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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 16:56
Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx (Editions Bruno Doucey)

Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx

(Editions Bruno Doucey - 120 pages - avril 2015)

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Denise Glaser est étudiante en philosophie à Clermont-Ferrand mais elle est juive, résistante et doit partir de cacher. C'est ainsi qu'elle arrive en train à l'asile de Saint Alban sur Limagnole en pleine période de marasme de nourriture.

L'asile est géré par les médecins Tosquelles et Bonnafé.

Denise se rend dans la bibliothèque ce qui lui vaut de devenir bibliothécaire. Elle apprend qu'ici depuis 1933 on prend enfin en considération les « fous » qui ne sont plus enchaînés.

Peu après arrive un couple Eugène et Marie Grindel. Mais son épouse par erreur l'appelle à un moment par son vrai prénom, Paul. Et de fait elle apprend qu’il s'agit du poète Paul Eluard qu'elle dit ne pas connaître, ce qui n'est pas vraiment le cas puisqu'elle sait réciter par cœur son poème « Liberté », sans avoir su auparavant qu'il en était l'auteur.

Il est obligé lui aussi de se cacher avec  son épouse Nusch car il est recherché par la police.

Denise s'investit dans l'asile et apprécie leur compagnie.

 

Le roman est fait de 14 courts chapitres. On entre ainsi très vite dans la vie de cet asile, à la fois foyer de résistance contre l'envahisseur allemand et lieu d'expérimentation d'une approche humaine de la folie.

L'auteur nous rappelle à la fin que tout est vrai dans ce livre.

Certes, on ne présente plus Paul et Nusch Eluard. Par contre, les jeunes lecteurs n'ont pas pu connaître Denise Glaser, cette qui a animé avec tant de majesté "Discorama" dans les années 60-70. J'ai appris avec tristesse qu'elle est morte en 1983, oubliée et dans la misère.

On ne connaît pas par contre ces deux médecins qu'ont été Lucien Bonnafé (1912-2003) et François Tosquelles (1912-1994) qui ont tant œuvré pour améliorer la condition de ceux que l'on appelait les "fous".

Et pour en savoir plus sur l'asile, je vous renvoie à ce lien de wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_hospitalier_Fran%C3%A7ois-Tosquelles

 

Une très intéressante lecture assurément que je recommande vivement d'autant que le livre est paru depuis en Folio.

Bonne lecture,

Denis

Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx (Editions Bruno Doucey)
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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 17:58
Lettres croisées (1858-1887) Paul Cézanne - Emile Zola (Gallimard)

Lettres croisées (1858-1887)

entre Paul Cézanne et Emile Zola

(Gallimard - 460 pages - Septembre 2016)

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115 lettres ont été retrouvées de la correspondance entre le peintre Paul Cézanne (1839-1906) et l'écrivain Emile Zola (1940-1902)  pour la période 1858 et 1887.

Henri Mitterand, spécialiste de Zola, nous propose une édition richement présentée et commentée. En plus des lettres, on a une véritable biographie croisée des deux correspondants.

Ils se sont connus très jeunes au lycée à Aix en Provence où tous deux habitaient. L'un, Cézanne, était issu de la bourgeoisie, son père étant banquier, tandis que l'autre, Zola était issu d'un milieu plus modeste, même si le père était ingénieur.

La première lettre connue date du 9 avril 1858, un peu moins de trois mois après le départ de Zola pour Paris. Cézanne écrit alors de longues lettres en vers.

Entre 1860 et 1877, il reste très peu de lettres et ce sont essentiellement celles écrites par Emile Zola.

Les 70 lettres écrites entre 1877 et 1887 deviennent des lettres courtes écrites entre deux rencontres dans la région parisienne ou à Aix (plus rarement).

La dernière lettre a été découverte en 2013 et permet d'atténuer la "querelle" entre les deux hommes au sujet de "L'oeuvre"  un des tomes de Rougon Macquart dont Zola aurait pris comme modèle d'un peintre "raté" Paul Cézanne.

Cézanne remercie Zola de l'envoi de "La terre" en septembre et il termine sa lettre en lui disant "Quand tu seras de retour , j'irai te voir pour te serrer la main".

Cette correspondance a inspiré le film de Danièle Thompson "Cézanne et moi".

Ce livre s'adresse assurément à tous ceux qui s'intéressent à l'art et à la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle. Pour rappel, Emile Zola a beaucoup fait pour aider et faire connaître les peintres impressionnistes. Il demande beaucoup d'attention au lecteur par ces nombreuses "explications" et "éclairages" autour de la vie de ces deux êtres d'exception.

Bonne lecture,

Denis

 

 

Paul Cézanne / Emile ZolaPaul Cézanne / Emile Zola

Paul Cézanne / Emile Zola

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 15:03
L'homme qui courait après son nez de Gérald Cahen (HD - Ateliers Henry Dougier)

L'homme qui courait après son nez de Gérald Cahen - Nouvelles

(HD - Ateliers Henry Dougier - Octobre 2017 - 151 pages)

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Ce recueil est composé de 17 courtes nouvelles "rangées" en 5 types de personnages :

1/ Les grands timides

Le bon Dieu arrive trop tard le dimanche à la messe alors il part se promener dans la vieille ville et il aime entrer incognito dans une salle de spectacle où Eve se fait effeuiller sur scène par les spectateurs mais ce soir il est reconnu.

Un homme a été traumatisé dans sa jeunesse par les expériences culinaires de sa mère au point d'avoir envie de vomir à chaque fois qu’il pourrait faire l'amour à une femme car un plat immonde de sa mère vient alors l'obliger à partir dans les WC.

Alain rêve la nuit à côté du magnifique corps de Marie-jo mais qui va devenir plus lourd au fil du temps. Et il voit un chat dans ses rêves…

2/ Les délirants

Pierre est gardien au Louvre et vient dire bonjour à Mona la Joconde tous les matins. Il aime son sourire et un matin il voit qu’elle a bougé une main puis il voit qu'elle est enceinte…

Arthur a des problèmes avec son corps qui ne lui obéit plus et à bien des caprices à l'image de son nez qui s'est détaché de lui et est parti cette nuit dans un hôtel à nez... (c'est cette nouvelle qui donne son titre au recueil)

Tout se délite dans un pays où le président devient sourd puis gâteux et que la pollution prend le dessus sur tout.

Et le vent peut être dévastateur au point de changer les maison de place. Pierre se trompe alors et atterrit dans le lit d'une autre femme.

3/ Les rieurs

Une femme est masseuse mais d'une spécialité originale : chatouilleuse. Ainsi les stressés viennent chez elle pour trouver le moyen de rire.

Une femme se réveille un vendredi avec un fou rire qui va durer la journée entière. Dans son rêve elle voyait le bon Dieu courir en petite culotte. Mais plus le dimanche approche plus elle pleure car elle sait que le bon Dieu va se venger d'elle à la messe.

.../...

4/ Les mal élevés

.../...

5/ Les mal aimés

.../...

 

Je ne vous résume pas toutes les nouvelles mais vous aurez compris que l'on est là dans "un vent frais de folie et d'humour... dont les héros sont tous affligés de manies ou de ridicules qui leur rendent la vie impossible". (Extrait de la 4e de couverture qui dit bien le contexte comique de ces histoires à "dormir debout" et à "courir après son nez").

En résumé, un livre rafraichissant à lire pour le plaisir des mots et des situations cocasses à savourer sans aucune autre prétention que de s'imaginer soi-même victime de ces aventures "surréalistes".

A noter que la dernière nouvelle met en scène l'auteur et son recueil !

Un auteur, Gérald Cahen qui publie depuis pas mal d'année et qui a débuté dans les années 70 par des fictions radiophoniques.

Merci à Nadia des éditions HD - Ateliers Henry Dougier pour m'avoir envoyé ce livre réjouissant et de belle facture littéraire

Bonne lecture,

Denis

 

L'homme qui courait après son nez de Gérald Cahen (HD - Ateliers Henry Dougier)
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 16:41
Entretien avec Natacha Nisic (La zone des murmures) : 1 - Ses lectures et ses débuts littéraires

Après avoir lu avec grand plaisir le roman de Natacha Nisic  "La zone des murmures" (Editions Tohubohu - rentrée littéraire d'août 2017), j'ai demandé à l'auteure si elle voulait bien que l'on puisse concevoir un entretien via Internet, ce qu'elle a accepté aussitôt.

Je vous propose ici le début de notre entretien qui porte sur son approche de l'écriture et sur ses goûts littéraires.

Un second entretien portera plus précisément sur "La zone des murmures".

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Qu'est-ce qui vous a conduite à écrire et être publiée ? D’autant que votre premier éditeur n'était rien moins que L'Age d'Homme, spécialisé dans les littératures de l'Est ? Votre nom ayant une consonance par ailleurs de l'est de l'Europe ?

 

J'ai toujours aimé lire, et écrire. Les aventures que je découvrais dans les livres faisaient partie intégrante de ma vie quotidienne, tout ça se mélangeait un peu (mon côté "fantaisiste") et je notais des anecdotes de la vie réelle en les déformant dans un carnet. Depuis toute petite, j'inventais des histoires, des poèmes, des enquêtes, réécrivais des paroles de chanson. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main : romans, notices, prospectus, emballages d'aliments, règles de jeux de société, livres d'art... Mon oncle, passionné par la langue française et sa grammaire en particulier (il aura étudié le Bescherelle jusqu'à ses derniers jours), m'avait offert une machine à écrire mécanique grâce à laquelle j'ai tapé des débuts d'histoires. Depuis la pénombre de ma petite chambre, j'étais fascinée par l'odeur du ruban encreur, par cette force de la frappe, cette manière bruyante de composer des mots, lettre après lettre, avant de retourner manuellement à la ligne. J'aimais ce rapport physique et mécanique à l'écriture. D'ailleurs, en y repensant, c'est peut-être pourquoi je continue aujourd'hui de taper comme une brute sur le clavier de mon ordinateur !

 

Lorsque je suis passée à la machine à écrire électrique, avec la possibilité de corriger des coquilles à l'aide d'un ruban correcteur blanc, j'ai été au bout de ces courtes fictions que je partageais déjà avec mon entourage. Je traquais le passage du Bibliobus devant notre HLM de banlieue parisienne, empruntais le maximum de livres autorisé par semaine. Avec une amie du collège, nous avions créé un petit journal avec blagues, charades et rébus en noir et blanc (très mal photocopié sur du papier A4 plié en deux) que nous avons vendu dans les plus hautes tours de Fontenay-sous-Bois (côté ZUP, là où nous habitions) en porte à porte, entre deux fous rires. Je ne sais plus ce qu'on a fait de l'argent gagné, on a dû s'acheter pas mal de bonbons. Il n'y a jamais eu de numéro 2.

 

Mes parents, originaires d'ex-Yougoslavie, sont arrivés en France l'année précédant ma naissance. Comme ils ne parlaient pas bien français, j'étais plus tard en charge du courrier administratif ; à l'époque, j'y prenais du plaisir (contrairement à aujourd'hui !).

Bref, vers la fin de mes études de Littérature générale et comparée à la fac de Censier, j'ai écrit quelques chroniques littéraires pour la presse, interviewé notamment Brice Matthieussent (traducteur de beaucoup d'auteurs américains que j’aimais bien, dont John Fante). Désormais parisienne, je lisais des manuscrits pour le Seuil et un des éditeurs maison m'a conseillé de contacter Vladimir Dimitrijevic, alors directeur des éditions L'Age d'Homme. Je l'ai rencontré avec l'intention de  traduire des romans serbes, et ça a marché. J'avais par ailleurs écrit un roman, mon premier, intitulé La tentation de Lazar. Naturellement Vladimir a souhaité le lire et il m'a appelée durant l'été pour m'annoncer : « C'est prometteur. »

J'ai passé le reste du mois d'août à essayer de comprendre le sens de ces quelques mots. J'étais en vacances avec ma sœur, à la mer, au Monténégro. A la rentrée, Vladimir Dimitrijevic, qu'on appelait "Dimitri", m'a confirmé vouloir le publier.

Il faut dire que j'avais aussi en parallèle envoyé le manuscrit par la Poste (je ne connaissais absolument personne du milieu littéraire) à quelques "grandes" maisons, dont Albin Michel, au cas où. Sylvie Genevoix, éditrice chez Albin, m'a donné rendez-vous. Enthousiasmée par l'originalité du texte, elle comptait présenter mon roman au prochain comité de lecture, mais le délai de décision aurait été plus long et l'issue plus incertaine. Du coup, j'ai choisi L'Age d'Homme. La tentation de Lazar est sorti en février 1998, j'avais 25 ans.

 

Merci Natacha pour ces précieuses informations sur la naissance de votre envie d'écrire et votre goût prononcé pour la lecture depuis votre plus tendre jeunesse.

On a alors très envie de vous demander quels sont les auteurs qui vous ont fascinée et qui ont eu éventuellement une influence sur votre pensée d'écrivain(e) (au passage aimez-vous ce mot "écrivaine" ?).

J'ai toujours aimé les livres que publiait Vladimir Dimitrijevic (1934 - 2011) et qui a tant fait pour nous faire connaître la littérature d'Europe de l'Est dans le monde francophone. J'imagine "Dimitri" comme un homme exceptionnel ! Comment l'avez-vous "ressenti" dans son approche en tant qu'éditeur inspiré.

Beaucoup de questions qui viennent ainsi...

 

Trop d’écrivains pour que je puisse tous les citer, mais parmi ceux qui me viennent spontanément à l’esprit : des poètes (Baudelaire, Blake, Lautréamont), Stephen King et d’autres auteurs fantastiques, l’existentialisme de Sartre, Nietzsche, la langue de Duras ou Modiano, l’imaginaire de Vian, des Américains (Bukowski, Selby, Fante), des Italiens (Moravia, Baricco), des auteurs japonais (Ogawa, Murakami). Kafka, forcément, et Shakespeare. Sans oublier Borges. Point d’orgue avec l’Enfer de Dante ou le Paradis perdu de Milton. Plus récemment, j’ai découvert les livres de Georges Hyvernaud, dont le style et l’humour noir m’ont beaucoup impressionnée, fait rire aussi, ainsi que Sonate sans accompagnement, longue nouvelle proche de la perfection, de Scott Card.

 

Concernant le terme « écrivaine », je n’aime pas trop, surtout à cause de la sonorité : dans « écrivaine », il y a « vaine ». Je préfère « écrivain » !

 

Rencontrer Vladimir Dimitrijevic et discuter longuement avec lui, de littérature, de la vie, était en effet passionnant. Dimitri avait une personnalité à part, une véritable vocation d’éditeur un peu décalé et hors des conventions. Il semblait avoir décidé de consacrer sa vie à la littérature et à ses lecteurs, pas au marketing ni aux services de presse, mais à ce que représentait pour lui « l’essence » de la littérature, dans ce qu’elle avait de fondateur, de libérateur et d’universel. Avec beaucoup d’humour aussi, et d'esprit.

« Le soleil est l’ennemi de la lecture » m’avait-il dit un soir, au café, lui dont la vue avait baissé à force de lire des livres russes sur microfilms. On ne peut pas lire au soleil, trop de lumière. Dimitri avait la réputation (justifiée) d’être un « découvreur ». Il n’hésitait pas à offrir, avec élégance, des livres à tous ceux qui le souhaitaient. Depuis Lausanne et sa librairie de la rue Férou, à deux pas de sa place préférée, celle de St Sulpice, il voulait partager sa vision du monde, ouvrir la littérature notamment à celle de l’Est. Je me souviens avoir lu alors le génial Pétersbourg de Biély et l’Usage de l’homme de Tisma. Dimitri s’intéressait aussi aux contemporains (pas forcément slaves), d’où le nom d’une de ses collections. Il était très attaché aux personnages.

C’était quelqu’un de complexe, un homme de conviction et d’une grande richesse intérieure, à la fois solitaire et sociable, mais sans concession. Il faut préciser que s’il était chic dans les années 80 de se faire publier chez l’Age d’Homme, c’était différent avec la guerre en ex-Yougoslavie et les prises de position de Dimitri qui ont amené sa maison d’édition à être longtemps boycottée par les libraires et les médias.

 

Mais c’est quand même fou que Dimitri soit mort dans un accident de la route, à bord de son véhicule chargé de livres, juste avant le succès fulgurant qu’allait connaître La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, best-seller qu’aucun autre n’avait pressenti, sauf Dimitri. Il aura été le seul éditeur à avoir accepté de publier ce roman, en co-édition avec son ami De Fallois.

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A suivre...

Denis

 
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 15:56
David Bowie n'est pas mort de Sonia David (Robert Laffont)   #MRL17

David Bowie n'est pas mort de Sonia David

(Editions Robert Laffont - Août 2017 - 174 pages)

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Le roman se décompose en trois jours qui sont en fait des périodes de quelques jours :

Premier jour : vendredi 22 – mercredi 27 mai 2015

Hélène, la narratrice,  alors qu’elle était en vacances avec des amis, a appris que sa mère a eu un AVC.

C'est alors la troisième fois qu'elle se sent proche d'elle tandis que sa mère a toujours été ingrate peu amante de ses trois filles. La première fois c’était il y a quinze ans quand Edith a eu l’appendicite. Puis ce fut en 2013 avec l'annonce d'un cancer du sein. Et l'AVC qui va se terminer cette fois par le décès le 23 mai 2015.

Après avoir accepté l'euthanasie, les trois sœurs se doivent de trier les affaires de leur mère et plus que jamais entrer dans l'intimité de cette femme intelligente, érudite mais qui a montré tant de froideur à son côté maternel. Elle a tout de même écrit dans ses instructions post mortem, à la fin « je vous embrasse ».

C'est l'occasion pour Anne, l’aînée, Hélène et Émilie la plus jeune de voir défiler les souvenirs du passé d'autant que la vie les a souvent éloignées. Et elles sont aussi très différentes.

Deuxième jour : lundi 2 – mercredi 11 mai 2016

Un peu moins d'un an plus tard le 6 mai 2016, c’est le père d’Hélène qui meurt après avoir lutté plusieurs années contre la maladie.

En 1973 il a quitté le domicile conjugal et sa femme exaspérante pour vivre avec Kirstin la jeune fille au pair de 19 ans d'origine norvégienne. Hélène est toujours restée fidèle à son père alors qu'Anne s'est détournée de lui à l’âge adulte. Le père a eu une fille Juliette avec sa nouvelle femme qui l'a aimé profondément et est restée avec lui jusqu’à la fin de sa vie.

Le 2 le père est opéré en urgence mais Hélène doit aller en Corse avec Pierre son compagnon. Sauf que, comme pour sa mère elle est obligée de rentrer en urgence après que Juliette, médecin urgentiste par ailleurs, lui dit qu’il va très mal.

Et le vendredi 6 mai avec l'accord de la famille les médecins arrêtent les machines. Pendant qu’elles font les démarches, Kirstin et les filles apprennent que le père était couvert de dettes au point de devoir renoncer à l’héritage.

Troisième jour : lundi 11 janvier 2016 - …

David Bowie est mort et Hélène se souvient qu’au lieu d’aller voir Bowie en concert sa mère l’avait emmenée au dernier moment voir un opéra de Mozart. C’était Anne qui était allée seule entendre Bowie. Les deux sœurs ont pu renouer quelques liens quand Anne a eu un cancer du sein qu'elle est venue traiter en France peu après la mort de leur mère...

 

On aura compris que ce roman parle beaucoup de mort et de remords. Hélène et ses sœurs perdent leurs parents à un an d'intervalle tandis que David Bowie est "réellement" mort le 11 janvier 2016.

C'est une "histoire" de famille où rien n'a été simple et ces morts permettent de revivre les moments forts de ces relations distendues.

Je me dois d'avouer que ce roman m'a peu convaincu. Je n'y ai pas appris grand chose.

J'ai lu ce roman dans le cadre du "match de la rentrée littéraire" organisé par "Price Minister".

Ce livre ne m'a pas inspiré une chronique créative car je l'ai lu sans enthousiasme.

Dommage.

Toutefois, si vous aimez les histoires de famille ce roman vous plaira sans doute, mais si vous êtes fan de David Bowie vous serez déçu(e) par ce roman qui parle bien peu de lui.

Denis

 

P.S. : Suite à ce compte rendu j'ai eu l'occasion d'échanger quelques idées au sujet de ce roman avec Sonia David.

Ainsi, je lui ai donné un "droit de réponse" qui est en fait un éclairage de l'auteure sur son roman que je vous livre tel que l'a écrit Sonia, que je remercie d'avoir "joué le jeu" :
 

 

"Répondre à la critique mitigée de Denis Lecomte. Voilà un sacré défi. Je me sens là  comme l’amoureuse éconduite tentant à coup de mots de convaincre l’autre de l’aimer quand même, de l’aimer malgré tout quand évidemment il n’est pas question d’argument, mais bien de sentiment. L’exercice est d’autant plus délicat que je comprends très bien, oui vraiment très bien, que mon livre puisse laisser froid. Et pourquoi pas? Une lecture c’est une rencontre, et on ne peut pas rencontrer tout le monde, n’est-ce pas. Il n’empêche: moi il me plait beaucoup mon roman ! Pour le coup, lui et moi nous sommes bien trouvés. Normal, me direz-vous, j’ai essayé de l’écrire à l’image de mes espoirs, d’évoquer la vie bien plus que la mort, l’apaisement né du chagrin, l’humour qui gagne la partie, et la famille, vivier sans fond de familiarité et de mystère, d’évidence et de complexité. 

 

Et David Bowie dans tout ça? Ah, David !

Bien sûr, il n’est pas question d’une biographie, là-dessus la couverture du livre ne prête pas à confusion: David Bowie, c’est un membre du souvenir à part entière, un révélateur de nostalgie, une nostalgie avec cheveux rouges." (Sonia David) 

 

Il ne vous reste plus qu'à lire ce roman à présent et n'hésitez pas à laisser un commentaire qui donnera un autre regard, celui du lecteur (ou lectrice mieux encore car je crois sincèrement que ce roman parle plus aux femmes qu'aux hommes)

 

David Bowie n'est pas mort de Sonia David (Robert Laffont)   #MRL17
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:56
La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)

mLa zone des murmures de Natacha Nisic

(Tohubohu Editions -  295 pages - août 2017)

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Tout commence par un signalement : "Femme de type européen, âgée de 42 ans au moment de sa disparition, 1,69 m, poids 53 kilos, corpulence fine, yeux gris-vert, cheveux bruns et longs".

 

Lise et Frankie décident de passer le week-end prolongé du 15 août ensemble dans les montagnes du Sud est de la France, les Alpes de Haute-Provence, loin du monde, sans téléphone et autres accès au monde extérieur. Juste un appareil photo numérique non communiquant. Un début de flirt et les voilà sur l'horrible D 717 détériorée.

Une chose est sûre, ils sont isolés comme ils l’espéraient. Mais l'angoisse monte vite en Lise surtout qu'il fait horriblement chaud et que des insectes viennent s'attaquer à leur pare-brise.

Cette scène est assurément un clin d'œil aux "oiseaux" de Hitchcock.

Ils se sont connus à "The Web Agency" près du père Lachaise dans une entreprise innovante où Lise travaillait déjà quand Frankie a été embauché. Ils sont plusieurs employés. Le Boss appelé « l'autre », au premier étage et eux au sous-sol. Des heures de travail à n’en plus finir mais une bonne ambiance finalement où il est bon d’être innovant et imaginatif.

Frankie a utilisé la technologie de l'entreprise pour restituer au mieux la voix de sa mère dans le dernier entretien qu’il a eu avec elle avant qu’elle ne disparaisse quand il avait douze ans. Lise comprend soudain que ce voyage n'est pas un hasard. Frankie revient sur les traces de son passé ici dans les Alpes de Haute- Provence. Le hameau "le Poil" a disparu. Ils se dirigent à pied par un chemin difficile vers l’observatoire abandonné du mont Pelé où il dit être sûr qu’ils pourront y dormir. En route ils arrivent à une maison presque insalubre où vivent deux sœurs âgées et étranges, retirées du monde.

On va vite comprendre que l'on est entré dans la "zone des murmures".

Tout "explose" alors. On entre dans la nuit, le vertige où plus rien n'est certain. Tout s'efface, s'embrume. Rêves, cauchemars, frontière entre réel et imaginaire. C'est un nouveau monde intérieur qui s'offre aux deux amis.

Tout au long du roman, pendant que Lise nous raconte ces trois jours, en voix off, pourrions-nous dire, Frankie se rappelle son passé ici dans cette contrée aride et sauvage : disparition brutale de la mère, accident mortel du père, obligation d'aller vivre chez la tante à Paris, sœur de sa mère.

Quand Lise perd conscience du temps présent, c'est Frankie qui prend le relai de la narration.

 

C'est un roman dans lequel on oublie le réel et les certitudes. Je ne cacherai pas que par moments le lecteur ne sait plus où il est.

Seulement, voilà, à quoi cela sert la littérature? Vaste question? Une piste avec ce roman : c'est partir vers d'autres univers, loin de son présent et de la rationalité qui envahit nos vies. Un roman, c'est fait pour surprendre, dérouter le lecteur en lui donnant un vrai plaisir de lecture.

Eh bien, "La zone des murmures" nous fait entrer dans ce monde-là, de la littérature.

Natacha Nisic avec qui j'ai eu quelques échanges pendant ma lecture m'a écrit : "Je crois en effet qu'un des projets, avec ce livre, c'était que chacun puisse se raconter sa propre histoire, et s'interroger sur ce qui est réel, ou plutôt sur ce qui compte vraiment dans la vie, avec l'aide de la fiction, de la mémoire... et du virtuel".

Je ne vous ai bien sûr pas tout dit de l'intrigue et encore moins de sa "chute". Vous verrez vous serez surpris au terme de ces trois jours de "cavale", retour ou non vers le passé !

Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce roman qui a su me dérouter ! et le cartésien que je suis a aimé cette "zone des murmures" ! (Un beau titre en plus).

Merci à Charlotte de Tohubohu et à l'auteure de m'avoir permis de lire ce roman, le cinquième ouvrage de Natacha Nisic.

Bonne lecture,

Denis

La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)
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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:21
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

La Muette d'Alexandre Lacroix

(Don Quichotte Editions - 205 pages - août 2017)

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Elsa est née en 1921 à Lyon. En 1943 elle aimait Albert et lors d'un rendez-vous dans leur bar habituel il n'est pas venu et ce sont deux hommes qui ont "cueilli" Elsa la juive. Et c'est ainsi qu’à l’été 43 elle s'est retrouvé à Drancy où elle a été répertoriée "catégorie B, immédiatement déportable".

Dans ce même Drancy, de nombreuses années plus tard, un jeune homme, Nour, amené à appeler la police a été aussitôt déclaré présumé coupable et menotté avant d’être conduit au commissariat où il s'est montré forte tête avant d'accepter de parler à un inspecteur. 

Nour veut bien expliquer cette journée à la Muette à condition qu'on laisse tranquille sa pauvre mère qui parle à peine français.

La Muette était encore en chantier quand elle a servi de camp. Rien n’était achevé. Heureusement Elsa a trouvé de l’amitié dans sa chambrée avec Josèphe et plus encore avec Louise avec qui elle partageait la couche et la couverture.

Nour est ami d'enfance avec Samantha (Sam) et Jamie. Ils ont tout partagé même leurs premiers émois amoureux ensemble. Sam a préféré Jamie mais à présent quand Jamie part travailler Nour vient rejoindre Samantha.

Louise a pris un amant tchèque Marek ce qui déplait à Elsa. Elle s'improvise institutrice pour apprendre les rudiments de l’écriture et du calcul, ce qui lui donnera par la suite la vocation d’institutrice.

Quant à Nour il a été peiné par le suicide de Bernard un des derniers français à vivre à la Muette. Il avait été entre autre obsédé par le portrait d'une femme, dessiné dans sa cave et daté août 1943. La drogue a fait partie de leur quotidien surtout pour Samantha.

Les caves étaient un lieu de torture et Louise y eut droit après que sa liaison avec Marek ait été dénoncée auprès des allemands.

Ils savaient à Drancy que la destination finale serait en Pologne sans connaître le nom exact du lieu où ils iraient. Alors ils l’appelaient Pitchepoï...

 

Deux voix à plus d'un demi-siècle d'intervalle parlent d'un même lieu : la Cité de La Muette à Drancy, que vous pouvez découvrir dans les deux photos ci-dessous :

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

Un monument, lieu de mémoire, a été installé. Mais l'enfer reste présent ici.

L'auteur, Alexandre Lacroix, par ailleurs directeur de "Philosophie Magazine" explique dans une "note de l'auteur" en fin de roman les motivations et le "travail" accompli pour faire vivre cette cité maudite au plus prêt de la réalité.

Page 205 : " En entrelaçant le discours d'une survivante et celui d'un jeune homme d'aujourd'hui, j'ai voulu montrer ensemble les deux dimensions de la cité, son passé tragique et son présent pesant. Je ne considère pas que ces deux types de malheur sont équivalents ni même comparables, que les victimes d'hier et les exclus d'aujourd'hui subissent le même sort, et cependant il y a une continuité souterraine entre les époques".

 

Le livre fait alterner les récits, celui d'Elsa, au langage châtié qui s'adresse à un historien et celui de Nour, au langage vert et verlan, qui répond aux questions d'un inspecteur de police.

Je ne révèlerai bien sûr pas l'issue des récits de chacun. A vous de les lire dans ce roman intense, prenant et qui restitue bien la problématique de la vie à La Muette à chaque époque évoquée.

Un seul bémol qui m'a gêné :Nour dit être allé à un spectacle de Dieudonné, un type "bien" qui parle au nom des paumés des banlieues :

Page 115 : "Dieudo, il s'intéresse à nous. faut regarder les choses en face, inspecteur: moi, j'ai grandi au quartier. Qu'est-ce que tu crois que je vais pouvoir faire de ma life ? Est-ce que t'imagines qu'un jour je pourrais décoller de la cité et aller vivre ailleurs ? ".

Il dit même merci à Dieudonné !!

L'inspecteur ne fait pas arrêter Nour sur cette narration de l'ambiance autour du spectacle qui s'étale sur presque dix pages et qui n'apporte vraiment pas grand chose au récit de ce qui s'est passé "ce jour-là", objet de l'interrogatoire.

Malgré cette réserve qui m'est très personnelle c'est un roman de la rentrée 2017 à lire si vous aimez l'Histoire et la confrontation des époques dans un lieu sordide, lieu de mémoire !

Merci à Aurélie de  Don Quichotte Editions de m'avoir envoyé ce roman.

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:54
Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)

Condor de Caryl Férey

(Gallimard - Série Noire - 413 pages - février 2016)

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Gabriela, d’origine mapuche, est étudiante en cinéma à Santiago. Elle participe à une manifestation un soir en tant que photographe et est troublée quand elle retrouve son amante Camila devenue députée et émeutière à 29 ans.

Gabriela vit chez Stefano, un "retornado" rentré au Chili pour rouvrir un cinéma de quartier. C’est ainsi qu'il a connu Gabriela une de ses clientes assidues. Il lui a offert un coin pour dormir, elle qui est d'une réelle pauvreté.

Un dimanche matin ils vont dans le quartier La Victoria où Ils font une projection tous les dimanches. Brusquement, la séance est interrompue car un jeune adolescent est retrouvé mort. Le quatrième de la semaine. C’est suffisant pour créer un lynchage de la police par les habitants du quartier. Sur la video que Gabriela a faite du cadavre, elle voit comme des traces de drogue. Elle demande alors à Camila de lui donner un nom d’avocat. Elle lui donne celui de son amant, Esteban.

Gabriela tombe sur son étrange associé, Edwards, avocat fiscaliste, qui vient de se mettre dans de drôles de mains, des mafieux liés au groupe Condor qui autrefois tua son père réfugié à Buenos Aires après le coup d’état de Pinochet.

Esteban écrit pendant ses vacances et il vient de rentrer quand son associé lui parle de Gabriela. Ils se rencontrent le jour même et il accepte de l’aider. Ils partent aussitôt enquêter à La Victoria en compagnie du Père Patricio et de Stefano. Ils arrivent jusqu’à un jeune dealer qui détient de la cocaïne. Étrange dans ce quartier pauvre qui ne pourrait jamais acheter une telle drogue !

Gabriela passe la longue soirée avec Esteban. Edwards est arrivé ivre à cette même soirée puis rentré chez lui il appelle Esteban car il veut lui révéler qu’il est en contact avec des anciens membres de Condor. Comme il est sur écoute l'alerte est tout de suite donnée.

L’analyse de la drogue montre que c’est de la cocaïne presque pure. Aussitôt l'alerte est donnée aux autochtones via la TV locale animée par le père de l'ado mort, Cristian.

La suite est à découvrir en lisant ce livre dense, intense aussi où le passé, celui du coup d'état du 11 septembre 1973 et de ses suites : meurtre de Victor Jara dans le stade de Siantiago, la torture pratiquée dans la "Villa Grimaldi"... Tous événements que Stefano a vécu. Il retrouve certains de ses tortionnaires, les hommes de main de Pinochet et sa "clique".

Caryl Férey sait nous restituer l'ambiance de plus en plus angoissante autour de cette histoire de drogue, gérée par ces anciens de "Condor". Le livre est très documenté et maîtrisé de bout en bout par l'auteur.

 

L’opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des États-Unis au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France[1], Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C.).

(source Wikipedia)

 

Un livre à lire absolument pour plonger dans l'univers chilien...

(Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre repris dans le coffret "Condor Live" qui contient en plus un CD du spectacle imaginée par Bernard Contat et Caryl Férey - magnifique complément)

Bonne lecture,

Denis

 

Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 15:30
Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik

(Flammarion - janvier 2017 - 228 pages)

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Nina vit seule avec son fils Roman dans le ghetto de Wilno. On est en 1925. Mise en faillite, Nina doit vendre sa collection de livres et elle ne songe plus qu’à partir loin d'ici où, bien que juive, elle n’a aucun espoir. Elle rêve de la France.

Abandonnée de son mari et après la perte de Joseph son fils aîné elle n'a plus rien à faire dans ce pays misérable. Roman n'a pas forcément la même vision de son avenir, prêt à faire le métier de son père, fourreur.

Le père, Arieh Kacew, réapparaît pour dire à Nina et Roman que la pension va être sérieusement diminuée car il va être une nouvelle fois père. Roman espère que son père va lui annoncer son retour à la maison. Il lui dit d’ailleurs qu'il voudrait être fourreur comme lui ce qui ravit son père. Ce dernier n'a pas eu la force de lui dire pourquoi il était venu.

Le lendemain Roman décide de faire l’école buissonnière et déambule dans les rues de Wilno y faisant trois rencontres qui l’aident à réfléchir sur le sens de la vie.

 

 

Deux jours dans la vie de Romain Gary (1914-1980), alors qu'il a neuf ans. Ce sont les 26 et 27janvier 1925.  Laurent Seksik nous plonge dans le ghetto de Wilno (Vilnius - Lithuanie). Wilno est alors incorporée à la Pologne, suite à la Grande Guerre.Romain Gary y est né en 1914. Il en partira avec sa mère en 1928, le reste de sa famille qui demeura à Wilno fut exterminée en 1943, comme le montre l'auteur dans son épilogue.Romain Gary s'appelle encore Roman Kacew au moment des faits racontés dans le roman.

Laurent Seksik nous fait entrer de plein pied dans l'époque et dans le cerveau des deux principaux protagonistes : Nina (de son vrai nom Mina) et Roman, sans oublier le père qui compte beaucoup pour Roman, ce que l'Histoire a eu tendance à oublier...

Deux êtres qui se sont tant aimés et dont on connaît l'ascendant de la mère sur le fils. On sent déjà que Roman n'entend pas se laisser autant influencer qu'on voudrait bien le croire. A 9 ans, il est déterminé à connaître l'environnement dans lequel il vit. Il fait des rencontres déterminantes qui vont lui ouvrir de nouveaux horizons.

Le roman se lit avec grand plaisir et nous introduit dans l'univers du futur Gary - Ajar, nous donnant plus que jamais envie de lire ou relire cet écrivain au destin original.

Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre qui aura été un grand bonheur de lecture à l'ombre du soleil gardois.

Bonne lecture,

Denis 

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 16:03
Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)

Albert Camus, soleil et ombre - une biographie intellectuelle

par Roger Grenier (Folio - 410 pages -mars 1991)

Première édition : Gallimard 1987

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Roger Grenier (né en 1919) a été un des grands amis d'Albert Camus (1913-1960). Il a eu l'idée de publier un livre passionnant en 1987, reprenant l'intégralité des livres parus d'Albert Camus, sous deux regards : celle de l'ami qui rapporte des "anecdotes" sur la vie de l'écrivain et celle de l'écrivain - journaliste qui analyse les oeuvres une à une, dans l'ordre de leur publication de 1932 à 1959.

Dans son introduction, Roger Grenier précise que "soleil" et "ombre" peuvent caractériser et résumer  l'oeuvre de Camus :le soleil est la place des pauvres et l'ombre celle des nantis.

"La présente étude n'a pas d'autre objet que de l'accompagner dans son itinéraire, et pour ainsi dire pas à pas. Plutôt que de suivre les plans architecturaux qu'il se plaisait à composer, il m'a semblé qu'on retrouvait mieux le courant de l'oeuvre en la suivant tout simplement du premier au dernier livre, comme on suit une rivière depuis sa source". (Page 11-12)

Je recommande chaleureusement ce livre à tous ceux qui ont envie de découvrir (ou redécouvrir) l'oeuvre et l'homme Camus, comme si vous cheminiez à côté de Roger Grenier.

Et bien sûr, l'idéal est d'en profiter pour lire (ou relire) ses oeuvres avec l'éclairage de ce livre.

Bonne lecture,

Denis 

 

Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)
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