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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 20:32

 

Notes de Hiroshima de OE Kenzaburô (Folio - 271 pages)

Traduit du japonais par Dominique Palmé (Hiroshima Nôto - 1965)

 

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L'auteur, Prix Nobel de Littérature en 1994, né en 1935 dans l'île de Shikoku, avait 10 ans au moment de l'explosion des deux bombes atomiques sur le Japon.

Est-il besoin de rappeler que le 6 août 1945, une bombe a été lâchée par un avion américain sur Hiroshima et le 9, sur Nagasaki, faisant des dégâts énormes et des morts sans nombre, sans oublier tous les irradiés.

Les survivants ont eu un traitement particulier par les autorités japonaises, notamment les accès aux soins et ont été appelés "hibakusha".

Fin d'une guerre dans des conditions horribles, puisque les japonais vont capituler le 2 septembre 1945.

DIx-huit ans plus tard, OE Kenzaburô, déjà reconnu comme écrivain, se rend en août 1963 faire un reportage sur la 9e conférence mondiale contre les armes nucléaires.

Très vite, il comprend que l'intérêt de son voayge n'est pas de suivre les débats politiques, confus, avec déchirement entre intervenants. L'intérêt c'est de rencontrer des "hibakusha". Ainsi, il passe de longs moments avec Shigeto, médecin et directeur de l'hôpital de la bombe A, spécialisé dans le traitement des atomisés.

Ces "hibakusha" sont "l'esprit de Hiroshima". Ce sont des gens qui se battent pour vivre, survivre avec parfois l'envie du suicide pour échaper à leurs souffrances.

Des femmes refusent d'être enceintes et si elles le sont, elles ont l'angoisse de faire naître un monstre.

OE sent la nécessité de les rencontrer, de leur parler. Et il va régulièrement revenir à Hiroshima, d'où ces notes qui s'échelonnent sur plusieurs années. Il revoit des "hibakusha" régulièrement, apprend que certains sont mort et Shigeto continue de lutter contre la mort et entend établir une base de données des retombées de l'arme nucléaire.

L'auteur s'interroge ainsi sur ce monde absurde qui a été capable de lancer de telles bombes d'anéantissement. Et pendant ce temps, les hommes politiques se querellent autour de ce qu'il faut penser d'Hiroshima, car les essais nucléaires continuent (à l'époque de la guerre froide, notamment) et rien du passé ne semble les empêcher de penser à un futur "criminel".

Les marcheurs de la paix viennent chaque année à Hiroshima, mais là aussi, on les écoute, sans plus...

Quant aux entretiens avec les hibakusha, ils sont poignants mais les réponses sont toujours humbles, car ce sont des gens du silence à présent. Ils ne parlent plus de ces jours terribles d'août 1945...

Page 72 : (au sujet des rassemblements de foule dans le Parc de la Paix, en parlant des hibakushi) " On les croirait aveugles à la foule entassée dans le parc, sourdes à ses applaudissements et ses acclamations. Mais à mes yeux, ces familles de Hiroshima, rudement touchées par la mort, remplissent par leur présence en ce lieu une fonction analogue à celle du choeur de la tragédie grecque, en faisant ressortir de la façon la plus vive la gloire et la misère du drame qui se joue au premier plan de la tribune."

1963, l'année où il vient à Hiroshima, c'est aussi l'année de la naissance de son fils handicapé, c'est dire qu'il avait aussi en tête cet événement tragique pour lui. Sa vie va vraiment changer ensuite, par son implication pour lutter pour la paix et par son implication de père qui va d'ailleurs faire de son fils un excellent musicien.

 

File:Paris - Salon du livre 2012 - Kenzaburō Ōe - 003.jpg

 

Belles leçons de courage, à l'image de celle des hibakusha que OE a soutenus dans ses textes en les présentant tels qu'ils étaient, courageux, silencieux et déterminés.

Un livre fort, sans concessions, y compris pour lui-même et ses interrrogations bien légitimes devant un tel drame.

Lecture faite dans le cadre du challenge d'Adalana

 

 

Bonne lecture,

Denis

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 20:34

 

 

Thomas Stearns Eliot (1888-1965) - Prix Nobel de Littérature en 1948, est né américain à Saint-Louis dans le Missouri et est mort anglais à Londres, après avoir été naturalisé.

Il est plus connu sous le nom de T.S. Eliot.

A noter que l'Angleterre a eu 10 prix Nobel de Littérature depuis sa création, et ce n'est pas rien.

 

Notez :

  • 1907 : Rudyard Kipling (Bombay 1865 - Londres 1936)

Il est l'auteur notamment du Livre de la Jungle.

  • 1932 : John Galsworthy (Coombe devenu un quartier de Londres depuis 1867 - Londres 1933)

Son oeuvre romanesque, La saga des Forsyte, a été portée à la télévision et est une vision critique de la haute bourgeoisie anglaise.

  • 1948 : Thomas Steams Eliot (Saint Louis Etats-Unis 1888 - Londres 1965)

Ecrivain britannique d'origine américaine, il est à la fois poète, essayiste et auteur dramatique.

  • 1950 : Bertrand Russell (Pays de Galle 1872 - 1970)

Ce philosophe et logicien est connu pour ses engagements politiques, moraux et humanitaires.

  • 1953 : Sir Winston Churchill

Homme politique du XXème siècle il est moins connu pour son oeuvre littéraire dont la traduction en français n'a été effectuée qu'au début du XXIème siècle.

  • 1981 : Elias Canetti (Ruse Bulgarie 1905 - Zurich Suisse 1994)

Cet écrivain britannique d'expression allemande a écrit des romans, des essais et son autobiographie. Il analyse dans son oeuvre le mécanisme des comportements humains.

  • 1983 : Sir William Golding (1911 - 1993 Cornouailles)

Il a notamment écrit en 1954 Sa majesté des mouches.

  • 2001 : Sir Vidiadhan Surajprasad Naipaul (né en 1932)

Cet écrivain britannique né à Trinité-et-Tobago de parents indiens, met au coeur de son oeuvre le déracinement, entre fiction et autobiographie.

  • 2005 : Harold Pinter (Londres 1930 - 2008)

Le prix Nobel de littérature récompense un homme de théatre à la fois acteur et auteur dramatique dont les pièces appartiennent au théatre de l'absurde.

  • 2007 : Doris Lessing (Kermanchah Iran 1919)


Cette femme de lettres britannique traite dans son oeuvre des conflits humains nés tant de revendications politiques (l'apartheid) que de conflits humains (féminisme...).


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The waste land (La terre vaine) 1921-1922 est un de ses recueils les plus connus. Il a été comparé à Saint John Perse avec ces textes : 433 vers décomposés en 5 parties : l'enterrement des morts, une partie d'échec, Le sermon du feu, Mort par eau et ce qu'a dit le tonnerre.

 

En voici les quelques premiers vers :

APRIL is the cruellest month, breeding  
Lilacs out of the dead land, mixing  
Memory and desire, stirring  
Dull roots with spring rain.  
Winter kept us warm, covering          5
Earth in forgetful snow, feeding  
A little life with dried tubers.  
Summer surprised us, coming over the Starnbergersee  
With a shower of rain; we stopped in the colonnade,  
And went on in sunlight, into the Hofgarten,   10
And drank coffee, and talked for an hour.  
Bin gar keine Russin, stamm’ aus Litauen, echt deutsch.  
And when we were children, staying at the archduke’s,  
My cousin’s, he took me out on a sled,  
And I was frightened. He said, Marie,   15
Marie, hold on tight. And down we went.  
In the mountains, there you feel free.  
I read, much of the night, and go south in the winter.

 

Lire la suite en anglais avec ce lien :   http://www.bartleby.com/201/1.html

 

                           Avril est le plus cruel des mois, il engendre

                           Des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mêle

                           Souvenance et désir, il réveille

                           Par ses pluies de printemps les racines inertes,

                           L'hiver nous tint au chaud, de la neige oublieuse

                           Couvant la terre, entretenant

                           De tubercules secs une petite vie,

                           L'été nous surprit, porté par l'averse

                           Sur le Starnbergersee, nous fîmes halte sous les portiques

                           Et poussâmes, l'éclaircie venue, dans le Hofgarten,

                           Et puis nous prîmes un café, et nous causâmes.

                           Bin gar keine Russin, stamm’ aus Litauen, echt deutsch

                           Et lorsque nous étions enfants, en visite chez l'archiduc

                           Mon cousin, il m'emmena sur son traîneau

                          Et je pris peur. Marie, dit-il,

                          Marie, cramponne-toi. Et nous voilà partis !

                          Dans les montagnes, c'est là qu'on se sent libre,

                         Je lis, presque toute la nuit, et l'hiver je gagne le sud.

 

                         (Traduction de Pierre Leyris - Editions du Seuil)

 

 

Pierre Leyris (1907 - 2001) était aussi le traducteur du poème de William Blake que j'ai présenté il y a quelques jours. Il a publié les plus grands écrivains anglophones et a reçu le Grand Prix National de la traduction en 1985.

 

C'est aussi l'occasion en ce mois anglais d'honorer ce très grand traducteur à qui on doit de lire nombre d'anglais en français grâce à la qualité de son travail.

 

Article publié dans le cadre du mois anglais, brillamment organisé par Martine et Lou

 

 

Bonne lecture,

Denis

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 20:38

  

 

 

Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons (Livre de Poche - 431 pages)

Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny

Titre original : Mr Rosenblum's List - Londres 2010

 

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Le titre original fait référence à une liste, c'est celle de Jack Rosenblum, ce juif industriel allemand, qui a fui le nazisme pour s'installer à Londres. Dès son arrivée, il a décidé de se faire intégrer en tant que gentleman anglais offrant notamment ses services à l'armée anglaise en mettant son entreprise de tapis à disposition pour fabriquer des parachutes. Et il travaille à la mise à jour du livret "informations utiles" destiné aux allemands arrivés en Angleterre.

Ainsi, la longue liste des préconisations pour être "anglais" (rêver en anglais) prévoit au N° 150 "Un véritable anglais est membre d'un club de golf".

Page 36 : "Pour Jack, appartenir à un club de golf équivalait à la reconstruction de Jérusalem, à l'Atlantide et au sandwich au boeuf salé parfait, tout cela à la fois - cette entreprise se révélait problématique".

A présent que la guerre est terminée et que la vie normale a repris son cours, Jack peut consacrer une partie de sa fortune pour acheter une vielle maison avec un terrain suffisamment grand pour y établir un green.

Alors, commence cette burlesque mais aussi tragique installation en campagne des Rosenblum. On les appelle d'ailleurs les Rose-in-Blum. Arriver en jaguar est déjà un événement. Qui sont ces "étranges personnes" qui viennent oser construire un circuit de golf. Jack débauche des ouvriers d'un chantier pour s'installer chez lui.

Seulement, le premier trou à peine terminé, le lendemain matin, Rosenblum voit son terrain retourné. Ce serait le cochon du Dorset qui aurait fait les ravages et en aucun cas les villageois.

Jack ne se décourage pas et reprend son travail. Il écrit régulièrement à un célèbre golfeur américain, Bobby Jones, pour avoir des conseils, mais il ne répond à aucune de ses lettres. Courageux, téméraire, faisant tout pour plaire aux villageois  pour les avoir comme alliés et espérant toujours réussir son pari, il continue inlassablement pratiquement jusqu'à se ruiner. Car il néglige son usine et ne peut plus investir pour la moderniser.

Et un jou, il reçoit une notification d'interdiction d'ouverture de son glof. Réglements de comptes... Rosenblum décide de se battre pour obtenir satisfaction. Réussira-t-til, vous le saurez bien sûr en lisant ce livre jusqu'à la dernière page.

Humour très british tout au long du livre, alternant entre rire et pleurs, un livre qui se lit avec un grand plaisir. Grande maîtrise aussi du style qui contribue à faire de ce roman un très grand texte.

Page 311 : "Tandis que Jack continuait à planifier son golf idéal, Sadie lui cnfectionna de nouveaux drapeaux. ll lui donna les modèles déjà existants, afin qu'elle en fasse d'autres à l'identique, mais elle les jugea si mal cousus qu'elle décida de tous les reprendre. Jack alluma la TSF et chacun s'attela à son ouvrage dans un silence tendre et respectueux, chacun concentré sur sa tâche."

 

Car il ne faut pas oublier Sadie, l'épouse dévouée de Jack. Elle le soutient quelle que soit la situation, y compris devant la maison à restaurer pleine de fuites d'eaux, de lieux plus ou moins délabrés...

 

 

L'auteure a dédicacé son livre à son grand-père, car il y a un peu de lui dans ce livre.

Un vrai coup de coeur ce livre que j'ai lu l'an dernier dans le cadre du "prix des lecteurs du livre de poche 2012" et que je n'avais pas présenté sur le blog.

 

Article écrit dans le cadre du mois anglais.

 

 

 

Bonne lecture,

 

Denis

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 21:23

 

Un visage d'ange de Lisa Ballantyne (Belfond - 394 pages - juin 2013)

Traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel

Titre original : The Guilty One (2012)

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Ce livre m'a été envoyé la semaine dernière par Laura d'Artmedia pour le compte des éditions Belfond, me demandant de le lire assez vite car ce livre fait l'objet d'un concours jusqu'à la fin du mois de juin 2013.

Il reste donc quelques jours pour gagner ce livre en allant sur le lien suivant :

https://www.facebook.com/belfond/app_348933715236035?ref=ts

 

Un livre d'une jeune romancière écossaise dont "un visage d'ange" est son premier roman, annoncé par l'éditeur français comme un "livre-phénomène traduit dans plus de 20 pays".

 

 

Le livre est divisé en trois "étapes" : Crimes - Culpabilité - Le jugement

Avec alternance systématique entre passé et présent de chapitre en chapitre.

Et un homme : Daniel avant et maintenant.

Avant, c'est l'époque où Daniel a été enfant puis jeune adulte. Maintenant, c'est quand avocat, il doit défendre un jeune enfant de 11 ans.

En effet, Sebastian (Seb) vit un vrai cauchemar. Alors qu'il jouait avec Benjamin (Ben) un jeune voisin, sur une aire de jeu, les deux enfants se sont battus. Quelque temps après, un homme les a vus à nouveau sur la même aire... et le lendemain matin, le gardien de l'aire de jeu découvre le cadavre de Benjamin.

Sebastian est arrêté, mis en garde à vue, et Daniel est chargé de sa défense. Le sergent Hunter conclut très vite à la culpabilité de l'enfant, puisque l'on a retrouvé du sang de Benjamin sur les vêtements et les baskets de Sebastian.

La conclusion est immédiate : le coupable est trouvé, il n'y a plus qu'à le passer en jugement et le condamner pour crime.

Seulement, Sebastian ne cesse de dire qu'il est innocent. Et il ne veut que Daniel comme avocat.

Alors, Daniel le défend en effet avec conviction le pensant innocent. Pour la plaidoirie devant le tribunal, il prend une consoeur habilitée à plaider, qu'il connait bien pour avoir déjà travaillé ensemble sur une inculpation d'un mineur. C'est toutefois la première fois que lui et Irene sont confrontés à un enfant de 11 ans. On verra la pertinence des remarques d'Irene lors du procès devant le tribunal... Mais quant à l'issue, chut, il faut lire le livre pour les savoir.

Et Daniel, dans tout cela, a eu un parcours différent de cet enfant que l'on dit violent, sans doute parce que ses parents ont des excès de violence également. Mais lui aussi a connu la violence dans son enfance.

Et donc, un chapître sur deux on refait le parcours complet de l'enfance de Daniel difificile et violente aussi.

Sa mère n'a pas pu l'élever à cause de la toxicomanie dont elle a été victime, ce qui fait qu'il a été placé à titre temporaire chez Minnie, une fermière des environs de Newcastle. Elle s'est tout de suite prise d'affection pour l'enfant tandis que Daniel lui se montrait rebelle, la menaçant avec son couteau dès le premier jour, et petit à petit la confiance est venue. Et quand il a fallu parler d'une famille d'accueil, Daniel a refusé et a demandé à Minnie de faire les papiers d'adoption.

Mais sa mère est tout de même restée entre eux, car il a été séparé d'elle brutalement avec interdiction de la voir jusqu'à sa majorité... Il a fugué pour la voir mais Minnie s'est substituée à elle tant bien que mal.

Dès le début du roman, on a compris qu'il y a eu une cassure brutale avec Minnie, car il a refusé de la voir pendant de longues années, ne répondant pas à ses voeux, ne voulant pas lui parler au téléphone... Et il est profondément touché par sa mort. Il va essayer d'avoir des informations sur elle auprès de Harriet, sa soeur...

N'en disons pas plus, il faut attendre les derniers chapitres pour découvrir ce qui a conduit Daniel à s'éloigner à jamais de Minnie...

Ces "histoires parallèles" ne sombrent jamais dans le pathos, c'est la force de la romancière. Le ton est grave, mais la narration est fluide, très bien menée, sachant ménager le suspens.

Un excellent roman à lire et à gagner si possible et que je recommande car fait avec une grande pudeur sur un sujet "horrible", vous imaginez : l'inculpation d'un enfant de 11 ans pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis et pour lequel il risque d'être condammé...

Voici le début du roman :

1 - "Le corps sans vie d'un enfant avait été retrouvé dans Barnard Park"

"Lorsque Daniel sortit de la station Angel pour se diriger vers le commissariat d'Islington, l'air sentait la poudre. On était en plein été, il n'y avait pas un souffle de vent. La lune, invisible, sombrait dans un ciel aveuglant et trouble. L'atmosphère lourde annonçait un orage imminent".

 

Page 29 : "L'idée trottait dans la tête du garçon depuis qu'elle lui avait donné le couteau. Il n'avait pas l'intention de la blesser, non, il voulait lui faire peur. Il voulait qu'elle sache tout de suite à quoi s'en tenir".

 

Page 71 : "Le lendemain matin, Daniel se présenta au commissariat à huit heures cinquante-cinq pour assister à l'arrivée du fourgon de police qui devait emmener son jeune client. Les bras croisés, l'avocat assista au transfert de l'enfant, dont les frêles poignets étaient menottés, de la cellule à l'habitacle grillagé du véhicule".

 

Vous voyez un livre prenant qui fera sans doute couler des larmes, ce que je n'ai pas fait. Le livre est maîtrisé de main de maître. Bravo à l'auteur avec ce premier roamn très prometteur.

J'inscris ce livre dans le mois anglais, car si l'auteure est écossaise, le livre se passe essentiellement à Londres et dans la région de Newcastle

 

 

Bonne lecture (et encore merci à Laura pour cette lecture passionnante)

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 17:17

Voici le courriel reçu ce jour :

 

 

Bonjour,
Je me permets de vous contacter car je suis fan de chats. J'ai cette chance d'en avoir fait mon métier.
Je vous laisse le lien de mon site si vous seriez intéressé http://www.catstore.fr/
Cordialement
Sabrina Bergonzi

 

N'hésitez pas à aller voir le site, passer l'information et au besoin vous faire plaisir en faisant un achat en ligne.

 

Denis et Fabienne

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 20:52

Voici les coups de coeur littéraires de l'équipe du "Monde des Livres" pour un été de lecture.

 

http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/06/20/nos-coups-de-coeur-pour-l-ete_3433216_3260.html

 

Comme le dit en préambule à la sélection, "Le Monde des Livres" de ce vendredi 21 juin 2013 : "en toute subjectivité" les journalistes proposent chacun un coup de coeur parmi les livres parus depuis l'automne 2012.

Voici la liste :

- A moi seul bien des personnages de John Irving (Le Seuil)

- Pour trois couronnes de François Garde (Gallimard)

- Taches de soleil, ou d'ombre (Notes sauvegardées 1952-2005) de Philippe Jaccottet (Le bruit du temps)

- Le vent dans la bouche de Violaine Schwartz (POL)

- La disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel (Editions de Minuit)

- Un jour, nous nous raconterons tout de Daniela Krien (Flammarion)

- L'homme qui savait la langue des serpents de'Andrus Kivirahk (Attila)

- Le maréchal absolu de Pierre Jourde (Gallimard)

- La classe de rétho d'Antoine Compagnon (Gallimard)

- Le hareng et le saxophone de Sylvie Weil (Buchet-Chastel)

- La guerre des saints de Michela Murgia (Le Seuil)

- Les frères Sisters de Patrick deWitt (Actes Sud)

 

12 titres d'horizons littéraires très diversifiés : USA, Sardaigne, Estonie, Allemagne, France, Canada anglais. Des éditeurs également très divers et des thèmes très divers, pour un été qui reste studieux avec de tels livres mais avec des heures de bonheur littéraire.

Pour ma part, je lirai en août le livre de John Irving.

Et vous, que vous inspire cette liste?

 

Bonnes lecture et bon été,

 

Denis

 

PS : pour les amateurs d'essais, il y a également une liste de grande qualité avec George Steiner, Michelle Perrot, Dominique Kalifa, Philippe Lejeune etc... des auteurs de renom.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 20:47

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Voici le quatorzième récapitulatif des articles publiés par Claire, Catherine, Heide, Natiora, Philisine Cave, Minou, Yv, Achille 49, Valentyne, Laure, Angeselphie, Opaline, Philippe, Anis, Malorie, Rosemonde, Lilou soleil et moi-même en "littérature francophone d'ailleurs" selon la géographie que j'ai proposée.
 
Nous sommes ainsi dix-huit.  
 
J'ai également créé sur facebook un groupe littérature francophone d'ailleurs dans lequel vous pourrez mettre vos articles et éventuellement animer un forum de discussion. https://www.facebook.com/groups/314748795298305/
 
 10 nouveaux articles pour cette période : 3 pour la Belgique (Myriam Mallié, Line Alexandre et Una voce poco fa de Sandrine Willems) 1 pour le Canada (Danielle Pouliot), 1 pour le Maroc (Partir de Tahar Ben Jelloun) et 5 pour les auteurs de langue française venus de pays non francophones (Elisa frutier - Brésil, Les mains nues par Denis et Laure,  et l'odeur du figuier de Simonetta Greggio - Italie et Dames de Californie de Joseph Kessel-Russie)
 

1/ Littérature des pays où le français est la langue maternelle des écrivains :

Belgique :

- Compartiment auteurs (Collectif) par Minou

-  Ca ressemble à de l'amour de Line Alexandre par Minou

- Jolie libraire dans la lumière de Franck Andriat par Philisine Cave et Minou   

- Diotime et les lions de Henri Bauchau par Philisine Cave

- L'enfant bleu de Henri Bauchau par Valentyne

-  Comme un roman-fleuve de Daniel Charneux par Minou

-  Saïméri de Béa Deru-Renard et Anne-Catherine de Boël par Catherine    

- Passés imparfaits de Patrick Dupuis par Philisine Cave et Minou

Petits contes amoureux de Gudule et Ribeyron par Catherine

- Trois ombres au soleil de John Henry par Philisine Cave

- Compartiment auteurs par Minou                     

- La dame de l'abeille de Françoise Houdart par Minou

- Bjorn le morphier de Thomas Lavachery par Angeselphie

- La méridienne du coeur d'Aurelia Jane Lee par Minou

- Histoire de culte de Donimique Maes par Minou

- La petite sirène de Myriam Mallié par  Minou    

- Les minutes célibataires de Valérie Nimal par Minou et Philisine Cave

- Barbe bleue de Amélie Nothomb par Natiora et Angeselphie

- Sur la pointe des mots de Marie France Versailles par Minou, Philisine Cave et Laure

- Eros en son absence de Sandrine Willems par Minou

- Una voce poco fa de Sandrine Willems par Minou

 

Suisse :

- La vérité sur l'affaire Harry Quebert par Philisine Cave

- Quidam de Thierry Luterbacher par Natiora

- Le silence d'Ilona de Vincent Philippe par Natiora

Québec et Canada :

- Sous le manteau de silence de Claire Bergeron par Angeselphie

- Les maîtres de la pierre d'Isabelle Berrubey par Opaline

- La constellation du chien de Pascal Chevarie (théâtre) par Catherine

- Kuessipan de Naomi Fontaine par Anis

- Vengeance (Tome 1 : le glaive de Dieu) d'Hervé Gagnon par  Opaline  

- Marraine d'Hélène Koscielniak par Opaline

- Présence de l'absence de Rina Lasnier par Heide

- La vie épicée de Charlotte Lavigne (Tome 1) de Nathalie Roy par Opaline

- La marche en forêt de Catherine Leroux par Denis 

- Les infirmières de Notre Dame (T1 - Flavie) de Maryline Pion par  Opaline

- Le chat de Danielle Pouliot par  Opaline   

- Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier par Opaline

- Les derniers jours de Smokey Nelson de Catherine Mavrikakis par

- Mais qu'est-ce-que tu fais là tout seul de Pierre Szalowski par Philisine

- Ru de Kim Thúy par Minou et Laure

 

2/ Littérature des pays où le français s'est développé comme langue de colonisation, et subsiste comme langue de culture ou de communication :

Afrique Subsaharienne :

- Cheval-roi de Gaston-Paul Effa (né au Cameroun) par Valentyne

- Je la voulais lointaine de Gaston-Paul Effa (né au Cameroun) par Laure

- Solo d'un revenant de Kossi Efoui (né au Togo) par bonheur de lire

- L'étrange rêve d'une femme inachevée de Libar Fofana (né en Guinée) par Claire

- Des fourmis dans la bouche de Khadi Hane (née au Sénégal) par Philisine Cave

- Ecrivain et oiseau migrateur de Alain Mabanckou (né au Congo) par Denis

- Le socle des vertiges de Dieudonné Niangouna (né au Congo) par Denis

- Un fou noir au pays des blancs de Pie Tshibanda (né au Congo) par Angeselphie

 

Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie) :

- Le dernier ami de Tahar Ben Jelloun (Maroc) par Heide

- Partir de Tahar Ben Jelloun (Maroc) par  Valentyne   

- Puisque mon coeur est mort de Maïssa Bey (Algérie) par Denis

- La bohémienne endormie d'Hubert Haddad (Tunisie) par Minou

- L'automne des chimères de Yasmina Khadra (Algérie) par Angeselphie

- L'équation africaine de Yasmina Khadra (Algérie) par Heide

- Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra (Algérie) par Heide, Minou et Philisine Cave



Pays de la péninsule indochinoise (Vietnam, Cambodge, Laos) et Chine, Taïwan :

- Formose de Li-Chin Lin (Taïwan) (B.D.) par Catherine

3/ Littérature des îles

Iles créoles :

Antilles :

- Une saison au Congo d'Aimé Césaire par Denis

- La lessive du diable de Raphael Confiant par Denis

Haïti :

- Le charme des après-midi sans fin de Dany Laferrière par Natiora

- Les immortelles de Makenzy Orcel par Philisine Cave et Yv

Iles de l'océan indien :

 

4/ Ecrivains qui ont choisi de s'exprimer en français (et qui ne viennent pas de ces pays)

 

- Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire (Pologne) par Catherine 

- Sur les traces des sans visage d'Elisa Frutier (Brésil) par  Laure 

- La vie devant soi de Romain Gary (Russie) par Laure

- La montagne de jade de Xiaomin Giafferi-Huang (Chine) par Minou

- Col de l'ange de Simonetta Greggio (Italie) par Laure

Les mains nues de Simonetta Greggio (Italie) par Laure et Denis

L'odeur du figuier de Simonetta Greggio (Italie) par Minou

- L'armée de l'ombre de Joseph Kessel (Russie) par Laure

- Les cavaliers de Joseph Kessel (Russie) par Valentyne

- Mermoz de Joseph Kessel (Russie) par Denis

- Dames de Californie de Joseph Kessel (Russie) par Denis   

- L'équipage de Joseph Kessel (Russie) par Heide  

- La passante du sans-souci  de Joseph Kessel (Russie) par Valentyne     

- La vallée des rubis de Joseph Kessel (Russie) par lilou soleil

- Les désorientés d'Amin Maalouf (Liban) par Natiora

- Le livre des brèves amours éternelles d'Andréï Makine (Russie) par Minou

- Qui a tué le poète? de Luis de Miranda (Portugal) par Laure    

- La femme aux pieds nus de Scholastique Mukasonga (Rwanda) par Philisine cave

- Lira bien qui lira le dernier d'Hubert Nyssen (Belgique) par Laure

- Maudit soit Dostoïevski de Atiq Rahimi (Afghanistan) par Valentyne

- Syngué Sabour, pierre de patience de Atiq Rahimi (Afghanistan) par Heide

- La malédiction de Hyam Yared (Liban) par Yv

 

Pour ce qui concerne Catherine, je renvoie à sa géographie qu'elle a construite à partir de ses anciens articles. J'ajoute à présent ses nouveaux articles.

 

N'hésitez pas à nous rejoindre car il n'y a aucune contrainte à adhérer à notre "communauté". Uniquement, m'informez quand vous publiez un article sur un auteur francophone (hors français de métropole).

 Et merci pour votre participation à la lecture commune d'avril 2013 à partir d'une oeuvre de Joseph Kessel .

Cette lecture de Joseph Kessel est prolongée en mai 2013

 

Bonnes lectures francophones,

Denis

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:00

 

Les joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare (GL Flammarion)

Traduit de l'anglais par François-Victor Hugo

Titre original The Merry Wives of Windsor

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La reine Elisabeth 1ère aurait demandé à Shakespeare de faire une nouvelle pièce où réapparaîtrait le personnage de Falstaff  présent dans la pièce Henri IV.

 

Ce personnage, Sir John Falstaff, très imposant, a offensé le juge Shallow et a volé Slender. Il doit être puni pour cela. Il s'en sort plutôt bien mais il souhaite surtour courtiser deux bourgeoises (les commères) de Windsor. Pour ce faire, il envoie deux lettres d'amour identiques à Mistress Page et Mistress Gué, changeant juste le nom.

Les deux femmes se rendent comptent de la supercherie et entendent bien faire une farce au brave homme.

Mr Gué apprenant que sa femme va avoir un rendez-vous avec Falstaff tente de le surprendre mais sa femme avertie de sa venue, cache Falstaff dans une malle de linge et le fait sortir ainsi de la maison. Gué n'en reste pas là et se fait passé pour Maître Fontaine auprès de Falstaff, ce qui lui permet de tout savoir sur ses subterfuges.

Une deuxième rencontre va être organisée et cette fois l'homme doit se déguiser en femme pour se faire passer pour une sorcière et se faire sortir de la maison à l'arrivée de Gué.

Une troisième rencontre sera organisée pour ridiculiser définitivement Falstaff. Cette fois, il est déguisé avec des cornes de cerf sur la tête et des lutins et fées vont le tourner en dérision. Gué lui révèle alors qu'il est également Maître Fontaine et que lui va coucher avec Mistress Gué.

Une autre intrigue court au long de cette comédie en 5 actes, celle du mariage d'Anne Page. Trois prétendants, rien de moins : le Docteur Caïus, médecin français zozotant, Slender et Fendon. Chacun des époux Page a sa préférence mais Anne aime le troisième Fendon et va tout faire pour l'épouser à l'insu de ses parents.

 

C'est là une pièce très plaisante, bien écrite, subtile. Deux des personnages sont des "étrangers", le Dr Caïus et le gallois Sir Hugh Evans qui prononce assez mal l'anglais.

Deux êtres qui se différentient par leurs anomalies langagières.

C'est sans prétention, juste pour s'amuser, comme une farce du Moyen Age, Falstaff état bien sûr, plus que les "commères" au centre de l'intrigue.

Verdi ne s'y est pas trompé en adaptant "Les joyeuses commères de Windsor", sous le titre de "Falstaff", en 1893.

 

Une pièce à lire pour se rappeler que, tel Molière, un peu plus tard, Shakespeare a pu écrire autant des drames que des comédies.

 

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Lecture faite dans le cadre du mois anglais avec une lecture commune ce 20 juin 2013 autour des oeuvres de Shakespeare

 

 

 

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 16:18

 

Maurice Nadeau vient de décéder (le 16 juin 2013) à l'âge de 102 ans.

J'ai eu l'occasion de le présenter longuement, il y a quelques mois à l'occasion de la lecture d'un livre d'entretiens passionnant : "Une vie en littérature".

 

Je vous renvoie à cet article pour faire plus ample connaissance avec ce grand découvreur de littérature.

Son dernier combat aura été de sauver "La Quinzaine Littéraire", la revue littéraire qu'il a créée en 1966.

Editeur, journaliste, découvreur d'écrivains... il fut un acteur majeur de la littérature dès les années 1930. Et pourtant, rien ne le prédisposait à devenir un passionné des livres et des auteurs de demain...

Il dit, dès le début de ses entretiens avec Jacques Sojcher : "Une bibliothèque paternelle? Vous voulez rire ! Trois rayonnages derrière un rideau rouge sur le palier du premier étage. Mon père n'avait pas le temps de lire, ma mère était une bonne à tout faire illettrée."

Son père meurt à Verdun... on ressent ici un destin à la Camus...

Et puis, il est devenu un incontournable de la littérature en train de se construire, toujours avec humilité et audace, sachant que ses jeunes écrivains deviendraient des "grands" qui connaitront ensuite la gloire chez les éditeurs de renom : Céline, David Rousset, Samuel Beckett, Claude Simon, Henry Miller...

Saluons la mémoire de Maurice Nadeau, qui va manquer à la littérature contemporaine.

 

Denis

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 12:29

 

 

Lundi ou Mardi (Monday or tuesday) de Virginia Woolf

(Gallimard - bilbiothèque de la Pléiade - Tome 1 - Oeuvres romanesques)

Traduit de l'anglais par Michèle Rivoire (nouvelle traduction pour la Pléiade)

 

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Ce recueil ne semble pas être disponible en édition de poche mais uniquement dans des "compilations" de ses oeuvres comme la Pléiade ou des collections "romans et nouvelles".

 

Virginia Woolf écrit ses nouvelles fin des années 1910, début des années 20, séparément avant d'être réunies en volume en avril 1921.

Ce sont avant tout des "expérimentations littéraires" que nous livre là l'auteure. La peinture post-impressionniste et la musique ont notamment été à l'origine de certaines de ces nouvelles. Virginia Woolf semble ici nous donner un "work in progress".

Elle s'interroge sur le style littéraire, sur les thèmes de romans à aborder, sur le langage littéraire aussi au travers de ses "innovations" qu'elle insère dans ce recueil.

C'est l'époque de la Recherche du temps perdu de Proust, de l'Ulysse de Joyce et on sent que Virginia Woolf est inscrite dans une "recherche littéraire", avec ces exercices de style contenus dans ses 8 nouvelles, richement illustrées par sa soeur Vanessa Bell.

 

 

 

"Le cercle de la Pléiade" présente de belle manière ce recueil avec des extraits de 3 nouvelles, que je vous laisse le soin de découvrir sous ce lien :

 

 http://www.la-pleiade.fr/La-vie-de-la-Pleiade/Les-aventures-du-texte/Virginia-Woolf-Lundi-ou-mardi

 

J'ai souvent pensé à Nathalie Sarraute en lisant ce recueil par les recherches sur le langage par exemple. Virginia Woolf précurseur du "nouveau roman", je pense qu'on peut l'affirmer.

D'ailleurs, là aussi, je vous renvoie à un article passionnant ici :

 

http://www.site-magister.com/nouvrom.htm

 

Je me suis beaucoup intéressé à ce courant littéraire si bien que ce recueil ne m'a pas "choqué". Il faut simplement se laisser porter par ses images, par ses "audaces" littéraires". On sent que la "grande guerre" l'a marquée car elle y fait de furtives et fréquentes allusions. Début 1921, la traité de paix de Versailles est ratifié et elle y fait référence par deux fois. Elle parle aussi de ces femmes hantées par la mort de leur mari et de leurs exhortations pour les faire revivre mentalement. La folie n'est pas très loin non plus.

8 nouvelles dont deux qui sont des poèmes en prose : Lundi ou mardi (qui donne son nom au recueil, bien que le texte tienne sur deux pages) et "bleu et vert".

On peut difficilement résumer chaque nouvelle car leur unité tient dans leur originalité.

La première, par exemple, "une maison hantée" parle d'une maison d'où l'on sent la présence de fantômes et le passé ressurgit pour la narratrice.

Voici le début : "Quelle que fût l'heure à laquelle on se réveillait, on entendait une porte se fermer. D'une pièce à l'autre, main dans la main, ils allaient, soulevant ceci, ouvrant cela, vérifiant - un couple fantôme".

 

La 2e nouvelle plaira aux féministes, je pense, car elle met à mal les hommes qui sont depuis toujours "dominateurs" et qui notamment ont "écrasé" la littérature.

A l'origine du questionnement d'un cercle d'amies ceci : (page 833) " ... il faut dire que Poll a toujours été un peu bizarre. Son père lui-même était d'ailleurs un homme singulier. Il lui avait légué une belle fortune, mais à la condition qu'elle lise tous les livres de la London Library."

(remember : library = bibliothèque ; bookshop = librairie in english).

La pauvre Poll va "follir" avec tous ces bouquins à ingurgiter, dominés par les hommes. Et le groupe de dire "Nous, nous peuplons le monde. Eux, ils le civilisent".

Ainsi, elles deviennent "questionneuses" pour vraiment déterminer si les hommes dominent vraiment le monde... Beaucoup d'ironie dans cette nouvelle avec ces jeunes femmes "naïves" qui n'ont même pas vu arriver la guerre en 1914... Castalia a une fille et son amie lui dit (page 847) : "- Sans erreur, tu pourrais lui enseigner qu' l'intelligence d'un homme est et sera toujours, par nature, supérieure à celle d'une femme?".

Ouf, pour moi, c'est une femme écrivain qui ose l'écrire... Comme quoi, l'auteure sait tourner le monde en dérision.

 

Je ne détaillerai pas toutes les "inventions" de ce recueil, tellement il est foisonnant, déroutant, parfois ténébreux. La musique apparait avec la nouvelle "le quatuor à cordes" et la peinture avec "Bleu et vert", sans oublier la littérature en construction avec "Un roman à écrire".

 

Justement, un dernier extrait, avec le début de cette nouvelle : (page 851) "A elle seule la tristesse profonde qui se peignait sur le visage de la pauvre femme vous forçait à glisser un coup d'oeil par-dessus la page de votre journal pour le regarder - visage insignifiant à part cette expression, presque un symbole de la destinée humaine. La vie, c'est ce que l'on voit dans les yeux des autres; c'est ce qu'ils apprennent, et une fois acquis, ils ont beau essayer de la cacher, ce savoir ne les quitte jamais - savoir sur quoi? Sur la vie comme elle va, semble-t-il."

 

Rien que pour des phrases comme celle-là, on a envie d'aimer la littérature âpre et intelligente de Virginia Woolf. On a envie de lire quelques mots arrachés à son phrase, chaque soir avant de s'endormir...

 

Bonne lecture

 

Denis

 

Texte lu dans le cadre du mois anglais :

 

et aussi pour commencer le challenge Virginia Woolf de Lou

 

 

 

A suivre... le  30 juin avec la lecture commune que j'ai initiée de"Virginia Woolf" par Viviane Forrester

 

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