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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 21:41
Ce coeur changeant d'Agnès Desarthe (L'Olivier)

Ce coeur changeant d'Agnès Desarthe

(Editions de l'Olivier - août 2015 - 337 pages)

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Roman de la rentrée d'automne 2015, primé par le Prix Littéraire du Monde, qui nous permet de suivre l'itinéraire de Rose entre sa naissance en 1889 et 1931.

Une drôle de famille pour un drôle d'itinéraire.

 

René de Maisonneuve est au Danemark en 1887 où, militaire, il a rencontré la famille Matthisen, amie de son père. Trude, la mère ne se remet pas de la mort de ses quatre ainés du choléra. Kristina et René sont amoureux et la famille accepte d' emblée le mariage dont va naître dix-neuf mois plus tard Rose.

 

Rose a 20 ans en 1909 quand elle décide de partir seule à Paris. Sa mère est rentrée au Danemark et son père est resté en Afrique où il est commandant.

Effrayée par un homme qui l'interpelle dans la rue elle rentre dans un bar puis dit à la patronne, Marthe, qui l'interroge, qu'elle cherche un travail. Elle se fait aussitôt embaucher comme femme de ménage. Se rappelant le travail de sa nounou Zelada elle s'applique à bien travailler ce qui plait à Marthe.

Elle dort à la cave dans l'humidité mais se plaît bien chez Marthe malgré tout et elle aime innover comme de faire du hareng fumé.

 

Et puis elle a rencontré Émile, légèrement plus jeune qu'elle, enseignant de grec et latin, mais aussi pauvre que Rose. Elle vient dormir chez lui mais ils sont restés très chastes d'autant qu'Emile souffre d'eczéma et tousse beaucoup.

Kristina écrit à sa fille qu'elle ne l'aime pas. Rose de son côté écrit à son père et lui enjolive sa vie faisant croire qu'elle est traductrice à l'ambassade du Danemark à Paris.

Emile meurt et heureusement elle recroise Louise qui venait au bar de Marthe. Elle vient vivre chez elle et elles deviennent amantes. Louise épouse Ronan plus pour son argent que pour lui car elle reste fidèle à Rose.

Huit ans ont passé et on se retrouve en 1921 toujours à Paris. Rose travaille et continue de vivre avec Louise. Entretemps, il y a eu la guerre. Louise a été ambulancière et Rose radiographe. Et c'est alors qu'elle a retrouvé son père qui ne savait plus que dire son nom sans reconnaître sa fille.

 

La vie de Rose semble stabilisée jusqu'à ce que deux agents viennent frapper à la porte de Rose.

 

Une tranche de vie de Rose entre espoir et désespoir, entre pauvreté extrême et aisance factice. Un livre aux dates bien tranchées en début de chaque chapitre mais au fil narratif fluctuant entre présent et passé.

Une belle plume que celle d'Agnès Desarthe qui a déjà fait ses preuves depuis une douzaine de livres.

Une histoire bien intéressante. On se dit que Rose a eu de la chance dans son "malheur" d'avoir dû fuir des parents excentriques et de trouver tant bien que mal un peu de bonheur à Paris.

 

Bonne lecture,

Denis

 

      

                                                      

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:01
Chanter la poésie : Apollinaire par Serge Reggiani

Un poète : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un chanteur : Serge Reggiani (1922-2004)

Un poème :

 

             Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 20:44

 Lu ce petit livre émouvant qui m'a beaucoup plu : " Une forêt d'arbres creux " de Antoine Choplin ( Editions La fosse aux ours )

Le titre se réfère aux deux arbres que le dessinateur Fritta Bedrich aperçoit par delà les barbelés à son arrivée au camp. Les dessins réalisés en cachette la nuit et dissimulés derrière cette latte de bois dans le bureau des dessins sont destinés à servir de témoignage quant à la vie réelle dans le camp.

Une vie décrite avec simplicité et précision mais un récit qui émeut et terrorise aussi.

A savoir que les dessins de Bedrich Fritta ont été exposés au musée Juif de Berlin.

http://collectifhistoirememoire.org/collectifhistoirememoire.org/UserFiles/file/Fritta.pdf

Résumé : TEREZIN, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE, décembre 1941. Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins.

Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse.

Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments.

Chaque nuit, le groupe se retrouve, crayon en main, mais en cachette cette fois. Il s'agit de représenter la réalité de Terezin sans consigne d'aucune sorte.

Et alors surgissent sur les feuilles visages hallucinés, caricatures. Tout est capté et mémorisé la nuit puis dissimulé précieusement derrière cette latte de bois du bureau des dessins.

 Fabienne Lecomte.

" Une forêt d'arbres creux " de Antoine Choplin
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:10
Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci

Un poète : Jean de la Ville de Mirmont (1886-1914)

Une chanteuse : Anna Caterina Antonacci (née en 1961) soprano

Un compositeur : Gabriel Fauré (1845-1924)

Un poème :

 

                              La mer est infinie...

 

 

    La mer est infinie et mes rêves sont fous.
La mer chante au soleil en battant les falaises
Et mes rêves légers ne se sentent plus d’aise
De danser sur la mer comme des oiseaux soûls.
 
Le vaste mouvement des vagues les emporte,
La brise les agite et les roule en ses plis ;
Jouant dans le sillage, ils feront une escorte
Aux vaisseaux que mon cœur dans leur fuite a suivis.
 
Ivres d’air et de sel et brûlés par l’écume
De la mer qui console et qui lave des pleurs,
Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ;
Les goélands perdus les prendront pour des leurs.
 

 

                (L'horizon chimérique)

 

 

Ce poème est le premier de 4 poèmes qui composent l'oeuvre de Gabriel Fauré "L'horizon chimérique" opus 118, dernière oeuvre vocale datant de l'automne 1921.

4 textes du recueil du même nom de Jean de la Ville de Mirmont, jeune poète mort prématurément à la guerre.

 

Jérôme Garcin a publié récemment un livre "Bleus horizons" sur Jean de la Ville de Mirmont qui donne un éclairage passionnant sur la vie du poète.

 

Denis

Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 21:35
La comtesse de Ricotta de Milena Agus (Liana Levi)

La comtesse de Ricotta de Milena Agus

(Liana Levi - collection piccolo - 120 pages - juin 2013)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : La contessa di ricotta (2009)

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Les livres de Milena Agus sont toujours petits par la taille mais grands par le style et l'histoire. Sobriété est souvent signe de grande force intellectuelle. Un art du mot juste sans superflu et grandiloquence. Les personnages sont là par leur présence, leurs espoirs et leurs silences.

 

Trois soeurs occupent trois appartements sur les huit de ce qui fut un des plus beaux palais de la ville datant du XVIIe siècle. Plutôt mal entretenu faute d'argent.

Noemi est l'aînée, magistrate restée vieille fille. Maddalena est mariée à Salvatore et ils espèrent avoir un enfant sans jamais y arriver aimant pourtant le sexe avant tout. Et puis il y a celle que ses soeurs appellent par coutume familiale la comtesse de Ricotta. Elle vit avec son fils et la nounou de la famille s' est installée chez elle. Carlino a cinq ans, exaspère tout le monde. Son père le prend deux jours par semaine pour un cours de piano qu'ils suivent ensemble.

Elle voudrait refaire sa vie mais ne trouve pas l'homme qui saurait la rendre heureuse. Et pourtant ses soeurs lui disent que le voisin d'en face, seul à présent, serait un bon parti.

Elias, le fils de la gouvernante, fait des travaux de rénovation pour les trois soeurs. Il s'entend bien avec l'aînée jusqu'à ce qu'il lui casse une vieille tasse, compromettant leur relation.

 

Chacune des soeurs attend un événement qui pourrait changer complètement leur vie mais peut-il y avoir des miracles dans leur vie routinière où tout est espoir déçu. Et ont-elles confiance en elles? Pas si sûr.

 

A livre sobre, compte rendu tout aussi sobre. Il faut écouter la musique des morts dans cette ville de Cagliari, près de la mer qui résonne et qui est aussi promesse de bien être, d'évasion.

 

Page 11 : "Les trois soeurs ne s'appellent pas réellement de Ricotta. C'est la benjamine qu'on appelle ainsi, parce qu'elle est maladroite, des "mains de ricotta", et parce que la réalité entière blesse son coeur fragile, un coeur de ricotta, lui aussi".

 

Laissez-vous porter par la prose cisellée de Milena Agus qui frise le "conte" par moments, un conte de fée où le bonheur est espéré au coin de la tête ou de la rue.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du challenge Italie conduit avec virtuosité par Eimelle avec pour thème principal ce mois-ci la Sardaigne.

 

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 20:37
L'échange des princesses de Chantal Thomas (Points)

L'échange des princesses de Chantal Thomas (Points / Seuils - 318 pages - 2014)

Première édition Le Seuil, collection Fiction & Cie, 2013

 

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Roman historique de l'historienne et romancière Chantal Thomas, spécialiste du XVIIIe siècle qui met en scène deux princesses :

Anna Maria Victoria de Bourbon (1718-1776), infante d'Espagne, appelée, après son mariage avec Louis XV, l'infante-reine de France.

 

Louise-Elisabeth d'Orléans (1709-1742), Melle de Montpensier, qui devient par son mariage avec don Luis, prince des Asturies, princesse des Asturies, puis reine d'Espagne.

Anna Maria Victoria                                               Louise ElisabethAnna Maria Victoria                                               Louise Elisabeth

Anna Maria Victoria Louise Elisabeth

Le régent Philippe d' Orléans en cet été 1721 a eu l'idée de marier sa fille au fils de Philippe V d'Espagne. Un mariage entre Bourbons ! Saint Simon, le mémorialiste, se propose d'aller présenter le projet en Espagne.

Mais pour que le projet se réalise il est prévu en contrepartie que le jeune roi âgé de onze ans épouse l'infante d'Espagne alors âgée de quatre ans. Louis XV pleure mais accepte l'échange des princesses.

Louise-Elisabeth d'Orléans, Melle de Montpensier, fait ses adieux au roi et part pour l'Espagne. Elle va faire un voyage interminable. Pendant ce temps Saint-Simon est arrivé en Espagne et la très jeune infante commence de son côté son voyage vers la France.

L'échange des princesses se fait sur l'île des faisans.

L'arrivée de Melle de Montpensier ne se fait pas sans difficultés. Elle est malade dans ce pays infesté par les épidémies et puis elle refuse de se soumettre à certains protocoles dont celui de danser avec son futur époux. Saint-Simon réussit juste à imposer l'union des futurs mariés présentés dans leur futur lit de noces pour officialiser leur union alors que la cour d'Espagne se voit déjà récuser la jeune fille.

Par contre le voyage de l'infante-reine Anna Maria Victoria se passe très bien et tout le monde ne tarit pas d'éloges pour cette petite fille si attachante. Elle est éblouie par la beauté du roi.

Melle de Montpensier guérit et redonne espoir aux espagnols notamment en acceptant d'assister à un autodafé.

La jeune infante-reine se plaît au Louvre non loin du roi installé aux Tuileries. Elle se sent bien avec la Palatine dite Madame mais se désole de devoir partir à Versailles en juin 1722.

Louise Elisabeth a ses règles et peut donc convoler au plus vite en justes noces. Malgré tout, elle se montre toujours autant distante même à l'escurial où elle passe l'été.

Versailles revit après sept ans d'abandon. L'infante s' y plait beaucoup et Louis XV goute aux joies de la pédérastie.

L'automne est marqué par le sacre à Reims de Louis XV et par la mort de la palatine dite Madame.

Février 1723 marque le droit à Louis XV âgé de 13 ans de devenir roi. Louise Elisabeth et le prince de leur côté n'arrivent pas à consommer leur nuit de noces.

Louise Elisabeth se montre impudente et dévergondée si bien qu'elle est enfermée au début de l'été pour revenir à la raison. Mais très vite elle est veuve.

Quant à Louis XV et la cour, ils se lassent de la petite reine. Pour l'heure les préparatifs se font pour un séjour à Fontainebleau...

 

Tout au long du roman on passe de Madrid à Paris pour suivre le parcours de chacune des princesses. Hélas, l'Histoire ne peut pas être contredite et il faut bien en arriver au constat d'échec. Et à la mi mai 1725, le roman se termine sur ces quelques phrases :

" Elles se croisent à nouveau , ne s'embrassent pas au passage. L'échange s'effectue en sens inverse. La reine douairière d'Espagne contre l'infante-reine de France, une demi-folle contre une enfant déchue".

 

Une petite reine aimée mais trop jeune et une adolescente rebelle qui finissent toutes deux par être "bannies" dans leur pays d'adoption. Un échec qui n'aura pas d'incidence particulière sur les relations entre l'Espagne et la France, déjà assez dégradées.

 

Une passionnante plongée dans ces années 1721-1725 merveilleusement restituées par Chantal Thomas par petites touches, un peu comme si on regardait une galerie de tableaux et de portraits.

 

A lire absolument par les amateurs de littérature et d'Histoire.

 

Bonne lecture,

 

Denis

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:40
Chanter la poésie : Villon par Brassens

Un poète : François Villon (1431 ? - 1463)

Un chanteur : Georges Brassens (1921-1981)

Un poème :

 

       Ballade des Dames du temps jadis

 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 19:13
L'enfer de Church Street de Jake Hinkson (Gallmeister)

L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

(Gallmeister - collection Neo Noir - 236 pages - février 2015)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides

Titre original : Hell on Church Street (2012)

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Commençons par l'exergue avec une phrase de Paul Valéry : "Dieu a tout fait de rien, mais le rien perce".

 

Le rien, ici va être de l'ultra violence arrivée de nulle part. Ou plutôt oui, d'un "méchant" sheriff comme l'écrit lui-même l'écrivain dans son récit.

 

Alors, on rembobine et on reprend depuis le début :

 

Le narrateur, en cavale après avoir frappé un contremaître, s'est enfui et braque un chauffeur dans une station service. Cet homme, Geoffrey Webb veut bien lui donner son fric et le conduire là où il veut à condition de l'écouter raconter sa vie, lui qui ne parle presque plus.

Après une enfance peu dorée un oncle lui a fait découvrir l'église baptiste et en a même fait un aumônier à Church Street. Il est tout de suite tombé amoureux de la fille du pasteur, Angela Card, 16 ans plutôt grosse et pas belle mais sensuelle pour son goût.

Comment la séduire quand elle est amoureuse d'un basketteur, Oscar, qui heureusement ne l'aime pas? Jamais ses parents voudraient qu'elle aime celui qui fait le catéchisme aux jeunes de sa paroisse. Et puis c'est elle qui va venir à lui innocemment. Ils vont parler souvent ensemble puis elle va se laisser embrasser puis ils vont faire l'amour et se dépuceler.

 

Juste là, on pourrait se croire dans un roman classique, presque "fleur bleue".

Mais, entre en scène le méchant qui n'est autre que le shérif Doolittle Norris venu voir, incidemment dit-il, qui fréquente son fils dans les réunions de jeunes au presbytère.

Alors, il se "lance et dit à Geoffrey qu'il sait qu'il a couché avec une mineure. S'il ne veut pas d'histoires il faut qu'il aille dérober une enveloppe chez le pasteur Card. Ce qu'il fait la nuit suivante mais il est surpris par la femme du pasteur et le drame arrive...

On n'est plus du tout dans le "romantisme" du début. Les coups de tonnerre terribles vont se succéder et rendre le roman angoissant.

Alors que l'on imaginait que le narrateur serait le violent du roman, on se rend compte qu'il est "enfant de choeur" avec son braquage par rapport aux monstruosités de Geoffrey Webb telles qu'il les révèle. Et il dit tout cela avec fatalisme. Il m'a fait penser à Meursault de "L'étranger" d'Albert Camus. Un type qui ne voit pas les coups venir.

 

L'éditeur nous dit que Jake Hinkson, par ailleurs né en 1975 dans l'Arkhansas, fils de prêcheur baptiste, ne nie pas son admiration pour un des maîtres du roman noir américain Jim Thompson. Je n'ai pas lu cet auteur et mon ignorance de l'histoire du roman noir ne me permet pas de comparer les deux auteurs. Mais c'est un indice intéressant pour prolonger cette lecture.

 

Un père prêcheur baptiste ! Là assurément il y a un "règlement de compte" entre le père et le fils via ce roman.

 

Chapitre 7 (Celui qui nous annonce que tout va changer dans le ton de ce roman, page 77, soit au tiers du roman) :

" Entrée en scène du méchant.

Le méchant de la triste histoire de ma misérable vie n'est pas, comme je l'aurais cru, Oscar. Oscar le petit merdeux reviendrait me hanter plus tard, mais à ce moment-là il n'était que le premier petit obstacle que j'avais eu à surmonter. (...) Le méchant n'est même pas le frère Card (...). Non, le méchant était Thimothy "Doolittle" Norris, le shérif du comté".

 

Un livre qui aurait pu être "minimaliste", bien écrit sans fioriture mais l'histoire vient nous ébranler, nous "déranger" dans notre confort de lecteur. Et c'est tout l'enjeu, tout ce qui fait que ce livre est vraiment un grand livre.

 

Livre lu dans le cadre du challenge "Gallmeister 10 ans" animé avec talent et enthousiasme par Léa Touch Book. Une année pour fêter les 10 ans de vie de ce très grand éditeur que j'ai présenté, ainsi que cette collection "Neo noir" sur mon blog.

 

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 16:51
Un éditeur : Gallmeister / Une collection Neo Noir

Voici comment Gallmeister sur son site présente cette collection "Neo Noir" née en mars 2015 :

 

Il y a près d’un siècle, aux États-Unis, le roman policier rencontre le western et, dans une Amérique urbaine en plein essor, dans un pays qui sort de l’horreur du premier conflit mondial, naît un nouveau genre littéraire. Hammett, Chandler et Macdonald en deviennent successivement les maîtres.


Il y a soixante ans, en France, Jacques Prévert invente le nom de la collection que vient de créer Marcel Duhamel aux éditions Gallimard : la Série Noire voit le jour et fait découvrir aux lecteurs français cette nouvelle forme de littérature. Les termes de “roman noir” puis de “film noir” s’imposent. Paradoxe, ce genre littéraire américain se trouve un nom français.


Depuis, le roman noir américain ne cesse de raconter la part d’ombre et les failles de son pays. James M.Cain et Jim Thompson passent par là, puis James Ellroy et Dennis Lehane. Le cinéma participe à l’évolution du genre. Tarantino s’en empare, puis les frères Coen et David Fincher. La télévision se l’approprie avec Breaking Bad, The Wire ou True Detective. Ses codes sont repris, transgressés, travestis pour décrire et dénoncer cette Amérique des laissés-pour-compte. Le roman noir d’hier se transforme, toujours plus radical, toujours plus libre.

 

Car aujourd’hui, des auteurs prennent la relève. Ils ont en bagage l’héritage d’un siècle de roman noir qu’ils mixent sans complexe avec Shakespeare et quelques décennies de culture populaire. Ils jouent avec les codes du genre et les références, jonglent avec une culture acquise tant au cinéma que dans leur bibliothèque. Ils sont les observateurs implacables d’un pays marqué par la crise économique et la guerre perpétuelle, rongé par la drogue, le racisme et les inégalités. Ils sont tout à la fois réalistes, drôles et violents, résolument contestataires.


Ils prennent le pouls d’une Amérique dont ils ne connaissent que trop bien les travers. Vous ne les croiserez probablement pas dans les cocktails littéraires et ils ne remporteront jamais le prix Nobel. Pourtant ils représentent sans doute ce que la littérature américaine a connu de plus sincère et dynamique ces derniers temps. Ils font du neo noir.

 

Lisez-les. Vous y perdrez quelques illusions, mais vous y gagnerez une bonne dose d’émotions fortes. Et vous continuerez de découvrir avec nous toutes les couleurs de l’Amérique.

 

http://www.gallmeister.fr/la-maison/neonoir

 

 

Gallmeister a 10 ans, une maison d'édition créée par Olivier Gallmeister.

 

Et voici comment l'éditeur présente sa maison d'édition :

 

Depuis 2006, les éditions Gallmeister se consacrent à la découverte des multiples facettes de la littérature américaine, devenant ainsi l'unique éditeur français à se spécialiser exclusivement dans ce domaine. D’est en ouest, les auteurs américains décrivent et interrogent les beautés et les contradictions de leur immense territoire et de ses habitants. Détectives privés de la côte ouest ou guides de pêches de la côte est, traders new-yorkais ou cow-boys mélancoliques sont autant de représentations d'une Amérique plurielle. Ces icônes mythiques, sous la plume d’auteurs rompus à l’observation d’un monde en perpétuelle mutation, deviennent des compagnons de choix pour la découverte de ce fascinant continent.

 

Dans la lignée de Thoreau ou d'Emerson, des auteurs comme Edward Abbey, Rick Bass ou Pete Fromm se font les observateurs subtils du monde naturel. Leurs écrits ne prennent pas simplement la nature pour cadre : ils en font un élément central de la narration, qui marque profondément le destin des hommes. D’autres auteurs comme Craig Johnson, Trevanian ou Benjamin Whitmer représentent la part d’ombre de cette littérature et nous guident dans les dédales obscurs de la société américaine à travers leurs romans policiers. Dignes héritiers de Kerouac ou de Vonnegut, certains écrivains comme Tom Robbins ou William Wharton portent quant à eux un regard frondeur et critique sur l’american way of life, pointant les failles du rêve américain.

 

De nombreux auteurs ont aujourd’hui rejoint notre maison d’édition et enrichissent, à leur façon, notre vision d'une Amérique complexe et fascinante.

 

http://www.gallmeister.fr/

 

 

Alors, pour fêter les 10 ans de Gallmeister, Léa Touch Book a créé un groupe sur facebook où tous les amoureux de l'éditeur et plus encore de ses auteurs et romans sont les bienvenus pour nous rejoindre :

 

https://www.facebook.com/groups/806652162778979/

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 20:25
La clairvoyance du Père Brown de G.K. Chesterton (Omnibus)

La clairvoyance du Père Brown de Gilbert Keith Chesterton

(Omnibus - Les enquêtes du Père Brown)

Traduction de l'anglais parEmile Cammaerts réviséé par Anne Guillaume

Titre original : The Innocence of Father Brown (1911)

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Le père Brown est un détective de fiction créé par l'écrivain britannique Gilbert Keith Chesterton, qui figure dans 51 nouvelles et deux textes d'encadrement qui ouvrent et clôturent le recueil Le Secret du père Brown. Le personnage est inspiré de la vie du père John O'Connor (1870-1952), un curé paroissial de Bradford dans le Yorkshire qui joua un rôle important dans la conversion de Chesterton au catholicisme en 19221.

La série des enquêtes du père Brown est l'une des œuvres les plus populaires de Chesterton et contribua en son temps à élargir la notoriété de l'écrivain. Elle a été adaptée dans de nombreuses pièces, films et livres dans la culture britannique, américaine et allemande. Le personnage du père Brown fut interprété à l'écran notamment par Sir Alec Guinness, puis par Kenneth More. Par ailleurs, Evelyn Waugh a fait intervenir la série du Père Brown dans son roman Retour à Brideshead.

(Source Wikipedia)

 

Ce recueil de 12 nouvelles met en valeur la "clairvoyance" du Père Brown. Toujours prêt à trouver la solution aux problèmes rencontrés (vols, meurtres...) par sa perspicacité et son sens de l'observation :

The Innocence of Father Brown (1911) (La Clairvoyance du père Brown)

  1. The Blue Cross, publiée dans The Story-Teller, september 1910 (La Croix bleue)

  2. The Secret Garden, publiée dans The Story-Teller, october 1910 (Le Jardin secret)

  3. The Queer Feet, publiée dans The Story-Teller, november 1910 (Les Pas étranges)

  4. The Flying Stars, publiée dans The Cassell's Magazine, juin 1911 (Les Étoiles filantes)

  5. The Invisible Man, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (L'Homme invisible)

  6. The Strange Justice ou The Honour of Israel Gow, publiée dans The Cassell's Magazine, avril 1911 (L'Honneur d'Israël Gow)

  7. The Wrong Shape, publiée dans The Story-Teller, janvier 1911 (La Mauvaise Forme)

  8. The Sins of Prince Saradine, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (Les Péchés du prince Saradine)

  9. The Hammer of God, publiée dans The Story-Teller, décembre 1910 (Le Marteau de Dieu)

  10. The Eye of Apollo, publiée dans The Cassell's Magazine, février 1911 (L'Œil d'Apollon)

  11. The Sign of the Broken Sword, publiée dans The Story-Teller, février 1911 (L'Épée brisée)

  12. The Three Tools of Death, publiée dans The Cassell's Magazine, juillet 1911 (Les Trois Instruments de la mort)

 

 

La croix bleue

Le détective français Valentin vient à Londres espérer arrêter Flambeau un rusé malfaiteur. Il tombe sur un petit prêtre presque insignifiant pendant son voyage. Il le retrouve ensuite en compagnie d'un grand prêtre et ne peut que les suivre à distance par des indices que laisse Brown qui a compris que le grand prêtre est un escroc et en veut à sa croix bleue de valeur qu'il a amenée ici pour un congrès ecclésiastique.

Le jardin secret

Une soirée est organisée chez Valentin à laquelle participe entre autre le père Brown. Dans le jardin pourtant bien clos et bien protégé est découvert un cadavre à la tête tranchée puis un second corps. Qui a pu tuer en s' introduisant ici? Personne ! et le père Brown donne la solution de l'énigme.

Les pas étranges

Chaque année le club des "douze vrais pêcheurs", société aristocrate, organise un grand repas. Le père Brown se trouve là pour accompagner un corps mort et dans son petit coin entend des bruits de pas suspects et surprend alors Flambeau prêt à partir avec des couverts d' argent volés dont il obtient la restitution.

Les étoiles filantes

Flambeau profite d' une soirée déguisée sous forme de théâtre pour dérober des diamants mais une nouvelle fois le père Brown veille et récupère facilement le larcin.

L'homme invisible

Qui est cet homme invisible qui menace de mort un soupirant d' une jeune femme pâtissière. Il faudra la complicité de Brown et Flambeau pour découvrir le coupable.

 

Voici quelques résumés des premières "nouvelles".

Ainsi Flambeau apparaît dans chaque nouvelle tantôt ennemi au début dans sa période délinquante et tantôt ami du père Brown quand il devient détective amateur. Les histoires ne sont jamais dénuées d'humour.

La nature est très présente aussi. Chesterton aime décrire cette nature qui donne une atmosphère aux histoires.

Histoires courtes : 20 pages environ avec ou sans meurtres, avec ou sans filature... avec ou sans vol. Et toujours ce petit prêtre presque insignifiant qui voit ce que les autres ne voient pas...

Je ne connaissais pas ce père Brown et c'est une belle découverte et je termine ici une première série de cinq lectures des précurseurs du roman policier.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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