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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 15:04
Le sérieux bienveillant des platanes de Christian Laborde (Le Rocher)

 Le sérieux bienveillant des platanes de Christian Laborde

(Editions du Rocher - août 2016 - 131 pages)

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Je ne cherche pas à tout prix être sur les rangs des premiers articles publiés le jour de la rentrée littéraire.

Mais quand Jean-Philippe Bertrand (que je remercie) des Editions du Rocher m'a proposé un partenariat pour lire "Le sérieux bienveillant des platanes", roman signé Christian Laborde, j'ai tout de suite répondu oui, car je savais les liens qui unissaient l'auteur à Claude Nougaro. Il a consacré pas moins de quatre livres à son ami.

Christian Laborde est écrivain aux multiples facettes, écrivant sur le cyclisme, sur les vaches. Il est pamphlétaire, romancier, essayiste... et tout cela en étant né en 1955. 25 livres à son actif. Bref, un multicarte de l'écriture...

 

Et là, en 131 pages, il nous fait voyager vers Lumac pour aller rendre un dernier hommage à "pépé". Un road movie... mais pas que cela...

Qui sont ces deux marginaux ?

 
 

Tom a joué dans un groupe de rock qu'il a créé avec son copain Bébert, devenu boucher. Ils ont étudié à Paulac et ont fui bien vite la ville trop arriérée pour leur musique. Et ils vivent à Paris. Tom est logé chez Max, propriétaire d'un bar. Et Tom l'aide pour payer le loyer.

Il apprend par son père au téléphone que son grand-père est décédé. Bébert se propose de lui prêter sa voiture. Et quand il dit à Joy qu'il part pour enterrer celui qu'elle appelle "pépé" elle dit aussitôt qu'elle l'accompagne.

Joy se prostitue y compris avec le curé de sa paroisse et Tom vole pour vivre ou survivre ! Il n'aime pas les écolos et bourgeois (sauf pour les voler).

Ils partent donc pour Lumac. Autant il a détesté son père autant il a aimé son grand-père ancien légionnaire et fan des platanes qu'il n'a cessé de photographier.

Lumac est un lieu paumé à 800 kms de Paris. Il faut aller à Paulac pour y trouver les lycées et compagnie.

Ils se sont arrêtés pour manger et à présent ils quittent l'autoroute pour les nationales puis les départementales.

Stupeur en arrivant à Lumac, les "platanes de pépé" ont été coupés. 

Les platanes sont le symbole du peuple. Ils sont généreux pour leur ombre dans les région chaudes et leurs feuilles sont très belles a toujours dit pépé. Et la société Jungle Books les a faits coupés car ils sont dangereux pour les conducteurs, en bord de route.

Il faut un drapeau pour enterrer pépé. Tom va à la mairie et en obtient un du maire qui l'invite à venir chez lui parler du grand-père car il l'appréciait bien.

Pépé n'aurait pas aimé la messe entre charabia et musique de Bach.

Mais voilà, le maire a une révélation à faire à Tom sur son grand-père alsacien !

 

J'ai trouvé quelques effets de langage au début du roman un peu "lourds", je dois le reconnaitre. Mais le ton est enlevé, on ne s'ennuie pas une seconde avec ces personnages qui pourraient être sortis d'une bande dessinée.

Et quand on lit cela, on se dit que ce roman est aussi une sorte de pamphlet déguisé sur notre époque :

 

Début du chapitre 4 (page43) : "Le frein à main, la carte bleue que je récupère dans le pare-soleil : direction les frites. Joy descend de la voiture, allume une cigarete. Elle porte un T-shirt échancré de couleur rosé sous lequel, libres, ses seins s'agitent dès qu'elle bouge. Seul le frémissement des seins sous un chemisier peut rivaliser avec celui du feuillage quand le vent d'été s'égare dans les branches des arbres. C'est un truc que je sais et que je ne lis nulle part. Y a le corps dans les livres d'aujourd'hui, bien que leurs auteurs prétendent le contraire. Ca exhibe, ça affiche, ça filme de près, mais le corps, ils le râtent, ils passent à côté, parce que le merveilleux, c'est pas leur truc. Ce sont des huissiers, des adeptes de l'inventaire. Et les poètes, les mecs qui marchent à l'imagination, ils les dénoncent aux flics. Ce sont des balances".

 

En ces temps de rentrée littéraire, on peut se poser la question de savoir si les romans savent parler du "merveilleux" !  Un roman qui coule mais qui sait être rugueux aussi. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais c'est un livre que j'ai aimé lire assurément, surtout de par son ton "décalé".

 

Et pour conclure, un dernier petit extrait "pour la route" : (page 70) "... Mon père il dit qu'il faut sauver les emplois avant de sauver les platanes. Il a tout compris, mon père. Et l'emploi en question, je te dis pas ! Je te dis pas les conditions de travail chez Jungle Books ! C'est eux qui ont eu la peau de la mère de Katia, je te rappelle... Ce sont des négriers, ces mecs, des négriers qui, en plus, sont responsables de la mort des librairies dans tout le pays".

 

Bonne lecture,

 

 

 

Denis

 

 

 

 

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 16:54
Sarajevo omnibus de Velibor Colic (Gallimard)

Sarajevo omnibus de Velibor Čolić

(Gallimard - mars 2012 - 171 pages)

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Né en 1964 en Bosnie, Velibor Čolić  a été réfugié en France en 1992, pendant la guerre des Balkins.  Il a réappris à vivre dans une nouvelle langue, le français. ce livre et d'autres ont ainsi été directement écrits dans cette langue.

 

L'auteur nous dit en préambule à "Sarajevo omnibus", "Le texte qui suit est une oeuvre de fiction avec des personnages historiques. Il n'est donc pas une interprétation historique, encore moins une analyse scientifique, juste un roman, imaginé et conçu comme un omnibus cinématographique, comme cinq chapitres d'une même histoire. (...) Ce n'est qu'une fiction. J'ai voulu l'imposer comme une histoire vraie, parce que, par essence, chaque roman est vrai".

 

J'ignorais l'expression "omnibus" qui s'emploie au cinéma pour les films à sketches donc à séquences. C'est vrai que ce genre de films a plutôt disparu de nos jours.

 

Là, un seul auteur et cinq séquences autour de Sarajevo. Et une composition romanesque bâtie sur des faits historiques avérés. Ce qui est littérature dans ce livre c'est l'approche "humaine" des personnages. On les voit de l'intérieur et non de l'extérieur comme le ferait un historien. L'auteur fait revivre le pont de Sarajevo ou le "Conseil" au fil des siècles, leur donnant "chair" en quelque sorte. Ce sont aussi des "témoins" d'une ville qui est passée par tous les états.

 

 

 

Le pont latin

Au XVIe siècle Husein Karadagli dit le Sellier, astronome amateur et mathématicien construisit à Sarajevo un pont dit "pont des chèvres". Il a été reconstruit peu de temps après, en 1565, en pierre par Ali Ajni-Bey.

 

Attentat de Sarajevo

C'est de Belgrade qu'est venue l'idée en 1912 d'assassiner l'archiduc austro-hongrois François-Ferdinand. Apis avait créé la "main noire" et a recruté des étudiants pour exécuter la sentence le 28 juin 1914 près du pont latin.

Princip en a été le principal exécutant avec la complicité des russes  notamment avec Artamanov qui fut en 1918 exécuté dans son pays par les bolcheviques.

Le futur prix Nobel de littérature Ivo Andric a participé de très loin à l'attentat de Sarajevo car il fut relâché. Sa vie fut celle d'un intellectuel discret jusqu'à sa mort.

Cinq coups de feu ont été tirés pour tuer le couple austro-hongrois mais par ricochet le cinquième a tué le rabbin de Sarajevo, Abramovicz, une innocente victime.

Parmi les témoins de cet attentat le hadji Dizdarevic ou le curé Latinovic qui étaient aux côtés d'Abramovicz.

C'est l'occasion pour l'auteur de présenter chacun de ces "personnages".

 

Le conseil

Ce bâtiment, qui recueillît le corps de l'archiduc, d'architecture très orientale fut conçu par Alexandre Witteck devenu fou (un comble pour un joueur d'échecs de renommée mondiale) quand il vit que le Conseil manquait de lumière.

 

La haggadah

C'est au "Conseil" que la gestapo s'est installée pendant l'occupation allemande. Parmi les officiers, un "érudit" passionné d'art Ernst Rosenbaum.

Ce fameux livre juif est parti en 1492 de Tolède pour sa destination finale que sera Sarajevo. Rosenbaum voudra récupérer ce livre dernier "vestige" juif de la ville mais Daoud Cohen préférera mourir sous la torture plutôt que de dire où il est caché.

 

Appendice

Sous-titré "biographie non autorisée de Nikola Barbarich", dans cette partie on assiste aux "multiples" vies de cet homme.

J'avoue que cette partie m'a moins intéressé.

 

 

Un livre à lire pour aborder par le biais de l'histoire vue par un écrivain des moments importants de l'histoire de Sarajevo du XVe au XXe siècle, avec un éclairage particulier sur l'attentat du 28 juin 1914.

Un auteur contemporain à suivre de près car il a beaucoup à nous dire sur notre monde, son dernier "roman" parlant de son expérience d'exilé "Manuel d'exil : comment réussir son exil en trente-cinq leçons".

 

Bonne lecture,

Denis

 
Sarajevo omnibus de Velibor Colic (Gallimard)
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:19
Lumières de Pointe-Noire d'Alain Mabanckou (Le Seuil)

Lumières de Pointe-Noire d'Alain Mabanckou

(Le Seuil - Fiction & Cie - 28​2 pages - Janvier 2013)

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C​e livre pourrait s'appeler "Retour au pays natal", 23 ans après en être parti.

Retour dans un Congo et une ville, Pointe-Noire, qui ont bien changé. Alain Mabanckou nous raconte ces moments d'émotion que sont les retrouvailles familiales et ces lieux qui ont marqué une enfance.

Chaque chapitre reprend un titre d'un film qui a marqué l'histoire du cinéma. Par exemple : La femme d'à côté ; La mort aux trousses ; Rencontres du troisième type ; Adieu ma concubine.

Et l'auteur nous "donne" une "photo de famille" (famille ou lieu) à chaque fin de chapitre. La majorité des photos est signée Caroline Blache.

 

 

Au début du livre, l'auteur avoue que sa mère, Pauline Kengué, est morte en 1995. Il ne l'avait pas dit avant ce retour au Congo où il est né en 1966. Le père a abandonné sa mère avant sa naissance. Elle est venue s'installer à Pointe-Noire et a connu celui qu'il a appelé "papa", Roger.

La dernière fois qu'il a vu sa mère c'est en 1989 juste avant de partir pour Nantes où il voulait suivre des études de droit. Pour elle c'était un abandon et elle se retrouvait bien seule. Puis en 1995 il a refusé de participer à l'enterrement de sa mère se donnant pour bonne conscience de n'avoir pas de quoi payer le voyage.

Il eut deux soeurs aînées mortes peu après leur naissance et longtemps pendant son enfance il a fait croire qu'elles étaient toujours vivantes car ce n'était pas dans les coutumes locales d'être fils unique.

Papa Roger travaillait au Victoria où il était comme le second de madame Ginette. Il aimait emporter les journaux et les lire le weekend. L'auteur revient sur les lieux et l'hôtel n'a pas changé.

Papa Roger avait une autre concubine maman Martine plus âgée que Pauline et elle avait eu avec lui huit garçons. La cohabitation allait pour le mieux jusqu'au jour où il y eut une Célestine. Ses fils ont été sidérés de voir que c'était une vielle femme, une sorcière pour eux et bientôt tout est rentré dans l'ordre.

Maman Pauline a eu aussi un homme qui est passé dans sa vie donnant quelques grosses colères et une bagarre de rue mémorable avec Marcel qu'elle a dit ne pas aimer.

Sa grand-mère a été une femme de caractère, excellente cuisinière et il a eu la chance de la revoir juste avant sa mort lors de ce retour à Pointe-Noire.

Ce sont donc les retrouvailles avec sa famille du côté de sa mère. Sur le terrain où elle vivait subsiste la cabane en bois qu'il aimerait faire restaurer.

Quand il voit un fils et une fille de papa Roger c'est beaucoup moins convivial car on lui demande de l'argent à titre de dédommagement pour l'enterrement de papa Roger. Il arrive à se soustraire en donnant un acompte se jurant bien de ne pas les revoir.

Rencontre avec Grand Poupy que l'on nommait le dragueur dans la famille.

Tonton Mompero, le frère de sa mère Pauline a été comme un troisième père pour lui. Il est devenu l'ancêtre de la famille.

Il n'y a plus de salle de cinéma à Pointe-Noire. Le Rex a été reconverti en salle de prière pour les pentecôtistes. L'écrivain repense au plaisir de voir des films dans sa jeunesse et il retrouve toujours là le propriétaire de la salle.

L'auteur se rend dans le quartier des prostituées et est interpellé par l'une d'elles qui l'a aperçu la veille au Rex et qui veut lui parler car elle le croit journaliste.

Un homme l'invite à manger à sa table et lui dit que le nord du pays s'est battu avec le sud parce que le pétrole était ici. Et en assez grande quantité pour attirer les français et éloigner les USA qui préfèrent le pétrole irakien plus conséquent.

Visite à son ancien lycée et au bord de mer assez rude ici.

 

Ce sont tous ces gens et ces lieux qui marquent les étapes de ce voyage. Et on est en pleine empathie avec l'auteur. Il comprend qu'il est devenu célèbre mais il sait rester humble, écouter les congolais et se juger qu'il reviendra avant 23 ans...

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:40
L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong (Stock)

L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

(Stock - mars 2010 - 174 pages)

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Une très belle découverte que ce roman, septième roman, en 2010, de l'auteure Valérie Tong Cuong, née en 1964, par ailleurs chanteuse dans le groupe Quark. On plonge dans l'univers de Mina et Alice, deux jeunes filles de condition très opposée et on ressort du roman complètement abasourdis. Quelle plongée introspective que ce livre !

 

 

Mina, la narratrice, et son amie Alice qu'elle connait depuis le collège, ont décidé de se suicider au moment où passerait le train en se jetant du pont. Alice a sauté mais Mina ne l'a pas fait et elle est partie se cacher dans les bois.

Elle se rappelle le moment où Alice est arrivée dans la classe et le moment où elle est allée habiter chez son oncle et sa tante parce que sa mère était en fin de vie, atteinte d'une cirrhose.

Fille de banquier, Alice vivait dans le luxe, avec chauffeur et belle voiture à la sortie de l'école. Mais très vite elle a montré à Mina qu'elle enviait sa vie simple et a pris le bus avec elle lui demandant de visiter sa chambre, qu'elle a trouvé belle car simple.

Quelqu'un a trouvé Mina dans la forêt et la ramène jusqu'à sa ville. Elle vient roder dans le riche quartier d'Alice et voit une maison en vente avec potager et cabane en bois. Elle s'y installe et voit un garçon de café qui vient tous les soirs se changer ici. Elle qui vient juste d'avoir 18 ans se sent libre.

Elle vient observer la maison de son amie et comprend que la mère est très inquiète alors que le père ne semble penser qu'à son boulot de banquier.

Le garçon s'appelle Sans-Larme et lui parle quand il vient se changer ici avant ou après son service. Et Mina finit par lui dire pourquoi elle est là. Il répond qu'Alice avait peut-être une raison cachée, de sauteret que Mina n'aurait pas décelée. En tout cas elle espérait jusqu'au dernier moment qu'Alice ne se suiciderait pas.

Après que Sans-Larme lui ait annoncé que la mère d'Alice cherchait une femme de ménage elle s'est dit que c'est elle qui doit l'avoir ce job. Et de fait Sans-Larme obtient un rendez-vous. C'est alors qu'il lui dit pourquoi il a choisi son pseudonyme. Parce qu'il a tant souffert et pleuré pour son ami Rémi martyrisé chaque jour à  l'internat au point de le brûler au troisième degré. Il s'est depuis juré de ne jamais plus pleurer.

Mina s'annonce comme étant Angélique. La femme lui présente la maison sans faire aucune allusion à une fille et même la chambre d'Alice est présentée comme une chambre d'amis. Très vite la mère d'Alice lui fait pleine confiance et lui dit qu'elle va la prendre plus longtemps chaque semaine et qu'elle aura des tâches à responsabilité. Sans-Larme la met en garde car l'objectif devient très différent de ce qu'il en était au début.

Sans-Larme a quitté son travail pour en savoir plus sur la relation entre Alice et Mina... Il ne faut pas en dire plus sur la suite de cette histoire...

 

Une très belle écriture pour un récit qui montre cette histoire à partir de ce que Mina en dit. Le livre dit Je et se met donc dans les traces et dans l'esprit de cette toute jeune adulte puisque le fait déclencheur du roman se situe au passage à 18 ans.

 

Le début en dit long sur cette histoire : "Le jour où j'ai décidé de vivre est aussi celui où j'ai perdu officiellement toute raison d'exister. // Le tout s'est produit un mercredi matin, dans un intervalle d'un centième de seconde, comme une gigantesque claque du destin;"

 

 Et la phrase mise en exergue est celle d'Albert Camus dans "L'envers et l'endroit" : "Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre."

 

 

 

Un livre coup de coeur complètement inattendu et c'est encore meilleur ainsi.

 

Bonne lecture Denis

 

 

 
 

 

L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong (Stock)
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:21
Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova (Galaade)

Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova

(Galaade - septembre 2015 - 210 pages)

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C'est toujours un plaisir de savoir que des auteurs étrangers ont un jour, parfois par force, du fait d'un exil, ce qui est le cas pour Albena Dimitrova, née en Bulgarie en 1969 et arrivée en France en 1989, d'écrire dans notre langue.

Elle écrit d'ailleurs : "J'écris en français des histoires vécues en Bulgare. J'en ai gardé l'accent".

 

Ce roman pourrait être autobiographique.

 

La narratrice, Alba, est étudiante et a 17 ans. Guéo lui a 55 ans et ils s'aiment. Il a une activité politique importante en Bulgarie où il fait partie des dignitaires du régime communiste. Il a été embrigadé à l'âge de onze ans alors qu'il vivait plus dans la rue que chez sa tante.

Alba nous raconte comment elle a connu Guéo au moment où elle a été admise à l'hôpital de Sofia réservé aux membres du gouvernement. Les menaces de paralysie inquiétaient les médecins qui ne savaient pas trop quoi faire d'elle.

Elle avait alors seize ans. Guéo prend soin d'elle et bientôt ils sont inséparables. Il part pour le sanatorium et elle peut le rejoindre quelques jours plus tard après dérogation signée  par la commission santé du Politburo.

Elle sent l'attirance pour Guéo mais au moment de coucher ensemble il se rétracte. Il lui présente son fils Christo et ils deviennent amants mais de courte durée et Guéo revient vers elle l'appelant "ma petite Alba".

Et c'est avec Guéo qu'elle va être enceinte mais pas question de garder l'enfant. Alors à ses dix huit ans elle accouche par anticipation et le bébé meurt.

Le haut dignitaire du parti qu'est Guéo ne voit pas venir la menace d'un changement radical de politique en Bulgarie alors que le mur de Berlin va tomber et tout "l'empire soviétique".

On leur dit que leur amour doit cesser et à 20 ans elle part à Paris et apprend le français langue que connaît Guéo avecl'espoir qu'ils pourront "dîner en français".

 

Roman de l'amour impossible en pleine tourmente politique alors que Guéo renonce à lire son projet de réforme parlementaire qui aurait peut-être pu éviter le chaos !

 

Un très bon livre bien écrit dans un français très frais, à découvrir. Ce n'est pas tous les jours que l'on parle de la Bulgarie de l'intérieur et dans notre langue !

 

Denis

 

 

Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova

(Galaade - septembre 2015 - 210 pages)

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C'est toujours un plaisir de savoir que des auteurs étrangers ont un jour, parfois par force,

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 16:11
Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé (Babel)

Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé

(Babel - 132 pages - mars 2010)

Première édition Actes Sud - 2007

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William N'Sondé est né en 1968 et a publié ce premier roman en 2007 pour lequel il a reçu le prix des Cinq Continents de la Francophonie et le prix Senghor de la création littéraire. Il a publié trois romans depuis et "Le Coeur des Enfants Leopards" a été adapté au théâtre. L'auteur est par ailleurs musicien et chanteur.

 

​Comme presque toujours avec Actes Sud, on a affaire à un texte où la prose est proche de la poésie lyrique. On lit un tel livre autant pour le rythme des mots et des phrases que pour l'histoire elle-même, d'autant que l'auteur aime nous laisser longtemps dans le "flou".

 

Le narrateur a été placé en garde à vue suite à des problèmes sur la voie publique. Il sait que son ami Drissa était avec lui mais comme il n'était pas dans son état normal il ne se souvient pas des détails. Tout est confus et il a été maltraité par un policier. Il se remémore des bribes de ses racines au pays kongo avec la figure du grand-père autoritaire et respecté en ce pays des léopards.

Souvenir de Mireille son amour de jeunesse si belle si aimante.

Magie noire, vaudou ou sorcellerie. Il est capable de l'invoquer dans sa cellule. Ce sont ses racines et un policier avoue avoir eu peur de cela quand le détenu a parlé et chanté dans sa langue africaine au point de le taper quand il l'a découvert caché sous le lit.

Mireille a eu la même enfance que Drissa et le narrateur. Petits vols à droite, à gauche. Des parents peu présents pour leur ouvrir l'avenir. Il a fallu l'entrée à l'université et donc la sortie de banlieue pour que Mireille découvre la lecture, la culture au risque de passer pour snob reniant ses origines.

Leur première fois a été magnifique dans une voiture volée par Kamel le dur de la bande, assagi depuis en devenant musulman. Le souvenir de Mireille est tellement beau pour lui.

Le père a fait partie de ceux qui ont œuvré pour l'indépendance du pays  mais qui sont partis très vite pour un ailleurs d'où l'arrivée en France.

Drissa est devenu violent et délinquant au fil des années renié par Mireille notamment qui ne supporte plus sa violence et celle du quartier. Drissa aime Carole entièrement assujettie à ses bons vouloirs et ses violences. Il a aussi couché avec la mère de Mireille. 

Et puis Mireille a dit qu'elle devait partir pour changer d'air et de vie.

Et alors que l'alcool s'évapore, il commence à prendre conscience qu'il s'est mis dans une drôle de situation.

 

Page 45 : "Le silence est revenu, et c'est à Drissa que je pense. Drissa c'est du gâchis, ce qui reste de toi. C'est quoi un nègre, un vrai ? Et tu tremblais déjà ! Quoi, t'es pas né au pays ? Tu ne le connais pas ? Tu ne parles pas la langue ? Noir dehors, blanc dedans ! Accroche-toi pour rester au moins dans ton paragraphe, sinon tu n'es plus rien après le point d'interrogation. Prends garde mon ami, ils veulent te rayer du texte, prends racine, ancre ta vie très vite, là où tu te sens bien, une toute petite parenthèse à ouvrir, rien que pour toi avec un peu de bonheur avant le point final."

 

Un excellent court roman onirique qui sort petit à petit des brumes du cerveau du narrateur pour nous révéler une triste réalité.

 
Bonne lecture,
 
Denis
 

 

 

 

Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé (Babel)
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 17:23
L'ange aveugle de Tahar Ben Jelloun (Le Seuil)

L'ange aveugle de Tahar Ben Jelloun

(Le Seuil - 204 pages - 1992)

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L'auteur marocain Tahar Ben Jelloun, né en 1944, déjà célèbre en 1990, après avoir écrit notamment "Jour de silence à Tanger" ou "La nuit sacrée" (1987 - prix Goncourt), se voit proposer par le journal de Naples "Il Mattino" d'écrire une série de nouvelles qui va avoir pour sous-titre "Le roman de la mafia". Voyage au pays de la mafia entre Sicile, région de Naples et Calabre. 

Dans la préface au recueil, l'auteur nous dit avoir collecté nombre d'informations. "Ce fut une idée belle et stimulante : il s'agissait de faire de la fiction avec les matériaux de la réalité et reconnaître à la littérature sa fonction primordiale, celle de "cambrioler" le réel apparent". (...) Ce roman de la mafia est à peine imaginaire. Il est même en deçà de la réalité qui est souvent plus folle et plus imprévisible que toutes les fictions".

 

Les noms sont changés mais Ben Jelloun nousprécise que "certains se reconnaîtront". Ces nouvelles (12 au départ, 14 dans le recueil publié) ont paru en feuilleton du 30 mars au 15 mai 1990.

 

Les enfants sont armés et parfois meurent jeunes et il n'y a pas d'ange pour les emmener au ciel et seul un ange aveugle se porte volontaire !

 
 

Nouvelle II - L'amour à Palerme

L'auteur cite le grand écrivain italien Leonardo Sciasca sur Palerme :"Dans cette ville, les ordures atteignent les genoux et la mafia notre pomme d'Adam".

 

Emilio, 64 ans, est à Palerme en tant qu'expert, pour une énième réunion à la mairie sur la lutte antimafia. Il s'y ennuie, voit une belle secrétaire Chiara et pense à son goût pour le sexe et a ce qu'il pourrait faire avec elle mais il devient impuissant et tout devient confus jusqu'à l'amitié qu'il a pu lui donner la nuit suivante en lui parlant dans sa chambre. Une balle va arrêter ces pensées amalgamées.

 

Nouvelle III -  Journal d'un criminologue angoissé

Un criminologue avoue avoir peur à force de travailler sur les morts liés à la mafia ici dans la région de Naples. Sa fiancée Stefania est rentrée à Turin dans sa famille ne supportant plus la pression. Son nom est proche de celui d'un des chefs de la camorra ce qui lui a valu bien des soucis. Et puis les enfants tuent ou sont tués. Si bien que le criminologue décide d'aller aussi respirer auprès de Stefania et y terminer sans angoisse son mémoire sur les meurtres napolitains.

 

Nouvelle V - Nuit africaine

Il n'y a pas que la mafia dans la région napolitaine, il y a également les émigrés d'Afrique noire à loger, à nourrir.

 

Nouvelle IX - Veuve courage

Maria Rosa est mariée à Giacomo boucher à Palerme. Mais les ennuis ont commencé quand il a voulu changer de fournisseur quittant Tito de Catane pour "Pancho Villa" de Bari. Et une nuit Giacomo et sept autres hommes ont été tués dans son étable. Tout laissait penser que Tito était le responsable du massacre. Maria Rosa a gardé longtemps le silence avant de sa confier à une amie. Le téléphone étant sur écoute elle a fini par accepter de témoigner et d'intenter un procès qu'elle a perdu faute de preuves. Ses fils l'ont lâchée puis ont fini par comprendre qu'elle avait eu beaucoup de courage.

 

Nouvelle X - Au sommet de l'Aspromonte la neige est propre

Une belle leçon est donnée par un instituteur: 'clamer la poésie contre la violence".

 

Je n'ai pas détaillé toutes les nouvelles mais chacune apporte un éclairage sur cette région où la mort peut surger à tout moment en un temps où les magistrats, maires, policiers et autres fonctionnaires engagés dans la lutte antimafia se sont heurtés à des "murs" au péril de leur propre vie..

Certes ces observations romancées datent de 1990, soit plus de 25 ans mais qui y-a-t-il de changé? Pas grand chose je le crains !

 

Denis

 

Cette lecture rentre également dans le cadre du thème de mai 2016 du "mois italien" sur les régions du sud de l'Italie.

 
 
 
 
 

 

 

 

 

L'ange aveugle de Tahar Ben Jelloun (Le Seuil)
L'ange aveugle de Tahar Ben Jelloun (Le Seuil)
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 19:43
La femme aux pieds nus de Scholastique Mukasonga (Gallimard)

La femme aux pieds nus de Scholastique Mukasonga

(Gallimard - collection Continents Noirs - février 2008 - 145 pages)

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Scholastique Mukasonga est née en 1956 au Rwanda et sa vie a été marquée par l'histoire de son pays. En 1960, sa famille est déplacée dans une région insalubre du Rwanda, Nyamata au Bugesera. En 1973, elle est chassée de l’école d’assistante sociale de Butare et doit s’exiler au Burundi.  Elle s’établit en France en 1992 et apprendra que 27 membres de sa famille dont sa mère Stefania ont été massacrés pendant le génocide des Tutsis, ordonné par les Hutus. Elle a raconté dans un premier livre en 2006 son enfance au Rwanda "Inyenzi ou les Cafards". Dans ce deuxième livre "La femme aux pieds nus" elle se penche sur le portrait de sa mère Stefania, une "mère courage".

 

 

Lorsque les Hutus ont été mis à là direction du Rwanda suite à l'indépendance, les Tutsis ont été parqués dans des camps devenus des villages non loin de la frontière avec le Burundi. C'est là que vivait Scholastique avec sa famille. Régulièrement les militaires venaient faire des fouilles au mépris de leur intimité familiale, saccageant leurs biens, maltraitant les refugiés. Pour eux c'étaient des cafards et il n'y avait aucune raison de les ménager. Aussi la mère Stefania voulant protéger ses trois filles avait prévu un plan de fuite pour elles vers le Burundi.

Ils habitaient dans ce qui s'appelait " les cases des déplacés", relégués dans cette région , le Bugesera.

Ils arrivent à cultiver le sorgho. Avec le sorgho on fait aussi de la bière, une de leur seule "richesse".

Il faut aller dans la capitale Kigali à deux jours de marche pour acheter du pain, lequel est considéré comme un médicament pour les enfants.

Et puis une salariée de blancs surnommée kilimadame est venue s'installer à Nyamata, y a ouvert boutique avec vente de pains. Mais seuls les instituteurs et nantis en achètent. Les pauvres économisent pour acheter un pain si leur enfant sort premier de classe.

Et il y a le progrès qui s'appelle ici amajyambere. Cela passe par l'évolution de l'habillement, de la coiffure entre autres. Et c'est aussi l'arrivée des WC venus des grandes villes.

Le mariage impose aussi un rituel et Stefania est experte pour donner un verdict sur la qualité des filles à marier. Elle a eu toutefois une déconvenue pour le mariage de son fils Antoine car sa future épouse a été enlevée par ceux qui l'employaient...

 

L'auteure, sans aucun pathos et sans langue de bois, raconte ces moments de vie familiale autour de la "mater familias", car la femme a un rôle primordial dans la vie quotidienne.  Une vie que l'on sent tout le temps en sursis car il semblait inéluctable à chacun que tout cela finirait mal. Les militaires rodent, la violence est présente mais les Tutsis, sans se résigner, vivent comme si tout allait bien, comme s'il y avait un avenir dans ce "pays perdu". Et eux se montrent "non-violents". Elle a obtenu pour livre le prix Seligmann contre le racisme.

 

Une lecture très intéressante, documentaire, très bien écrit car ce n'est pas qu'un récit, c'est aussi une oeuvre littéraire que Scholastique Mukasonga continue de tisser autour de son vécu, de son pays d'origine. Tous les livres sont publiés chez Gallimard, les cinq premiers dans la collection "Continents Noirs". Si vous ne connaissez pas cette très intéressante collection, n'hésitez pas à la découvrir et à lire des livres de cette collection.

 

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Continents-Noirs

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

La femme aux pieds nus de Scholastique Mukasonga (Gallimard)
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:19
Zorah sur la terrasse d'Abdelkader Djemaï (Le Seuil)

Zorah sur la terrasse  - Matisse à Tanger d'Abdelkader Djemaï

(Le Seuil - mai 2010 - 125 pages)

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L'auteur, Abdelkader Djemaï (né à Oran en 1948), est l'auteur de nombreux récits et romans. Il a notamment écrit un "Camus à Oran" que je n'ai pas encore lu mais que le camusien que je suis ne pourra qu'apprécier. Il vit en France depuis 1993. ​Dans ce récit il met en scène ses souvenirs d'enfance à Oran et ceux de son gran-père qui est allé à Tanger, tout comme Henri Matisse.

 
 

C'est le lundi 30 janvier 1912 qu'Henri Matisse et sa femme Amélie débarquent à Tanger sur recommandation de leur ami, le peintre Albert Marquet. Le temps est exécrable avec pluie et vent pour les accueillir dans cette ville réputée "sulfureuse".

Matisse était venu en Algérie en 1906 mais n'est pas très familier avec la culture "orientale" qu'il va représenter toutefois dans ses tableaux.

Sa femme va rentrer en France fin mars mais Henri va rester encore un peu, inspiré par ces lieux pour continuer à y dessiner et peindre , le temps étant redevenu clément depuis début mars.

On ne sait rien ou presque de Zorah sans doute âgée de douze ans quand Matisse l'a rencontrée. Elle devait être farouche refusant de poser en modèle même si elle était déjà prostituée.

Il va peindre trois fois Zorah lors de ses deux séjours le second débutant le 8 octobre 1912 : un tryptique avec Zorah assise, Zorah debout et Zorah sur la terrasse.

Les décors de ses tableaux sont très sobres car ces jeunes prostituées  lieu de repos entre deux clients.

 

Ce livre est très court mais permet de s'imprégner de l'ambiance de vie à Tanger au début du XXe siècle avant que la ville ne devienne la ville des artistes et écrivains.

 

L'auteur s'adresse à Matisse, comme s'il lui écrivait une lettre.

 

Page 69 : "La première fois que vous faites connaissance avec Zorah elle ne vous apparait pas comme une odalisque flamboyante ou une madone des pauvres, même si certains critiques et historiens de l'art diront, en voyant  "Zorah sur la terrasse", qu'elle avait, en occupant la place centrale de votre Trytique marocain, l'air d'une icône. Dans un entretien repris dans "La Chapelle de Vence. Journal d'une création", vous déclarez à son propos :"On aurait dit une petite sainte".

 

Si vous aimez Matisse, n'hésitez pas à lire ce livre bien écrit en plus, et qui met aussi en "confrontation" la vie de sa famille en Algérie et au Maroc avec ce séjour de 1912-1913. 

 

Bonne lecture 

Denis

 

 

 

 
 
 
 
 

 

Zorah sur la terrasse d'Abdelkader Djemaï (Le Seuil)
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:21
Lettre à Jimmy d'Alain Mabanckou (Points/Seuil)

Lettre à Jimmy d'Alain Mabanckou

(Points-Seuil - 190 pages - janvier 2009)

Première édition Fayard - 2007

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James Baldwin (1924-1987) est né, noir et nègre, sans savoir qui a été son père biologique. C'est David Baldwin qui va lui donner son nom en se mariant avec sa mère. A eux deux ils vont amener une fratrie de neuf enfants.

Pasteur, David transmet à Jimmy sa foi et de 14 à 17 ans James va se faire prédicateur. Mais il n'a pas envie, comme son père adoptif, d'avoir une haine farouche des blancs. Et la religion l'ennuie profondément car ce n'est pas par ce biais que les noirs vont s'émanciper.

David meurt en 1943 bien esseulé et incompris dans sa paranoïa.

James a découvert son homosexualité et son goût pour la littérature au lycée. Mais les USA sont malsains pour les noirs dans l'après-guerre où la ségrégation est plus que jamais active. C'est ainsi qu'il décide de quitter son pays et il arrive à Paris le 11 novembre 1948.

Richard Wright (1908-1960) va être son modèle d'écrivain noir américain et sans se l'avouer il va être une des causes de son départ pour Paris où il espère le revoir, lui qui l'avait aidé et encouragé à devenir écrivain.

Cependant dès ses premiers articles en France il s'en prend à l'oeuvre de Wright qu'il considère comme non fidèle à la vie réelle des noirs.

Il dit que l'art a un "devoir de violence" qu'il ne retrouve pas dans les textes des auteurs noirs.

James Baldwin n'a jamais été un "bon nègre".

En 1963 il retourne dans son pays et participe au meeting de Martin Luther King où celui-ci a déclaré son "I have a dream".

Il  défend la cause noire dans un livre et une pièce de théâtre  quand la justice est ségrégationniste, au nom de la justice. Et là encore il est incompris de ses compatriotes.

Autre incompréhension : L'antisémitisme des noirs vis-à-vis des juifs. Bien qu'exilés les juifs ont tout de suite eu leur place devenant propriétaires à Harlem par exemple, exploitant les noirs salariés ou locataires. Baldwin en a fait état dans son autobiographie, à titre documentaire, sans en faire pour autant une apologie de l'antisémitisme mais encore une fois sa pensée a été trahie.

Sa dernière demeure a été Saint Paul de Vence la patrie des artistes. Mais quand il est arrivé il était le "nègre". Il a fini par être adopté par les voisins et il est devenu "Jimmy".

 

C'est ainsi qu'Alain Mabanckou a écrit cette "lettre à Jimmy", pour rendre hommage à l'écrivain noir américain James Baldwin, incompris en son temps. En quelque sorte il le réhabilite aux yeux des américains, ses principaux "ennemis" et le fait mieux connaitre aux français d'autant qu'il a passé de longues années en France sans y trouver la reconnaissance pour autant.

 

Le mieux, après avoir lu cet essai, serait de lire l'oeuvre de James Baldwin.

 

Et puis, cet essai est également une réflexion sur la "négritude", chère à Aimé Césaire et a Alain Mabanckou qui en a fait le thème de ses cours au Collège de France en 2016.

 Les noirs sont "nés" en Afrique, beaucoup ont été transférés dans les pays occidentaux dont les Etats-Unis, comme esclaves, mais leur culture trouve ses origines sur cette terre des origines, ce qui ne parait plus évident aujourd'hui, avec le temps qui est passé.

 

Une approche intéressante de James Baldwin et des USA des années 1950-1970.

 

Bonne lecture

 

Denis

 

 

 

 

 

Lettre à Jimmy d'Alain Mabanckou (Points/Seuil)
Lettre à Jimmy d'Alain Mabanckou (Points/Seuil)
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