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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 16:00
Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)

Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert-Louis Stevenson

(Phébus - Libretto - mai 2006 - 293 pages)

Traduit de l'anglais par Isabelle Py Balibar

Préface de Michel Le Bris

Titre original : Our Samoan Adventure (Première édition posthume - 1955 - New York)

Première édition française :Phébus - 1994

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Une drôle d'aventure et de fin de vie pour le célèbre écrivain écossais Robert-Louis Stevenson (1850-1894) que ces 4 ans passés aux îles du Pacifique Samoa.

Le début de la préface de Michel Le Bris rappelle le cadre de vie des Stevenson :"Le Vailima des Stevenson? - Une clairière à peine débroussaillée, encore encombrée de souches brûlées. Un taudis irlandais, d'une saleté repoussante, un toit de métal galvanisé, avec une échelle à l'extérieur pour grimper à l'étage - : ainsi l'historien Henry Adams décrivit-il l'endroit lorsqu'il découvrit, effaré, les Stevenson en leur royaume samoan".

 

 

Fanny Stevenson (1840-1914) et Robert sont installés aux Samoa à Vailima et écrivent chacun leur journal de leur vie quotidienne. Ils ont acheté un terrain et y ont fait construire une maison et une ferme pour y élever des cochons notamment. Ils ont des ouvriers Samoëns pas toujours très courageux. Fanny expérimente toutes sortes de plantations et fait ou venir plusieurs races d'animaux de ferme.

En cette fin d'année 1890, Fanny a une otite et c'est la saison des pluies et des ouragans. Ils fêtent tout de même Noël avec des amis occidentaux à Apia.

Durant le premier semestre 1891 leur maison finit d'être construite. La fille de Fanny, Belle et sa famille s'installent près d'eux et la mère de Louis vient également les rejoindre. Louis continue à avoir une santé chancelante et une guerre éclate aux Samoa. Une guerre plutôt souterraine d'ailleurs, entre deux rois et qui met les occidentaux en porte-à-faux. Louis publie en 1892 " En marge du monde" qui lui vaut ainsi quelques inimitiés alors qu'il prône une paix durable.

Juillet 1893 est l'objet d'une "réelle" guerre "éclaire" qui met en fuite le roi Mataafa que les Stevenson ont toujours soutenu. L'art de la guerre chez les Samoans est de couper des têtes et trous femmes ont été victimes de cette coutume.

 

Voici en quelques phrases les événements qui se sont échelonnés entre 1890 et 1894.

L'essentiel de la vie quotidienne est détaillé par Fanny qui se montre passionnée pour faire de ces terres, un "laboratoire" où l'on peut expérimenter des cultures et de l'élevage, aux fins entre autre d'apporter un bien être aux Stevenson et à leurs ouvriers, sans oublier de favoriser les échanges avec les autochtones.

Robert-Louis est plus spécialement occupé par son oeuvre et ses échanges épistolaires avec ses amis occidentaux. Il s'intéresse aussi à la vie politique locale très compliquée et ne cache pas qu'il souhaiterait que le roi Mataafa soit confirmé dans ses fonctions, alors qu'il a été détrôné lors de cette guerre civile, contrôlée à distance par les occidentaux représentant leurs gouvernements.

N'oublions pas que Robert-Louis est déjà très malade quand il arrive en 1890 aux Samoa. Mais ce climat lui réussit assez bien et son épouse a compris que c'est ici qu'il mourra.

Après la mort de l'écrivain en 1894, Fanny et les siens quitteront la région pour rentrer aux USA mais fidèle à son mari, Fanny demandera à faire venir ses cendres aux Samoa auprès du corps de Robert-Louis.

 

Je ne cacherai pas que les longues pages écrites par Fanny sont parfois ennuyeuses car elle parle inlassablement de ses travaux, de ses difficultés relationnelles avec certains employés samoans et donc des tracas terre-à-terre du quotidien, sans prendre aucun recul.

Ceci reste un récit intéressant pour mieux connaître les dernières années de vie de Stevenson dans ces terres lointaines.

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon année "littérature de voyage" et dans le cadre également du "mois kiltissime" animé par Cryssilda sur Facebook et sur son blog.

 

 

Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)
Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:31
Une part de ciel de Claudie Gallay (Actes Sud)

Une part de ciel de Claudie Gallay

(Actes Sud - Août 2013 - 446 pages)

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Un livre bien étrange que ce huitième roman de Claudie Gallay.

J'avais envie de lire cette auteure qui a été reconnue avec "Les déferlantes" publiées en 2008 aux éditions du Rouergue.

Une amie, Catherine Rechenmann, m'a dit que "Une part de ciel" était un excellent roman, si bien que je suis décidé à lire ce roman. Marjorie Littérature s'est jointe à moi pour en faire une lecture commune.

De fait, oui, un étrange roman. Il se présente sous la forme d'un journal et s'étend sur une période qui va du Lundi 3 décembre au Dimanche 20 janvier. 7 semaines, soit 49 jours.

 

Carole vient d'arriver en train dans le village où elle est née, convoquée par son père que tout le monde connaît ici sous le nom de Curtil. Gaby et Philippe, eux, ont toujours demeuré là et ils ne savent pas quand le père arrivera. Il a toujours vécu ainsi, fuyant et revenant à son gré. Leur mère a subi avec résignation ce mode de vie jusqu'à sa mort.

Gaby est mariée à Ludo qui passe la plupart du temps en prison. " La môme" a été recueillie par eux et elle vit avec eux plutôt rebelle et très libre. Carole vit seule depuis que son mari l'a quittée et que ses deux filles vivent en Australie.

Ses journées commencent à devenir une routine entre traduction, repas et moments au café de Francky, passages chez Gaby et des ballades près du village.

Toujours pas de père en vue. Jean semble s'intéresser à elle. Il aime être en sa présence.

Un des souvenirs marquants de sa jeunesse ici a été l'incendie de la maison et le choix de sortir d'abord avec deux des trois enfants, Gaby étant restée seule dans le grenier en attendant les secours. Et il y a eu la mort de la mère qui n'a pas su la reconnaître avant de mourir.

Ludo semble être sorti de prison mais avant la date prévue. Philippe a appris que trois hommes le recherchent.

Une piste de ski est prévue ouvrir au village contre le gré des= la majorité des autochtones. Les tramps repartent car l'hiver arrive et le tronçonnage reprendra plus tard.

Toujours pas de Curtil et de Ludo. On a retrouvé une voiture abandonnée et une chaussure de Ludo. C'est tout. Carole a prolongé son séjour en espérant toujours voir son père et elle s'occupe de Gaby malade et en détresse.

 

Carole prend une photo tous les jours, entre 11 heures et midi, de la femme de ménage de l'hôtel en face quand elle ouvre la fenêtre pour secouer les draps des clients. Il y aura quelques exceptions mais cette photo fait partie des rites journaliers dans ce temps qui semble s'être immobilisé. Elle traduit une biographie de l'artiste de Land Art Christo. Cette activité qui pourrait la faire passer pour "intellectuelle", fait d'elle une femme en marge. Elle est si différente de Gaby et Philippe. Et pourtant, c'est un même sang qui circule dans leurs veines...

 

Le style est très minimaliste. Si vous aimez les envolées lyriques, vous serez forcément déçus. Au moins au début. Se passera-t-il quelque chose ou resterons-nous dans l'attente lancinante, ennuyeuse comme la vie qui généralement se répète de jour en jour.

Des phrases courtes, des dialogues plutôt brefs, avec de temps en temps des propos sur la philosophie de la vie.

Mardi 4 décembre (page 21) : "Un temps de chien au petit matin. Les yeux pas encore ouverts, je me suis tiré les jambes du lit. J'ai monté le thermostat des radiateurs. Il me restait des biscuits du voyage, un fond de café dans le placard. // J'ai poussé la table pour être face à la fenêtre. Je voulais pouvoir travailler et voir la route sans avoir à bouger, juste en levant la tête.// J'ai traduit le début d'un chapitre".

Vendredi 7 décembre (page53) : "Les températures ont chuté pendant la nuit. Quand je me suis lev, il y avait du givre sur les vitres et aussi sur le pare-brise. // J'ai attaqué un chapitre. // Un peu avant huit heures, j'ai vu passer Gaby, contrairement à ses habitudes elle montait à l'hôtel à pied. // A onze heures, la serveuse à Francky a ouvert ses fenêtres. Elle portait une robe rouge. Ses bras étaient nus. Elle a sorti un premier drap, s'est penchée, l'a secoué. Elle l'a retiré et a secoué le second, le ventre au balcon. Ensuite, elle a tapé les oreillers, du plat de la main et de chaque côté".

 

On se croirait par moment dans un musée, en train de décrire un tableau réaliste. Les détails sont méticuleusement décrits. Honnêtement, cette méticulosité sur plus de 440 pages, c'est parfois lassant. Alors on s'accroche à un personnage. J'ai particulièrement aimé "la môme" car on sent que cette vie dans ce village ne sera qu'un passage tandis que Gaby ou Philippe semblent condamner à vivre inlassablement dans cette contrée ingrate l'hiver et qui un jour ou l'autre deviendra un lieu touristique avec ses pistes, ses hôtels et commerces... Car ce paysage changera plus vite que ses habitants, assurément. Pour oublier le présent, Philippe, garde forestier, cherche à retracer le parcours d'Hannibal et ses éléphants dans ces Alpes, bien près d'ici, sans certitude toutefois.

Lire ce livre sur une vingtaine de jours est une bonne solution pour avancer presque au rythme des jours de ce journal et éviter l'ennui. Car finalement, ce livre est très riche. On apprend beaucoup sur la vie au quotidien dans un village de montagne, juste avant l'hiver et puis en pleine période de neige où tout change dans les comportements, l'organisation du travail etc... Et puis il y a cette histoire de famille "en attendant Curtil" dont on doute de plus en plus qu'il arrive, sans oublier Ludo qui est en fuite. Gaby va sur ses traces car il devrait venir obligatoirement la voir, même s'il est traqué...

Voilà. Lisez ce livre qui vous surprendra inévitablement...

Bonne lecture,

Denis

Une part de ciel de Claudie Gallay (Actes Sud)
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 16:47
Ecrivains voyageurs par Laurent Maréchaux (Arthaud Poche)

Ecrivains voyageurs : ces vagabonds qui disent le monde

par Laurent Maréchaux (Arthaud Poche - janvier 2017 - 220 pages)

(Illustration de couverture : Nicolas Biouvier - Kurdistan - 1954)

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Ce livre est sorti au bon moment pour la thématique que je me suis proposé de suivre cette année : la littérature et le voyage.

L'auteur a fait le pari de diviser les 19 auteurs présentés dans ce livre en deux catégories :

- Voyageurs, ils devinrent écrivains :

Joshua Slocum  /  Pierre Loti  / Robert Louis Stevenson / Joseph Conrad / Alexandra David-Neel / Victor Segalen / Nikos Kavvadias / Wilfred Thesiger / Bernard Moitessier / Nicolas Bouvier.

Page 17/18  : "Tous, avant d'être voyageurs, avaient été des lecteurs boulimiques.(...) En devenant écrivains, ils s'acquittaient d'une dette : léguer au plus grand nombre ce goût de l'aventure né de leurs vertes lectures."

Ecrivains, ils se firent voyageurs :

Rudyard Kipling / Jack London / Pierre Mac Orlan / Blaise Cendrars / Joseph Kessel / Georges Simenon / Romain Gary / Jack Kerouac / Bruce Chatwin.

Page 117 : "Si leur vie mouvementée traverse des continents et des temps agités (guerres coloniales, Première et Deuxième Guerre Mondiale, crise de 1929, conflits régionaux) dans lesquels ils puisent situations romanesques et personnages pittoresques, ces professionnels de l'écriture ont vite compris le profit qu'ils pouvaient tirer de leur situation d'observateurs privilégiés des soubresauts de l'histoire. De journalistes, ils se muent - tels Kipling ou Kessel - en auteurs de nouvelles, avant de faire renaître leurs reportages sous forme de romans. Leur imagination se montre foisonnante."

Je laisse à l'auteur la responsabilité de ses choix d'auteurs et des deux catégories. Mais de fait, certains ont voyagé et en ont fait des livres qui les ont rangé dans le monde de la littérature et pour ceux qui étaient écrivains, le voyage les a fortement influencé dans l'approche de leur oeuvre littéraire.

Ces 19 auteurs sont présentés par Laurent Maréchaux sous forme de courtes biographies de quelques pages, mettant en avant leurs voyages qui ont influencé leurs publications.

Laurent Maréchaux a l'impression que la littérature de voyage n'a plus ses lettres de noblesse au début de ce XXIe siècle.

Il cite Nicolas Bouvier comme mise en garde aux apprentis écrivains voyageurs : "Il ne faut jamais que l'écrivain bouche le paysage. Il faut qu'il perde cette corpulence, et le voyage, s'il s'y soumet, s'en chargera pour lui. Quant à son écriture, elle doit devenir aussi transparente et mince qu'un cristal légèrement fumé".

 

Voyages en partie rêvés, recréés et donc objets de fictions ou récits "authentiques", la littérature de voyage n'a pas fini de nous étonner ou de nous émerveiller. Ce livre offre de bonnes pistes de lectures. C'est là l'essentiel.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 18:09
Le rempart de Théodore Dreiser (Editions Motifs)

Le Rempart de Theodore Dreiser

(Editions Motifs - Janvier 2017 - 382 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Paul Roche

Titre original : The Bulwark (1946 - publié à titre posthume)

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Theodore Dreiser (1871-1945) a été journaliste engagé et militant socialiste. Il a écrit plusieurs romans dont celui-ci qui a été publié en 1946, un an après sa mort.

 

Phoebe, la soeur de Hannah Barnes, veuve demande à son beau-frère de s'occuper de son patrimoine. Rufus accepte et se voit déjà restaurer un des bâtiments.

Solon Barnes a passé une partie de son enfance à Segookit avant de rejoindre la nouvelle maison restaurée par son père à Dukla. Il a été chouchouté par sa mère mais sa corpulence lui a permis de s'affirmer face aux jeunes de son âge tout en se montrant pacifiste.

Il est impressionné par l'amie de sa soeur, Benecia Wallin, mais il n'ose pas lui parler. Sa famille entre en contact avec Mr Wallin à l'occasion d'une messe le dimanche où une solidarité se dessine quand une femme dit sa détresse de savoir son fils très malade. Hannah puis Solon témoignent de la force de Dieu à sauver les siens quand Solon avait été grièvement blessé à huit ans. Ceci émeut Mr Wallin et c'est ainsi qu'il est entré en contact avec les Barnes. La solidarité des quakers fait le reste et les deux familles deviennent amies.

Solon et Benecia se déclarent enfin leur amour et leur mariage est conclu après que Solon est venu à Philadelphie travailler dans la banque de Mr Wallin.

Ils vont avoir cinq enfants. L'aînée Isobel se trouve laide. Stewart le plus jeune se montre très vite intrépide. Etta a été la première à s'émanciper de la traduction quaker trop pesante à son goût dans ce début du XXe siècle. Elle a tenu à aller à l'université du Wisconsin avec une amie très "libérée". Orville et Dorothéa se montrent plus discrets.

Page 191 : "Lorsque Etta vint à la maison en compagnie de Volida, pour les vacances du Thanksgiving, la famille Barnes n'eut pas une impression très favorable de l'amie qu'elle s'était choisie. Solon et Benecia se montrèrent bons et aimables à son égard, mais ils jugèrent qu'elle manquait de tact et d'éducation et n'approuvèrent ni ses manières ni ses idées".

Stewart va suivre l'élan donné par Etta en choisissant sa destinée contre l'avis de ses parents.

Pour rappel, la Société religieuse des Amis est un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVII e siècle par des dissidents de l'Église anglicane. Les membres de ce mouvement sont communément connus sous le nom de quakers mais ils se nomment entre eux « Amis » et « Amies ». La Communauté suit des règles strictes de vie mais se montre très unie. Elle n'est plus adaptée aux modes de vie du tournant du XXe siècle, ce que montre très bien "Le Rempart".

Une religion "rempart" contre le modernisme assurément. Solon et Benecia n'ont pas senti venir ces changements. Solon est resté immergé dans la finance sans voir là aussi que les méthodes de gestion ont changé et qu'il est victime lui-même de ses associés.

Un monde qui change en même temps que la prohibition fait son apparition aux USA.

Une famille en pleine mutation, heureuse quand les enfants sont jeunes et déchirée quand ils atteignent l'âge de s'émanciper...

Un roman qui parfois montre des "bons sentiments" un peu trop appuyés quand tout va bien dans la famille, comme si les quakers étaient alors en mesure de créer une réelle empathie entre les êtres.

C'est le seul bémol que j'ai relevé car on est vraiment happé par cette famille et on vit au sein de ce monde en mouvement.

Une lecture que je conseille à tous et plus particulièrement à ceux qui aiment la littérature US et qui ont envie de découvrir cet auteur considéré aujourd'hui comme un des auteurs novateurs de la première moitié du XXe siècle.

Je remercie les éditions Motifs (département des éditions du Rocher) de m'avoir envoyé ce roman. Une belle découverte et aventure littéraire.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Le rempart de Théodore Dreiser (Editions Motifs)
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 18:02
Délivrances de Toni Morrison (Christian Bourgois)

Délivrances de Toni Morrison

(Christian Bourgois - Août 2015 - 198 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christine Laferrière

Titre original : God Help the Child (USA - 2015)

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Vous pourrez constater que le titre original n'a rien à voir avec le titre français. Or, je pense que "God Help the Child" (Dieu, aide l'enfant) aurait mieux donner l'esprit du roman. A noter que wikipedia (en anglais) nous informe que Toni Morrison aurait préféré le titre suivant : "The Wrath of Children" (La colère des enfants).

Les titres en anglais parlent de l'enfant, victime dans le livre de pédophilie. Tous les personnages du roman ont été victimes ou témoins d'attouchements qui ont pu aller dans un cas au meurtre.

 

Lula Ann est née dans les années 90 d'une mère mulâtre et d'un père blanc. Cela a aussitôt été le drame. Le père est parti et le regard des autres sur Lula Ann ont été terribles dans une époque où pourtant la ségrégation était abolie.

On retrouve Lula Ann devenue Bride, lâchée par son amant, Booker. Elle travaille chez Sylvia Inc. où elle a créé une ligne de cosmétiques  "Toi, ma belle". Elle va à la prison pour femmes Decagon et assiste à la sortie de Sofia Huxley, incarcérée depuis quinze ans pour abus sur enfants dont elle a été témoin à l'école. Elle entre en contact avec elle mais se fait frapper quand elle lui dit qu'elle veut l'aider pour sa réinsertion.

Bride a la moitié du visage défiguré et c'est une collègue de travail, Brooklyn, qui l'a conduite à la clinique. Elle ne s'attendait pas à tant de violence de la part de Sofia.

Elle avait été exemplaire comme fillette au procès contre ces instituteurs blancs pervers, dont Sofia. Ella avait déjà vu quelques scènes de pédophilie dont celle de son propriétaire avec un jeune garçon. Elle n'avait donc pas hésité à montrer du doigt Sofia pour la dénoncer. Elle était allée la voir à sa sortie peut être quelque part par repentir.

Bride est redevenue belle grâce aux soins de Brooklyn et d'un chirurgien et elle brille le soir de la présentation officielle de  "toi, ma belle". Et elle couche avec un inconnu.

Elle part à la recherche de Booker et a un accident en cours de route. Elle est soignée pendant plusieurs semaines par un couple qui a "kidnappé" une fillette égarée et qui vit à présent en "harmonie".

Booker a été terrorisé dans sa jeunesse par le meurtre de son frère par un pédophile tueur en série de jeunes garçons dont il abusait avant de les dépecer.

Booker a été trompettiste amateur. Adulte il a vécu avec Felicity puis Bride avant de s'enfuir...

 

Tout le monde fuit quelque chose dans ce roman, en priorité la jeunesse qui n'a jamais été heureuse pour eux.

L'auteure nous montre ainsi des êtres en recherche d'une "délivrance" (pour reprendre le titre français) qui leur donnerait enfin droit à vivre une nouvelle vie plus riche, plus saine et plus harmonieuse.

Toni Morrison mêle le présent et le passé des uns et des autres, offrant souvent une partie entière du roman à leur histoire qui vient à un moment ou à un autre se télescoper avec l'histoire d'un autre personnage.

On est souvent surpris par les événements qui surgissent, dont certains pourraient relever du "fantastique", comme pendant un temps où Bride se sent redevenir petite fille (Lula Ann) .perdant sa féminité (seins et poils pubiens).

On se laisse porter surtout par les mots et les phrases de Toni Morrison, dont on connaît depuis 12 livres combien sa prose est belle et envoûtante.

Tout commence avec les mots de Sweetness, au moment de la naissance de sa fille Lula Ann : "Ce n'est pas de ma faute. Donc vous ne pouvez pas vous en prendre à moi. La cause, ce n'est pas moi et je n'ai aucune idée de la façon dont c'est arrivé. Il n'a pas fallu plus d'une heure après qu'ils l'avaient tirée d'entre mes jambes pour se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Vraiment pas. Elle m'a fait peur, tellement elle était noire. Noire comme la nuit, noire comme le Soudan. Moi, je suis claire de peau, avec de beaux cheveux, ce qu'on appelle une mulâtre au teint blond, et le père de Lula Ann aussi. Y a personne dans ma famille qui se rapproche de cette couleur".

 

Et voilà comment une vie débute très mal dans une société où le raciste est une calamité. Alors, il faut se battre pour s'affirmer, être reconnu par les autres et c'est aussi et surtout ce combat qui est le fil conducteur du roman.

 

Toni Morrison, pour rappel, née en 1931, a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1993, bien mérité, tellement ses livres sont forts, même si ici elle étonne quand elle parle de pédophilie, presque à l'image de Hannah Arendt qui avait parlé de "banalité du mal" pour le nazisme incarné par Eichmann.

Mais on connaît son combat pour le noirs américains et son éthique humaniste. Ne boudons pas notre plaisir pour dire que c'est un très grand livre d'une auteure essentielle.

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec Marjorie Littérature.  Qu'elle en soit une nouvelle fois remerciée car nous avons plaisir à échanger nos opinions tout au long de notre lecture pour mieux cerner les enjeux du texte qui nous est offert.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

 

Délivrances de Toni Morrison (Christian Bourgois)
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 17:01
Une odyssée américaine de Jim Harrison (Flammarion)

Une odyssée américaine de Jim Harrison

(Flammarion - 2009 - 320 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent

Titre original : The English Major (USA - 2008)

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Cliff a décidé de changer de vie et de quitter sa femme Vivian qui le trompe avec Fred. Il part dans son vieux break Taunus marron faire le tour des USA. Il a retrouvé un puzzle des USA et à chaque fois qu'il arrivera dans un état il jettera une pièce. Il commence par le Michigan, point de départ de son odyssée. Le prochain état est le Wisconsin avant de rejoindre le Minnesota. 

Il retrouve Marybelle une de ses étudiante d'autrefois et ils continuent le voyage ensemble, épanouis sexuellement. Elle l'épuise et passe beaucoup de temps sur son portable. Leur route va se séparer dans le Montana quand Marybelle rejoint sa fille et son mari. 

Il roule vers la Californie où il va passer quelques jours avec son fils Robert. Marybelle vient les rejoindre. Son break a rendu l'âme et son fils lui achète un 4x4. Il repart seul, nostalgique de Vivian. N'aurait-il pas intérêt à venir rejoindre sa femme? Mais alors, doit-il renoncer à son voyage.

Il ne traverse qu'une quinzaine d'états avant de rentrer chez lui et abandonner temporairement son périple "américain". Son âge ne l'aide pas trop à l'imaginer.

Ce roman n'est pas vraiment un récit de voyage car on est plus dans le "psychologique" que dans le "descriptif". Il profite de ces temps de route pour réfléchir sur ce qu'il est, ce qu'il est en train de faire et ce qu'il perd à partir ainsi sur les routes.

Page 17 : "Par la fenêtre de la cuisine j'ai regardé mon vieux break Taurus marron qui affichait deux cent mille kilomètres au compteur et je me suis dit qu'il était toujours vaillant. J'ai baissé les yeux vers les quarante-huit Etats multicolores."

Comme dans la plupart des romans de Jim Harrison (1937-2016), l'amour et la sexualité, la pêche, et le voyage en voiture, sans oublier le "gentleman farmer" sont au centre de ce roman. On se laisse toujours porté par les mots de cet auteur qui sait nous "hypnotiser" pour nous embarquer dans ses aventures.

Cliff s'amuse à donner un nouveau nom à chaque Etat de l'Union.

Exemple : Alabama devient  Chickasaw  ou Californie, Chumesh

Ce n'est certainement pas le meilleur roman de Jim Harrison, sans doute la raison pour laquelle c'est Flammarion et non son éditeur habituel, Christian Bourgois, qui l'a édité. Mais lire Harrison, c'est tout de même toujours un ravissement.

Bonne lecture,

Denis

(Livre lu notamment dans le cadre de ma thématique 2017 sur le voyage en littérature).

 

 

Une odyssée américaine de Jim Harrison (Flammarion)
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:11
Pssica d'Edyr Augsto (Asphalte)

Pssica d'Edyr Augusto

(Asphalte - 142 pages - février 2017)

Traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

Edition originale au Brésil : 2015 avec le même titre

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C'est le deuxième roman (polar) d'Edyr Augusto que je lis après "Nid de Vipère" l'an dernier et que j'avais beaucoup aimé.

C'est ainsi que j'ai demandé à l'éditeur s'il était possible de recevoir ce nouveau roman qui vient juste de sortir en librairie et je l'en remercie de me l'avoir envoyé en service de presse.

 

Janalice a 14 ans et a été renvoyée du lycée, son petit ami faisant circuler une vidéo de leurs ébats sexuels. Elle est alors conduite chez sa tante mais Celio le petit ami de la tante abuse d'elle la nuit. Elle rencontre Dionete, une jeune femme qui l'initie à la drogue et partage son ami avec elle. Et un jour Janalice est enlevée. 

Page 11 : "Hey ! Di est au marché. Une robe dans les mains. Ca te dirait de l'acheter? Pas cher ! Regarde, ça te va super bien. Parfait pour une fête ! Allez, achète-là. Ce que tu as. J'ai pas d'argent. Dionete se propose de lui offrir. Je m'arrangerai, pour l'argent. Bon. Allez, on y va. Elles s'approchent de la rue Riachuelo. Dionete va droit vers un homme grisonnant."

Une bande a attaqué le magasin de Manoel prenant sa femme en otage après qu'il ait tiré sur un des voleurs. Sa femme morte, assassinée, il part à la recherche des agresseurs et tombe sur un des organisateurs et le tue. Preá devenu Jonas a tout vu et se promet vengeance. 

Amadeu un flic en retraite et ami du père de Janalice est missionné par lui pour retrouver sa fille. La meilleure piste est Dionete mais son corps a été transpercé de balles en pleine rue par un motard. 

Janalice passe plusieurs mois auprès de Zé qui l'a achetée. Bien qu'il soit d'aspect plutôt répugnant elle finit par aimer faire l'amour avec lui jusqu'à ce qu'elle soit brusquement emmenée avec d'autres filles sur un bateau. 

Preá s'est constitué une bande et arraisonne avec violence les bateaux qui circulent sur le fleuve. 

Les règlements de compte ont lieu entre bandes. Et lors d'une fête Janalice est montrée comme la plus belle des putes présentes. Preá passe un moment délicieux avec elle. Elle lui demande de la sortir d'ici et il est prêt à l'acheter. Manoel a aussi repéré Janalice et lui aussi voudrait la sauver mais au matin elle est embarquée pour Cayenne et une fusillade éclate pour la protéger des deux qui veulent la sortir de cette prostitution...

Pssica signifie "malédiction". Les personnages sont réellement victimes de "malédiction". Rien ne va comme ils le voudraient dans cette zone du Brésil, à la frontière de la Guyane où la violence fait partie des "us et coutumes".

On retrouve dans ce livre le style incisif fait de phrases très courtes qui claquent comme les évènements terribles qui se répandent dans ces pages.

Edyr Augusto, né en 1954 à Belem, connaît bien cette région qui sert de cadre à chacun de ses livres. Il n'épargne pas son lecteur, au point de le noyer de temps en temps dans ces mondes où il faut changer de nom régulièrement pour survivre. On ne se souvient plus toujours de qui est qui par rapport à tel ou tel personnage. On aime tuer, c'est une certitude car il faut toujours se venger de quelqu'un.

Une narration efficace pour ce roman dans lequel on espère à chaque page que Janalice pourra sortir des griffes de ces hommes sans foi ni loi...

Bonne lecture,

Denis

Pssica d'Edyr Augsto (Asphalte)
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 19:30
" Chez eux " Carole Zalberg - Babel Actes Sud
" Chez eux " Carole Zalberg - Babel Actes Sud

 

Chez eux de Carole Zalberg

(Babel - Actes Sud - 99 pages - 2015)

 

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Ce récit sobre et prenant à la fois, nous emmène dans le quotidien de cette fillette juive " Anna Wajismky " , venue de Pologne en France avec sa mère en 1938, afin d'essayer de passer entre les mailles du filet nazi et éviter ainsi la déportation vers des camps.

Anna se retrouve confiée à une famille de fermiers à Vacheresse en Haute - Loire , les Poulou ( Poulange de leur nom de famille ).

Des paysans bourrus , incapables de témoigner ne serait - ce qu'un peu d'affection à cette petite fille mais qui ont le courage de cacher cette enfant juive au risque de leur vie.

Anna se retrouve loin des siens dans un quotidien rude au sein de la ferme, un manque d'amour, et aussi des conditions matérielles déplorables dues à la guerre.

Mais sa force , elle la puise à l'école , auprès de son institutrice , MelleTournon qui lui témoigne dès son arrivée toute son attention , son soutien et de la tendresse.

Elle fera d'ailleurs tout son possible pour préparer un avenir à Anna quoi qu 'il arrive!

Malgré les manques et les duretés de la vie , Anna s'en sortira transformée, car le déracinement, la perte d'identité sont affaires de survie pour cet enfant juive.

 

Inspiré par l'histoire de la propre mère de l'auteur, ce récit sobre et tendre , dresse un monument de pudeur aux enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale et à tous ceux qui , en dépit des risques, leur ont porté secours au nom de la dignité et de la solidarité humaine.

 

J'ai eu un coup de cœur pour la 4ème de couverture lors du Salon du livre de la Mairie du VII ème à Paris , le samedi 28 janvier dernier.

 

L'occasion de rencontrer Carole Zalberg, une découverte pour moi, qui m'a gentiment dédicacé son livre.

 

Une belle plume, une auteur dont je lirai d'autres livres et que je vous conseille vivement de découvrir !

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 17:48
Kafka sur le rivage de MURAKAMI Haruki (10/18)

Kafka sur le rivage de MURAKAMI Haruki

(10/18 - 638 pages - juin 2007)

Traduit du japonais par Corinne Atlan

Titre original: Umibe no Kafuka (2003)

Première édition française : Belfond 2006

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Cartésiens de tout poil, passez votre chemin. Ce roman n'est pas fait pour vous, sauf si comme moi, vous êtes curieux en littéraire et n'hésitez pas à vous "mettre en danger", bousculant alors votre "confort" littéraire.

Car ce roman qui a eu un grand succès de librairie se joue de tous les genres pour nous emmener dans les tréfonds des rêves et des fantasmes.

Laissez-vous porter par les mots de MURAKAMI avec en fonds d'oreille la bande sonore du roman qui passe sans soucis de Coltrane à Beethoven entre autre. N'oubliez pas d'avoir à côté de vous l'oeuvre de Kafka, de Soseki, sans oublier les "Contes des mille et unes nuits".

 

Un jeune garçon, Kafka Tamura (un pseudonyme) se doit de s'enfuir de chez lui le jour de ses quinze ans pour affronter la tempête de la vie, influencé par le "garçon nommé corbeau". 

Il part donc en autocar pour une nuit de route vers l'île de Shikoku. 

Une jeune fille, Sakura, qui pourrait être sa sœur l'aborde lors de la halte sur l'autoroute et termine le voyage à ses côtés. A l'arrivée elle lui donne son numéro de téléphone.  

Il passe sa première journée à la bibliothèque privée de la fondation Komura, propriété d'une riche famille. 

Nakata est idiot depuis 60 ans après un évanouissement collectif d'une classe en 1944. Il est le seul à être resté évanoui plusieurs jours. Il sait parler avec les chats et l'un d'eux qu'il surnomme Otsuka lui dit que son ombre est plus mince que celle des autres humains comme s'il lui manquait la moitié de son corps. Quand il est revenu de son évanouissement au bout de deux semaines Nakata était amnésique ne se souvenant pas de son chat qu'il admirait pourtant. 

Kafka vient de subir un moment d'inconscience et se réveille avec du sang qui n'est pas le sien. Quant à  Nakata il apprend d'une chatte Mimi qu'un grand homme à chapeau et bottes de cuir tue des chats dans le secteur. 

Sakura écoute Kafka raconter son histoire et l'héberge pour une nuit et le lendemain il raconte une autre partie de son histoire à Oshima, le jeune homme qui travaille à la bibliothèque et il l'emmène loin d'ici en pleine forêt où il a hérité d'une cabane. Kafka pourra y rester deux ou trois jours avant qu'il lui trouve une solution de travail à la bibliothèque avec hébergement. 

Nakata est guidé par un chien jusqu'à l'homme qu'il recherchait comme tueur de chats. Il le voit tuer des chats devant lui et lui dit que quand il en aura assez qu'il le tue. C'est ce qu'il fait avant qu'il ne tue la chatte qu'il cherche désespérément. 

Kafka rentre avec Oshima pour s'installer comme promis à la bibliothèque où il pourra travailler. Oshima lui parle alors de Melle Saeki la responsable de la bibliothèque. Elle a aimé un des fils Komura dans sa jeunesse au point d'écrire une seule chanson qui a eu un succès fou "Kafka sur le rivage". 

Vous aurez compris que deux histoires parallèles se déroulent sous nos yeux. Kafka nous parle, au présent, de son vécu alors que l'histoire de Nakata qui se déroule dans le même temps, suppose-t-on (car il n'y a aucunes certitudes dans ce roman), est racontée par un narrateur qui parle au passé, comme pour prendre du recul.

Tel un métronome, le roman alterne les deux histoires un chapitre sur deux pendant plus de 600 pages et 49 chapitres.

L'écrivain Kafka est cité car bien sûr le titre nous renvoie vers cet auteur de l'absurde et tout semble bien absurde dans ce roman où il peut pleuvoir des poissons ou des sangsues, un homme est capable de parler avec une pierre. On peut tuer sans le savoir. Des fantômes apparaissent prenant parfois la forme de personnages "connus" : le capitaine Sanders ou Johnny Walken. Bien d'autres artifices, telle cette pierre qui peut être légère ou très lourde selon les moments, des ténèbres en pleine forêt... viennent aussi rompre avec la rationalité de la vie.

Kafka en tchèque veut dire "corbeau" ! Etonnant, non !

J'ai fait cette lecture avec Marjorie Littérature sous forme d'une "lecture commune" où presque tous les jours nous avons échangé via messenger nos impressions. Et nous avons eu le même sentiment du 'roman inachevé", qui donne des pistes de réflexion sur l'initiation à la vie d'un adolescent à travers les scènes "fantastiques" qui se succèdent dans le roman.

Nos mots pour résumer le livre : perplexité, scepticisme, étonnement !

Un drôle de livre pas drôle du tout !

A lire pour entrer dans un univers où la philosophie, la psychanalyse entrent en scène pour nous proposer une "interprétation" de la vie ! Sachant que nos questions resteront certainement sans réponses.

Bonne lecture,

Denis

 
Kafka sur le rivage de MURAKAMI Haruki (10/18)
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 17:06
Le mobile de Javier Cercas (Actes Sud)

Le mobile de Javier Cercas

(Actes Sud - 90 pages - novembre 2016)

Traduit de l'espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic

Titre original : El Movil (1987 puis 2003)

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L'auteur nous informe en fin de volume que ce livre est paru initialement en 1987 et comprenait 5 récits. Après relecture 15 ans plus tard, Javier Cercas a décidé de ne garder que ce texte. Il vient d'être traduit et publié en France cet automne, après que 7 livres de l'auteur aient été publiés depuis 2002 par Actes Sud.

Alvaro rêve d'être écrivain, lui qui est fasciné par Gustave Flaubert. Il est employé dans un cabinet juridique et quand il rentre dans son immeuble il ne pense qu'à écrire. Mais écrire quoi?

Il connaît bien peu de monde et se dit qu'il se doit absolument de raconter des "choses vues" car il n'a pas vraiment d'imagination.

Page 9 :  "Il avait subordonné sa vie à la littérature ; ses amitiés, ses intérêts, ses ambitions, son avancement professionnel ou l'amélioration de ses finances, ses sorties dans la journée ou la soirée, tout s'était vu relégué au bénéfice de celle-ci".

 

Alors, il se dit que les habitants de son immeuble qu'il ne connaît pas pourraient servir de modèles à ses personnages, à commencer par la concierge qui est censée tout savoir sur tout le monde. Il n'hésite pas à la séduire et même à coucher avec elle dans ce but.

Il se met aussi à épier ses voisins, à les écouter comme il le peut.

Page 38-39 : "Alvaro s'asseyait sur la lunette des toilettes et tendait l'oreille en retenant son souffle. Dans la fourmilière matinale de l'immeuble, il les entendait se lever, réveiller les enfants, préparer et prendre le petit-déjeuner. (...) Dans le silence de la nuit, il l'entendait, elle, qui riait de plaisir, ou il surprenait les murmures des conversations dans la pénombre paisible de leur chambre ; puis, les respirations saccadées, les gémissements, le grincement en rythme du lit, et le silence immédiatement après. Un matin, il les entendit rire ensemble sous la douche..."

 

Vous aurez compris qu'il y a beaucoup d'humour dans ce court récit. Alvaro va se rendre aimable avec chacun, engageant la conversation avec presque tous ses voisins alors qu'il ne parlait quasiment jamais avant d'entreprendre son grand oeuvre littéraire !

 

Une lecture stimulante et fort agréable pour découvrir ou approfondir sa connaissance de l'oeuvre de Javier Cercas, né à Caceres en 1962.

 

Bonne lecture,

Denis

Le mobile de Javier Cercas (Actes Sud)
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