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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 14:59
Les petits de Décembre de Kaouther Adimi (Seuil)

Les petits de Décembre de Kaouther Adimi

(Le Seuil - Fiction & Cie - Août 2019 - 248 pages)

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Quatrième roman de la jeune romancière née à Alger en 1986 et qui en France désormais.

"Nos richesses" en 2017 avait obtenu un franc succès autour de la personnalité remarquable du libraire et éditeur (notamment d'Albert Camus) Edmond Charlot.

Cette fois-ci, avec ce roman, elle s'intéresse à une cité de la périphérie ouest d'Alger: la cité du 11-décembre-1960 à Dely Brahim.

Le 2 février 2016, trois enfants jouent au ballon dans l'immense terrain vague de la cité.

Inès a 11 ans et elle est la fille de Yasmina et la petite-fille d'Adila. Adila, moudjahida, est une femme devenue mythique en Algérie après ses combats pour l'indépendance algérienne.

Jamyl vit chez ses grands-parents et Mahdi vit avec son père, mutilé lors d'un attentat en novembre 1999.

Le lendemain, mercredi 3 février 2016, deux généraux arrivent en voiture d’apparat devant le terrain vague : Saïd et Athmane. Ils annoncent qu'ils sont devenus propriétaires de ce terrain, anciennement militaire, comme la cité, pour bâtir deux grandes villas. Leurs propos déclenchent une révolte des jeunes à laquelle s'associe Adila. Le chauffeur alerte la gendarmerie puis ils repartent croyant l'endroit paisible, d'oùleur stupeur d'avoir été agressés.

 

 

Comment ça s'est passé? demandèrent les épouses des deux généraux lorsque ces derniers rentrèrent furieux et humiliés. Il furent agacés de cette question.
Le général Saïd ne répondit pas tout de suite et sortit dans le jardin fumer quelques cigarettes. (...) Le général Athmane, lui, réunit ses cinq enfants dans le salon ainsi que son épouse.
(...) - A vrai dire, reconnut froidement Saïd, on avait baissé la garde. On s'est fait avoir comme des bleus.
- C'est rare que tu sois si peu vigilant, s'étonna sa femme.
- Oui, c'est une bonne leçon, la racaille se cache partout,même chez les enfants de hauts officiers. (page 45-46)

Mohamed et Cherif, d'anciens militaires à la retraite ont tout vu, sans intervenir. 

D’ailleurs les deux généraux les invitent pour essayer de trouver avec eux un accord pour éviter de nouvelles échauffourées.

Mais rien n'y fait et les enfants s'organisent pour sauver leur terrain quand les militaires reviendront car ils savent qu'ils ne lâcheront pas l'affaire. On est en Algérie et personne n'a réussi jusqu'à présent à s'opposer de manière "définitive" à toute décision gouvernementale.

Les enfants des quartiers alentours viennent en renfort armées de pierres et de bâtons, prêts à accueillir les généraux ou leurs représentants.

Kaouther Adimi sait maintenir le suspens et elle nous rappelle par l'intermédiaire  d'Adila quelques moments clés de l'histoire contemporaine de l'Algérie et de l'impossibilité de s'exprimer et d'intervenir contre le régime en place depuis l'indépendance.

Et si les enfants y arrivaient pour la plus grande honte de leurs aînés !!!

 

- Ah, Mohamed, mon ami, comment les choses vont-elles se terminer? J'ai peur pour ces enfants.
- Moi aussi Cherif. Les généraux ne vont pas se laisser faire.
- Non, ils ne vont pas se laisser faire mais les gosses non plus ! Ils sont courageux et ils sont décidés à se battre pour une cause importante. Reconnais-le, ils ont mis notre génération hors jeu en quelques jours. Nous vivons dans la peur, pas eux. (page 219)

Belle leçon de "morale", quelle que soit l'issue du combat ! Les enfants sont devenus "les petits de décembre".

https://www.huffpostmaghreb.com/entry/histoire-algerie-independance_mg_6307402

(Le lien ci-dessus rappelle ce 11 décembre 1960 décisif pour l'indépendance de l'Algérie, d'où le nom de cette cité qui existe réellement)

Très beau livre que je recommande chaleureusement.

Bonne lecture 

Denis

 

Les petits de Décembre de Kaouther Adimi (Seuil)
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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 18:40
Reprise des activités de plein air de Jean-Claude Lalumière (Editions du Rocher)

Reprise des activités de plein air de Jean-Claude Lalumière

(Editions du Rocher - Octobre 2019 - 221 pages)

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Trois hommes ont en commun l'île d'Oléron où ils vont se rencontrer.

Mickael est le plus jeune. Il a 22 ans et est amoureux, sans lui avouer dans ses courriels. Il est sur l'île, de passage, mais sa solitude l'incite à poursuivre son séjour.

Il est logé chez Christophe, installé depuis un an sur l'île. Il a 47 ans et a hérité de la maison de sa grand-mère Henriette. Au départ, il était venu pour la vider. Valérie l'a aidé au début puis elle l'a quitté. Alors, il a décidé de garder la maison, d'y habiter et de la rénover. Pour ce faire, il a accepté de loger Mickael, l'exonérant de loyer à condition qu'il l'aide pour les travaux, ce qu'il accepter volontiers.

Et puis, il y a sur l'île, Philippe, 85 ans, bientôt veuf d'Elisabeth, l'ancienne institutrice de la commune de Saint Georges d'Oléron. Un soir, il a annoncé à Christophe la mort de son épouse, ce qui a resserré les liens entre les deux hommes, voisins depuis quelques mois. 

Mickael et Christophe ne voulant pas que Philippe reste seul dans la journée, ils le font venir sur le "chantier" pour qu'il puisse leur parler et leur préparer les repas du midi.

Et soudain, Christophe a l'idée de créer un restaurant d'autant qu'il a retrouvé le carnet de recettes de sa grand-mère.

Une autre idée va également leur venir à l'esprit d'autant qu'ici on est sur une île entourée d'eau !

Chacun vit ses angoisses, ses espoirs dans un cadre idéal pour la recherche de solutions, même si on sent bien que Philippe ne croit plus en grand chose.

Par courts chapitres dont l'intitulé rappelle lequel des trois va être le personnage principal des quelques pages qui vont suivre et par l'entrelacement de leur histoire sur l'île, on entre réellement dans l'intimité des trois hommes.

L'écriture impeccable, entre courriels, dialogues, articles de journaux permet d'éclairer les trois parcours, sans les alourdir, de manière souvent "plaisante", au bon sens du mot. On se laisse emporter sur l'île aux côtés de Mickael, Christophe et Philippe. 

Un beau livre, agréable à lire, réflexion sur la vie et sur le temps, loin du monde, du bruit et de l'urgence de la vie urbaine.

Merci aux Editions du Rocher de m'avoir adressé ce roman.

Bonne lecture,

Denis

 

Reprise des activités de plein air de Jean-Claude Lalumière (Editions du Rocher)
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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 18:10
Salon du livre Ado - ville de Suresnes - 16 et 17 novembre 2019

Julie B. du pôle culture de la ville de Suresnes m'a envoyé l'information suivante, concernant le 4e salon du Livre Ado de Suresnes qui se tiendra du 16 au 17 novembre prochain :

 

            Salon du Livre Ado de Suresnes 4 e édition du 16 au 17 novembre 2019

Premier salon dédié à la littérature adolescente, le Salon du livre ado est devenu l’un des grands rendez-vous du monde de l’édition jeunesse en Ile-de-France.

Onze écrivains et une illustratrice seront présents pour aller à la rencontre des lecteurs, participer à des débats, des conférences et présenter leurs ouvrages.

Pour cette 4e édition, l’autrice Cassandra O’Donnell succède à Stéphane Servant en tant que marraine.

Créatrice de la très populaire série Malenfer, publiée chez Flammarion Jeunesse, elle revient dans les librairies en novembre avec le troisième tome de sa saga La légende des 4. Grande figure française d’ « Urban Fantasy», elle apportera son expertise d’écrivaine à succès lors de conférences.

Pour la première fois, le salon se déroulera sur cinq jours avec deux jours dédiés aux professionnels et aux enseignants le mercredi 13 et le jeudi 14 novembre, en plus du week end ouvert à tous.

 

Au programme : rencontres, tables rondes et ateliers.

Cette année également, les jeunes lecteurs pourront retrouver les traditionnelles séances de dédicaces, les ateliers d’écriture et d’illustration mais aussi un Escape game, des battles d’écriture et encore plein d’autres surprises.

À noter pour les parents et les adolescents de plus de 15 ans, une table ronde sur La sexualité et la littérature chez les adolescents, animée par des auteurs reconnus et spécialistes de la thématique : elle traitera avec simplicité de ce sujet parfois tabou.

Les librairies Lu&cie et Point de Côté en partenariat avec la ville de Suresnes offrent ainsi un moment unique aux lecteurs afin de les initier au merveilleux voyage de la lecture.

Salle des fêtes, 2 Rue Carnot, 92150 Suresnes - Entrée gratuite -

Mercredi 14h-17h (pour les professionnels)

Jeudi 10h-12h (pour les professionnels)

Vendredi 10h-16h30 (pour les scolaires)

Samedi 14h- 17h30 (ouvert à tous)

Dimanche 15h- 18h (ouvert à tous)

Auteurs présents 

Samedi 16 : Kamel BENAOUDA (auteur) Marie BRETIN (illustratrice) Claire CASTILLON (autrice) Carina ROZENFELD (autrice) Séverine VIDAL (autrice)

Samedi 16 – Dimanche 17 : Nathalie BERNARD (autrice) Richard NORMANDON (auteur) Cassandra O’DONNELL (autrice) Marie PAVLENKO (autrice) Flore VESCO (autrice)

Dimanche 17 : Hélène COUTURIER (autrice) Anne-Fleur MULTON (autrice)

 

Site du salon :  https://www.suresnes.fr/le-salon-du-livre-ado/

Salon du livre Ado - ville de Suresnes - 16 et 17 novembre 2019

Cassandra O’Donnell est une romancière française. Réalisatrice de documentaires et de reportages, elle décide de prendre son pseudonyme actuel pour créer la saga d’urban fantasy Rebecca Kean en 2011, publiée chez j’ai lu, dans la collection Darklight. La série a connu un véritable succès dès sa sortie.

En 2013, elle se lance dans la romance historique, dans la collection J’ai lu pour Elle, avec la saga Les Soeurs Charbrey. En novembre 2014, l’autrice sort, chez Flammarion, le premier tome d’une trilogie pour la jeunesse pour les 8-10 ans intitulée Malenfer dont elle a obtenu le Prix Imaginales des écoliers 2015., C

En mars 2016, Cassandra O'Donnell se lance dans la comédie policière, chez Pygmalion, avec Les Aventures improbables de Julie Dumont. Un deuxième tome est prévu pour 2019. 

Elle travaille également sur une adaptation télévisuelle, sous forme de série. 

 

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 20:33
Citation de Victor Hugo sur la vie et l'amour

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 17:05
Aquarium de David Vann (Gallmeister)

Aquarium de David Vann

(Gallmeister - collection "Nature Writing" - 271 pages - Octobre 2016)

Traduit de l'anglais (USA) par Laura Derajinski

Titre original : Aquarium (2015 - Grove Press, New York)

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Huitième roman de David Vann, sixième traduit en français, après le grand succès remporté dès 2010 par Sukkwan Island, que j'ai lu en 2016 et qui avait été un réel "choc".

Celui-ci l'est moins. on pourrait dire qu'il est plus "soft". Malgré tout, avec David Vann n'attendez pas un roman "fleur bleu" où tout serait "idyllique", et chez Gallmeister, même dans sa collection "Nature Writing" le lecteur est rarement épargné.

 

Caitlin a 12 ans et vit avec sa mère, Sheri, femme célibataire qui amène de temps en temps un homme à la maison, tel ce soir Steve, informaticien charmeur avec son harmonica.

Caitlin est fascinée par les poissons et elle se rend chaque jour après l'école à l'aquarium de leur ville, Seattle. Elle y a un abonnement annuel et aujourd'hui elle a rencontré un vieil homme qui a la même passion qu'elle.

 

 

Je trouvai le vieil homme si proche de la vitre qu'il semblait aspiré dans le bassin. Bouche bée, regard incrédule.
Un poisson-main, dit-il. Un poisson- main rouge. Ca ressemble encore moins à des nageoires que celles du poisson-grenouille d'hier.
(...) Regarde-moi ça, lan ça le vieil homme. On dirait qu'il est accoudé à une fenêtre.
C'était vrai. (page 21)

L'auteur semble aimer également les poissons car il les décrit avec précision et les pages qui se passent à l'aquarium sont agrémentées de dessins au crayon de l'auteur.

L'aquarium serait un microcosme, lieu idéal de vie, surtout que l'harmonie est la règle d'organisation d'un aquarium afin d'éviter tout "conflit" entre poissons.

Et Caitlin qui a une vie difficile avec une mère acariâtre, laquelle dit avoir souffert dans sa vie n'est pas épargnée par elle. 

Caitlin prépare avec sa classe la fête de fin d'année. Ainsi, les cours sont suspendus et elle s'ennuie. Heureusement qu'elle a une amie Shalini. Elles vont développer un amour authentique qui vont leur faire du bien.

Les compteurs semblent être au vert pour la jeune fille entre ce vieil homme qui la comprend et partage ses goûts et Shalini qui lui apporte de l'amour. Seulement, un jour, l'homme demande à rencontrer la mère de Caitlin.

Quand elle en parle à sa mère, elle reçoit une gifle et quand elle répond aux questions en répondant oui que le vieil homme a montré de l'empathie et a parlé d'un voyage, la mère alerte la police pour faire arrêter ce "pervers" au moment où elle se rendra à l'aquarium;

Le scénario se déroule comme prévu pour la plus grande tristesse de Caitlin qui sent que son ami considérera qu'elle l'aura trahi !

Et coup de tonnerre, Sheri connaît cet homme !

Impossible de raconter la suite au risque de "divulgacher" la lecture de la fin du roman.

 

David Vann maîtrise l'intrigue et nous laisse constamment dans l'attente d'un événement qui viendra bousculer les personnages, surtout Sheri et Caitlin dont les tensions ne cessent de croître au fil des pages.

 

Comme toujours avec cet auteur, on ne peut que recommander la lecture de ses romans, tellement forts et surtout tellement bien écrits. Pas un mot de trop, ou peut-être ici, juste des descriptions de poissons un peu à la Jules Verne qui donnent envie de passer pour les non initiés quelques paragraphes.

 

Lecture faite en commun avec Marjorie (suivre le lien) dont le ressenti a été très proche du mien tout au long de notre lecture. Je la remercie encore une fois ici de la complicité littéraire qui fait de nos "LC" des moments de fructueuses lectures.

Bonne lecture,

Denis

 

Aquarium de David Vann (Gallmeister)
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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 16:50
Olya de Michel Louyot (HD - Ateliers Henry Dougier)

Olya de Michel Louyot

(HD - Ateliers Henry Dougier - Septembre 2019 - 224 pages)

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Livre de la rentrée littéraire d'un éditeur dont j'aime bien les livres.

Le roman nous entraîne dans le Japon contemporain. Toutefois, le roman débute à Paris où le narrateur habite. Il espère qu'Olya pourra venir l'y rejoindre, comme elle le lui a promis.

Yoshi san est né au Japon et sa mère est décédée à sa naissance et il eut bien peu de liens avec son père, homme d'affaires japonais devenu un temps ministre.

il lui a fallu du temps avant de se ranger et de vivre une vie "saine" !

Fasciné depuis toujours par la Russie et sa rencontre avec Sacha, conférencier russe, ne fait que renforcer son amour pour ce pays et sa culture. Et pourtant, les relations entre le Japon et la Russie ont été compliquées depuis de longues années.

Le grand-père aurait participé à des massacres en 1905 en Russie. Le narrateur va d'ailleurs entreprendre un voyage vers ses origines près de la frontière russe avant de la franchir.

Sacha va brusquement disparaître et Olya va entrer dans sa vie. Elle aussi est russe. Elle est venue au Japon pour se prostituer. Le narrateur l'a rencontrée dans un bar et a eu immédiatement une attirance pour elle. Ils vont se revoir régulièrement jusqu'à ce qu'elle aussi s’éclipse.

Deux russes qui entrent dans sa vie puis en sortent brusquement. Etrange situation. Et si c'étaient des espions?

On en est là de ses interrogations quand il quitte le Japon.

Le lecteur entre dans ce monde russo-japonais pour se rappeler que ces pays si proches géographiquement sont en fait complètement différents dans tous les domaines : culture, conditions de vie, économie etc...

On décroche de temps en temps, il faut l'avouer mais la langue est toujours de grande qualité, proche de la poésie dans son élaboration et dans sa narration.

L'auteur, Michel Louyot a été attaché culturel à Moscou puis il a vécu neuf ans au Japon, où il a dirigé l'institut franco-japonais de Kyushu et enseigné le français à l'université du Kurumu, d'où sa parfaite connaissance du contexte historico-culturel du roman. 

"Sacha a disparu". J'avais gardé le billet, le lisant et le relisant en cherchant à deviner quelque intention ou émotion derrière les mots. L'écriture était d'une femme, à n'en pas douter. Une écriture raffinée. Sans doute une connaissance de Sacha, peut-être une amie intime. il était resté discret sur ses relations. L'âme russe recelait bien des mystères. Je n'en avais pas fini de sonder l'énigme de ce pays composite, asiate vu de l'Europe, branche orientale du continent européen vu de l’Asie.

Merci à Estelle, attachée de presse et à l'éditeur HD de m'avoir adressé ce roman que je recommande pour sa langue et son contexte historico-culturel.

Bonne lecture,

Denis

Olya de Michel Louyot (HD - Ateliers Henry Dougier)
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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 16:49
Le bonheur vu par Emile Zola

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 16:08
Meurtriers sans visage de Henning Mankell (Le Seuil - Opus)

Meurtriers sans visage de Henning Mankell

(Le Seuil - Opus - Intégrale Wallander 1 - Novembre 2010)

(300 pages pour cet "épisode")

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

Titre original : Mördare utan ansikte (1991)

Première édition française : 1994 (Christian Bourgois Editeur) et pour la traduction 2001.

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La série Wallander que j'ai présentée dans un précédent article (lire ici) débute avec ce roman publié en 1991 en Suède : Meurtriers sans visage.

 

8 janvier 1990 : réveil inhabituellement tôt pour ce vieil homme de 70 ans, Nyström, cultivateur retraité. Il n'a pa entendu la jument du voisin hennir comme elle le fait tout le temps. Et puis il voit que la fenêtre des voisins, les Lövgren est ouverte. Et il entend un cri qui est celui de Maria.Un carnage a eu lieu et il appelle aussitôt la police.

 

Kurt Wallander, 42 ans, est reveillé par le commissariat et part immédiatement sur les lieux. L'homme est mort, ensanglanté et mutilé de toutes parts tandis que sa femme vit encore, à moitié étranglée. Mais elle ne survit pas longtemps, lâchant un seul mot avant de mourir : "étranger".

 

Le nœud coulant n'est pas commun et la jument fournie en foin sans doute après le meurtre forment deux des énigmes à élucider, sans oublier que dans une Suède de plus en plus raciste, le mot "étranger" risque de créer un climat délétère quand les médias vont s'emparer de l'affaire.

 

Wallander commence l'enquête dans un contexte familial difficile pour lui : Mona, son épouse, l'a quitté et sa fille Linda s'est éloignée de lui ; quant à son père, âgé de 80 ans, il vit dans des conditions précaires chez lui, se négligeant et ne pensant qu'à peindre interminablement le même tableau.

 

L'on apprend très vite que ce Lövgren n'a pas eu une vie si sage qu'on pourrait le croire.

Sen Widen, son beau-frère déclare qu'il a trafiqué de la viande pendant la guerre avec les allemands, se constituant une petite fortune qu'il a fait fructifier sans en parler à son épouse puis à ses filles. Il a eu par ailleurs une aventure avec un femme qui lui a donné un fils sans le reconnaître officiellement.

 

Et inévitablement, le fait que ce meurtre ait pu être commis par un étranger, des "extrémistes" mettent le feu à un camp de réfugiés et tuent même un "innocent émigré".

Autant de nouvelles pistes à explorer mais l'affaire est compliquée et il faudra bien de la persévérance pour avancer...

 

Mankell a un art d'écrire avec sobriété, à partir de phrases courtes et percutantes. Il sait ménager le suspens et introduire les tracas personnels de Wallander au sein du récit, n'en faisant pas qu'un seul roman policier. On vit au cœur de l'enquête avec tous ses tours et détours pour le plus grand plaisir de lecture.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Meurtriers sans visage de Henning Mankell (Le Seuil - Opus)
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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 16:18
Une fleur éclot dans la nuit de Maxime Patry (L'Age d'Homme)

Une fleur éclot dans la nuit de Maxime Patry

(L'âge d'homme - Collection "Littératures" - 137 pages - mars 2019)

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Un titre éminemment poétique pour un premier roman d'un jeune auteur normand, Maxime Patry, titulaire d'un "Master ès Lettres", assorti d'une publication chez un éditeur de prestige "L'âge d'homme".

Tout pour m'avoir donné envie d'accepter un exemplaire de la part de l'auteur pour lire le livre et en parler ainsi sur le blog.

 

Le roman nous entraîne dans un étrange pays : Terracognita.

Et l'auteur présente ainsi la première partie du roman, à la manière des romans du XIXe siècle :

 

Ce qu'il en est de Securù, de ce garçon à l'avenir prompt et fier d'homme, c'est précisément ce que nous voulons savoir et dire. Ainsi la parole doit naître : il faut laisser se dérouler ce flux incertain, une voix légère comme un vent se déploie, venue de l'invisible.
Ce que nous voulons, c'est laisser venir les mots comme la rivière creuse son sillon et s'enfonce dans les strates toujours plus profondes et inconnues des vies.
De ce flot naissant jaillissent de plus anciennes paroles à travers les voix des vivants. Pour comprendre,il nous faut les écouter.

Laissons donc venir les mots et nous familiariser avec Terracognita et le "héros" du roman Securù au fil des pages.

Retour aux origines de ces terres dominées par un désert, une forêt et la mer, composées également d'un Domaine des Dieux, des Chemins sacrés, une mangrove et une ville, comme nous le montre une carte.

Puis apparaît Securù. Il travaille sur le port et rêve comme tous les habitants de l'île de naviguer. 

Un soir, il aperçoit une belle femme à la poitrine nue, évanescente. Elle semble venir du navire à quai, "La Vierge des Mers". Au matin, le navire est prêt à appareiller, alors Securù se propose à embarquer et il est accepté.

Son rêve, qui est aussi une réalité chez les insulaires, de naviguer se réalise mais son objectif est de revoir cette femme.

Seulement, il comprend très vite qu'elle est l'épouse du Capitaine et il la protège des autres marins en la cachant soigneusement au regard de ces hommes.

Sauf qu'il parle de vouloir la rencontrer, et quand le second, Marsile, en parle au Capitaine tout se complique pour lui. Il est mis aux arrêts et enfermé dans une geôle, avec interdiction de descendre du navire lors des escales. Une seule compensation, il fait les comptes et peut donner des conseils de "rentabilité" au Capitaine.

Pourra-t-il espérer quand même revoir cette femme? Tout le roman est bâti sur cette énigme.

 

J'ai pensé au roman de jack London : "Le loup des Mers" où il y a également une telle confrontation entre un Capitaine de navire et un jeune homme novice qui finit par beaucoup apprendre à son contact et progresser, au point d'arriver, non sans violence, "presque" à une complicité entre eux.

 

Un beau premier roman suffisamment court pour ne pas lasser le lecteur en lui disant l'essentiel de l'histoire.

On ne s'ennuie pas un instant et on se sent vivre aux côtés de Securù dans ce "huis-clos" promis au rêve et à l'angoisse tout autant.

 

Une belle découverte et encore merci à l'auteur de m'avoir proposé son livre à ma lecture.

Bonne lecture,

Denis

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 19:24
Kurt Wallander compagnon de route au long cours de Henning Mankell

L'intégrale Wallander de Henning Mankell

(Tome 1 - 1028 pages - Novembre 2010)

1 - Meurtriers sans visage

2 - Les chiens de Riga

3 - La lionne blanche

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Début de la préface de Henning Mankell à l'édition intégrale en trois tomes :

 

"Il y a de cela vingt et un ans, je revenais en Suède après une longue période africaine (...). Nous étions donc en 1989. De grands événements se préparaient dans le monde : la chute du mur de Berlin et la fin annoncée de l'apartheid en Afrique du Sud.

 

Mais, en Suède, j'ai aussi remarqué autre chose : une xénophobie qui n'hésitait plus à montrer son visage. Cela me préoccupait dans la mesure où le racisme est pour moi la plus visqueuse, la plus gluante, la plus méprisable des maladies collectives. Alors j'ai décidé d'écrire là-dessus.  Le racisme ayant selon oi un soubassement criminel, j'ai choisi d'utiliser la trame du crime pour le livre que j'avais en tête. Et, dans ce cas, ai-je pensé, il allait sans doute aussi me falloir un policier.

 

En consultant mes anciennes notes, je constate que le personnage de Kurt Wallander est né un jour de mai. Son nom m'est venu en feuilletant l'annuaire téléphonique de Malmö. J'ai trouvé Kurt à une page et Wallander à une autre.

 

Je tiens à souligner ce point. J'ai inventé Kurt Wallander parce que j'avais besoin de lui pour raconter une histoire. Cela n'a jamais changé par la suite. D'abord le récit, ensuite le commissaire.

 

(...) J'ai écrit "Meurtriers sans visage" il y a vingt ans. A présent, je viens d'écrire le dernier de la série, "L'homme inquiet". (...) J'ai écrit ce livre après avoir compris qu'il manquait une dernière histoire. Celle où Kurt Wallander serait au premier plan - pas seulement en qualité d'enquêteur, mais en tant qu'objet même du récit.

 

(...) Mais tout a une fin. C'est inévitable et, au bout de vingt ans, le temps est maintenant venu d'en finir. (...) Je vais simplement le laisser en paix. Je referme la porte et je le laisse poursuivre sa vie, sans l'encombrer ni m'encombrer davantage avec le récit de ce qui lui arrive..."

 

 Henning Mankell, juillet 2010 (traduit du suédois par Anna Gibson)

 

                                                        -----------------------------------

 

Une nouvelle aventure littéraire s'ouvre ainsi à moi avec ce tome 1 qui reprend dans l'ordre les trois premiers des dix volumes, avec" Meurtriers ans visage". 

Kurt Wallander apparaît page 19 au deuxième paragraphe du chapitre 2 ainsi :

                                                    

 

 

Kurt Wallander dormait. Il avait veillé beaucoup trop longtemps la nuit précédente, à écouter ces enregistrements de Maria Callas qu'un de ses amis lui avait envoyés de Bulgarie. Il avait passé plusieurs fois de suite sa "Traviata" et il était près de deux heures quand il était allé se coucher. Au moment où la sonnerie du téléphone l'arracha au sommeil, il était au milieu d'un rêve très puissamment érotique.

Tome 1 :

1- Meurtriers sans visage ((sv) Mördare utan ansikte, 1991), trad. Philippe Bouquet (édition française 1994)
2- Les Chiens de Riga ((sv) Hundarna i Riga, 1992), trad. Anna Gibson (édition française 2003)
3- La Lionne blanche ((sv) Den vita lejoninnan, 1993), trad. Anna Gibson (édition française 2004)

Tome 2 :


4- L'Homme qui souriait ((sv) Mannen som log, 1994), trad. Anna Gibson (édition française 2005)
5- Le Guerrier solitaire ((sv) Villospår, 1995), trad. Christofer Bjurström (édition française 1999)
6- La Cinquième Femme ((sv) Den femte kvinnan, 1996), trad. Anna Gibson (édition française 2000)

Tome 3 :


7- Les Morts de la Saint-Jean ((sv) Steget efter, 1997), trad. Anna Gibson (édition française 2001)
8- La Muraille invisible ((sv) Brandvägg, 1998), trad. Anna Gibson (édition française 2002)
9- L'Homme inquiet ((sv) Den orolige mannen, 2009), trad. Anna Gibson (édition française 2010)


 

Kurt Wallander compagnon de route au long cours de Henning Mankell
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