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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:54
Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)

Condor de Caryl Férey

(Gallimard - Série Noire - 413 pages - février 2016)

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Gabriela, d’origine mapuche, est étudiante en cinéma à Santiago. Elle participe à une manifestation un soir en tant que photographe et est troublée quand elle retrouve son amante Camila devenue députée et émeutière à 29 ans.

Gabriela vit chez Stefano, un "retornado" rentré au Chili pour rouvrir un cinéma de quartier. C’est ainsi qu'il a connu Gabriela une de ses clientes assidues. Il lui a offert un coin pour dormir, elle qui est d'une réelle pauvreté.

Un dimanche matin ils vont dans le quartier La Victoria où Ils font une projection tous les dimanches. Brusquement, la séance est interrompue car un jeune adolescent est retrouvé mort. Le quatrième de la semaine. C’est suffisant pour créer un lynchage de la police par les habitants du quartier. Sur la video que Gabriela a faite du cadavre, elle voit comme des traces de drogue. Elle demande alors à Camila de lui donner un nom d’avocat. Elle lui donne celui de son amant, Esteban.

Gabriela tombe sur son étrange associé, Edwards, avocat fiscaliste, qui vient de se mettre dans de drôles de mains, des mafieux liés au groupe Condor qui autrefois tua son père réfugié à Buenos Aires après le coup d’état de Pinochet.

Esteban écrit pendant ses vacances et il vient de rentrer quand son associé lui parle de Gabriela. Ils se rencontrent le jour même et il accepte de l’aider. Ils partent aussitôt enquêter à La Victoria en compagnie du Père Patricio et de Stefano. Ils arrivent jusqu’à un jeune dealer qui détient de la cocaïne. Étrange dans ce quartier pauvre qui ne pourrait jamais acheter une telle drogue !

Gabriela passe la longue soirée avec Esteban. Edwards est arrivé ivre à cette même soirée puis rentré chez lui il appelle Esteban car il veut lui révéler qu’il est en contact avec des anciens membres de Condor. Comme il est sur écoute l'alerte est tout de suite donnée.

L’analyse de la drogue montre que c’est de la cocaïne presque pure. Aussitôt l'alerte est donnée aux autochtones via la TV locale animée par le père de l'ado mort, Cristian.

La suite est à découvrir en lisant ce livre dense, intense aussi où le passé, celui du coup d'état du 11 septembre 1973 et de ses suites : meurtre de Victor Jara dans le stade de Siantiago, la torture pratiquée dans la "Villa Grimaldi"... Tous événements que Stefano a vécu. Il retrouve certains de ses tortionnaires, les hommes de main de Pinochet et sa "clique".

Caryl Férey sait nous restituer l'ambiance de plus en plus angoissante autour de cette histoire de drogue, gérée par ces anciens de "Condor". Le livre est très documenté et maîtrisé de bout en bout par l'auteur.

 

L’opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des États-Unis au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France[1], Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C.).

(source Wikipedia)

 

Un livre à lire absolument pour plonger dans l'univers chilien...

(Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre repris dans le coffret "Condor Live" qui contient en plus un CD du spectacle imaginée par Bernard Contat et Caryl Férey - magnifique complément)

Bonne lecture,

Denis

 

Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 15:30
Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik

(Flammarion - janvier 2017 - 228 pages)

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Nina vit seule avec son fils Roman dans le ghetto de Wilno. On est en 1925. Mise en faillite, Nina doit vendre sa collection de livres et elle ne songe plus qu’à partir loin d'ici où, bien que juive, elle n’a aucun espoir. Elle rêve de la France.

Abandonnée de son mari et après la perte de Joseph son fils aîné elle n'a plus rien à faire dans ce pays misérable. Roman n'a pas forcément la même vision de son avenir, prêt à faire le métier de son père, fourreur.

Le père, Arieh Kacew, réapparaît pour dire à Nina et Roman que la pension va être sérieusement diminuée car il va être une nouvelle fois père. Roman espère que son père va lui annoncer son retour à la maison. Il lui dit d’ailleurs qu'il voudrait être fourreur comme lui ce qui ravit son père. Ce dernier n'a pas eu la force de lui dire pourquoi il était venu.

Le lendemain Roman décide de faire l’école buissonnière et déambule dans les rues de Wilno y faisant trois rencontres qui l’aident à réfléchir sur le sens de la vie.

 

 

Deux jours dans la vie de Romain Gary (1914-1980), alors qu'il a neuf ans. Ce sont les 26 et 27janvier 1925.  Laurent Seksik nous plonge dans le ghetto de Wilno (Vilnius - Lithuanie). Wilno est alors incorporée à la Pologne, suite à la Grande Guerre.Romain Gary y est né en 1914. Il en partira avec sa mère en 1928, le reste de sa famille qui demeura à Wilno fut exterminée en 1943, comme le montre l'auteur dans son épilogue.Romain Gary s'appelle encore Roman Kacew au moment des faits racontés dans le roman.

Laurent Seksik nous fait entrer de plein pied dans l'époque et dans le cerveau des deux principaux protagonistes : Nina (de son vrai nom Mina) et Roman, sans oublier le père qui compte beaucoup pour Roman, ce que l'Histoire a eu tendance à oublier...

Deux êtres qui se sont tant aimés et dont on connaît l'ascendant de la mère sur le fils. On sent déjà que Roman n'entend pas se laisser autant influencer qu'on voudrait bien le croire. A 9 ans, il est déterminé à connaître l'environnement dans lequel il vit. Il fait des rencontres déterminantes qui vont lui ouvrir de nouveaux horizons.

Le roman se lit avec grand plaisir et nous introduit dans l'univers du futur Gary - Ajar, nous donnant plus que jamais envie de lire ou relire cet écrivain au destin original.

Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre qui aura été un grand bonheur de lecture à l'ombre du soleil gardois.

Bonne lecture,

Denis 

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 16:03
Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)

Albert Camus, soleil et ombre - une biographie intellectuelle

par Roger Grenier (Folio - 410 pages -mars 1991)

Première édition : Gallimard 1987

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Roger Grenier (né en 1919) a été un des grands amis d'Albert Camus (1913-1960). Il a eu l'idée de publier un livre passionnant en 1987, reprenant l'intégralité des livres parus d'Albert Camus, sous deux regards : celle de l'ami qui rapporte des "anecdotes" sur la vie de l'écrivain et celle de l'écrivain - journaliste qui analyse les oeuvres une à une, dans l'ordre de leur publication de 1932 à 1959.

Dans son introduction, Roger Grenier précise que "soleil" et "ombre" peuvent caractériser et résumer  l'oeuvre de Camus :le soleil est la place des pauvres et l'ombre celle des nantis.

"La présente étude n'a pas d'autre objet que de l'accompagner dans son itinéraire, et pour ainsi dire pas à pas. Plutôt que de suivre les plans architecturaux qu'il se plaisait à composer, il m'a semblé qu'on retrouvait mieux le courant de l'oeuvre en la suivant tout simplement du premier au dernier livre, comme on suit une rivière depuis sa source". (Page 11-12)

Je recommande chaleureusement ce livre à tous ceux qui ont envie de découvrir (ou redécouvrir) l'oeuvre et l'homme Camus, comme si vous cheminiez à côté de Roger Grenier.

Et bien sûr, l'idéal est d'en profiter pour lire (ou relire) ses oeuvres avec l'éclairage de ce livre.

Bonne lecture,

Denis 

 

Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 15:25
L'énigme Gerstein d'Alain Le Ninèze (HD-Ateliers Henry Dougier)

L'énigme Gerstein d'Alain Le Ninèze

(HD - Ateliers Henry Dougier - Collection "Littérature"

- 266 pages - mai 2017)

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Kurt Gerstein (1905-1945) est protestant convaincu et antinazi depuis  1933.

Quand il apprend qu'une parente âgée de 16 ans et internée en hôpital psychiatrique est morte brutalement puis immédiatement incinérée On est alors en Allemagne en 1941. Il comprend qu’il y a quelque chose de louche. Il décide de s'engager dans les Wafen SS pour mieux approcher le mal et le combattre de l’intérieur.

Est-il sincère ? Selon certains témoignages il aurait eu l’idée de s’engager avant de connaître le sort de Bertha.

C'est là un mystère qu'Alain Le Ninèze espère découvrir avec ce roman. Il entend aller au plus près du personnage, citant ses sources à chaque fois qu'il écrit une "scène romanesque", nous révélant ainsi la part fictive et la part historique.

Kurt Gerstein est affecté aux services chimiques de l'Institut d'hygiène de Berlin et comprend en 1942  qu'une nouvelle étape est franchie dans l’elimination des « sous hommes » après lui avoir demande de fournir en très grosse quantité de l'acide prussique, également connu sous le nom de zyklon.

Et c’est ainsi que parti de Berlin il prend livraison de la cargaison en Tchécoslovaquie pour se rendre à Lublin. La destination finale est Belzec un des camps d'extermination en Pologne. Il est amené à suivre une séance de gazage de juifs. On lui montre la même exécution à Treblinka. Pendant qu'il rentre à Berlin il s'entretient dans le train avec un représentant de l'ambassade de Suède à Berlin et lui demande de transmettre son témoignage en Suède à faire suivre au gouvernement anglais. Puis il témoigne devant un évêque lequel ne veut pas en référer au Pape.

Gerstein a réussi à Belzec à faire enterrer pour défaut les boîtes de gaz mais il a peur qu'une nouvelle commande arrive sur son bureau. Il songe au suicide ou au divorce pour protéger sa famille s'il devait être arrêté. Il a toujours sur lui à présent un revolver et une ampoule de cyanure au cas où…

Ce qu'il a vu l'a traumatisé à jamais et au moment de Noël 1942 il est plus mal que jamais.

En mai 43, il est promu lieutenant et les commandes arrivent avec demande d'envoi mensuel. Il réussit à faire détruire le premier chargement en provoquant un accident avec le camion.

Seulement, il est impossible de venir à bout de cette "solution finale" et il se montre bien impuissant. Il se dit réaliste mais hélas, il a participé "malgré lui" au génocide juif et les "alliés" ne sont pas prêts à lui pardonner d'avoir livré le gaz criminel...

 

Je ne connaissais pas du tout ce Kurt Gerstein. On voudrait avoir de la sympathie pour lui car on le croit sincère d'avoir tenté de l'intérieur d'intervenir pour éviter des morts ! Mais, difficile d'avoir de la vraie compassion pour lui.

Sujet délicat qu'Alain Le Ninize maîtrise au maximum, recoupant les sources et rappelant que la fiction s'est emparée avant lui de ce personnage avec Costa-Gavras avec son film "Amen" en 2002. Et l'historien Saül Friedlander a écrit un livre sur lui : "Gerstein. L'ambiguïté du bien".

 

Un livre exigeant mais qui se lit très bien, découpé en très courts chapitres : 168 pour 265 pages.

A conseiller à tous les passionnés d'histoire et de littérature.

Merci à Nadia Ahmane, attachée de presse de HD Ateliers Henry Dougier de m'avoir adressé ce roman.

Bonne lecture,

Denis

Kurt Gerstein

Kurt Gerstein

Alain Le Ninèze

Alain Le Ninèze

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 16:42
Marguerite de Jacky Durand (Carnets Nord)

Marguerite de Jacky Durand

(Carnets Nord - janvier 2017 - 238 pages)

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En août 44, Marguerite et Josette sont tondues sur la place publique pour avoir couché avec des allemands.

 

Cinq ans plus tôt, le 2 août 39, Marguerite s’est mariée avec Pierre et vit le grand amour.

Mais Pierre est parti dès le début septembre sur le front est. Elle doit assumer toutes les tâches seule et son retard de règles la fait croire enceinte mais le médecin dit que c’est dû au départ de Pierre qui a conduit à un choc émotionnel.

Elle reçoit des nouvelles de Pierre qui s’amuse sur le front car il n’y a rien à faire. Elle ne comprend pas la situation quand elle trime ici à assurer le quotidien.

Elle le voit à Noël là-bas près de son cantonnement puis il est fait prisonnier au court moment de la guerre face aux allemands en mai/juin 1940.

Elle travaille comme femme de ménage à la poste et apprend lors d’une perquisition que Raymonde la postière est résistante. On l’a croit même complice. On est alors en janvier 42.

Marguerite travaille à présent dans un atelier et elle aperçoit son amie Josette en compagnie d’un allemand.

Quant à André, il est un enfant gitan que Marguerite aide en lui donnant de la nourriture. Elle a même rencontré sa famille dans leur roulotte. Et depuis quelques semaines il passe ses dimanches dans la cour avec un allemand Frantz qui lui apprend à chanter et à mieux lire. Marguerite garde ses distances et ne veut pas parler à un allemand, cause de tous ses malheurs...

 

Vous aurez compris que ce roman raconte le destin difficile d'une jeune femme au cours de la seconde guerre mondiale. Un destin "ordinaire" pour Marguerite qui pense au quotidien sans trop chercher à comprendre plus en avant ce qui se passe dans cette époque trouble.

Son seul "héroïsme" est d'aider une famille gitane.

L'auteur a fait le pari de nous dévoiler dès le début que Marguerite a couché avec un allemand. Puis il déroule les grandes étapes de "sa" guerre d'août 1939 à l'été 1945, sans mettre au centre cette relation tardive. Ainsi, Jacky Durand nous fait comprendre qu'il faut avant tout s'attacher à cette femme qui s'endurcit avec cette guerre tout en gardant un regard humain sur son temps et montrant qu'elle est une femme "libre".

Juin 40 : "La nuit dernière, Marguerite n'a pas fermé l'œil. Elle s'est assise sur le rebord de la fenêtre, scrutant par l'entrebâillement des volets le flux ininterrompu de l'exode s'étirant le long du faubourg. C'est une masse informe, grouillante, hétéroclite où elle devine dans l'obscurité des autos qui roulent tous feux éteints par crainte de bombardements, des tombereaux écrasés par leurs chargements, des bicyclettes, des animaux de trait et surtout, surtout, des escouades de piétons, familles agglutinées autour d'une carriole, d'un landau, où l'on a installé les plus fragiles, vieillards, nourrissons, mères allaitantes, malades" (page 91)

L'écriture et le style sont sobres, sans fioriture mais ils nous emportent dans cette histoire qui pourrait être une "énième" histoire autour de la deuxième guerre mondiale. Certes, les grandes périodes sont "marquées" (la drôle de guerre, l'exode, la résistance et la collaboration, la libération et l'épuration) mais on s'attache à cette Marguerite qui ne baisse jamais les bras alors que son amour pour Pierre semble s'amenuiser après avoir vécu quelques mois enchanteurs et que "sa faute" n'a pas été le fait de "mauvaises intentions" !!

Bonne lecture et merci à Fleur de m'avoir adressé ce livre des éditions Carnets Nord dont j'ai toujours plaisir à lire les livres.

A noter que c'est le premier roman de Jacky Durand, par ailleurs, journaliste et chroniqueur gourmand à "Libération".

 

Denis

 

Marguerite de Jacky Durand (Carnets Nord)
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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 17:57
Récidive - Sonja Delzongle

J'avais découvert Sonja Delzongle avec " DUST " , vu que mon mari et moi - même étions jurys pour le Prix du Balai d'or 2016 et l'auteur a d'ailleurs été récompensée du Prix " Balai d'argent " pour notre plus grande joie.

L'occasion de la rencontrer dans un contexte intimiste, et de partager un resto à l'issue de la remise des Prix.

Une auteur très sympathique, talentueuse  qu'il faut absolument découvrir !

Quand j'ai reçu " Récidive " , je me suis plongée aussitôt dans la lecture de ce thriller qui nous fait voyager entre Saint Malo et New - York, en présence d'Hanah, ,cette jeune profileuse, forte et fragile à la fois qui apprend la libération de son père, son géniteur comme elle l'appelle.

Et elle a peur pour sa vie, peur qu'il la retrouve et qu'il la tue à son tour.

Pour rappel :

Son père a tué sa mère à la suite d'une dispute et il a enterré le corps dans le jardin.

Hanah était toute jeune mais c'est elle , quelques années plus tard , qui dénonce son père pour le crime qu'il a commis.

Elle pourrait se croire à l'abri de l'autre côté de l'Atlantique mais il n'en est rien, Hanah a des appréhensions, fait des cauchemars qu'ils lui perturbent la vie en général et son sommeil.

A Saint - Malo, sitôt son père sorti de prison , une série de meurtres a lieu dans la cité corsaire et la police associent ceux - ci à cet individu.

On retrouve également le squelette de l'oncle d'Hanah remonté comme par magie à la surface de la mer après avoir séjourner de longues années dans l'eau !

Commence alors le début de différentes enquêtes et Hanah vient incognito à Saint - Malo.

J'ai beaucoup aimé l'écriture vive de Sonja Delzongle , le suspens qui nous tient en haleine jusqu'au bout et j'avoue que j'ai passé un bon moment de lecture grâce à la plume de cette auteur.

Je me suis très attachée au personnage d'Hanah , cette jeune profileuse qui se sert d'un pendule de Herkimer pour mener à bien ses recherches.

Vraiment hâte de la retrouver dans le prochain roman !

4ème de couverture

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.
À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

Récidive
Auteur : Sonja Delzongle
Éditions : Denoël (Avril 2017)
Collection : Sueurs Froides
ISBN : 9782207135624
416 pages

 

 

Récidive - Sonja Delzongle
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 17:40
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

(Editions Actes Sud - Août 2016 - 267 pages)

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Mathilde Blanc revient le 1er juillet 2012 soit 50 ans après, jour pour jour, après le décès de son père, au sanatorium en forme de paquebot à Aincourt devenu une ruine classée aux monuments historiques.

Les parents, Odile et Paul (dit Paulot), tenaient le bar le Balto à La Roche. Le samedi soir c'était bal et Paul lançait le bal avec sa fille aînée, Annie, 16 ans, resplendissante.. Il jouait de l'harmonica. Mathilde les regardait de loin. Elle était née cinq ans après la mort de son frère encore jeune bébé. Alors elle a voulu être "le fils" de Paul à ses yeux et a toujours eu des jeux de garçon. Un peu casse-cou aussi malgré ses neuf ans. Après il y a eu tout de même le petit Jacques.

On est en 1952 et les mots pleurésie ou tuberculose et sanatorium sont souvent inconnus. Et Mathilde va les découvrir quand on va parler de la maladie de Paulot. Deux mois à Aincourt et tout doit rentrer dans l'ordre. Mais juste après Noël la maladie s'aggrave et la vie au Balto devient impossible pour le père.

Et une partie de la clientèle ne vient plus car on dit comme à l'école que le "bacille" est contagieux.

Il faut se séparer du Balto et emménager en face et ouvrir une librairie-presse. Mais vivre auprès du balto est insupportable pour Paulot. Alors ils s'installent à Limay et font bientôt faillite. Retour en face du balto où il faut survivre de petits boulots. Difficile pour Mathilde d'être heureuse et de faire rire son père.

Elle veut danser comme Annie ce qui lui permet de rencontrer Mathieu. Mais Odile et Paul sont de plus en plus malades de cette tuberculose. Avec quelques aides de l'état ils vont à Aincourt. Jacques et Mathilde mineurs doivent partir dans une famille d'accueil. On est le 2 janvier 1960.

Mathilde est une rebelle et contre vents et marées elle va voir ses parents chaque semaine y compris le père en cellule d'isolement. Elle est bien avec Mathieu. Se plaint de la veuve qui l'a recueillie et finit par rentrer chez eux à La Roche où elle  ôte les sellés.

Mathilde mène seule alors le combat pour le mieux être de la famille. Sa meilleure alliée est Jeanne, jeune fille handicapée, qui lui apporte de l'amitié, de la complicité, lui donnant de l'énergie pour lutter contre les malheurs des Blanc.

L'auteure nous introduit, comme si on y était, de par le langage de la narratrice adapté au "monde de Mathilde", de par le contexte historique où la "guerre" d'Algérie est l'événement majeur, en dehors du combat quotidien au temps où l'aide sociale, la sécurité sociale sont loin d'être un "paradis" pour ramener les malades à "la vie". On survit tant bien que mal quand on est atteint d'une grave maladie dans ces années 50-60, surtout si on est commerçant.

Une "fille courage" que cette Mathilde qui porte toute la famille et qui accompagne ses parents dans la maladie, qui essaie de donner un peu de confort à son petit frère, tandis qu'Annie, elle, fiat sa vie avec son mari et son enfant aussi loin que possible des risques de contamination par ce "bacille" destructeur.

 

Le livre n'a pas l'intensité de Kinderzimmer, le précédent roman de Valentine Goby. Le roman s'essouffle un peu sur la fin. On peut être dérangé comme moi par le style fait de simplicité, de juxtaposition de mots, mais après réflexion, je me suis dit que ce style est lié au langage de l'époque, dans cette famille.

Page 66 :" Mathilde veut voir Paulot vivant. Elle veut qu'il rie, elle s'en donne la mission. Ce jour-là, elle marche, ultra-légère dans l'air de juin, traversée de lumière comme les fins corps d'insectes. Elle a quatorze ans, elle est sèche comme une gosse de dix ans, pas de formes, pas de gras, que du muscle".

 

Le roman est inspiré par le témoignage d'Elise Bellion et d'autres témoins de cette époque où la "paquebot" d'Aincourt était en activité. Il est devenu en partie une ruine.

 

Une nouvelle lecture faite en commun avec Marjorie dont les échanges sont très éclairant tout au long de notre lecture.

 

Denis

 

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:38
Le garçon incassable de Florence Seyvos (L'Olivier)

Le garçon incassable de Florence Seyvos

(Editions de l'Olivier - 173 pages - Mai 2013)

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Elle est française, écrivain, et se trouve à Los Angeles car elle écrit un livre sur Buster Keaton et se rend à la villa où il vécut.

Elle se rappelle deux Henri, tous deux déficients mentaux. Mais surtout elle a vécu avec son demi-frère handicapé d'abord en Côte d'ivoire puis en France quand sa mère est partie vivre avec le père d'Henri. Un père plutôt sévère avec son fils.

Buster Keaton a reçu ce surnom de Buster quand il a dévalé bébé un escalier. Il est devenu alors une "chose" dans les spectacles de ses parents volant de place en place pour le plaisir des spectateurs. C'est ainsi qu'il est devenu acteur physique dès son enfance.

Henri à force de persévérance et soutenu par les siens a pu savoir lire puis il a pu travailler dans un CAT. Henri a passé beaucoup de temps à attendre. Attendre que l'on s'occupe de lui, attendre que les activités auxquelles il ne pouvait pas se mêler se terminent...

Keaton a eu plus de bas que de hauts dans sa vie d'artiste. Mais avec le temps il a eu du succès notamment lors de rétrospectives de des films dans les années 50-60. Sa femme l'a quitté mais Eleanor une jeune femme l'a suivi dans sa fin de carrière avec amour et dévouement. L'alcool et plus encore le tabac ont eu raison de sa vue et il est mort en 1966.

 

Le roman alterne ainsi entre la "biographie" de Buster Keaton et la narration des années passées aux côtés de Henri, le "demi-frère" que la famille a pris en charge et a accompagné dans sa vie.

On ne comprend pas trop bien le lien entre les deux histoires si ce n'est que ce sont des moments de vie de la narratrice.

La quatrième de couverture nous éclaire ainsi : "A travers leur commune étrangeté au monde (ne passent-ils pas tous deux pour des idiots ?), et cette fragilité qui semble les rendre invulnérables, Henri et Buster sont peut-être détenteurs d'un secret bouleversant."

Le grand intérêt de ce roman est le style de l'auteure qui nous emporte. En courts chapitres, ce sont des moments de vie qui sont racontés, comme de courtes nouvelles juxtaposées.

Florence née à Lyon en 1967 a peu publié :4 livres en 20 ans, dont "Les apparitions" qui a obtenu le Prix Goncourt du premier roman en 1995.

Un livre à lire pour ces instants de vie et pour se rappeler qui était Buster Keaton.

Denis 

Le garçon incassable de Florence Seyvos (L'Olivier)
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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 16:28
Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu)

Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu - 222 pages - décembre 2014)

Suivi de "Le désir et la peur" (Texte de septembre 2014)

Première édition : Stock - janvier 2014

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C'est l'auteure qui a persuadé son père qu'il serait bien qu'il retourne à Oran sur les traces de sa jeunesse. On est le 15 septembre 2005 à Orly et le père tarde à arriver. Anne culpabilise de l'avoir entraîné dans ce voyage.

Ils partent tout de même et le premier endroit où ils vont c'est rue Condorcet où le père a vécu avec ses parents, de condition modeste, en Algérie, ce que la grand-mère n'a jamais vraiment dit quand elle habita à Dijon à partir de 1961, un peu avant l'indépendance.

Anne aussi a habité une rue Condorcet mais à Paris.

L'habitant de l'appartement finit par ouvrir sa porte au père.

Amine est leur guide dans Oran et le soir ils vont sur la plage en compagnie d'un deuxième oranais Mohamed.

Le lendemain ils se rendent au village de Misserghin. Mais là le père ne reconnaît plus rien du village où il passait ses vacances dans la ferme des grands-parents. Et à force de persévérance ils voient un algérien qui reconnaît le père et ils passent un bon moment avec cette famille qui malheureusement n'a pas bien entretenu la ferme.

Avant de partir ils vont au cimetière où est demeuré le tombeau familial des Montoya.

Le troisième jour se passe à Oran et dans les alentours mais n'apporte plus grand chose aux souvenirs.

A Paris le père remercie sa fille.

 

Trois jours pour se retourner vers soi. Pour le père c'est évident puisqu'il revient sur les traces de son passé. Mais pour sa fille Anne c'est l'occasion de prendre du recul par rapport à sa vie parisienne entre sa famille et P., l'homme qui a changé sa vie récemment, qui l'aime et qu'elle aime, mais avec la réticence de faire exploser son univers familial.

 

"Trois jours à Oran" est donc un récit de voyage mais aussi un récit d'introspection qui vient télescoper cette Algérie "nouvelle" que retrouve le père et que découvre sa fille, ce qui rend parfois ce texte déroutant, décalé.

Il fallait "faire ce voyage", ce que certains lecteurs ont confirmé à Anne Plantagenet dans les courriers qu'elle a reçu à la suite de la première édition et qu'elle explique dans le texte "Le désir et la peur".

Ce livre entre dans mon cycle de lectures sur la littérature et le voyage.

Bonne lecture,

Denis

Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu)
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:14
Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva (Verticales)

Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva

(Editions Verticales - septembre 2016 - 180 pages)

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Nous voici devant un premier roman "jubilatoire" écrit par une jeune bulgare de 36 ans (née à Sofia en 1981) directement en français. Et quel français ! Un français que l'on sent être celui de l'enfance, transcrit bien plus tard par Elitza. Car la jeune fille du roman a 8 ans au moment de la chute du mur de Berlin. Elle était en Bulgarie et ne parlait pas un mot de français.

Sa culture c'était celle martelée par le parti communiste soumis à la botte russe.

Le héros, ici, surtout à l'école où va la jeune enfant, c'est Youri Gagarine (1934-1968). Il est venu planté un arbre dans son école autrefois, du temps où il avait fait la "conquête spéciale". Il y avait une statue de lui et un véritable culte pour le héros soviétique.

Incipit du roman ; "Vous êtes devant une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout, mais comme ta mère a l'air ému, tu comprends qu'on n'est pas là pour rigoler. Elle t'annonce que ça, c'est lui, c'est Youri Gagarine et quand elle avait ton âge, il y a quelques siècles au moins, elle l'a personnellement vu planter des sapins, ici, dans l'allée de ce bâtiment : il s'agit de ta future école, et vous y êtes pour t'y inscrire, te dit ta mère en allumant sa dix-neuvième cigarette de la journée."

 

Le roman s'adresse à cette jeune fille en lui disant "tu". En 1989, tout va basculer, comme on le sait et l'auteure nous raconte avec grand humour cette période de la chute du mur de Berlin et la suite en Bulgarie, où les communistes sont conspués, où la statue, entre autre, de Youri Gagarine est détruite... où la meilleure amie de la fillette, Constantza, si gentille devient une peste et part pour la Grèce... Et le rêve dédevenir cosmonaute comme Youri Gagarine s'effondre.

C'est la démocratie qui est annoncée, l'ouverture au capitalisme et à la culture occidentale. Alors, la jeune fille se tourne vers une nouvelle idole, Kurt Cobain (1967-1994), le grand chanteur et guitariste de Nirvana.

Page 122/123 "Maintenant, c'est officiel : Kurt Cobain vient de se suicider. Ou alors, c'est un accident, un meurtre, un complot, rien n'est clair sur MTV ces derniers jours. Les hypothèses surgissent de tous les côtés, s'entrechoquent, se contredisent, s'annulent, les pistes sont complètement brouillées (...) Une seule thèse est irréfutable : tu viens de perdre de nouveau une idole. La vie est un trou noir, avait chanté Kurt Cobain de son vivant, et l'angoisse inouïe qui se niche dans ce constat te prend au dépourvu".

 

Le grand-père communiste et le père au chômage ne savent plus que penser de ce "nouveau monde" qui s'ouvre et où s'est engouffré avec détermination le grand cousin Andrei.

Le seul fidèle parmi les fidèles reste son chien Joki...

L'humour est présent à toutes les pages pour analyser ces mutations compliquées pour la Bulgarie, tellement soviétique pendant si longtemps, et qui prend délibérément le virage démocratique, du moins c'est ce qu'elle croit fortement.

Et vivre tout cela quand on a eu 8 ans en 1989 ! c'est incroyable !

Je vous recommande ce roman qui est un véritable coup de cœur pour moi.

Vous verrez que l'humour d'Elitza Gueorguieva est fantastique dans la vidéo que j'ai rajoutée en fin d'article.

Son livre est publié aux Editions Verticales notamment suite au Master de Création littéraire à Paris et à la complicité d'Olivia Rosenthal et Maylis de Kerangal, deux auteurs phares de l'éditeur.

Un vrai moment de bonheur de lire pour moi que ce roman.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva (Verticales)
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