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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 16:55
La littérature nous sauvera - Matricule des Anges n°200

Je suis fidèle lecteur du Matricule des Anges depuis ses débuts, en 1992.

En février 2019, le numéro 200 est paru avec pour titre :"La littérature nous sauvera".

Quand on est lecteur, on ne peut qu'acquiescer à une telle "revendication".

Et pour répondre à cette question, la rédaction a eu l'idée de demander à ses chroniqueurs et à quelques "passeurs" (essayistes, traducteurs, éditeurs...) de nous dire quel est le livre qui les a marqués.

C'est une belle occasion de lister ici ces livres marquants qui ne peuvent que nous donner des idées de lectures et relectures à un peu moins de deux mois de l'été.

Oublions donc les "sorties" qui imposent à beaucoup de lire vite ces livres qui risquent de ne durer que le temps de quelques semaines, alors qu'un livre doit rester ancré "hors temps".

D'ailleurs, pour nous donner raison de lire des livres d'hier qui nous donnent un regard sur le présent, Jean-Baptiste Para, dans un entretien passionnant (comme l'ensemble des interventions des "passeurs") nous dit :

"Ce que j'ai appris grâce à la littérature, et beaucoup grâce aux poètes, c'est que l'homme n'est pas seulement contemporain de son époque, mais qu'il est contemporain de la nuit des temps. Nous lisons les auteurs de notre siècle, nous lisons aussi Virgile, Lucrèce, Dante et bien d'autres. L'époque où il nous est donné de vivre n'assiège pas tout l'empan de notre regard. Par les livres, nous avons chance d'éprouver le rythme profond où s'épousent le vif de l'instant nouveau et la fraîcheur de l’archaïque."  

 

Martine Laval a proposé : "La place" d'Annie Ernaux (Gallimard, 1983)

Chloé Brendlé : "Rosie Carpe" de Marie NDiaye (Editions de Minuit, 2001)

Valérie Nidgélian : "Que font les rennes après Noël ?" d'Olivia Rosenthal (Verticales, 2010 - Folio)

Emmanuel Laugier : "Carnet - journal, lettres" de Gerald Manley Hopkins (Editions William Blake & Co, 1993)

Richard Blin : "Bois sec bois vert" de Charles-Albert Cingria (Gallimard - l'imaginaire, 1983)

Catherine Simon : "L'accordeur de silences" de Mia Couto (Métailié, 2011)

Emmanuelle Rodrigues : "Le bâtiment de pierre" d'Asli Erdogan (Actes sud, 2013)

Blandine Rinkel : "Le traître" d'André Gorz (Folio essais, 2005)

Dominique Aussenac : "Nocturne du Chili" de Roberto Bolaño (Christian Bourgois, 2002)

Eric Bonnargent : "2666" de Roberto Bolaño (Christian Bourgois, 2008)

Lionel Destremau : "Méridien de sang" de Cormac McCarthy (L'olivier, 1998)

Eric Dussert : "R." de Céline Minard (Compt'act, 2004)

Patrick Gay-Bellile : "Journal" d'André Gide (Gallimard, 1977)

Thierry Cecille : "L'acacia" de Claude Simon (Editions de Minuit, 1989)

Guillaume Contré : "Marelle" de Julio Cortazar (Gallimard - l'imaginaire, 1979)

Christine Plantec : "Austerlitz" de W.G. Sebald (Actes Sud, 2002)

Virginie Mailles Viard : "L'Amérique m'inquiète" de Jean-Paul Dubois (L'olivier, 1996)

Camille Cloarec : "Explication des oiseaux" d'Antonio Lobo Antunes (Christian Bourgois, 1991)

Franck Mannoni : "Le bateau-usine" de Kobayashi Takiji (Allia, 2015)

 

Bonnes lectures (ou relectures)

Denis

 

 

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 15:58
Citation d'Alphonse Karr sur la lecture voyage de l'esprit

Biographie (site Babelio)

 

Alphonse Karr naît d'un père allemand et d'une mère française.


Après de brillantes études, il se consacre à l'enseignement.

 

Il mène dans les années 30 une vie de bohème du type jeunes romantiques excentriques d'alors et s'essaie à tous les genres littéraires : poésie, pastiches, théâtre. Il publie des articles satiriques dans le Figaro, dont il sera plus tard le rédacteur en chef.

 

Un amour malheureux lui inspire un premier roman "Sous les tilleuls", qui remporte en 1832 un immense succès.

 

Il fonde en 1839 son propre journal "Les guêpes", où sont " épinglées " les plus grandes célébrités artistiques et politiques de l'époque. Ce journaliste, tour à tour pamphlétaire, humaniste satirique, romancier, poète, se retire du monde, devient aussi botaniste et jardinier en s'installant à Nice avec sa compagne et sa fille en 1853.

 

Exproprié par la construction de la Gare SNCF, il s'établit en 1865 à Saint-Raphaël. Ainsi vont se bousculer dans ce petit port de pêche une multitude d'hommes de lettres tels que Hugo, Lamartine, De Nerval, Dumas…

 

Cet homme, considéré comme le découvreur de Saint-Raphaël, meurt le 30 septembre 1890 dans sa villa "Maison Close".

 

Une poire, la Poire Alphonse Karr, et un bambou, le Bambusa multiplex Alphonse Karr, ont été nommés en son souvenir.

 

Sa petite fille la romancière Violette Bouyer-Karr a fait don à la ville de Saint-Raphaël de la bibliothèque de son grand-père, reflet de ses goûts et de ses nombreuses amitiés littéraires. 
 

Alphonse Karr (1808-1890) photographié par Nadar

Alphonse Karr (1808-1890) photographié par Nadar

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 17:28
Beauté (en vers) de Juan Ramón Jiménez (Editions José Corti)

Beauté (en vers) - 1917 - 1923 de Juan Ramón Jiménez

Belleza (En verso) - (1917 -1923)

Edition bilingue - José Corti Collection "Ibériques" (2005 - 215 pages)

Préface et traduction de Bernard Sesé

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On connait très peu en France Juan Ramón Jiménez, le poète andalous (1881-1958), qui reçut le Prix Nobel de Littérature en 1956.

L'éditeur José Corti a entrepris il y a quelques années l'édition de ses oeuvres principales, ici en version bilingue, ce qui permet aux hispanophones de lire le texte en original.

L'auteur a lui-même établi cette "anthologie" de ses poèmes écrits entre 1917 et 1923 et publiés dans 13 recueils différents.

Bernard Sesé précise dans sa préface que l'oeuvre de Jiménez se répartit en trois grandes époques :

- 1898-1915 : période du "romantisme idéaliste",

- 1915 - 1936 : période du "spiritualisme symboliste", à laquelle appartient ce recueil,

- 1936 - 1958 : période de "l'étape métaphysique", qualifiée également de "suffisante" ou véritable".

Jorge Luis Borges a reconnu Jiménez comme "l'un des plus important poètes espagnols".

 

La musique (La Musica)

Le cœur de la musique !

Comme il vainc l'ombre monstrueuse !

 

- On dirait une tendre fille du mystère,

qu'elle aurait su soumettre par ses supplications ;

une mystérieuse fille du mystère,

mais, étant sa fille jolie,

plus doucement mystérieuse,

avec un secret,

qui nous semble, - ah ! - un secret d'amour. -

 

Obscurité brillance, comme

un diamant dans la nuit ;

pleurs prismatiques que l'on n'entend pas ;

croissant de lune dans l'ombre,

légèrement ourlée d'infini,

du premier quartier,

pareil à un cœur de cristal obscur ; 

qui parce qu'il est nudité cristalline,

semble être blanc !

 

Le cœur de la musique !

Fiole de pureté magique ; sonore, plaisante

larme ; belle lune noire ;

- tout, comme une eau éternelle parmi l'ombre humaine ;

lumière secrète sur des rives de deuil -,

avec un mystère

qui nous semble - ah !, un mystère d'amour !

 

Juan Ramón Jiménez

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L'on peut noter l'importante de la ponctuation et du rythme d'une poésie qui peut facilement s'imaginer "orale" autant qu'écrite. La langue espagnole facilite sans doute cette "sonorité".

Un exemple d'écoute d'un poème de Jiménez "Nostalgia" (ce poème n'est pas dans ce recueil) dans cette vidéo :

Beauté (en vers) de Juan Ramón Jiménez (Editions José Corti)
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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 18:47
Photo Fabienne Lecomte

Photo Fabienne Lecomte

Ne t'enfuis plus d'Harlan Coben

(France Loisirs - mars 2019 - 490 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Roxane Azimi

Titre original : Run away (2019)

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France Loisirs publie en exclusivité, 6 mois avant sa sortie nationale en octobre 2019, le nouveau roman d'Harlan Coben.

Le livre m'a été envoyé par Jennifer d'AKAGENCY à l'occasion de cette sortie. Etaient joints au livre un sac aux couleurs du livre, un "Pin's" et deux petits sablés. Plus un marque-page aux couleurs de France Loisirs.

Il est de plus dédicacé par l'auteur.

Belle initiative dont je remercie Jennifer.

Il n'y a plus qu'à lire le livre et le présenter  ensuite sur le blog.

Le livre débute ainsi :

 

Assis sur un banc de CentralPark - à Strawberry Fields, plus précisément -, Simon sentit son cœur exploser. Personne n'aurait pu prévoir ce qui allait arriver, au début tout au moins, pas avant que les coups ne se mettent à pleuvoir et que deux touristes finlandaises - il fallait que ça tombe sur elles - ne se mettent à hurler tandis que deux autres touristes venus des quatre coins du monde filmaient l'abominable scène avec leurs smartphones.

Comme à son habitude, l'auteur nous met tout de suite dans l'intrigue...

A suivre donc...

Denis

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 17:47
Catalogue déjanté des expressions de la langue française - Editions d'Enfer

Catalogue déjanté des expressions de la langue française

(Tome 2 - Editions d'Enfer - 124 pages - Novembre 2018)

Idée originale de Jacques Seidmann, auteur des textes

Illustrations réalisées par le Collectif des Crayons (Ciruela Barrelto,Emilie Bertolin,

Caroline Bittner, Noélie Menckenstock, Noël Rasendrason)

Conception Maquette & Réalisation : Jordane Petit, Noël Rasendrason)

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Le tome 1 reprenait les thèmes suivants : amour, beauté, bien-être, culture, loisirs.

Le tome 2 s'attache à l'argent, la société, la survie et le travail.

Présentation de l'éditeur :

"pour chaque tome, 50 expressions familières, prises dans leur sens littéral, ont inspiré un objet imaginaire dessiné ensuite par un collectif d'illustrateurs". Ce catalogue est humoristique, drôle et poétique. Il illustre la quintessence de la langue française avec décalage et donne le pouvoir à l'imagination. Les amateurs d'humour absurde, les amoureux de la langue et les chasseurs de moutons à cinq pattes seront comblés par ce subtil assemblage de mots et d'images qui n'est pas sans rappeler les univers de Prévert, Vian, Topor ou Duchamp".

 

Que rajoutez à cette présentation?

Assurément ce recueil est original et "bellement" mis en page. Un chouette livre à offrir pour le plaisir des mots et de l’œil.

Je vous invite à aller sur le site dédié pour y voir quelques exemples de "mises en scène et en page".

http://cataloguedejante-desexpressionsfrancaises.fr/

Ce sont des expressions bien connues qui sont ainsi présentées : Avoir le beurre et l'argent du beurre ; dresser la table ; mettre la charrue avant les bœufs etc...

Pour chaque expression, sa machine : bouée pour les projets qui tombent à l'eau ; vélo à pédaler dans la semoule ; ciseaux à couper les cheveux en quatre etc...

Bref, de quoi rire au moins quelques instants par jour, en consultant ce catalogue.

Merci à l'éditeur de m'avoir adressé ce livre, un vrai petit bijou.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 17:06
Jean Lorrain - Gustave Moreau : Correspondance et Poèmes (RMN)

Correspondance et Poèmes - Jean Lorrain et Gustave Moreau

(Réunion des Musées Nationaux - Collection "Textes RMN" - 94 pages - Octobre 1998)

Edition présentée et annotée pas Thalie Rapetti, historienne d'art.

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Jean Lorrain (1855-1906) est encore un jeune poète quand il débute une correspondance en 1883 avec le déjà grand peintre, Gustave Moreau (1826-1898), son aîné de 30 ans.

Subjugué par les peintures de Moreau, il lui envoie des poèmes qui s'inspirent de ses toiles.

En témoigne, à titre d'exemple, cette lettre de juin 1883 :

 

 

Une avalanche de vers, cher maître, mais aussi pourquoi peindre, ou plutôt pourquoi concevoir, ressentir et faire à votre tour concevoir et ressentir des visions aussi finies et aussi troublantes.
Je suis amoureux et cela irrémédiablement des Sirènes, du Sphinx et de la Chimère, chimérique amoureux moi-même d'énigmes et de mystères, je vous envoie ces maladives élucubrations avec prière de pardonner beaucoup à un des vrais malades de votre art;
Jean Lorrain - Fécamp, juin 83

La chimère - Gustave Moreau (1867)

La chimère - Gustave Moreau (1867)

Ainsi, trois poèmes sont annexés à sa lettre, dont celle concernant le tableau "La chimère" :

 

A Gustave Moreau.

La Chimère indomptable aux yeux profonds et bleus, 
Abîmes rayonnants dans un visage d'homme, 
Des palais de Sodome aux Lesbos qu'on renomme,
Droite, appuie au Zénith ses quatre pieds en feux.

Son poitrail qui se cabre et ses jarrets nerveux 
Emportent par le gouffre, où l'air siffle et s'enflamme, 
Lascif et douloureux, un souple corps de femme 
Nue et flottant dans l'ombre entre ses lourds cheveux.

Les crins d'or de la bête et la toison d'aurore 
De la femme en extase, embrasant l'air sonore, 
Font une aube de gloire au fond du ciel obscur.

Le vertige les tord et, dardant sa prunelle, 
Les bras autour du cou du monstre aux yeux d'azur, 
S'enfonce dans la nuit la Rêveuse éternelle.

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La correspondance, assez peu abondante se termine en octobre 1893. Un peu plus de dix ans pour dire en poèmes une immense admiration.

A lire pour le plaisir des mots et la redécouverte de l'oeuvre de Moreau sous le regard d'un jeune poète. Un seul dommage, les oeuvres de Moreau ne sont pas reproduites dans ce recueil.

Denis

Jean Lorrain - Gustave Moreau
Jean Lorrain - Gustave Moreau

Jean Lorrain - Gustave Moreau

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 20:00
La noire - nouvelle collection Gallimard
La noire - nouvelle collection Gallimard
La noire - nouvelle collection Gallimard

Gallimard annonce comme suit la création ce mois-ci (mars 2019), d'une nouvelle collection :

 

«James Crumley, Francisco González Ledesma, Cormac McCarthy, Raymond Chandler, Kent Anderson, Harry Crews, Jean-Patrick Manchette, Pete Dexter, Larry Brown, Rolo Diez, Michael Guinzburg, Chuck Palahniuk, Jerome Charyn, Maurice G. Dantec… sont autant d’écrivains reconnus grâce auxquels, au tournant du XXIe siècle, La Noire s’est imposée comme LA collection emblématique du roman noir. 
Clin d’œil à l’incontournable collection Blanche de Gallimard, La Noire a pour vocation d’accueillir ces romans dits "noirs" destinés à un lectorat plus éclectique, préoccupé d’une esthétique avant de l’être d’une thématique. Plus littéraire, pourrait-on dire, la blanche sous la noire. 
Critique sociale et politique pour les uns, sous-genre américain du roman policier pour d’autres, roman trop rugueux, violent ou désespéré, le noir résiste par son absence de règles et par l’humour, aux nombreuses tentatives de le définir. 
Tant dans l’écriture que dans les récits, la subversion, l’excès sont certainement deux des éléments forts qui caractérisent cette veine de la littérature contemporaine. 
Les nouveaux habits de La Noire, seront portés par Ron Rash, William Gay et Hervé Prudon. Dès le mois de mars 2019 et à raison de 5 titres par an, La Noire proposera aux lecteurs, avec exigence et parcimonie, un échantillon de ce que le roman noir offre de plus réjouissant, singulier, envoûtant et… dérangeant.» 
Antoine Gallimard

 

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Avis aux amateurs avec trois titres dès mars 2019 (Cf. Couvertures ci-dessus).

Deux sont décédés :

William Gay (1941-2012)

Hervé Prudon (1950-2017)

 

Ron Rash, né en 1953 en Caroline du Sud, a une très belle réputation de "grand auteur", et toujours bien actif

 

La "série noire" continue sa vie "autonome" avec deux livres en mars 2019 :

- Son autre mort d'Elsa Marpeau

- L'usurpateur de Jorn Lier Horst.

 

Bonnes futures lectures,

Denis

 

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 20:37
Le bonheur selon Thomas Mann

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 21:25
Le musée imaginaire de Marcel Proust (Thames & Hudson)

Le musée imaginaire de Marcel Proust 

Tous les tableaux de "A la recherche du temps perdu" 

par Eric Karpeles (Thames & Hudson - 350 pages - 2009)

Traduit de l'anglais (USA) par Pierre Saint-Jean

206 illustrations

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Cet ouvrage est un guide des tableaux que le lecteur rencontre sur son chemin au fil de sa lecture du chef d'ouvre (n'oublions pas de le rappeler) de Marcel Proust : "A la recherche du temps perdu".

Dans son introduction Eric Karpeles rappelle que "Proust a essentiellement évoqué des tableaux que son expérience personnelle lui a permis de découvrir ; des oeuvres soigneusement étudiées pendant d'innombrables heures passées dans des musées, des galeries et des collections privées du XIXe siècle à Paris. (...) Néanmoins, Proust ne vit jamais en vrai un certain nombre des tableaux qui ont été incorporés dans les pages du roman".

"Proust choisit des peintres au sein du panthéon des maîtres : Vélasquez, Bellini, Ingres. Au bout d'une trentaine de pages seulement, Corot est le premier peintre mentionné, et plusieurs milliers de pages plus loin, Chardin est le dernier à être évoqué. (...) Proust suggère également des peintures d'une façon moins précise : par exemple pour Morel, le beau violoniste, qui a l'air d'une espèce de Bronzino. Il y a enfin des peintures fictives qui n'ont existé que dans l'imagination de Proust, comme l'étude à l'aquarelle réalisée par Elistir et représentant la jeune Odette de Crécy en "demi-travesti".

Il avait des peintres préférés : Mantegna, Rembrandt, Titien, Chardin.

Elstir serait un mélange de  Moreau, Degas, Turner, Renoir et Monet.

 

Eric Karpeles est peintre et écrit sur la peinture, la poésie et l'esthétique.

 

Deux exemples ci-dessous d'illustrations accompagnées du texte en référence :

  

La mère, Pieter de Hooch (1670)

La mère, Pieter de Hooch (1670)

"A son entrée, tandis que Mme Verdurin montrant des roses qu'il avait envoyées le matin lui disait :"je vous gronde" et lui indiquait une place à côté d'Odette, le pianiste jouait,pour eux deux, la petite phrase de Vinteuil qui était comme l'air national de leur amour. Il commençait par la tenue des trémolos de violon que pendant quelques mesures on entend seuls, occupant tout le premier plan, puis tout d'un coup ils semblaient s'écarter et, comme dans ces tableaux de Pieter de Hooch qu'approfondit le cadre étroit d'une porte entrouverte, tout au loin, d'une couleur autre, dans le velouté d'une lumière interposée, la petite phrase apparaissait, dansante, pastorale, intercalée, épisodique, appartenant à un autre monde". (Du côté de chez Swann)

Olympia, Edouard Manet, 1863

Olympia, Edouard Manet, 1863

Une odalisque, dite La grande odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814

Une odalisque, dite La grande odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814

"Pourtant les plus vieux auraient pu se dire qu'au cours de leur vie ils avaient vu, au fur et à mesure que les années les en éloignaient, la distance infranchissable entre ce qu'ils jugeaient un chef d'oeuvre d'Ingres et ce qu'ils croyaient devoir rester à jamais une horreur (par exemple l'Olympia de Manet) diminuer jusqu'à ce que les deux toiles eussent l'air jumelles." (Le côté de Guermantes)

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 12:35
L'affaire Rose Keller de Ludovic Miserole (French Pulp Editions)

L'affaire Rose Keller - Les crimes du marquis de Sade : tome 1

de Ludovic Miserole

(French Pulp Editions - septembre 2018 - 400 pages)

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En forme de préambule : âmes sensibles, attention, les 50 premières pages vous plongent dans ménagement dans l'univers pervers de Donatien, marquis de Sade et risquent de vous choquer. Mais l'auteur reste pudique autant qu'il le peut, mais c'est un roman historique et il faut accepter de subir le choc des pratiques du marquis pour comprendre le contexte.

J'ai lu plusieurs commentaires de personnes qui ont arrêté le roman. Je réponds, non, il faut absolument continuer ce roman car il est efficacement construit et puis il répond parfaitement aux critères énoncés par l'éditeur :

French Pulp Editions : "Pulp,comme ces feuilletons d'autrefois, ces romans qui depuis des siècles remplissent notre imaginaire de détectives durs à cuir, de femmes fatales... Du roman noir à la saga familiale... Ils ont donné naissance à une littérature dynamique et généreuse, qui fait aujourd'hui le bonheur de tous grâce à des textes fluides et percutants".

 

Avec ce roman, on est vraiment pris dans cette "dynamique fluide et percutante". J'ai pris un très grand intérêt à lire cette sordide histoire.

Nous sommes le dimanche 3 avril 1768. Rose Keller est une jeune veuve alsacienne et pour survivre mendie dans les rues de Paris. Elle est abordée par Sade (1740-1814) sans savoir quel est cet homme distingué. Il lui promet de l'argent si elle vient faire son ménage à sa maison d'Arcueil. Elle accepte bien volontiers. Mais, là-bas il n'est plus question de ménage mais de sévices corporels et sexuels dont elle se remet très mal compte tenu des maux infligés tant à son corps qu'à son esprit.

Dans le même temps, une prostituée, Julie dite Follecuisse (un des personnages fictifs du roman),est à la recherche du marquis dont elle a été victime. Elle espère retrouver Sade pour le tuer afin de sauver les prochaines jeunes femmes qui tomberont entre ses mains. Mais en route elle est prise à partie par une bande de voleurs conduite par Daniel Holtelano, qui vient de tuer un aubergiste. Daniel viole sans complexe Julie devant ses complices et la veuve de l'aubergiste;

Une troisième femme est concernée par le marquis et c'est sa jeune épouse, Renée Pélagie (1741-1810). Elle l'aime et lui pardonne tous ses excès dont elle est parfois elle-même victime. Seulement ce qui va s'appeler "l'affaire Rose Keller" risque "d'éclabousser" la réputation des parents de Renée. Déjà qu'il y avait eu l'affaire Jeanne Testard, quelques années auparavant, qui avait valu un séjour du marquis à la prison de Vincennes.

Tout doit être fait pour étouffer l'affaire. C'est ce à quoi la mère de Renée va s'adonner, tandis que de son côté Rose Keller, évadée et recueillie par des habitants d'Arcueil va tout faire, aidée par Julie qui a eu vent de l'affaire et qui a réussie à l'approcher, pour condamner Sade.

C'est ce duel à distance qui est conduit dans le roman avec à l'appui des documents inédits retrouvés par Ludovic Miserole dans des archives publiques ou privées. Qui l'emportera dans cet Ancien Régime où la noblesse avait beaucoup plus de pouvoirs que les "petites gens"?

 

Je vous recommande une nouvelle fois de lire ce roman historique bien construit, très bien écrit, fluide et passionnant pour suivre ces trois femmes, dont deux qui ont réellement existé... une plongée glaçante dans ces années de fin de règne de Louis XV (1710 - 1774), sollicité dans cette histoire par ailleurs.

En attendant la deuxième histoire des "crimes du marquis"... qui devrait nous conduire du côté de Marseille, en 1772, si l'on en croit wikipedia.

Bonne lecture,

Denis

 

Pour information, ce roman fait partie de la sélection du neuvième Prix du Balai d'Or 2019, orchestré par Richard Contin 

L'affaire Rose Keller de Ludovic Miserole (French Pulp Editions)
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