y arriver aimant pourtant le sexe avant tout. Et puis il y a celle que ses soeurs appellent par coutume familiale la comtesse de Ricotta. Elle vit avec son fils et la nounou de la famille s' est installée chez elle. Carlino a cinq ans, exaspère tout le monde. Son père le prend deux jours par semaine pour un cours de piano qu'ils suivent ensemble.

Elle voudrait refaire sa vie mais ne trouve pas l'homme qui saurait la rendre heureuse. Et pourtant ses soeurs lui disent que le voisin d'en face, seul à présent, serait un bon parti.

Elias, le fils de la gouvernante, fait des travaux de rénovation pour les trois soeurs. Il s'entend bien avec l'aînée jusqu'à ce qu'il lui casse une vieille tasse, compromettant leur relation.

 

Chacune des soeurs attend un événement qui pourrait changer complètement leur vie mais peut-il y avoir des miracles dans leur vie routinière où tout est espoir déçu. Et ont-elles confiance en elles? Pas si sûr.

 

A livre sobre, compte rendu tout aussi sobre. Il faut écouter la musique des morts dans cette ville de Cagliari, près de la mer qui résonne et qui est aussi promesse de bien être, d'évasion.

 

Page 11 : "Les trois soeurs ne s'appellent pas réellement de Ricotta. C'est la benjamine qu'on appelle ainsi, parce qu'elle est maladroite, des "mains de ricotta", et parce que la réalité entière blesse son coeur fragile, un coeur de ricotta, lui aussi".

 

Laissez-vous porter par la prose cisellée de Milena Agus qui frise le "conte" par moments, un conte de fée où le bonheur est espéré au coin de la tête ou de la rue.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du challenge Italie conduit avec virtuosité par Eimelle avec pour thème principal ce mois-ci la Sardaigne.

 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 19:13
L'enfer de Church Street de Jake Hinkson (Gallmeister)

L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

(Gallmeister - collection Neo Noir - 236 pages - février 2015)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides

Titre original : Hell on Church Street (2012)

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Commençons par l'exergue avec une phrase de Paul Valéry : "Dieu a tout fait de rien, mais le rien perce".

 

Le rien, ici va être de l'ultra violence arrivée de nulle part. Ou plutôt oui, d'un "méchant" sheriff comme l'écrit lui-même l'écrivain dans son récit.

 

Alors, on rembobine et on reprend depuis le début :

 

Le narrateur, en cavale après avoir frappé un contremaître, s'est enfui et braque un chauffeur dans une station service. Cet homme, Geoffrey Webb veut bien lui donner son fric et le conduire là où il veut à condition de l'écouter raconter sa vie, lui qui ne parle presque plus.

Après une enfance peu dorée un oncle lui a fait découvrir l'église baptiste et en a même fait un aumônier à Church Street. Il est tout de suite tombé amoureux de la fille du pasteur, Angela Card, 16 ans plutôt grosse et pas belle mais sensuelle pour son goût.

Comment la séduire quand elle est amoureuse d'un basketteur, Oscar, qui heureusement ne l'aime pas? Jamais ses parents voudraient qu'elle aime celui qui fait le catéchisme aux jeunes de sa paroisse. Et puis c'est elle qui va venir à lui innocemment. Ils vont parler souvent ensemble puis elle va se laisser embrasser puis ils vont faire l'amour et se dépuceler.

 

Juste là, on pourrait se croire dans un roman classique, presque "fleur bleue".

Mais, entre en scène le méchant qui n'est autre que le shérif Doolittle Norris venu voir, incidemment dit-il, qui fréquente son fils dans les réunions de jeunes au presbytère.

Alors, il se "lance et dit à Geoffrey qu'il sait qu'il a couché avec une mineure. S'il ne veut pas d'histoires il faut qu'il aille dérober une enveloppe chez le pasteur Card. Ce qu'il fait la nuit suivante mais il est surpris par la femme du pasteur et le drame arrive...

On n'est plus du tout dans le "romantisme" du début. Les coups de tonnerre terribles vont se succéder et rendre le roman angoissant.

Alors que l'on imaginait que le narrateur serait le violent du roman, on se rend compte qu'il est "enfant de choeur" avec son braquage par rapport aux monstruosités de Geoffrey Webb telles qu'il les révèle. Et il dit tout cela avec fatalisme. Il m'a fait penser à Meursault de "L'étranger" d'Albert Camus. Un type qui ne voit pas les coups venir.

 

L'éditeur nous dit que Jake Hinkson, par ailleurs né en 1975 dans l'Arkhansas, fils de prêcheur baptiste, ne nie pas son admiration pour un des maîtres du roman noir américain Jim Thompson. Je n'ai pas lu cet auteur et mon ignorance de l'histoire du roman noir ne me permet pas de comparer les deux auteurs. Mais c'est un indice intéressant pour prolonger cette lecture.

 

Un père prêcheur baptiste ! Là assurément il y a un "règlement de compte" entre le père et le fils via ce roman.

 

Chapitre 7 (Celui qui nous annonce que tout va changer dans le ton de ce roman, page 77, soit au tiers du roman) :

" Entrée en scène du méchant.

Le méchant de la triste histoire de ma misérable vie n'est pas, comme je l'aurais cru, Oscar. Oscar le petit merdeux reviendrait me hanter plus tard, mais à ce moment-là il n'était que le premier petit obstacle que j'avais eu à surmonter. (...) Le méchant n'est même pas le frère Card (...). Non, le méchant était Thimothy "Doolittle" Norris, le shérif du comté".

 

Un livre qui aurait pu être "minimaliste", bien écrit sans fioriture mais l'histoire vient nous ébranler, nous "déranger" dans notre confort de lecteur. Et c'est tout l'enjeu, tout ce qui fait que ce livre est vraiment un grand livre.

 

Livre lu dans le cadre du challenge "Gallmeister 10 ans" animé avec talent et enthousiasme par Léa Touch Book. Une année pour fêter les 10 ans de vie de ce très grand éditeur que j'ai présenté, ainsi que cette collection "Neo noir" sur mon blog.

 

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 20:25
La clairvoyance du Père Brown de G.K. Chesterton (Omnibus)

La clairvoyance du Père Brown de Gilbert Keith Chesterton

(Omnibus - Les enquêtes du Père Brown)

Traduction de l'anglais parEmile Cammaerts réviséé par Anne Guillaume

Titre original : The Innocence of Father Brown (1911)

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Le père Brown est un détective de fiction créé par l'écrivain britannique Gilbert Keith Chesterton, qui figure dans 51 nouvelles et deux textes d'encadrement qui ouvrent et clôturent le recueil Le Secret du père Brown. Le personnage est inspiré de la vie du père John O'Connor (1870-1952), un curé paroissial de Bradford dans le Yorkshire qui joua un rôle important dans la conversion de Chesterton au catholicisme en 19221.

La série des enquêtes du père Brown est l'une des œuvres les plus populaires de Chesterton et contribua en son temps à élargir la notoriété de l'écrivain. Elle a été adaptée dans de nombreuses pièces, films et livres dans la culture britannique, américaine et allemande. Le personnage du père Brown fut interprété à l'écran notamment par Sir Alec Guinness, puis par Kenneth More. Par ailleurs, Evelyn Waugh a fait intervenir la série du Père Brown dans son roman Retour à Brideshead.

(Source Wikipedia)

 

Ce recueil de 12 nouvelles met en valeur la "clairvoyance" du Père Brown. Toujours prêt à trouver la solution aux problèmes rencontrés (vols, meurtres...) par sa perspicacité et son sens de l'observation :

The Innocence of Father Brown (1911) (La Clairvoyance du père Brown)

  1. The Blue Cross, publiée dans The Story-Teller, september 1910 (La Croix bleue)

  2. The Secret Garden, publiée dans The Story-Teller, october 1910 (Le Jardin secret)

  3. The Queer Feet, publiée dans The Story-Teller, november 1910 (Les Pas étranges)

  4. The Flying Stars, publiée dans The Cassell's Magazine, juin 1911 (Les Étoiles filantes)

  5. The Invisible Man, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (L'Homme invisible)

  6. The Strange Justice ou The Honour of Israel Gow, publiée dans The Cassell's Magazine, avril 1911 (L'Honneur d'Israël Gow)

  7. The Wrong Shape, publiée dans The Story-Teller, janvier 1911 (La Mauvaise Forme)

  8. The Sins of Prince Saradine, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (Les Péchés du prince Saradine)

  9. The Hammer of God, publiée dans The Story-Teller, décembre 1910 (Le Marteau de Dieu)

  10. The Eye of Apollo, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (L'Œil d'Apollon)

  11. The Sign of the Broken Sword, publiée dans The Story-Teller, février 1911 (L'Épée brisée)

  12. The Three Tools of Death, publiée dans The Cassell's Magazine, juillet 1911 (Les Trois Instruments de la mort)

 

 

La croix bleue

Le détective français Valentin vient à Londres espérer arrêter Flambeau un rusé malfaiteur. Il tombe sur un petit prêtre presque insignifiant pendant son voyage. Il le retrouve ensuite en compagnie d'un grand prêtre et ne peut que les suivre à distance par des indices que laisse Brown qui a compris que le grand prêtre est un escroc et en veut à sa croix bleue de valeur qu'il a amenée ici pour un congrès ecclésiastique.

Le jardin secret

Une soirée est organisée chez Valentin à laquelle participe entre autre le père Brown. Dans le jardin pourtant bien clos et bien protégé est découvert un cadavre à la tête tranchée puis un second corps. Qui a pu tuer en s' introduisant ici? Personne ! et le père Brown donne la solution de l'énigme.

Les pas étranges

Chaque année le club des "douze vrais pêcheurs", société aristocrate, organise un grand repas. Le père Brown se trouve là pour accompagner un corps mort et dans son petit coin entend des bruits de pas suspects et surprend alors Flambeau prêt à partir avec des couverts d' argent volés dont il obtient la restitution.

Les étoiles filantes

Flambeau profite d' une soirée déguisée sous forme de théâtre pour dérober des diamants mais une nouvelle fois le père Brown veille et récupère facilement le larcin.

L'homme invisible

Qui est cet homme invisible qui menace de mort un soupirant d' une jeune femme pâtissière. Il faudra la complicité de Brown et Flambeau pour découvrir le coupable.

 

Voici quelques résumés des premières "nouvelles".

Ainsi Flambeau apparaît dans chaque nouvelle tantôt ennemi au début dans sa période délinquante et tantôt ami du père Brown quand il devient détective amateur. Les histoires ne sont jamais dénuées d'humour.

La nature est très présente aussi. Chesterton aime décrire cette nature qui donne une atmosphère aux histoires.

Histoires courtes : 20 pages environ avec ou sans meurtres, avec ou sans filature... avec ou sans vol. Et toujours ce petit prêtre presque insignifiant qui voit ce que les autres ne voient pas...

Je ne connaissais pas ce père Brown et c'est une belle découverte et je termine ici une première série de cinq lectures des précurseurs du roman policier.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 20:08
Le train bleu d'Agatha Christie (Le masque)

Le train bleu d'Agatha Christie

(Le Masque "L'intégrale" V - Hercule Poirot tome 2 - 230 pages)

Traduit de l'anglais par Etienne Lethel

Titre original: "The mystery of the blue train" (1928)

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Je continue ma série de 5 livres avec cinq "ancêtres" du roman policier, avec cette fois-ci, après Rouletabille, Sherlock Holmes, Arsène Lupin, le "petit belge" Hercule Poirot inventé par l'intrigante Agatha Christie et avant le père Brown.

 

Avec Miss Marple, Hercule Poirot, détective belge, est l'un des personnages les plus célèbres de la romancière, apparaissant dans 33 romans et 51 nouvelles, publiés entre 1920 et 1975. C'est dire l'importance qu'il a dans son oeuvre. Il apparait d'ailleurs avant Miss Marple.

 

Il est d'ailleurs amusant de voir que dans "Le train bleu", une petite partie du livre se passe dans le village de St Mary Mead, qui sera habité par la célèbre Miss Marple qui apparaitra en 1930.

 

Agatha Christie a avoué avoir détesté ce roman. Sans doute pas son meilleur mais je ne suis pas spécialiste de l'auteure (autrice !) et de son héros récurrent 84 fois !! pour en juger. Il y a quelques longueurs qui ralentissent l'avancée de l'intrigue mais Poirot prend son temps pour découvrir un assassin, alors la narration doit suivre sa méthode de travail et de pensée.

 

Le riche américain Van Aldin a acheté sous le manteau à Paris un très beau bijou "Coeur de feu" pour sa fille Ruth. Quand il rentre à Londres, elle lui dit être très malheureuse avec son mari volage Derek Kettering. Son père lui dit qu'elle doit divorcer et en parle à son gendre lequel ne conteste pas qu'il en aime une autre mais dit au père que sa fille a aussi des amitiés douteuses. Et de fait Ruth avoue toujours aimer celui que son père lui a refusé avant d' épouser Derek, le comte de la Roche.

Mireille révèle aussi cela à son amant car elle est danseuse certes mais aussi parisienne et de Londres elle sait beaucoup de choses sur la vie à Paris par ses informateurs. Et comme Derek est presque ruiné et qu'elle aime l'argent pourquoi ne pas aider Ruth à mourir pour qu'il hérite de sa fortune plutôt que de tout perdre par le divorce.

Miss Katherine Grey, jeune gouvernante de 33 ans vient d' hériter de la fortune de miss Harfield chez qui elle travaillait à St Mary Mead. La famille entend contester le testament. Invitée sur la Riviera par une cousine plutôt intéressée par sa fortune, Katherine accepte d' y aller et réserve le même train bleu au départ de Londres que Derek croisé peu avant dans l'hôtel de son beau-père.

Ruth Kettering part aussi sur la Riviera et déjeune à bord du train Calais - Paris avec Katherine à qui elle dit partir rejoindre son amant alors que son père n'en sait rien. Plus tard dans le train bleu Paris - Nice, Katherine revoit Derek et une mystérieuse femme au manteau de vison croisée à plusieurs reprises.

Le matin à la descente de train à Nice, Loulou l'ami de sa cousine vient la chercher mais on lui demande quelques formalités. En fait le commissaire Caux lui annonce que miss Kettering a été assassinée dans la nuit. Et comme elle lui a parlé, la police veut savoir ce qu'elles se sont dits. C'est alors qu'apparaît le petit homme à tête en forme de poire croisé également dans le train bleu et qui n'est autre que le renommé Hercule Poirot.

Katherine finit par arriver chez sa cousin Lady Tamplin et le soir elle voit arriver Derek qui ne semble pas être informé de la mort de sa femme.

La femme de ménage de Ruth avait dû rester à Paris et elle confirme que sa maîtresse avait pris les rubis avec elle dans une mallette disparue à Nice.

Van Aldin est arrivé à Nice et est convaincu comme la police que le meurtrier est le comte de La Roche. Poirot ne croit pas à cette version.

Étonnement Derek sait que sa femme était partie avec sa mallette de bijoux alors que personne autour de lui et dans la presse n'en a parlé.

Le comte est allé discrètement poster les rubis mais Poirot avait mis des hommes sûrs dans les postes du secteur et ont pu ainsi dérober le paquet que le détective belge montre à Van Aldin...

 

Tous les personnages sont en place, se croisent et se parlent, se séduisent aussi et puis les présumés coupables vont se révéler être innocents tandis que la personne qui a tué Ruth Kettering révélée dans le dernier chapitre est loin d'être celle que l'on attendait. Mais c'est le propre du roman policier, finalement. Donc pas de "surprise" d'être surpris.

Un roman "conventionnel" mais qui se laisse lire, bien écrit de surcroit.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Et n'oublions pas que la très chère Agathe Christie (1890 - 1976) est décédée il y a 40 ans, le 12 janvier 1976 et elle est honorée ce mois-ci sur les blogs et sur une page facebook.

Le train bleu d'Agatha Christie (Le masque)
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 20:58
Moi et toi de Niccolo Ammaniti (Robert Laffont)

Moi et toi de Niccolo Ammaniti

(Robert Laffont - 150 pages - Août 2012)

Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher

Titre original : Io e Te (2010)

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En littérature il y a souvent deux catégories de livres : les gros volumes où l'auteur nous emmène dans un univers dont il est difficile de sortir, tellement on est emmêlé dans ses innombrables pages, heureusement régulièrement pour le meilleur (ou presque) et puis il y a les petits volumes de 150 pages environ comme ce roman de Niccolo Ammaniti où l'on n'est pas englouti sous des torrents de mots mais rafraichi pas des mots donnés avec tact et parcimonie. Et alors en quelques très petites heures, le lecteur ne sort pas plus indemne que des gros volumes mais il ressent le bonheur d'être allé à l'essentiel pour garder un souvenir impérissable du roman qu'il vient de déguster.

 

Alors oui, c'est clair et c'est une certitude j'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire "extraordinaire" et originale :

 

Lorenzo a 14 ans en 2000 et part pour les sports d'hiver une semaine. Il fait arrêter la voiture de sa mère avant le lieu de rendez-vous, descend de la voiture et voit ses amis préparer leur voiture et partir. Il n'a plus qu'à retourner discrètement chez lui et s'enfermer dans la cave.

Cette semaine de ski, invité par des copains de lycée, était un mensonge et dire ensuite que ce n'était pas vrai devient impossible. Alors il se laisse emporter dans "sa folie" d'une semaine de solitude. Et puis il va pouvoir, lui le solitaire, faire croire à sa mère que finalement il est très sociable.

Olivia sa demi-soeur l'a appelé car elle voulait savoir si son père était à la maison mais il a répondu être au ski. Et brusquement il entend la porte de la cave et voit Olivia le surprendre ici. Elle lui dit, après la surprise de le voir ici, qu'elle était en recherche d'un grand carton qu'elle avait confié à leur père. Elle jure de ne rien dire à personne.

Dans la nuit elle revient et demande à Lorenzo de l'héberger. Il refuse mais elle dit qu'elle va le dénoncer, alors il accepte. Au matin elle veut rester. Nouveau chantage et pour rester elle veut bien de se faire passer pour la mère de son amie Alessia, l'organisatrice de la semaine de ski.

Très vite il comprend qu'olivia va mal et qu'elle est en manque de drogue. Mais elle veut résister... Et il finit par l'aider car sa santé est vraiment en danger...

 

Je n'en dirai pas plus pour respecter l'envie de texte court de son auteur.

 

A lire absolument,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du mois italien organisé par Eimelle et dont le thème du mois est "livre contemporain publié après 2000".

 

 

Moi et toi de Niccolo Ammaniti (Robert Laffont)
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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 18:00
Le chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle (Pocket)

Le chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle

(Pocket - 191 pages)
 Traduit de l'anglais par Maurice-Bernard Endrèbe

Titre original : The hound of the Baskerville

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Après avoir lu une aventure du journaliste Rouletabille ("Le mystère de la chambre jaune" de Gaston Leroux), je poursuis ma lecture des romans policiers des "origines" avec le mythique détective privé Sherlock Holmes inventé en Angleterre par Sir Arthur Conan Doyle à la fin du 19e siècle.

 

L’ensemble des aventures écrites par  Sir Arthur Conan Doyle comporte quatre romans et 56 nouvelles :

- Une étude en rouge - 1887 (roman)

- Le Signe des quatre - 1890 (roman)

- Les Aventures de Sherlock Holmes - 1892 (nouvelles)

- Les mémoiresde Sherlock Holmes - 1894 (nouvelles)

- Le chien des Baskerville - 1902 (roman)

- Le retour de Sherlock Holmes - 1950 (nouvelles)

- La vallée de la peur - 1917 (roman)

- Son dernier coup d'archet - 1917 (nouvelles)

- Les archives de Sherlock Holmes - 1927 (nouvelles)

 

Ainsi, les aventures de Sherlock Holmes et son acolyte le Dr Watson se sont étalées sur 40 ans.

On peut dire d'entrée de jeu que la mythique phrase "Elémentaire mon cher Watson" n'a pas été dite dans "Le chien des Baskerville" ni dans les autres textes. C'est le cinéma qui a donné une nouvelle vie au duo.

 

J'avoue avoir pris autant de plaisir à lire ce roman qu'avec Rouletabille. L'écriture est fluide et efficace et donne au lecteur l'envie d'avancer dans la lecture en suivant les pensées de Holmes et Watson. On sait que tout élément est important et servira plus tard à démêler l'histoire.

 

Le Dr Mortimer est venu rendre visite à Sherlock Holmes et lui parle de la malédiction des Baskerville. Plusieurs ancêtres ont été tués par une bête géante et le dernier en date est Charles mort récemment. Il a vu des traces non loin du cadavre de Charles mais n'en a parlé à personne. Il voudrait que Sherlock Holmes enquête d' autant que le dernier héritier Sir Henry arrive le lendemain. Et il faut absolument le protéger.

Quand Holmes et Watson voient le lendemain Henry, celui-ci leur montre une lettre anonyme qu'il a reçu à l'hôtel à Londres et qui lui dit de ne pas se rendre à son domaine. Les mots ont été découpés dans le Times.

Aucune piste sérieuse n'a pu être révélée il ne reste plus qu'à laisser partir Sir Henry à son domaine de Baskerville avec Watson car Holmes ne veut pas laisser seul le riche héritier compte tenu des menaces qui pèsent contre lui.

Alors que la nature du Devon est très attrayante Baskerville Hall est plutôt sinistre en cette saison, l'automne. Avant d' arriver ils apprennent qu'un dangereux criminel s' est évadé de prison. Et les Barrymore qui gèrent le domaine annoncent qu'ils ont l'intention de quitter les lieux même si leur famille est au service des Baskerville depuis si longtemps. La terrible mort de Charles leur donne l'envie de s' éloigner d' ici.

Le Dr Watson rencontre les Stapleton, frère et soeur. Sir Henry devient aussitôt ami avec eux et semble très sensible au charme fou de la jolie Melle Stapleton. Sinon pas d'évènements majeurs même si Mr Barrymore semble bien étrange.

Le frère Stapleton se montre très jaloux. Quant à Barrymore il ravitaille la nuit le frère de sa femme qui n'est autre que le meurtrier évadé. Watson et Henry partent à la poursuite de l'homme sans pouvoir le rattraper. Alors ils entendent un lugubre hurlement de chien et Watson aperçoit un homme dans la lande.

Un bout de lettre non brûlée retrouvée dans la cheminée après la mort de Charles a montré les initiales L.L. Et Watson retrouve la jeune femme Laura Lyons qui dit avoir eu besoin des bonnes grâces de Charles pour son affaire de divorce...

Alors que Watson est en charge de la "garde" de Sir Henry et qu'il fait ses comptes rendus à distance à Holmes, en fait le grand détective suit toute cette affaire depuis la lande de Baskerville, ce qui déçoit Watson qui se sent "dévalorisé". Mais tout reprend corps car ils se sont pas trop de deux à présent pour trouver l'énigme de ces morts liées à ce chien monstrueux venu des temps anciens.

 

N'hésitez pas à lire ce livre très bien écrit et qui vous transportera dans ce climat "glacial" du Devon loin du bruit et de la fureur mais dans la sphère d'un microcosme où chacun s'observe, loin d'être pour le meilleur.

 

Bonne lecture,

Denis

 

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 21:15
Le poinçonneur Hines de James Kelman (Métailié)

Le poinçonneur Hines de James Kelman

(Métailié - Bibliothèque écossaise - 270 pages - Septembre 1999)

Traduit de l'anglais (Écosse) par Céline Schwaller

Titre original : The busconductor Hines (1984)

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James Kelman est né en 1946 à Glasgow. 4 de ses romans ont été publiés dans la collection Bibliothèque écossaise des éditions Métailié. N'hésitez pas à vous précipiter dans votre chère librairie ou bibliothèque pour lire cet auteur.

Après avoir lu dans la même collection "Les empreintes du diables" de John Burnside, voici une deuxième lecture tout autant jubilatoire.

 

L'ambiance, l'atmosphère n'ont rien à voir entre les deux romans mais l'art de la narration, le style original et bien construit rapprochent les deux livres pour en faire de véritables plaisirs de lecture.

 

James Kelman joue beaucoup sur la répétition, à l'image de la vie de son personnage Robert, dit Rab Hines. Marié à Sandra et père d'un jeune enfant de 4 ans et demi, Paul, il pourra avoir une vie de routine sans gros soucis et pourtant... Hines est un "insoumis", un être qui met la liberté au-dessus de tout au point de faire prendre de grands risques à sa vie familiale.

 

Rab Hines est poinçonneur en grève au début du roman puis en retard pour prendre son poste. De son côté Sandra son épouse voudrait prendre un temps plein pour améliorer le quotidien obligeant seulement à mettre Paul à la crèche toute la journée.

Hines est un grand fumeur et il est très amoureux de sa femme Sandra. Côté boulot c'est plus compliqué. Il est souvent réprimé par un inspecteur pour fautes pendant son service et c'est déjà la troisième et sans doute dernière fois qu'il est repêché par la compagnie de bus.

Même si Reilly est un ami de longue date, il y a toujours une rivalité entre chauffeurs et poinçonneurs, dans cette compagnie de bus de Glasgow. On est au début des années 1980 a priori et le métier de poinçonneur commence à être mis en péril. Mais de par ses négligences et son manque de sérieux, Hines n'a aucune chance de devenir chauffeur.

Quant au logement il est de plus en plus insalubre. Et Hines s'angoisse car ce soir sans prévenir Sandra n'est pas encore rentrée.

Quand elle rentre Hines parle de séparation et elle ne comprend pas car elle est juste allée au pub avec ses collègues de travail.

Il n'a pas envie de travailler aujourd'hui alors il se fait porter pâle et se rend chez ses parents où il ne voit que sa mère puis il va à la bibliothèque et au pub avant de rentrer chez lui. Il sent Sandra contrariée ces temps-ci. Elle ne rit plus.

Elle voit aussi ses parents mais le soir ils se retrouvent plus amoureux qu'avant et avec encore plus de projets.

Quand il vient chercher sa paie Hines apprend qu'il est convoqué à la direction l'après-midi. Or il refuse d'y aller en dehors de ses heures de travail. Il en parle à Sammy le délégué syndical prêt à le soutenir par une grève si on le licencie pour refus d'aller à cette convocation.

 

On s'immerge dans la vie et les idées de Hines, ce drôle d'homme qui oublie de se réveiller le matin, qui entend faire valoir ses droits. Alternance de scènse de la vie conjugale et de scènes de la vie professionnelle, avec de longs moments de dialogue intérieur où on lit les idées de Hines au fil de ses tours et détours, stoppant certaines phrases pour repartir sur une autre pensée.

 

Page 166 : "En rentrant de la crèche, Hines prétendit qu'ils étaient poursuivis par  des créatures monstrueuses, et Paul adora ça. Ensuite, il le fit participer au ménage et au rangement avant de préparer la bouffe, et quand Sandra arriva, tout allait bien. Il parla nochalamment de généralités, mais elle était silencieuse. Elle était assez fatiguée, à l'évidence surprise de trouver la maison comme ça, heureuse de voir que le repas était prêt. Il ne lui dit pas qu'il n'était pas allé travailler, mais comme elle ne s'intéressait pas trop à la conversation, il n'eut pas à s'étendre sur le sujet".

 

Sortir de la banalité de la vie au moins par la pensée et les projets est le thème récurrent du roman. On ne se lasse jamais de lire les aventures du poinçonneur tellement on est emporté par le ton du roman.

 

Un très grand roman d'une grande originalité qui ravira les amateurs de littérature où le style, le fil narratif sont plus importants que les faits pour aborder une vie ordinaire en spectateur averti.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du mois kiltissime animé par Cryssilda Collins.

Le poinçonneur Hines de James Kelman (Métailié)
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 17:11
Les empreintes du diable de John Burnside (Métailié)

Les empreintes du diable de John Burnside

(Métailié - bibliothèque écossaise - janvier 2008 - 220 pages)

Traduit de l'anglais (Ecosse) par Catherine Richard

Edition originale :The Devil's Footprints (2006)

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Troisième roman traduit de l'auteur écossais John Burnside, né en 1955, dans la collection "Bibliothèque écossaise" dirigée par Keith Dixon aux éditions Métailié. L'auteur est avant tout poète et nouvelliste.

 

Ce livre m'a vraiment plu et j'en fais assurément un de mes coups de coeur. J'ai aimé le style, la narration toujours juste du narrateur, Michael, faite de digressions, d'analyses de sa vie et de ses états d'âme. Il a compris qu'il est voué à la solitude même s'il a été amoureux, marié. Son argent hérité de ses parents lui a permis d'avoir une vie "facile", l'incitant à vivre sur lui-même au risque d'en souffrir et de vouloir en sortir.

 

Une légende dit qu'un jour de neige il y eut des empreintes qui étaient celles du diable.

Et il y a un an Moira s' est tuée avec ses deux fils dans sa voiture. Elle avait été la première petite amie de Michael.

C'est Mrs K sa femme de ménage commère au possible qui lui donne les détails concernant cette tuerie. Moira pensait que son mari et ses deux fils incarnaient le diable alors que sa fille aînée Hazel peut-être née d' un autre père avant le mariage devait être protégée. Elle l'a alors laissée sur un bord de route avec des vêtements et de l'argent avant de se tuer avec ses deux fils.

Hazel était comme somnambule quand la police l'a trouvée sur la route. Etrange se dit Michael car lui aussi l'a été mais seulement de nuit et jusqu'à la mort de son tortionnaire. Et s'il était son père?

Michael se souvient des relations compliquées qu'il a eu enfant avec Malcolm Kennedy un élève de sa classe, frère de sa future petite amie Moira, dont il était le bouc émissaire. Michael devait lui donner de l'argent, de la nourriture et Malcolm n'hésitait pas à le frapper. Il n'en a parlé à personne et un jour il a croisé une vieille femme Mrs Collings. Elle lui a conseillé d'observer Malcolm et de ne plus avoir peur de lui. Et un jour il a réussi à le faire tomber dans un trou profond rempli d'eau pour qu'il ait peur à son tour, sans penser que cela pourrait tourner au drame.

Michael et ses parents avaient été mal accueillis en arrivant à Cockburn et un jour quand Michael avait neuf ans ils sont donc partis un peu plus loin à Whitland.

Et alors que Michael avait 19 ans, sa mère a été tuée sur la route par un chauffard. Il a cessé son amour pour Moira. Le père mort il se retrouve seul avant d' épouser très vite Amanda. Et brusquement leur amour est devenu comme une grande amitié chacun vivant dans son propre univers intérieur surtout que lui ne travaille pas et s'enferme sur lui-même. Amanda le lui reproche.

Il sent que sa vie doit changer. Il s'intéresse alors à Hazel, la suit et elle s' en aperçoit. Alors un jour elle l'aborde et depuis régulièrement ils se parlent.

Et puis un jour elle lui dit qu'elle veut partir et il lui répond que lui aussi voudrait changer de vie. Alors ils partent en voiture ensemble. Il sait qu'il risque sérieusement d'être arrêté pour détournement de mineurs mais il prend le risque malgré tout heureux d'être avec elle.

 

L'auteur suit pas à pas les questionnements et les tourments de Michael, depuis ce temps où il a été intrigué par les empreintes du diable sur la neige. Cette image d'ailleurs revient à la fin du roman, comme si la boucle était bouclée après avoir revu toute sa vie au fil des jours et des souvenirs, le suicide de Moira avec ses fils servant de détonateur. Hazel est et restera la grande énigme qui traverse également le livre.

Un livre méditatif et en même temps très "actif" avec les images fortes que sont les relations difficiles avec tous les êtres qui ont fait sa vie : ses parents, Moira, Malcolm, Mrs Collings, Amanda et Hazel... Un être en errance intellectuelle... dans ce petit port de Coldhaven, le seul univers qu'il a connu...

 

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du "mois killtissime" organisé par Cryssalda Collins

Les empreintes du diable de John Burnside (Métailié)
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 21:29
Les filles oubliées de Sara Blaedel (Terra Nova)

Les filles oubliées de Sara Blaedel (Terra Nova - Novembre 2015 -317 pages)

Traduit de l'anglais par Martine Desoille

Edition originale 2011 au Danemark

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Sara Blaedel est une auteure danoise dont les Editions Terra Nova publie un premier livre en français. Gageons qu'il y en aura d'autres car l'auteur nous dit en 4e de couverture qu'elle a écrit une "série" de romans mettant en scène l'enquêtrice Louise Rick.

 

Un seul regret : le livre est traduit de l'anglais et non du danois ce qui pourrait laisser un doute sur la qualité de la traduction par rapport à l'original danois.

 

Le livre est passionnant et nous entraîne dans le monde "impitoyable" des asiles psychiatriques dans les années 1960-1980 au travers d'une enquête qui se passe de nos jours. Louise Rick va en plus avec cette enquête sur ces "filles oubliées" voir son passé ressurgir.

 

Louise a été affectée au nouveau département "enquêtes spéciales". Son chef Ronholt ne lui a pas laissé le temps de choisir son adjoint en lui imposant Eik un ivrogne. Pour l'heure il faut trouver l'identité de la jeune femme retrouvée morte dans un bois et que personne n'a réclamée depuis une semaine. L'autopsie ne peut conclure à un meurtre pour l'instant.

Louise et Eik vont près du lac où la femme a été retrouvée et ils voient trois jeunes enfants seuls. Peu après Louise découvre le corps mutilé d' une femme.

C'est Mik son ancien compagnon et père de leur fils Jonas qui vient et qui mène l'enquête. Cette fois la femme est identifiée. Louise connaît bien tous ces lieux pour y avoir passé son adolescence et ses premiers amours. Le garde forestier qui avait découvert le corps de l'inconnue se rappelle d' elle.

L'appel à témoins a permis à une ancienne aide-soignante de reconnaître la fillette de l'époque, en 1965, âgée de trois ans et déjà avec cette grosse cicatrice au visage. Elle avait été placée dans un centre pour handicapés mentaux. Sur place Louise et Eik découvrent que c'étaient deux jumelles mortes le même jour ! Le père est encore vivant et ils le rencontrent.

Sa femme étant morte peu après l'accouchement des jumelles, il a dû accepter l'asile quand elles avaient trois ans car elles étaient déficientes mentales depuis leur naissance. Puis on lui a conseillé de ne plus les voir. On lui a annoncé leur mort en 1980 sans avoir vu leur corps et leur sépulture. Toutefois il reconnait bien sa fille sur la photo de la morgue et se dit que l'autre jumelle est sans doute encore vivante.

Les interrogatoires continuent et Louise sent que son propre passé ressurgit car on la reconnaît et tout n'était pas rose à l'époque.

Sinon rien de probant. Mais tout s'accélère quand elle voit toute une cohorte de voitures de polices et de chiens. Louise rejoint Mik qui lui dit qu'il y avait un quatrième enfant retrouvé mort et qu'une jeune joggeuse est portée disparue.

Camilla la meilleure amie de Louise repense à tout ce que lui a dit la policière sur cette affaire des jumelles et lasse de ne penser qu'à son mariage decide de reprendre du service en tant que journaliste freelance et part interroger l'aide-soignante qui raconte alors comment la fillette a été défigurée par une eau de bain bouillante...

 

En même temps que l'on suit cette enquête dans les bois danois, l'on voit les moments d'intimité de Louise avec son fils, sa grande amie Camilla également. Et puis surtout l'enquête la mène vers son passé, rencontrant des personnes qui la reconnaissent et parfois sans ménagement pour lui rappeler par exemple le suicide de son grand amour Klaus.

Tout cela s'enchaîne subtilement pour rendre la lecture agréable et pourtant l'histoire autour des brimades dans les asiles est souvent insoutenable mais l'auteur rend l'ensemble fluide.

En résumé un très bon thriller.

Merci à Camille (LP Conseil) de m'avoir permis de lire ce livre paru aux éditions Terra Nova

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