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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 17:01
Moi, gouverneur du détroit de Magellan de Pedro Sarmiento de Gamboa (Cosmopole)

Moi; gouverneur de détroit de Magellan (1581-1584)

(La première colonisation de la Terre de feu)

de Pedro Sarmiento de Gamboa

(Cosmopole - 220 pages - 2001)

Traduit de l'espagnol et présenté par André Roussel

D'après l'édition espagnole "Viajes al estrecho de Magellanes (Madrid, 1988)

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Pedro Sarmiento de Gamboa est missionné par le roi d'Espagne Philippe Il pour prendre en main les colonies portugaises, les écarter définitivement du pouvoir portugais et mettre fin aux pillages des anglais conduits par Francis Drake. Gamboa quitte difficilement le port de Cadix en décembre 1581 en compagnie de Diego Flores de Valdes plutôt hostile à cette expédition qui doit passer par le Cap Vert et les Açores avant de rejoindre Rio de Janeiro puis le détroit de Magellan. 

Chaque étape du long voyage coupé de haltes est source de conflit entre Gamboa et Flores, ce dernier faisant tout pour faire échouer l'expédition. Ainsi il va dépouiller tout ce qu'il peut : armes, soldats, nourriture et vêtements en quittant définitivement l'expédition en juin 1583. 

Ce témoignage à charge montre que malgré ces déboires, Pedro Sarmiento et ses troupes ont tenu à  se montrer courageux pour honorer Sa Majesté le Roi d'Espagne. 

Contre vents et marées ils atteignent enfin le détroit début février 1584 et mettent pied à terre pour hisser un drapeau blanc qui matérialise la prise de possession de ce territoire. 

Il fonde officiellement la ville de Ciudad del Nombre de Jesus et fait la paix avec les indiens puis il longe le détroit dont il est devenu gouverneur pour fonder une deuxième ville, Ciudad del Rey Don Felipe en mars. Mais l'hiver arrive brutalement en avril dans cette région. Une mutinerie incite plus que jamais à quitter le détroit y laissant seulement quelques colons. 

 

Ce récit de Pedro Sarmiento de Gamboa (1532-1592) est très vivant, agréable à lire alors que ce genre de "récit de voyage" dans ces années 1500 est souvent rébarbatif. On vit véritablement aux côtés de cet homme historien, humaniste en proie aux tourments de cet infernal voyage de 3 ans où il faut se confronter à la nature et aux hommes.

Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à lire ce récit "épique" sur les traces de Magellan (1480-1521) qui a ouvert la voie du détroit que Pedro Sarmiento de Gamboa va coloniser un peu plus de 60 ans plus tard.

Bonne lecture,

Denis

(Cette lecture s'inscrit dans mon cycle de lectures sur la littérature du voyage).

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Moi, gouverneur du détroit de Magellan de Pedro Sarmiento de Gamboa (Cosmopole)
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 17:25
Le temps des capétiens de Claude Gauvard (PUF)

Le temps des capétiens (Xe - XIVe siècle)

de Claude Gauvard

(PUF - collection "Une histoire personnelle de la France

- juin 2013 - 190 pages)

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Claude Gauvard, professeure émérite d'histoire du Moyen Age à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a créé cette collection "Une histoire personnelle de la France", qui permet en moins de 200 pages de parcourir de façon claire et synthétique, une période historique.

Voici comment est présentée la collection en 4e de couverture : "Parce qu'apprendre, c'est comprendre, un grand spécialiste livre sa lecture propre d'un pan de notre histoire".

En quelques heures de lecture passionnante, on peut revisiter ici le "temps des capétiens", qui débute en 987 avec le premier roi de cette dynastie : Hugues  1er, dit Capet, 987-996 ; pour se terminer avec Charles IV le Bel, 1322-1328.

Ainsi donc, un peu plus de trois siècle de 987 à 1328, la France en train de se construire aura été dirigée par les Capétiens. Ils se situent entre les Carolingiens et les Valois.

Les derniers ont été parfois appelés les "rois maudits", en référence à une prédiction qu'aurait prononcée le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, au moment d'aller au bûcher "Dieu vengera notre mort".

Notons parmi ces rois, Philippe Auguste, Saint Louis (Louis IX) ou Philippe IV le Bel.

C'est une longue époque pendant laquelle l'essor économique et intellectuel ont été fulgurants. La population du royaume a triplé et les guerres ont été "contenues".

Parmi les faits marquants, les croisades ont fédéré les "français" encore très dispersés dans des comtés, duchés, tandis que les villages et l'agriculture se structurent.

Une nouvelle fois, ce livre rappelle que le Moyen Age n'est pas vraiment une période de "léthargie". Au contraire on avance vers le gothique, vers l'économie et un état structurés. 

Les chateaux deviennent des "forteresses" difficiles à prendre. La religion se montre très forte.

Quelques dates :

1095 : Prédication de la première croisade

1204 : Prise de Château Gaillard et annexion de la Normandie

1209 :Croisade des Albigeois

1214 : Bouvines : Philippe Auguste vainqueur de l'empereur et des comtes de Flandre et de Boulogne

1307 : Arrestation de tous les Templiers du royaume

1328 : Fin des Capétiens et sacre de Philippe de Valois.

 

Pour réviser en quelques heures des périodes historiques de la France, cette collection est à recommander à tous.

Bonne lecture,

Denis

 

Le temps des capétiens de Claude Gauvard (PUF)
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 21:36
Journal du ghetto de Lodz (1939-1943) de Dawid Sierakowiak (Editions du Rocher)

Journal du ghetto de Lodz - 1939-1943 - de Dawid Sierakowiak

(Editions du Rocher - 345 pages)

Traduit de l'américain par Mona de Pracontal

avec le concours d'Adam Wodnicki

Direction littéraire et introduction d'Alan Adelson

Première publication en anglais : 1996 et Editions du Rocher 1997

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Cinq cahiers ont survécu à leur auteur, Dawid Sierakowiak, qui avait quinze ans en 1939. Quelques-uns ont disparu, notamment celui concernant la mise en place du ghetto à Lodz, la troisième plus grande ville de Pologne.

Cahier 1 : 28 juin - 31 décembre 1939

Cahier 2 : 6 avril - 23 octobre 1941

Cahier 3 : 18 mars - 31 mai 1942

Cahier 4 : 4 juin - 6 septembre 1942

Cahier 5 : 11 novembre 1942 - 15 avril 1943

 

Dawid au moment où l'Allemagne envahit la Pologne est étudiant. Il pourra difficilement continuer des études quand le ghetto est mis en place en 1940.

Rumkowski le dirige d'une main de fer à la manière allemande.

La faim est constante et la survie jamais acquise. Dawid donne des cours pour compléter les maigres revenus familiaux. Il a essayé de se politiser en soutenant le communisme russe mais il comprend très vite que les activistes sont les premières victimes juives des allemands.

Lundi 1er septembre 41 (page 160) : "Premier jour de la troisième année de guerre. Quand on se rend compte que cet horrible état de choses dure depuis deux ans, on n'arrive pas à y croire. Il y a eu tellement de changement dans le monde pendant ce temps ! Combien d'autres anniversaires de ce type connaîtrons-nous ? Si c'est de nombreux autres, nous ne vivrons pas jusqu'au dernier. Le ghetto nous achèvera, même s'il y a des pommes de terre qui arrivent et même si notre travail est de plus en plus demandé".

La faim et le manque de travail restent des préoccupations quotidiennes. Certains sont déportés et le découragement voire la résignation s'installent dans le ghetto. Dawid reste attentif à toute information internationale qui pourrait surgir et donner quelque espoir !

Mardi 28 avril 1942 (page 203) : ..."Aujourd'hui, nous avons reçu nos rations, mais après m'être un peu requinqué, il ne reste presque plus rien. Et voilà... ! La nouvelle ration est dans dix jours. Il fait de plus en plus froid".

Au fil des mois le père devient plus que jamais cupide s'appropriant le meilleur des rations.

De plus en plus de gens s'affaiblissent et meurent. La faim est constante et les dignitaires du ghetto prennent la meilleure part de la nourriture.

Les rafles d'enfants et de vieillards s'intensifient pendant l'été 1942 et quand il faut compléter le contingent de déportés on prend des gens telle la mère de Dawid le 5 septembre. Ceci semble laisser indifférent son père.

Jeudi 31 décembre 1942 (page 305) : "Dernier jour de l'année. La Saint-Sylvestre, fêtée si solennellement en Pologne. La faim se propage dans le ghetto, alors que les classes riches ne se refusent absolument rien. Les employés de grade supérieur de notre bureau se préparent un véritable gueuleton pour aujourd'hui.(...) Et la guerre continue. L'année qu'on pensait être la dernière de la guerre se termine. Peu de gens comptent sur 1943, maintenant. Trop de désillusions, trop de sang et trop de larmes..."

Le père reste odieux. L'hiver est glacial et Dawid passe beaucoup de temps au lit à lire.

Le père puis le fils (août 1943 pour Dawid) vont mourir de maladie et d'épuisement dans le ghetto.

 

Un témoignage au jour le jour pour dire les espoirs puis les désespoirs dans ce ghetto beaucoup moins connu mais tout autant terrible que celui de Varsovie.

Pour ne pas oublier et ne jamais donner raison aux racistes et extrémistes de tout poil !

Bonne lecture,

Denis

 

Je remercie vivement les Editions du Rocher de m'avoir envoyé ce livre.

 

 

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 17:18
Mauvaises filles de V. Blanchard et D.Niget (Textuel)

Mauvaises filles (Incorrigibles et Rebelles)

par Véronique Blanchard et David Niget

(Editions Textuel - 192 pages - 28 septembre 2016)

Préface de Michelle Perrot

Postface de Coline Cardi

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Michelle Perrot, l'historienne bien connue pour son engagement féministe, a écrit une dizaine de livres sur les femmes et préface ce livre richement illustré et sorti en librairie ce 28 septembre 2016.

Voici deux extraits de sa préface :

"Chacune des images de ce livre raconte une histoire singulière, ordinairement plus sombre".

 

"Somme foisonnante d'images, ce livre raconte une histoire globale dont Véronique Blanchard et David Niget sont les inventeurs et les metteurs en scène. L'une et l'autre sont experts en la matière. Auteure d'une thèse sur la déviance juvénile féminine (1945-1958), Véronique Blanchard, responsable du Centre de Savigny sur les enfants en justice, y organise des expositions, dont l'une récemment sur "les mauvaises filles". David Niget, maître de conférences à l'université d'Angers, est spécialiste de l'histoire de la jeunesse et de la justice en Europe et en Amérique du Nord. Archives judiciaires, policières, pénitentiaires et médicales sont leur pain quotidien".

 

​Michelle Perrot présente admirablement les deux spécialistes qui ont "monté" ce "beau-livre", découpé en trois périodes que je peux résumer ainsi :

 

1/ Le temps des filles perdues (1840-1918)

Au XIXe siècle la jeune fille doit être pure, innocente, obéir et n'avoir aucune déviance sexuelle jusqu'à son mariage. Et l'autorité reconnue par le code civil de 1804 est celle du père.

Une fille qui ne respecte pas ces règles strictes sont classées "mauvaises filles".

Une des causes principales condamnations au XIXe siècle est le délit de vagabondage  puni de trois à six mois d'emprisonnement.

Charcot se fait connaître à la Salpêtrière par son étude sur l'hystérie qui frappe beaucoup de jeunes filles.

L'abandon d'enfants est autorisé par la loi dans les hôpitaux soit à bureau ouvert soit dans un tour, cylindre qui tourne sur lui-même et permet de garder l'anonymat. Le personnel de l'hôpital fait tourner le cylindre et récupère l'enfant. A partir de 1904, les enfants abandonnés ne pourront avoir aucune information sur leurs parents même s'ils se sont faits identifier.

Le délit d'infanticide peut aller jusqu'à la peine de mort mais les tribunaux se montrent plutôt cléments et les peines sont fréquemment de travaux forcés de courte durée.

 

2/ Le temps des filles modernes (1918/1965)

Malgré la grande guerre qui a émancipé les femmes leur liberté reste sous surveillance.

"Les mauvaises filles" sont placées dans des centres pénitentiaires comme Fresnes où leurs conditions de vie sont déplorables au point qu'il y eut un vent de révolte dans plusieurs "prisons" en 1947.

Il faut aussi enfermer les fugueuses et leur apprendre les vraies valeurs que sont les travaux ménagers. Mais l'enfermement redonne envie de fuguer...

La guerre n'a pas amélioré la délinquance juvénile aussi l'ordonnance du 2 février 1945 institue le juge des enfants aux pouvoirs étendus. Il pourra initier la procédure, l'instruire, la juger et suivre l'application de ses décisions. Ceci permet de mieux suivre la réinsertion des jeunes. Souvent ces jeunes filles sont adressées à des centres d'observation.

 

3/ Le temps des filles rebelles (1965-2000)

Avec les "années 1968" s'annonce la réelle émancipation de la femme. La majorité est ramenée à 18 ans en 1974. Les mouvements hippies se développent avec le baby-boom. La drogue devient un problème de santé publique. Puis en 1975 c'est la loi de Simone Veil sur le droit à l'avortement.

La pratique du squat se développe au milieu des années 70, nouveaux lieux de vie commune et de sociabilité pour les jeunes marginaux.

Les troubles de la conduite alimentaire, essentiellement l'anorexie, touche environ 10% des jeunes filles.

La prostitution passe de plus en plus par Internet et des gangs de filles apparaissent aussi dans les villes.

 

 

Ce sont donc là les principaux points relevés dans ce livre. Il permet de voir l'évolution de la femme quand elle veut être "libre" dans un temps ici de 160 ans (1840-2000). Elle est déclarée "mauvaise fille" alors qu'elle revendique ses droits de femme. Bien sûr, comme pour les jeunes gens cela passe aussi par la vraie délinquence. Mais la plupart ont seulement voulu "vivre" comme un être humain, en capacité de gérer son évolution.

 

Coline Cardi, maîtresse de conférences (Université Paris 8 – Cresppa/CSU),  est sociologue, spécialiste de la déviance et du genre. Elle travaille sur le genre du contrôle social, à travers les institutions de régulation (prison, justice des mineurs, institutions de protection sociale).

 

Elle dit dans la postface : "Surveiller de près le corps et la sexualité des jeunes filles, c'est avant tout maintenir l'ordre familial et hétérosexuel. Pilier de l'ordre social, il repose sur une stricte répartition des rôles sexués, répartition mise en péril par ces "mauvaises filles" qui risquent de faire de mauvaises mères".

 

Ceci résume bien le "mal" ressenti par l'ordre établi depuis des centaines d'années

 

Ce livre dresse quelques portraits de "mauvaises filles" au fil de la période étudiée en début de chaque chapitre, les pages suivantes illustrant avec photos, extraits de presse etc... les thématiques proposées et que j'ai résumées plus haut.

 

Un livre passionnant à lire absolument.

 

Merci à Anne Vaudoyer de l'agence Anne & Arnaud et les Editions Textuel de m'avoir adressé ce livre en service de presse

 

Bonne lecture

 

Denis

 

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 10:27
La Restauration et la révolution espagnole d'Antoine Roquette (Editions du Felin)

La Restauration et la révolution espagnole (De Cadix au Trocadéro)

d'Antoine Roquette

Editions du Félin - collection "les marches du temps"

304 pages - septembre 2016

Préface de Jean-Philippe Luis

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​Ce livre évoque une période assez peu connue des français, celle pendant laquelle les liens entre les Bourbons de la branche établie en France et celle établie en Espagne, (depuis la descendance de Louis, fils de Louis XIV, le "grand dauphin" que l'on retrouve au début du XIXe siècle sous les traits de Louis XVIII (règne de 1814 à 1824) et Ferdinand VII (règne en 1808 puis de 1814 à 1833)), va conduire à un investissement en hommes et en fonds français pour rétablir et sauvegarder la royauté en Espagne.

 

On connaissait surtout l'occupation de l'Espagne pendant l'Empire napoléonien. Le père d'Alexandre Dumas et celui de George Sand, en autres, y ont séjourné.

 

Fin 1812 alors que l'Empire commence à s'effondrer, le pouvoir de joseph Bonaparte, roi d'Espagne depuis 1808 s'effondre devant l'armée de Wellington venue au secours des espagnols.

Un traité est signé à Valençay le 11 décembre 1813 qui restitue au roi d'Espagne Ferdinand VII tous ses droits sur la couronne espagnole et lui permet ainsi de rentrer au pays. Un pays sérieusement affaibli y compris en Amérique latine où les indépendances commencent à être proclamées.

Avant le retour du roi une constitution inspirée de celle de 1791 en France est publiée le 19 mars 1812 à Cadix. Mais dès son retour en Espagne le roi abroge la constitution, arrête nombre d'opposants et se redonne les pleins pouvoirs.

Cadix est de nouveau "frondeuse" en 1820 mais il faut attendre une rébellion dans le nord pour que le roi accepte de revenir à la constitution de 1812.

Des foyers de révolte se transforment en guerre civile en 1822. La constitution revient sur le devant de la scène et le pouvoir du roi faiblit à nouveau. Les états européens s'inquiètent de nouveau de l'avenir de l'Espagne. Les insurgés d'Urgel vont établir une régence qui va durer trois mois.

Le congrès de Vérone va conduire les européens à rappeler leurs ambassadeurs d'Espagne. Chateaubriand qui y a assisté en tant que ministre français a raconté dans son livre "Congrès de Vérone - guerre d'Espagne" ces discussions et ses conséquences.

Les armées françaises envahissent l'Espagne le 7 avril 1823 et arrivent à Madrid le 23 mai, acclamées par la population et sans avoir dû réellement engager de combats significatifs. Le roi est à nouveau rétabli dans ses droits mais Villèle conclut ainsi cette campagne: " elle aura l'avantage d'avoir assuré au roi une bonne armée et d'avoir rendu à la France la considération qu'elle doit avoir en Europe" (p. 206). Une nouvelle régence est mise en place à Madrid.

Les questions qui se posent : Pourquoi les espagnols ne sont pas en capacité de gérer eux-mêmes leur pays pour rejeter une ingérence étrangère? Ils espèrent même une médiation anglaise !

Le roi est libéré le premier octobre 1823. Les anglais sont frustrés de n'avoir pas participé aux pourparlers.

Débute alors la "decada omninosa" (décade abominable), de 1823 à la mort de Ferdinand VII en 1833. C'est la deuxième restauration. Des forces françaises restent en poste en Espagne. La situation reste toutefois relativement stable.

Assurément, Ferdinand VII n'a pas eu l'envergure suffisante pour s'imposer. Et de leur côté, les opposants n'ont pas eu les moyens suffisants pour éliminer la royauté en Espagne.

 

L'actuel roi d'Espagne, Felipe IV, reste un Bourbon. On sait ce qu'il en a été des Bourbons, dont le règne s'est arrêté en 1830 avec Charles X. Pour rappel Louis-Philippe 1er était un Orléanais.

 

Un livre donc qui détaille cette période trouble de l'Espagne dans ce même temps où la France reprend ses marques avec la Restauration.

 

A lire par tous les amateurs d'Histoire sous la "baguette" d'Antoine Rouquette, historien spcialiste de la Restauration. C'est dire qu'il maîtrise parfaitement son sujet.

 

Merci aux Editions du Félin de m'avoir adressé ce livre pour que je puisse le lire et le présenter ici.

 

Il vient tout juste de sortir en librairie.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 16:42
Les oubliés de la Somme par Pierre Miquel (Texto)

Les oubliés de la Somme de Pierre Miquel

(Tallandier - collection Texto - 286 pages - 2013)

Première édition Tallandier : 2002

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Voici le plan du texte en 1 introduction, 5 chapitres et 1 conclusion :

 

Un carnage enterré

Dès 1915, un projet d'offensive sur la Somme est envisagé mais il faut convaincre les anglais d'y participer ce qui est acté le 14 février 1916 à effet au 1er juillet, une semaine avant que l'armée allemande conduite par Falkenhayn n'attaque Verdun. Joffre sait que l'allemand tout comme lui prônent la guerre d'usure.

La dure bataille de Verdun oblige à repenser celle à venir de la Somme. Sir Douglas Haig est l'interlocuteur britannique pour la préparation de l'offensive. Il se montre plutôt conciliant dès lors où les demandes françaises sont raisonnables.

Comme il faut à tout prix soulager le front de Verdun, la "diversion" sur la Somme enverra des troupes allemandes ici.

 

1/ Le soleil rouge de juillet

Un front de 40 kms (au lieu des 70 prévus pour cause de bataille de Verdun) s'ouvre le 1er juillet avec en première ligne les britanniques et le résultat est plus que décevant dès le premier jour où l'on dénombre de nombreuses pertes dans les deux camps.

 

2/ L'attaque du général français

Emile Fayolle avait bien prévu ce qui s'est produit dans les premiers jours. Il privilégie l'artillerie qui doit d'abord tirer afin de sécuriser ensuite au maximum l'intervention de l'infanterie.

Au dix juillet 20 000 morts côté français et 120 000 côté anglais. Beaucoup trop mais la stratégie de Fayolle a plutôt réussi aux français.

Juillet se solde par un statu quo. Trop de morts pour rien avec une mauvaise météo qui plus est. L'artillerie allemande a été renforcée en fin de mois en provenance de Verdun. Seule victoire des alliés !

 

3/ Le grignotage d'août

Pas de grandes offensives en août. Uniquement des attaques régulières. Les armées ont besoin de se reformer. Hindenburg remplace Falkenhayn.

L'aviation déjà active pour les repérages prend de l'importance. Et une nouvelle arme fait son apparition grâce aux anglais : Le char.

Chacun des camps envisage la suite des opérations avec le moins de pertes humaines possibles. Une vraie gageure dans le contexte des débuts de la bataille !

 

4/ Les massacres de septembre

Le piétinement continue. L'aviation réussit à déstabiliser les allemands mais ils consolident leurs positions.

La grande offensive prévue pour le 15 septembre n'est engagée que par les anglais avec l'envoi des chars nouvelle arme qui déstabilise les allemands le temps qu'ils trouvent le moyen avec leur artillerie d'arrêter leur avancée et de les rendre inutilisables.

Le manque d'organisation et de complémentarité des armes (avions et batteries) entre autres ont été la cause de morts pour rien puisque l'avancée est quasiment nulle.

 

5/Les prolongations sur terrain lourd

Il faut poursuivre en octobre et novembre pour espérer une victoire devant l'opinion et le pouvoir. Mais Verdun reprend toute son importance car il faut reconquérir le fort de Douaumont entre autre.

Novembre et décembre voient essentiellement les anglais continuer les hostilités contre les allemands. Anglais et français s'entendent pour une nouvelle attaque d'envergure en février 1917.

 

Les raisons d'un oubli

Guerre d'usure pour impliquer les alliés anglais dans le conflit mondial et plus encore alléger le nombre d'Allemands sur le terrain de Verdun où l'état français veut montrer qu'il saura reconquérir les lieux abandonnés aux allemands.

 

 

Encore une belle boucherie pour rien pendant plus de 4 mois. Encore une fois, c'est l'occasion de réfléchir sur l'horreur de la guerre sous toutes ses formes. Avec cette "grande guerre", on n'est pas très loin du "crime contre l"humanité", mais le concept n'existait pas encore !

 

Ce livre est très technique, car il suit de près les événements. Toutefois, vous aurez pu voir avec le résumé que j'en ai fait que l'on apprend beaucoup sur cette bataille de la Somme.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 17:08
Histoire de Londres de Rémy Bethmont (Tallandier)

Histoire de Londres par Rémy Bethmont

(Tallandier - 263 pages - janvier 2011)

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Aborder l'histoire de Londres en 230 pages + notes et bibliographie est une gageure que sait relever Rémy Bethmont, maître de conférence en civilisation britannique.

 

 

Les débuts :

Westminster est au moyen âge le lieu de résidence de la royauté donc hors les murs de la Cité (City) de Londres. Dès le XIIIe siècle la cité est dirigée par un maire. Et très vite elle devient un grand lieu d'échanges commerciaux. Les italiens vont s'y installer durablement chassant même les juifs. La petite industrie se développe en parallèle faisant de Londres la plaque tournante du royaume et le premier port anglais. Tout transite par Londres.

Le maire, deux shérifs et les aldermen dirigent la Cité. Ils sont issus du monde bourgeois, des commerçants et artisans mais il n'y aura pas de familles dominantes car les plus riches achètent des terres en campagne où ils partent s'établir. La paix sociale est importante à conserver et les oeuvres de charité sont légion.

 

XVIe - XVIIe siècle:

La Réforme puis le puritanisme vont changer la physionomie de la Cité. Les monastères vont disparaitre et avec eux la charité liée à ces lieux. Le théâtre apparaît mais est assimilé à la prostitution et il y aura au milieu du XVIIe siècle une république puritaine et protestante qui va chasser la royauté et assassiner son roi Charles 1er. La royauté est à peine restaurée qu'a lieu le grand incendie de Londres en 1666.

 

Capitalisme et consommation (1666-1800)

La reconstruction est rapide et la pierre ou la brique remplacent le bois. Les églises sont plus longues à reconstruire car on veut leur donner du style. Par contre la noblesse et une partie des artisans reconstruisent dans la banlieue. Et c'est ainsi que se développe le quartier de West End là où n'arrivent pas les fumées des usines.

La Bourse quant à elle, s'impose au XVIIIe siècle.

 

Gigantisme métropolitain (1800-1914)

1851, première exposition universelle et c'est à Londres qu'elle s'installe. Les docks et les industries se développent dans l'East End de Londres et la misère s'installe également, les plus pauvres devant vivre au plus près de leur lieu de travail. Les taudis de Londres en sont l'illustration. Et Cickens notamment en a parlé avec réalisme.

 

XXe - XXIe siècle

Le métro apparaît dès 1863 tandis que la City se vide au profit de la banlieue et d'espaces de vie plus grands.

Les bombardements intenses de la deuxième guerre mondiale ont fait de nombreux dégâts dans la City et ses abords. Il fallut donc reconstruire et repenser la ville. Les tours apparaissent et de nombreuses usines sont reconstruites en périphérie.

La décolonisation affaiblit le commerce du Commonwealth et Anvers prend une partie du trafic qui passait par Londres. Le premier port européen perd sa place de leader loin derrière Rotterdam et Anvers.

Cette recomposition du paysage urbain remet Londres comme une place forte boursière, la City étant au centre du globe entre New York et Tokyo en son méridien zéro celui de Greenwich.

 

Voilà en quelques traits ici résumés du livre l'histoire de Londres.

 

Un livre très intéressant à lire pour mieux comprendre la place de Londres au Royaume-Uni et dans le monde.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais animé par Lou et Cryssilda

 

Histoire de Londres de Rémy Bethmont (Tallandier)
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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 17:40
Verdun de Jacques-Henri Lefebvre - Editions des Riaux)

VERDUN - La plus grande bataille de l'Histoire racontée par les survivants

par Jacques-Henri Lefebvre

(Editions des Riaux - Collectif "Mémorial de Verdun)

Première édition : 1960

Edition actuelle : 2005

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J'ai acheté ce livre à Verdun en 2006 et je viens de le lire à l'occasion des 100 ans de cette terrible bataille de Verdun.

Pour rappel, la Grande Guerre, débutée en août 1914, est en pleine guerre statique dite "guerre de position" depuis plusieurs mois, quand débute cette "bataille de Verdun", le 21 février 1916.

La protection de Verdun n'était pas vraiment avancée, les tranchées, les défenses étaient plus ou moins à l'abandon. Malgré des alertes régulières auprès des autorités parisiennes rien n'est fait pour se préparer à une potentielle attaque de l'armée allemande.

C'est dans ce contexte que les allemands ont décidé d'attaquer Verdun pour s'emparer de la ville. L'opération est reportée du 12 au 21 février à cause du très mauvais temps qui sévit. Le 21 a lieu un bombardement incessant de plusieurs heures avant que des corps à corps deviennent le seul moyen d'arrêter l'avancée de l'ennemi. Mais le 25 février, le fort de Douaumont est pris d'assaut et les français sont obligés de se rendre, ce qui va alors fortement marquer es esprits. Sera-t-il possible de préserver Verdun ? C'est au prix d'un courage continuel que la ville sera sauvée tout au long de l'année 1916.

 

Il va y avoir quelque répit entre mars et mai 1916, avant qu'une nouvelle offensive plus que jamais meurtrière des allemands débute en mai. On parle de "l'enfer de Verdun" et le fort de Douaumont ne peut être repris pas les français. En juin, c'est le fort de Vaulx qui tombe. L'été se passe à nouveau avec des combats bien moins intenses avant que tout reprenne en octobre. La "diversion" de la bataille de la Somme (1er juillet - 18 novembre 1916) n'aura pas réellement affaibli l'armée allemande.

L'espoir renait quand les français reprennent le fort de Douaumont le 24 octobre avant la reprise du fort de Vaulx et une dernière offensive le 15 décembre met fin à cette interminable guerre autour de Verdun et à cette année 1916.

Hélas, il faudra encore attendre deux ans avant la fin de la guerre.

La bataille de Verdun a meurtri le coeur des combattants mais leur a donné une force désespérée pour sauver Verdun à tout prix.

 

La boue, le froid, la pluie, la soif, la faim, l'hygiène... ont été exécrables. Et voir des morts autour de soit ne pouvait que meurtrir les soldats. Mais ils ont tenu coûte que coûte.

Et le très grand intérêt de ce livre est justement de donner la parole aux soldats qui ont été présents à Verdun entre février et décembre 1916, la plupart étant des anonymes. Et le tout magistralement mené par Jacques-Henri Lefebvre qui donne toutes les informations historiques nécessaires à la bonne compréhension de cette bataille.

Bilan de Verdun 1916 :

La bataille aura coûté aux Français 378 000 hommes (62 000 tués, plus de 101 000 disparus et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) et aux Allemands 337 000. 53 millions d’obus (30 millions d'obus allemands et 23 millions d'obus français, une estimation parmi d'autres, aucun chiffre officiel n'existant) y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé (obus défectueux, tombés à plat, etc.) ; 2 millions par les allemands pour le seul 21 février 1916. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on obtient 6 obus par mètre carré. Ainsi, la célèbre cote 304, dont le nom vient de son altitude, 304 mètres, ne fait plus que 297 mètres d'altitude après la bataille et le Mort-Homme a perdu 10 mètres. Les Allemand ont employé à cet effet 2 200 pièces d'artillerie, les Français 1 727. (Source Wikipedia)

Ces quelques chiffres sont édifiants et à l'image des témoignages recueillis.

 

Un livre non didactique à lire absolument pour tous les amateurs d'Histoire qui veulent aller au plus près du terrain pour comprendre comment ces "poilus" ont pu vivre et survivre (au moins le temps de témoigner sur ce qu'ils venaient de vivre).

 

Denis

 

 

Verdun de Jacques-Henri Lefebvre - Editions des Riaux)
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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 19:19
Mémoires du Duc de Lauzun (Nouveau monde éditions)

Mémoires par le Duc de Lauzun

(Nouveau Monde éditions - 160 pages)

Préface de Michel Delon

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Armand Louis de Gontaut, duc de Lauzun (1747-1793) a entrepris d'écrire ses mémoires jusqu'à l'aube de la révolution française.

Michel Delon, grand spécialiste du XVIIIe siècle a écrit une préface de quelques pages très éclairantes sur le personnage avant de vivre à ses côtés ses aventures galantes et militaires.

Comme le dit Michel Delon, le Duc de Lauzun "ne prétend pas porter témoignage, encore moins faire oeuvre d'historien". Vous n'aurez pas de compte rendu détaillé des guerres dont celle de l'Indépendance des U.S.A. Par contre vous saurez tout, ou presque, sur sa vie sentimentale et libertina à l'image de ce qui se vivant sous Louis XV notamment.

Là encore, je peux citer Michel Delon : Le Duc "raconte sa vie comme un personnage de roman. On se croit chez Crébillon".

Il vit à la Cour, souvent à Versailles donc, sauf lors de ses déplacements diplomatiques et militaire. Il voyage d'ailleurs beaucoup pour l'époque, l'amour l'entraînant tantôt en Angleterre, tantôt en Pologne jusqu'en Russie, en passant par la Prusse...

Madame de Stainville aura été l'une de ses premières maîtresses. Mais il va y avoir bien plus Lady Sarah, la belle et coquette anglaise qui minaudera longtemps avant de lui abandonner son corps. La princesse Chartoniska lui offrera un amour platonique puis aura un bébé qu'il verra à l'accouchement et bien rarement ensuite.

On est avant l'heure en plein romantisme avec le Duc de Lauzun et dans les comédies où l'on se cache dans une armoire pour éviter le mari. Quand le Duc a des excès d'émotions, de peurs, de tourments, il crache le sang.

 

Bref, ces mémoires sont fort bien écrites, bien agréables à lire et l'on reste toujours prude dans les descriptions. Ne cherchez pas l'érotisme ici. Vous serez déçu(e)s, plutôt du libertinage de cour et vous vous immergerez dans ce siècle de toutes les attentes. Et n'oubliez pas que Marie-Antoinette a beaucoup apprécié le Duc de Lauzun, au point d'en faire un de ses favoris.

Vous aurez d'ailleurs sans doute remarqué que la couverture du livre montre justement la jeune reine à Versailles en 1777 (gouache sur papier de Jacques-Fabien Gautier d'Agoty). Le malheureux Duc montera crânement sur l'échafaud en 1793, en gentleman après avoir trinqué avec son bourreau.

 

Belle découverte dans le cadre de lectures que j'ai entrepris autour de ce XVIIIe siècle à redécouvrir.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Mémoires du Duc de Lauzun (Nouveau monde éditions)
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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 20:04
Etienne Drioton : l'Egypte, une passion par Michèle Juret

Etienne drioton : L'Égypte, une passion

Dans les pas de Auguste Mariette Pacha et Gaston Maspero

par Michèle Juret

(Gérard Louis Editeur - septembre 2013 - 225 pages)

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Voici une biographie passionnante pour découvrir un égyptologue bien méconnu alors qu'il a succédé en Egypte à Mariette et Maspero, a eu pour élève Christiane Desrobes-Nobecourt notamment et a permis de développer par les fouilles et les travaux d'érudition les connaissances sur l'Egypte ancienne.

Le livre retrace les étapes de la vie d'Etienne Drioton, chanoine égyptologue :

 

1/ 1889-1939 : De Nancy au musée du Caire

Très jeune il se passionne pour l'Égypte tout en suivant ses études qui le conduisent à devenir prêtre. Après la grande guerre il peut reprendre ses études d'égyptologie à Paris. Il devient rapidement professeur à l'institut catholique de Paris et à l'Ecole du Louvre où il aura notamment comme élève Christiane Desroches-noblecourt.

Courant décembre 1924, il part pour son premier séjour en Égypte, visitant Alexandrie puis le Caire avant de partir pour 3 mois fouiller le temple de Medamoud et en relever toutes les inscriptions. Plusieurs hivers de suite il reviendra sur le site, découvrant notamment une statue de Montou.

En 1926, il devient conservateur adjoint au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Ainsi pris entre enseignement et travail au Louvre, il lui est plus difficile de se rendre en Égypte. Il participe toutefois en 1933 à un nouveau chantier à Tod, lieu également consacré à Montou. En 1936, un trésor est découvert : 4 coffres ayant appartenu à Amenemhat II.

 

II/ 1936-1939, le Caire

Etienne Drioton est nommé par le roi d'Égypte directeur général du service des antiquités égyptiennes au Caire dans un climat difficile où les étrangers sont mal vus. Il s'installe pour trois ans, le temps de son mandat, avec sa mère et sa soeur.

Parmi les missions, il y a le suivi des fouilles et le partage entre pays des découvertes  faites lors des fouilles entre l'Egypte et le pays initiateur. Tout ceci sous le regard des égyptiens, devenus très nationalistes. Ainsi est également nommé un directeur adjoint égyptien qui va tout faire pour jeter le discrédit sur les affaires conduites par Drioton.

En 1939, Pierre Montet découvre des tombes à Tanis de pharaons des XXIe et XXIIe dynasties. Découverte importante mais la deuxième guerre mondiale vient tout perturber.

 

III / Les années 1939-1945

Etienne Drioton reste en Égypte mais les fouilles tournent au ralenti. Montet a pu revenir en 1940 mais Tanis ne sera repris qu'en 1945. Très vite, il convient de mettre en place un service de restaurations des tombes.

Étienne Drioton n'en continue pas moins d'écrire de nombreux textes dont les plus originaux concernent le théâtre égyptien.

 

IV/ 1945-1952

La vie reprend presque normalement malgré des émeutes régulièrement sanglantes. Une des préoccupations est de sauver Philae des eaux.

La création d'Israël en 1948 conduit à un conflit auquel participe l'Égypte au sein de la ligue arabe et un homme se distingue, Nasser, qui va bientôt jouer un rôle prédominant en Égypte.

En 1952, c'est la révolution égyptienne et le roi est destitué en juillet alors que Drioton est en congés en France. Il comprend qu'il ne pourra pas retourner en Égypte, démissionne peu avant de recevoir sa révocation officielle. L'Égypte veut plus que jamais un égyptien à son poste.

 

V/ 1952-1961 en France

C'est alors le retour définitif en France.Drioton s'installe à Montgeron, en région parisienne. Il reprend ses cours à Paris et continue à écrire sur ses nombreuses découvertes et réflexions sur l'Egypte.

La religion l'aura accompagné toute sa vie, comme une compagne, pour se recueillir, réfléchir et mieux vivre sa vie de chercheur.

 

Une belle découverte. Je remercie chaleureusement l'auteure de m'avoir fait parvenir par son éditeur ce livre richement illustré et documenté, avec de nombreux extraits de sa riche correspondance.

 

Michèle Juret, diplomée de l'Ecole du Louvre est conservatrice du Musée Municipal Josèphe Jacquiot à Mongeron. Elle est également responsable des archives Etienne Drioton qui lui donne autorité pour parler avec attachemlent de cet homme exceptionnel, travailleur, à l'écoute des autres et donc d'une très grande valeur morale.

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