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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 16:48
Journal des Goncourt : fin de la préface et début du journal le 2 décembre 1851 (épisode 2)

La semaine dernière, j'ai annoncé la lecture du Journal des Goncourt

Ci-dessous, fin de la préface :

"Ce journal a été commencé le 2 décembre 1851, jour de la mise en vente de notre premier livre, qui parut le jour du coup d'état.
(...) Mon frère mort, regardant notre oeuvre littéraire comme terminée, je prenais la résolution de cacheter le journal à la date du 20 janvier 1870, aux dernières lignes tracées par sa main. Mais alors j'étais mordu du désir amer de me raconter à moi-même les derniers mois et la mort du pauvre cher, et presque aussitôt les tragiques épisodes du siège et de la Commune m'entraînaient à continuer ce journal, qui est encore, de temps en temps, le confident de ma pensée"
Edmond de Goncourt (Schliersee, août 1872)

"(...) Je demande enfin au lecteur de se montrer indulgent pour les premières années, où nous n'étions que d'assez imparfaits rédacteurs de la "note d'après nature ; puis il voudra bien songer aussi qu'en ce temps de début, nos relations étaient très restreintes et, par conséquent, le champ de nos observations assez borné."
E de G

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Et ensuite le journal commence ainsi, comme annoncé par Edmond, le 2 décembre 1851 :


"Au jour du jugement dernier, quand les âmes seront amenées à la barre par de grands anges, qui, pendant les longs débats, dormiront, à l'instar des gendarmes, le menton sur leurs deux gants d'ordonnance, et quand Dieu le père, en son auguste barbe blanche, ainsi  que les membres de l'Institut le peignent dans les coupoles des églises, quand Dieu m'interrogera sur mes pensées, sur mes actes, sur les choses auxquelles j'ai prêté la complicité de mes yeux, ce jour-là : "Hélas ! Seigneur, répondrai-je, j'ai vu un coup d'Etat !" "

 

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Denis

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:03
Le Journal des Goncourt

Il y a bien longtemps que je veux lire cette "somme littéraire" des petits potins de la vie littéraire sous le regard des frères Goncourt (du moins du temps où ils ont été deux);

"Journal - mémoires de la vie littéraire"

Pour rappel :

Jules de Goncourt (1830-1870) (Principal auteur jusqu'à sa mort)

Edmond de Goncourt (1822-1896) (Poursuivi par Edmond après la mort de Jules

 

Il y eut un premier volume (1851-1861) publié chez Charpentier et Cie en 1887.

La préface de ce premier volume et donc du journal débute ainsi :

"Ce journal est notre confession de chaque soir : la confession de deux vies inséparées dans le plaisir, le labeur, la peine, de deux pensées jumelles, de deux esprits recevant du contact des hommes et des choses des impressions si semblables, si identiques, si homogènes, que cette confession peut être considérée comme l’expansion d'un seul "moi" et d'un seul "je".

Dans cette autobiographie, au jour le jour, entrent en scène les gens que les hasards de la vie ont jetés sur le chemin de notre existence. Nous les avons "portraiturés", ces hommes, ces femmes, dans leur ressemblances du jour et de l'heure, les reprenant au cours de notre journal, les remontrant plus tard sous des aspects différents, et, selon qu'ils changeaient ou se modifiaient, désirant ne point imiter les faiseurs de mémoires qui présentent leurs figures historiques, peintes en bloc et d'une seule pièce, ou peintes avec des couleurs refroidies par l'éloignement et l'enfoncement de la rencontre, - ambitieux, en un mot, de représenter l'ondoyante humanité dans sa "vérité momentanée"."

 

Je me lance dans cette longue aventure en version électronique sur tablette !

Denis

Le Journal des Goncourt
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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 16:40
Correspondance Camus - Chiaromonte (Gallimard)

Correspondance (1945 - 1959) entre Albert Camus et Nicola Chiaramonte

(Gallimard - mai 2019 - 233 pages)

Edition établie, présentée et annotée par Samantha Novello

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Une nouvelle correspondance d'Albert Camus vient de paraître après la "monumentale"(au propre et au figuré) correspondance amoureuse entre Camus et Maria Casares.

Ce sont ici 91 lettres échangées entre les deux hommes qui sont présentées ici.

On ne présente plus en France Albert Camus (1913-1960).

Par contre, qui était Nicola Chiaramonte?

 

 

Issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie émigrée à Rome en 1908, fils de médecin, Nicola Chiaramonte est né le 12 juillet 1905 à Rapolla, en Basilicate, terre d'ancienne domination normande, arabe et grecque, devenue au début du XXe siècle "l'Irlande d'Italie" en raison de son dépeuplement. Lecteur passionné de Platon et des tragiques grecs, il revendiquait ses origines méditerranéennes et notamment grecques. Il meurt à Rome le 18 janvier 1972. (Note 1 de la préface p. 7)

Samantha Novello qui a travaillé sur cette correspondance précise que "L'échange de lettres entre Albert Camus et Nicola Chiaramonte est avant tout le témoignage, parfois ému et émouvant, de l'amitié si forte et si pudique qui lia ces deux hommes de 1941 à 1960, date de la mort de Camus.

Ils se sont rencontrés à Alger au printemps 1941 et ont tout de suite senti la force de leurs idées communes sur la violence et l'esprit  humain.

Chiaramonte, antifasciste, avait dû fuir l'Italie de Mussolini dès 1934. Il fut ami d'Alberto Moravia.

La majorité des lettres (environ 60) émane de l'italien. La correspondance est régulière entre 1945 et 1948. De 1949 à 1953, Chiaramonte s'installe à Paris où les deux amis se rencontrent régulièrement.

Puis l'italien rentre en Italie où il crée la revue "Tempo presente" et leur correspondance reprend jusqu'au décès de Camus.

Une nouvelle belle aventure littéraire et intellectuelle pour approfondir l'oeuvre de Camus et découvrir Nicola Chiaramonte que j'avoue ne pas connaître.

(...)Il est inutile que je vous dise avec quel respect et quelle admiration je suis (tant que je peux), votre oeuvre de journaliste (ce n'est pas le moindre désagrément de la situation présente que de ne pas pouvoir recevoir de livres de France). (...) Je vous admire et vous respecte... (Extrait de la lettre 1 du 8 août 1945 de Chiaramonte

Réponse de Camus (lettre 2 du 5 octobre 1945) (...) Maintenant que vous et moi avons renoué des liens, ne les laissons pas se détendre, voulez-vous? Je serai content de vous revoir. Mais en attendant, nous pouvons nous écrire. Dites-moi les livres que vous désirez, je sais un moyen de vous les faire parvenir.

Correspondance Camus - Chiaromonte (Gallimard)

Samantha Novello est enseignante de philosophie et d'histoire. elle est doctorante à l'université de Verone. Elle a collaboré aux volumes I et III des oeuvres complètes d'Albert Camus dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Correspondance Camus - Chiaromonte (Gallimard)
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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 16:06
La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui (Gallimard)

La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui

(Gallimard- octobre 2018 - 261 pages)

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Jmiaa a 34 ans, une fille Samia. Elle est divorcée et se prostitue à Casablanca. Elle raconte son histoire sous forme d’une autobiographie.
Elle ne cache rien de son métier et commence en expliquant à une nouvelle, Halima, les rudiments du métier dans le quartier où il faut connaître les codes pour s’en sortir.

Sa vie est sordide dans son petit appartement où elle vit avec sa fille, Samia et qu’elle partage également avec une nouvelle prostituée, Halima. Elle protège au maximum sa fille de ce milieu.

Elle aime son métier assurément et explique aussi longuement comment elle en est venue à cette situation. Une vie difficile mais sans grandes nouveautés jusqu’au jour où une femme, Chadlie dite « bouche de cheval », demande à la rencontrer. Elle écrit un scénario pour une fiction suédoise sur la vie d’une prostituée au Maroc et lui demande de se raconter. Et par la suite, elle lui dit ne pas avoir trouvé d’actrice convaincante. Alors Jmiaa interprétera son propre rôle. 

 

Ce roman est une plongée donc dans le monde de la prostitution à Casablanca en 2010 avec un autoportrait sans concessions de Jmiaa.

La romancière, dont c’est le premier roman, nous entraîne dans cet univers et le lecteur est en immersion complète dans ce quartier de Casablanca où elle adopte le langage des autochtones. Un glossaire permet au lecteur non initié de comprendre ces mots du quotidien et les références marocaines qui ont un sens dans ce milieu pauvre où la télévision (et ses séries) est l’univers de référence.


On sent que ce quotidien est lancinant avec quelques escapades « sexuelles » en bord de mer avec un des trafiquants du quartier.


Et puis, soudain tout change quand Jmiaa se voit propulser devant la « scène » en devenant actrice bien malgré elle pour raconter son histoire sous la forme d’une fiction.


C’est la force du roman de faire intervenir cette « métamorphose » qui relance l’histoire et nous montre alors un autre univers, celui du cinéma, toujours sous le regard de Jmiaa, avec toute la naïveté du néophyte.

Un brillant premier roman avec très peu de défauts. Belle maîtrise de la langue et de l’intrigue.

Je le recommande vivement.

Bonne lecture,

Denis
 

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 16:48
Citation de Romain Gary sur le bonheur

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 16:21
Les villages verticaux de Toufik Abou-Haydat (Le laboratoire existentiel)

Les villages verticaux de Toufik Abou-Haydar

(Le laboratoire existentiel - mars 2019 - 196 pages - collection l'Illuscript)

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L'éditrice Anne-Ségolène Estay a pris beaucoup de soins pour l'édition de ce roman, "illustré" des mains de l'auteur Toufik Abou-Haydar.

Il faut le signaler, tellement c'est devenu rare de trouver des livres agréables à tenir en main. C'est tout le mérite de ce "laboratoire existentiel", énigmatique nom pour un éditeur. Si vous cliquez sur "laboratoire existentiel" vous saurez tout sur ces deux mots mis en harmonie.

"Illustration" au cœur du livre et "artisanat" au centre de ses préoccupations peuvent être annoncés comme slogan qui prend tout son sens quand on tient le livre en main.

J'ai noté quelques imperfections dans le texte, toutefois, globalement j'ai apprécié l'histoire de ce roman sur fonds historique.

 

Quand Aïda était enfant, une voyante lui prédit qu'elle se marierait avec un prince charmant. 

Elle l'a attendu en vain et au moment de sa puberté, elle pouvait être mariée à tout moment selon les coutumes de son pays. Mais comme elle était belle, elle a dû se voiler pour cacher son visage. Et puis, un jour, dans la campagne, elle a été violée ce qui accéléré le cours de sa vie : il fallait absolument se marier pour effacer la "honte", ses parents devant même partir au Liban.

Aïda a tout perdu dans cette dramatique affaire : ses racines et sa famille.

Et puis, en février 2015, tout bascule en Syrie et dans le village d'Aïda. Son mari est arrêté et un médecin français, Marteneau, vient s'installer pour soigner les djihadistes.

Elle est obligée de se marier au mokhdar mais comme il veut s'assurer qu'elle n'est pas enceinte, il la met en "isolement" pendant 100 jours sous le contrôle de sa première femme, Tahiya.

Son histoire du "prince charmant" lui revient comme un boomerang quand on lui donne à lire "La princesse endormie".

Les cent jours arrivent à leur thème mais sa liberté n'est que conditionnelle et elle n'a qu'un espoir, c'est de s'échapper d'ici et de rejoindre sa famille au Liban.

Plusieurs personnes dont Tahiya vont tout faire pour que son espoir puisse devenir réalité.

Débute alors, une sorte de "road-movie" à travers le chaos syrien.

Comme l'annonce la 4e de couverture : "Quoi que tu fasses, le boomerang finit toujours par revenir dans ta main".

 

Un roman et plus encore un éditeur à découvrir.

Merci à Anne-Ségolène Estay de m'avoir adressé ce roman. J'avais dit que je serais honnête, donc je répète que ce roman a des défauts, avec des coïncidences de rencontres, par exemple, qui font penser aux contes. Mais, finalement, ce roman est peut-être un conte ! Je n'y avais pas pensé avant d'écrire ces lignes, tellement ce livre s'inscrit dans la triste réalité de la Syrie d'aujourd'hui.

Et puis il y a les illustrations qui vienne concrétiser les propos et en livrer leur "magie", sans oublier que le style est bien ciselé et donne de belles envolées lyriques.

Faites-vous donc votre propre opinion en lisant ce livre.

Bonne lecture,

Denis

Malgré sa prison en terre cuite, la présence du livre donnait à Aïda l'envie de sourire, de rire, de palpiter, de sauter de joie et de s'envoler comme jamais depuis longtemps. Le souvenir de la prédiction de la Bédouine en avait réveillé d'autres, comme un lac qui se remplit d'eau après une longue période de sécheresse : le village de son enfance ressurgissait sous ses yeux, elle courait de nouveau dans les ruelles du petit hameau, de ce minuscule point de la terre qui l'avait vue grandir et resplendir. (page 43)

Les villages verticaux de Toufik Abou-Haydat (Le laboratoire existentiel)
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 15:49
Les chimères de Gérard de Nerval

Ce petit recueil accompagnait, en 1854, les Filles de feu.

Ces douze sonnets sont parmi les plus mystérieux de toute la littérature française. De fait, Nerval a désiré fusionner ici ses expériences personnelles avec les préceptes de diverses doctrines ésotériques, comme si les événements qu'il vivait, comme si les amours qu'il éprouvait étaient tout autant de signes que le destin lui manifestait et qu'il se devait dès lors de couler dans la langue la plus magique et la plus hiératique qui soit.

Depuis cent cinquante ans, les lecteurs s'interrogent donc devant ces courtes pièces, parmi les plus belles issues du romantisme français. De fait, la connaissance de la biographie de Nerval (cf. notamment les liens du poète avec Jenny Colon qui inspira Myrtho et dont les cheveux flamboyants expliquent quelques-unes des allusions au feu contenues dans le recueil); une connaissance aussi de la généalogie imaginaire du poète (cf. là-dessus les mentions à Lusignan et Biron contenues dans El Desdichado); celle de la Cabale et des mythologies égyptiennes et grecques, ne sont pas de trop pour permettre une compréhension ne serait-ce qu'approximative du recueil. Mais, étrangement, même l'intelligence imparfaite de ses vers n'empêchent pas les Chimères d'exercer une fascination véritable sur le lecteur, pour peu que celui-ci sache, à partir des intuitions de Nerval, imaginer des correspondances et des résonances nouvelles.

(Source poetes.com)

 

Voici le premier sonnet, bien connu :

 

EL DESDICHADO

 

Je suis le ténébreux, — le veuf, — l’inconsolé,

 

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :

 

Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé

 

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

 

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

 

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

 

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?

 

Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;

 

J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

 

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

 

Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 16:18
Sans Silke de Michel Layak (Editions Zoé)

Sans Silke de Michel Layaz

(Editions Zoé - 157 pages - Janvier 2019)

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Le roman débute ainsi :

J'avais l'âge des métamorphoses récentes : dix-neuf ans. C'était le premier soir. Avant de m'endormir, j'ai ouvert la fenêtre. Rien. Pas un bruit. Dans le ciel, chaque étoile veillait sur son coin de terre. Seuls les pas d'un animal, ou le vent dans un feuillage, contrariaient le calme. A l'intérieur de la maison, le silence aussi. Pas le même. Plus lourd. Comme mis en boîte. Ce double silence exigeait d'être apprivoisé. Jusqu'alors, j'avais toujours vécu dans un immeuble, avec des routes proches et des avenues plus loin, avec en prime des clameurs de fête ou de dispute, avec des noctambules qui se déréglaient la raison. Ici, le premier village se trouvait à trois kilomètres, derrière la forêt ; et devant la maison, après le jardin et le verger, il y avait des champs, et plus loin encore, un bois qui bloquait le regard.

Et on est embarqué dans une histoire qui va nous attacher et ne pas nous quitter si facilement que cela quand les 150 pages auront été lues.

 

Avec un tel roman et avec des "moments" de vie de deux, trois pages, il faut humer les ambiances, se laisser porter par les mots. Car le texte est vraiment très, très beau. 

 

L'histoire est simple. Un couple qui vit à l'orée d'une forêt, loin du bruit, très fusionnel dans son amour, a presque oublié qu'il a une jeune enfant de 9 ans, Ludivine. Leur lieu de vie s'appelle "La Favorite".

 

Ils décident de l'aider dans ses études et devoirs, aussi ils ont passé une annonce pour recruter une étudiante, avec obligation de vivre dans la maison aussi près que possible de l'enfant.

 

Et c'est Silke qui sonne à la porte. Elle est embauchée sans avoir vu Ludivine. La mère dit que ce sera sans doute difficile de sortir sa fille de son enfermement. Mais Silke y croit, elle. Et aussitôt, elles s'entendent à merveille.

 

Ludivine adore la nature, les arbres. Elle entraîne Silke dans ses rêveries, des déambulations sans oublier de travailler quand il le faut, ce qui fait leur force, car on ne peut rien leur reprocher.

 

Le père est artiste plasticien, peintre mais il vit reclus à "La Favorite" et n'a aucun succès. C'est la mère qui rapporte les revenus et qui dynamise le couple, avocate de son état.

 

Ludivine reste en marge, encore et toujours. Silke est devenue son amie. Elles font quelques escapades, notamment, elles "s'offrent" une nuit à la belle étoile.

 

La quasi indifférence des parents est troublante, malgré des vacances à la neige passées ensemble.

 

Et le contraste entre l'amour réciproque des parents pour eux-mêmes et le rejet inconscient de leur fille contribue à créer un état proche de la violence, même si Ludivine n'a pas encore l'âge de vraiment se révolter, d'autant qu'elle a trouvé un certain équilibre grâce à sa relation privilégiée avec Silke.

 

Mais, les belles histoires finissent souvent mal...

 

A lire absolument,

Denis

 

Sans Silke de Michel Layak (Editions Zoé)
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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 16:55
La littérature nous sauvera - Matricule des Anges n°200

Je suis fidèle lecteur du Matricule des Anges depuis ses débuts, en 1992.

En février 2019, le numéro 200 est paru avec pour titre :"La littérature nous sauvera".

Quand on est lecteur, on ne peut qu'acquiescer à une telle "revendication".

Et pour répondre à cette question, la rédaction a eu l'idée de demander à ses chroniqueurs et à quelques "passeurs" (essayistes, traducteurs, éditeurs...) de nous dire quel est le livre qui les a marqués.

C'est une belle occasion de lister ici ces livres marquants qui ne peuvent que nous donner des idées de lectures et relectures à un peu moins de deux mois de l'été.

Oublions donc les "sorties" qui imposent à beaucoup de lire vite ces livres qui risquent de ne durer que le temps de quelques semaines, alors qu'un livre doit rester ancré "hors temps".

D'ailleurs, pour nous donner raison de lire des livres d'hier qui nous donnent un regard sur le présent, Jean-Baptiste Para, dans un entretien passionnant (comme l'ensemble des interventions des "passeurs") nous dit :

"Ce que j'ai appris grâce à la littérature, et beaucoup grâce aux poètes, c'est que l'homme n'est pas seulement contemporain de son époque, mais qu'il est contemporain de la nuit des temps. Nous lisons les auteurs de notre siècle, nous lisons aussi Virgile, Lucrèce, Dante et bien d'autres. L'époque où il nous est donné de vivre n'assiège pas tout l'empan de notre regard. Par les livres, nous avons chance d'éprouver le rythme profond où s'épousent le vif de l'instant nouveau et la fraîcheur de l’archaïque."  

 

Martine Laval a proposé : "La place" d'Annie Ernaux (Gallimard, 1983)

Chloé Brendlé : "Rosie Carpe" de Marie NDiaye (Editions de Minuit, 2001)

Valérie Nidgélian : "Que font les rennes après Noël ?" d'Olivia Rosenthal (Verticales, 2010 - Folio)

Emmanuel Laugier : "Carnet - journal, lettres" de Gerald Manley Hopkins (Editions William Blake & Co, 1993)

Richard Blin : "Bois sec bois vert" de Charles-Albert Cingria (Gallimard - l'imaginaire, 1983)

Catherine Simon : "L'accordeur de silences" de Mia Couto (Métailié, 2011)

Emmanuelle Rodrigues : "Le bâtiment de pierre" d'Asli Erdogan (Actes sud, 2013)

Blandine Rinkel : "Le traître" d'André Gorz (Folio essais, 2005)

Dominique Aussenac : "Nocturne du Chili" de Roberto Bolaño (Christian Bourgois, 2002)

Eric Bonnargent : "2666" de Roberto Bolaño (Christian Bourgois, 2008)

Lionel Destremau : "Méridien de sang" de Cormac McCarthy (L'olivier, 1998)

Eric Dussert : "R." de Céline Minard (Compt'act, 2004)

Patrick Gay-Bellile : "Journal" d'André Gide (Gallimard, 1977)

Thierry Cecille : "L'acacia" de Claude Simon (Editions de Minuit, 1989)

Guillaume Contré : "Marelle" de Julio Cortazar (Gallimard - l'imaginaire, 1979)

Christine Plantec : "Austerlitz" de W.G. Sebald (Actes Sud, 2002)

Virginie Mailles Viard : "L'Amérique m'inquiète" de Jean-Paul Dubois (L'olivier, 1996)

Camille Cloarec : "Explication des oiseaux" d'Antonio Lobo Antunes (Christian Bourgois, 1991)

Franck Mannoni : "Le bateau-usine" de Kobayashi Takiji (Allia, 2015)

 

Bonnes lectures (ou relectures)

Denis

 

 

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 15:58
Citation d'Alphonse Karr sur la lecture voyage de l'esprit

Biographie (site Babelio)

 

Alphonse Karr naît d'un père allemand et d'une mère française.


Après de brillantes études, il se consacre à l'enseignement.

 

Il mène dans les années 30 une vie de bohème du type jeunes romantiques excentriques d'alors et s'essaie à tous les genres littéraires : poésie, pastiches, théâtre. Il publie des articles satiriques dans le Figaro, dont il sera plus tard le rédacteur en chef.

 

Un amour malheureux lui inspire un premier roman "Sous les tilleuls", qui remporte en 1832 un immense succès.

 

Il fonde en 1839 son propre journal "Les guêpes", où sont " épinglées " les plus grandes célébrités artistiques et politiques de l'époque. Ce journaliste, tour à tour pamphlétaire, humaniste satirique, romancier, poète, se retire du monde, devient aussi botaniste et jardinier en s'installant à Nice avec sa compagne et sa fille en 1853.

 

Exproprié par la construction de la Gare SNCF, il s'établit en 1865 à Saint-Raphaël. Ainsi vont se bousculer dans ce petit port de pêche une multitude d'hommes de lettres tels que Hugo, Lamartine, De Nerval, Dumas…

 

Cet homme, considéré comme le découvreur de Saint-Raphaël, meurt le 30 septembre 1890 dans sa villa "Maison Close".

 

Une poire, la Poire Alphonse Karr, et un bambou, le Bambusa multiplex Alphonse Karr, ont été nommés en son souvenir.

 

Sa petite fille la romancière Violette Bouyer-Karr a fait don à la ville de Saint-Raphaël de la bibliothèque de son grand-père, reflet de ses goûts et de ses nombreuses amitiés littéraires. 
 

Alphonse Karr (1808-1890) photographié par Nadar

Alphonse Karr (1808-1890) photographié par Nadar

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