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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 15:31
Poème de John Keats : A thing of beauty

Un auteur : John Keats (1795-1821)

Un recueil : Endymion

Un poème :

 

            A thing of beauty

 

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make
'Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.

Poème de John Keats : A thing of beauty
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 08:32
Citation de Maxime Chattam
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 16:49
Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte)

 Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte - 151 pages - mars 2015)

Traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

Titre original : Casa de caba (2004)

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Asphalte nous invite à découvrir la littérature d'Amérique latine et centrale. Après avoir lu "Coupable vous êtes" de Lorenzo Lunar, j'ai pu découvrir "Nid de vipères" d'Edyr Augusto, né en 1954 à Belém, auteur dramatique et romancier, il ancre ses récits dans sa région à l'image de Lunar à Santa Clara - Cuba.

 

On a également ici un polar au ton assez singulier fait de courts chapitres qui entrecroisent les périodes de l'histoire. Un mot pour lancer le chapitre : FEUX ; ARBITRE ; POURSUITE ETC... et pour donner le ton. Une scène va être vue sous différents angles et des phrases percutentes pour dire "l'indicible" de certaines scènes.

 

 

Alors que le feu d'artifice est en train d'être tiré trois hommes viennent tuer une famille et les deux domestiques soit au total six personnes. Les meurtriers sont cueillis à leur arrivée à leur voiture et conduits dans un endroit calme où ils sont à leur tour tués.

 Fred reçoit un mail de sa soeur Isabela qui lui demande de venir en urgence au Brésil alors qu'il vit à présent aux USA. Ce sont les deux survivants de la tuerie de leur famille.

Isabela s'est faite pute sous le nom de Silvia afin d'atteindre le gouverneur Wlamir Turvel, celui qui a commandité le meurtre de sa famille.

Fred assiste à l'enterrement de sa famille mais ne voit pas sa soeur. Il apprend que sa fiancée Pat rock star arrive pour le rejoindre. Pendant ce temps, une enveloppe avec des documents très compromettants pour le gouverneur arrivent dans les mains d'un journaliste.

 

Voici résumée en quelques phrases une intrigue assez simple mais qui fait remonter assez loin la haine qui a pu conduire la famille d'Isabela à en découdre avec Turvel. Cette fois, après cette tuerie, elle est prête à tout pour tuer ce type qui a assis sa gloire sur le mensonge, la violence et la haine des autres. Il doit payer à tout prix...

 
Page 42 :

"ISABELA PASTRI. Je n'ai jamais oublié. Au contraire. Chaque jour de ma vie, je m'en suis souvenu. Fred et moi. Sur la jetée, avec papa et maman. Ces hommes sont arrivés. Ils l'ont frappé. Ils l'ont violée. J'écris cela et je revois ces scènes au ralenti. Je n'ai jamais oublié ce visage. Cet homme. On s'est réfugis aussi vite que possible à Belém. Pendant un moment, je n'ai rien dit. Je n'avais rien à dire. Peu à peu, je suis redevenue normale. Normale ? Je n'ai jamais été normale. Fred non plus, à sa façon. Mon père n'a plus jamais marché comme avant. Plus jamais travaillé. Plus jamais quitté cet appartement. Le nouveau foyer. Dans le quartier de Nazaré. La tristesse au quotidien. Continuellement..."

 
 
 

Des mots, de courtes phrases qui claquent. Bref du grand art étalé sur 150 pages, qui montrent une nouvelle fois que parfois, pas toujours bien sûr, il peut suffire de quelques pages pour dire l'essentiel sans verbiage.

 

Un éditeur, un auteur à découvrir de toute urgence.

 
Bonne lecture,
 
Denis
 
 
 

 

 

 

 
 

 

 

Nid de vipères d'Edyr Augusto (Asphalte)
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:42
Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte)

Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte - juin 2015 - 140 pages)

Traduit de l'espagnol (Cuba) par Morgane Le Roy

Titre original : Usted es la culpable (2006)

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Neuf ans après sa publication en langue espagnole, ce polar a été traduit pour le compte des éditions Asphalte qui ont également publié "La vie est un tango". L'auteur a publié trois titre qui reprennent les aventures de Leo Martin, lesquelles se passent dans le quartier que connait bien Lorenzo Lunar pour y vivre et y tenir une librairie : Santa Clara.

 

 

Leo Martin est policier et a passé la nuit avec Raquelita la fille de son ami d'enfance mais elle est tellement sensuelle qu'il n'a pas résisté à son charme deux ans plus tôt. Et pendant cette nuit-ci, un cadavre méchamment mutilé a été découvert par un ivrogne.

Le mort n'était pas net quand on fouille son passé. Il semble être revenu ici pour régler des comptes du passé car il n'habite plus Santa Clara depuis un moment. Il a été tué à coups de marteau de cordonnier. Ceci fait penser à Chago le Boeuf, le cordonnier de la ville. Or celui-ci vient déclarer le vol de son marteau.

Leo Martin, avant de démarrer son enquête, vient voir sa mère malade et elle lui parle de Luisa mais il lui dit qu'il ne la voit plus depuis une semaine car ils ont décidé de faire une pause dans leur amour.

Il vient voir ensuite Cuqui, une femme à la réputation sulfureuse, protégée en haut lieu et qui n'a jamais été déclarée en tant que prostituée. Elle a bien connu ce Panchita le sale type qui vient d'être assassiné.

Tout le monde ici est plus ou moins lié à la prostitution et chacun est plus ou moins"pittoresque". Ainsi de Jabao ancien copain de Léo pas très malin et marié à celle qui se fait appeler Cléopâtra absente pour l'heure. Il voit ensuite la China prostituée d'origine chinoise qui ne lui apporte aucune révélation.

Leo apprend que Raquelita se prostitue depuis plus de deux ans et c'est la raison pour laquelle son ami lui a mis dans les "pattes". Et son mac est celui qui a été assassiné. Il l'interroge mais là encore il n'apprend rien d'intéressant. Qu'est-il venu faire ici pour se faire tuer?

Retour chez Chago le boeuf qui confirme ne pas avoir tué Panchita. Par contre il dit que le père de Raquelita pourrait être le commanditaire du meurtre notamment pour débarrasser sa fille de ce souteneur.

Il fonce alors chez son ami Manolito. C'est Raquelita qui lui ouvre la porte car elle vient de rentrer... Et les choses se compliquent sérieusement.

 

140 pages pour aller à l'essentiel, même si ici l'essentiel ce sont de fausses pistes qui ont du mal à se relier pour faire éclater la vérité. Un mort, peut-être plus ! autour de la prostitution qui marque la ville de son empreinte "mafieuse" ! Des tranches de vie qui sont racontées pour présenter ces femmes sensuelles et qui ne semblent pas

 

Des petites phrases cinglantes qui peuvent se répéter comme des paroles hésitantes, qui ruminent dans le cerveau avant de former un sens.

 

Début du roman - chapitre I

"Dans le quartier, la mort est chose quotidienne. // Rien de plus naturel à ça. // Les gens meurent à n'importe quelle heure dans le quartier : le matin, l'après-midi, la nuit. // Les gens meurent de choses et d'autres, dans le quartier : le foie, la prostate, la gorge. Les poumons ! // Ils meurent tout simplement. // D'un cancer, d'une leucémie, d'une cirrhose, de tuberculose, d'anémie, du sida... // D'une cuite, de froid, de vieillesse... // Les gens se suicident dans le quartier : ils se coupent les veines, avalent de la mort aux rats, se pendent, s'immolent par le feu, se jettent dans un puits... // Les gens du quartier se tuent à coups de couteau. Se sabrent à coups de machette. S'affrontent à coups de pierres, de briques, de feu. // Et personne ne s'en étonne, parce que la mort, dans le quartier, est chose quotidienne. Un lieu commun".

 

 Quand un roman commence ainsi, je sens que je vais accrocher et j'ai vraiment apprécié ce roman, plus qu'un polar, une oeuvre littéraire que je recommande vivement.

 

Après avoir lu un polar costa-ricain : "Eté rouge" de Daniel Quiros c'est une deuxième passionnante lecture que j'aurai faite cette fois-ci à Cuba.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 
 

 

 

Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar (Asphalte)
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:09

Débat hier matin dans le cadre de EPOQUE - salon des livres qui éclairent notre temps" à Caen.

 

Faut-il exposer les auteurs ?

 

Avec Hubert Haddad, romancier (Corps désirable, Zulma), Rozenn Le Bris (directrice du festival Le Goût des Autres au Havre), Véronique Ovaldé, romancière et responsable éditoriale aux éditions Points, et la sociologue Cécile Rabot. Animé par Laurent Delabouglise, directeur du Centre régional des lettres de Basse-Normandie (CRL) et président de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FIIL).


En cette ère marquée à la fois par la poussée du numérique et le regain d’intérêt pour le live, la condition de l’auteur et la nature de sa rencontre avec le public évoluent. Si l’image d’Épinal consacre volontiers un auteur discret, solitaire, entièrement dédié à son œuvre, l’avènement de l’écrivain comme personnage public, parfois starisé, ne date cependant pas d’hier. À quel point, pour faire découvrir son œuvre, l’auteur doit-il aujourd’hui intervenir ou se dévoiler dans les médias et sur les réseaux sociaux ? Comment répondre au besoin de nombreux lecteurs de partager avec lui un moment, même fugace, lors d’une dédicace ? Que traduit la tendance qui veut que l’auteur devienne un «performer», un homme ou une femme de scène pour toucher de nouveaux publics ?

 

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Ainsi était annoncé le débat dans le programme du salon du livre EPOQUE de Caen. Et il a tenu toutes ses promesses autour de la parole de deux écrivains "consacrés" que sont Véronique Ovaldé et Hubert Haddad.

Véronique Ovaldé a rappelé qu'en effet de nos jours, les auteurs sont très sollicités pour "se mettre en scène", par des débats, des lectures dans le cadre de la "promotion" de leur nouveau livre mais pas seulement pour cela. Le public, les lecteurs, les "gens" plus généralement ont envie de connaître les auteurs dont ils lisent les livres. Elle avoue s'y prêter volontiers avec le tract toujours et une certaine angoisse le matin quand elle part vers la "représentation publique". Et puis le soir, en rentrant, elle est ravie car il y a eu ce contact avec des lecteurs, des spectateurs autour d'échanges sur le livre, la littérature.

Hubert Haddad se montre beaucoup moins enthousiaste, ce qui a fait l'intérêt du débat car il a su nuancé ce besoin de "représentation" (ou pour reprendre le titre du débat) "d'exposition" d'un écrivain. Pour lui un auteur vit d'abord pour son oeuvre, dans son oeuvre, sans avoir forcément besoin de partager avec les autres. Mais il avoue que les poètes, dont il fait partie, n'ont pas voie au chapitre dans le concert de la littérature d'aujourd'hui. Même un auteur comme René Char a mis des années à écouler les exemplaires de ses recueils. Alors, bien sûr, pour se faire entendre, les poètes se sont mis à faire des "performances". On est donc bien, plus ou moins obligé, quand on écrit de se montrer au public, d'autant que 200 titres paraissent en moyenne chaque jour et plus il y a de publications, moins il y a d'exemplaires vendus d'un livre.

 

Véronique Ovaldé et Hubert Haddad ont ainsi confirmé que leur emploi du temps doit prévoir ces temps de rencontres avec toutefois des moments où ils se doivent de s'interdire toute "sortie" pour avoir le temps nécessaire à l'écriture.

 

 

Rozenn Le Bris, directrice du festival "Le goût des Autres" au Havre, intervient pour présenter le travail qu'elle fait avec les écrivains au Havre dans le cadre de ce festival littéraire de fin janvier qui s'organise autour de spectacles, de lectures "inventives" de textes. Elle prend l'exemple du travail fait en 2015 avec Maylis de Kerangal autour de son roman "Dans les rapides"

 

Voici comment était présenté l'événement sur le site lireauhavre.fr

 

Maylis de Kerangal et Cascadeur feront donc lors du prochain festival Le goût des autres renaître les icônes rock de ces années fondatrices, à l’image de Blondie et de Kate Bush ! Un dialogue entre deux personnalités qui s’inspirent pour un regard insolite sur Le Havre.

 

Une création originale Le goût des autres 2015, d’après l’œuvre de Maylis de Kerangal, Dans les rapides. Les deux artistes vont enfin surfer de concert pour un rendez-vous suspendu, émouvant, vibrant …

 

Maylis de Kerangal y a pris beaucoup de plaisir au point que le spectacle a pu être présenté par la suite dans d'autres salles. Et le public a adhéré. Ce festival permet aussi d'attirer des lecteurs potentiels à travers des animations pour les jeunes par exemple.

 

Et il ne faut pas non plus écarter l'aspect pécuniaire car si l'auteur vend moins de livres, participer à des salons, des rencontres... permet de compléter le revenu lié à son "métier d'écrire". Laurent Delabouglise et Rozenn Le Bris ont en effet noté le besoin de rémunérer les auteurs, ce qui est fait pour "Le Goût des autres" et le CNL (Centre National du Livre) a récemment lancé le débat car il est trop facile de dire à un auteur "vous faites ces animations pour promouvoir vos livres, donc vos ventes seront votre rémunération". Les deux auteurs présents rappellent alors qu'un auteur gagne environ 1 euro pour un livre grand format et 0,30 euros pour un livre de poche. Et dédicacer 50 livres (un jour de bonnes affaires) ne compense pas le temps passé. Ils rappellent toutefois qu'ils n'ont pas cette approche avec les librairies indépendantes. Car elles se battent pour faire connaitre des livres et des auteurs et l'écrivain considère comme un juste retour des choses de donner de son temps pour aller vers leurs clients - lecteurs.

 
 

 

 

Je renvoie à cet article sur la rémunération des auteurs :

 

 

http://www.crlbn.fr/cnl-et-remuneration-des-auteurs/

 

 

Dernière personne à prendre la parole : Cécile Rabot, sociologue qui a travaillé sur la situation économique et sociale des autres du livre.

Là aussi, je renvoie vers les rapports qui ont été évoqués lors du débat

 

 

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Livre-et-Lecture/Actualites/Etude-sur-la-situation-economique-et-sociale-des-auteurs-du-livre-resultats

 

Sans avoir pu résumer avec fidélité 1h15 de débat, j'ai essayé d'en donner les éléments essentiels qui sont passionnants pour mieux comprendre la place des auteurs dans un monde où leur image a complètement changé où il faut se faire une place  au soleil à travers toutes les formes de médias dont les réseaux sociaux.

 

Denis 

Faut-il exposer l'auteur ? : Débat à Caen - 28 mai 2016
Faut-il exposer l'auteur ? : Débat à Caen - 28 mai 2016
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:40
L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong (Stock)

L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

(Stock - mars 2010 - 174 pages)

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Une très belle découverte que ce roman, septième roman, en 2010, de l'auteure Valérie Tong Cuong, née en 1964, par ailleurs chanteuse dans le groupe Quark. On plonge dans l'univers de Mina et Alice, deux jeunes filles de condition très opposée et on ressort du roman complètement abasourdis. Quelle plongée introspective que ce livre !

 

 

Mina, la narratrice, et son amie Alice qu'elle connait depuis le collège, ont décidé de se suicider au moment où passerait le train en se jetant du pont. Alice a sauté mais Mina ne l'a pas fait et elle est partie se cacher dans les bois.

Elle se rappelle le moment où Alice est arrivée dans la classe et le moment où elle est allée habiter chez son oncle et sa tante parce que sa mère était en fin de vie, atteinte d'une cirrhose.

Fille de banquier, Alice vivait dans le luxe, avec chauffeur et belle voiture à la sortie de l'école. Mais très vite elle a montré à Mina qu'elle enviait sa vie simple et a pris le bus avec elle lui demandant de visiter sa chambre, qu'elle a trouvé belle car simple.

Quelqu'un a trouvé Mina dans la forêt et la ramène jusqu'à sa ville. Elle vient roder dans le riche quartier d'Alice et voit une maison en vente avec potager et cabane en bois. Elle s'y installe et voit un garçon de café qui vient tous les soirs se changer ici. Elle qui vient juste d'avoir 18 ans se sent libre.

Elle vient observer la maison de son amie et comprend que la mère est très inquiète alors que le père ne semble penser qu'à son boulot de banquier.

Le garçon s'appelle Sans-Larme et lui parle quand il vient se changer ici avant ou après son service. Et Mina finit par lui dire pourquoi elle est là. Il répond qu'Alice avait peut-être une raison cachée, de sauteret que Mina n'aurait pas décelée. En tout cas elle espérait jusqu'au dernier moment qu'Alice ne se suiciderait pas.

Après que Sans-Larme lui ait annoncé que la mère d'Alice cherchait une femme de ménage elle s'est dit que c'est elle qui doit l'avoir ce job. Et de fait Sans-Larme obtient un rendez-vous. C'est alors qu'il lui dit pourquoi il a choisi son pseudonyme. Parce qu'il a tant souffert et pleuré pour son ami Rémi martyrisé chaque jour à  l'internat au point de le brûler au troisième degré. Il s'est depuis juré de ne jamais plus pleurer.

Mina s'annonce comme étant Angélique. La femme lui présente la maison sans faire aucune allusion à une fille et même la chambre d'Alice est présentée comme une chambre d'amis. Très vite la mère d'Alice lui fait pleine confiance et lui dit qu'elle va la prendre plus longtemps chaque semaine et qu'elle aura des tâches à responsabilité. Sans-Larme la met en garde car l'objectif devient très différent de ce qu'il en était au début.

Sans-Larme a quitté son travail pour en savoir plus sur la relation entre Alice et Mina... Il ne faut pas en dire plus sur la suite de cette histoire...

 

Une très belle écriture pour un récit qui montre cette histoire à partir de ce que Mina en dit. Le livre dit Je et se met donc dans les traces et dans l'esprit de cette toute jeune adulte puisque le fait déclencheur du roman se situe au passage à 18 ans.

 

Le début en dit long sur cette histoire : "Le jour où j'ai décidé de vivre est aussi celui où j'ai perdu officiellement toute raison d'exister. // Le tout s'est produit un mercredi matin, dans un intervalle d'un centième de seconde, comme une gigantesque claque du destin;"

 

 Et la phrase mise en exergue est celle d'Albert Camus dans "L'envers et l'endroit" : "Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre."

 

 

 

Un livre coup de coeur complètement inattendu et c'est encore meilleur ainsi.

 

Bonne lecture Denis

 

 

 
 

 

L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong (Stock)
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:21
Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova (Galaade)

Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova

(Galaade - septembre 2015 - 210 pages)

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C'est toujours un plaisir de savoir que des auteurs étrangers ont un jour, parfois par force, du fait d'un exil, ce qui est le cas pour Albena Dimitrova, née en Bulgarie en 1969 et arrivée en France en 1989, d'écrire dans notre langue.

Elle écrit d'ailleurs : "J'écris en français des histoires vécues en Bulgare. J'en ai gardé l'accent".

 

Ce roman pourrait être autobiographique.

 

La narratrice, Alba, est étudiante et a 17 ans. Guéo lui a 55 ans et ils s'aiment. Il a une activité politique importante en Bulgarie où il fait partie des dignitaires du régime communiste. Il a été embrigadé à l'âge de onze ans alors qu'il vivait plus dans la rue que chez sa tante.

Alba nous raconte comment elle a connu Guéo au moment où elle a été admise à l'hôpital de Sofia réservé aux membres du gouvernement. Les menaces de paralysie inquiétaient les médecins qui ne savaient pas trop quoi faire d'elle.

Elle avait alors seize ans. Guéo prend soin d'elle et bientôt ils sont inséparables. Il part pour le sanatorium et elle peut le rejoindre quelques jours plus tard après dérogation signée  par la commission santé du Politburo.

Elle sent l'attirance pour Guéo mais au moment de coucher ensemble il se rétracte. Il lui présente son fils Christo et ils deviennent amants mais de courte durée et Guéo revient vers elle l'appelant "ma petite Alba".

Et c'est avec Guéo qu'elle va être enceinte mais pas question de garder l'enfant. Alors à ses dix huit ans elle accouche par anticipation et le bébé meurt.

Le haut dignitaire du parti qu'est Guéo ne voit pas venir la menace d'un changement radical de politique en Bulgarie alors que le mur de Berlin va tomber et tout "l'empire soviétique".

On leur dit que leur amour doit cesser et à 20 ans elle part à Paris et apprend le français langue que connaît Guéo avecl'espoir qu'ils pourront "dîner en français".

 

Roman de l'amour impossible en pleine tourmente politique alors que Guéo renonce à lire son projet de réforme parlementaire qui aurait peut-être pu éviter le chaos !

 

Un très bon livre bien écrit dans un français très frais, à découvrir. Ce n'est pas tous les jours que l'on parle de la Bulgarie de l'intérieur et dans notre langue !

 

Denis

 

 

Nous dînerons en français d'Albena Dimitrova

(Galaade - septembre 2015 - 210 pages)

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C'est toujours un plaisir de savoir que des auteurs étrangers ont un jour, parfois par force,

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 16:11
Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé (Babel)

Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé

(Babel - 132 pages - mars 2010)

Première édition Actes Sud - 2007

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William N'Sondé est né en 1968 et a publié ce premier roman en 2007 pour lequel il a reçu le prix des Cinq Continents de la Francophonie et le prix Senghor de la création littéraire. Il a publié trois romans depuis et "Le Coeur des Enfants Leopards" a été adapté au théâtre. L'auteur est par ailleurs musicien et chanteur.

 

​Comme presque toujours avec Actes Sud, on a affaire à un texte où la prose est proche de la poésie lyrique. On lit un tel livre autant pour le rythme des mots et des phrases que pour l'histoire elle-même, d'autant que l'auteur aime nous laisser longtemps dans le "flou".

 

Le narrateur a été placé en garde à vue suite à des problèmes sur la voie publique. Il sait que son ami Drissa était avec lui mais comme il n'était pas dans son état normal il ne se souvient pas des détails. Tout est confus et il a été maltraité par un policier. Il se remémore des bribes de ses racines au pays kongo avec la figure du grand-père autoritaire et respecté en ce pays des léopards.

Souvenir de Mireille son amour de jeunesse si belle si aimante.

Magie noire, vaudou ou sorcellerie. Il est capable de l'invoquer dans sa cellule. Ce sont ses racines et un policier avoue avoir eu peur de cela quand le détenu a parlé et chanté dans sa langue africaine au point de le taper quand il l'a découvert caché sous le lit.

Mireille a eu la même enfance que Drissa et le narrateur. Petits vols à droite, à gauche. Des parents peu présents pour leur ouvrir l'avenir. Il a fallu l'entrée à l'université et donc la sortie de banlieue pour que Mireille découvre la lecture, la culture au risque de passer pour snob reniant ses origines.

Leur première fois a été magnifique dans une voiture volée par Kamel le dur de la bande, assagi depuis en devenant musulman. Le souvenir de Mireille est tellement beau pour lui.

Le père a fait partie de ceux qui ont œuvré pour l'indépendance du pays  mais qui sont partis très vite pour un ailleurs d'où l'arrivée en France.

Drissa est devenu violent et délinquant au fil des années renié par Mireille notamment qui ne supporte plus sa violence et celle du quartier. Drissa aime Carole entièrement assujettie à ses bons vouloirs et ses violences. Il a aussi couché avec la mère de Mireille. 

Et puis Mireille a dit qu'elle devait partir pour changer d'air et de vie.

Et alors que l'alcool s'évapore, il commence à prendre conscience qu'il s'est mis dans une drôle de situation.

 

Page 45 : "Le silence est revenu, et c'est à Drissa que je pense. Drissa c'est du gâchis, ce qui reste de toi. C'est quoi un nègre, un vrai ? Et tu tremblais déjà ! Quoi, t'es pas né au pays ? Tu ne le connais pas ? Tu ne parles pas la langue ? Noir dehors, blanc dedans ! Accroche-toi pour rester au moins dans ton paragraphe, sinon tu n'es plus rien après le point d'interrogation. Prends garde mon ami, ils veulent te rayer du texte, prends racine, ancre ta vie très vite, là où tu te sens bien, une toute petite parenthèse à ouvrir, rien que pour toi avec un peu de bonheur avant le point final."

 

Un excellent court roman onirique qui sort petit à petit des brumes du cerveau du narrateur pour nous révéler une triste réalité.

 
Bonne lecture,
 
Denis
 

 

 

 

Le coeur des enfants léopards de Wilfried N'Sondé (Babel)
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 19:23
Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol (Actes Sud)

Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol

(Actes Sud - Actes Noirs - février 2015 - 600 pages)

Traduit de l'espagnol par Claude Bleton

TItre original : Un millon de gotas ( Barcelone - 2014)

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Ce livre est un "monument" par la taille, par le propos et par la construction. Quelle aventure que de rentrer dans ce livre ! On est absorbé par toutes ces vagues narratives.

Tenter de résumer ce livre relève d'une certaine gageure, d'autant qu'il y a un intrigue policière dont il ne faut pas trop dévoiler les tenants et aboutissements. Et puis vous aurez 600 pages serrées pour atteindre l'autre rive.

Comme j'adore tout ce qui touche à l'Histoire et plus encore à celle du 20e siècle, j'ai été comblé avec ce livre.

 

Le roman se passe en 2002 mais il faut remonter à janvier 1933 et connaitre toute la vie d'Elias Gil jusqu'à sa mort en 1967 pour raccorder son histoire à celle d'aujourd'hui qui concerne ses enfants Gonzalo et Laura.

Donc 1933, c'est la grande "époque" du stalinisme quand il était encore regardé comme très fréquentable et Elias arrive là-bas, jeune ingénieur espagnol diplômé. ​Lui et trois amis européens de l'ouest l'accompagnent mais très vite les choses tournent mal car l'URSS a déjà ses travers et voit partout des espions venus de l'Ouest, si bien qu'il se retrouve en mai 1933 sur l'île de Nazino en Sibérie avec Irina qu'il aime et Anna la fille d'Irina. Ils assistent à un véritable massacre et Elias jure de les sortir de là tous les trois.

 

Extrait p.220  "Quand s'étaignit l'écho des derniers coups e feu, l'îlot était jonché de cadavres. L'air sentait la poudre. Même les soldats, qui s'acharnaient encore quelques minutes plus tôt, contemplaient ce spectacle dantesque en silence, effrayés de leur propre rage. Certains vomissaient, d'autres sanglotaient. Plus de deux cents hommes, femmes et enfants moururent ce jour-là. Une demi-douzaine de soldats tombèrent aussi. // Et soudain, au loin, un écho musical transperça la brume qui enrobait le fleuve. Entouré de cadavres, un vieil homme jouait de l'harmonica, assis sur un tronc d'arbre. La musique répandait sa tristesse. La scène était démentielle, hallucinante, incroyable. Mais le vieillard était bien réel, les notes de son harmonica s'élevaient au-dessus des gémissements des blessés".

 

Cet extrait montre la qualité du style et de la narration.

Igor, le tortionnaire russe,  lui met une telle pression qu'il décide de s'enfuir au plus vite par la rivière mais leur embarcation est précaire et Irina lui échappe. Anna est sauvée. Mais les ennuis qui vont poursuivre à jamais Elias naissent de sa lâcheté à avoir abandonné Irina pour se sauver puis à avoir donné Anna à Igor.

Pour Elias, il va y avoir le retour en Espagne, puis la guerre d'Espagne du côté des barcelonais contre Franco avec en 1939 le départ vers Argeles et Collioure pour se mettre à l'abri dans des camps de refugiés. Retour en URSS en 1941 pour se battre au côté des russes contre les allemands à Leningrad... Retour en Espagne où son activité devient plus trouble. Et Anna va revenir dans sa vie, Igor également...

Les chapitres s'alternent entre passé et présent sans gêner l'avancement de la lecture car justement cela apporte au fur et à mesure un éclairage sur la situation.

 

Tout cela pour arriver à 2002. Laura Gil, flic, est soupçonnée d'avoir tué un espion russe Zinoviev, lequel était suspecté d'avoir tué son fils. Gonzalo, son frère, avocat, n'a pas eu de nouvelles de sa soeur depuis 10 ans jusqu'à ce que le soir de son anniversaire il apprenne qu'elle s'est suicidée après avoir été arrêtée pour meurtre. C'est toute la famille qui est ébranlée et qui comprend que le passé est en train de remonter à la surface. Le beau-père de Gonzalo, le policier qui a travaillé avec Laura, les russes arrivés en Espagne... Tout ce petit monde est encore bien présent pour semer la pagaille.

Au fil des pages, les diverses ramifications de l'intrigue se ressoudent. Cela demande un minimum de concentration au lecteur mais ce livre en vaut vraiment la peine. Vous ne le regretterez pas.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Toutes les vagues de l'océan de Victor del Arbol (Actes Sud)
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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:09

Alors que beaucoup vont se plonger dans l'Euro de football, les amateurs de littérature vont se concentrer sur les auteurs anglais tout au long de ce mois de juin 2016.

Pour ma part, étant engagé dans la lecture de livres pour deux prix littéraires, je serai obligé de limiter mes lectures à deux ouvrages (une troisième serait un miracle !) :

- Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier (1907-1989) (Le livre de poche) pour le 9 juin 2016

(une lecture faite en commun avec Johanna )

Je n'ai lu qu'un roman de cette auteure "La maison sur le rivage" et il y a très très longtemps... ​

Le mois anglais est de retour en juin prochain !

- Regardez-moi d'Anita Brookner (1928-2016) (Editions de la Découverte) pour le 27 juin ​

Ce sera l'occasion de rendre hommage à cette auteure décédée cette année.

Le mois anglais est de retour en juin prochain !

Tout se passe sur la page Facebook dédiée à ce mois anglais (qui vit par ailleurs toute l'année), animé par Cryssilda et Lou.

N'hésitez pas à venir nous rejoindre.

Denis

Le mois anglais est de retour en juin prochain !
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