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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 07:00



albert-camus-la-peste.jpg


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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 09:00





Le bonheur est l'impératif catégorique de la pensée camusienne.
Il est le fruit d'une exigence méconnue par les imbéciles :
" Il n'y a pas de honte à être heureux.
 Mais aujourd'hui l'imbécile est roi , et j'appelle imbécile celui qui a peur de jouir " , écrit le narrateur de Noces à Tipasa ( Noces ) au terme d'une journée de plénitude , où le bonheur a d'abord été physique , lié aux joies du corps en harmonie avec la nature.
Sur la priorité du bonheur , que revendiquait Nietzsche en des termes voisins dans La Généalogie de la morale , on pourrait discerner des nuances au fil de la pensée de Camus.
" Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul " , note Rambert dans La Peste.
Aussi bien le spectateur de l'Etat de siège sera peut-être choqué d'entendre Diego s'écrier : " Je dois m'occuper d'être heureux. "
Mais son exigence personnelle est le corollaire du cri lancé par le Choeur : " Bonheur , bonheur ! Voici l'été ! Qu'importe le reste , le bonheur est notre fierté. "
Le bonheur personnel n'est pas honteux , en effet , du moment qu'il est conçu comme un moyen d'aider les autres.
" Pourtant moi , je suis plutôt tenté de croire qu'il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur " , déclare Camus quelques mois avant de mourir ( " Gros plan " télévisé , 12 mai 1959 ).
Dans le même entretien , il déplore qu'il faille aujourd'hui avouer son bonheur comme s'il s'agissait d'une faute.
C'est que , dit-il , de nos jours , " les puissants sont souvent les ratés du bonheur " ( ibid ).
La quête du bonheur à tout prix engendre pourtant , dans son oeuvre , des héros négatifs et tragiques.


Source Le Monde / Hors - Série CAMUS


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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 14:54



Challenge 6 (Cliquez sur l\



Dans le cadre du challenge CAMUS , organisé par Hambreellie ,
ce 23 février , il fallait publier un article consacré à une
des oeuvres d'Albert Camus , il s'agit de : " L' ETRANGER ".
Comme j'avais déjà fait un article sur ce livre, voici le lien où vous pouvez le voir :


http://bonheurdelire.over-blog.com/article--l-etranger-albert-camus-1942--42392473.html


Bonne Lecture !

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 09:00







Passionné par les problèmes politiques, moraux et philosophiques que posent les révolutions , Camus a composé " Les Justes " en 1949 , à partir d'un fait historique réél.
L'agitation des années d'après-guerre , riches en procès politiques et en condamnations à mort , a sensibilisé l'auteur de " L'Homme révolté " aux cas de conscience que rencontre tout révolutionnaire face à une " noble cause " qui n'a pas de prix.
La pièce met en scène les thèses humanistes de l'auteur sur l'éternel débat , actualisé par les circonstances , de la fin et des moyens.




L'histoire


En 1905 , à Moscou , un petit groupe de socialistes révolutionnaires forme le projet d'assassiner le grand -duc. Jugeant le crime à la fois " inexcusable  et nécessaire " , ils sont prêts , à l'instar de Stepan , à sacrifier leur vie pour leur cause. Mais le jour de l'attentat , Kaliayev , poète épris de Dora , aperçoit des enfants dans la calèche de sa future victime et renonce à lancer sa bombe.
C'est à l'occasion d'une seconde tentative que le poète parvient à tuer le grand duc.
Emprisonné , puis exhorté à dénoncer ses camarades , il refuse de céder au chantage.
Ebranlé par la détresse de la veuve de sa victime , Kaliayev meurt en héros après avoir rejeté la " grâce " proposée par cette dernière.
Dora décide alors de prendre la relève de son ami , pour le rejoindre dans la justice et dans la mort.



Les thèmes majeurs



La passion et la justice


La justice fait office de foi ; elle anime l'homme révolté soucieux de substituer à l'injustice qui l'environne le " sens  de la justice " qui est en lui.
Camus montre en quoi cette passion exclusive mène au excès de la terreur : pour le terrorisme révolutionnaire , incarné par Stepan , la vie d'un enfant innocent ne compte pas.
Mais cette passion peut aussi avoir l'amour pour moteur , à travers le sens du dévouement.




Le cas de conscience


Kaliayev et Dora  illustrent le cas du conflit ou du dilemme. A cause de leur amour exclusif pour le juste , ils sont tiraillés entre une exigence révolutionnaire qui commande de tuer et le respect pour la vie.
Ecartelés entre le sens de la patrie et le bonheur personnel , les deux amants sont en perpétuelle situation de sacrifice.



Le bonheur terrestre


Pour les révolutionnires des " Justes " , le bonheur n'a de sens qu'ici et maintenant. C'est pourquoi Kaliayev refuse d'entendre la " bonne parole " de la grande - duchesse en prison. Jamais acquis , toujours à réaliser , le bonheur sur terre est la raison d'être de la justice.



Cette pièce , riche en contradictions , en conflis et en types de caractère , exprime le goût de l'auteur pour un théâtre d'idées , qui met en jeu le destin humain dans ce qu'il a de simple et de grand à la fois. Jamais au repos , les personnages sont sans cesse poussés à effectuer des choix et à agir.


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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 07:00



albert-camus-la-peste-2.jpg


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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 07:00



albert-camus-n-etre-plus-ecoute.jpg

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 08:00


Camus avait de l'amitié une conception exigeante. Il écrivait en 1938 , dans un article consacré au roman d'Erich Maria Remarque ,
LES CAMARADES : "  L'amitié est un thème assez neuf en littérature. Elle exige une certaine aristocratie du coeur qui n'est pas si commune. "
Le prix qu'il attache à ce sentiment rare est confirmé dans
LA CHUTE à travers le personnage de Clamence ,
lorsque celui-ci évoque avec nostalgie les îles grecques où
" les amis se promènent dans la rue , deux par deux ,
en se tenant la main ".
Avec une ironie désabusée , le personnage reconnaît que ce privilège est réservé à " des coeurs purs ".
Ce qui fait le prix de cette " vertu " pour Camus explique en même temps sa fragilité.
La difficulté d'établir une relation transparente et qui dure est liée tout simplement à la difficulté de vivre.
Si l'amitié ne peut que rarement se maintenir au niveau d'exigence où Camus la situe , c'est parce  qu'elle réclame des qualités humaines telles que l'altruisme et même le sacrifice de soi.
Clamence dans La Chute , propose à son interlocuteur un exemple remarquable de fusion avec l'autre : " Voyez-vous , on m'a parlé d'un homme dont l'ami avait été emprisonné et qui couchait tous les soirs sur le sol de sa chambre pour ne pas jouir d'un confort qu'on avait retiré à celui qu'il aimait. "
Dans la question rhétorique qu'il pose ensuite apparaît une déception amère , dont l'explication immédiate se trouve dans la rupture de Camus avec le milieu intellectuel parisien , et Sartre en particulier : " Qui , cher Monsieur , couchera sur le sol pour nous ? Si j'en suis capable moi - même ? Ecoutez , je voudrais l'être , je le serai. Oui , nous en serons tous capables un jour , et ce sera le salut. Mais ce n'est pas facile , car l'amitié est distraite , ou du moins impuissante. "
L'amitié que Camus imagine dans LETTRES A UN AMI ALLEMAND ne résistera pas à l'Histoire. Anticipant l'issue de la guerre , il écrit dans la première lettre : " Nous nous reverrons bientôt si cela est possible. Mais alors , notre amitié sera finie. Vous serez plein de votre défaite et vous n'aurez pas honte de votre ancienne victoire , la regrettant plutôt de toutes vos forces écrasées. "
Cependant l'amitié supporte souvent mieux que l'amour la dureté des temps.
Camus exprime à plusieurs reprises une conception idéale , comme dans LA PESTE , ou dans sa correspondance avec le poète René Char. Alors qu'il connaît une période de doute en tant qu'écrivain , il lui écrit le 21 juillet 1956 : " C'est pourquoi il faut bien s'appuyer sur l'ami , quand il sait et comprend , et qu'il marche lui-même du même pas. "





 René Char et Albert Camus

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 08:00








La liberté joue un rôle fondamental dans la réflexion de Camus.Au début de sa carrière , il l'associe , dans une dimension mythique , à la mer et au soleil , deux divinités du panthéon camusien.
L'écrivain recourt ensuite aux images concrètes , comparant , dans ACTUELLES II , la liberté à une cousine.
La cousine que les sociétés bourgeoises ne montrent que pour convaincre les critiques éventuels de leur ouverture mais qu'elles tiennent la plupart du temps à la cousine et qu'elles sont prêtes à violenter si elle fait des siennes.
La cousine que l'on a enfermée dans le placard dans les sociétés communistes dont on ne la ressortira que lorsque la société sans classes sera réalisée , à la fin des temps, donc.
Chez Camus , la liberté peut aussi être une passion purement individuelle visant au bonheur ou à la domination égoïstes - c'est le cas chez Meursault , Caligula  ou Martha par exemple.
Mais la recherche de la liberté peut avoir comme but de rejoindre la communauté des hommes et d'éveiller le goût de la liberté chez les autres. Telle était l'une des ambitions de Camus à travers son journalisme éthique.
Dans ses articles comme dans es essais , la liberté est constamment associée à la justice ou dissociée d'elle.
Son contraire est généralement la servitude qui va de pair avec l'injustice et le mensonge.
Avec la liberté , Camus se heurte donc à un noeud , une pelote de notions capitales - justice , injustice , vérité et mensonge - dont il est difficile de dévider l'écheveau.

" Il n' y a pas de liberté pour l'homme tant qu'il n'a pas surmonté sa crainte de la mort " , note Camus dans ses Carnets , ajoutant que la servitude ne menace pas qui ne craint pas la mort. Dans ces mêmes Carnets , il dit préférer en dernière instance la liberté à la justice ( l'égalité ) : " Finalement , je choisis la liberté. Car même si la justice n'est pas réalisée , la liberté préserve le pouvoir de protestation contre l'injustice et sauve la communication ...
Mais le difficile est de ne jamais perdre de vue que la valeur de liberté doit exiger en même temps la justice. Ceci posé , il y a une justice aussi , quoique bien différente , à fonder la seule valeur constante dans l'histoire des hommes qui ne sont jamais bien morts que pour la liberté.
La liberté c'est pouvoir défendre ce que je ne pense pas , même dans un régime ou un monde que j'approuve. C'est pouvoir donner raison à l'adversaire. "

Au final , la recherche conjuguée de la liberté et de la justice est la seule qui échappe , en principe , à l'institutionnalisation du mensonge.


( Source Le Monde / Hors-série Camus )

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 09:00



 


Albert Camus est souvent décrit comme un homme aimé par les femmes.
Sur le plan littéraire en revanche , la critique admet généralement que le rôle des femmes est secondaire dans ses oeuvres , la figure de la mère exceptée.
Le théâtre semble proposer des figures féminines plus étoffées que dans les autres oeuvres , par désir , peut-être , de servir la carrière de Maria Casarès.
Mais la Dora terroriste des Justes fait pâle figure face au personnage d'Olga , l'activiste communiste des Mains sales ,
de Jean -Paul Sartre , par exemple.
Chez Camus , c'est souvent par les femmes quel'histoire advient, tragiquement.
Ainsi dans Caligula ,la mort de Drusilla inaugure , l'action.
Dans l'Etranger , une femme sert de déclencheur à la catastrophe qui clôt la première partie du roman.
Dans La Chute , le suicide de la jeune fille mène à l'effondrement de Clamence.
L'amour est à la fois toujours présent et toujours éludé dans l'oeuvre de Camus.
La femme y est d'abord le symbole de la beauté , dont La Mort heureuse célèbre la magnifique inutilité.
La femme est aussi la médiatrice d'une certaine acceptation du monde : il y a chez elle une aptitude au bonheur irréfléchi dont témoignent les vielles des Voix du quartier pauvre.
Le sentiment amoureux n'est qu'un leurre où l'homme s'épuise soit dans l'habitude , soit dans l'amour de son propre reflet , thème longuement décliné dans La Chute , où la femme est cependant décrite comme " tout ce qui reste du paradis terrestre ".
" Îles démentes " dans les vitrines d'Amsterdam dans le même roman , les femmes sont résolument du côté de la vie , " car elles ont un ventre pour jouir et pour engendrer ". ( L' Etat de siège ).

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 09:00







 L'ABSURDE , chez Albert Camus , se vit. C'est dire que ce n'est pas un concept.
Il s'agit d'un fait de sensibilité ( le " sentiment de l'absurde " ) , une " passion " et un mal de l'esprit ( la notion d'absurde ) qui sont répandus , mais spécifiques à l'époque ( la première moitié du XX è siècle).
Dans son oeuvre , Camus s'efforce de décrire l'absurde sous sa forme épurée , délivrée de sa gangue , pour voir s'il conduit logiquement au suicide.
Dans " L'Homme révolté ", après l'introduction , l'absurde est subordonné à la recherche plus générale sur le nihilisme et son dépassement.
L'absurde est donc une manifestation du nihilisme , lequel demeure, selon le Camus de la maturité , le mal à combattre: " Il n'y a pas un bon et un mauvais nihilisme " dira-t-il dans Actuelles II.
En liaison avec cette notion d'absurde , les auteurs qui le concernent le plus directement sont DOSTOÏEVSKI et NIETZSCHE.
Leur problématique est en effet proche de la sienne ; et l'un et l'autre annoncent le nihilisme à venir.
Camus le dira dans " L'Homme Révolté " , le nihiliste est celui qui subordonne la vie à des v aleurs , de manière à échapper au caractère difficilement supportable de la réalité: il se cache le monde à l'aide d'un arrière - monde rêvé dans lequel ces valeurs sont fondées.
Lorsque tout cela s'effondre , deux attitudes sont possibles : le nihilisme passif qui va de pair avec le désespoir , une volonté faible , velléitaire , la fatigue, l'ennui, et le nihilisme actif qui en appelle au contraire à la volonté , à l'énergie , à l'aventure, au risque , à l'action.
L'homme absurde du Mythe de Sisyphe , Meursault à la fin de l'Etranger , Caligula , Martha sont des nihilistes actifs , autant que des protagonistes qui vivent après la mort de Dieu et qui usent leur énergie , parfois de manière presque suicidaire , à se rendre heureux, à atteindre l'impossible , tout en sachant que la finitude , l'opacité et la diversité du monde sont irréductibles.

 ( Source Hors-série Le Monde , Albert Camus )

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