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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 17:48
Kafka sur le rivage de MURAKAMI Haruki (10/18)

Kafka sur le rivage de MURAKAMI Haruki

(10/18 - 638 pages - juin 2007)

Traduit du japonais par Corinne Atlan

Titre original: Umibe no Kafuka (2003)

Première édition française : Belfond 2006

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Cartésiens de tout poil, passez votre chemin. Ce roman n'est pas fait pour vous, sauf si comme moi, vous êtes curieux en littéraire et n'hésitez pas à vous "mettre en danger", bousculant alors votre "confort" littéraire.

Car ce roman qui a eu un grand succès de librairie se joue de tous les genres pour nous emmener dans les tréfonds des rêves et des fantasmes.

Laissez-vous porter par les mots de MURAKAMI avec en fonds d'oreille la bande sonore du roman qui passe sans soucis de Coltrane à Beethoven entre autre. N'oubliez pas d'avoir à côté de vous l'oeuvre de Kafka, de Soseki, sans oublier les "Contes des mille et unes nuits".

 

Un jeune garçon, Kafka Tamura (un pseudonyme) se doit de s'enfuir de chez lui le jour de ses quinze ans pour affronter la tempête de la vie, influencé par le "garçon nommé corbeau". 

Il part donc en autocar pour une nuit de route vers l'île de Shikoku. 

Une jeune fille, Sakura, qui pourrait être sa sœur l'aborde lors de la halte sur l'autoroute et termine le voyage à ses côtés. A l'arrivée elle lui donne son numéro de téléphone.  

Il passe sa première journée à la bibliothèque privée de la fondation Komura, propriété d'une riche famille. 

Nakata est idiot depuis 60 ans après un évanouissement collectif d'une classe en 1944. Il est le seul à être resté évanoui plusieurs jours. Il sait parler avec les chats et l'un d'eux qu'il surnomme Otsuka lui dit que son ombre est plus mince que celle des autres humains comme s'il lui manquait la moitié de son corps. Quand il est revenu de son évanouissement au bout de deux semaines Nakata était amnésique ne se souvenant pas de son chat qu'il admirait pourtant. 

Kafka vient de subir un moment d'inconscience et se réveille avec du sang qui n'est pas le sien. Quant à  Nakata il apprend d'une chatte Mimi qu'un grand homme à chapeau et bottes de cuir tue des chats dans le secteur. 

Sakura écoute Kafka raconter son histoire et l'héberge pour une nuit et le lendemain il raconte une autre partie de son histoire à Oshima, le jeune homme qui travaille à la bibliothèque et il l'emmène loin d'ici en pleine forêt où il a hérité d'une cabane. Kafka pourra y rester deux ou trois jours avant qu'il lui trouve une solution de travail à la bibliothèque avec hébergement. 

Nakata est guidé par un chien jusqu'à l'homme qu'il recherchait comme tueur de chats. Il le voit tuer des chats devant lui et lui dit que quand il en aura assez qu'il le tue. C'est ce qu'il fait avant qu'il ne tue la chatte qu'il cherche désespérément. 

Kafka rentre avec Oshima pour s'installer comme promis à la bibliothèque où il pourra travailler. Oshima lui parle alors de Melle Saeki la responsable de la bibliothèque. Elle a aimé un des fils Komura dans sa jeunesse au point d'écrire une seule chanson qui a eu un succès fou "Kafka sur le rivage". 

Vous aurez compris que deux histoires parallèles se déroulent sous nos yeux. Kafka nous parle, au présent, de son vécu alors que l'histoire de Nakata qui se déroule dans le même temps, suppose-t-on (car il n'y a aucunes certitudes dans ce roman), est racontée par un narrateur qui parle au passé, comme pour prendre du recul.

Tel un métronome, le roman alterne les deux histoires un chapitre sur deux pendant plus de 600 pages et 49 chapitres.

L'écrivain Kafka est cité car bien sûr le titre nous renvoie vers cet auteur de l'absurde et tout semble bien absurde dans ce roman où il peut pleuvoir des poissons ou des sangsues, un homme est capable de parler avec une pierre. On peut tuer sans le savoir. Des fantômes apparaissent prenant parfois la forme de personnages "connus" : le capitaine Sanders ou Johnny Walken. Bien d'autres artifices, telle cette pierre qui peut être légère ou très lourde selon les moments, des ténèbres en pleine forêt... viennent aussi rompre avec la rationalité de la vie.

Kafka en tchèque veut dire "corbeau" ! Etonnant, non !

J'ai fait cette lecture avec Marjorie Littérature sous forme d'une "lecture commune" où presque tous les jours nous avons échangé via messenger nos impressions. Et nous avons eu le même sentiment du 'roman inachevé", qui donne des pistes de réflexion sur l'initiation à la vie d'un adolescent à travers les scènes "fantastiques" qui se succèdent dans le roman.

Nos mots pour résumer le livre : perplexité, scepticisme, étonnement !

Un drôle de livre pas drôle du tout !

A lire pour entrer dans un univers où la philosophie, la psychanalyse entrent en scène pour nous proposer une "interprétation" de la vie ! Sachant que nos questions resteront certainement sans réponses.

Bonne lecture,

Denis

 
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:30
Pêcheur d'Islande de Pierre Loti (Folio)

 

Pêcheur d'Islande de Pierre Loti (Folio - 340 pages)

Edition présentée et annotée par Jacques Dupont

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Yann est un des six marins embarqué sur la "Marie" pour l'expédition annuelle de six mois en mer d'Islande.

A terre, ici à Paimpol, on les appelle les islandais. Ils font fureur auprès des filles quand ils sont à terre. Gaud a repéré Yann, le grand, ami comme frère avec Sylvestre. Elle est amoureuse de lui mais il semble ne pas s'en rendre compte. Ils ont dansé ensemble puis il l'a ignorée par la suite repartant ce mois de mai pour les mers d'Islande sans imaginer combien elle se languit de lui. 

Sylvestre est appelé pour le service militaire et il part pour la Chine en tant que gabier. C'est le temps de la guerre du Tonkin et il attend avec impatience le moment du combat. Il apprend alors que le père de Gaud est mort brutalement. Finie la fortune et elle va devoir travailler l'éloignant encore plus de Yann. 

P. 139- début du chapitre : "Il avait pris le large emporté très vite sur des mers inconnues, beaucoup plus bleues que celle de l'Islande. // Le navire qui le conduisait en extrême Asie avait ordre de se hâter, de brûler les relâches.  // Déjà il avait conscience d'être bien loin, à cause de cette vitesse qui était incessante, égale, qui allait toujours, presque sans souci du vent ni de la mer. Etant gabier, il vivait dans sa mâture, perché comme un oiseau, évitant ces soldats entassés sur le pont, cette cohue d'en bas". 

Le très vaillant Sylvestre se fait tirer dessus et le retour en bateau n'a plus le goût du voyage plein d'espoir car celui-ci le conduit vers la mort. 

P. 165 : "A bord de ce transport qui allait partir, on le coucha dans l'un des petits lits de fer alignés à l'hôpital et il recommença en sens inverse sa longue promenade à travers les mers. Seulement, cette fois, au lieu de vivre comme un oiseau dans le plein vent des hunes, c'était dans les lourdeurs d'en bas, au milieu des exhalaisons de remèdes, de blessures et de misères."

Yann et Gaud vont-ils finir par se marier et vivre le parfait amour, dans ce monde difficile où l'apprentissage de la vie passe par le travail difficile, la douleur et l'angoisse.

Toutes les femmes "d'islandais" passent 6 mois de l'année à s'angoisser et à attendre le retour du bateau qui va leur rapporter leur "homme". Et eux attendent aussi le retour après ces mois difficiles pour revoir les leurs, pour courir les filles s'ils sont libres...

Pierre Loti, que l'on classe sans difficultés dans la catégorie des "écrivains-voyageurs" a, avec ce roman, rompu avec sa manière d'écrire des récits de voyages accomplis par lui-même.

On est beaucoup à terre dans ce roman mais on voyage par la pensée avec Yann ou Sylvestre dans leur "épopée" en mer d'Islande. Passe aussi la tragédie des jeunes appelés au Tonkin pour y faire une guerre "inutile" (si l'on ose dire que les guerres peuvent être utiles !).

"Pêcheur d'Islande" a été publié en 1886.Sa riche documentation a permis aux lecteurs de découvrir la vie difficile des pêcheurs bretons.

Ce livre a été considéré comme le "chef d'oeuvre" de Pierre Loti (1850-1923).

Ernest Renan a écrit : "Ces pêcheurs d'Islande sont mes cousins et arrière-cousins... Bréhat, Paimpol, Lézardieux et Plourivo sont peuplés du vieux clan d'où je sors. Vous les avez peints à merveille, cher et admirable artiste que vous êtes".

Une très belle plume qui sait être tragique (en mer ou dans l'attente du retour) ou romantique (les amours nés ou à naître). Un style pur et efficace dans la veine réaliste du XIXe siècle pour le plus grand plaisir de lecture. Jusqu'à la fin, on espère toujours une lueur de bonheur dans cette Bretagne ouverte au monde extérieur.

A lire sans modération.

Ce livre s'inscrit bien sûr dans ma thématique 2017 "Eloge du voyage - écrivains-voyageurs".

Bonne lecture,

Denis

 

 

Pêcheur d'Islande de Pierre Loti (Folio)
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 17:06
Le mobile de Javier Cercas (Actes Sud)

Le mobile de Javier Cercas

(Actes Sud - 90 pages - novembre 2016)

Traduit de l'espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic

Titre original : El Movil (1987 puis 2003)

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L'auteur nous informe en fin de volume que ce livre est paru initialement en 1987 et comprenait 5 récits. Après relecture 15 ans plus tard, Javier Cercas a décidé de ne garder que ce texte. Il vient d'être traduit et publié en France cet automne, après que 7 livres de l'auteur aient été publiés depuis 2002 par Actes Sud.

Alvaro rêve d'être écrivain, lui qui est fasciné par Gustave Flaubert. Il est employé dans un cabinet juridique et quand il rentre dans son immeuble il ne pense qu'à écrire. Mais écrire quoi?

Il connaît bien peu de monde et se dit qu'il se doit absolument de raconter des "choses vues" car il n'a pas vraiment d'imagination.

Page 9 :  "Il avait subordonné sa vie à la littérature ; ses amitiés, ses intérêts, ses ambitions, son avancement professionnel ou l'amélioration de ses finances, ses sorties dans la journée ou la soirée, tout s'était vu relégué au bénéfice de celle-ci".

 

Alors, il se dit que les habitants de son immeuble qu'il ne connaît pas pourraient servir de modèles à ses personnages, à commencer par la concierge qui est censée tout savoir sur tout le monde. Il n'hésite pas à la séduire et même à coucher avec elle dans ce but.

Il se met aussi à épier ses voisins, à les écouter comme il le peut.

Page 38-39 : "Alvaro s'asseyait sur la lunette des toilettes et tendait l'oreille en retenant son souffle. Dans la fourmilière matinale de l'immeuble, il les entendait se lever, réveiller les enfants, préparer et prendre le petit-déjeuner. (...) Dans le silence de la nuit, il l'entendait, elle, qui riait de plaisir, ou il surprenait les murmures des conversations dans la pénombre paisible de leur chambre ; puis, les respirations saccadées, les gémissements, le grincement en rythme du lit, et le silence immédiatement après. Un matin, il les entendit rire ensemble sous la douche..."

 

Vous aurez compris qu'il y a beaucoup d'humour dans ce court récit. Alvaro va se rendre aimable avec chacun, engageant la conversation avec presque tous ses voisins alors qu'il ne parlait quasiment jamais avant d'entreprendre son grand oeuvre littéraire !

 

Une lecture stimulante et fort agréable pour découvrir ou approfondir sa connaissance de l'oeuvre de Javier Cercas, né à Caceres en 1962.

 

Bonne lecture,

Denis

Le mobile de Javier Cercas (Actes Sud)
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 17:46
Comme l'ombre qui s'en va d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)

Comme l'ombre qui s'en va d'Antonio Muñoz Molina

(Le Seuil - 440 pages - Août 2016)

Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon

Titre original : Como la sombra que se va (2014)

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"Mes jours sont comme l'ombre qui s'en va et moi comme l'herbe qui a séché." (Psaume CII)

Puis le roman débute ainsi : "La peur m'a réveillé immergé dans la conscience d'un autre; la peur et l'intoxication par les lectures et les recherches. C'était comme ouvrir les yeux dans une pièce autre que celle où je m'étais endormi. Dans mon éveil persistait la panique d'un rêve."

 

Un livre très ambitieux, plus qu'un roman assurément. L'auteur aura mis près de 30ans pour venir à bout de son projet.

Tout a commencé au tout début de l'année 1987.quand Antonio Muñoz Molina a décidé de partir en "repérage" à Lisbonne pour y achever son roman "Un hiver à Lisbonne". C'est alors qu'il trouve des traces du passage de James Earl Ray en 1968 peu après qu'il ait assassiné Martin Luther King à Memphis (USA). L'homme est arrivé à Lisbonne sous une fausse identité : Ramon George Sneyd et s'est installé à l'hôtel "Portugal".

L'écrivain va alors déambuler dans Lisbonne avec deux projets en tête : trouver l'inspiration des lieux pour acheter un roman qu'il n'arrive pas à terminer puis aller sur les traces d'un assassin pour en faire peut-être un jour un roman.

Antonio Muñoz Molina a quitté sa famille pour quelques jours alors que sa femme vient d'accoucher d'un enfant. Il culpabilise tout en sachant qu'il a besoin de sortir de son milieu familial et de son travail de fonctionnaire.

Il refait alors sur site et mentalement le long parcours de James Earl Ray qui l'a mené de la délinquance et de la prison au meurtre d'un homme qu'il ne connaissait même pas. Un certain Raoul pourrait être derrière tout cela. De manière décousue et au fil des années jusqu'à la rédaction de ce roman dans les année 2010, l'auteur taille son sillon pour essayer de comprendre pourquoi cet homme a tué à Memphis le 4 avril 1968.

Pas de linéarité dans ce roman. On suit les errances de l'auteur dans ses pensées et ses voyages. Il relit les journaux, les témoignages, rencontrent quelques personnes qui ont rencontré ou croisé James Earl Ray au Canada, à Londres, à Barcelone, à Memphis lors de sa longue cavale de deux mois avant d'être arrêté à Londres.

On lit le roman comme si l'on était aux côtés d'Antonio Muñoz Molina sans trop savoir où conduiront les lectures, les rencontres. Un roman de "work in progress" qu'il faut lire lentement. De toute façon on ne peut pas aller vite car les pages sont denses, sans aucuns dialogues. Les pensées arrivent brusquement au détour d'une page ou d'une rue... Il n'y a pas de vérités dans ce livre car tout peut être remis en cause y compris les propres convictions de l'auteur.

Un livre très "psychologique" voire "philosophique". Un livre de grande qualité littéraire à lire sans précipitation.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Comme l'ombre qui s'en va d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 20:57
Citation d'Albert Camus sur le bonheur contre le destin
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 15:19
L'homme de la montagne de Joyce Maynard (10/18)

L'homme de la montagne de Joyce Maynard

(10/18 - septembre 2015 - 356 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original :After Her (USA - 2013)

Première éditions France : Editions Philippe Rey (2014)

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Ce livre m'a été offert par Stéphanie Vanhove à l'occasion du Noël 2015 des "readers". J'avais découvert cette auteure avec "Long week-end" qui m'avait laissé sur ma faim. J'ai donc récidivé avec ce roman qui cette fois-ci, m'a conquis de la première à la dernière page.

 

La narratrice avait quatorze ans quand elle a voulu faire la morte avec sa sœur Patty. Des corbeaux sont arrivés avec un cri épouvantable qui les a fait s'enfuir à grande vitesse.

Ainsi débute le roman par ce prologue. 

La famille vivait au nord de San Francisco avec un père policier. Patty parlait peu dans son enfance et était deux ans plus jeune que son aînée née en 1968. 

Elles adoraient leur père qui leur donnait des "armes" pour se défendre contre tout risque d' agression. Puis il est parti vivre avec une autre femme. 

Seules avec leur mère les fillettes se promènent longtemps et souvent tard dans la montagne rencontrant des couples amoureux, observant la nature et s'initiant toutefois simplement à la vie avec amusement et avidité. 

Une jeune fille a été retrouvée morte, nue et violée, dans la montagne. C'est leur père qui enquête et les deux sœurs en sont fières. La seule difficulté est de ne rien dévoiler depuis les camarades de classe très inquisiteurs. 

Dans les semaines qui ont suivi trois autres jeunes filles ont été violées et assassinées, montrant que l'on a affaire à un serial-killer. La tension et l'angoisse sont à leur maximum. 

A l'automne on est à six meurtres et toujours pas de coupable. Rachel a  maintenant un petit ami, Teddy Bascom. Mais elle n'a pas encore ses règles et peu de poitrine. 

Il l'initie à la sexualité d'abord par des attouchements. 

Noel est arrivé et les meurtres continuent. Rachel fait régulièrement des rêves de viols. La peur domine la région. 

Et au terme d'un de ses rêves elle est certaine que le tueur est Mr Armitage.  Mais sa théorie ne tient pas la route.

Les meurtres continuent à terroriser la population et la police se montre impuissante. Mais Rachel ne lâchera rien pour retrouver l'assassin...

En parallèle à l'enquête policière suivie de très près par les deux adolescentes, on entre dans leur psychologie, leurs fantasmes, leur révélation de la "vraie vie", celle où tout est possible, le meilleur comme le pire.

L'écriture de Joyce Maynard est toujours d'une grande limpidité et l'on prend un réel plaisir de lecture.

Un excellent roman en résumé à lire assurément.

Bonne lecture,

Denis

 

 

L'homme de la montagne de Joyce Maynard (10/18)
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 18:07
Citation d'Hermann Hesse sur l'amour plus fort que la violence
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:40
Nouvelles et souvenirs d'Isabelle Eberhardt (Editions Eternel)

Nouvelles et souvenirs d'Isabelle Eberhardt

(Editions Eternel - 270 pages - mai 2016)

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Les Editions Eternel ont publié une anthologie des oeuvres d'Isabelle Eberhardt (1877-1904), écrivaine et voyageuse franco-suisse.

Elle arrive en Algérie en 1897 et en fera sa nouvelle patrie, se mariant avec un algérien, lui permettant de revenir dans le pays en 1900 après avoir été expulsée. Elle a partagé la vie des nomades et a transcrit ses expériences dans des nouvelles et des souvenirs essentiellement publiés après sa mort tragique à 27 ans lors de la crue d'un oued à Aîn Sefra.

Ainsi, ce livre reprend des textes publiés dans les recueils "Dans l'ombre chaude de l'Islam" (1921) et "Pages d'Islam" (1932) aux éditions Eugène Fasquelle.

33 nouvelles et 6 récits (souvenirs) constituent ce livre qui permet d'approcher la vie en Algérie au tournant du XXe siècle.

 

L'auteur nous présente quelques personnalités algériennes plus ou moins appréciées de leur entourage. Ils étaient marabouts, mages, meddahs ou talebs, vivant à Alger ou dans les montagnes. 

Les femmes, surtout de jeunes prostituées, trouvent l'amour sur leur chemin. Des amours contrariés car l'amant finit par quitter la ville, promettre de revenir et ne jamais retrouver celle qu'il aimait. Ces femmes sont alors dans l'attente déçue et se morfondent dans le chagrin. 

Un fellah, pauvre car dépossédé de ses terres, brûle la récolte du colon qui l'employe. C'est un "brave homme" mais indirectement il représente l'état colonial. 

L'Algérie est un lieu de bagne pour les français condamnés, essentiellement des militaires. 

Et il y a les algériens qui se font soldats car on leur a honteusement promis qu'ils seront exonérés d'impôt en abandonnant ainsi leur famille. Il finissent par la ruiner en ne l'aidant plus à produire les biens de la terre. 

Le racisme envers les "indigènes" est fréquent chez les colons. 

Un russe Dmitri a quitté l'Europe pour venir sous couvert de la légion en Algérie. Puis voulant être plus libre il est devenu ouvrier, a aimé une servante qui a dû se marier promise par son frère à un arabe. Quand le mari apprit que les deux amants se voyaient en cachette il a tué sa femme. Dmitri s'est alors résolu à retourner dans la légion. 

Un légionnaire allemand s' est senti abandonné de tous et a préféré se donner la mort. 

L'amitié entre arabes et français est possible, ce que montre l'auteur. 

 

Voici quelques thèmes et récits qu'Isabelle Eberhardt, avec pudeur et par petites touches, nous a révélés au hasard de ses rencontres. Elle ne fait pas pour autant de concessions, sachant montrer les travers des uns et des autres. Les femmes n'ont pas le très bon rôle dans cette société "machiste".
Dans ses souvenirs, l'auteure nous dit son besoin d'errance et de vagabondage :
Page 218 : "Un droit que bien peu d'intellectuels se soucient de revendiquer, c'est le droit à l'errance, au vagabondage. /Et pourtant, le vagabondage, c'est l'affranchissement, et la vie le long des routes, c'est la liberté. / Rompre un jour bravement toues les entraves dont la vie moderne et la faiblesse de notre cœur, sous prétexte de liberté, ont changé notre geste, s'armer du bâton et de la besace symbolique, et s'en aller ! "
Autres impressions page 232 : "J'ai retenu ce propos d'un marin, dit sur un ton à la fois résigné et sentencieux "La mer, il n'y a dessus que les fous et les pauvres". / Certes, ceux qu'il appelait les pauvres sont les vrais marins, soumis au perpétuel danger et à la plus dure des vies. Quant aux "fous", ce sont tous les rêveurs et les inquiets, tous les amoureux de la chimère, tous ceux qui, comme nous, "s'embarquent pour partir", les émigrants et les espérants."
 
Un excellent livre tout en sobriété pour nous rappeler combien grande fut cette femme écrivain-voyageur.
Merci à l'éditeur de m'avoir envoyé ce livre pour le lire et le présenter ici sur le blog.
Un éditeur à suivre, qui publie des classiques oubliés. Le catalogue contient actuellement quatre livres.
 
Une belle manière de commencer cette année 2017 que je place sous le signe de la littérature et le voyage sous toutes ses formes (voyage d'agrément, exil, voyage contraint etc...)
Bonne lecture 

 

 

Nouvelles et souvenirs d'Isabelle Eberhardt (Editions Eternel)
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 17:25
Le temps des capétiens de Claude Gauvard (PUF)

Le temps des capétiens (Xe - XIVe siècle)

de Claude Gauvard

(PUF - collection "Une histoire personnelle de la France

- juin 2013 - 190 pages)

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Claude Gauvard, professeure émérite d'histoire du Moyen Age à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a créé cette collection "Une histoire personnelle de la France", qui permet en moins de 200 pages de parcourir de façon claire et synthétique, une période historique.

Voici comment est présentée la collection en 4e de couverture : "Parce qu'apprendre, c'est comprendre, un grand spécialiste livre sa lecture propre d'un pan de notre histoire".

En quelques heures de lecture passionnante, on peut revisiter ici le "temps des capétiens", qui débute en 987 avec le premier roi de cette dynastie : Hugues  1er, dit Capet, 987-996 ; pour se terminer avec Charles IV le Bel, 1322-1328.

Ainsi donc, un peu plus de trois siècle de 987 à 1328, la France en train de se construire aura été dirigée par les Capétiens. Ils se situent entre les Carolingiens et les Valois.

Les derniers ont été parfois appelés les "rois maudits", en référence à une prédiction qu'aurait prononcée le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, au moment d'aller au bûcher "Dieu vengera notre mort".

Notons parmi ces rois, Philippe Auguste, Saint Louis (Louis IX) ou Philippe IV le Bel.

C'est une longue époque pendant laquelle l'essor économique et intellectuel ont été fulgurants. La population du royaume a triplé et les guerres ont été "contenues".

Parmi les faits marquants, les croisades ont fédéré les "français" encore très dispersés dans des comtés, duchés, tandis que les villages et l'agriculture se structurent.

Une nouvelle fois, ce livre rappelle que le Moyen Age n'est pas vraiment une période de "léthargie". Au contraire on avance vers le gothique, vers l'économie et un état structurés. 

Les chateaux deviennent des "forteresses" difficiles à prendre. La religion se montre très forte.

Quelques dates :

1095 : Prédication de la première croisade

1204 : Prise de Château Gaillard et annexion de la Normandie

1209 :Croisade des Albigeois

1214 : Bouvines : Philippe Auguste vainqueur de l'empereur et des comtes de Flandre et de Boulogne

1307 : Arrestation de tous les Templiers du royaume

1328 : Fin des Capétiens et sacre de Philippe de Valois.

 

Pour réviser en quelques heures des périodes historiques de la France, cette collection est à recommander à tous.

Bonne lecture,

Denis

 

Le temps des capétiens de Claude Gauvard (PUF)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 21:44
Avant le matin de Jacques Chessex (Grasset)

Avant le matin de Jacques Chessex

(Grasset - 248 pages - Février 2006)

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Un bien étrange roman que celui-ci de l'écrivain suisse Jacques Chessex (1934-2009), sulfureux, savoureux par moments, grivois et irrévérencieux comme il se doit chez cet auteur.

 

Joseph d'Avry entreprend de raconter la vie de la sainte femme dont l'existence a été dédiée à Dieu, Aloysia Pia Canisia Piller, née le 16 août 1940 à Fribourg.

Après quelques années au couvent, sœur Canisia a offert son corps et du plaisir aux pauvres avant de s'isoler sur la colline où l'a rencontré Joseph quand elle avait 49 ans. Elle lui a dit alors qu'elle avait besoin d'amour plutôt que de nourriture.

Joseph est resté fidèlement à ses côtés recueillant ses bons mots sur la grâce et le bienfait qu'elle donnait aux pauvres âmes.

Un jour elle a rencontré Béatrice Conté une belle jeune fille dont elle a fait sa disciple. Une nouvelle prostituée de Dieu est née et le scandale a commencé à naître à Fribourg.

Et puis la jeune fille a été tuée et Canisia est morte.

Un an après la mort de la sainte, Joseph est parti s'installer dans un vallon loin du monde où il peut lire et marcher à son gré.

Mais très vite il se sent sous l'emprise de deux femmes : Mme Grivet, l'intendante de l'immeuble où il est locataire et la jeune employée de maison Lydie qui n'hésite pas à le provoquer en lui dévoilant des parties de son corps. Il résiste en allant voir des prostituées à Fribourg quand il s'y rend pour acheter des livres.

Quand il va apprendre qui sont réellement ces deux femmes, les choses vont se compliquer...

 

Un livre alerte, bien écrit, sur un thème on ne peut plus original : s'offrir aux autres au nom de Dieu !!! Quand on connaît Chessex, on n'est pas surpris.

Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais c'est plaisant de se laisser surprendre par ces personnages qui pourraient sortir d'une BD. De courts chapitres aussi qui allègent la lecture et servent de respiration au texte.

Page 87, début du chapitre XVI - Première partie (page 87) : "Assez de méchanceté. Faites taire la rumeur, coupez court aux détails sales et autres laideurs de la calomnie. Surtout ne prenez pas ce ton entendu, interdisez-vous les mots de la foule et du discours indirect. Voilà ce que devaient se répéter ceux qui ont eu le privilège d'approcher de saintes personnes dans le monde mauvais. Mais si saintes? Et affreux, le monde?"

 

Bonne lecture,

Denis

 
Avant le matin de Jacques Chessex (Grasset)
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