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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 16:03
David Bowie n'est pas mort de Sonia David (Robert Laffont)   #MRL17

David Bowie n'est pas mort de Sonia David

(Editions Robert Laffont - Août 2017 - 174 pages)

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Le roman se décompose en trois jours qui sont en fait des périodes de quelques jours :

Premier jour : vendredi 22 – mercredi 27 mai 2015

Hélène, la narratrice,  alors qu’elle était en vacances avec des amis, a appris que sa mère a eu un AVC.

C'est alors la troisième fois qu'elle se sent proche d'elle tandis que sa mère a toujours été ingrate peu amante de ses trois filles. La première fois c’était il y a quinze ans quand Edith a eu l’appendicite. Puis ce fut en 2013 avec l'annonce d'un cancer du sein. Et l'AVC qui va se terminer cette fois par le décès le 23 mai 2015.

Après avoir accepté l'euthanasie, les trois sœurs se doivent de trier les affaires de leur mère et plus que jamais entrer dans l'intimité de cette femme intelligente, érudite mais qui a montré tant de froideur à son côté maternel. Elle a tout de même écrit dans ses instructions post mortem, à la fin « je vous embrasse ».

C'est l'occasion pour Anne, l’aînée, Hélène et Émilie la plus jeune de voir défiler les souvenirs du passé d'autant que la vie les a souvent éloignées. Et elles sont aussi très différentes.

Deuxième jour : lundi 2 – mercredi 11 mai 2016

Un peu moins d'un an plus tard le 6 mai 2016, c’est le père d’Hélène qui meurt après avoir lutté plusieurs années contre la maladie.

En 1973 il a quitté le domicile conjugal et sa femme exaspérante pour vivre avec Kirstin la jeune fille au pair de 19 ans d'origine norvégienne. Hélène est toujours restée fidèle à son père alors qu'Anne s'est détournée de lui à l’âge adulte. Le père a eu une fille Juliette avec sa nouvelle femme qui l'a aimé profondément et est restée avec lui jusqu’à la fin de sa vie.

Le 2 le père est opéré en urgence mais Hélène doit aller en Corse avec Pierre son compagnon. Sauf que, comme pour sa mère elle est obligée de rentrer en urgence après que Juliette, médecin urgentiste par ailleurs, lui dit qu’il va très mal.

Et le vendredi 6 mai avec l'accord de la famille les médecins arrêtent les machines. Pendant qu’elles font les démarches, Kirstin et les filles apprennent que le père était couvert de dettes au point de devoir renoncer à l’héritage.

Troisième jour : lundi 11 janvier 2016 - …

David Bowie est mort et Hélène se souvient qu’au lieu d’aller voir Bowie en concert sa mère l’avait emmenée au dernier moment voir un opéra de Mozart. C’était Anne qui était allée seule entendre Bowie. Les deux sœurs ont pu renouer quelques liens quand Anne a eu un cancer du sein qu'elle est venue traiter en France peu après la mort de leur mère...

 

On aura compris que ce roman parle beaucoup de mort et de remords. Hélène et ses sœurs perdent leurs parents à un an d'intervalle tandis que David Bowie est "réellement" mort le 11 janvier 2016.

C'est une "histoire" de famille où rien n'a été simple et ces morts permettent de revivre les moments forts de ces relations distendues.

Je me dois d'avouer que ce roman m'a peu convaincu. Je n'y ai pas appris grand chose.

J'ai lu ce roman dans le cadre du "match de la rentrée littéraire" organisé par "Price Minister".

Ce livre ne m'a pas inspiré une chronique créative car je l'ai lu sans enthousiasme.

Dommage.

Toutefois, si vous aimez les histoires de famille ce roman vous plaira sans doute, mais si vous êtes fan de David Bowie vous serez déçu(e) par ce roman qui parle bien peu de lui.

Denis

David Bowie n'est pas mort de Sonia David (Robert Laffont)   #MRL17
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:56
La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)

mLa zone des murmures de Natacha Nisic

(Tohubohu Editions -  295 pages - août 2017)

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Tout commence par un signalement : "Femme de type européen, âgée de 42 ans au moment de sa disparition, 1,69 m, poids 53 kilos, corpulence fine, yeux gris-vert, cheveux bruns et longs".

 

Lise et Frankie décident de passer le week-end prolongé du 15 août ensemble dans les montagnes du Sud est de la France, les Alpes de Haute-Provence, loin du monde, sans téléphone et autres accès au monde extérieur. Juste un appareil photo numérique non communiquant. Un début de flirt et les voilà sur l'horrible D 717 détériorée.

Une chose est sûre, ils sont isolés comme ils l’espéraient. Mais l'angoisse monte vite en Lise surtout qu'il fait horriblement chaud et que des insectes viennent s'attaquer à leur pare-brise.

Cette scène est assurément un clin d'œil aux "oiseaux" de Hitchcock.

Ils se sont connus à "The Web Agency" près du père Lachaise dans une entreprise innovante où Lise travaillait déjà quand Frankie a été embauché. Ils sont plusieurs employés. Le Boss appelé « l'autre », au premier étage et eux au sous-sol. Des heures de travail à n’en plus finir mais une bonne ambiance finalement où il est bon d’être innovant et imaginatif.

Frankie a utilisé la technologie de l'entreprise pour restituer au mieux la voix de sa mère dans le dernier entretien qu’il a eu avec elle avant qu’elle ne disparaisse quand il avait douze ans. Lise comprend soudain que ce voyage n'est pas un hasard. Frankie revient sur les traces de son passé ici dans les Alpes de Haute- Provence. Le hameau "le Poil" a disparu. Ils se dirigent à pied par un chemin difficile vers l’observatoire abandonné du mont Pelé où il dit être sûr qu’ils pourront y dormir. En route ils arrivent à une maison presque insalubre où vivent deux sœurs âgées et étranges, retirées du monde.

On va vite comprendre que l'on est entré dans la "zone des murmures".

Tout "explose" alors. On entre dans la nuit, le vertige où plus rien n'est certain. Tout s'efface, s'embrume. Rêves, cauchemars, frontière entre réel et imaginaire. C'est un nouveau monde intérieur qui s'offre aux deux amis.

Tout au long du roman, pendant que Lise nous raconte ces trois jours, en voix off, pourrions-nous dire, Frankie se rappelle son passé ici dans cette contrée aride et sauvage : disparition brutale de la mère, accident mortel du père, obligation d'aller vivre chez la tante à Paris, sœur de sa mère.

Quand Lise perd conscience du temps présent, c'est Frankie qui prend le relai de la narration.

 

C'est un roman dans lequel on oublie le réel et les certitudes. Je ne cacherai pas que par moments le lecteur ne sait plus où il est.

Seulement, voilà, à quoi cela sert la littérature? Vaste question? Une piste avec ce roman : c'est partir vers d'autres univers, loin de son présent et de la rationalité qui envahit nos vies. Un roman, c'est fait pour surprendre, dérouter le lecteur en lui donnant un vrai plaisir de lecture.

Eh bien, "La zone des murmures" nous fait entrer dans ce monde-là, de la littérature.

Natacha Nisic avec qui j'ai eu quelques échanges pendant ma lecture m'a écrit : "Je crois en effet qu'un des projets, avec ce livre, c'était que chacun puisse se raconter sa propre histoire, et s'interroger sur ce qui est réel, ou plutôt sur ce qui compte vraiment dans la vie, avec l'aide de la fiction, de la mémoire... et du virtuel".

Je ne vous ai bien sûr pas tout dit de l'intrigue et encore moins de sa "chute". Vous verrez vous serez surpris au terme de ces trois jours de "cavale", retour ou non vers le passé !

Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce roman qui a su me dérouter ! et le cartésien que je suis a aimé cette "zone des murmures" ! (Un beau titre en plus).

Merci à Charlotte de Tohubohu et à l'auteure de m'avoir permis de lire ce roman, le cinquième ouvrage de Natacha Nisic.

Bonne lecture,

Denis

La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)
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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:21
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

La Muette d'Alexandre Lacroix

(Don Quichotte Editions - 205 pages - août 2017)

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Elsa est née en 1921 à Lyon. En 1943 elle aimait Albert et lors d'un rendez-vous dans leur bar habituel il n'est pas venu et ce sont deux hommes qui ont "cueilli" Elsa la juive. Et c'est ainsi qu’à l’été 43 elle s'est retrouvé à Drancy où elle a été répertoriée "catégorie B, immédiatement déportable".

Dans ce même Drancy, de nombreuses années plus tard, un jeune homme, Nour, amené à appeler la police a été aussitôt déclaré présumé coupable et menotté avant d’être conduit au commissariat où il s'est montré forte tête avant d'accepter de parler à un inspecteur. 

Nour veut bien expliquer cette journée à la Muette à condition qu'on laisse tranquille sa pauvre mère qui parle à peine français.

La Muette était encore en chantier quand elle a servi de camp. Rien n’était achevé. Heureusement Elsa a trouvé de l’amitié dans sa chambrée avec Josèphe et plus encore avec Louise avec qui elle partageait la couche et la couverture.

Nour est ami d'enfance avec Samantha (Sam) et Jamie. Ils ont tout partagé même leurs premiers émois amoureux ensemble. Sam a préféré Jamie mais à présent quand Jamie part travailler Nour vient rejoindre Samantha.

Louise a pris un amant tchèque Marek ce qui déplait à Elsa. Elle s'improvise institutrice pour apprendre les rudiments de l’écriture et du calcul, ce qui lui donnera par la suite la vocation d’institutrice.

Quant à Nour il a été peiné par le suicide de Bernard un des derniers français à vivre à la Muette. Il avait été entre autre obsédé par le portrait d'une femme, dessiné dans sa cave et daté août 1943. La drogue a fait partie de leur quotidien surtout pour Samantha.

Les caves étaient un lieu de torture et Louise y eut droit après que sa liaison avec Marek ait été dénoncée auprès des allemands.

Ils savaient à Drancy que la destination finale serait en Pologne sans connaître le nom exact du lieu où ils iraient. Alors ils l’appelaient Pitchepoï...

 

Deux voix à plus d'un demi-siècle d'intervalle parlent d'un même lieu : la Cité de La Muette à Drancy, que vous pouvez découvrir dans les deux photos ci-dessous :

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

Un monument, lieu de mémoire, a été installé. Mais l'enfer reste présent ici.

L'auteur, Alexandre Lacroix, par ailleurs directeur de "Philosophie Magazine" explique dans une "note de l'auteur" en fin de roman les motivations et le "travail" accompli pour faire vivre cette cité maudite au plus prêt de la réalité.

Page 205 : " En entrelaçant le discours d'une survivante et celui d'un jeune homme d'aujourd'hui, j'ai voulu montrer ensemble les deux dimensions de la cité, son passé tragique et son présent pesant. Je ne considère pas que ces deux types de malheur sont équivalents ni même comparables, que les victimes d'hier et les exclus d'aujourd'hui subissent le même sort, et cependant il y a une continuité souterraine entre les époques".

 

Le livre fait alterner les récits, celui d'Elsa, au langage châtié qui s'adresse à un historien et celui de Nour, au langage vert et verlan, qui répond aux questions d'un inspecteur de police.

Je ne révèlerai bien sûr pas l'issue des récits de chacun. A vous de les lire dans ce roman intense, prenant et qui restitue bien la problématique de la vie à La Muette à chaque époque évoquée.

Un seul bémol qui m'a gêné :Nour dit être allé à un spectacle de Dieudonné, un type "bien" qui parle au nom des paumés des banlieues :

Page 115 : "Dieudo, il s'intéresse à nous. faut regarder les choses en face, inspecteur: moi, j'ai grandi au quartier. Qu'est-ce que tu crois que je vais pouvoir faire de ma life ? Est-ce que t'imagines qu'un jour je pourrais décoller de la cité et aller vivre ailleurs ? ".

Il dit même merci à Dieudonné !!

L'inspecteur ne fait pas arrêter Nour sur cette narration de l'ambiance autour du spectacle qui s'étale sur presque dix pages et qui n'apporte vraiment pas grand chose au récit de ce qui s'est passé "ce jour-là", objet de l'interrogatoire.

Malgré cette réserve qui m'est très personnelle c'est un roman de la rentrée 2017 à lire si vous aimez l'Histoire et la confrontation des époques dans un lieu sordide, lieu de mémoire !

Merci à Aurélie de  Don Quichotte Editions de m'avoir envoyé ce roman.

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:54
Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)

Condor de Caryl Férey

(Gallimard - Série Noire - 413 pages - février 2016)

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Gabriela, d’origine mapuche, est étudiante en cinéma à Santiago. Elle participe à une manifestation un soir en tant que photographe et est troublée quand elle retrouve son amante Camila devenue députée et émeutière à 29 ans.

Gabriela vit chez Stefano, un "retornado" rentré au Chili pour rouvrir un cinéma de quartier. C’est ainsi qu'il a connu Gabriela une de ses clientes assidues. Il lui a offert un coin pour dormir, elle qui est d'une réelle pauvreté.

Un dimanche matin ils vont dans le quartier La Victoria où Ils font une projection tous les dimanches. Brusquement, la séance est interrompue car un jeune adolescent est retrouvé mort. Le quatrième de la semaine. C’est suffisant pour créer un lynchage de la police par les habitants du quartier. Sur la video que Gabriela a faite du cadavre, elle voit comme des traces de drogue. Elle demande alors à Camila de lui donner un nom d’avocat. Elle lui donne celui de son amant, Esteban.

Gabriela tombe sur son étrange associé, Edwards, avocat fiscaliste, qui vient de se mettre dans de drôles de mains, des mafieux liés au groupe Condor qui autrefois tua son père réfugié à Buenos Aires après le coup d’état de Pinochet.

Esteban écrit pendant ses vacances et il vient de rentrer quand son associé lui parle de Gabriela. Ils se rencontrent le jour même et il accepte de l’aider. Ils partent aussitôt enquêter à La Victoria en compagnie du Père Patricio et de Stefano. Ils arrivent jusqu’à un jeune dealer qui détient de la cocaïne. Étrange dans ce quartier pauvre qui ne pourrait jamais acheter une telle drogue !

Gabriela passe la longue soirée avec Esteban. Edwards est arrivé ivre à cette même soirée puis rentré chez lui il appelle Esteban car il veut lui révéler qu’il est en contact avec des anciens membres de Condor. Comme il est sur écoute l'alerte est tout de suite donnée.

L’analyse de la drogue montre que c’est de la cocaïne presque pure. Aussitôt l'alerte est donnée aux autochtones via la TV locale animée par le père de l'ado mort, Cristian.

La suite est à découvrir en lisant ce livre dense, intense aussi où le passé, celui du coup d'état du 11 septembre 1973 et de ses suites : meurtre de Victor Jara dans le stade de Siantiago, la torture pratiquée dans la "Villa Grimaldi"... Tous événements que Stefano a vécu. Il retrouve certains de ses tortionnaires, les hommes de main de Pinochet et sa "clique".

Caryl Férey sait nous restituer l'ambiance de plus en plus angoissante autour de cette histoire de drogue, gérée par ces anciens de "Condor". Le livre est très documenté et maîtrisé de bout en bout par l'auteur.

 

L’opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) est le nom donné à une campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des États-Unis au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel —, ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France[1], Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C.).

(source Wikipedia)

 

Un livre à lire absolument pour plonger dans l'univers chilien...

(Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre repris dans le coffret "Condor Live" qui contient en plus un CD du spectacle imaginée par Bernard Contat et Caryl Férey - magnifique complément)

Bonne lecture,

Denis

 

Condor de Caryl Ferey (Gallimard - Série Noire)
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 15:30
Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik

(Flammarion - janvier 2017 - 228 pages)

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Nina vit seule avec son fils Roman dans le ghetto de Wilno. On est en 1925. Mise en faillite, Nina doit vendre sa collection de livres et elle ne songe plus qu’à partir loin d'ici où, bien que juive, elle n’a aucun espoir. Elle rêve de la France.

Abandonnée de son mari et après la perte de Joseph son fils aîné elle n'a plus rien à faire dans ce pays misérable. Roman n'a pas forcément la même vision de son avenir, prêt à faire le métier de son père, fourreur.

Le père, Arieh Kacew, réapparaît pour dire à Nina et Roman que la pension va être sérieusement diminuée car il va être une nouvelle fois père. Roman espère que son père va lui annoncer son retour à la maison. Il lui dit d’ailleurs qu'il voudrait être fourreur comme lui ce qui ravit son père. Ce dernier n'a pas eu la force de lui dire pourquoi il était venu.

Le lendemain Roman décide de faire l’école buissonnière et déambule dans les rues de Wilno y faisant trois rencontres qui l’aident à réfléchir sur le sens de la vie.

 

 

Deux jours dans la vie de Romain Gary (1914-1980), alors qu'il a neuf ans. Ce sont les 26 et 27janvier 1925.  Laurent Seksik nous plonge dans le ghetto de Wilno (Vilnius - Lithuanie). Wilno est alors incorporée à la Pologne, suite à la Grande Guerre.Romain Gary y est né en 1914. Il en partira avec sa mère en 1928, le reste de sa famille qui demeura à Wilno fut exterminée en 1943, comme le montre l'auteur dans son épilogue.Romain Gary s'appelle encore Roman Kacew au moment des faits racontés dans le roman.

Laurent Seksik nous fait entrer de plein pied dans l'époque et dans le cerveau des deux principaux protagonistes : Nina (de son vrai nom Mina) et Roman, sans oublier le père qui compte beaucoup pour Roman, ce que l'Histoire a eu tendance à oublier...

Deux êtres qui se sont tant aimés et dont on connaît l'ascendant de la mère sur le fils. On sent déjà que Roman n'entend pas se laisser autant influencer qu'on voudrait bien le croire. A 9 ans, il est déterminé à connaître l'environnement dans lequel il vit. Il fait des rencontres déterminantes qui vont lui ouvrir de nouveaux horizons.

Le roman se lit avec grand plaisir et nous introduit dans l'univers du futur Gary - Ajar, nous donnant plus que jamais envie de lire ou relire cet écrivain au destin original.

Merci à Fabienne de m'avoir offert ce livre qui aura été un grand bonheur de lecture à l'ombre du soleil gardois.

Bonne lecture,

Denis 

Romain Gary s'en va-t-en-guerre de Laurent Seksik (Flammarion)
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 16:03
Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)

Albert Camus, soleil et ombre - une biographie intellectuelle

par Roger Grenier (Folio - 410 pages -mars 1991)

Première édition : Gallimard 1987

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Roger Grenier (né en 1919) a été un des grands amis d'Albert Camus (1913-1960). Il a eu l'idée de publier un livre passionnant en 1987, reprenant l'intégralité des livres parus d'Albert Camus, sous deux regards : celle de l'ami qui rapporte des "anecdotes" sur la vie de l'écrivain et celle de l'écrivain - journaliste qui analyse les oeuvres une à une, dans l'ordre de leur publication de 1932 à 1959.

Dans son introduction, Roger Grenier précise que "soleil" et "ombre" peuvent caractériser et résumer  l'oeuvre de Camus :le soleil est la place des pauvres et l'ombre celle des nantis.

"La présente étude n'a pas d'autre objet que de l'accompagner dans son itinéraire, et pour ainsi dire pas à pas. Plutôt que de suivre les plans architecturaux qu'il se plaisait à composer, il m'a semblé qu'on retrouvait mieux le courant de l'oeuvre en la suivant tout simplement du premier au dernier livre, comme on suit une rivière depuis sa source". (Page 11-12)

Je recommande chaleureusement ce livre à tous ceux qui ont envie de découvrir (ou redécouvrir) l'oeuvre et l'homme Camus, comme si vous cheminiez à côté de Roger Grenier.

Et bien sûr, l'idéal est d'en profiter pour lire (ou relire) ses oeuvres avec l'éclairage de ce livre.

Bonne lecture,

Denis 

 

Albert Camus, soleil et ombre de Roger Grenier (Folio)
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 15:25
L'énigme Gerstein d'Alain Le Ninèze (HD-Ateliers Henry Dougier)

L'énigme Gerstein d'Alain Le Ninèze

(HD - Ateliers Henry Dougier - Collection "Littérature"

- 266 pages - mai 2017)

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Kurt Gerstein (1905-1945) est protestant convaincu et antinazi depuis  1933.

Quand il apprend qu'une parente âgée de 16 ans et internée en hôpital psychiatrique est morte brutalement puis immédiatement incinérée On est alors en Allemagne en 1941. Il comprend qu’il y a quelque chose de louche. Il décide de s'engager dans les Wafen SS pour mieux approcher le mal et le combattre de l’intérieur.

Est-il sincère ? Selon certains témoignages il aurait eu l’idée de s’engager avant de connaître le sort de Bertha.

C'est là un mystère qu'Alain Le Ninèze espère découvrir avec ce roman. Il entend aller au plus près du personnage, citant ses sources à chaque fois qu'il écrit une "scène romanesque", nous révélant ainsi la part fictive et la part historique.

Kurt Gerstein est affecté aux services chimiques de l'Institut d'hygiène de Berlin et comprend en 1942  qu'une nouvelle étape est franchie dans l’elimination des « sous hommes » après lui avoir demande de fournir en très grosse quantité de l'acide prussique, également connu sous le nom de zyklon.

Et c’est ainsi que parti de Berlin il prend livraison de la cargaison en Tchécoslovaquie pour se rendre à Lublin. La destination finale est Belzec un des camps d'extermination en Pologne. Il est amené à suivre une séance de gazage de juifs. On lui montre la même exécution à Treblinka. Pendant qu'il rentre à Berlin il s'entretient dans le train avec un représentant de l'ambassade de Suède à Berlin et lui demande de transmettre son témoignage en Suède à faire suivre au gouvernement anglais. Puis il témoigne devant un évêque lequel ne veut pas en référer au Pape.

Gerstein a réussi à Belzec à faire enterrer pour défaut les boîtes de gaz mais il a peur qu'une nouvelle commande arrive sur son bureau. Il songe au suicide ou au divorce pour protéger sa famille s'il devait être arrêté. Il a toujours sur lui à présent un revolver et une ampoule de cyanure au cas où…

Ce qu'il a vu l'a traumatisé à jamais et au moment de Noël 1942 il est plus mal que jamais.

En mai 43, il est promu lieutenant et les commandes arrivent avec demande d'envoi mensuel. Il réussit à faire détruire le premier chargement en provoquant un accident avec le camion.

Seulement, il est impossible de venir à bout de cette "solution finale" et il se montre bien impuissant. Il se dit réaliste mais hélas, il a participé "malgré lui" au génocide juif et les "alliés" ne sont pas prêts à lui pardonner d'avoir livré le gaz criminel...

 

Je ne connaissais pas du tout ce Kurt Gerstein. On voudrait avoir de la sympathie pour lui car on le croit sincère d'avoir tenté de l'intérieur d'intervenir pour éviter des morts ! Mais, difficile d'avoir de la vraie compassion pour lui.

Sujet délicat qu'Alain Le Ninize maîtrise au maximum, recoupant les sources et rappelant que la fiction s'est emparée avant lui de ce personnage avec Costa-Gavras avec son film "Amen" en 2002. Et l'historien Saül Friedlander a écrit un livre sur lui : "Gerstein. L'ambiguïté du bien".

 

Un livre exigeant mais qui se lit très bien, découpé en très courts chapitres : 168 pour 265 pages.

A conseiller à tous les passionnés d'histoire et de littérature.

Merci à Nadia Ahmane, attachée de presse de HD Ateliers Henry Dougier de m'avoir adressé ce roman.

Bonne lecture,

Denis

Kurt Gerstein

Kurt Gerstein

Alain Le Ninèze

Alain Le Ninèze

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 16:42
Marguerite de Jacky Durand (Carnets Nord)

Marguerite de Jacky Durand

(Carnets Nord - janvier 2017 - 238 pages)

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En août 44, Marguerite et Josette sont tondues sur la place publique pour avoir couché avec des allemands.

 

Cinq ans plus tôt, le 2 août 39, Marguerite s’est mariée avec Pierre et vit le grand amour.

Mais Pierre est parti dès le début septembre sur le front est. Elle doit assumer toutes les tâches seule et son retard de règles la fait croire enceinte mais le médecin dit que c’est dû au départ de Pierre qui a conduit à un choc émotionnel.

Elle reçoit des nouvelles de Pierre qui s’amuse sur le front car il n’y a rien à faire. Elle ne comprend pas la situation quand elle trime ici à assurer le quotidien.

Elle le voit à Noël là-bas près de son cantonnement puis il est fait prisonnier au court moment de la guerre face aux allemands en mai/juin 1940.

Elle travaille comme femme de ménage à la poste et apprend lors d’une perquisition que Raymonde la postière est résistante. On l’a croit même complice. On est alors en janvier 42.

Marguerite travaille à présent dans un atelier et elle aperçoit son amie Josette en compagnie d’un allemand.

Quant à André, il est un enfant gitan que Marguerite aide en lui donnant de la nourriture. Elle a même rencontré sa famille dans leur roulotte. Et depuis quelques semaines il passe ses dimanches dans la cour avec un allemand Frantz qui lui apprend à chanter et à mieux lire. Marguerite garde ses distances et ne veut pas parler à un allemand, cause de tous ses malheurs...

 

Vous aurez compris que ce roman raconte le destin difficile d'une jeune femme au cours de la seconde guerre mondiale. Un destin "ordinaire" pour Marguerite qui pense au quotidien sans trop chercher à comprendre plus en avant ce qui se passe dans cette époque trouble.

Son seul "héroïsme" est d'aider une famille gitane.

L'auteur a fait le pari de nous dévoiler dès le début que Marguerite a couché avec un allemand. Puis il déroule les grandes étapes de "sa" guerre d'août 1939 à l'été 1945, sans mettre au centre cette relation tardive. Ainsi, Jacky Durand nous fait comprendre qu'il faut avant tout s'attacher à cette femme qui s'endurcit avec cette guerre tout en gardant un regard humain sur son temps et montrant qu'elle est une femme "libre".

Juin 40 : "La nuit dernière, Marguerite n'a pas fermé l'œil. Elle s'est assise sur le rebord de la fenêtre, scrutant par l'entrebâillement des volets le flux ininterrompu de l'exode s'étirant le long du faubourg. C'est une masse informe, grouillante, hétéroclite où elle devine dans l'obscurité des autos qui roulent tous feux éteints par crainte de bombardements, des tombereaux écrasés par leurs chargements, des bicyclettes, des animaux de trait et surtout, surtout, des escouades de piétons, familles agglutinées autour d'une carriole, d'un landau, où l'on a installé les plus fragiles, vieillards, nourrissons, mères allaitantes, malades" (page 91)

L'écriture et le style sont sobres, sans fioriture mais ils nous emportent dans cette histoire qui pourrait être une "énième" histoire autour de la deuxième guerre mondiale. Certes, les grandes périodes sont "marquées" (la drôle de guerre, l'exode, la résistance et la collaboration, la libération et l'épuration) mais on s'attache à cette Marguerite qui ne baisse jamais les bras alors que son amour pour Pierre semble s'amenuiser après avoir vécu quelques mois enchanteurs et que "sa faute" n'a pas été le fait de "mauvaises intentions" !!

Bonne lecture et merci à Fleur de m'avoir adressé ce livre des éditions Carnets Nord dont j'ai toujours plaisir à lire les livres.

A noter que c'est le premier roman de Jacky Durand, par ailleurs, journaliste et chroniqueur gourmand à "Libération".

 

Denis

 

Marguerite de Jacky Durand (Carnets Nord)
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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 17:57
Récidive - Sonja Delzongle

J'avais découvert Sonja Delzongle avec " DUST " , vu que mon mari et moi - même étions jurys pour le Prix du Balai d'or 2016 et l'auteur a d'ailleurs été récompensée du Prix " Balai d'argent " pour notre plus grande joie.

L'occasion de la rencontrer dans un contexte intimiste, et de partager un resto à l'issue de la remise des Prix.

Une auteur très sympathique, talentueuse  qu'il faut absolument découvrir !

Quand j'ai reçu " Récidive " , je me suis plongée aussitôt dans la lecture de ce thriller qui nous fait voyager entre Saint Malo et New - York, en présence d'Hanah, ,cette jeune profileuse, forte et fragile à la fois qui apprend la libération de son père, son géniteur comme elle l'appelle.

Et elle a peur pour sa vie, peur qu'il la retrouve et qu'il la tue à son tour.

Pour rappel :

Son père a tué sa mère à la suite d'une dispute et il a enterré le corps dans le jardin.

Hanah était toute jeune mais c'est elle , quelques années plus tard , qui dénonce son père pour le crime qu'il a commis.

Elle pourrait se croire à l'abri de l'autre côté de l'Atlantique mais il n'en est rien, Hanah a des appréhensions, fait des cauchemars qu'ils lui perturbent la vie en général et son sommeil.

A Saint - Malo, sitôt son père sorti de prison , une série de meurtres a lieu dans la cité corsaire et la police associent ceux - ci à cet individu.

On retrouve également le squelette de l'oncle d'Hanah remonté comme par magie à la surface de la mer après avoir séjourner de longues années dans l'eau !

Commence alors le début de différentes enquêtes et Hanah vient incognito à Saint - Malo.

J'ai beaucoup aimé l'écriture vive de Sonja Delzongle , le suspens qui nous tient en haleine jusqu'au bout et j'avoue que j'ai passé un bon moment de lecture grâce à la plume de cette auteur.

Je me suis très attachée au personnage d'Hanah , cette jeune profileuse qui se sert d'un pendule de Herkimer pour mener à bien ses recherches.

Vraiment hâte de la retrouver dans le prochain roman !

4ème de couverture

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.
À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

Récidive
Auteur : Sonja Delzongle
Éditions : Denoël (Avril 2017)
Collection : Sueurs Froides
ISBN : 9782207135624
416 pages

 

 

Récidive - Sonja Delzongle
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 17:40
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

(Editions Actes Sud - Août 2016 - 267 pages)

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Mathilde Blanc revient le 1er juillet 2012 soit 50 ans après, jour pour jour, après le décès de son père, au sanatorium en forme de paquebot à Aincourt devenu une ruine classée aux monuments historiques.

Les parents, Odile et Paul (dit Paulot), tenaient le bar le Balto à La Roche. Le samedi soir c'était bal et Paul lançait le bal avec sa fille aînée, Annie, 16 ans, resplendissante.. Il jouait de l'harmonica. Mathilde les regardait de loin. Elle était née cinq ans après la mort de son frère encore jeune bébé. Alors elle a voulu être "le fils" de Paul à ses yeux et a toujours eu des jeux de garçon. Un peu casse-cou aussi malgré ses neuf ans. Après il y a eu tout de même le petit Jacques.

On est en 1952 et les mots pleurésie ou tuberculose et sanatorium sont souvent inconnus. Et Mathilde va les découvrir quand on va parler de la maladie de Paulot. Deux mois à Aincourt et tout doit rentrer dans l'ordre. Mais juste après Noël la maladie s'aggrave et la vie au Balto devient impossible pour le père.

Et une partie de la clientèle ne vient plus car on dit comme à l'école que le "bacille" est contagieux.

Il faut se séparer du Balto et emménager en face et ouvrir une librairie-presse. Mais vivre auprès du balto est insupportable pour Paulot. Alors ils s'installent à Limay et font bientôt faillite. Retour en face du balto où il faut survivre de petits boulots. Difficile pour Mathilde d'être heureuse et de faire rire son père.

Elle veut danser comme Annie ce qui lui permet de rencontrer Mathieu. Mais Odile et Paul sont de plus en plus malades de cette tuberculose. Avec quelques aides de l'état ils vont à Aincourt. Jacques et Mathilde mineurs doivent partir dans une famille d'accueil. On est le 2 janvier 1960.

Mathilde est une rebelle et contre vents et marées elle va voir ses parents chaque semaine y compris le père en cellule d'isolement. Elle est bien avec Mathieu. Se plaint de la veuve qui l'a recueillie et finit par rentrer chez eux à La Roche où elle  ôte les sellés.

Mathilde mène seule alors le combat pour le mieux être de la famille. Sa meilleure alliée est Jeanne, jeune fille handicapée, qui lui apporte de l'amitié, de la complicité, lui donnant de l'énergie pour lutter contre les malheurs des Blanc.

L'auteure nous introduit, comme si on y était, de par le langage de la narratrice adapté au "monde de Mathilde", de par le contexte historique où la "guerre" d'Algérie est l'événement majeur, en dehors du combat quotidien au temps où l'aide sociale, la sécurité sociale sont loin d'être un "paradis" pour ramener les malades à "la vie". On survit tant bien que mal quand on est atteint d'une grave maladie dans ces années 50-60, surtout si on est commerçant.

Une "fille courage" que cette Mathilde qui porte toute la famille et qui accompagne ses parents dans la maladie, qui essaie de donner un peu de confort à son petit frère, tandis qu'Annie, elle, fiat sa vie avec son mari et son enfant aussi loin que possible des risques de contamination par ce "bacille" destructeur.

 

Le livre n'a pas l'intensité de Kinderzimmer, le précédent roman de Valentine Goby. Le roman s'essouffle un peu sur la fin. On peut être dérangé comme moi par le style fait de simplicité, de juxtaposition de mots, mais après réflexion, je me suis dit que ce style est lié au langage de l'époque, dans cette famille.

Page 66 :" Mathilde veut voir Paulot vivant. Elle veut qu'il rie, elle s'en donne la mission. Ce jour-là, elle marche, ultra-légère dans l'air de juin, traversée de lumière comme les fins corps d'insectes. Elle a quatorze ans, elle est sèche comme une gosse de dix ans, pas de formes, pas de gras, que du muscle".

 

Le roman est inspiré par le témoignage d'Elise Bellion et d'autres témoins de cette époque où la "paquebot" d'Aincourt était en activité. Il est devenu en partie une ruine.

 

Une nouvelle lecture faite en commun avec Marjorie dont les échanges sont très éclairant tout au long de notre lecture.

 

Denis

 

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)
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