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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 19:17

Voici le texte de présentation que j'ai reçu et je invite à en savoir plus sur cette plateforme autour des livres et de la lecture :

 

 

 

EXCLUSIF : Collibris a lancé sa campagne de crowdfunding du 1er juin au 5 juillet 2015

Collibris, vous en avez peut-être entendu parler, est une application Web et Mobile gratuite dédiée aux amoureux de la lecture

Encore une plateforme pour les lecteurs me direz-vous ? Et bien pas seulement. Collibris, avec ses deux « L » entend voler bien plus haut. Partager vos lectures, créer votre PAL, votre liste de souhaits, donner votre avis, rédiger des critiques littéraires, retrouver vos amis, rencontrer de nouveaux passionnés, trouver votre prochaine lecture… et cela depuis n’importe quel appareil technologique.

Le concept est alléchant… Il vous séduit peut-être. Si tel est le cas, participez, vous aussi, à l’envol de Collibris !

Comment ? Me répondrez-vous. En participant à leur campagne de crowdfunding et en obtenant, en avant-première, un accès à l’application Mobile ! De quoi faire des envieux !

En devenant testeurs de l’application, vous aurez enfin l’occasion d’exprimer haut et fort vos attentes. Vous pourrez voter sur les améliorations à apporter, soumettre vos idées de fonctionnalités…

 

 

Alors Convaincus ? Etes-vous prêts à vous lancer dans l’aventure ?

Il n’y a pas une seconde à perdre : connectez-vous dès à présent et devenez acteur d’une histoire qui s’écrit à peine mais qui s’écrira désormais avec vous. Participez pleinement à l’émergence d’une communauté livresque et donnez à Collibris les ailes qui la feront voler.

 

Pour participer >Cliquez ici<

http://www.kisskissbankbank.com/collibris-rencontrez-votre-prochaine-lecture

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 18:24
V.W. par Geneviève Brisac et Agnès Desarthe (Ed. de l'olivier)

V.W. : le mélange des genres 

par Geneviève Brisac et Agnès Desarthe

(Editions de l'Olivier - Octobre 2004 - 280 pages)

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Résumé du livre sous forme de notes prises au fil de ma lecture de ce livre passionnant sur V.W. (Virginia Woolf  1882 - 1941) :

 

Le grand choc de Virginia a été la mort de sa mère Julia en 1895. Elle avait alors 13 ans. Leslie, le père se montre tyrannique après le décès de Julia. En 1897, c'est Stella, une demi-soeur qui meurt juste après son mariage, ce qui va profondément marquer Virginia.

Thoby a beaucoup compté pour elle. Son frère aîné à l'origine du groupe de Bloomsbury , mort à 26 ans.

Mais Vanessa, peintre, sera sa meilleure complice.

Virginia avait peur du mariage mais très vite et jusqu'à sa mort elle va dire que son mariage a été heureux.

Leonard se montre très attentif à la "folie" de Virginia d'autant qu'il suit de très près son oeuvre. Une oeuvre que Virginia nourrit en même temps qu'elle envoie de nombreuses lettres à ses amis.

Les lettres sont également des nourritures intellectuelles. Elles doivent être bourrées d'idées. Remplies de la banalité et des futilités du quotidien ses lettres l'ont désacralisée.

(p. 81) "Lire Virginia Woolf prend du temps. Son oeuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d'écrire si peu conventionnelle que l'on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre et pour ne pas s'y perdre".

Le "temps" est un élément clé de son oeuvre entre ennui d'un temps continu et répétitif et l'impression brutale que tout s'accélère ou de fige, avec en contrepoint la mort.

VW a des visions comme un peintre peut en avoir et la dernière phrase de "La promenade au phare", "j'ai eu ma vision" pourrait être la phrase inaugurale de tous ses romans. (p. 128).

Elle rompt avec le traditionalisme de la littérature trop "policée". Elle veut décrire le chaos de la pensée et utilise beaucoup de métaphores. Elle veut aussi casser la chronologie.

Virginia Woolf lit toujours plusieurs livres dans une même journée et elle écrit: "Que j'ai de choses à lire, pour démêler ce qui sonne juste et ce qui est faux, le posé et le naturel, la prose poétique, les faux pas, la rhétorique".

Elle cherche sans cesse à travers ses lectures et ses écrits la nouveauté, l'inventivité et l'innovation.

Ses grands auteurs sont Proust, Dante, Shakespeare et les russes.

 

Écrire et être publiée en toute liberté se réalise pour Virginia grâce à la maison d'édition créée avec Leonard, la Hogarth Press. Le nom vient de"Hogarth House" à Londres où est installée leur presse. Et pas de contraintes économiques. Ce qu'ils publient ne sont que des coups de coeur et Virginia y publie ses écrits. Ils vont publier Freud, Svevo, Mansfield, Rilke et bien d'autres mais Virginia refuse "Ulysse" de Joyce. Livre trop volumineux et qui la dérange. Trop proche d'elle peut-être et sans doute un rival de la modernité littéraire!

 

L'injustice faite aux femmes constitue le paysage mental de toute son oeuvre. Les femmes doivent avoir "une chambre à soi" et une indépendance financière pour s'exprimer sans soumission. Une certaine émancipation par rapport aux hommes. La femme n'a pas la place qu'elle mérite, écartée de la vie intellectuelle et sociale. C'est une injustice qu'elle veut réparer au travers de sa vie et de ses livres.

La guerre va perturber sa vie et contribuer à son suicide.

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L'on découvre ainsi les grandes étapes de la vie matérielle et intellectuelle de Virginia Woolf, ce qui nous permet d'éclarer au plus près son oeuvre littéraire.

Le sous-titre montre bien "le mélange des genres" qui a nourri les textes de V.W., la peinture demeurant, sans doute du fait de sa soeur Vanessa artiste peintre, sa plus grande source d'inspiration. Elle pense en peintre de son temps.

Les deux auteures sont également romancières et essayistes aux Editions de l'Olivier. Agnès Desarthe a par ailleurs traduit deux oeuvres de Virginia Woolf. Tous les amoureux de l'oeuvre de V.W. se doivent de lire ce livre.

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Le thème de ce livre étant une auteure anglaise, je rattache cette lecture au mois anglais dont vous trouverez tous les détails sur le groupe facebook.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 19:07
Lire la poésie : de A à Z... (22/50) - L comme Larbaud

Un poète : Valéry Larbaud

Un recueil : Les poésies de A.O. Barnabooth (1913)

Un poème :

 

                                        Musique après une lecture

 

Assez de mots, assez de phrases ! ô vie réelle,

Sans art et sans métaphore, sois à moi.

Viens dans mes bras, sur mes genoux,

Viens dans mon cœur, viens dans mes vers, ma vie.

Je te vois devant moi, ouverte, interminable,

Comme une rue du Sud béni, étroite et chaude,

Et tortueuse entre des maisons très hautes, dont les faîtes

Trempent dans le ciel du soir, heurtés

Par des chauves-souris mou-volantes ;

Rue, comme un grand corridor parfumé

D’un Barrio del Mar dont la mer est en effet voisine,

Et où, dans la nuit calme, tout à l’heure,

Les serenos psalmodieront les heures…

 

Mais, ma vie, c’est toujours cette rue à la veille

Du jour de Saint-Joseph, quand des musiciens,

Des guitares sous leurs capes, donnent des sérénades :

On entendra, jusqu’au sommeil très doux, le bruit

Plus doux encore que le sommeil des cordes et du bois,

Si tremblant, si joyeux, si attendrissant et si timide,

Que si seulement je chante

Toutes les Pepitas vont danser dans leurs lits.

 

Mais non !

Mon chant entrecoupé de cris ! mon chant à moi !

(Ce n’est pas toi, Amérique, tes cataractes, tes forêts

Où frémit la venue du printemps, ce n’est pas toi,

Grand silence des Andes prodigieux et solitaires,

Ce n’est pas vous, non, qui remplissez ce cœur

D’une harmonie indescriptible, où se mêlent

Une joie féroce et des sanglots d’orgueil !...)

Oh ! que j’aille dans les lieux inhabités, loin des livres,

Et que j’y laisse rire et hurler

La bête lyrique qui est en mon sein !

 

                                  ------------------------------------------------

 

C'est en 1902 que Barnabooth prend vie dans l'esprit de Valéry Larbaud à Londres. Son nom vient de Barnes (localité près de Londres) et Booth (enseignes de pharmacies anglaises).

Le 4 juillet 1908 paraissent à ses frais 100 exemplaires des "oeuvres françaises de Barnabooth".

Il supprime quelques poèmes lors de l'édition de 1913.

Barnabooth se montre voyageur, généreux... Valéry Larbaud a laissé à son personnage sa "vérité d'auteur", puisque c'est lui qui écrit et il lui attribue les style d'un écrivain cosmopolite, ce qui explique le mode prosodique très débridé.

Ces "oeuvres" se décomposent en deux parties : "les Borborygmes", à laquelle appartient le poème "Musique après une lecture" et Europe.

Dans ses "poésies diverses", il n'hésite pas à écrire un poème "A M.Valéry Larbaud".

Ce recueil montre une grande modernité.

 

Bonne lecture

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (22/50) - L comme Larbaud
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 16:26
Les lames de Mo Hayder (Pocket)

LES LAMES DE MO HAYDER

(Pocket - 574 pages - juin 2012 -

Première édition France Presses de la Cité - 2011)

Titre original : Hanging Hill (2011)

Traduit de l'anglais par Jacques Morin

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Sally et Isabelle sont les meilleures amies du monde et leurs enfants ados s'entendent à merveille. Sally est criblée de dettes suite à son divorce et fait du ménage. Elle a aussi fabriqué des cartes de tarot à partir des portraits de ses amis et de sa famille mais une est tronquée. Mauvais présage!! Et on apprend que Lorne a disparu.

Le corps est retrouvé et c'est Zoé la soeur de Sally qui est chargée de l'enquête, avec Ben son amant. Lorne avait été amie avec les filles d'Isabelle et Sally.

Une femme qui vit au bord du canal a entendu Lorne la veille parler au téléphone mais elle était seule à ce moment-là.

Sally travaille avec deux jeunes polonaises chez un étrange David Goldrab, riche et pas convivial. Ce dimanche matin il propose à Sally qu'elle devienne sa gouvernante car elle vaut mieux que de faire du ménage

Lorne aurait été inconsciente quand elle a été violée selon le médecin légiste. Elle est morte étouffée avec une balle de tennis maintenue par un collant dans la bouche.

Zoé n'a pas revu Sally depuis 18 ans et ses parents vivent en Espagne. Elle se met une balle de tennis dans la bouche pour voir ce qui se passe.

Steve, son compagnon, dit à Sally de se méfier de David Goldrab car s'il ne peut pas dire ce qu'il fait comme métier elle sait qu'il enquête sur des personnes peu recommandables comme cet homme.

Debbie, une psychologue vient expliquer aux policiers ce qu'elle ressent du crime d'autant qu'il y a eu des inscriptions sur le corps de la victime et pour elle le meurtrier la connaissait bien et est de son âge. Zoé n'adhère pas à cette thèse, Ben oui. Elle se rend chez les Wood. La mère de Lorne, Pippa, était au même pensionnat qu'elle. Dans la chambre de Lorne elle trouve un journal où il est question d’un RH. Et elle trouve une clé d’appareil photo et visionne les photos qui représentent Lorne en petite tenue et très suggestives. Ceci la ramène à son passé où elle aura a dû faire des choses peu recommandables pour payer ses voyages.

Zoé s'était étonnée de voir le 4x4 du dealer Jake Drago devant le lycée et lui a parlé. Le soir c'est Sally qui le voit et Millie, sa fille, est terrorisée au point de lui avouer qu'elle a emprunté de l'argent à ce type et à présent il la traque pour qu'elle le paie avec intérêts.

 

Tous les protagonistes ou presque sont mis en place pour essayer de comprendre ce qui relie les uns aux autres, entre passé et présent.

Mo Hayder maîtrise de bout en bout le puzzle, d’une plume alerte, fulgurante. Elle sait prendre son temps pour présenter les lieux dont la ville de Bath qui sert de support à l’intrigue, entre belles villas et quartiers populaires.

L’on sait dès le départ qu’il y a eu meurtre mais les suspects se succèdent depuis le petit ami supposé de Lorne jusqu’aux mafieux qui s’entredéchirent et ont très bien pu entraîner Lorne dans de sombres chemins avant de la tuer.

Telle une symphonie, l’intrigue monte crescendo pour devenir très tendue.

Une belle lecture grâce à Fabienne qui avait découvert cette auteure anglaise avec ce roman avec ce polar qui tient la route sans oublier les méandres de l’intrigue.

 

Bonne lecture

 

Denis

 

Une lecture faite dans le cadre du mois anglais et à la journée consacrée aux lectures de romans policiers.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 17:40
Une minute de silence de Siegfried Lenz (Robert Laffont)

Une minute de silence de Siegfried Lenz

(Robert Laffont - collection Pavillons - mars 2009 - 125pages)

Traduit de l'allemand par Odile Demange

Titre original : Schweigeminute (2008)

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On observe au lycée une minute de silence en mémoire de Stella Petersen, le professeur d'anglais. Christian fait partie des élèves et il se rappelle alors son amour pour elle.

Un été, elle était sur la plage, l'a reconnu et est allée vers lui, alors installé dans le bateau de son père, chercheur de pierres dans les fonds marins. Ensuite, il y a eu une soirée dansante où elle a dansé avec lui.

Ainsi, se créent petit à petit des liens intimes entre Stella et son élève.

Stella va, par ailleurs montrer de la bravoure en sauvant un jeune le jour d'une compétition en mer.

Lorsque les cours reprennent à la rentrée, Stella ne montre aucun signe de complicité avec Christian et quand il se rend chez elle pour rattraper des cours, elle lui demande de ne pas la toucher d'autant que son père vit avec elle.

La littérature les rapproche car dans son enseignement en anglais, elle a fait étudier "Animal Farm" de George Orwell.

Le récit oscille entre le souvenir des moments d'intimité et le présent au lycée à l'occasion de la minute de silence. Le présent, c'est aussi le moment où Christian vole la photo de Stella qui avait été accrochée au tableau d'honneur de l'école.

Ce pourrait être le moment où le secret de Christian se révèle à tous... Et comment est morte Stella?

 

Ce roman parait très simple, basique autour d'une histoire entre un mineur et une majeure. Il donne une force au récit par le style très juste et poétique.

 

« De longues vagues déferlantes venues du large s’élevaient, elles se cabraient comme si on les empoignait avant de s’effondrer, laissant soupçonner la violence de leur chute. Les nuages, sombres, déchirés, étaient bas. Tout d’un coup je l’ai aperçu, tout d’un coup j’ai aperçu le deux-mâts au loin, qui entrait dans notre baie en louvoyant, il avançait avec constance poussé par un inflexible vent du nord-est. Je ne suis pas arrivé à lire son nom, mais tout de suite j’ai su que c’était L’Etoile polaire qui ramenait Stella, qui me la ramenait. »

 

Apprentissage de la vie dans la douleur aussi pour le jeune homme qui ne comprend pas toujours les attitudes de Stella à son égard entre chaleur et distance. On a bien affaire à un "roman de formation". On sent bien la tradition allemande de ce type de récit mais l'auteur ne fait pas pour autant un roman classique. Il sait être moderne dans la construction du texte.

 

L'auteur, Siegfried Lenz (1926-2014) est strictement contemporain de Gunter Grass (1927-2015) et est beaucoup moins connu en France. Il a obtenu le prix Goethe en 1999 et a écrit 14 romans et des nouvelles. Il aurait comme beaucoup de jeunes de l'époque adhéré au parti nazi en 1943. Arrêté par les britanniques il a été interprète puis l'après-guerre lui a permis de terminer ses études de lettres et de philosophie.

 

Un auteur à découvrir avec ce livre ou "La leçon d'allemand" publié dans la même collection.

Bonne lecture,

Denis

 

Pour le 1er juin, le blogoclub de Sylvie et Liza a proposé de lire "Le liseur" de Bernhard Schlink. Comme j'avais lu ce livre et que le thème était "la littérature de langue allemande", j'ai choisi ce livre.

Une minute de silence de Siegfried Lenz (Robert Laffont)
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:03
Lire la poésie : de A à Z... (21/50) K comme Koltz

Un poète : Anise Koltz (née en 1928) - Luxembourg

Un recueil : Le porteur d'ombre (2001)

Un poème :

 

    Le porteur d'ombre

 

Je suis un rapace

dont l'ombre sème la terreur

le geai m'annonce dans les bois

 

Je me crains moi-même

fragile et inflammable

ma chair ne me défend pas

 

Chaque fois que je dévore une proie

elle me dévore

 

Entre chien et loup

le sang de l'homme

se languit de sang

 

Né pour tuer

un goût amer

rôde dans sa bouche

le chien redevenu loup

flaire sa proie

 

Je ne sais pas où se termine en moi

l'être humain

où commence la bête

ni quelle part est la meilleure

 

Mon esprit auto-destructeur

ne se concilie

avec aucun entourage

 

                                                 --------------------------------------------

 

L'auteure, luxembourgeoise, écrit dans trois langues dont le français. Lapidaire, humaniste et teintée de philosophie, sa poésie s'exprime dans un ton très naturel et accessible. 

Anise Koltz est membre de l’Académie Mallarmé et de l’Institut Grand-Ducal des Arts et des Lettres. Elle a reçu le Prix 2008 de la Fondation Servais pour la littérature luxembourgeoise à l’occasion de la parution de L’ailleurs des mots.
Elle a été distinguée par le Prix de Littérature Francophone Jean Arp en novembre 2008.

Une auteure à découvrir... Et pour prolonger cette lecture, n'hésitez pas à télécharger le texte en pdf "Le silence dans la poésie d'Anise Koltz"

 

Bonne lecture,

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (21/50) K comme Koltz
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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 20:04
Etienne Drioton : l'Egypte, une passion par Michèle Juret

Etienne drioton : L'Égypte, une passion

Dans les pas de Auguste Mariette Pacha et Gaston Maspero

par Michèle Juret

(Gérard Louis Editeur - septembre 2013 - 225 pages)

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Voici une biographie passionnante pour découvrir un égyptologue bien méconnu alors qu'il a succédé en Egypte à Mariette et Maspero, a eu pour élève Christiane Desrobes-Nobecourt notamment et a permis de développer par les fouilles et les travaux d'érudition les connaissances sur l'Egypte ancienne.

Le livre retrace les étapes de la vie d'Etienne Drioton, chanoine égyptologue :

 

1/ 1889-1939 : De Nancy au musée du Caire

Très jeune il se passionne pour l'Égypte tout en suivant ses études qui le conduisent à devenir prêtre. Après la grande guerre il peut reprendre ses études d'égyptologie à Paris. Il devient rapidement professeur à l'institut catholique de Paris et à l'Ecole du Louvre où il aura notamment comme élève Christiane Desroches-noblecourt.

Courant décembre 1924, il part pour son premier séjour en Égypte, visitant Alexandrie puis le Caire avant de partir pour 3 mois fouiller le temple de Medamoud et en relever toutes les inscriptions. Plusieurs hivers de suite il reviendra sur le site, découvrant notamment une statue de Montou.

En 1926, il devient conservateur adjoint au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Ainsi pris entre enseignement et travail au Louvre, il lui est plus difficile de se rendre en Égypte. Il participe toutefois en 1933 à un nouveau chantier à Tod, lieu également consacré à Montou. En 1936, un trésor est découvert : 4 coffres ayant appartenu à Amenemhat II.

 

II/ 1936-1939, le Caire

Etienne Drioton est nommé par le roi d'Égypte directeur général du service des antiquités égyptiennes au Caire dans un climat difficile où les étrangers sont mal vus. Il s'installe pour trois ans, le temps de son mandat, avec sa mère et sa soeur.

Parmi les missions, il y a le suivi des fouilles et le partage entre pays des découvertes  faites lors des fouilles entre l'Egypte et le pays initiateur. Tout ceci sous le regard des égyptiens, devenus très nationalistes. Ainsi est également nommé un directeur adjoint égyptien qui va tout faire pour jeter le discrédit sur les affaires conduites par Drioton.

En 1939, Pierre Montet découvre des tombes à Tanis de pharaons des XXIe et XXIIe dynasties. Découverte importante mais la deuxième guerre mondiale vient tout perturber.

 

III / Les années 1939-1945

Etienne Drioton reste en Égypte mais les fouilles tournent au ralenti. Montet a pu revenir en 1940 mais Tanis ne sera repris qu'en 1945. Très vite, il convient de mettre en place un service de restaurations des tombes.

Étienne Drioton n'en continue pas moins d'écrire de nombreux textes dont les plus originaux concernent le théâtre égyptien.

 

IV/ 1945-1952

La vie reprend presque normalement malgré des émeutes régulièrement sanglantes. Une des préoccupations est de sauver Philae des eaux.

La création d'Israël en 1948 conduit à un conflit auquel participe l'Égypte au sein de la ligue arabe et un homme se distingue, Nasser, qui va bientôt jouer un rôle prédominant en Égypte.

En 1952, c'est la révolution égyptienne et le roi est destitué en juillet alors que Drioton est en congés en France. Il comprend qu'il ne pourra pas retourner en Égypte, démissionne peu avant de recevoir sa révocation officielle. L'Égypte veut plus que jamais un égyptien à son poste.

 

V/ 1952-1961 en France

C'est alors le retour définitif en France.Drioton s'installe à Montgeron, en région parisienne. Il reprend ses cours à Paris et continue à écrire sur ses nombreuses découvertes et réflexions sur l'Egypte.

La religion l'aura accompagné toute sa vie, comme une compagne, pour se recueillir, réfléchir et mieux vivre sa vie de chercheur.

 

Une belle découverte. Je remercie chaleureusement l'auteure de m'avoir fait parvenir par son éditeur ce livre richement illustré et documenté, avec de nombreux extraits de sa riche correspondance.

 

Michèle Juret, diplomée de l'Ecole du Louvre est conservatrice du Musée Municipal Josèphe Jacquiot à Mongeron. Elle est également responsable des archives Etienne Drioton qui lui donne autorité pour parler avec attachemlent de cet homme exceptionnel, travailleur, à l'écoute des autres et donc d'une très grande valeur morale.

Etienne Drioton : l'Egypte, une passion par Michèle Juret
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 09:29
Citation d'Henry de Montherlant : héros ou intelligent

"Le problème est de concilier ces deux êtres si malaisément conciliables : le héros et l'intelligent;"

Henry de Montherlant (1895-1972), "L'equinoxe de septembre" (1938)

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"L'equinoxe de septembre" reprend des textes écrits entre1936 et 1938.

C’est la chronique lucide de la chute de la III° République, de la réoccupation de la rive gauche du Rhin par les troupes allemandes à la signature des accords de Munich. Il y dresse le portrait sans complaisance d’une France exténuée, vidée de sa substance par le carnage de 14-18, et déjà prête à succomber à l’ennemi.

 

Denis

Citation d'Henry de Montherlant : héros ou intelligent
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 17:02
Lire la poésie : de A à Z... (20/50) - K comme Khaïr-Eddine

Un poète : Mohammed Khaïr - Eddine (1941-1995) - Maroc

Un recueil (roman-poème) : Moi l'aigre (1970)

Un poème :

 

                 Non je n'ai point dormi

 

Non, je n'ai pas dormi;

Il a seulement fallu quelques cars de police

quelques grenades et quelques galons sourds

il a fallu qu'un flic entre dans nos peaux

parce que je baffe ton papa et le mien réunis

Oui

il a fallu que j'aille deux mois à l'usine

avec une quinzaine de jours d'absence volontaire

il a fallu que j'attrape le roi avec un miroir rouge

pour qu'un rien de nuit s'en aille et que le rêve des bourgeois

roule au bas de la pente

mais j'ai fait un ouvrier digne de ce monde

cet ouvrier cassera le globe en deux

de sorte que la terre ne sera plus une planète

les morts que nous avons relégués dans leurs os

rongeront la mort putride des bourgeois

et des capitalistes qui rossaient le noir-blanc

qui n'était autre qu'un ouvrier

indiqué à de tels us

car il les aimait les pratiquait baisait le billet de banque

sorti tout froid d'un coffre-fort d'usine

le côté tangent de cette épreuve continuera de nous opposer

Mais nous l'adorerons comme nos ancêtres adoraient

Dieu, nous jouerons avec notre foi, nos faulx, nos

mitraillettes et nos avions, mais

ce monde sera désormais séparé de lui-même

nous serons des trappeurs rompus mais nous vaincrons

ceux qui ont changé leur monde mais pas le Monde

et qui nous expliquent le sang en délestant la terre

de son froid minéral originel

 

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Mohammed Khaïr-Eddine a publié de la poésie dès l'âge de 16 ans. Un jeune Rimbaud à sa manière, s'ouvrant à la poésie expérimentale, loin du conservatisme littéraire.Sa poésie est sous tension, révoltée aussi.

Il part en France en 1965 où il devient ouvrier ce que l'on sent vivre dans le poème "Non je n'ai pas dormi". Il va publier des romans dont "Agadir" qui va recevoir le prix "Enfants terribles" fondé par Jean Cocteau. Son oeuvre a été publiée aux éditions du Seuil et elle a souvent été censurée au Maroc.

Il rentre en 1979 au Maroc où il meurt en 1995.

 

"Moi l'aigre" parait en 1970, avec deux parties : une partie en prose qui emprunte pour beaucoup à la poésie et une partie sous forme de pièce de théâtre. Livre de révolte avant tout avec lequel il se veut très libre dans le ton et la forme. L'on vit bien au rythme de "l'aigreur" de l'auteur...

Un auteur à découvrir au travers d'une douzaine de livres.

 

Bonne lecture,

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (20/50) - K comme Khaïr-Eddine
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 20:23
Un lundi sans bruit de Max Férandon (Carnets Nord)

Un lundi sans bruit de Max Férandon

(Carnets Nord - avril 2015 - 172 pages)

Première édition : 2014 - Editions Alto -Canada

                                        

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Deux parties dans ce roman au ton souvent « caustique » malgré son humour très « premier degré » :

1/Aujourd'hui

Amédée travaille dans une scierie et n'aime pas les lundis. Il fait de la lundinite aiguë. Goguenard le patron de la scierie n'est pas là. Ainsi, c'est Amédée qui accueille les frères Crasimir, 2 redoutables bulgares "mafieux". Il est toujours dans les coups foireux son patron et quand il rentre, Amédée apprend qu'il a fait convoyer dans un cercueil un tableau qui a été volé et les bulgares croient que Goguenard est complice du vol.

Saint-Priest-la-brume a ainsi vu arriver ce lundi les deux bulgares ainsi que les Prunier, mimes de père en fils. Et c’est Ginette, l’amante d'Amédée, qui va recevoir ce monde à l'hôtel d'Auvergne.

Le pauvre Goguenard a eu bien des déboires avec les émirs du Qatar qui voulaient des cercueils en chêne. Trois cents ont été commandés mais le onze-septembre est passé par là et ses cercueils lui sont restés sur les bras. Et alors qu'il vient de faire affaires avec un négociant de vin qui lui a demandé d'ajouter de la sciure de bois pour faire vin vieilli en fût, le type se tue sur la route. C’est dire que cette histoire du tableau volé complique encore la situation.

Mme Goguenard a pour amant le charcutier. Les Crasimir croient que c'est le mari, l'assomme et partent avec lui en camion. Mais Amédée les suit, récupère le cercueil dans lequel est placé le charcutier Alors survient un accident avec un camion de lait qui complique tout…

2/ Hier

La famille juive Ackermann doit fuir l'Alsace au moment de l'exode pendant la deuxième guerre mondiale, faisant halte à Montluçon non sécurisée et finissent par arriver à Saint-Priest-la-brume. Le jeune Josef devenu Jérôme, est placé chez un agriculteur et va à l'école. Grâce à ses instituteurs et à un gendarme complaisant il échappe à une rafle.

Le mime Prunier arrive également à Saint-Priest-la-brume en juin 1943.

Brehmer, lui, est le responsable allemand de la ville et essaye tant bien que mal de temporiser quand il le peut. Seulement les temps changent et les ordres deviennent plus sévères et sur proposition de français soumis à l'autorité allemande une liste est dressée de français à arrêter.

Car il est beaucoup question de listes dans cette partie du récit.

Jérôme se retrouve seul dans la ville quand un lundi matin l'armée allemande vient anéantir la ville… Sera-ce un lundi sans bruit ?

 

On l’aura compris, 2 parties qui sont le miroir de l’autre car le fameux tableau volé était déjà présent dans l’histoire d’hier ainsi que les mimes. M. de La Mothe Grébière, bien vieux et sans tête se voit acheter, racheter son tableau sans cesse, ce qui n’est pas si grave quand on apprend dans la 2e partie, qu’il était pronazi…

Alors, comme je le disais en préambule, l’auteur joue beaucoup avec les mots, même dans les moments tragiques.

Quelques exemples :

Les titres par exemple des « chapitres » : tueurs en scierie, symphonie picturale…

Page 11 : « Le scieur de long n’en mène pas large »

Page 139 : « Le colonel Heindorf vient de se faire limoger ». (Il était en poste à Limoges).

 

Un ton léger pour des situations compliquées qui font basculer les histoires du morbide dans le « burlesque ». On comprend donc très vite qu’il faut accepter ce ton pour entrer dans ce roman.

Ce n’est pas un coup de cœur, mais une très bonne lecture tout de même. Il n’y aurait pas eu ce contexte lourd de deuxième guerre mondiale j’aurais pris plus de plaisir à accepter un ton léger.

 

Merci à Fleur de Carnets Nord de m'avoir envoyé ce livre au demeurant de très belle facture littéraire.

 

A lire pour rire et pleurer...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

A noter que j'ai lu et présenté il y a deux ans le premier roman de l'auteur chez le même éditeur : Monsieur Ho

 

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