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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 18:04
Le roman policier par Yves Reuter (Armand Colin)

Le roman policier par Yves Reuter

(Armand Colin - Cursus - 150 pages - 3e édition 2017)

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Un livre très utile pour approfondir ses connaissances sur le roman policier, par Yves Reuter, professeur en didactique du français à l'université de Lille.

L'auteur nous rappelle que le roman policier est né véritablement avec Edgar Allan Poe en 1841 avec sa nouvelle "Double assassinat dans la rue Morgue".

Va suivre le "roman judiciaire" avec "L'Affaire Lerouge" en 1863 qui parait en feuilleton en 1863.

Le feuilleton dans les journaux a favorisé l’émergence du genre auprès du "roman d'aventure" qui recouvrait également le roman policier, autant en France qu'en Angleterre par exemple avec William Wilkie Collins qui publie dans les journaux "La Dame en Blanc" en 1859 et 1860.

En élément de définition, Yves Reuter écrit page 13 : 

 

Le roman policier peut être caractérisé par sa focalisation sur un délit grave, juridiquement répréhensible (ou qui devrait l'être). Son enjeu est, selon le cas, de savoir qui a commis ce délit et comment (roman à énigme), d'y mettre fin et/ou de triompher de celui qui le comment (roman noir), de l'éviter (roman à suspense).

Ainsi, cette définition permet de distinguer trois grandes classes de romans policiers :

- Le roman à énigme : "Dans le roman policier à énigme, on passe de l'énigme à la solution par le moyen d'une enquête";

- Le roman noir : "Dans le roman noir, la violence et les actions ont une place essentielle".

C'est un genre aux structures narratives très ouvertes entre histoires de vie, épopées sanglantes, casses, délinquance...

- Le roman à suspense : tout peut arriver dans ces romans. L'action est violente au début et à la fin et elle reste virtuelle, suspendue pendant le déroulement de l'histoire.

L'auteur détaille chacune de ces classes avec des exemples à l'appui selon un même schéma : composantes structurelles et organisation de la fiction.

Puis une dernière partie a pour titre "roman policier et littérature" car il faut bien admettre que littérature noire et littérature blanche reste un point de débat important qui hélas, comme le racisme, entend hiérarchiser ces littératures.

Alors Yves Reuter nous apporte des éléments de réflexion :

Même si l'on considère roman policier et littérature comme deux ensembles séparés "a priori", on est saisi par la multiplicité des relations entre ces deux domaines,ne serait-ce que du point de vue des auteurs et des critiques.

L'auteur rappelle alors que Balzac, avec Vautrin par exemple, Stendhal à travers un fait divers à l'origine de "Le rouge et le noir"; Hugo avec entre autres Valjean et Javert, Zola, Bernanos (Un crime), Hemingway (Les tueurs), Graham Greene (Tueur à gage) et bien d'autres ont écrit du roman avant tout basculant ou non dans le "policier".

Ce livre universitaire dans son contenu permet ainsi de confirmer pour les amoureux de la littérature qu'il convient de lire un livre sans préjugés.

Pour ma part, quand je lis un roman dit "policier" je le lis avant tout comme un livre qui doit m'apporter un plaisir de lecture, une envie de me laisser envahir par les mots et le style.

Et je n'ai pas envie de classer comme dans les librairies, bibliothèques ou chez les éditeurs, les livres entre blancs et noirs.

"L'étranger" de Camus devrait être rangé dans les deux rangées de livres par exemple. Ou "De sang froid" de Truman Capote.

Lisez ce livre qui est vraiment passionnant car il définit des champs du possible qui caractérisent le roman policier, sachant que tout auteur se trouve à un moment de son oeuvre confronté à ce "genre". Et oublions les clivages arbitraires.

Arrêtons de tout cataloguer et continuons à aimer LA littérature, y compris la poésie, ne l'oublions pas.

Bonne lecture,

Denis

 

Le roman policier par Yves Reuter (Armand Colin)
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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 17:52
Plus haut que la mer de Francesca Melandri (Folio)

Plus haut que la mer de Francesca Melandri

(Folio - 219 pages - février 2016)

Traduit de l'italien par DanièleValin

Titre original : Più Alto del Mare (2011)

Première édition française : Gallimard (2015)

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"Plus haut que la mer" est le deuxième roman de Francesca Melandri, écrivaine, scénariste pour le cinéma et la télévision et réalisatrice, après "Eva dort"en 2010 (Gallimard 2011).

L'île n'était pas en pleine mer, mais c'était tout comme. Seul le Détroit, apparemment facile à traverser à la nage, la séparait de la terre ferme, qui était en fait une grande île. Les vents balayaient toutes les vapeurs, fumée et impuretés de l'air, et même les bouffées noirâtres de l'usine pétrochimique. Ainsi l'île semblait très proche, presque au point de la toucher - mais c'était une illusion. (page 21)

Une première île à atteindre en ferry puis une deuxième île à toucher en ferry également pour parvenir au sinistre lieu qui abrite une prison laquelle contient un "quartier spécial" réservé aux prisonniers particulièrement "dangereux" par leur passé. On est en 1979, dans la période où le terrorisme était très ancré dans la vie quotidienne italienne avec les "brigades rouges".

Parmi les passagers des deux ferries, on peut repérer Luisa, partie seule, laissant ses cinq enfants s'occuper de la ferme, pour aller rendre visite à son mari. Il en est à son deuxième meurtre mais c'est le dernier en date qui l'a mené ici, car il a tué un gardien.

Sur le ferry, il y a également Paolo. Lui, il est habitué à parcourir l'Italie pour suivre son fils de prison en prison.

Nitti Pierfrancesco est du voyage. Mais lui est un des gardiens du "quartier spécial" et il escorte un nouveau prisonnier.

Paolo a repéré Luisa au moment où ils montent dans un bus qui les conduit à la prison, car elle n'a pas de place assise et il lui cède la sienne. Ce sont les deux seuls visiteurs à venir pour ce "quartier". Les autres passagers, essentiellement des gardiens, sont descendus avant.

Un long périple donc pour venir jusqu'au fils et au mari. Une fouille soignée pour commencer avant de pouvoir enfin rencontrer le prisonnier.

Et très vite il faut penser au retour, d'autant que le mistral s'est levé et le car-ferry va devoir repartir au plus vite avant la tempête.

Malheureusement, un contretemps va empêcher le retour et il va falloir passer une nuit sur l'île, ce qui n'est pas prévu dans le protocole pénitentiaire...

L'angoisse monte et le lecteur est pris dans ce tempo se demandant ce qui va arriver.

Paolo et Luisa se sentent "seuls" et Nitti sera leur seul interlocuteur.

Le roman n'est pas politique. Il fait quelques discrètes références aux "brigades rouges" pour lesquelles Paolo aurait pu avoir quelques sympathies qui ont pu avoir un impact sur son fils et en faire un "révolutionnaire".

Paolo a beaucoup de culture et il a été enseignant de philosophie tandis que Luisa est une "paysanne" très peu cultivée. Rien n'aurait pu les rapprocher sans ce voyage au "bout d'un enfer carcéral".

L'auteure fait des retours en arrière pour expliquer le contexte de vie de chacun qui s'est organisé depuis de trop longues années autour des difficultés nées des incarcérations des deux prisonniers.

C'est un très beau texte maîtrisé de bout en bout par Francesca Melandri. Elle sait créer de l'empathie pour ces deux visiteurs qui ont perdu beaucoup d'illusions, enfermés dans leurs silences et qui vont devoir "cohabiter" le temps d'un voyage compliqué encore plus par la tempête.

Un livre à lire sans modération. Une très belle plume.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

Plus haut que la mer de Francesca Melandri (Folio)
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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 17:05
Aquarium de David Vann (Gallmeister)

Aquarium de David Vann

(Gallmeister - collection "Nature Writing" - 271 pages - Octobre 2016)

Traduit de l'anglais (USA) par Laura Derajinski

Titre original : Aquarium (2015 - Grove Press, New York)

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Huitième roman de David Vann, sixième traduit en français, après le grand succès remporté dès 2010 par Sukkwan Island, que j'ai lu en 2016 et qui avait été un réel "choc".

Celui-ci l'est moins. on pourrait dire qu'il est plus "soft". Malgré tout, avec David Vann n'attendez pas un roman "fleur bleu" où tout serait "idyllique", et chez Gallmeister, même dans sa collection "Nature Writing" le lecteur est rarement épargné.

 

Caitlin a 12 ans et vit avec sa mère, Sheri, femme célibataire qui amène de temps en temps un homme à la maison, tel ce soir Steve, informaticien charmeur avec son harmonica.

Caitlin est fascinée par les poissons et elle se rend chaque jour après l'école à l'aquarium de leur ville, Seattle. Elle y a un abonnement annuel et aujourd'hui elle a rencontré un vieil homme qui a la même passion qu'elle.

 

 

Je trouvai le vieil homme si proche de la vitre qu'il semblait aspiré dans le bassin. Bouche bée, regard incrédule.
Un poisson-main, dit-il. Un poisson- main rouge. Ca ressemble encore moins à des nageoires que celles du poisson-grenouille d'hier.
(...) Regarde-moi ça, lan ça le vieil homme. On dirait qu'il est accoudé à une fenêtre.
C'était vrai. (page 21)

L'auteur semble aimer également les poissons car il les décrit avec précision et les pages qui se passent à l'aquarium sont agrémentées de dessins au crayon de l'auteur.

L'aquarium serait un microcosme, lieu idéal de vie, surtout que l'harmonie est la règle d'organisation d'un aquarium afin d'éviter tout "conflit" entre poissons.

Et Caitlin qui a une vie difficile avec une mère acariâtre, laquelle dit avoir souffert dans sa vie n'est pas épargnée par elle. 

Caitlin prépare avec sa classe la fête de fin d'année. Ainsi, les cours sont suspendus et elle s'ennuie. Heureusement qu'elle a une amie Shalini. Elles vont développer un amour authentique qui vont leur faire du bien.

Les compteurs semblent être au vert pour la jeune fille entre ce vieil homme qui la comprend et partage ses goûts et Shalini qui lui apporte de l'amour. Seulement, un jour, l'homme demande à rencontrer la mère de Caitlin.

Quand elle en parle à sa mère, elle reçoit une gifle et quand elle répond aux questions en répondant oui que le vieil homme a montré de l'empathie et a parlé d'un voyage, la mère alerte la police pour faire arrêter ce "pervers" au moment où elle se rendra à l'aquarium;

Le scénario se déroule comme prévu pour la plus grande tristesse de Caitlin qui sent que son ami considérera qu'elle l'aura trahi !

Et coup de tonnerre, Sheri connaît cet homme !

Impossible de raconter la suite au risque de "divulgacher" la lecture de la fin du roman.

 

David Vann maîtrise l'intrigue et nous laisse constamment dans l'attente d'un événement qui viendra bousculer les personnages, surtout Sheri et Caitlin dont les tensions ne cessent de croître au fil des pages.

 

Comme toujours avec cet auteur, on ne peut que recommander la lecture de ses romans, tellement forts et surtout tellement bien écrits. Pas un mot de trop, ou peut-être ici, juste des descriptions de poissons un peu à la Jules Verne qui donnent envie de passer pour les non initiés quelques paragraphes.

 

Lecture faite en commun avec Marjorie (suivre le lien) dont le ressenti a été très proche du mien tout au long de notre lecture. Je la remercie encore une fois ici de la complicité littéraire qui fait de nos "LC" des moments de fructueuses lectures.

Bonne lecture,

Denis

 

Aquarium de David Vann (Gallmeister)
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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 16:08
Meurtriers sans visage de Henning Mankell (Le Seuil - Opus)

Meurtriers sans visage de Henning Mankell

(Le Seuil - Opus - Intégrale Wallander 1 - Novembre 2010)

(300 pages pour cet "épisode")

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

Titre original : Mördare utan ansikte (1991)

Première édition française : 1994 (Christian Bourgois Editeur) et pour la traduction 2001.

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La série Wallander que j'ai présentée dans un précédent article (lire ici) débute avec ce roman publié en 1991 en Suède : Meurtriers sans visage.

 

8 janvier 1990 : réveil inhabituellement tôt pour ce vieil homme de 70 ans, Nyström, cultivateur retraité. Il n'a pa entendu la jument du voisin hennir comme elle le fait tout le temps. Et puis il voit que la fenêtre des voisins, les Lövgren est ouverte. Et il entend un cri qui est celui de Maria.Un carnage a eu lieu et il appelle aussitôt la police.

 

Kurt Wallander, 42 ans, est reveillé par le commissariat et part immédiatement sur les lieux. L'homme est mort, ensanglanté et mutilé de toutes parts tandis que sa femme vit encore, à moitié étranglée. Mais elle ne survit pas longtemps, lâchant un seul mot avant de mourir : "étranger".

 

Le nœud coulant n'est pas commun et la jument fournie en foin sans doute après le meurtre forment deux des énigmes à élucider, sans oublier que dans une Suède de plus en plus raciste, le mot "étranger" risque de créer un climat délétère quand les médias vont s'emparer de l'affaire.

 

Wallander commence l'enquête dans un contexte familial difficile pour lui : Mona, son épouse, l'a quitté et sa fille Linda s'est éloignée de lui ; quant à son père, âgé de 80 ans, il vit dans des conditions précaires chez lui, se négligeant et ne pensant qu'à peindre interminablement le même tableau.

 

L'on apprend très vite que ce Lövgren n'a pas eu une vie si sage qu'on pourrait le croire.

Sen Widen, son beau-frère déclare qu'il a trafiqué de la viande pendant la guerre avec les allemands, se constituant une petite fortune qu'il a fait fructifier sans en parler à son épouse puis à ses filles. Il a eu par ailleurs une aventure avec un femme qui lui a donné un fils sans le reconnaître officiellement.

 

Et inévitablement, le fait que ce meurtre ait pu être commis par un étranger, des "extrémistes" mettent le feu à un camp de réfugiés et tuent même un "innocent émigré".

Autant de nouvelles pistes à explorer mais l'affaire est compliquée et il faudra bien de la persévérance pour avancer...

 

Mankell a un art d'écrire avec sobriété, à partir de phrases courtes et percutantes. Il sait ménager le suspens et introduire les tracas personnels de Wallander au sein du récit, n'en faisant pas qu'un seul roman policier. On vit au cœur de l'enquête avec tous ses tours et détours pour le plus grand plaisir de lecture.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Meurtriers sans visage de Henning Mankell (Le Seuil - Opus)
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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 19:24
Kurt Wallander compagnon de route au long cours de Henning Mankell

L'intégrale Wallander de Henning Mankell

(Tome 1 - 1028 pages - Novembre 2010)

1 - Meurtriers sans visage

2 - Les chiens de Riga

3 - La lionne blanche

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Début de la préface de Henning Mankell à l'édition intégrale en trois tomes :

 

"Il y a de cela vingt et un ans, je revenais en Suède après une longue période africaine (...). Nous étions donc en 1989. De grands événements se préparaient dans le monde : la chute du mur de Berlin et la fin annoncée de l'apartheid en Afrique du Sud.

 

Mais, en Suède, j'ai aussi remarqué autre chose : une xénophobie qui n'hésitait plus à montrer son visage. Cela me préoccupait dans la mesure où le racisme est pour moi la plus visqueuse, la plus gluante, la plus méprisable des maladies collectives. Alors j'ai décidé d'écrire là-dessus.  Le racisme ayant selon oi un soubassement criminel, j'ai choisi d'utiliser la trame du crime pour le livre que j'avais en tête. Et, dans ce cas, ai-je pensé, il allait sans doute aussi me falloir un policier.

 

En consultant mes anciennes notes, je constate que le personnage de Kurt Wallander est né un jour de mai. Son nom m'est venu en feuilletant l'annuaire téléphonique de Malmö. J'ai trouvé Kurt à une page et Wallander à une autre.

 

Je tiens à souligner ce point. J'ai inventé Kurt Wallander parce que j'avais besoin de lui pour raconter une histoire. Cela n'a jamais changé par la suite. D'abord le récit, ensuite le commissaire.

 

(...) J'ai écrit "Meurtriers sans visage" il y a vingt ans. A présent, je viens d'écrire le dernier de la série, "L'homme inquiet". (...) J'ai écrit ce livre après avoir compris qu'il manquait une dernière histoire. Celle où Kurt Wallander serait au premier plan - pas seulement en qualité d'enquêteur, mais en tant qu'objet même du récit.

 

(...) Mais tout a une fin. C'est inévitable et, au bout de vingt ans, le temps est maintenant venu d'en finir. (...) Je vais simplement le laisser en paix. Je referme la porte et je le laisse poursuivre sa vie, sans l'encombrer ni m'encombrer davantage avec le récit de ce qui lui arrive..."

 

 Henning Mankell, juillet 2010 (traduit du suédois par Anna Gibson)

 

                                                        -----------------------------------

 

Une nouvelle aventure littéraire s'ouvre ainsi à moi avec ce tome 1 qui reprend dans l'ordre les trois premiers des dix volumes, avec" Meurtriers ans visage". 

Kurt Wallander apparaît page 19 au deuxième paragraphe du chapitre 2 ainsi :

                                                    

 

 

Kurt Wallander dormait. Il avait veillé beaucoup trop longtemps la nuit précédente, à écouter ces enregistrements de Maria Callas qu'un de ses amis lui avait envoyés de Bulgarie. Il avait passé plusieurs fois de suite sa "Traviata" et il était près de deux heures quand il était allé se coucher. Au moment où la sonnerie du téléphone l'arracha au sommeil, il était au milieu d'un rêve très puissamment érotique.

Tome 1 :

1- Meurtriers sans visage ((sv) Mördare utan ansikte, 1991), trad. Philippe Bouquet (édition française 1994)
2- Les Chiens de Riga ((sv) Hundarna i Riga, 1992), trad. Anna Gibson (édition française 2003)
3- La Lionne blanche ((sv) Den vita lejoninnan, 1993), trad. Anna Gibson (édition française 2004)

Tome 2 :


4- L'Homme qui souriait ((sv) Mannen som log, 1994), trad. Anna Gibson (édition française 2005)
5- Le Guerrier solitaire ((sv) Villospår, 1995), trad. Christofer Bjurström (édition française 1999)
6- La Cinquième Femme ((sv) Den femte kvinnan, 1996), trad. Anna Gibson (édition française 2000)

Tome 3 :


7- Les Morts de la Saint-Jean ((sv) Steget efter, 1997), trad. Anna Gibson (édition française 2001)
8- La Muraille invisible ((sv) Brandvägg, 1998), trad. Anna Gibson (édition française 2002)
9- L'Homme inquiet ((sv) Den orolige mannen, 2009), trad. Anna Gibson (édition française 2010)


 

Kurt Wallander compagnon de route au long cours de Henning Mankell
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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 17:06
Jean Lorrain - Gustave Moreau : Correspondance et Poèmes (RMN)

Correspondance et Poèmes - Jean Lorrain et Gustave Moreau

(Réunion des Musées Nationaux - Collection "Textes RMN" - 94 pages - Octobre 1998)

Edition présentée et annotée pas Thalie Rapetti, historienne d'art.

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Jean Lorrain (1855-1906) est encore un jeune poète quand il débute une correspondance en 1883 avec le déjà grand peintre, Gustave Moreau (1826-1898), son aîné de 30 ans.

Subjugué par les peintures de Moreau, il lui envoie des poèmes qui s'inspirent de ses toiles.

En témoigne, à titre d'exemple, cette lettre de juin 1883 :

 

 

Une avalanche de vers, cher maître, mais aussi pourquoi peindre, ou plutôt pourquoi concevoir, ressentir et faire à votre tour concevoir et ressentir des visions aussi finies et aussi troublantes.
Je suis amoureux et cela irrémédiablement des Sirènes, du Sphinx et de la Chimère, chimérique amoureux moi-même d'énigmes et de mystères, je vous envoie ces maladives élucubrations avec prière de pardonner beaucoup à un des vrais malades de votre art;
Jean Lorrain - Fécamp, juin 83

La chimère - Gustave Moreau (1867)

La chimère - Gustave Moreau (1867)

Ainsi, trois poèmes sont annexés à sa lettre, dont celle concernant le tableau "La chimère" :

 

A Gustave Moreau.

La Chimère indomptable aux yeux profonds et bleus, 
Abîmes rayonnants dans un visage d'homme, 
Des palais de Sodome aux Lesbos qu'on renomme,
Droite, appuie au Zénith ses quatre pieds en feux.

Son poitrail qui se cabre et ses jarrets nerveux 
Emportent par le gouffre, où l'air siffle et s'enflamme, 
Lascif et douloureux, un souple corps de femme 
Nue et flottant dans l'ombre entre ses lourds cheveux.

Les crins d'or de la bête et la toison d'aurore 
De la femme en extase, embrasant l'air sonore, 
Font une aube de gloire au fond du ciel obscur.

Le vertige les tord et, dardant sa prunelle, 
Les bras autour du cou du monstre aux yeux d'azur, 
S'enfonce dans la nuit la Rêveuse éternelle.

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La correspondance, assez peu abondante se termine en octobre 1893. Un peu plus de dix ans pour dire en poèmes une immense admiration.

A lire pour le plaisir des mots et la redécouverte de l'oeuvre de Moreau sous le regard d'un jeune poète. Un seul dommage, les oeuvres de Moreau ne sont pas reproduites dans ce recueil.

Denis

Jean Lorrain - Gustave Moreau
Jean Lorrain - Gustave Moreau

Jean Lorrain - Gustave Moreau

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 12:21
Dans les angles morts d'Elizabeth Brundage (Quai Voltaire)

Dans les angles morts d'Elizabeth Brundage

(Quai Voltaire - 514 pages - janvier 2018)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Arnaud

Titre original : All things Cease to Appear (USA - 2016)

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En exergue au roman : "Sous ces étoiles, il y a tout un monde de monstres évoluant en silence" (Herman Melville)

Cette phrase (et une autre de William Blake) résume bien l'esprit de ce premier roman traduit en français. 

C'est une très belle réussite car ce livre est vraiment excellent. L'auteure prend son temps pour raconter l'histoire de quelques personnages qui gravitent autour d'une ferme, lieu d'ancrage du roman.

En rentrant chez lui, George Clare a découvert le corps de sa femme, une hâche plantée dans le crâne. Manifestement, la petite Franny était présente mais elle n'a rien dit et son père a refusé que la police l'interroge, au risque de la traumatiser. C'est le sherif Lawson qui s'est collé à l'affaire.

On est alors le 29 février 1979.

Il avait recommencé à neiger. Cinq heures trente de l'après-midi. Il faisait presque nuit. Elle venait de disposer leurs assiettes quand les chiens se mirent à aboyer.
Son mari repose son couteau et sa fourchette, mécontent d'être dérangé pendant son dîner. Qu'est-ce-que c'est, encore?
June Pratt écarta le rideau et vit leur voisin sous la neige, portant l'enfant, pieds nus, dans ses bras. Aucun des deux n'avait de manteau. Apparemment, la fillette était en pyjama. c'est George Clare, dit-elle. (incipit du roman)

On repart en 1978, un an auparavant, pour comprendre comment on en est arrivé à ce meurtre, qui ne semble pouvoir être que "passionnel" !

Les Hale vivaient dans la ferme achetée par les Clare. Seulement, les parents Hale, criblés de dettes se voient dans l'obligation de se séparer de la ferme et ils se suicident, laissant Wade, Eddy et Cole orphelins.

Ce sont donc les Clare qui se portent acquéreurs plus de trois mois après la mise en vente. Et encore personne ne leur a dit ce qui s'était passé afin de ne pas les décourager d'acheter la ferme. George étant muté à l’université d'où ce choix qui n'a pas franchement plus à son épouse Cathy.

Retour un peu plus en arrière pour nous préciser qu'ils se sont connus pendant leurs études et qu'ils ont eu un coup de foudre l'un pour l'autre.

Dès que les Clare se sont installés, les frères Hale sont venus proposer leurs services sans dire que c'était leur maison auparavant.

Des sentiments plus intimes semblent se dessiner entre Eddy et Cathy, tandis que George s'intéresse à la fiancée d'Eddy. Il faut dire qu'il est plutôt "coureur", c'est en tout cas la réputation qu'il a.

Les liens entre les uns et les autres viennent compliquer les relations de "bon voisinage" à Chosen (état de New York).

La vie de chacun se révèle avec comme finalité de savoir qui est coupable du meurtre... 

Vous aurez compris que l'on est dans une sorte de "polar" mais un fil narratif à la manière de la littérature dite blanche, ce qui renforce la qualité du roman qui ne veut ressembler à aucun genre.

On sent les tensions monter entre les uns et les autres et cela devient "insupportable" car tout peut exploser à tout moment. L'auteure maintient parfaitement bien le "suspens" en avançant ses pions avec patience et efficacité.

En résumé, c'est un excellent roman, qui demande des efforts au lecteur pour ne pas craquer car il a forcément envie d'en savoir plus sur cette sordide affaire. Mais le roman fait plus de 500 pages ! Et il faut tenir.

Ce roman fait partie de la sélection du prix du balai d'or 2019 orchestré avec maestria par notre légendaire "concierge masqué" !

Bonne lecture,

Denis

Dans les angles morts d'Elizabeth Brundage (Quai Voltaire)
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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 18:01
Le Don paisible de Mikhaïl Cholokhov (Omnibus)

Le Don paisible de Mikhaïl Cholokhov (Omnibus - 1 402 pages - 1991)

Traduit du russe par Antoine Vitez

Titre original : Tikhii Don

Postface de Claude Frioux avec la contribution d'Alla Chelvelkina

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Ce n'est pas une erreur de ma part : 1 376 pages pour le roman composé de 8 parties et 26 pages pour le dossier.

L'auteur Mikhaïl Cholokhov (1905-1984) s'est vu honoré du prix Nobel de Littérature en 1965 et du prix Staline (!) en 1941 pour son oeuvre, la principale restant "Le Don paisible" publié entre 1928 et 1940.

La paternité du livre a été contestée notamment par Alexandre Soljenitsyne qui considérait qu'une telle "épopée" qui raconte les années 1912 à 1922 ne pouvait avoir été écrite par un écrivain qui n'avait pas pu vivre les événements racontés avec tant de détails. Le manuscrit retrouvé permet d'authentifier l'auteur, réhabilitant Mikhaïl Cholokhov

Quoiqu'il en soit, ce livre est une réelle épopée au temps de la Grande Guerre suivie en Russie par la guerre civile jusqu'en 1922 entre les "Rouges", bolcheviques et les blancs, ici les Cosaques indépendantistes, pro tsaristes pour la plupart.  

On suit un personnage principal, Grigori Melekhov, cosaque du Don, ce fleuve que l'on dit Paisible, entre autre dans les chansons "patriotiques" que les autochtones entonnent régulièrement.

Sa vie amoureuse, comme sa vie de militaire à partir de 1914, est tumultueuse. Il se montre vaillant, courageux, enragé. Issu du monde de la terre et né dans le village de Tatarski de la stanitsa Vechenskaïa, tout près du Don qui rythme la vie des habitants.

Beaucoup de pages sont consacrées aux conflits armés mais la qualité de la narration n'ennuie jamais le lecteur. De très nombreux personnages passent dans le roman et malgré cela on n'est jamais perdu.L'auteur sait nous intéresser à toutes les actions ponctuées de dialogues de haute qualité. Le fil narratif est structuré avec rigueur et ces 1 400 pages serrées dans cette édition passent avec un très grand bonheur de lecture.

J'admets que j'ai mis 80 jours pour lire l'intégralité du roman mais, à raison d'une heure par jour d'immersion dans le Don au côté de ces cosaques, c'était un vrai plaisir de lecture.J'ai terminé ce matin le roman et quelque chose va me manquer dans les jours qui viennent et je garderai longtemps à l'esprit l'aventure de ce roman.

La force du livre vient de ce qu'il n'est pas de "propagande". On va d'un camp à l'autre sans jugement de l'auteur. Il se met à hauteur de ses personnages dont beaucoup ont réellement existé et il décrit leur quotidien, leurs pensées, leurs actions et leurs sentiments.

Tantôt, ils sont prêts à devenir des "barbares", tantôt, ils s’assagissent, rêvent d'un retour dans un monde sans guerre, car pour ceux qui vont survivre comme Grigori il y aura eu 8 ans de combats acharnés, de retraites et de moments héroïques ou honteux.

Il n'y a pas de bons et de méchants, même chez les femmes, capables elles aussi de défendre leur patrimoine contre les agressions des troupes de passage,avec panache et sans vergogne, mais elles sont mères et amoureuses et elles savent être empathiques quand il le faut.

Ce livre est une belle leçon de courage et tout en étant pacifique, loin de cette guerre, j'ai vibré avec les uns et les autres,n'acceptant pas bien sûr les violences mais il fallait les replacer dans leur contexte.

Et puis, tel que dans un film,l'auteur sait prendre du recul pour nous "montrer"le rythme des saisons au bord du Don et dans la steppe avec des descriptions de la nature environnante.Ce sont là des respirations qui apaisent le propos,aident à se ressourcer comme le font les personnages.

Si vous aimez la littérature de qualité, prenez votre souffre et partez quelques semaines dans l'univers des cosaques du Don,vous ne le regretterez pas. Surtout que c'était il y a un siècle et les cosaques fidèles à leurs coutumes ont combattu à cheval, sabre en main.

Un chef d'oeuvre absolu que je voulais lire depuis tant d'années !!! Quelle belle aventure !

Bonne lecture,

Denis

 

Le Don paisible de Mikhaïl Cholokhov (Omnibus)
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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 17:03
L'écart d'Amy Liptrot (Globe)  (#MRL18 #Rakuten)

L'écart d'Amy Liptrot (Globe - 334 pages - Août 2018)

Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Karine Reignier-Guerre

Titre original : The Outrun (2016 - Edimbourg)

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Le livre est sous-titré "roman, l'éditeur annonçant que c'est un "premier roman", mais on comprend vite que l’héroïne qui dit "je"ressemble fortement à l'auteure. Comme elle, elle est née dans une île de l'archipel des Orcades. Elle ne se cache pas que c'est une autobiographie, notamment dans un entretien qu'elle a donné :

https://www.undernierlivre.net/entretien-avec-amy-liptrot/

 

Il ne faut donc pas cacher que l'objet du livre est quelque peu "détourné" par l'éditeur et le lecteur que je suis a été quelque peu déçu car on ne lit pas de la même manière une fiction et une "non-fiction".

Toutefois, le livre n'est pas sans intérêt. Bien au contraire : on découvre une région oubliée de la terre, une faune tout autant originale. Mais, je me suis ennuyé tout de même plus d'une fois. Les deux tiers du livre m'ont paru interminables. Je le répète : je ne m'attendais pas à vivre, sous la forme d'un "reportage" de plus de 200 pages sur les Orcades.

"L'écart" est une bande de terre côtière dans la ferme où elle a passé son enfance, ses parents ayant fui l'Angleterre pour s'installer "loin du monde et du bruit".

Le père est bipolaire, faisant régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique. Amy a eu envie de fuir cette tranquillité relative, car ici, c'est le vent, le mauvais temps la plupart du temps qui sévit et à 18 ans on a envie de vivre autre chose que de contempler la mer et les oiseaux.

Alors Amy va rejoindre son frère à Londres. Et c'est très vite une expérience catastrophique pour elle. Ses études s'en ressentent fortement. Elle s’enivre quotidiennement, ne réussissant pas à rester en colocation, tellement elle est bruyante, désagréable dans ses moments "hystériques". Elle tente plusieurs sevrages mais en vain. Son amant la quitte, les aventures d'une nuit ne lui apporte aucun réconfort.

Et à un moment, elle entend reprendre sa vie en main. Et cette fois-ci, elle réussit à ne plus boire. Elle décide en conséquence de rentrer chez elle, là-haut dans les Orcades. Et c'est une réelle résurrection pour elle. Elle s'installe dans la caravane de son père, travaille avec lui.

Elle réussit à obtenir un travail de vacances : 

 

 

Bien que j'aie envoyé ma candidature sans y croire, j'ai obtenu le poste proposé par la RSPB, dans lecadre de la Corncrake Initiative, un plan national d'action visant à favoriser la conservation du râle des genêts. Repoussant une fois de plus mon retour à Londres, je suis donc restée travailler aux Orcades pendant l'été.

Râle des genêts

Râle des genêts

Elle va arpenter l'île pour repérer ces oiseaux, les observer et ainsi les répertorier.

Ce travail la fascine d'autant qu'elle a des contacts avec les autochtones. Et même si elle pense souvent à l'alcool, elle résiste et elle va atteindre ainsi deux ans sans boire une goutte d'alcool.

La seule attente du lecteur est de savoir si elle va tenir jusqu'au bout de son périple de plusieurs mois dans l'archipel, car elle circule beaucoup d'une île à l'autre.

Ce livre pourrait s'approcher de la "nature writing" et c'est là sa grande qualité mais ne cherchez pas de la fiction ici. Je le répète, ce n'est pas un roman, en déplaise à l'éditeur.

Lisez-le pour partir vers d'autres horizons mais vous verrez qu'il faudra le lire lentement, à petites doses.

Merci à Rakuten d'avoir organiser ce "match de la rentrée", auquel je participe depuis plusieurs années.

#MRL18 #Rakuten)

Juste déçu de n'avoir pas réellement aimé ce livre aux qualités d'écriture malgré tout.

Bonne lecture,

Denis

L'archipel des Orcades

L'archipel des Orcades

L'auteure : Amys Liptrot

L'auteure : Amys Liptrot

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 16:47
Le problème Spinoza d'Irvin Yalom (Le livre de poche)

Le problème Spinoza d'Irvin Yalom

(Le Livre de Poche - 544 pages - décembre 2014)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sylvette Gleize

Titre original : The Spinoza Problem (2012)

Première édition française : 2012 (Gaalade Editions)

(Prix des Lecteurs - Le Livre de Poche)

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On ne peut que s'étonner de mettre en parallèle dans un roman deux personnages historiques si dissemblables :

 

- Baruch (Bento) Spinoza (1632 - 1677), éminent philosophe

 

- Alfred Rosenberg (1893 - 1946), nazi antisémite invétéré.

 

Rassurez-vous, l'auteur ne cherche pas à nous faire "aimer" les pensées abjectes de Rosenberg mais pour nous rappeler que Spinoza a intrigué Rosemberg au point de confisquer sa bibliothèque pour la transporter en Allemagne en 1942.

 

Et rassurez-vous aussi, ce roman se lit plutôt facilement même si la philosophie de Spinoza et plus encore son livre essentiel "L'éthique" est au centre des débats.

 

Un chapitre sur deux raconte un moment de la biographie de l'un et de l'autre.

 

La période qui est raconté pour Spinoza débute en avril 1656 et se termine en décembre 1666. Dix ans de la vie de ce jeune homme juif portugais arrivé à Amsterdam avec sa famille. 1656 est la première date importante de sa vie car c'est un tournant déterminant pour lui. Il est excommunié (herem) par ses pairs pour avoir osé mettre en doute les préceptes de la Bible. 

La Bible ne serait pas la voix de Dieu mais la parole humaine qui aurait inventé les miracles, les rituels. Dieu doit être assimilé à la "nature". Il a eu le malheur de parler à deux compatriotes portugais de ses convictions qui ont été rapportées au rabbin Morteira. Spinoza est alors mis au ban des accusés et cet "herem" l'oblige à quitter sa famille et à ne plus parler à un juif. Franco, l'un des deux "traîtres" portugais décide alors de se repentir et de rester en contact avec le philosophe.

Spinoza est presque heureux d’être obligé de quitter le monde juif qui l'entourait. Il peut ainsi se consacrer à ses recherches philosophiques et travailler le verre optique.

 

Parler d'Alfred Rosenberg est moins glorieux d'autant que dès 1910, début de sa "biographie" dans le roman, il est convoqué par le proviseur et un de ses professeurs pour avoir proféré des propos racistes envers les juifs. Il a parlé de sa race aryenne qui ne doit pas être contaminée par les nuisibles de juifs. Il maintient ses allégations devant eux. A titre de punition, il lui est demandé de lire les passages qui concernent "L'éthique" de Spinoza dans l'autobiographie de Goethe. Ainsi, ses professeurs espèrent qu'Alfred réfléchira, lui qui aime tant Goethe, et qu'il pourra modifier son comportement. Si Goethe a gardé pendant un an "L'éthique" dans sa poche montre bien qu'un "aryen" peut avoir de l'admiration pour un "juif", d'autant que Spinoza a su critiquer le doctrine religieuse de matière rationnelle et en toute liberté.

 

Et c'est là que se trouve le lien entre les deux hommes. Rosenberg va vouloir comprendre le philosophe auprès d'un ami psychiatre. Il veut lever "le problème Spinoza", qui pour lui, est de vouloir démontrer que le philosophe,en tant que juif, n'a pas pu avoir seul l'idée de mettre en cause les fondements du judaïsme. Il a dû plagier des auteurs et des livres, au point que l'énigme doit se trouver dans sa bibliothèque.

Rosenberg, fidèle parmi les fidèles de Hitler depuis la fin des années 1910 jusqu'en 1945, profite de l'occasion qui lui est donnée de "piller" les bibliothèques des pays envahis se précipite aux Pays-Bas où il récupère les livres de Spinoza et les rapatrie à Berlin.

Il est impossible de résumer ici la richesse des propos de ce roman qui est une bonne introduction à la philosophie de Spinoza. Avec ici, un contraste, souvent dérangeant, avec l'idéologie nazie antisémite et raciste. Rien ne peut être pardonné à Rosenberg.

 

Lisez ce livre qui a su séduire les lecteurs pour le prix des lecteurs du Livre de Poche.

 

Lecture commune faite avec Marjorie.

 

Bonne lecture,

Denis

Le problème Spinoza d'Irvin Yalom (Le livre de poche)
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