Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 21:10
Augustino et le choeur de la destruction de M.C. Blais (Le Seuil)

Augustino et le choeur de la destruction de Marie-Claire Blais

(Edtions du Seuil - 2006 - 302 pages)

Première édition Canada : Editions du Boréal - 2005

----------------------------------------------------------------

 

Un livre original à l'écriture envoûtante qui saisit  beaucoup plus que l'histoire en elle-même que l'on pourrait résumer en une courte phrase : moments d'une famille en état de décomposition, voire de destruction pour faire référence au titre du roman.

Un roman de 302 pages uniquement ponctué de virgules et de rares points pour former un ensemble "compact" sans retour à la ligne, sans paragraphes.

Un serpent de mer qui se passe sur une île des Caraïbes et un peu partout dans le monde dont le Rwanda du temps du génocide.

Une famille composée en partie d'artistes qui vivent dans "leur monde" aimant Stravinski, Britten ou Messiaen ou Marie Curie... selon leurs affinités.

Certains ont mal tourné entre drogue et prostitution. Mai, la jeune enfant, est fugueuse et en avance sur son âge, n'ayant peur de rien.

La mère, une des "patriarches" de la famille, est malade, à présent sa main tremblant de plus en plus...

On voit passer Lou, Nora, Ari, Caroline... Une cinquantaine de personnes entre présent et passé.

 

Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un roman comme celui-ci que l'on pourrait classer en "littérature expérimentale" comme on en lisait dans les années 80-90. Mathias Enard a relevé le défi tout comme Marie-Claude Blais.

 

On est pratiquement dans un livre de poésie où la langue, les mots, les consonnances rappellent que l'on "flirte" avec cet univers poétique.

Augustino est le maître d'oeuvre, jeune écrivain brimé par son père qui voulait en faire un médecin. Mais il écrit tout de même "sous le manteau".

 

Un extrait pour mieux "entendre" le ton du roman (page 182-183) :

"... , j'aime vous écouter, Nora, dit Mère, comme si votre engagement me soulageait de ma vie peu active, sauf auprès de ma famille bien entendu, pourquoi n'ai-je pas fondé des hôpitaux moi aussi, comme l'ont fait vos amies, des femmes médecins, pendant qu'elles retirent de la rue des enfants et des handicapés qui n'ont d'abris que des auvents pendant la saison des pluies, je ne sers qu'à éduquer mes petits-enfants, j'étais et suis toujours la directrice culturelle de quelques musées, mais c'est bien peu, les joues de Mère s'étaient embrasées, elle était soudain fière d'elle-même et de Nora, ..."

 

Une auteure, Marie-Claire Blais, née en 1939, et qui a obtenu le Prix Médicis en 1966, pour "Une saison dans la vie d'Emmanuel". Elle est considérée comme une des grandes écrivaines canadiennes sans doute pas assez connue, au moins en France.

 

C'est une lecture parfois difficile car on mélange les personnages mais quand on avance dans ces méandres on se laisse emporter dans un univers familial étonnant...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Lecture faite dans le cadre de "Québec en novembre" organisé par Karine et Laurence.

Augustino et le choeur de la destruction de M.C. Blais (Le Seuil)
Repost0
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:07
Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier (XYZ)

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saussier

(XYZ Editeur - Canada - 179 pages - 2011)

---------------------------------------

 

Une photographe en quête de Boychuk, un vieillard qu'elle espère rencontrer au fin fonds des bois, tombe sur le vieux Charlie et son chien. Il l'héberge pour la nuit et lui dit que celui qu'elle cherche est mort. Il était un des derniers survivants du Grand Feu de 1913 et qu'elle espérait photographier.

Tom vient les rejoindre et ils vont sur la tombe de Boychuk puis la photographe repart après avoir pris quelques photos qu'elle promet de ramener.

Bruno est plus jeune que ses trois compagnons et quand il arrive il apprend lui aussi la mort de Ted Boychuk. Il cherchait un terrain pour cultiver de la marijuana et Ted avait accepté moyennant l'obtention de matériel pour sa peinture. Et de fait quand ils sont allés dans ses cabanes ils ont découvert nombre de tableaux plus sombres les uns que les autres.

Steve tient en gérance l'hôtel souvent désert du coin. Et Bruno arrive avec sa vieille tante Gertrude qui a passé plus de 60 ans dans un asile. Elle est venue voir sa belle-soeur et n'a plus voulu retourner à l'asile de Toronto si bien qu'il l'a amenée ici. Il lui faut de faux papiers. C'est le job de Steve.

 

Ted Boychuck a survécu jeune adolescent au terrible Grand Feu de 1916 à Matheson. Sa famille a péri et lui a erré pendant des mois et des années marquant ceux qui l'ont croisé et en ont fait la légende du jeune "aveugle" victime d'une cécité temporaire due à l'incendie.

La photographe a eu vent de cette légende et une vieille rescapée lui a dit qu'il pleuvait des oiseaux carbonisés. Ces regards de vieux, ces légendes l'ont ainsi conduite jusque chez cet homme hélas mort juste avant son arrivée.

Il faut construire une maison pour Gertrude qui se fait appeler maintenant Marie-Desneige. Et la photographe revient quand la maison devient habitable et tout de suite elles deviennent amies. Mais la première nuit est difficile pour cette femme venue de l'asile et toujours habituée à être entourée trouve asile chez Charlie.

On ne parle plus de la mort ici à présent. Charlie et Marie-Desneige deviennent très intimes et elle lui raconte quelques horreurs de sa vie à l'asile.

Les tableaux de Ted sont à regrouper en séries et Marie-Desneige reconnaît les jumelles Polson. On pourrait penser que Ted a été amoureux de l'une d'elles.

 

La photographe va au musée de Matheson où elle retrouve les traces des jumelles entre autres...

 

Etrange roman que ce livre "Il pleuvait des oiseaux". Le titre est déjà une intrigue à lui seul. On se croirait dans un conte et puis le tragique des vies cotoie le bonheur de la solitude et de l'éloignement du monde.

Livre optimiste par l'amour qui peut survenir à tout moment et surtout quand on ne l'attend pas. Malgré tous les efforts pour être heureux seul ou à plusieurs, il y a toujous un moment où les difficultés, le malheur reviennent.

Ce roman fait ainsi alterner des temps de "ravissement" et des moments de doute, de tristesse. On croirait aussi que l'art peut sauver une vie et pourtant l'oeuvre de Ted qui domine une grande partie du roman est sombre et veut dire l'horreur par les couleurs sombres et l'espoir qui point entre les couleurs. L'espoir de retrouver les êtres chers en pleine tragédie.

 

Je ne suis pas sûr d'avoir aimé ce livre et pourtant au-delà de sa lecture au premier degré que l'on peut en faire, il faut aller entre les lignes, entre le sens et les sens, pour y trouver une profondeur qui fait dire que ce livre est à lire comme un conte philosophique qui lui donne son ton et sa force.

 

Bonne lecture "troublée", "troublante",

 

Denis

 

Lecture faite dans le cadre de Québec en novembre organisé comme chaque année par Laurence et Karine

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier (XYZ)
Repost0
21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:50
Ravensbrück mon amour de Stanislas Petrosky (Atelier Mosesu)

Ravensbrück mon amour de Stanislas Petrosky

(L'Atelier Mosesu - collection 39-45 - 230 pages - février 2015)

 

----------------------------------------

 

Premier roman "choc" de Stanislas Petrosky, annoncé en préambule comme tel : "Ce livre est sombre, violent, l'auteur utilise des mots crus, odorants, bruyants, gênants, grinçants, qui brûlent les yeux et peuvent révolter, simplement parce qu'il ne faut pas oublier, c'était il n'y a pas si longtemps, ce n'était pas de la fiction".

 

Et en effet, on est très vite plongé dans l'univers du camp de Ravensbrück (Le pont aux corbeaux) :

 

Au seuil de la mort à 77 ans, Gunther Frazentich, allemant, raconte son histoire. Fils de paysans, passionné d'art et de dessin, né en 1918, il est enrôlé à 20 ans pour participer à la construction du camp de concentration de Ravensbrück. Devenu par la force des choses kapo , il voit arriver les premiers convois de femmes.

Rosenthal le gynécologue du camp se montre atroce avec les femmes qu'il oblige à avorter. Günther se met à dessiner les scènes cruelles qu'il voit pour témoigner plus tard des atrocités commises. Il est surpris par une chef qui décide alors qu'il sera le dessinateur du camp.

Il se sent lâche d'accepter toutes ces exactions contre ces femmes prisonnières. Pour se consoler il dessine avec le plus de véracité possible.

Les kapos ne sont pas épargnés dès lors où ils ne doivent montrer aucune compassion pour les détenues. Lui réussit à leur faire des sourires dans l'infirmerie par exemple.

Et il doit assister aux expériences du Dr Gebhardt sur de jeunes femmes car le chirurgien veut créer des plaies importantes sur des jambes saines pour ensuite expérimenter un traitement au sulfamide.

Convoquées dès trois heures du matin, les heures d'appel sont interminables pour les prisonnières et Günther est obligé de dessiner encore et toujours.

Bientôt, des prisonniers hommes sont  détenus pour effectuer les travaux difficiles et comble de l'humiliation on aime montrer ces femmes aux hommes en les faisant se mettre nues face à eux derrière les barbelés.

Avec la solution finale mise en place un four crématoire est construit à Ravensbrück et Günther réussit à cacher ses doubles de dessins dans les murs.

En 1942 commencent à arriver les enfants qui ne sont pas ménagés non plus mais les adultes font ce qu'ils peuvent pour les aider, les soigner à l'image d'une française Hélène que Günther aide à intervenir dans les blocs.

Et puis arrive une française juive, Edna, étudiante en histoire que Günther remarque pour sa beauté.il la dessine et tombe amoureux aussitôt. Il décide de la sauver et lui dit de se faire passer pour couturière car alors Hélène pourra la prendre en charge.

 

Une histoire d'amour pour faire souffler le lecteur. C'est ce que l'on se dit vers le tiers du livre car rien n'a été épargné au lecteur jusqu'à présent.

Mais l'amour peut-il exister et survivre à la lourde loi d'un camp de concentration et de travail où rien n'est épargné aux prisonniers et aux kapos.

 

Livre pesant par sa noirceur annoncée mais très bien mené. Un livre très documenté avec des personnages réels qui passent tels ces monstrueux médecins Rosenthal et Gebhardt, Himmler aussi l'initiateur de la solution finale. Et une narration sous le signe du "je" pour montrer de l'intérieur comment un être humain est plongé contre son gré dans un monde de l'infamie où toute trace d'humanité est bannie par ses dirigeants.

 

Le titre du livre m'a fait penser à "Hiroshima mon amour" le film d'Alain Resnais écrit par Marguerite Duras. Coïncidence ou volonté de clin d'oeil de l'auteur !!!

 

A lire, à méditer...

Bonne lecture,

 

Denis

 

Et merci à Martine Beau-Delomos de m'avoir mis entre les mains ce livre.

Repost0
19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 20:23
Un lundi sans bruit de Max Férandon (Carnets Nord)

Un lundi sans bruit de Max Férandon

(Carnets Nord - avril 2015 - 172 pages)

Première édition : 2014 - Editions Alto -Canada

                                        

------------------------------------------------------

 

Deux parties dans ce roman au ton souvent « caustique » malgré son humour très « premier degré » :

1/Aujourd'hui

Amédée travaille dans une scierie et n'aime pas les lundis. Il fait de la lundinite aiguë. Goguenard le patron de la scierie n'est pas là. Ainsi, c'est Amédée qui accueille les frères Crasimir, 2 redoutables bulgares "mafieux". Il est toujours dans les coups foireux son patron et quand il rentre, Amédée apprend qu'il a fait convoyer dans un cercueil un tableau qui a été volé et les bulgares croient que Goguenard est complice du vol.

Saint-Priest-la-brume a ainsi vu arriver ce lundi les deux bulgares ainsi que les Prunier, mimes de père en fils. Et c’est Ginette, l’amante d'Amédée, qui va recevoir ce monde à l'hôtel d'Auvergne.

Le pauvre Goguenard a eu bien des déboires avec les émirs du Qatar qui voulaient des cercueils en chêne. Trois cents ont été commandés mais le onze-septembre est passé par là et ses cercueils lui sont restés sur les bras. Et alors qu'il vient de faire affaires avec un négociant de vin qui lui a demandé d'ajouter de la sciure de bois pour faire vin vieilli en fût, le type se tue sur la route. C’est dire que cette histoire du tableau volé complique encore la situation.

Mme Goguenard a pour amant le charcutier. Les Crasimir croient que c'est le mari, l'assomme et partent avec lui en camion. Mais Amédée les suit, récupère le cercueil dans lequel est placé le charcutier Alors survient un accident avec un camion de lait qui complique tout…

2/ Hier

La famille juive Ackermann doit fuir l'Alsace au moment de l'exode pendant la deuxième guerre mondiale, faisant halte à Montluçon non sécurisée et finissent par arriver à Saint-Priest-la-brume. Le jeune Josef devenu Jérôme, est placé chez un agriculteur et va à l'école. Grâce à ses instituteurs et à un gendarme complaisant il échappe à une rafle.

Le mime Prunier arrive également à Saint-Priest-la-brume en juin 1943.

Brehmer, lui, est le responsable allemand de la ville et essaye tant bien que mal de temporiser quand il le peut. Seulement les temps changent et les ordres deviennent plus sévères et sur proposition de français soumis à l'autorité allemande une liste est dressée de français à arrêter.

Car il est beaucoup question de listes dans cette partie du récit.

Jérôme se retrouve seul dans la ville quand un lundi matin l'armée allemande vient anéantir la ville… Sera-ce un lundi sans bruit ?

 

On l’aura compris, 2 parties qui sont le miroir de l’autre car le fameux tableau volé était déjà présent dans l’histoire d’hier ainsi que les mimes. M. de La Mothe Grébière, bien vieux et sans tête se voit acheter, racheter son tableau sans cesse, ce qui n’est pas si grave quand on apprend dans la 2e partie, qu’il était pronazi…

Alors, comme je le disais en préambule, l’auteur joue beaucoup avec les mots, même dans les moments tragiques.

Quelques exemples :

Les titres par exemple des « chapitres » : tueurs en scierie, symphonie picturale…

Page 11 : « Le scieur de long n’en mène pas large »

Page 139 : « Le colonel Heindorf vient de se faire limoger ». (Il était en poste à Limoges).

 

Un ton léger pour des situations compliquées qui font basculer les histoires du morbide dans le « burlesque ». On comprend donc très vite qu’il faut accepter ce ton pour entrer dans ce roman.

Ce n’est pas un coup de cœur, mais une très bonne lecture tout de même. Il n’y aurait pas eu ce contexte lourd de deuxième guerre mondiale j’aurais pris plus de plaisir à accepter un ton léger.

 

Merci à Fleur de Carnets Nord de m'avoir envoyé ce livre au demeurant de très belle facture littéraire.

 

A lire pour rire et pleurer...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

A noter que j'ai lu et présenté il y a deux ans le premier roman de l'auteur chez le même éditeur : Monsieur Ho

 

Repost0
7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 17:30
BRUGES-LA-MORTE de Georges Rodenbach (Labor)

Bruges-la-morte de Georges Rodenbach (Editions Labor 167 pages)

Préface de François Duyckaerts

Lecture de Christian Berg

---------------------------------

Roman publié en 1892 par Georges Rodenbach né à Tournai en 1855 et mort à Paris en 1898.

Avocat, il devient écrivain et publie des contes, drames et romans dont "Bruges-la-Morte" qui lui vaut sa renommée.

 

Trois femmes envahissent l'espace de Hugues Viane : la femme morte, Barbe sa servante dévote et Jane Scott sa maîtresse. Sans oublier Bruges, la ville morte où Hugues est allé se réfugier après la mort de sa femme. Bruges est indiscutablement un des personnages clés de ce roman.

 

Sa femme est morte de maladie en quelques semaines à l'aube de la trentaine. Il l'aimait intensément et ne s'est pas remis de cette mort. Il s'est installé, il y a cinq ans ici juste après la mort car la ville ressemble vraiment à ce qu'il ressent.

Page 25 : "Et comme Bruges aussi était triste en ces fins d'après-midi!Il l'aimait ainsi! C'est pour sa tristesse même qu'il l'avait choisie et y était venu vivre après le grand désastre".

Un soir, il remarque une jeune femme dans la rue et se met à la suivre et voici comment il la voit : (Page 29)"Eh bien! oui! cette fois, il l'avait bien reconnue, et à toute évidence. Ce teint de pastel, ces yeux de prunelle dilatée et sombre dans la nacre, c'étaient les mêmes. Et tandis qu'il marchait derrière elle, ces cheveux qui apparaissaient dans la nuque, sous la capote noire et la voilette, étaient bien d'un or semblable, couleur d'ambre et de cocon, d'un jaune fluide et textuel".

Il trouve en cette femme qui se nomme Jane Scott le double de sa première femme. Le lendemain soir, il découvre qu'elle est danseuse et se met à l'aimer sachant que la ressemblance lui permet de ne pas trahir sa femme morte. Il lui loue une maison aux abords de la ville mais bien vite, à son insu, toute la ville connait sa liaison avec une femme volage qui a mauvaise réputation. Il est alors la risée de la ville.

Barbe, la servante, se rend à une fête dans son village et sa soeur lui parle de son maître et de cette femme. le curé lui dit ensuite qu'elle devra partir de chez Hugues si Jane vient s'installer chez lui, d'autant qu'à sa retraite elle doit entrer au couvent. C'est dire que sa "bigoterie" lui interdit toute compromission.

Et puis le temps passe et Hugues comprend que Jane prend ses distances avec lui, dépense beaucoup sur son compte et rencontre d'autres hommes.

Dans le même temps, il se rend compte qu'elle ne ressemble plus vraiment à son épouse. Mais Jane pense à un futur héritage possible puisque Hugues est seul et riche et s'accroche à lui...

Les choses vont finir par se compliquer, mais je n'en dirai rien pour ceux qui ne connaissent pas la fin de ce roman.

Le roman est assez court au style et à la narration efficaces. On sent une vraie atmosphère de mort et de tristesse, de malheur qui plâne sur la vie de Hugues dans une ville entièrement en phase avec sa psychologie.

Un grand roman dans la veine de cette fin de XIXe siècle avec "La jeune Belgique" et les auteurs français tels Mirbeau ou Huysmans. Beaucoup de lyrisme également dans cette prose. Bref, une belle lecture pour ce grand classique belge.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du "mois belge"organisé par Mina et Anne dont le thème pour ce mardi 7 avril est la lecture d'un classique d'avant 1960

 

BRUGES-LA-MORTE de Georges Rodenbach (Labor)
Repost0
4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 15:42
Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Actes Sud)

Meursaut, contre-enquête de Kamel Daoud

(Actes Sud - mai 2014 - 155 pages)

Première édition : Alger 2013

Prix des cinq continents de la francophonie 2014

----------------------------------------

"L'Etranger" d'Albert Camus paru en 1942 met en scène Meursault, un français d'Algérie qui apprend la mort de sa mère.

Pour mémoire, le roman débute ainsi "Aujourd'hui, maman est morte".

Dans sa "contre-enquête, l'auteur algérien Kamel Daoud commence comme ceci : "Aujourd'hui, M'ma est encore vivante".

Meursault va sembler très indifférent par rapport à cette mort puisqu'il va aller au cinéma par exemple plutôt que de vivre son deuil immédiatement. Et puis surtout il va tuer un arabe, anonyme, car Camus ne dit rien de cet homme. Personne ne s'intéresse à cette victime dans le roman. Alors Kemal Daoud a l'idée de cette "contre-enquête", donnant un nom à l'arabe. Il s'appelait  Moussa et son frère, Haroun, lui a survécu de longues années. Il avait 7 ans en 1942 et 70 ans plus tard il parle de son frère avec un jeune universitaire français venu en Algérie sur les traces de Camus et du roman. Ils se retrouvent dans un café où Haroun parle inlassablement car c'est la première fois qu'il peut réellement raconter ce passé, ce crime et puis aussi de ce qui s'est passé pendant la guerre d'Algérie. Ces rencontres sont un clin d'oeil de Daoud à "La chute" d'Albert Camus qui reprend également un dialogue dans un bar...

Haroun et plus encore sa mère, ne se sont jamais vraiment remis de cette mort "froide", anonyme. Il est allé sur la plage où son frère a été tué. Mais tout a changé à Alger depuis. Lui et sa mère sont allés ensuite vivre à Hadjout mais une nouvelle vie ne pouvait effacer la mort de Moussa. Il fallait d'une façon ou d'une autre, un jour... venger cette mort atroce et c'est la mère plus que Haroun qui souhaite cette vengeance.

L'amateur de Camus que je suis a trouvé beaucoup de plaisir à lire ce livre comme contrepoint de "l'histoire officielle". Cette fois, on est placé du côté des autochtones, frustrés d'avoir toujours été malmenés pendant la période coloniale. Si Meursault n'avait pas montré de la "négligence" vis-à-vis de sa mère morte, il n'aurait sans doute jamais été jugé.

Revivre le meurtre est troublant et montre que Camus s'est servi d'un fait divers avec des incohérences narratives qui voudraient démontrer que "L'Etranger" est un roman et que Moussa l'anonyme est peut-être bien réellement un anti-héros romanesque.

Kamel Daoud joue avec le romanesque à travers cet excellent "roman" à l'écriture de grande qualité et fluide. Les camusiens devraient aimer ce livre.

N'oublions pas que Kamel Daoud est menacé dans son pays d'une "fatwa". Il faut reconnaitre que dans son livre il fait quelques allusions sans complaisance pour l'Islam.

Bonne lecture,

Denis

 

 

J'ai lu ce livre également dans le cadre d'un challenge très original "un mois - une illustration" organisé par Sophie du blog amis-lecteurs (les lectures d'Angeselphie) et dont le thème ce mois-ci était une paire de chaussure que l'on devine sur la couverture du livre car elle laisse des traces sur le sable.

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Actes Sud)
Repost0
22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:55
Jacob, Jacob de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti

(Editions de l'Olivier - août 2014 - 166 pages)

-------------------------------------------

 

4e roman de Valérie Zenatti publié aux Editions de l'Olivier e pour cette auteure née à Nice en 1970, par ailleurs traductrice de Aharon Appelfield, l'immense auteur israélien.

L'écriture est magnifique, disons-le d'entrée, alternant des phrases longues et des phrases plus courtes, toujours avec un ton juste.

Jacob, 19 ans, prend son dernier repas en famille avant de partir pour l'armée et sans doute pour la guerre en 1944.

Nous sommes à Constantine en Algérie et Jacob Melki est le grand-oncle de l'auteur. L'auteure prend appui sur une photo et sur quelques souvenirs familiaux pour écrire ce roman.

Jacob est juif comme les siens et il a eu quelques déboires à l'école à cause des lois de Vichy applicables ici aussi. Et quand on l'appelle pour aller défendre la France, il se rappelle que la France s'intéresse aux juifs quand nécessaire. Toutefois, il ne rechigne pas et après être passé par le Hoggar il se retrouvre à Alger pour embarquer pour la Provence où il doit participer au débarquement d'août 1944. Sa mère, Rachel, ne supporte pas vraiment cette séparation alors que Jacob est son fils préféré et elle craint pour sa vie. Alors, elle décide d'aller à sa rencontre avant qu'il ne quitte la terre algérienne. Malheureusement, elle arrive toujours trop tard. 

Jacob ne se sent pas très à l'aise dans ce monde militaire : (page 44) "... Il voudrait se souvenir d'un poème, il en a appris tant par coeur, mais depuis qu'ils sont dans le Hoggar, soldats de l'armée française, la mémoire des poèmes s'est enrayée, il bute contre les mots qui fourmillent dans une sarabande anarchique, il se souvient pourtant de ceux qui les ont écrits, Hugo, Rimbaud, Baudelaire, il voit même leurs visages, mais seulement leurs visages, comme si ce qu'ils avaient écrit pouvait être anéanti par le soleil du Hoggar, les ordres du sergent-chef, les nuits glaciales. (...) les vers ici, ne trouvent pas leur place, ils jurent avec les uniformes, sont réduits au silence par les armes et le nouveau langage aux phrases brèves et criées qui est le leur".

Jacob a heureusement de fidèles amis mais la guerre va faire ses ravages entre le temps du débarquement et celui de l'arrivée en automne en Alsace où les combats continuent à faire rage. Il va connaitre l'amour le temps d'une nuit à Lyon et la mort autour de lui. Pendant ce temps, sa famille continue à vivre à Constantine dans l'attente de nouvelles. Ils écoutent la radio espérant que Jacob sera cité pour l'honneur et la fierté de la famille... Le roman se termine avec la guerre d'Algérie et le départ pour la France où les survivants de la famille n'ont plus aucun espoir dans ce pays dévasté où la haine prévaut...

 

Un très grand et beau roman sur fond historique restitué avec pudeur, en hommage à une famille déracinée loin de ses origines en Israël...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Lecture 4/6 dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire chez Hérisson

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)
Repost0
22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 10:56
La civilisation, ma Mère !... de Driss Chraïbi (Folio)

La Civilisation, ma Mère !... de Driss Chraïbi (Folio)

Première édition Denoël 1972

-----------------------------

La mère a été mariée très jeune à un homme plus âgé qu'elle dans le Maroc des années 20. Elle a eu deux fils : Nagib l'aîné et un deuxième qui pourrait être l'auteur. Selon la tradition marocaine de l'époque, elle restait cloitrée dans sa maison sans contacts avec l'extérieur.

Un jour, Nagib amène à la maison un poste de radio géant de la marque Blaupunkt, que la mère appelle Mr Kteu, car son fils lui a fait croire que c'était un magicien qui parlait, chantait.

"Monsieur Kteu devint pour elle l'homme qu'elle avait toujours attendu : le père qu'elle n'avait jamais connu, le mari qui lui récitait des poèmes d'amour, l'ami qui la conseillait et lui parlait de ce monde extérieur dont elle n'avait nulle connaissance. Quand vint la deuxième guerre mondiale, elle était là, fidèle au poste. Attentive à toutes les souffrances, comptant les coups, à traits de crayon gras sur sa planche à lessive". (Page 39)

 

Le téléphone va devenir le moyen pour elle de communiquer avec ses amies et des inconnus aussi. Puis ses fils vont lui acheter des chaussures et des vêtements, alors que jusqu'à présent elle était hors mode, fabriquant inlassablement des vêtements "coutumiers".

Et le cinéma va être un grand moment de son éducation. Elle va s'identifier aux héros, leur parler. Elle est alors la première femme à venir assister à une séance publique. Deux films au programme à chaque séance. Une romance puis un western américains...

Elle lit, s'ouvre au monde par tout moyen et puis le plus jeune fils, narrateur de la première partie du roman (intitulée "Etre"), décide de partir étudier en France la médecine et quitter ainsi définitivement son passé, pour entrer dans la"civilisation moderne" !

La deuxième partie "Avoir" est racontée par Nagib, fils plus "voyou" que son cadet. Il fait découvrir son monde à sa mère et comme pour tout, elle aime ces rencontres avec des gens qu'elle ne cherche pas à juger. Pendant la guerre, quand De Gaulle est au Maroc en compagnie de Churchill et Roosevelt, elle décide de le rencontrer. Elle veut dire à cet homme qu'il doit penser au peuple dans le règlement futur du conflit.

Avec ses amies, plus tard, elle va militer pour l'émancipation des femmes marocaines, ce qui lui vaudra de nombreux déboires, notamment avec les maris. Mais, elle est bien dans son époque maintenant qu'elle s'est ouverte au monde.

"- Je suis heureuse, si heureuse ! J'étais née dans une maison dont je ne me rappelle plus que les ténèbres, j'ai passé la moitié de ma vie dans une prison et je ne sais pas où je mourrai mais d'ici là, je serai allée d'un horizon à l'autre, j'aurai parcouru, connu, aimé ce pays dans tous les sens - parce que...parce qu'il m'appartient..." (page 161-162)

 

Cette phrase résume bien ce livre centré sur une femme qui prend conscience, grâce à ses fils, que la vie se passe dans la rue, auprès des autres, dans les livres aussi pour enfin mieux comprendre dans quel univers on vit et qu'elles sont les horizons qui peuvent être explorés pour améliorer le quotidien du peuple.

 

C'est enfin le livre d'une métamorphose dans un monde clos, dans une culture qui ne laissait pas droit aux femmes de s'émanciper, de participer au débat public. A méditer dans ces temps où l'intégrisme et les extrêmismes entendent revenir à des traditions d'enfermement de la pensée. Ce livre est un hymne à la liberté de penser et d'être.

Magnifice, écrit dans une langue poétique et avec beaucoup d'humour aussi. N'oublions pas ces écrivains africains francophones du 20e siècle qui ont contribué au rayonnement de la littérature de langue française.

Après Mohammed Dib et son merveilleux "L'infante maure", Dris Chraîbi (1926-2007) et ce roman m'auront rappelé l'importance de cette littérature.

Il me faudra aussi revenir à Rachid Boudjedra, Kateb Yacine notamment...

Bonne lecture,

Denis

Driss Chraïbi

Driss Chraïbi

Repost0
15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 20:55
L'infante maure de Mohammed Dib (Albin Michel)

L'infante maure de Mohammed Dib (Albin Michel - 181 pages - 1994)

------------------------------------------------

"Ce que j’ai voulu montrer, c’est tout simplement un enfant. Comment il vit, comment il voit le monde et comment il réagit. Il m’importe peu que cet enfant soit celui d’un couple mixte ou qu’il vive dans un pays ou dans un autre. C’est d’abord l’enfant qui m’intéresse. Aujourd’hui, les voyages et les échanges se sont multipliés et font que les gens se rapprochent de plus en plus. Il y a des gens qui voyagent énormément, qui se rencontrent, qui se plaisent et parfois s’épousent. Il y a de plus en plus d’enfants dont l’un des parents appartient à un pays différent, à une langue différente et à une culture différente de l’autre. Je dirais même que le monde va de plus en plus dans ce sens, et l’idéal serait que le monde entier ne soit constitué que d’enfants issus de couples qui appartiennent à des cultures différentes. Dans mon livre, nous nous retrouvons d’une manière plus précise devant un couple dont l’homme est censé être un Maghrébin. Il peut être algérien, marocain ou tunisien. La femme vient d’un pays nordique. Cela pourrait être la Suède, la Norvège ou la Finlande. Un enfant naît de cette union. Les enfants qui sont riches de deux cultures sont également riches d’un imaginaire et même de deux imaginaires qui se confondent. Un imaginaire qui fait leur marque essentielle, qui fait leur identité.

C’est pour cela aussi qu’un enfant issu d’un mariage mixte – le mot « mixte » ne me plaît pas beaucoup – est un enfant qui a un monde de rêve beaucoup plus grand, beaucoup plus étendu que celui qui a pour origine un seul pays, une seule culture, qui se trouve bien enracinée, bien ancrée quelque part. L’enfant a un espace pour son imagination, il est un peu le roi de son domaine imaginaire. Une fille est en quelque sorte la reine, d’où « l’infante ».

 

Extrait d'un entretien réalisé par Mohamed Zaoui (1998) in Algérie, des voix dans la tourmente (éditions Le temps des cerises).

 

Lyyli Belle est une fillette qui vit dans le nord de l'Europe où l'on trouve la neige et la forêt. Son père, lui, est originaire d'Algérie, là où l'on trouve le désert. Sable ou neige, est-ce si différent se demande l'enfant?

Elle passe une partie de ses journées dans un arbre. De là haut elle regarde le monde vivre. Elle aime danser aussi et demande à son père s'il aime aussi et ne le croit pas quand il répond non.

Elle ne s'entend pas très bien avec son frère, Kikki, car il se montre désagréable avec lui, c'est dire que sa vie d'enfant est très perturbée. Son goût de la solitude la sauve de cette vie "écartelée", d'autant que le père retourne souvent dans son pays.

"Même une fois parti, il n'est pas absent. Je le ressuscite en lui parlant. Il est loin là-bas où il retourne toujours mais il n'est pas perdu". (page 81)

Et Lyyli Belle ressent de l'incompréhension du côté de sa mère.

"Je ne suis pas folle maman. Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Je mets ma main sur ma bouche, j'étouffe les gros bouillons qui me prennent encore à la gorge".

Et ses moments dans les arbres sont de grands moments de rêverie :

"Toutes les feuilles se mettent à chuchoter, à rire. De quoi. On dirait des filles au passage d'un garçon. Le vent est passé, mais les feuilles s'obstinent à chuchoter. Elles ne se sont pas aperçues qu'il est passé... Sur mon arbre, je grimpe aussi haut que possible, je m'arrache la peau des mains, des genoux, des pieds. Je me déchire pour lui alors que je pourrais demeurer au sol et me promener tranquillement dans le jardin". (page 39-40)

 

"L'infante maure" est un livre au ton poétique et philosophique publié par Mohammed Dib (1920-2003) en 1994. L'auteur dut se réfugier en France à l'époque de la guerre d'Algérie, expulsé pour ses activités militantes. Il fut l'ami d'Albert Camus, de Louis Guilloux entre autres. Il a publié de nombreux livres (poèmes, romans, nouvelles, essais) en cinquante ans. L'Algérie, l'exil sont au centre de ses livres.

 

Un auteur à ne pas oublier...

 

Bonne lecture, 

Denis

 

 

 

L'infante maure de Mohammed Dib (Albin Michel)
Repost0
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 22:21
La ballade d'Ali Baba de Catherine Mavrikakis (Sabine Wespieser)

La ballade d'Ali Baba de Catherine Mavrikakis

(Sabine Wespieser éditeur - 196 pages - août 2014)

------------------------------------------------

Une narratrice et son père.

Des lieux : Key West, Las Vegas, Montreal, Alger, Florence, Kalamazoo et New York

Une longue période : de 1939 au 31 décembre 2013

Et des vies, surtout celle du père depuis son enfance grecque à sa mort.

Mais l'auteure nous entraîne dans les méandres d'une vie allant de lieu en lieu sans chronologie. Ainsi, le livre commence et se termine à Key West à 45 ans de distance. En 1968, il venait là avec ses 3 filles.et 45 ans plus tard, la narratrice revient ici mais seule. Entretemps, son père est mort.

Ce qui surprend dans ce roman, c'est le père mort réapparait aux yeux de sa fille au point qu'elle se demande si Vassilli est réellement mort. Et elle se rend compte souvent que c'est le fantôme de son père qui vient vers elle. Un peu comme si le père se sentait coupable d'avoir abandonné sa famille en 1968, courant le monde pour ses affaires, sans doute louches.

Erina est devenue écrivaine et on pense réellement à un roman très autobiographique entre un père grec et une mère française partis vivre à Montreal.

Le problème avec ce roman c'est que je l'ai trouvé pauvre en style, avec des phrases trop simples et qui tombent à plat sans faire d'effets au lecteur. Des phrases "chirurgicales" qui n'emportent pas le lecteur.

Et puis, ce père revenant ne m'a pas "convaincu". un conte aurait une magie que je n'ai pas retrouvée ici. Ali Baba est  bien terne quand il prend les traits de Vassili.

Une lecture fade pour moi, hélas, avec ce 2e roman de la rentrée de l'automne 2014 que j'ai ainsi lu pour le pire plus que pour le meilleur.

J'attendais plus, trop peut-être d'un livrepublié chez Sabine Wespieser. Dommage...

Denis

 

Lecture 2/6 - challenge 1% rentrée littéraire chez Hérisson

La ballade d'Ali Baba de Catherine Mavrikakis (Sabine Wespieser)
Repost0

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

             

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***