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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 15:42
Poème : A Madame du Deffant par VoltairePoème : A Madame du Deffant par Voltaire

Voltaire (1694-1778) est surtout connu pour ses contes philosophiques tels Candide, Zadig. Il a toutefois été également poète. Ainsi, ce poème de 1773 à Mme du Deffand (1697-1780), connue comme épistolière et comme "salonnière". Elle ouvrit son salon en 1749 dans les appartements occupés autrefois par Mme de Montespan, rue Saint Dominique à Paris. D'Alembert, Marivaux entre autres l'ont assidûment fréquenté.

 

Titre : À Madame du Deffant

Voltaire (1694-1778)

Recueil : Poésies complètes (1778).

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu'au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n'a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n'obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j'essaie encor ma voix
Au moment même qu'elle expire.

"Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante."

Mais quand on sent qu'on va passer,
Quand l'âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu'il a fait en santé.
Quel mortel s'est jamais flatté
D'un rendez-vous à l'agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S'en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu'elle fut belle,
Et qu'elle a vécu pour l'amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?... Dieu le sait, ma chère.

À Ferney, le 16 novembre 1773.

Voltaire.


Read more at http://www.poesie-francaise.fr/voltaire/poeme-a-madame-du-deffant.php#1CAmB5PDAA8xiF0t.99

Poème : A Madame du Deffant par Voltaire
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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 09:48
Le 16e prix du roman FNAC est attribué à Véronique Olmi pour "Bakhita" (Albin Michel)

Information reçue ce matin par Anaïs de l'agence Anne et Arnaud :

 

Le 16e Prix du Roman Fnac est attribué à

Véronique Olmi pour son livre Bakhita 

publié aux éditions Albin Michel.



L’auteure succède ainsi à Gaël Faye, récompensé pour son premier roman Petit pays (éditions Grasset), écoulé à 387 800 exemplaires (source Gfk).

 

Le roman de Véronique Olmi Bakhita a été élu Prix du Roman Fnac par un jury composé de 400 adhérents Fnac et 400 librairies.

 

Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

 

 

Véronique Olmi recevra son Prix lors de l’inauguration de Forum Fnac Livres, ce vendredi 15 septembre, par l’invitée d’honneur du Forum, Leïla Slimani.

 

La seconde édition du Forum Fnac Livres se tiendra du 15 au 17 septembre à la Halle des Blancs Manteaux (Paris IV). Entièrement gratuit et ouvert à tous, en plein cœur de Paris, cet événement réunira de nombreux auteurs incontournables de la rentrée littéraire et des grandes figures de la bande dessinée, des sciences humaines, du bien-être, de la littérature jeunesse et de la musique.

 

 
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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 19:33
Voyager de Russell Banks (Actes Sud)

Voyager de Russell Banks (Actes Sud - 315 pages - mai 2017

collection "Lettres anglo-saxonnes")

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan

Titre original : Voyager - travel writings (New York - 2016)

Photo de couverture : Russel Banks en 1962

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L'auteur aime voyager dans les îles à commencer par celles des Caraïbes si proches des USA.

Il y était allé autrefois et s'en est inspiré pour écrire son premier roman "le livre de la Jamaïque". Il y est retourné à la fin des années 80 avec celle qui allait devenir sa quatrième épouse. Ce long périple dans les Caraïbes est alors l'occasion pour lui de raconter ses déboires conjugaux et sa culpabilité d'avoir fait souffrir trois femmes et sans doute quatre enfants.

Autres contrées ensuite avec l'est africain et son île aux esclaves Gorée.

Encore plus loin, les Seychelles paradis des plongeurs et des oiseaux. À chaque fois l'auteur fait tout pour éviter les lieux touristiques préférant marcher et méditer loin des foules. Et toutes ces îles sont riches de montagnes et de plages éloignées des centres d'attraction.

L'auteur et sa future quatrième femme ont décidé de se marier loin de chez eux pour n'incommoder personne. Ils ont choisi Édimbourg. Leur surprise a été de se dire que leur morphologie pouvait s'apparenter à celle des écossais.

Autre voyage :  l'Alaska au volant d'un Hummer H2 flambant neuf qui a fait sensation tout au long du voyage. Un véhicule pas trop approprié pour parcourir ces contrées qui devraient être respectées par les écologistes. Mais le véhicule lui a été prêté par un magazine new-yorkais pour le tester.

Attiré par l’alpinisme dans la région des Adirondacks où il vit Russell Banks a décidé de partir avec deux libraires, un couple d’amis et un guide rencontré l'an passé, pour l'Equateur et escalader la Cotopaxi. Une chute près du sommet lui donne une grande amertume. Trois ans plus tard, en 2000, il escalade, toujours en groupe, le plus haut sommet des Andes, l'Aconcagua et le deuxième derrière l’Himalaya.

Il fera une dernière ascension près de l'Himalaya.

 

Certains de ces récits de voyages ont été publiés en revue avant d'être réunis dans ce recueil.

Comme nous l'avons vu, la première partie, qui fait près de la moitié du livre, est intime, ce qui est rare chez l'auteur puisqu'il y raconte non seulement un voyage mais aussi une confession sur ses déboires conjugaux.

Le titre américain est identique au titre français "Voyager".

Autant en français, voyager, fait tout de suite pense au voyage, autant en américain, "Voyager" fait référence aux deux sondes spatiales américaines lancées en 1977. Russell Banks y fait d'ailleurs plus qu'allusion.

Page 137 : "La sonde visait Alpha Centauri, le sabot du Centaure, le système d'étoiles le plus proche de notre soleil, situé à 4.37 années-lumière d'ici, soit environ 41 300 milliards de kilomètres. A la vitesse actuelle de Voyager 1, le survol d'Alpha Centauri est programmé pour dans quarante mille ans à peu près (...) Voyager 1 pourrait  tout aussi bien être en route pour le paradis, l'enfer ou n'importe quel autre lieu purement imaginaire, n'importe quel autre pays des morts".

 

Un livre passionnant et toujours l'écriture limpide et magnifique de Russell Banks (né en 1940) l'un des plus grands écrivains américains.

 

Bonne lecture,

Denis

Voyager de Russell Banks (Actes Sud)
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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 16:07
Un site à découvrir :citation-proverbe.org

Lucas m'a fait part de la récente création de son site consacré aux citations :

http://citation-proverbe.org/

 

N'hésitez pas à aller lui rendre visite. Il travaille beaucoup par thèmes.

Ainsi, il y a, par exemple, une série de citations sur Oscar Wilde

 

J'en prends une au hasard :

"La chose la plus terrible au monde est l’ennui". (Portrait de Dorian Gray)

 

N'oubliez pas non plus, car ce sont des sites complémentaires, la page de Fabienne sur Facebook :

https://www.facebook.com/CreaCitationsDeFab76/

 

Bonnes découvertes,

Denis

 

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:56
La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)

mLa zone des murmures de Natacha Nisic

(Tohubohu Editions -  295 pages - août 2017)

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Tout commence par un signalement : "Femme de type européen, âgée de 42 ans au moment de sa disparition, 1,69 m, poids 53 kilos, corpulence fine, yeux gris-vert, cheveux bruns et longs".

 

Lise et Frankie décident de passer le week-end prolongé du 15 août ensemble dans les montagnes du Sud est de la France, les Alpes de Haute-Provence, loin du monde, sans téléphone et autres accès au monde extérieur. Juste un appareil photo numérique non communiquant. Un début de flirt et les voilà sur l'horrible D 717 détériorée.

Une chose est sûre, ils sont isolés comme ils l’espéraient. Mais l'angoisse monte vite en Lise surtout qu'il fait horriblement chaud et que des insectes viennent s'attaquer à leur pare-brise.

Cette scène est assurément un clin d'œil aux "oiseaux" de Hitchcock.

Ils se sont connus à "The Web Agency" près du père Lachaise dans une entreprise innovante où Lise travaillait déjà quand Frankie a été embauché. Ils sont plusieurs employés. Le Boss appelé « l'autre », au premier étage et eux au sous-sol. Des heures de travail à n’en plus finir mais une bonne ambiance finalement où il est bon d’être innovant et imaginatif.

Frankie a utilisé la technologie de l'entreprise pour restituer au mieux la voix de sa mère dans le dernier entretien qu’il a eu avec elle avant qu’elle ne disparaisse quand il avait douze ans. Lise comprend soudain que ce voyage n'est pas un hasard. Frankie revient sur les traces de son passé ici dans les Alpes de Haute- Provence. Le hameau "le Poil" a disparu. Ils se dirigent à pied par un chemin difficile vers l’observatoire abandonné du mont Pelé où il dit être sûr qu’ils pourront y dormir. En route ils arrivent à une maison presque insalubre où vivent deux sœurs âgées et étranges, retirées du monde.

On va vite comprendre que l'on est entré dans la "zone des murmures".

Tout "explose" alors. On entre dans la nuit, le vertige où plus rien n'est certain. Tout s'efface, s'embrume. Rêves, cauchemars, frontière entre réel et imaginaire. C'est un nouveau monde intérieur qui s'offre aux deux amis.

Tout au long du roman, pendant que Lise nous raconte ces trois jours, en voix off, pourrions-nous dire, Frankie se rappelle son passé ici dans cette contrée aride et sauvage : disparition brutale de la mère, accident mortel du père, obligation d'aller vivre chez la tante à Paris, sœur de sa mère.

Quand Lise perd conscience du temps présent, c'est Frankie qui prend le relai de la narration.

 

C'est un roman dans lequel on oublie le réel et les certitudes. Je ne cacherai pas que par moments le lecteur ne sait plus où il est.

Seulement, voilà, à quoi cela sert la littérature? Vaste question? Une piste avec ce roman : c'est partir vers d'autres univers, loin de son présent et de la rationalité qui envahit nos vies. Un roman, c'est fait pour surprendre, dérouter le lecteur en lui donnant un vrai plaisir de lecture.

Eh bien, "La zone des murmures" nous fait entrer dans ce monde-là, de la littérature.

Natacha Nisic avec qui j'ai eu quelques échanges pendant ma lecture m'a écrit : "Je crois en effet qu'un des projets, avec ce livre, c'était que chacun puisse se raconter sa propre histoire, et s'interroger sur ce qui est réel, ou plutôt sur ce qui compte vraiment dans la vie, avec l'aide de la fiction, de la mémoire... et du virtuel".

Je ne vous ai bien sûr pas tout dit de l'intrigue et encore moins de sa "chute". Vous verrez vous serez surpris au terme de ces trois jours de "cavale", retour ou non vers le passé !

Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce roman qui a su me dérouter ! et le cartésien que je suis a aimé cette "zone des murmures" ! (Un beau titre en plus).

Merci à Charlotte de Tohubohu et à l'auteure de m'avoir permis de lire ce roman, le cinquième ouvrage de Natacha Nisic.

Bonne lecture,

Denis

La zone des murmures de Natacha Nisic (Tohubohu Editions)
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 19:09
Programme de la seconde édition du Forum Fnac Livres à Paris - 15/17 septembre 2017

Voici le communiqué de presse que j'ai reçu ce jour de Flora de l'agence Anne & Arnaud :

 

Du 15 au 17 septembre se tiendra la seconde édition du Forum Fnac Livres à la Halle des Blancs Manteaux (Paris IV).

 

Entièrement gratuit et ouvert à tous, en plein cœur de Paris, cet événement réunira de nombreux auteurs incontournables de la rentrée littéraire et des grandes figures de la bande dessinée, des sciences humaines, du bien-être, de la littérature jeunesse et de la musique.

 

Leïla Slimani, Philippe Besson, Sorj Chalandon, Fabrice Midal, Guillaume Musso, Audrey Pulvar, Simon Liberati, Marie Darrieussecq, Romain Duris, Patrick Deville, mais aussi Yetili et Antoon Krings : plus de cent auteurs sont attendus pour des rencontres, débats, ateliers et dédicaces.

 
 

Découvrez ici la programmation de ces trois jours :

https://www.fnac.com/forumfnaclivres

 

 

Le Prix du roman Fnac 2017 sera annoncé le 14 septembre et remis le lendemain lors de l’inauguration du Forum Fnac Livres, par l’invitée d’honneur du Forum, Leïla Slimani. 

 

Voici les 5 romans encore en lice pour tenter de remporter ce 16e Prix du Roman Fnac et succéder ainsi à Gaël Faye et son Petit pays :

 

Ma Reine. Jean-Baptiste Andrea - ÉDITIONS L’ICONOCLASTE
Point cardinal. Léonor de Récondo - ÉDITIONS SABINE WESPIESER
Bakhita. Véronique Olmi - ÉDITIONS ALBIN MICHEL
Femme à la mobylette. Jean-Luc Seigle - ÉDITIONS FLAMMARION
Ces rêves qu’on piétine. Sébastien Spitzer - ÉDITIONS L’OBSERVATOIRE 

 
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Published by DENIS ET FABIENNE - dans SALONS - ANNONCES DIVERSES
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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 17:11
Autoportrait avec Physalis d'Egon Schiele

Autoportrait avec Physalia (1912 - Leopold Museum, Vienne)

d'Egon Schiele (1890-1918 - peintre autrichien)

 

Egon Schiele a fait près d'une centaine d'autoportraits le plus souvent provocateurs.

Le physalis est un genre de plante de la famille des Solanaceae. On l'appelle couramment "Amour en cage".

 

Un film vient de sortir en France "Egon Schiele", réalisé en 2016 par Dieter Berner.

 

 

Autoportrait avec Physalis d'Egon Schiele
Autoportrait avec Physalis d'Egon Schiele
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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:21
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

La Muette d'Alexandre Lacroix

(Don Quichotte Editions - 205 pages - août 2017)

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Elsa est née en 1921 à Lyon. En 1943 elle aimait Albert et lors d'un rendez-vous dans leur bar habituel il n'est pas venu et ce sont deux hommes qui ont "cueilli" Elsa la juive. Et c'est ainsi qu’à l’été 43 elle s'est retrouvé à Drancy où elle a été répertoriée "catégorie B, immédiatement déportable".

Dans ce même Drancy, de nombreuses années plus tard, un jeune homme, Nour, amené à appeler la police a été aussitôt déclaré présumé coupable et menotté avant d’être conduit au commissariat où il s'est montré forte tête avant d'accepter de parler à un inspecteur. 

Nour veut bien expliquer cette journée à la Muette à condition qu'on laisse tranquille sa pauvre mère qui parle à peine français.

La Muette était encore en chantier quand elle a servi de camp. Rien n’était achevé. Heureusement Elsa a trouvé de l’amitié dans sa chambrée avec Josèphe et plus encore avec Louise avec qui elle partageait la couche et la couverture.

Nour est ami d'enfance avec Samantha (Sam) et Jamie. Ils ont tout partagé même leurs premiers émois amoureux ensemble. Sam a préféré Jamie mais à présent quand Jamie part travailler Nour vient rejoindre Samantha.

Louise a pris un amant tchèque Marek ce qui déplait à Elsa. Elle s'improvise institutrice pour apprendre les rudiments de l’écriture et du calcul, ce qui lui donnera par la suite la vocation d’institutrice.

Quant à Nour il a été peiné par le suicide de Bernard un des derniers français à vivre à la Muette. Il avait été entre autre obsédé par le portrait d'une femme, dessiné dans sa cave et daté août 1943. La drogue a fait partie de leur quotidien surtout pour Samantha.

Les caves étaient un lieu de torture et Louise y eut droit après que sa liaison avec Marek ait été dénoncée auprès des allemands.

Ils savaient à Drancy que la destination finale serait en Pologne sans connaître le nom exact du lieu où ils iraient. Alors ils l’appelaient Pitchepoï...

 

Deux voix à plus d'un demi-siècle d'intervalle parlent d'un même lieu : la Cité de La Muette à Drancy, que vous pouvez découvrir dans les deux photos ci-dessous :

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)

Un monument, lieu de mémoire, a été installé. Mais l'enfer reste présent ici.

L'auteur, Alexandre Lacroix, par ailleurs directeur de "Philosophie Magazine" explique dans une "note de l'auteur" en fin de roman les motivations et le "travail" accompli pour faire vivre cette cité maudite au plus prêt de la réalité.

Page 205 : " En entrelaçant le discours d'une survivante et celui d'un jeune homme d'aujourd'hui, j'ai voulu montrer ensemble les deux dimensions de la cité, son passé tragique et son présent pesant. Je ne considère pas que ces deux types de malheur sont équivalents ni même comparables, que les victimes d'hier et les exclus d'aujourd'hui subissent le même sort, et cependant il y a une continuité souterraine entre les époques".

 

Le livre fait alterner les récits, celui d'Elsa, au langage châtié qui s'adresse à un historien et celui de Nour, au langage vert et verlan, qui répond aux questions d'un inspecteur de police.

Je ne révèlerai bien sûr pas l'issue des récits de chacun. A vous de les lire dans ce roman intense, prenant et qui restitue bien la problématique de la vie à La Muette à chaque époque évoquée.

Un seul bémol qui m'a gêné :Nour dit être allé à un spectacle de Dieudonné, un type "bien" qui parle au nom des paumés des banlieues :

Page 115 : "Dieudo, il s'intéresse à nous. faut regarder les choses en face, inspecteur: moi, j'ai grandi au quartier. Qu'est-ce que tu crois que je vais pouvoir faire de ma life ? Est-ce que t'imagines qu'un jour je pourrais décoller de la cité et aller vivre ailleurs ? ".

Il dit même merci à Dieudonné !!

L'inspecteur ne fait pas arrêter Nour sur cette narration de l'ambiance autour du spectacle qui s'étale sur presque dix pages et qui n'apporte vraiment pas grand chose au récit de ce qui s'est passé "ce jour-là", objet de l'interrogatoire.

Malgré cette réserve qui m'est très personnelle c'est un roman de la rentrée 2017 à lire si vous aimez l'Histoire et la confrontation des époques dans un lieu sordide, lieu de mémoire !

Merci à Aurélie de  Don Quichotte Editions de m'avoir envoyé ce roman.

La muette d'Alexandre Lacroix (Don Quichotte Editions)
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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 10:35
Citation sur la bibliothèque en forme d'hommage à Gonzague Saint-Bris

En hommage à Gonzague Saint-Bris (1948 - 2017) amoureux des livres, du romantisme et de l'Histoire.

 

Si vous aimez lire des citations d'écrivains, rendez-vous sur la page Facebook de Fabienne  créa citations de Fab76

 

Citation sur la bibliothèque en forme d'hommage à Gonzague Saint-Bris
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 16:52
Greenland d'Heinrich Steinfest (Carnets Nord)

 

Greenland d'Heinrich Steinfest

(Carnets Nord - 278 pages - mars 2017)

Traduit de l'allemand (Autriche) par Corinne Gepner

Titre original : Das grüne Rollo (2015)

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Le narrateur, Théo, a dix ans et vit dans un appartement où ses parents ont décidé qu’il n’y aurait aucun store, volet et rideau, la famille n'ayant rien à cacher à personne.

Et une nuit il voit apparaître comme un store vert avec la mer en toile de fonds avec une pointe de ciel. Tout disparaît quand il allume la lumière.

Chaque nuit à 23h02 réapparaît le store vert et le monde de Greenland comme le baptise le narrateur.

Cette nuit il a tout fait pour sauver une fillette prisonnière des hommes aux yeux de jumelles. De retour dans sa chambre il s’aperçoit que le couteau qui lui a servi à couper la corde qui arrachait la fille est dans sa chambre. Il le dépose dans la cuisine au matin.

Quand il retourne à Greenland il trouve un mot de la fillette avec son prénom Hélène et une adresse. Un routier, Bela, le conduit et il s’aperçoit qu’Helene est un chien et la fille s’appelle en fait Anna disparue depuis deux ans. Mme Leflor, la mère, décide de retourner sur les lieux où Théo l'a vue et Bela les y conduit. Mais très vite il se retrouve seul avec son couteau qu'il a appelé Lucian. Et tous deux après un passage en cuisine arrivent au bord d'une piscine dans laquelle Anna est en train de nager attachée à une corde. Une nouvelle fois le couteau fait son travail et permet de libérer Anna. Tous trois s’enfuient sous l’œil aux jumelles des hommes rassemblés autour de la piscine.

Théo rentre dans son monde avec Anna ce qui n’étonne pas sa famille car elle serait sa sœur.

Quarante ans plus tard, en 2050, Théo, astronaute, part en exploration direction Mars. Il a été marié à une caissière Sophie qui lui a donné cinq fils. Il s'est remarié plus tard avec Annabell...

 

Vous aurez compris que l'on est dans une drôle d'histoire ici mais l'auteur est habitué à nous surprendre en créant des univers, des ambiances qui sont totalement innovantes. C'est là son grand charme.

L'éditeur nous aide à distinguer les deux mondes, car toutes les pages qui se passent dans "Greenland" sont écrites à l'encre verte, celles de "notre monde" en couleur habituelle : noire.

Vous verrez, en lisant ce livre, que vous ne serez pas au bout de vos surprises... Je n'en dirais pas plus...

Page 12 : "Je repoussai prudemment la couette. Je vis aussitôt que quelque chose avait changé. La lumière était différente. Pas blanche, mais verte. Devant la fenêtre s'étalait le rectangle d'un panneau de tissu plus sombre que clair, mais la vive clarté de la lune propageait dans la pièce une grande partie de ce vert - un vert bouteille, pour la couleur et l'éclat. Je me serias cru dans une serre".

 

L'écriture est majestueuse et le récit totalement maîtrisé.

Merci à Fleur de Carnets Nord de m'avoir adressé ce roman d'un auteur que j'apprécie particulièrement. C'est le cinquième roman publié par l'éditeur depuis 2011. Une fidélité bien méritée pour un éditeur qui ne cherche jamais la "facilité" et a une réelle exigence littéraire.

Je vous renvoie également vers mon article sur "Requin d'eau douce" et "le poil de la bête".

 

Bonne lecture,

Denis

 

Greenland d'Heinrich Steinfest (Carnets Nord)
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