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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:20

Le mois de septembre 2013 se termine et je viens de publier mon dernier article.

Je voudrais tout d'abord remercier les deux organisatrices : Karine et Laurence pour leur accompagnement tout au long de ce mois, nous donnant quelques éclairages sur la langue, les coutumes et les lieux du Québec, nous aidant à mieux comprendre un pays que j'aime depuis toujours sans y être jamais allé.

Depuis quelques années, j'achète régulièrement des livres québécois à la Librairie du Québec à Paris, 30 rue Gay-Lussac

 

Et quand je fais le point de mes lectures, je m'aperçois qu'il m'en reste encore une quinzaine à lire, voire plus, ce qui laisse augurer d'autres passionnantes lectures, sans doute pour un "Québec en septembre"... 2014...

 

J'ai donc eu le plaisir de lire les livres suivants qui ont été des coups de coeur (ou presque pour certains) :

 

- Canada : sur les traces de Jacques Cartier (livre de voyage et d'histoire)

- Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy (roman - coup de coeur)

- La grosse femme d'à côté est enceinte de Michel Tremblay (roman - coup de coeur)

- Les chambres de bois d'Anne Hébert (roman - coup de coeur)

- Cowboy de Louis Hamelin (roman - 95% d'un coup de coeur, superbe découverte)

 

2 livres m'ont quelque peu déçu :

 

- Avec ou sans amour de Claire Martin (nouvelles - sans plus)

- Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (roman - sans plus également)

 

Et l'évocation de quatre chanteurs "raconteurs d'histoires" québécois :

- Gilles Vigneault (et son livre de chansons "entre musique et poésie")

- Robert Charlebois

- Beau Dommage

- Linda Lemay

 

Au total 7 livres, dont 2 seules déceptions et 4 chanteurs (chanteuse) qui font un mois passionnant, à l'écoute aussi des autres participant(e)s qui ont montré la diversité d'un pays "frère".

Par la même occasion, mon challenge "littérature francophone d'ailleurs" s'est enrichi de matière exceptionnelle avec ces lectures. J'en ferai un nouveau récapitulatif cette semaine.

 

Alors comme disait Robert Charlebois, en ouverture de ce mois "Je reviendrai à Montréal", c'est certain que j'y reviendrai au moins par la lecture, en attendant d'y venir  pour de vrai, et alors réaliser un rêve vieux de plus de XXX ans.

 

Et ovation pour les organisatrices. A bientôt mesdames, et faites nous rêver encore de votre pays tout au long de cette année, en espérant vous retrouver en "septembre 2014" pour honorer la richesse littéraire, artistique et linguistique de votre pays.

 

 

 

 

Denis

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:20
Paroles de la chanson de Linda Lemay :
 
De tes rêves à mes rêves :
 
On a parcouru le chemin
De tes rêves à mes rêves
Tes doigts à mes seins
De ta bouche à mes lèvres
De la guerre à la trêve
Combien d' fois, mon amour
Combien d'aller-retour
Entre la haine et l'amour

Chaque fois, la route et ses chaos
Et ses roches et ses trous
M'arrachaient à ta peau
Me rej'taient sur tes g'noux
Me tatouaient sur ta joue
Combien de grands voyages
Pour autant de naufrages
Sur ce même rivage

Jusqu'au jour où j'ai dit: "Va t'en !
J'ai plus rien à blesser
Qui soit vierge de coups
J' suis fatiguée des kilomètres
Qu'on franchit pour être
À un plus mauvais bout"

J'ai dit: "Prends ta voiture de fortune
Et roule tant qu' tu voudras
Va t'en donc promettre ta lune
À une autre que moi"

J' croyais pas qu' t'allais m'obéir
À la lettre comme ça
J' t'ai regardé partir
En mourant tout bas
Sur la véranda
Brisée à des endroits
Que j' me connaissais pas
Entre mon coeur et tes bras

Les étoiles qu' j'avais dans l' regard
Et qui semblaient te plaire
Sont venues s'échouer
Comme des étoiles de mer
Sur l'estran désert
Le coeur comme un souv'nir
Le corps comme un grenier
J'ai eu peur d' m'écrouler

Je sais pas d' quelle manière
Comme poussée par le vent
J' me suis mise à poursuivre, en courant
Le nuage de poussière
Qu' ta voiture de misère
Faisait tourbillonner en filant

Puis j'ai crié: "Attends-moi j'arrive !
Je peux pas vivre sans toi
Et si c'est pas une vie de te suivre
Et bien ce s'ra c' que ce s'ra

T'as encore, dans les mains
La petite cuillère
Qui m' ramassait si bien
Quand j' m'écrasais par terre
T'as encore, dans les mains
La petite caresse
Qui m' ferait, comme un chien
Haleter d'allégresse"
Ah, ah, ah, ah
Ah, ah, ah, ah

Mais, bien sûr, t'as rien entendu
Et ton nuage et toi
Vous avez disparu
Et je suis restée là
Comme un cheval de bois
Qui ne berce plus personne
Et que l'on abandonne
Que l'on met au rebus

Un jour que j' me croyais mieux
Que j'allais au village
Et que c'était pluvieux
À deux nuages d'un orage
À faire taire les oiseaux
À deux pas du resto
Et à trois du garage
À deux doigts d'oublier

Perdue dans mon imperméable
Et dans quelques pensées
Comme: "C'est drôle dans le sable
Toutes ces traces de souliers"
Comme: "J' sais pas c' que j' vais foutre
De ma longue soirée"
Juste à coté de moi
Ce parfum agréable
Ces cheveux familiers
C'était... c'était toi

Et l'orage éclata
En même temps que le morceau de chair
Qui me servait de coeur
Et le vent se leva
En même temps qu'un éclair
Nous fìt tous les deux trembler de peur

J'ai dit: "Si tu viens pour les étoiles
Elles sont tombées dans la boue
Si t'es là pour me voir, j' te signale
Qu' y'a plus rien à voir du tout"

T'as dis: "J'ai parcouru
Les chemins de mes rêves
À des rêves qui n'étaient pas les tiens
J' voulais juste que tu saches, mon amour
Que ces foutus parcours
Ont toujours été vains"
Ah, ah, ah
Ah, ah, ah, ah

Alors j'ai dit: "Puisque t'es là
Viens donc prendre un café
Si tu veux, tu jett'ras
Quelques bûches au foyer
Ça nous réchauffera
Le temps que l'orage passe
Et que le feu s'embrase
Comme autrefois !"

Et c'est là qu' t'as baissé les yeux
Que t'as dit: "J' pourrai pas
Car, tu vois, y a un voeu
Que j'ai fait là-bas
Elle te ressemble un peu
Celle à qui j'ai dit: "Oui"
Ce petit "Oui" précieux
Que je n' t'ai jamais dit"
T'as ajouté qu'aussi
Elle prend bien soin du p'tit
Et qu' t'es déjà trop vieux, aujourd'hui
Pour réparer l'erreur
La pire de ta vie
Qui est celle d'être parti d'ici

Tu t'es mis à g'noux dans la vase
Pour me d'mander pardon
Le tonnerre m'a volé ta phrase
Et tu t'es levé d'un bond

Et t'es parti, l'air malheureux
Le pantalon tout sale
Et, au coin de mes yeux
Y'avait comme... des étoiles
 
 
 
 
Linda Lemay née en 1966 est une auteur-compositeur-interprète québécoise dont les textes sont autant d'histoires racontées. Elle est plus conteuse que chanteuse car elle oublie les refrains pour nous raconter de vraies grandes histoires sous forme chantées et poétiques à l'image de cette longue complainte...
 
 
 
 
Voici mon dernier article pour ce mois québécois dont je vais faire un récapitulatif aujourd'hui.
 
Challenge "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

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Published by DENIS - dans BEAUX TEXTES
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 21:25

 

 

Cowboy de Louis Hamelin (Stock - 418 pages - 1998)

Première édition au Canada 1992

 

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Cowboy est le surnom donné à un jeune amérindien de 20 ans vivant à Grande-Ourse, un village situé au nord de Montreal près de Sans-Terre et Tocqueville. Le village est fictif. Sa spécificité est qu'on y prône la propriété privée et la Pourvoirie en est le centre "vital". On y vend de l'alcool, du matériel de pêche et tout le nécessaire de vie du village. Monsieur l'Administrateur en est le directeur. Il est assisté de Bruno et de celui que l'on appelle le "Vieux". Un des jeunes du village, Gilles Deschênes (par ailleurs le narrateur de ce roman) y travaille pour l'été.

Gilles pourrait être un double de l'auteur qui a également travaillé dans une pourvoirie.

 

Le roman est divisé en cinq chapitres dont les titres sont des fêtes qui ont liue à Grande Ourse : le jour de Dollard, la Saint-Jean, The Independant Day, Noël en juillet et Pow wow.

Ici, les amérindiens sont relégués au-delà de la ligne de chemin de fer mais Cowboy, son frère Christophe et leurs amis : Karaté Kid, l'Amiral Nelson, Flamand, Gisèle et sa fille Salomé... viennent régulièrement autour de la Pourvoirie. Il faut dire que Gilles est un des seuls blancs à être ami avec eux. Les autres blancs sont plutôt haineux à leur égard et ils pensent plus à l'argent qu'à l'équité humaine. De leur côté les amérindiens ne cherchent pas à s'intégrer. Ils sont fainéants et souvent provocateurs.

Et tous, blancs, indiens s'adonnent volontiers à l'alcool, ce qui mène à la violence. Il va y avoir quelques drames au cours de ce roman qui vont contribuer à cette montée des antagonismes. Et au milieu, il y a les touristes américains, notamment, à l'image de Crazy Sam (on pense avec ironie à l'oncle Sam, bien sûr), un riche états-unien qui vient ici pour chasser l'ours. Mais des ours, il n'y en a pas vraiment là cet été ce qui n'est pas bon pour la réputation de Grande-Ourse;

 

Grande-Ourse, c'est donc un village qui semble vivre en autarcie, avec une police qui s'aventure très occasionnellement ici. Jacques Boisvert est un des riches commerçants du village, puisqu'il tient un hôtel avec sa femme Brigitte et une exploitation forestière près du lac Légaré accessible par hydravion. Son passé a été terni par le meurtre de Roméo Flamand, 12 ans auparavant. L'amérindien aurait été tué par son fils Gilles Boisvert, alors que tout le monde a pensé que c'est jacques le meurtrier. Mais aucune preuve n'a pu confirmer cette thèse.

 

Cette période est décrite en italique, tout au long du roman par un narrateur à la troisième personne, ce même Gilles Deschênes double narrateur. Deux narrations par un même Gilles avec au milieu un autre Gilles déclaré meurtrier.

 

Le roman alterne donc ces deux périodes autour de 5 fêtes qui rythment la vie du village et lui donne sa vitalité. L('intérêt du roman réside dans la description minutieuse de la vie dans une région isolée, microcosme où deux races ont bien du mal à cohabiter.

 

Gilles nous raconte son quotidien à la Pourvoirie et la vie autour de lui. Il est proche de Cowboy et de ses amis, refusant de flirter avec Salomé qu'il veut protéger car elle est encore très jeune. Il a par contre une aventure avec Brigitte Boisvert. Ce livre est donc une plongée dans un "autre Canada", celui que l'on connait très peu (du moins vu depuis l'Europe).

 

Je me suis attaché à cette histoire qui prend le temps d'avancer au fil des jours, avec cette énigme du passé en filigrane avec ce triangle canadiens blancs, états-uniens et amérindiens. L'argent et l'alcool savent les réunir pour le meilleur et pour le pire.

 

C'est donc un livre "atypique", "politique" aussi mais très bien écrit par Louis Hamelin, né en 1959 à Montreal et auteur d'une dizaine de roman. On a envie de prendre partie pour Gilles et ses amis Indiens, bafoués par les blancs, au racisme primaire.

 

Début du roman : "Ses amis l'appelaient Cowboy et il était Indien d'Amérique. il avait hérité de ce surnom un soir qu'on l'avait vu venir le long de la voie ferrée, sa silhouette efflanquée se découpant sur le couchant dans une longue capote western dont les plis battaient contre ses bottes de cuir. Ses amis, eux, s'appelaient Karaté Kid, Donald-les-bras et Judith, qui avait un teint couelur de pain, des moues généreuses et un genou agile. ils étaient les mousquetaires de la muskeg et Cowboy était leur surhomme. Ils formaient un clan, ils faisaient bloc."

 

Et un passage qui évoque le passé (page 97) : Gilles est de service ce soir-là. Il suspend les verres à l'envers au-dessus de sa tête. Parfois, une goutte se détache et lui percute le front, avec un impact de plomb. Il remplit d'autres verres. Verre plein, verre vide. Verre plein. Les hommes ont soif. Verre plein, verre vide. Rincé, suspendu à ce large luminaire au-dessus de sa tête. Une autre goutte qui les frappe au front. Ce front déjà haut, qu'il éponge. Il fait chaud. Se faire invisible. Serveur de verre".

 

Deux styles très différents comme vous pouvez le constater. Bref un livre à la narration diverse, variée comme ses personnages qui se croisent, s'aident, cohabitent...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu dans le cadre du  challenge "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

Et cette lecture s'inscrit également dans mon challenge

"Littérature francophone d'ailleurs"

 

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:00

 

Les chambres de bois d'Anne Hébert (Points - 172 pages - 1996)

Première édition au Canada : 1958

 

 

Premier roman d'Anne Hébert (1916-2000), écrivaine et scénariste canadienne, récompensé par le prix France-Canada, "Les Chambres de Bois" est classé dans la catégorie des "romans-poèmes" dans le livre "Le roman canadien-français du vingtième siècle " de Réjean Robidoux et André Renaud. Et de fait, Anne Hébert s'est faite connaitre par ses poèmes, dont un premier recueil "Les songes en équilibre" date de 1942. Et on sent bien cette sensibilité poétique dans ce roman.

Premier paragraphe : " C'était au pays de Catherine, une ville de hauts fourneaux flambant sur le ciel, jour et nuit, comme de noirs palais d'Apocalypse. Au matin, les femmes essuyaient sur les vitres des maisons les patines des feux trop vifs de la nuit."

 

Catherine est pauvre, fille aînée d'une famille dont la mère est morte très jeune. C'est elle qui gère le foyer et elle rencontre un jeune pianiste, Michel. Lui est issu d'un milieu riche, le père ayant un "domaine seigneurial". Elle se marie avec lui mais va se sentir cloîtrée chez elle, avec cet amour qui ne peut être consommé. Quand la soeur de Michel, Lia, également pianiste, vient s'installer chez eux elle comprend combien le frère aime la soeur.

Catherine dépérit, ne mange plus et est en pleine déprime. Heureusement pour elle, il y a Aline, la vieille servante très fidèle, qui va l'aider à traverser ces jours sombres qui se passent au coin du feu à entendre du piano. Et Catherine va sortir pour aller au bord de mer où elle rencontre Bruno. Et si elle vivait alors un grand amour, avec rêve de voyage et de nouvelle vie !!!

Voilà, l'intrigue est très simple, très linéaire. Le livre est divisé en trois parties avec de courts chapitres non numérotés et cette langu poétique envahit le roman.

Bien que court, ce livre demande à être lu lentement, comme s'il y aviat le tic-tac du temps monotone qui passe dans cet appartement où évolue ce trio bien triste, chacun absorbé dans ses rêves, dans son monde intérieur.

 

Un très beau livre, donc, où ce pourrait être l'éloge de la lenteur. Et on ne s'ennuie pas pour autant, fasciné par ces êtres malheureux, inhibés qui n'ont plus de vie sociale. Il faut sortir de ces "chambres de bois"...

 

Page 92 : "Lia demandait parfois à Catherine de lui faire la lecture. Catherine lisait mal, d'une voix monotone, trébuchant sur les morts difficiles, ou levant les yeux de son livre pour apercevoir, ne fût-ce qu'un instant, cette espère de mort extatique qui s'emparait parfois du visage de Lia, lissant ses paupières, pinçant ses narines, figeant tous ses traits. // Cahterinese demandait quelle puissance souveraine venait ainsi saisir la jeune femme au milieu de si pauvres soirées et, doucement, sous les yeux de Catherine et Michel, la faisait passer de l'autre côté du monde".

 

Page 143 : "Les cigales crièrent très haut leur chant de crécelle, le feu de midi s'établit sur toute chose. // Catherine et le jeune homme se retrouvaient maintenant tous les jours sur la plage, sans qu'aucune parole ne fût échangée entre eux. Marqués des mêmes signes : huile, soleil, eau et sel, ils campaient non loin l'un de l'autre, ne perdant rien des allées et venues de chacun, liés dans le vent comme des marins taciturnes".

 

En résumé, un excellent roman et c'était le troisième que je lisais d'Anne Hébert, après l'emblématique "Les fous de Bassan" et "Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant Anglais". Une auteure que je continuerai de lire par la suite.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre d'une lecture commune pour  "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

Et cette lecture s'inscrit également dans mon challenge

"Littérature francophone d'ailleurs"

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 19:52

 

Gaby et son maître d'Arthur Bernard

(Editions Champ Vallon - août 2013 - 120 pages)

 

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J'ai lu ce livre en juin 2013 dans le cadre du jury du prix du roman FNAC. Et voir le haut du portrait de Samuel Beckett sur la couverture m'a donné une prodigieuse envie de lire ce livre qui allait me faire entrer dans l'univers du grand auteur.

Alors, oui, il y a de beaux passages, quand le narrateur parle de son maître, mais il y a aussi des pages de "délires" qui gâchent quelque peu l'intérêt du livre, hélas. J'aurais envie d'appeler ces pages "de la bouillie de mots". Sans doute, le narrateur veut se mettre à la hauteur du "maître" mais il n'y parvient pas.

Je, c'est Gabriel Lavoipierre, dit Gaby et il, c'est le maître, qu'il ne faut pas nommner tellement son oeuvre est grande. Et les deux hommes ont été presque voisins sans jamais se parler. Gaby n'ose pas l'aborder.

Une jeune fille canadienne va le croiser, le reconnaître au jardin du Luxembourg près de la statue de Marie Stuart mais le maître lui fait "chut" et c'est tout. C'est son seul mot qui sera entendu.

Ils se sont souvent croisés dans la station de métro Glacière, Gaby tombant en admiration devant Sam... car il ne faut pas le nommer par son nom intégral.

Par chance, l'épouse de Gaby a travaillé en classe d'anglais sur l'oeuvre du "Maître", ce qui lui a permis de recevoir une lettre de Sam... que Gaby a fait sienne.

Et puis, le Maître est mort, enterré à Montparnasse.

L'auteur, qui a publié aux Editions de Minuit "la chute des graves" en 1991, intervient pour dire qu'il est fier d'être dans le même catalogue que Samuel Beckett et qui plus est très près de lui de par l'ordre alphabétique...

Dommage donc, qu'il y ait ces pages qui viennent hacher le texte, le mettre à distance de Beckett pour montrer des pans autobiographiques de Gaby.

A noter que l'auteur a publié en 2011, chez le même éditeur, "Gaby le petit", ce qui semble dire que l'on va suivre ce personnage de livre en livre.

 

Début très prometteur : "J'avais tout lu, relu de lui, en savais par coeur des morceaux entiers, mettant ma voix dans la sienne, sa musique, sa chanson, universelles comme un bruit de feuilles, car quel chanteur, musicien du vent c'était ! // Je le considérais comme mon maître, pourtant ne fûmes en rien familiers".

 

Page 81 (moins convaincant) : "De cinquième, n'y en avait qu'un tous les sept jours, pas plus de semaine des quatre vendredis qu'une des quatre jeudis tant espérée de mon temps des écoliers tire-au-flanc. Ce jour-là était également jour sans viande, et, aussi bon mécrant que bon catholique rapport au goût exquis du pêché, j'allais y dévorer un steack saignant et toujours au même endroit, un coin qu'on commençait à appeler snack en langue moderne, à l'Odéon, juste face à la statue de Danton."

 

Une déception avec ces digressions qui rendent le texte haché, laissant le lecteur dubitatif. Dommage alors que le sujet était vraiment intéressant.

 

Bonne lecture (pourquoi pas, au moins pour les références à Beckett),

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge rentrée littéraire 2013 organisé par Sophie Hérisson.

2e titre après mon "coup de coeur" : "Le jardin de l'aveugle " de Nadeem Aslam (livre voyageur qui attend son premier destinataire)

 

 

                                                                              2/6

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 20:00

Voici trois nouveaux challenges auxquels je vais participer :

  

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Challenge à durée illimitée autour de la correspondance et du roman épistolaire que Heide présente ici.

 

Hasard du calendrier de mes lectures, j'ai prévu de lire deux ouvrages de correspondance : celle de Mishima et Kawabata pour le challenge japonais d'Adalana , puis celle de Henry Miller et Lawrence Durrell pour le mois américain.

 

 

Et un second initié par Julie qui a créé un blog récemment : lire sous les magnolias

et qui propose de lire un livre dont la première édition originale se termine par un 0 pour la période du 11 septembre au 10 octobre 2013, puis 1 pour le mois suivant...

 

0 = 2010 ou 2000, ou 1990, ou 1800, ou 1500 ...

Challenge 0 à 9 sans-titre1-298x300

 

Julie a également créé un groupe facebook https://www.facebook.com/groups/516598248429383/

où vous pouvez vous inscrire et déposer vos articles.

J'ai réussi à trouver ce matin le livre de Jean Rouaud paru en 1990 aux éditions de Minuit : premier roman, prix Goncourt pour "Les champs d'honneur" que j'aurai plaisir à relire à cette occasion.

 

Enfin, ce soir je m'inscris au challenge des lacunes chez fersenette pour les auteurs que j'ai programmé en 2014 dans la catégorie des écrivains précurseurs aux USA

 

janvier 2014 : Edgar Allan Poe 

février :           Walt Witman

mars :             Nathaniel Hawthorne

avril :              Herman Melville

mai :               Jack London

juin :               Mark Twain

 

challenge

 

 

 

 

Je me suis inscrit à bien d'autres challenges qu'il faudrait que je recense pour ne pas faire de jaloux, mais je pense que le plus simple c'est de parler à présent des challenges auxquels je vais m'abonner, comme ces deux-ci... Les autres ayant été commencés au fil des lectures et mis en lien dans mes articles...

Bonnes lectures,

Denis

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 16:10

 

Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (10/18 - 125 pages - 2005)

Première édition Canada : 2001

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Ce livre a d'abord été une nouvelle, devenu roman sous ce titre.

Alors, ce texte ne peut être qu'un choc puisque c'est le récit autobiographique d'une fin de vie à seize ans. Frédéric Langlois vit ses derniers jours dans un hôpital de Montréal. Il écrit des poèmes qui parsèment le texte. Et à un moment, lui atteint d'un cancer de l'os de la hanche, dit être le poète Metastase. Alors, personne ne connaissant le personnage historique, son nouveau nom fait scandale ici, où tout est fait pour effacer la maladie, la cacher, faire semblant qu'elle n'existe pas.

Or Pietro Metastasio (1698-1782), dit Metastase, a bien existé. Il était librettiste et poète.

 

Frédéric voit sa famille, se fait des amis dotn Bruno qui va avoir plus de chance que lui puisqu'il va pouvoir sortir de l'hôpital. Marilou, poète à son heure aussi, devient aussi amie avec Frédéric. Lui qui n'a pas le temps d'être amoureux, trouve Marilou à son goût mais elle va être mutée dans un autre hôpital, et il ne la reverra pas.

Ce jeune homme est aigri contre la religion, contre la vie aussi et contre les bons sentiments. Il ne veut aucune pitié à son égard.

 

J'avoue que la manière de traiter le thème du livre ne m'a pas entièrement conquis. Surtout la fin, où la bible et la religion envahissent la narration sans rien apporter de très intéressant, sauf à comprendre que Frédéric n'attend rien de personne et encore moins des prêtres, même s'il imagine ce que peut être le prugatoire. Car son cynisme va jusqu'à écrire des lettres à remettre à sa famille pour les un an de sa mort, et dans l'une d'elle, il décrit le purgatoire tel qu'il le voit.

 

En résumé, pas de coup de coeur et des moments d'agacement.

 

Quelques extraits qui vous donnerons le ton du livre : (page 18) "(...) depuis un certain temps, je reçois toutes sortes de cadeaux inexplicables, du beau linge que j'userai pas, des Asterix et des Tintin que j'ai déjà lus cent fois, des trucs de luxe dont j'ai jamais même rêvé, comme un petit transistor qui se glisse sous l'oreiller, ou une lampe de poche miniature qui fait une vie dans la nuit ; et le facteur m'enterre de cartes de souhaits stéréotypés, achetées à la pharmacie entre les aspirines et les capotes, qui ont l'air de me crier adieu sous l'espoir imprimé en Ontario, et je pense que c'est un signe des temps".

 

Page 26 : "Depuis cette triste découverte médicale qui me perd sans retour, j'ai emménagé à l'hôpital où j'essaie tant bien que mal de me faire un petit chez-moi accueillant malgré la chaise roulante stationnée le long du mur et qui m'attend comme une limousine, prête à m'emmener vers de nouvelles aventures sans lendemain. Mais ça sera jamais la plus charmante des garçonnières ici, c'est entendu, et je dors dans un lit de métal froid..."

 

Page 54 : "Le lendemain, j'ai osé regarder Marilou dans les yeux pour lui dire : "Tu écris des poèmes mille fois meilleurs que moi." Elle a rougi, comme exaucée, et je me suis excusé d'avoir un coeur qui bat fort pour elle."

 

Page 76, le poème qui donne le titre du livre : "Je songe à un million de mystères, / du mercure sous la langue, / et je me demande : / si je croquais le thermomètre, / et si je buvais du mercurochrome, / verrais-je l'autre côté des mondes?"

 

On voit bien là tout le tragique du sujet et de la façon dont Frédéric le vit de l'intérieur. On comprend sa révolte, sa colère mais je n'ai pas pu être compatissant en me posant constamment la question : comment vivrais-je une telle situation? Et je n'ai pas la réponse évidemment. Sa lucidité devrait le conduire au suicide, pour arrêter tout cela et il réagit autrement avec la Bible en tête, semblant vouloir donner aux autres, des clés de vie...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre d'une lecture commune de Sylvain Trudel pour le challenge "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

Et cette lecture s'inscrit également dans mon challenge

"Littérature francophone d'ailleurs"

 

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:51

Après mon passage à la bibliothèque aujourd'hui, voici comment je pense participer au mois américain organisé par Noctembule

moisamericain

 

Pour le 5 octobre 2013, lecture commune autour de Henry Miller :

 

"Correspondance privée Henry Miller - Lawrence Durrell" (le livre de poche)

 

Quand deux génies littéraires, l'un américain et l'autre britannique, croisent leurs impressions sur leurs oeuvres et leur travail au travers d'une très longue amitié et à travers une sélection de lettre faite par les auteurs eux-mêmes

 

 

Pour le 12 octobre, Paul Auster, également en lecture commune, avec le premier volet de sa trilogie new-yorkaise : "Cité de Verre" (Babel)

 

 

Le 14 octobre ce sera la lecture du roman de Laura Kasischke (auteur en lecture commune) paru pour la rentrée littéraire 2013 : "Esprit d'hiver" (Christian Bourgois)

 

 

Et "les autres", non des moindres :

Le 15 octobre 2013, Philip Roth (également en lecture commune pour son oeuvre) et pour moi sa première oeuvre parue, le recueil de nouvelles  "Goodbye, Columbus" (Folio) :

 

 

 

Pour la lecture commune du 21 octobre 2013 autour de James Welch, "Comme des ombres sur la terre" (Terre indienne - Albin Michel)

 

 

J'allais presque dire "hors compétition" (comme dans les festivals), car à ma connaissance il n'y a pas de lecture commune officiellement prévue, le roman de Richard Ford, paru en cette rentrée 2013, "Canada", éditions de l'Olivier. J'ai prévu de le lire en même temps que Julie Désir, ce qui va peut-être donner l'envie à d'autres participants du challenge de se joindre à nous. j'attends beaucoup de cette lecture.

 

 

 

 

Adieu John Irving, Louise Erdrich, Joyce Carol Oates et tant d'autres encore... car j'en suis déjà à environ 2 000 pages en un mois avec ces 6 livres.

 

Mais, il y aura une suite avec les lectures que j'ai programmées pour 2014 :

 

 

janvier 2014 : Edgar Allan Poe 

février :           Walt Witman

mars :             Nathaniel Hawthorne

avril :              Herman Melville

mai :               Jack London

juin :               Mark Twain

juillet :            Henry James

août :              Edith Wharton

septembre :   Emily Dickinson

octobre :        William Faulkner

novembre :    Ernest Hemingway

décembre :    John Steinbeck

 

 

Sans oublier, le nouveau challenge de miss G. qui commence le 1er octobre 2013 pour deux ans :

 

 

 

Et puis, sans vouloir trop dévoiler de secrets, Noctambule serait bien en train de nous préparer une surprise... pour permettre de compléter ces deux "initiatives" qui iront au-delà de ce "mois" d'octobre 2013.

 

Très bonnes lectures états-uniennes,

 

Denis

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 19:32

 

Avec ou sans amour de Claire Martin (CLF poche - Canada - 157 pages - 1970)

Première édition Canada 1958 - Prix du Cercle du Livre de France 1958

(Ce n'est pas la couverture de la collection de poche que j'ai lue)

-------------------------------

Claire Martin, née à Québec en 1914, a publié ce recueil de nouvelles en 1958, premier livre qu'elle a publié, primé en France dès sa sortie. Elle a publié au total 14 romans et recueils de nouvelles et s'approche de ses 100 ans. Son dernier livre a été publié en 2008 "Le feu purificateur".

27 courtes nouvelles d'environ 4-5 pages chacune, dont aucune ne donne son titre au recueil. Toutefois, passé le cap du titre qui pourrait faire penser à un livre "à l'eau de rose", on s'aperçoit que les amours décrits sont généralement malheureux. Pas de happy end dans ces nouvelles où l'amour se montre souvent éphémère, incompris. Les couples croient s'aimer et finalement finissent par se détester, avoir envie de se tuer, de se tromper. Il n'y a pas d'amour heureux dans ce recueil. Pas d'harmonie, pas de roucoulements amoureux éternels. Mais des brisures, des conflits...

La seule histoire qui donne du réconfort est cet amour de vieillards, dans la nouvelle qui s'intitule "La belle histoire". En effet, ces deux êtres se sont aimés et sont séparés, elle est à l'hôpital, lui vit chez sa brue. Alors, se voir dans leur lieu de fin de vie est impossible. Ils ont trouvé comme solution une maison de rendez-vous. Ils passent un moment dans une chambre et se parlent tranquillement. La femme de ménage a été surprise que chaque semaine, à la même heure, dans la même chambre, le lit reste fait et tout est en ordre après leur passage, ce qui n'est pas la coutume dans un tel établissement. Et c'est ainsi qu'elle va découvrir leur secret et ils vont lui expliquer la raison. Ces ceux-là vont tout de même mal finir...

 

Cette nouvelle débute ainsi : "Le métier de bonniche dans une maison de rendez-vous, croyez-moi, ça n'est pas un métier aussi drôle que vous pourriez le supposer. D'abord, je suis loin d'être aux premières loges. Et le peu que je pourrais attraper, si j'étais curieuse ou intéressée, serait, j'en ai peur, incurablement toujours la même chose. // J'ai commencé ça quand le travail était rare. Il fallait bien que je gagne ma vie. J'avais cherché dans tous les bureaux d'affaires de la ville, tous les magasins, tous les instituts de beauté, les ateliers de couture. Avant de mourir de faim, j'ai accepté cela."

 

Des textes brefs mais qui sont autant de tranches de vies où les couples et les amours sont malmenés. Un livre assez court mais qui ne se lit pas très vite car on a envie de "respirer" entre deux nouvelles, car si les thèmes sont très proches, il faut s'immerger très vite dans des univers où tout est dit avec concision et je ne me voyais pas "avaler" quatre ou cinq nouvelles de suite. J'ai pris mon temps de lecture avec deux - trois nouvelles par jour dispersées entre d'autres lectures dont Gabrielle Roy et Michel Tremblay. Des univers littéraires complètement différents.

Hors Canada, je ne pense pas qu'il soit facile de trouver ce livre, heureusement la bibliothèque du Havre a un fonds littéraire de très grande qualité, ce qui m'a permis de découvrir cette auteure.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

Et cette lecture s'inscrit également dans mon challenge

"Littérature francophone d'ailleurs"

 

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 20:58

 

La confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset (Pocket - 332 pages)

Première publication : 1836

 

Alfred de Musset (1810-1857) venait de sortir de sa liaison avec George Sand quand il écrivit ce texte autobiographique. Il rencontre George Sand le 19 juin 1833 lors d'un dîner et ils vont se quitter définitivement le 6 mars 1835. Un peu moins de dexu ans d'une aventure amoureuse tumultueuse dont Alfred de Musset tire ce livre en 1836, presque "à chaud", tandis que George Sand publiera "Elle et lui" en 1859, soit plus de vingt ans plus tard.

 

Octave, le héros de "la confession...", 19 ans lors au début du texte, raconte ainsi ses mésaventures sentimentales. Ce "mal du siècle" qu'il va nous présenter débute un soir dans un dîner, quand il s'aperçoit que sa maîtresse fait du pied à un de ses amis. Trahi, il demande réparation par un duel dont il sort blessé (au propre et au figuré). Il revoit sa maîtresse, se rend comtpe qu'il l'aime toujours mais la situation est compliquée et son ami Desgenais essaie e lui expliquer dans quel état d'esprit il est.

 

Page 33 : "J'ai à raconter à quelle occasion je fus pris d'abord de la maladie du siècle. // J'étais à table, à un grand souper, après une mascarade. Autour de moi mes amis richement costumés, de tous côtés de jeunes gens et des femmes, tous étincelants de beauté et de joie ; à droite et à gauche des mets exquis, des flacons, des lustres , des fleurs ; au-dessus de ma tête un orchestre bruyant, et en face de moi ma maîtresse, créature superbe que j'idôlatrais. (...) Comme je me retournais pour prendre une assiette, ma fourchette tomba. Je me baissai pour la ramasser, et, ne la trouvant pas d'abord, je soulevai la nappe pour voir où elle avait roulé. J'aperçus alors sous la table le pied de ma maîtresse qui était posé sur celui d'un jeune homme assis à côté d'elle ; leurs jambes étaient croisées et entrelacées, et ils les resserraient doucement de temps en temps".

 

Le drame "romantique" peut alors se mettre en marche. Octave va aller de déceptions en déceptions, d'abord avec Mme Levasseur, une amie de sa maîtresse qu'il va séduire et abandonner presque aussitôt, se disant qu'il n'est plus capable d'aimer.  Desgenais va l'entraîner dans le monde du libertinage et des aventures éphémères.

Et puis, il rencontre Béatrice Pierson, plus âgée que lui, qui va le repousser. Seulement Octave se rend compte qu'elle l'aime.

 

Elle lui écrit : 'page 169) "... Je suis plus vieille que vous de quelques années, et je vous demande de ne plus me revoir. Ce serait en vain que vous tenteriez d'oublier un moment de faiblesse ; ce qui s'est passé entre nous ne peut ni être une seconde fois ni s'oublier tout à fait. // Je ne vous quitte pas sans tristesse ; je fais une absence de quelques jours ; si, en revenant, je ne vous trouve plus au pays, je serai sensible à cette dernière marque de l'amitié et de l'estime que vous m'avez témoignées. - Brigitte Pierson".

 

Et telle la relation avec George Sand, celle entre Octave et Brigitte se révèle compliquée. Octave est suspicieux, essaie de savoir si elle lui est fidèle, surveille Smith qui va être l'amant de Brigitte, plusieurs preuves l'attestant.

Octave repousse alors de jours en jours le voyage qu'il doit faire en Italie avec Brigitte, pense même à la tuer... Musset met beaucoup de lui dans ces pages.

 

Page 282 : "Tandis que, du jour au lendemain, je remettais sans cesse ce départ, je perdais la force et le sommeil, et peu à peu, sans que je m'en aperçusse, toute la vie m'abandonnait. Lorsque je m'asseyais à table, je me sentais un mortel dégoût : la nuit, ces deux pâles visages, celui de Smith et de sa maîtresse, que j'observais tant que durait le jour, me poursuivaient dans des rêves affreux".

 

Ce récit est tout à fait dans l'esprit du romantisme apparu en France au début des années 1830. Musset s'inscrit en plein dans ce mouvement littéraire qu'il investit tout d'abord par le théâtre (Les caprices de Marianne, 1833 ; On ne badine pas avec l'amour, 1834 ; Lorenzaccio, 1835).

Une lecture inspirée par l'envie de relire cet auteur par un de ses écrits emblématique du romantisme. Alors, bien sûr, le ton par moments très lyrique peut paraître "daté", mais l'ensemble du récit s'avère lisible même 180 ans plus tard, à condition, bien sûr, de lire dans l'esprit de l'époque et non avec notre regard d'aujourd'hui.

 

Une très intéressant lecture pour revisiter un 19e siècle toujours aussi divers et passionnant.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Et cette lecture, bien que programmée avant la création du challenge, s'inscrit dans ce nouveau et passionnant "challenge du XIXe siècle" qu'a initié "Netherfield Park", un blog à quatre main comme bonheur de lire

 

Et comme ce blog s'intéresse autant à la littérature qu'au cinéma, je précise que "la confession d'un enfant du siècle" a fait l'objet d'une adaptation :

 

 

 

 

 

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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