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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 20:44

 Lu ce petit livre émouvant qui m'a beaucoup plu : " Une forêt d'arbres creux " de Antoine Choplin ( Editions La fosse aux ours )

Le titre se réfère aux deux arbres que le dessinateur Fritta Bedrich aperçoit par delà les barbelés à son arrivée au camp. Les dessins réalisés en cachette la nuit et dissimulés derrière cette latte de bois dans le bureau des dessins sont destinés à servir de témoignage quant à la vie réelle dans le camp.

Une vie décrite avec simplicité et précision mais un récit qui émeut et terrorise aussi.

A savoir que les dessins de Bedrich Fritta ont été exposés au musée Juif de Berlin.

http://collectifhistoirememoire.org/collectifhistoirememoire.org/UserFiles/file/Fritta.pdf

Résumé : TEREZIN, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE, décembre 1941. Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins.

Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse.

Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments.

Chaque nuit, le groupe se retrouve, crayon en main, mais en cachette cette fois. Il s'agit de représenter la réalité de Terezin sans consigne d'aucune sorte.

Et alors surgissent sur les feuilles visages hallucinés, caricatures. Tout est capté et mémorisé la nuit puis dissimulé précieusement derrière cette latte de bois du bureau des dessins.

 Fabienne Lecomte.

" Une forêt d'arbres creux " de Antoine Choplin
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 20:37
L'échange des princesses de Chantal Thomas (Points)

L'échange des princesses de Chantal Thomas (Points / Seuils - 318 pages - 2014)

Première édition Le Seuil, collection Fiction & Cie, 2013

 

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Roman historique de l'historienne et romancière Chantal Thomas, spécialiste du XVIIIe siècle qui met en scène deux princesses :

Anna Maria Victoria de Bourbon (1718-1776), infante d'Espagne, appelée, après son mariage avec Louis XV, l'infante-reine de France.

 

Louise-Elisabeth d'Orléans (1709-1742), Melle de Montpensier, qui devient par son mariage avec don Luis, prince des Asturies, princesse des Asturies, puis reine d'Espagne.

Anna Maria Victoria                                               Louise ElisabethAnna Maria Victoria                                               Louise Elisabeth

Anna Maria Victoria Louise Elisabeth

Le régent Philippe d' Orléans en cet été 1721 a eu l'idée de marier sa fille au fils de Philippe V d'Espagne. Un mariage entre Bourbons ! Saint Simon, le mémorialiste, se propose d'aller présenter le projet en Espagne.

Mais pour que le projet se réalise il est prévu en contrepartie que le jeune roi âgé de onze ans épouse l'infante d'Espagne alors âgée de quatre ans. Louis XV pleure mais accepte l'échange des princesses.

Louise-Elisabeth d'Orléans, Melle de Montpensier, fait ses adieux au roi et part pour l'Espagne. Elle va faire un voyage interminable. Pendant ce temps Saint-Simon est arrivé en Espagne et la très jeune infante commence de son côté son voyage vers la France.

L'échange des princesses se fait sur l'île des faisans.

L'arrivée de Melle de Montpensier ne se fait pas sans difficultés. Elle est malade dans ce pays infesté par les épidémies et puis elle refuse de se soumettre à certains protocoles dont celui de danser avec son futur époux. Saint-Simon réussit juste à imposer l'union des futurs mariés présentés dans leur futur lit de noces pour officialiser leur union alors que la cour d'Espagne se voit déjà récuser la jeune fille.

Par contre le voyage de l'infante-reine Anna Maria Victoria se passe très bien et tout le monde ne tarit pas d'éloges pour cette petite fille si attachante. Elle est éblouie par la beauté du roi.

Melle de Montpensier guérit et redonne espoir aux espagnols notamment en acceptant d'assister à un autodafé.

La jeune infante-reine se plaît au Louvre non loin du roi installé aux Tuileries. Elle se sent bien avec la Palatine dite Madame mais se désole de devoir partir à Versailles en juin 1722.

Louise Elisabeth a ses règles et peut donc convoler au plus vite en justes noces. Malgré tout, elle se montre toujours autant distante même à l'escurial où elle passe l'été.

Versailles revit après sept ans d'abandon. L'infante s' y plait beaucoup et Louis XV goute aux joies de la pédérastie.

L'automne est marqué par le sacre à Reims de Louis XV et par la mort de la palatine dite Madame.

Février 1723 marque le droit à Louis XV âgé de 13 ans de devenir roi. Louise Elisabeth et le prince de leur côté n'arrivent pas à consommer leur nuit de noces.

Louise Elisabeth se montre impudente et dévergondée si bien qu'elle est enfermée au début de l'été pour revenir à la raison. Mais très vite elle est veuve.

Quant à Louis XV et la cour, ils se lassent de la petite reine. Pour l'heure les préparatifs se font pour un séjour à Fontainebleau...

 

Tout au long du roman on passe de Madrid à Paris pour suivre le parcours de chacune des princesses. Hélas, l'Histoire ne peut pas être contredite et il faut bien en arriver au constat d'échec. Et à la mi mai 1725, le roman se termine sur ces quelques phrases :

" Elles se croisent à nouveau , ne s'embrassent pas au passage. L'échange s'effectue en sens inverse. La reine douairière d'Espagne contre l'infante-reine de France, une demi-folle contre une enfant déchue".

 

Une petite reine aimée mais trop jeune et une adolescente rebelle qui finissent toutes deux par être "bannies" dans leur pays d'adoption. Un échec qui n'aura pas d'incidence particulière sur les relations entre l'Espagne et la France, déjà assez dégradées.

 

Une passionnante plongée dans ces années 1721-1725 merveilleusement restituées par Chantal Thomas par petites touches, un peu comme si on regardait une galerie de tableaux et de portraits.

 

A lire absolument par les amateurs de littérature et d'Histoire.

 

Bonne lecture,

 

Denis

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 21:18
La brigade du rire de Gérard Mordillat (Albin Michel)

La brigade du rire de Gérard Mordillat

(Albin Michel - août 2015 - 528 pages)

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Etrange livre que celui-ci où l'on kidnappe un journaliste économique pour le mettre face à ses idées en le faisant travailler aux cadences et au salaire qu'il propose pour sauver le pays de la concurrence chinoise.

 

Pierre Ramut a écrit"la France qui bouge" et un soir la belle Anne -Sophie le croise et lui fait dédicacer son livre qu'elle dit avoir adoré d'ailleurs elle a d'autres exemplaires dans sa voiture. Il la suit ravi et elle le conduit pendant ce temps à son rendez-vous .

Kowalski dit Kol a été licencié et en ce jour de neige il se rend à un rendez-vous où il va revoir tous les copains de l'équipe de handball après tant d'années. Une bonne chose? Pas sûr!

L'enfant-loup, lui, est devenu garagiste dans le nord. Et Dylan prof d'anglais.

Tous trois se connaissent depuis le collège et ont été les "trois mercenaires" du handball notamment. Dylan veut écrire leur histoire et celle du club mais il n'y arrive pas. C'est pourquoi il les a tous invités. Sinon, il est heureux depuis qu'il partage sa vie avec deux soeurs Dorith et Muriel.

Kol se montre soucieux alors qu'il est à trois mois de ses fins de droit. Mais son militantisme syndical nuit fortement à ses recherches. Il voit régulièrement Betty une ancienne de l'imprimerie mais elle est mariée avec deux enfants et lui n'a pas grand chose à lui apporter sauf de coucher avec elle. Zac arrive puis Rousseau et Hurel. L'équipe sera au complet avec Bob le goal. C'est sa compagne Victoria qui arrive et explique à Dylan que Robert s'est suicidé il y a trois mois.

Kol lit un édito de Pierre Ramut cet homme hostile au monde ouvrier qui semblait heureux que l'imprimerie ait fermée non rentable à cause des ouvriers trop laxistes.

Victoria et Isaac seront dans le même jury que Ramut au Touquet. Ils ont alors l'idée de le kidnapper et de le faire travailler selon ses intentions. Tous sont unanimes pour créer "la brigade du rire".

Dans le bunker qui servira à faire travailler Ramut, Kol et Victoria sont pris d'une brutale envie de faire l'amour.

Le kidnapping a réussi au Touquet avec la fausse Anne Sophie, en fait Dorith déguisée. Arrivés au bunker ils expliquent tout à Ramut qui proteste mais n'a pas le choix.

Ramut refuse de travailler donc il n'aura pas de nourriture. Il essaie de défendre ses convictions contrées immédiatement par ses kidnappeurs.

La police a été alertée de sa disparition et sa femme continue à coucher sans émois avec un autre journaliste de son journal "Valeurs françaises", Alex.

Le week-end tous se retrouvent avec leurs femmes ou amies. Ils font même un match de handball avec les jeunes du club. La revanche est du même acabit: les anciens perdent.

Betty a trouvé un emploi de nuit dans un restauroute et elle s'est aussitôt liée avec Jacky qui travaille avec lui et elle partage son lit quand il n'y a plus de clients.

Hurel a des soucis dans ses affaires et des problèmes de financement.

Quant à Ramut, il est arrivé au terme de son premier mois de travail et reçoit 76 € nets de charges, loyer et nourriture. Il n'a aucune notion de la rude vie d'un smicard assurément.

La vie de chacun continue en grandes transformations pour Kol au regard de sa liaison avec Victoria; pour Zac dont sa vie ressurgit d'abord avec sa rencontre avec sa fille israélienne inconnue de lui puis en retrouvant en Israël celle qu'il a aimée, mère de Rachel et qui veut rentrer en France depuis que son mari est mort.

 

Par touches successives on suit ainsi la vie de chacun. Qu'adviendra-t-il de Ramut? Oublié du monde réel ? Relâché par ses ravisseurs ?

Et la bande des 7 va suivre de nouveaux chemins.

Ce livre, bien que long avec ses plus de 500 pages, se lit bien , avec plaisir. L'humour n'est pas oublié? Ce qui pose problème tout de même, c'est une certaine mysoginie où les femmes sont là pour assouvir leurs besoins sexuels et ceux de leurs compagnons. Le "social politique" est un peu daté : le livre aurait pris bien plus de sens si l'auteur l'avait situé dans les années 1970. Mais parler aujourd'hui avec les idées et les pensées du temps de la jeunesse de cette équipe de handball, c'est marquer qu'ils n'ont pas évolué dans leurs pensées.

A lire tout de même si le livre passe entre vos mains.

Bonne lecture,

Denis

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 19:23
Arsène Lupin contre Herlock Sholmès de Maurice Leblanc

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès de Maurice Leblanc

(Omnibus - Les aventures extraordinaires d'Arsène Lupin - tome 1) -----------------------------

Après le journaliste Rouletabille et le détective privé Sherlock Holmes, je poursuis cette petite série des héros des romans policiers des "origines" avec un gentleman cambrioleur, Arsène Lupin, le héros de Maurice Leblanc (1864-1941).

La "série" d'ouvrages originaux écrits par Maurice Leblanc comprend 17 romans et 39 nouvelles (ainsi que cinq pièces de théâtre), écrits de 1905 à 1941.

(Source Wikipédia)

 

L'originalité du roman "Arsène Lupin contre Herlock Sholmès" composé de deux récits "La dame blonde" et "La lampe juive" est qu'il met en opposition le rusé gentleman cambrioleur au célèbre Herlock Sholmès et son acolyte Wilson. Autrement dit Sherlock Holmes et Watson.

 

Episode 1 : La dame blonde

M. Gerbois achète chez un antiquaire pour sa fille un secrétaire qu' Arsène Lupin convoitait. L'homme ne voulant pas faire de transaction avec lui Arsène lui vole mais il y avait dans le meuble un billet de loterie gagnant pour un million de francs. Arsène s' en déclare le propriétaire et après bien des démêlés propose une transaction 50/50. Gerbois n'accepte pas et la fille est kidnappée, consentante d'ailleurs, car même un demi million serait une belle dot. Ainsi, elle part en voyage avec une dame blonde amie de Lupin. Tout se termine tel qu'orchestré par Arsène, chez son avocat puis il part avec sa complice blonde sans se faire choper par le commissaire Ganimard son éternel poursuivant incapable de le capturer face à ses éternelles ruses.

Autre affaire plus grave, le meurtre sans doute par une blonde du baron d'Hautrec chez lui la nuit. Assorti peu après du vol d' un diamant bleu. Lupin et sa blonde sont derrière et comme Ganimard n'arrive pas à démêler tout cela il est fait appel à Herlock Sholmès et son acolyte Wilson pour faire arrêter Lupin et sa blonde, preuves à l'appui. Alors d' entrée de jeu Lupin rencontre le détective anglais puis lui joue un mauvais tour en l'enfermant une nuit chez Hautrec.

Holmes et Wilson sont victimes de bousculades qui conduisent Wilson à avoir le bras cassé. Le détective poursuit seul l'enquête et découvre que tous les lieux où a sévi Lupin ont été construits par l'architecte Destange. Il se fait introduire pour être son secrétaire remplaçant et s'aperçoit que son ami est Lupin déguisé. Une nouvelle filature et Holmes fait intervenir Ganimard pour faire de nouveau chou blanc.

Holmes réussit à capturer Clothilde la fille de l'architecture en fait l'amie de Lupin mais le cochet qui conduit le fiacre n'est autre qu' Arsène qui renvoie Holmes en Angleterre par bateau privé. Holmes revient par ruse et arrête enfin Lupin qu'il remet à Ganimard. C'est encore une fois sans compter sur la malice de Lupin.

Épisode 2 : La lampe juive

Sholmes est sollicité par le baron d'Imblevalle pour une enquête sur le vol d'une lampe juive à son domicile. Et tout de suite Lupin se manifeste...

Décidément, les deux adversaires sont faits pour se rencontrer. Et plus encore, Lupin sort toujours vainqueur de leurs duels tandis que le pauvre Wilson est à chaque aventure blessé. Quant à Ganimard, il est incapable d'arrêter Lupin qui lui échappe tout le temps.

 

J'avoue avoir pris beaucoup plus d'intérêt dans la lecture des aventures de Rouletabaille et de Sherlock Holmes que dans cette histoire du duel entre Lupin et Sholmès. Beaucoup de légèreté ici mais pas de profondeur des personnages, ce qui gâche un peu le plaisir de la lecture. On est presque dans une "comédie"...

 

Bonne lecture,

Denis

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès de Maurice Leblanc
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 18:46
Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux (Livre de Poche

Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux

(Livre de Poche - 281 pages)

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Avec ce personnage de Roubetabille, je commence un petite série de héros de romans policiers, des "origines" à nos jours.

Joseph Rouletabille est journaliste. Il n'a donc rien du "héros" typique des romans policiers : ni flic, ni détective privé. Non, il est tout jeune homme de 18 ans quand il apparait par son auteur Gaston Leroux (1868-1927) dans la première enquête "Le mystère de la chambre jaune".

 

La série de romans consacrés à Rouletabille en comporte 8 :

- Le Mystère de la chambre jaune (1908)

- Le parfum de la dame en noir (1908)

- Rouletabille chez le Tsar (1913)

- Le château noir (Rouletabille à la guerre I) (1916)

- Les Etranges Noces de Rouletabille (Rouletabille à la guerre II) (1916)

- Rouletabille chez Krupp (1920)

- Le crime de Rouletabille (1922)

- Rouletabille chez les bohémiens (1923)

 

"Le mystère de la chambre jaune" a été adapté 4 fois au cinéma entre 1913 et 2003, la dernière étant de Bruno Podalydès.

Une bande dessinée a également été inspirée de ce roman en 1990. Et Tintin aurait pu être inspiré par Rouletabille.

 

Il est très pertinent ce très jeune journaliste et il fouille partout, observe tout pour arrriver à démêler des affaires bien compliquées. Et celle du "mystère de la chambre jaune" est bien étonnante. Comment un assassin peut-il sortir d'une chambre close ?

 

On apprend le 25 octobre 1892 qu'un crime a été commis dans la chambre jaune où dormait la fille du célèbre scientifique Stangerson. Deux coups de revolver ont été tirés mais par où a pu repartir l'assassin? Ni par la porte ni par la fenêtre assurément.

Sainclair le narrateur est avocat au barreau et il a connu Joseph Joséphin au surnom de Rouletabille, alors jeune reporter âgé de 18 ans, remarqué pour sa perspicacité. Ce matin il vient chercher son ami pour se rendre au château où a eu lieu le drame.

Ils font le trajet dans le compartiment du juge M. de Marquet qui dit que l'agresseur aurait pu passer par la fenêtre du vestibule.

La jeune femme devait se marier officiellement avec Robert Darzac. Sur les lieux est arrivé Frédéric Larsan éminent policier en poste à Londres spécialisé dans les dossiers compliqués.

Il demeure qu'il est impossible d' imaginer comment a pu sortir l'assassin ? Rouletabille inspecte scrupuleusement le sol et y voit une goutte de sang. Dans la chambre il observe la trace de main ensanglantée sur le mur et sur la porte. Sous le lit il trouve un cheveu de femme blonde. L'assassin n'a pas pu sortir de la chambre par ses voies naturelles.

Le juge a pu interroger Melle Stangerson qui a repris quelque peu connaissance et qui ne révèle pas grand chose car elle n'a pas vu de face son agresseur. Elle a tiré avec le révolver de l'employé de son père, Jacques qu'elle avait dérobé car elle entendait des bruits de pas la nuit depuis quelques jours.

Frédéric Larsan a observé l'étang de son côté. Rouletabille vient l'y rejoindre. Il constate que l'homme a changé de chaussures donc il n'a pas de complice. Et il est parti en bicyclette. Le journaliste découpe l'empreinte au format d' un papier et bizarrement elles ont la même forme que celles de Darzac.

Lors de la reconstitution des faits en présence de tous, Rouletabille s'invite en annonçant qu'il y a eu vol avant l'assassinat. Et de fait le professeur constate alors qu'on lui a volé tous ses documents de recherches. Or c'était sa fille qui détenait à son cou la clé. Il y a encore quelque chose qui cloche. C'est alors que Rouletabille révèle que la jeune femme avait perdu la clé et qu'elle offrait une belle récompense à qui la retrouverait via une annonce dans le journal. Larsan lui déclare que M. Stangerson connaissait l'assassin et qu'il l'aurait laisser partir quand il était seul devant la porte au moment de l'assassinat, ce qu'il nie aussitôt.

Étrangement Larsan tient beaucoup à une canne qu'il n'avait pas auparavant. Et après enquête auprès du vendeur à Paris ce serait Darzac qui l'aurait achetée le soir du crime lui donnant un vrai alibi d'avoir été absent du château le soir du crime.

Une lutte s'installe entre Rouletabille et le redoutable Larsan car chacun est en mesure de rivaliser avec l'autre de par le raisonnement et la perspicacité dans la résolution des énigmes et celle-ci est très corsée. Heureusement, la jeune femme a survécu à ses blessures. Mais il faut malgré tout retrouver le coupable.

 

Lisez ce livre, vous serez conquis par le style et la forme de la "dramaturgie" mise en oeuvre pour nous donner envie d'en savoir plus au plus vite. Le texte a plus d'un siècle et je trouve qu'il n'a pas vieilli. Il est devenu un classique incontournable. Vous verrez vous ne serez pas déçu par ce texte. Et vous aurez de l'empathie pour ce sympathique jeune journaliste capable d'enflammer un tribunal au moment où il arrive annonçant qu'il va révéler, de retour des Etats-Unis in extremis, le nom de l'assassin...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux (Livre de Poche
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 17:08
Shoot : entretien avec Iza de Gisse

Suite à la lecture passionnante de Shoot 1 - L'autre (Editions La Bourdonnaye), j'ai proposé à Iza de Gisse de répondre à quelques-unes de mes questions et voici in extenso notre conversation via Internet :

 

 

– Qui est Iza de Gisse ?

Elle n’est rien de plus que ce qui est écrit en 4ème  de couverture. Polyvalente, elle passe son temps à se mettre en danger en explorant des horizons très éloignés de tout ce qu’elle connait. Soif d’apprendre, de comprendre, d’élargir le champ des possibles…

 

– Un premier roman ?

Oui, un premier roman abouti, pour lequel j’ai osé franchir le pas. Le pavé originel a été découpé en 4 volumes. Enfin, je n’ai pas divisé le nombre de pages par quatre ! Non, il m’a fallu restructurer chaque partie, et préserver un rythme continu. Tout est écrit et en attente d’être publié.

 

– Pourquoi avoir choisi un tel sujet  et un personnage de jeune drogué de 24 ans ? si loin semble-t-il de son auteure ?

Parce que j’aime les challenges ! J’aime les parcours difficiles où il faut se mouiller, se mettre en danger. J’aime apprendre, comprendre, réfléchir, me remettre en question. J’aime ce que la société délaisse et condamne… J’aime savoir pourquoi.

Pour moi, le pari était multiple :

. Je ne connaissais pas le monde de la drogue, à part à travers l’image que la société veut bien nous tailler.

. Mon héros est masculin, et m’a contrainte à me vêtir d’une peau et d’un cerveau d’homme. J’avais très peur de l’avis des lecteurs, peur d’être ridicule, mais paradoxalement, les lecteurs masculins préfèrent le livre, en général. Ça me surprend, et ça me touche énormément.

. Avant de plonger dans l’univers de Benjamin, par l’écriture, j’ai fait un long travail d’investigation, et ensuite, mon travail a été sans cesse supervisé, parce que je n’avais vraiment pas envie qu’on me prenne pour quelqu’un qui raconte sans savoir. Je n’avais pas envie de trahir ceux qui m’ont inspiré Benjamin.

Plonger dans ce milieu d’âmes et de cerveaux déchainés, brisés, enchainés à leur addiction n’a pas été de tout repos. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, n’est-ce pas ?

Ensuite l’écriture m’a pris cinq ans. Le mot fin a été mis quand j’ai senti qu’il n’y avait plus de fausses notes, au bout d’une bonne quinzaine de jets, et j’en oublie, sûrement ! Je peux dire que le texte est de moi, l’éditeur n’a opéré aucune correction. Je ne pense pas que je pourrais un jour remettre un premier ou même deuxième jet de mon travail, et laisser quelqu’un prendre les commandes de mon histoire. C’est toute une symphonie, un soupir en plus ou en moins, et le morceau est par terre.

 

– On ne peut qu'aimer la littérature avec un tel style enveloppé, envoûtant ! Quels sont les auteurs qui ont pu hanter l'écriture de ce roman ?

Mes lectures sont très classiques. Quand j’écris, je lis peu, ou des trucs légers. Mon écriture est plutôt visuelle et musicale, car j’ai une formation de scénario et une vie professionnelle dans la musique. Je pars du principe que tout est rythme, musique. C’est le langage du corps et de l’esprit. L’instinct s’y reconnait, et s’y colle. Naturellement, quand on s’exprime, on suit un rythme, on marche en rythme, le coeur bat en rythme (c’est préférable !)

 

– Et la poésie aussi, on la sent sous entendue comme la musique des sons ? On imagine une bande sonore autour de ce roman ? poésie, musique…

Je suis étonnée et ravie que tu aies ressenti tout ça ! Mon écriture, mon style, c’est de la musique, oui, et la poésie sauve l’âme de la noyade. Quand j’écris, je suis entièrement prise dans mon histoire ; je ne le fais pas exprès, ça vient tout seul. Tour à tour dans la peau de chaque personnage, je dois plonger au plus profond de l’être, pour ne rien manquer des sentiments et ressentiments ; c’est un voyage difficile, périlleux, la poésie est alors comme un grand oiseau qui te cueille et t’emporte vers la lumière. Tout devient beau, vu du ciel.

 

– Une histoire, un ton et un style ? Tout cela est venu comment pour construire ce livre ?

 

Le ton, le style, c’est inné, me semble-t-il, je ne fais rien pour le trouver ou l’améliorer, c’est comme une respiration.

L’histoire, c’est autre chose, c’est de la technique. D’abord, je construis mes personnages. Je dois tout savoir d’eux, depuis leur naissance, car chaque détail va être déterminant pour leurs actes. Exactement comme dans la vraie vie. Or pour que la mayonnaise prenne, il faut des personnages réalistes, vivants, humains ! Ça prend du temps, il faut qu’ils soient cohérents sinon ils vont faire n’importe quoi et mon histoire ne sera pas crédible. Ensuite, ces gens-là vont se rencontrer, se croiser, nouer ou briser leur destin.

L’histoire est construite sur le principe de la dramaturgie, on n’a pas fait mieux pour capter l’attention du lecteur, et ensuite le maintenir en haleine. Ça s’apprend. Je ne crois pas qu’on puisse écrire un livre intéressant si on ne passe pas par la case apprentissage.

Pour Shoot, je propose un voyage en grand huit, un vrai tourbillon de sentiments, d’émotions, pour que le lecteur brise sa carapace et attrape le tempo de Benjamin ! J’ai voulu le choquer, le forcer, l’épuiser, lui faire sentir la vie qui court en lui et visiter ses coins obscurs, rencontrer son « dark passenger ». Les trois prochains vont crescendo… ah ah ah !

 

Je te remercie Denis pour ton écoute et ton attention. Nous avons claqué des doigts sur le même tempo, oui, Shoot est trempé dans le blues qui est la musique de la vie.

Je suis ébahie par tout ce que tu as ressenti en lisant Shoot. C’était bien sûr le but recherché, mais je n’ai jamais cessé de douter… Je te remercie donc de la joie que tu mets dans mon coeur… À très bientôt… et vraiment merci…

 

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Merci Iza de t'être prêtée à ce "jeu" qui n'est pas facile. Poser des questions n'est pasnon plus aisé car j'avais surtout envie de savoir comment un écrivain travaille un sujet tel celui-ci avec une telle intensité littéraire.

Encore bravo pour ce magnifique texte et on se donne rendez-vous pour le tome 2...

 

Denis

Et si le blues du livre était interprêté par B.B.King !!

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 20:40
Shoot : 1 - L'autre d'Iza de Gisse (La Bourdonnaye)

Shoot : 1 - L'autre d'Iza de Gisse

(La Bourdonnaye - Août 2015 - 333 pages)

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Lire un livre reçu en S.P. est souvent synonyme de piège : avons-nous le droit de dire la vérité, toute la vérité ?  Oui, oui et oui.

Et j'ai osé prévenir l'auteure : j'ai vraiment aimé son roman et son style.

Merci à Loley de m'avoir mis en contact avec Iza de Gisse pour découvrir son livre.

D'entrée, je peux dire que je n'ai jamais touché à la drogue d'une manière ou d'une autre. Je suis un "sage homme" ! Alors, plonger dans l'univers de Benjamin dit "papi", jeune homme toxicomane et vendeur de drogue était une aventure originale pour moi.

 

 

Nous sommes en 1994.

Benjamin dit papi vient de voler de l'alcool dans un supermarché et s'enfuit en voiture avec son complice Kevin. Depuis cinq ans il n'avait plus rien fait avec ce "fou" mais comme il doit de l'argent à. Bruno il n'avait pas le choix. Ils se sont bien shootés avant le vol pour se sentir plus à l'aise et moins conscients des risques.

Bruno est photoreporter mais aussi dealer. Papi va chercher la drogue à Rotterdam et la vend à ses amis. Papi se rend compte qu'il se tue à consommer toute cette drogue et il pense aussi à sa mère chez qui il vit et à qui il fait endurer ses comportements de camé.

Papi est allé en prison à cause de Kevin mais il ne lui en veut plus. Et là dans la voiture de la fuite il ne sait plus où il est entre rêve et réalité. La cavale continue à pied car il n'y a plus d'essence dans la voiture. Kevin a braqué un barman entretemps et papi ne comprend rien à tout cela. Il n'est pas lucide et poursuivi ll se cache dans un trou plein d'immondices.

Il ressort du chantier et marche dignement dans Paname. Il a trouvé une bouteille de vin et en boit quelques gorgées quand il tombe sur une patrouille de flics. Il ne dit rien mais se retrouve au"36" où là on trouve de la came sur lui. C'en est fini de ses rêves!

C'est Pujol qui l'interroge, un flic qui se veut compréhensif d'autant qu'un de ses flics s' est suicidé la semaine dernière et il lui disait qu'il fallait aider les toxicomanes.

Le soir il est conduit en prison en attendant sa comparution devant le juge. L'endroit est insalubre et surchargé en détenus. Là aussi on vit l'humiliation de la promiscuité et de l'absence de toute hygiène sans oublier qu'il a fallu passer par la fouille humiliante.

Il passe devant le tribunal et écope de trois mois de prison avec sursis.

Il deale à nouveau près du centre commercial. Mais sa mère lui a dit qu'elle venait de prendre sa retraite par anticipation et cela change tout pour lui. Finie sa liberté de faire venir qui il veut dans la journée et de recevoir des appels téléphoniques. Il va devoir réorganiser sa vie.

 

Une vie déjà tellement gâchée par son addiction à la drogue. Mais en sortir est tellement difficile. Bruno est son gourou et Benjamin a une rénération pour lui. Kevin est un ami qu'il a envie de fuir régulièrement. Quant à sa mère, elle a sans doute tout compris de sa vie mais elle reste passive devant la vie de son fils.

 

Shoot est cette vision intérieure de l'esprit d'un drogué. Il écrit avec lucidité cet état de fait. On se laisse entraîné avec lui, dans ses confusions de temps et de lieux. On croit à son histoire et on oublie que la fiction de ses hallucinations vient perturber le récit. Mais justement la force du roman est là, de nous "hypnotiser" en tant que lecteur. On court à ses côtés et bien sûr on voudrait l'aider à sortir de tout cela.

L'autre, c'est la voix qui est en lui et qui lui dit ce qu'il devrait faire, sentir. Ses propos sont en italique tout au long du livre. Car il y a une voix intérieure très puissante qui contrebalance les instincts du moment de Benjamin. Un voix de la conscience pour cet être toujours entre deux "eaux".

 

Benjamin est lui-même le narrateur de son roman. Il a pris la distance du temps car il écrit son histoire dans les temps du passé.

 

Extrait page 60 : "Je progressais dans une espèce de transe de peur et de dégoût. Mes pieds tâtonnaient le sol à chaque pas, mes mains raclaient une paroi hasardeuse. Toute la came que je m'étais collée dans la soirée bouillait dans mes veines. L'odeur de charogne me donnait des haut-le-coeur. Je vomissais de la bile toutes les trois secondes... Je me sentais à la fois mou et survolté... J'étais en nage".

 

Comme il s'agit d'un titre 1 - L'autre, on attend avec impatience la suite car la fin du livre nous laisse augurer qu'il va se passer quelque chose d'inattendu au bout du voyage...

 

Un livre que je recommande très sincèrement car il a du corps et du caractère.

 

Encore merci à l'auteure, à l'éditeur et à Loley.

 

Denis

 

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 17:42
Profession du père de Sorj Chalandon (Grasset)

Profession du père de Sorj Chalandon

(Grasset - 316 pages - Août 2015)

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"Profession du père" est le septième roman de Sorj Chalandon, né en 1952, journaliste devenu écrivain en 2005 et régulièrement primé. Dans ce roman, il se vieillit de trois ans pour naître en 1949 et raconter sa jeunesse auprès de cet étrange père.

 

André Choulans, le père, est incinéré le 23 avril 2011 en présence de sa veuve et de son fils Émile. 50 ans avant jour pour jour avait lieu le putsch d'Alger que le père encensait, farouche adversaire du Général de Gaulle.

Salan, un héros pour le père. Il impose à Émile d'écrire à la craie sur les murs des rues ce nom. Et quand le putsch est terminé Émile doit écrire OAS. Et le père parle de Ted un ami américain rencontré à la base militaire de Châteauroux et qui va revenir en France. André peut enfin dire tout ces "secrets" à son fils qui est pour lui un homme à présent qu'il a douze ans.

Quelle profession du père à mettre sur les papiers de l'école? Agent secret ou encore mieux "sans". Émile doit aussi être un soldat de la clandestinité. Alors son père veut en faire un sportif et un agent secret comme lui.

Il lui invente un dimanche une mission : aller porter un message secret à Salan caché chez Ted pour qu'Emile apprenne ainsi à se cacher, surveiller et espionner.

Et puis le père fait aussi croire qu'il est en contact par écrit avec de Gaulle depuis plusieurs années. D'ailleurs il a mis en gage chez son ami garagiste une lettre du général.

Le père se montre souvent violent avec son fils. Il lui raconte une nouvelle histoire. Lui et Ted doivent cacher un danseur russe qui ne veut pas rentrer en URSS.

Et bien sûr le père et Ted ont été impliqués dans l'attentat du Petit Clamart.

La guerre d'Algérie est terminée et Luca Biglioni est rentré d'Algérie avec ses parents, chassés du pays. Arrivé dans sa classe, Émile veut en faire un adepte de l'OAS.

Et Émile éduque Luca à la manière de son père. La prochaine mission est l'assassinat de de Gaulle le 1er janvier 1963. Et ce sera Luca qui le tuera. Sa récompense sera d'épouser la fille du chef de l'OAS. Luca semble tout gober. Quant à Émile ses mauvaises notes le prive de Noël et est sévèrement sanctionné.

Luca a suivi toutes les instructions d' Émile y compris couper les fils électriques de chez lui et fuir avec l'argent et les papiers de ses parents. Il s' est présenté à la porte des parents d'Émile compliquant encore plus les choses. Et puis il a fugué, retrouvé deux jours plus tard et mis en pension. L'enquête au lycée n'a rien donné sur un éventuel complice.

Émile est venu en tenue d'agent secret avec le pistolet de son père ce qui a fait scandale à l'école.

Emile passe un encéphalogramme pour être sûr qu'il n'est pas fou mais c'est son père qui semble fou à la fin de sa vie.

 

 

Un père mégalomane, violent, égocentrique, solitaire, mystérieux et une mère soumise au père, sans envergure au point d'abandonner l'éducation "militaire" de son fils à son mari.

Un fils qui se vange sur un ami de classe en faisant de Luca un nouveau "bouc-émissaire".

Emile a-t-il été heureux malgré tout ? Après une enfance difficile puis une vie d'adulte loin de parents isolés qui refusent de s'intéresser à la vie de leur fils.

Le livre débute et se termine sur l'inhumation du père, comme une boucle bouclée.

Le style du livre est à l'image de cette éducation martiale. Phrases courtes qui claquent comme les sentances et agissements d'André Choulans.

 

Exemple page 89 : "J'ai été privé de dîner. Il a allumé la radio. Chaque soir, la voix du transistor m'aidait à m'endormir. La vaisselle, l'eau, les chaises raclées sur le sol, le pas des parents, une rumeur qui disait la fin du jour. // Personne n'est venu me voir. Ma jambe me faisait mal. Je grelottais. Petits mouvements de mâchoire. J'avalais ma salive pour soulager mon oreille. Pas un bruit dans l'appartement, pas un mot. Rien? Ni sa voix à lui, ni sa voix à elle. J'ai attendu longtemps que quelqu'un parle de nouveau. Le sommeil m'a surpris comme ça, les yeux ouverts".

 

Un livre fort, émouvant, dérangeant aussi car on a du mal à accepter toutes ces brimades envers Emile et envers Luca.

 

A lire absolument,

Denis

 

 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 20:35
La rascasse avant la bouillabaisse de Gilles Del Pappas (Lajouanie)

La rascasse avant la bouillasbaisse de Gilles Del Pappas

(Lajouanie - mars 2015 - 197 pages)

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Le titre nous annonce bien que l'action va se passer à Marseille et il ne nous donne pas très faim, il faut bien le reconnaitre.

N'oublions pas le sous-titre de l'éditeur pour les romans qu'il publie : "Roman policier mais pas que...". On n'est donc pas dans un "polar standardisé". Et c'est tout à fait exact.

Voici l'histoire en quelques phrases :

 

Robert dit Bob, le narrateur s'apprête à faire un mauvais coup un soir de poker entre malfrats marseillais. Celui pour lequel il vient est un certain Guy rencontré en Guyane. Il raconte alors dans le détail comment il en est arrivé là.

 

Les deux hommes  sont allés pêcher en Guyane et se trouvent en présence d'un sac d'or dont ils s'emparent et qu'ils vont vendre au Surinam à un ami de Guy, ce dernier sans scrupules envoie deux tueurs à leur trousse pour récupérer l'argent. Mais les deux français les tuent et s'envolent pour Belém.

Comme Guy est un sale type, violent, bob s'en détache, lit Amado en français sur un banc ce qui lui vaut d'être abordé par Eduarda une belle étudiante en traduction. Elle parle bien français et voudrait le perfectionner avec lui.

Guy replonge dans les magouilles alors que Bob vit discrètement son amour pour Eduarda. Guy vient toutefois toujours se rappeler à lui car Bob reste complice de tout ce qu'ils ont fait.

Guy rôde et quand il apprend que le père d'Eduarda dirige un laboratoire de médicaments il veut lui être présenté.

Il emmène Bob dans une bijouterie et tue l'ouvrier. Bob s'enfuit outré mais il est cueilli à l'hôtel par la police et écope d'une peine de vingt ans...

C'est alors que tout s'emballe. Guy est capable du pire sans scrupules. Le lecteur n'est pas au bout de ses peines avec ce sale type... On a déjà compris que Bob a toutes bonnes raisons de vouloir la peau de Guy.

De retour en France, il va préparer l'attaque avec une complice... Mais là encore, le lecteur ne va pas s'attendre du tout à l'issue finale du roman.

 

Ce livre est génial pour tout cela. En moins de 200 pages, donc en allant à l'essentiel dans une langue truculente, on va de rebondissements en rebondissements. Autant Guy est tout le temps un "pourri", Bob est capable de grande tendresse, voire d'honnêteté, sachant apprécier les livres, le cinéma et les filles bien sûr...

Tous les clichés du "polar sans flics mais entre truands" se cachent dans ce roman mais Gilles Del Pappas sait nous "envoûter" pour le meilleur de la lecture et pour le pire des atrocités commises par Guy...

A lire absolument...

 

Denis

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 19:00
La pieuvre de Jacques Saussey (Toucan Noir)

La pieuvre de Jacques Saussey

(Toucan Noir - mars 2015 - 556 pages)

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La couverture nous annonce "Elle est partout. Elle est impitoyable...". Il s'agit bien sûr de la pieuvre qui sévit partout en Italie, en France notamment. C'est la mafia dirons-nous.

L'auteur nous avertit d'entrée de jeu : "Tous les personnages et les événements de ce roman, hormis les points historiques liés aux juges Falcone et Borsellino, sont purement fictifs".

Je vous renvoie à cet article écrit à l'occasion des 20 ans de l'assassinant des deux juges antimafias :

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/assassinats-de-falcone-et-borsellino-je-n-ai-jamais-reussi-a-oublier-ces-images_1138032.htm

 

Le livre a été écrit sous le "haut patronage" de Franck Thilliez, dédicataire du roman.

J'avoue avoir été emporté par l'histoire qui se lit comme un vrai thriller où les rebondissements, les meurtres tiennent en alerte. Par contre, je n'ai pas été subjugué par le style que je trouve plat, en ce sens où l'histoire se suffit à elle-même et il n'y a pas de place à autre chose qu'à l'efficacité du suspens. C'est dommage car j'attache toujours beaucoup d'importance à la forme.

La grande originalité vient de ce que deux temps très proches se superposent et viennent à la fin se rejoindre au jour J. Tout le reste du roman commence à deux dates précises : 3 septembre (J-5) et 26 août (J-13).

J-5 : Samir vient livrer en scooter de la cam dans un immeuble et ne voit pas entrer un type en noir qui le tue.

J-13 : Lisa Heslin apprend au téléphone que sa mère est sur le point de mourir. Elle décide aussitôt de prendre le train pour Sanary. Mariée à Daniel Magne elle est flic comme lui et bien que sa mère l'ait abandonnée quand elle avait huit ans elle veut aller la voir avant qu'elle ne meure. Un homme l'observe dans le train sans savoir qu'elle est suivie.

J-4 : Daniel apprend que ce sont de semblables balles qui ont tué Samir et plus de 20 ans plus tôt le juge Heslin le père de Lisa.

J-13 : Lisa est enfin arrivée à la clinique. Elle apprend par le médecin que sa mère n'a jamais porté d'enfants un examen médical le révèle formellement. Qui est donc sa mère? Elle prend les clés de sa mère et se rend à l'appartement. Elle va d'ailleurs y dormir après avoir mangé dans une pizzeria où elle n'a pas remarqué la présence d'un homme.

 

Et ainsi se poursuit l'intrigue où le couple vit deux instants différents : l'un à Paris essentiellement et l'autre à Sanaris puis en Suisse où se situe le mystérieux chalet du juge avant de se réunir pour la fin de l'enquête à Paris et sa banlieue.

Les meurtres vont s'enchaïner et ce qui surprend surtout c'est que l'arme qui a tué le juge est de retour 20 ans après !! Lisa elle-même va devoir échapper à des tueurs dans un parking souterrain. La "pieuvre" mafieuse est partout et elle a décidé de réattaquer tous ceux qui étaient plus ou moins liés au juge Heslin.

 

Lisa va de révélations en révélations au sujet de son passé : son père lui a laissé une lettre édifiante concernant sa mère d'origine italienne. Elle a vu un règlement de comptes entre mafieux et a dû fuir en France. C'est alors que son père l'a protégée puis aimée. Lisa est née mais peu après Gina a été tuée.

 

Un chirurgien assassiné à son domicile. Un troisième meurtre avec l'arme qui a tué le juge il y a plus de vingt ans. Magne ne sait que penser de tout cela. Lisa pourrait être impliquée dans ces meurtres !! Tous ces meurtres qui ne cessent de croitre ne peuvent venir que de très haut, peut-être même des ministères...

 

Les cartes sont brouillées pour troubler le lecteur qui n'arrive pas à s'arracher à cette histoire. Jusqu'aux derniers chapitres on ne sait pas qui exécute tous ces meurtres et puis l'auteur nous le révèle pour nous entraîner dans son sillage et vivre ce jour J qui va bien sûr terminer le roman.

 

Un très passionnant thriller assurément, malgré le bémol d'un style trop "terre à terre" à mon goût.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

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