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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:05

 

De joyeuses funérailles de Ludmila Oulitskaïa

(Gallimard - Collection "Du monde entier" - 167 pages - juillet 1999)Traduit du russe par Sophie Benech

Titre original : Vesselye pokhorony - 1997

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Le titre est provocateur et pourtant il reflète bien l'intention d'Alik.

Cet homme sait qu'il va bientôt mourir. Sa femme, Nina, est à ses côtés, mais également ses amies comme Irina, rencontrée autrefois en Russie. Elle est là avec sa fille, Maïka, surnommée Tee-shirt et qu'Alik a sauvée de son "autisme".

A son chevet, également, Finor, médecin non officiel et Maria Ignatievna, spécialisée dans les plantes non autorisées. Eux deux essaient de prolonger sa vie et de soulager ses douleurs. Quant à Faïka, elle est venue avec son appareil photo pour prendre quelques photos d'Alik.

Il fait très chaud à Manhattan où tous ces russes, juifs ou non, sont venus s'installer. Alik y a son atelier de peintre et il veut être entouré pour vivre ses derniers jours. Il a demandé à quitter l'hôpital pour mourir avec les siens, ici, dans son univers.

Et Nina lui dit qu'elle souhaite qu'il rencontre un prêtre orthodoxe. Il accepte à condition qu'un rabbin vienne également lui parler religion. Il ne veut pas oublier qu'il est juif, même s'il est athée. Irina demande à son ex-mari Liova de trouver un rabbin car Nina est démunie.

Ainsi, un matin, le prêtre Victor discute avec Alik et lui dit qu'il devrait lire l'Evangile. Ensuite, arrive le rabbin Ménaché. Là aussi, très bon dialogue entre les deux hommes.

Page 66 : "Vous n'avez donc plus personne auprès de qui prendre conseil, à part un rabbin? demanda rabbi Ménaché avec une modestie pleine de fierté et de malice.

- Pourquoi un juif, avant de mourir , ne pourrait-il prendre conseil justement auprès d'un rabbin?

Dans ce badinage, tout était bien plus profond qu'il n'y paraissait, tous les deux le comprenaient et, en posant des questions idiotes, ils s'approchaient subrepticement de ce quelque chose d'essentiel qui se produit dans les rapports humains - ce contact qui laisse une trace indélébile."

A travers cet extrait, on voit le ton du livre. On badine, on parle, on boit, on dort, on séduit. Toutes les femmes d'Alik sont là et les amis de passage car le loft de l'artiste a de tout temps été un lieu où les émigrés russes sont venus le rencontrer et croiser son art.

Il va mourir endetté mais il demande à ces gens de s'amuser, de le fêter. Il va préparer son départ et dicter dans une cassette video ses dernières volontés, pour que ses funérailles soient joyeuses.

Un livre original, humoristique, badin mais bien écrit. On ne s'ennuie pas dans ces derniers jours d'un condamné à mort, pour reprendre un titre de Victor Hugo.

Ludmila Oulitskaïa est née en 1943 et une douzaine de ses textes sont traduits en français, dont "De joyeuses funérailles", son quatrième ouvrage. "Sonietchka" a obtenu le prix Médicis Etranger 1996 et l'a révélée aux lecteurs français.

Bonne lecture,

Denis

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge d'Anis de Litterama :

"Lire avec geneviève Brisac" 

 

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C'est ma deuxième participation après avoir lu Jean Rhys

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:35

 

 

 

 

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:22

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:18

 

Atteinte d'une étrange maladie, Angèle Lieby se retrouve plongée dans un coma thérapeutique. Pour le personnel médical, elle est vite considérée comme morte. Pourtant elle ressent tout. Elle est consciente mais ne peut réagir.Un jour, une larme surgit au coin de son oeil. Commence alors une longue période de rééducation qui va durer presque un an.

Témoignage bouleversant qui montre qu'à force de détermination tout est possible ...

 

 

 

EDITIONS Les Arènes - 2012 - 234 pages

 

  Angèle Lieby raconte ici son expérience hors du commun, celle d’une femme enfermée dans son propre corps qui entendait tout, ressentait tout, sans pouvoir réagir.

Une incroyable leçon de vie, d’amour et de courage.

Chapitres du livre :

1- Seule dans la nuit
2- Des picotements au bout des doigts
3- Fausses routes
4- Mon corps une prison
5- Une histoire de fous
6- Les crocs d’une bête inconnue
7- Comme à Guantanamo
8- Je vais bientôt "clamser"
9- "A notre chère maman"
10- Derrière rideau
11- Vacarme électronique
12- La voyante
13- La larme
14- L’alarme
15- L’abécédaire du tendre
16- Bickerquoi ?
17- Jouer à la baballe
18- Une machine
19- Fauteuil de torture
20- La planche à repasser
21- Le malade derrière la maladie
22- Respirer
23- Histoires d’eaux
24- Un air de Benjamin Button
25- La leçon de vie
26- "Je t’aime"
27- Ces petites misères
28- Rechute
29- En résistance
30- Un nouvel horizon
31- Retour aux origines
32- Bonjour printemps !
33- De la fin au début
34- Un autre regard sur le coma
35- Témoigner

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:10

Dans le cadre des lundis philo de Heide

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voici ma 10e contribution autour du thème mensuel

(premier lundi de chaque mois) ce mois-ci : les femmes philosophes

 

Simone Weil (1909 - 1943)

 

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Comme Heide, je vais jouer les prolongations en publiant semaine prochaine un article sur le livre de Simone Weil : "La pesanteur et la grâce".

Simone Weil obtient dès l'âge de 16 ans son baccalauréat de philosophie. Elle est juive agnostique et va avoir comme professeur Alain. Elle va aussi croiser Simone de Beauvoir. En 1931, à 22 ans, elle est agrégée de philosophie et enseigne, n'hésitant pas à se joindre à un mouvement de grève. Puis elle fait un voyage en Allemagne et a compris que la montée du nazisme est un danger pour le monde.

Elle travaille en usine et écrit "La condition ouvrière" en 1937 qu'Albert Camus publiera en 1951 dans sa collection "espoir" chez Gallimard.

En 1938, elle commence à se rapprocher du christianisme, ce que l'on voit bien dans son livre "La pesanteur et la grâce" écrit entre 1940 et 1942, et que je présenterai la semaine prochaine.

Simone Weil se retrouve à Londres et travaille pour la "France libre" mais démissionne en 1943. La tuberculose et une santé très fragile la contraignent à ne pas rejoindre la "France combattante" et meurt au sanatorium d'Ashford le 24 août 1943. Un médecin a émis l'hypothèse qu'elle se serait suicidée en refusant de se nourrir.

Tous ses livres ont été publiés après sa mort, à l'exception des Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.

Une citation :

Début du livre "La pesanteur et la grâce" :

"Tous les mouvements naturels de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception".

Denis

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:00

Et voici la réponse à la première phrase suivante :

 

" Au diable vauvert, une tornade déploie sa robe à falbalas dans la danse grand - guignolesque d'une sorcière en transe; son hystérie ne parvient même pas à épousseter les deux palmiers calcifiés, dressés dans le ciel comme les bras d'un supplicié."

 

Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

résumé du livre ;

Dans les ruines brûlantes de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Talibans veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore.

Je renvoie également aux articles publiées sur les blogs participant au challenge "littérature francophone d'ailleurs" et qui ont présenté d'autres ouvrages de l'auteur :

- L'automne des chimères de Yasmina Khadra (Algérie) par Angeselphie

- L'équation africaine de Yasmina Khadra (Algérie) par Heide

- Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra (Algérie) par Heide, Minou et Philisine Cave

 

 

La gagnante de la semaine est Danielle qui recevra donc 10 marque-pages publicitaires. A bientôt, pour une nouvelle phrase.

Denis et Fabienne

 

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 21:55

 

La rotonde d'Anne-Marie Garat

 (Actes Sud - "un endroit où aller" - 59 pages - février 2004)

 

Sous-titré "panorama", ce très court texte est une variation sur le sujet suivant :

"Tandis que je naissais, mon père tira soudain un coup de fusil à bout portant sur la jeune soeur de ma mère.

Par accident, inadvertance, ou par fatalité, la balle à elle adressée alla toucher, au creux du cou, sa belle amie sortant de son lointain jardin, au sud.

A l'instant, le frère de celle-ci, escaladant la falaise, par héroïsme ou vanité, surpris par la détonation, faisait une chute mortelle sur les rochers de la baie, au nord extrême du paysage".

Toute l'histoire est dite. C'est la quatrième de couverture et le début du "panorama".

L'auteur reprend au cours de ces quelques pages l'énigme et l'analyse. Pourquoi avoir tiré? pourquoi la balle n'a pas atteint sa cible? Pourquoi la belle amie se trouvait sur la trajectoire? et pourquoi la seule victime est cet homme qui escaladait une falaise?

Texte étonnant, mais à l'écriture magnifique. Tout est poésie dans la description. Rêve ou cauchemar? Et celle qui parle est en train de naître...

Page 42 : "Que mon père presse si furieusement, dans cet appareil, et en cette posture, la gâche de son fusil, obéit sans nul doute à une passion subite de mort. Il veut la mort, il la veut absolument, sinon il n'arme pas sa main de si bon matin, au moment où, à l'horizon maritime, paraît le soleil terrestre qui éclaire ce théâtre de ma naissance." 

 

Anne-Marie Garat, née en 1946 à Bordeaux, vit à Paris et enseigne le cinéma et la photographie. Elle a publié son premier livre en 1984 : "L'homme de Blaye" et a obtenu le prix Femina avec  son roman "Aden" en 1992. Ses textes sont  publiés aux éditions Actes Sud depuis 2000.

Bonne lecture,

Denis

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 20:20

Après "Les impudents" de Marguerite Duras lu en décembre 2012, je poursuis la lecture de l'oeuvre de Marguerite Duras, avec son deuxième roman publié en 1944 : "La vie tranquille".

Je le lis dans la prestigieuse collection "La pléiade"

 

Le livre est également disponible en Folio Gallimard

Ce livre n'a pas eu plus de succès lors de sa sortie que le premier et Raymond Queneau qui soutient pourtant Marguerite Duras auprès de Gallimard ne trouve pas le roman très bon. Il parle de récit inorganisé, non maîtrisé et trop influencé par la littérature américaine, notamment celle de Faulkner.

"La vie tranquille" se passe dans la même région que "Les Impudents". Seul le nom a changé : ce sont ici les Bugues, en Dordogne. On y retrouve aussi le trio : mère, fils et fille avec la relation difficile avec le frère. Il s'appelle Nicolas dans le roman. Marguerite Duras apprit la mort de son frère pendant qu'elle rédigeait ce roman et sa douleur est reprise dans le roman. On sent qu'elle aimait son petit frère d'un amour charnel et le reproduit dans le livre. Dyonis Marcolo, l'homme qu'elle aime à ce moment-là transparait dans le personnage de Tiène que l'héroïne Françou (diminutif de Francine) aime.

Alors, oui, livre décousu avec trois parties :

- La première où presque tout se joue dans ces relations difficiles entre les personnages. Françou raconte l'histoire de sa famille sur quelques mois, à partir d'un drame qui se joue dès les premières pages.

Début du roman : "Jérôme est reparti en deux vers les Bugues. J'ai rejoint Nicolas qui, tout de suite après la bataille, s'était affalé sur le talus du chemin de fer. Je me suis assise à côté de lui, mais je crois qu'il ne s'en est même pas aperçu..."

En effet, Françou assiste à une rixe entre son oncle Jérôme et son frère Nicolas. Jérôme a aimé la femme de Nicolas, Clémence, en secret et Françou l'a dénoncé auprès de son frère, d'où cette bataille qui va être fatale à l'oncle.

Clémence va alors partir, en laissant son bébé, Noël, à Françou.

Quant à Tiène, il a connu Nicolas à Périgueux et est venu s'installer ici, il y a quelques mois. Il travaille ainsi à la ferme. Françou l'aime et finit par lui faire comprendre mais Luce, une amie de Nicolas vient ici à présent. Elle semble avoir pris l'ascendant  dans le coeur de Tiène. Nicolas ne le supporte pas et un nouveau drame va surgir...

- La deuxième partie se passe au bord de la mer à T..., où Françou est venue se reposer pour quinze jours. Elle se regarde le soir dans le miroir et entame une longue méditation sur son corps, sa vie, son amour pour Tiène etc... à partir de l'image qui lui est renvoyée. Ces pages ont fait le bonheur des psychanalystes.

"Je n'avais pas remarqué que lorsque la porte de l'armoire à glace était entrebaillée, le lit s'y reflétait tout entier. J'étais couchée lorsque je me suis aperçue couchée dans l'armoire à glace ; je me suis regardée. Le visage que je voyais souriait d'une façon à la fois engageante et timide..."

Elle s'ennuit ici et voit un homme qui lui parle un soir au bord de la mer, puis elle va le voir régulièrement sans qu'il lui adresse ensuite la moindre parole...

Ici, les mots sont proches de ceux de Camus dans "l'étranger", qu'elle semblait avoir apprécié : mer, soleil, mort, été. (Cf. présentation de l'oeuvre dans la Pléiade par Christiane Blot-Labarrère).

- La troisième partie, c'est le retour aux Bugues. Et elle commence par un long monologue mis en italique par l'auteur pour le différencier du reste du texte, ce qu'elle ne refera pas par la suite.

Ainsi débute le monologue : "9 heures du soir à la gare des Ziès sans avoir prévenu Tiène. Il pleut et la nuit est bien noire. En route pour les Bugues (je compte) : dix-sept et quinze, trente-deux jours depuis la mort de Nicolas. Quinze depuis mon départ pour T..."

Monologue où elle reprend tous les moments de sa vie et notamment ces semaines avec ces morts... Elle passe trois jours dans une cabane avant de réapparaitre chez elle. Tiène a pris des métayers et elle doit s'en accomoder...

Trois parties, en effet, qui sont autant de ruptures narratives.

Ce n'est pas encore Duras telle qu'on l'a connue, mais dans ce livre à la fin elle croit à la vie tranquille et se le répète comme un leitmotiv.

J'ai aimé ce livre tout de même. Quand on veut lire une oeuvre complète, chaque livre est une pierre à l'édifice, et on sait combien celle de Duras a été scabreuse, faite de ruptures comme ce livre...

Avec le prochain texte, ce sera le départ pour l'Indochine avec son roman "Barrage contre le Pacifique".

N'hésitez pas à nous rejoindre dans la communauté Marguerite Duras d'Heide et de son challenge.

Bonne lecture,

Denis

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:34

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:31

 

 

première phrase roman célèbre

 

 

" Au diable vauvert, une tornade déploie sa robe à falbalas dans la danse grand - guignolesque d'une sorcière en transe; son hystérie ne parvient même pas à épousseter les deux palmiers calcifiés, dressés dans le ciel comme les bras d'un supplicié."

 

Une nouvelle phrase avec un titre et un auteur à découvrir !

 

Cette semaine la première bonne réponse sera récompensée

par un envoi de 10 marque-pages publicitaires et autres.

 

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