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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 16:56
Ophélie - poème d'Arthur Rimbaud

Ophélie

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits;

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
– Et l’infini terrible effara ton oeil bleu !

III

– Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Arthur Rimbaud, Recueil de Douai

 

PS : Ophélie s'écrit ici Ophélia, orthographe souvent employée par les poètes. C'est également le nom exact du personnage dans la tragédie de Shakespeare

 

Ce poème est également tiré du "recueil de Douai" (ou encore appelé "Recueil Demeny"), comme "Au cabaret-vert", présenté ici il y a deux jours.

Bonne lecture,

Denis

 

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 16:27

Au Cabaret Vert, cinq heures du soir


Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
– Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. – Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

– Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! –
Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse
D’ail, – et m’emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai

(Octobre 1970)

(Le Cabaret Vert fait référence au Cabaret de Charleroi, La Maison Verte)

 

Ce poème fait partie d'un recueil de 22 poèmes écrits en 1870, écrits sur des feuilles volantes (et non dans un ou des cahiers que Rimbaud a remis à Paul Demeny, d'où l'appellation également de "Cahiers ou Recueil Demeny".

Ce poème est l'an dernier du recueil, le dernier étant le très célèbre "Le Dormeur du Val"

(Informations tirées du Quarto-Gallimard Arthur Rimbaud : Un concert d'enfer que j'ai présenté sur le blog).

Bonne lecture,

Denis

Au Cabaret Vert, cinq heures du soir - Poème d'Arthur Rimbaud
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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 17:06
Citation de Virginia Woolf sur l'amour des livres

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 17:58
Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe (Le Passeur)

Tu me vertiges : l'amour interdit de Maria Casarès et Albert Camus

de Florence M.-Forsythe (roman)

(Le Passeur - Poche - avril 2018 - 437 pages)

Première édition : Le Passeur - 2017

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Florence M.-Forsythe, actrice et metteur en scène, a été une grande amie de Maria Casarès. C'est donc "de l'intérieur" qu'elle restitue ici le grand amour de Camus et Casarès, sous forme romanesque tout en restant très prêt des grands moments qu'ils ont vécu ensemble entre 1944 et 1960, année de décès d'Albert Camus.

Ironie de l'histoire, Camus et Casarès débutent leur amour à Paris le 6 juin 1944 ! Leur passion commune pour le théâtre les a réunis ce soir-là chez Charles Dullin et Camus propose à Maria de la raccompagner jusque chez elle. Ils vont alors vivre la libération puis la fin définitive de la guerre en se voyant régulièrement.

Maria est libre de toute attache, par contre Camus est marié à Francine. Après la guerre, elle rentre en France et reprend sa place auprès de son mari et le 5 septembre 1945, Catherine et Jean, jumeaux naissent. Le jour même, Maria dit à Camus qu'elle arrête sa relation avec lui : 

"Nous avons vécu une très belle histoire. Intense, mais c'était la guerre. Et maintenant, elle est terminée et la réalité nous rattrape. Moi, j'ai ma vie à faire... On s'est rapprochés par ce que l'on partage et par une attirance réelle. (...) Mais laisse-moi libre d'aller. Puis, le regardant à nouveau : je dois construire ma vie, aller de l'avant." (page 281-282)

Et puis le 6 juin 1948, soit exactement 4 ans après le début de leur amour, elle descend le boulevard Saint-Michel et croise Albert camus et leur amour reprend pour ne plus s'arrêter jusqu'à l'accident du 4 janvier 1960.

L'auteure s'est attachée à détailler leurs deux premières années de leur "amour interdit" (les 2/3 du roman) et va beaucoup plus vite sur les années 1948-1960 (le dernier tiers et aussi la dernière partie intitulée "l'amour un peu plus loin").

Il est certain que Camus n'a jamais voulu quitter définitivement son épouse, dépressive, qui souffrait en silence de cet amour et l'écrivain en avait conscience. Maria le comprenait aussi et a accepté, comme lui, cet amour fugitif. On sait à présent qu'ils se sont beaucoup écrit tout au long de ces années, depuis que leur volumineuse correspondance a été publiée par Catherine Camus.

Les deux livres se répondent. La correspondance comble les absences, pendant que le roman raconte leurs nombreuses rencontres et retrouvailles.

Le théâtre a réellement été au cœur de leur vie sociale et intime. Maria a joué les pièces de Camus.

Au début, c'est Maria encore très jeune (1922-1996), 22 ans lors de leur rencontre tandis que Camus avait déjà publié des livres importants dont "'L'étranger" et "Le mythe de Sisyphe" en 1942, qui a vraiment besoin de ses conseils et de sa force intellectuelle. Il a été alors un guide pour Maria.

Et puis, pour Camus, les années 1950 lui ont été très pénibles : brouille définitive avec Sartre en 1951/1952 au sujet de "L'homme révolté", début de la guerre d'Algérie, santé chancelante et tarissement littéraire. Seul le prix Nobel l'a réellement relevé en 1957. C'est lui alors qui a le plus besoin des conseils de Maria Casarès.

On voit également, au travers du roman, combien Maria, fille d'un homme politique déchu en Espagne sous Franco et venu s'installer en exil à Paris, a montré son combat pour sa liberté et plus généralement pour la liberté. Elle a su prendre sa carrière en main et s'est bien sûr sentie en osmose complète avec la pensée et les "combats" d'Albert Camus.

On peut augurer que leur vie aurait été bien autre sans cet amour.

"Tu me vertiges" résume bien cet amour. Et le roman nous ramène à cette vie parisienne des années 1944-1960 où l'on croise aussi bien Sartre et Beauvoir que Claude Simon, Queneau ou Marcel Herrand (1897-1953) qui a tant fait pour le théâtre et pour soutenir Casarès et Camus, sans oublier Picasso et tant d'autres.

 

Vous aurez compris que ce roman est passionnant et il faut le lire en confrontation avec leur correspondance.

Bonne lecture,

Denis

Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe (Le Passeur)
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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 17:22
Jean Daniel : Avec Camus (En guise d'hommage)

Jean Daniel : Avec Camus - comment résister à l'air du temps

(Gallimard - 155 pages - novembre 2006)

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On vient d'apprendre la mort à 99 ans de Jean Daniel, une des grandes figures intellectuelles françaises. Il a marqué son temps au travers de sa longue fidélité au "Nouvel Observateur", devenu '"l'Obs". 

Il a débuté sa carrière de journaliste à "Combat" au temps où Albert Camus y écrivait lui-même. Une amitié s'en est suivie lorsqu'ils se sont rencontrés en 1953 :

"Commence alors une véritable fête d'amitié qui durera un peu moins de dix ans et qui sera interrompue par notre désaccord, pour moi dramatique, sur l'Algérie" (page 28)

En 2006, il a publié "Avec Camus - comment résister à l'air du temps".

Voici comment il débute son livre :

Jamais les contemporains de Camus, même les plus admiratifs de son oeuvre, n'auraient pu se douter que la postérité lui serait à ce point favorable. Je n'ai certes pas été plus devin que les autres. Aurais-je cru que je l'étais, je ne me serais pas fait confiance ; nous ne prenions pas alorsles caprices de nos ferveurs pour des verdicts de l'histoire. Au demeurant je suis plus sensible au plaisir que peut me donner une oeuvre qu'aux spéculations sur sa durée.

Jean Daniel : Avec Camus (En guise d'hommage)
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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 17:46
Ce que disent les vents de Philippe Delaveau (Gallimard)

Ce que disent les vents (poèmes) de Philippe Delaveau

(Gallimard - 130 pages - novembre 2011)

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Ecrire de la poésie est souvent un "sacerdoce" car on peut publier de nombreux livres sans être pour autant connu du "grand public" des lecteurs.

Et pourtant, quand on voit la page Wikipedia de l'auteur on s'aperçoit qu'il a reçu de prestigieux prix de poésie. 

Le hasard des rayons de médiathèques m'a permis de "tomber" sur ce recueil publié il y a environ 8 ans.

Le vent fait partie de la vie du havrais que je suis et ce recueil ne peut que m'interpeller, à commencer par le premier poème du recueil :

 

                                                                    AURORE

Le vent m'a réveillé très tôt, se dissipe, le jour

éclaire le volet. Dans la constellation des vitres,

l'aurore affine ses récits. Le village

effleuré par la vérité ne sait pas. Sa négligence

parcourue de beauté ne sait pas. Les gens dorment encore

contrel'épaule inerte et dure, un mannequin

- oubli et rêve - exauçant leurs désirs.

 

L'alouette au sommet de sa tour, veillant l'air, flambe seule,

dictant au ciel son allégresse. Par ses yeux le poème

connaît le verbe, illuminé de verreries, puis le beau rythme

dont les arches assoient le pont sur le fleuve du jour.

Au fond de moi, l'habitante intangible, secrète,

admire en ordre, sans comprendre, les mots unis.

Creusé dedans par le souffle, que suis-je? un vide,

l'instrument qu'on accorde au vrai, à la lumière.

 

Tout est perle, amour même, et si pur. Alors

le vent léger conduisit la musique. Adorables

paroles venues de l'ombre qui m'habite. J'écoute, je déchiffre.

Comme le scribe enfoui dans les signes d'Egypte,

à la fin je traduis le silence, je nomme, je transcris.

Puis m'en retourne à la vacuité d'exister, comme les autres.

 

                                 Philippe Delaveau

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Une très belle introspection guidée par le vent. Une belle écoute de ce qui nous aide à penser, à vivre.

Bonne lecture,

Denis 

Aristote, La Poétique :"La poésie est quelque chose de plus philosophique et de plus grande importance que l'histoire."

 

Ce que disent les vents de Philippe Delaveau (Gallimard)
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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 16:28
Chants du voyage de Robert Louis Stevenson (Les Belles Lettres)

Chants du voyage de Robert Louis Stevenson

(Les Belles Lettres - 168 pages - janvier 1999)

Traduit de l'anglais (Ecosse) et annoté par Patrick Hersant

Titre original : Songs of Travel (1896)

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Robert Louis Stevenson(1850-1894) est surtout connu pour ses romans (L'île aux trésors, L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde) et ses récits de voyages (Voyage avec un âne dans les Cévennes, A travers les grandes plaines) mais il a aussi écrit et publié de la poésie dont ce recueil publié à titre posthume en 1896.

 

Au total 46 poèmes dont 9 ont été mis en musique par Ralph Vaughan Williams.

 

Ils ont été inspirés par ses voyages et l'auteur les met déjà mentalement "en musique" tel le premier poème "Le vagabond" sous-titré "Sur un air de Schubert" :

Les paroles en anglais et en français sont ici :

https://chabrieres.pagesperso-orange.fr/poetry/stevenson_vagabond.html

 

Ce livre a été publié pour la première fois en français en 1999. Le recueil est sans doute difficile à trouver aujourd'hui, sauf en bibliothèque ! Mais il mérite d'être lu pour continuer notre voyage vagabond en compagnie de Stevenson, l'infatigable globe-trotter en dépit de sa santé régulièrement défaillante.

 

Bonne lecture et écoute,

 

Denis

 

 

Chants du voyage de Robert Louis Stevenson (Les Belles Lettres)
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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 18:04
Le roman policier par Yves Reuter (Armand Colin)

Le roman policier par Yves Reuter

(Armand Colin - Cursus - 150 pages - 3e édition 2017)

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Un livre très utile pour approfondir ses connaissances sur le roman policier, par Yves Reuter, professeur en didactique du français à l'université de Lille.

L'auteur nous rappelle que le roman policier est né véritablement avec Edgar Allan Poe en 1841 avec sa nouvelle "Double assassinat dans la rue Morgue".

Va suivre le "roman judiciaire" avec "L'Affaire Lerouge" en 1863 qui parait en feuilleton en 1863.

Le feuilleton dans les journaux a favorisé l’émergence du genre auprès du "roman d'aventure" qui recouvrait également le roman policier, autant en France qu'en Angleterre par exemple avec William Wilkie Collins qui publie dans les journaux "La Dame en Blanc" en 1859 et 1860.

En élément de définition, Yves Reuter écrit page 13 : 

 

Le roman policier peut être caractérisé par sa focalisation sur un délit grave, juridiquement répréhensible (ou qui devrait l'être). Son enjeu est, selon le cas, de savoir qui a commis ce délit et comment (roman à énigme), d'y mettre fin et/ou de triompher de celui qui le comment (roman noir), de l'éviter (roman à suspense).

Ainsi, cette définition permet de distinguer trois grandes classes de romans policiers :

- Le roman à énigme : "Dans le roman policier à énigme, on passe de l'énigme à la solution par le moyen d'une enquête";

- Le roman noir : "Dans le roman noir, la violence et les actions ont une place essentielle".

C'est un genre aux structures narratives très ouvertes entre histoires de vie, épopées sanglantes, casses, délinquance...

- Le roman à suspense : tout peut arriver dans ces romans. L'action est violente au début et à la fin et elle reste virtuelle, suspendue pendant le déroulement de l'histoire.

L'auteur détaille chacune de ces classes avec des exemples à l'appui selon un même schéma : composantes structurelles et organisation de la fiction.

Puis une dernière partie a pour titre "roman policier et littérature" car il faut bien admettre que littérature noire et littérature blanche reste un point de débat important qui hélas, comme le racisme, entend hiérarchiser ces littératures.

Alors Yves Reuter nous apporte des éléments de réflexion :

Même si l'on considère roman policier et littérature comme deux ensembles séparés "a priori", on est saisi par la multiplicité des relations entre ces deux domaines,ne serait-ce que du point de vue des auteurs et des critiques.

L'auteur rappelle alors que Balzac, avec Vautrin par exemple, Stendhal à travers un fait divers à l'origine de "Le rouge et le noir"; Hugo avec entre autres Valjean et Javert, Zola, Bernanos (Un crime), Hemingway (Les tueurs), Graham Greene (Tueur à gage) et bien d'autres ont écrit du roman avant tout basculant ou non dans le "policier".

Ce livre universitaire dans son contenu permet ainsi de confirmer pour les amoureux de la littérature qu'il convient de lire un livre sans préjugés.

Pour ma part, quand je lis un roman dit "policier" je le lis avant tout comme un livre qui doit m'apporter un plaisir de lecture, une envie de me laisser envahir par les mots et le style.

Et je n'ai pas envie de classer comme dans les librairies, bibliothèques ou chez les éditeurs, les livres entre blancs et noirs.

"L'étranger" de Camus devrait être rangé dans les deux rangées de livres par exemple. Ou "De sang froid" de Truman Capote.

Lisez ce livre qui est vraiment passionnant car il définit des champs du possible qui caractérisent le roman policier, sachant que tout auteur se trouve à un moment de son oeuvre confronté à ce "genre". Et oublions les clivages arbitraires.

Arrêtons de tout cataloguer et continuons à aimer LA littérature, y compris la poésie, ne l'oublions pas.

Bonne lecture,

Denis

 

Le roman policier par Yves Reuter (Armand Colin)
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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 17:30
Lune de glace de Jan Costin Wagner (Gallimard - Série Noire)

Lune de glace de Jan Costin Wagner

(Gallimard - Série Noire - février 2006 - 320 pages)

(Disponible en Babel - poche)

Traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

Titre original : Eismond (2003)

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Kimmo Joentra reste au chevet de Sanna, son épouse, jusqu'à son dernier souffle à l'hôpital. Le Dr Rintanen l'avait prévenu que ses jours étaient comptés et il avait obtenu l'autorisation de dormir près d'elle à l'hôpital.

Son décès est un choc émotionnel dont Joentra va avoir bien du mal à surmonter, d'autant qu'il est inspecteur de police et deux affaires brûlantes viennent assombrir la Finlande et Turku en particulier. Il y a eu un attentat échoué contre un homme politique mais qui fait beaucoup de bruit.Et puis il y a un meurtre, celui d'une jeune femme à son domicile en pleine nuit, sans effraction.

Le lecteur connaît le meurtrier et son mode opératoire car son histoire et son "mental" sont évoqués en parallèle à la conduite de l'enquête à laquelle participer Kimmo Joentra.

Avons-nous affaire à un serial-killer quand un deuxième meurtre intervient selon un procédé très proche? L'homme s'appelle Vesa.

Pour Joentra, il y a des similitudes de souffrance entre son veuvage et celui du mari de la première victime.

Le roman fait donc alterner le point de vue de Vesa et de Kimmo Joentra, qui se sont croisés à un moment dans un café.

L'auteur est allemand, marié à une finlandaise, d'où ce roman situé près d'un lac. On retrouve l'ambiance de la littérature nordique qui aime montrer la force de la nature dans l'approche psychologique des personnages.

Ce roman est le premier d'une série policière dont le héros est Kimmo Joentra.

Jacqueline Chambon a publié les volumes suivants que l'on peut retrouver en poche Babel.

Le second a eu un réel succès de librairie :"Le silence", adapté au cinéma en 2010.

6 volumes sont ainsi parus à ce jour.

Pour moi cela a été une belle découverte et j'entends bien lire les autres romans de l'auteur par la suite.

Bonne lecture,

Denis

Lune de glace de Jan Costin Wagner (Gallimard - Série Noire)
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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 17:36
Les reflets de la source - poème d'André Velter (Fata Morgana)

Les reflets de la source

Poème d'André Velter (né en 1945)

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Pour Babou

 

Apparitions entre miroir et mémoire, une lueur de légende compose l'espace originel : un âge d'or sans or et sans âge.

Les animaux fabuleux vivent transparents, abreuvés des seuls reflets de la source.

Sortis du secret, ce sont nos frères mythologiques déjà en métamorphose.

Rien ne les retient, leur trace nous dépossède.

Le bouc a frappé le soleil.

L'étalon cherche la nuit.

La mule hésite à rompre le prisme qui l'efface.

Ils affrontent le vide comme un rêve éveillé.

 

André Velter 

Extrait du recueil de poésie : Une fresque peinte sur le vide (Fata Morgana - 119 pages - 1985)

Poèmes écrits entre l'été 1981 et le printemps 1984

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André Velter, poète, a été également homme de radio.

J'ai longtemps écouté ses émissions sur la poésie dans les programmes de France Culture, essentiellement "poésie sur parole" de 1987 à 2008.

Il est un passeur de poésie, ayant publié de nombreux recueils de poésie et des essais.

N'oublions pas que la poésie est faite de mots, d'images qui aident à réfléchir, à penser et à rêver, comme le rêve éveillé rappelé dans ce poème.

Bonne lecture,

Denis

 

Les reflets de la source - poème d'André Velter (Fata Morgana)
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