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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:38
Le garçon incassable de Florence Seyvos (L'Olivier)

Le garçon incassable de Florence Seyvos

(Editions de l'Olivier - 173 pages - Mai 2013)

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Elle est française, écrivain, et se trouve à Los Angeles car elle écrit un livre sur Buster Keaton et se rend à la villa où il vécut.

Elle se rappelle deux Henri, tous deux déficients mentaux. Mais surtout elle a vécu avec son demi-frère handicapé d'abord en Côte d'ivoire puis en France quand sa mère est partie vivre avec le père d'Henri. Un père plutôt sévère avec son fils.

Buster Keaton a reçu ce surnom de Buster quand il a dévalé bébé un escalier. Il est devenu alors une "chose" dans les spectacles de ses parents volant de place en place pour le plaisir des spectateurs. C'est ainsi qu'il est devenu acteur physique dès son enfance.

Henri à force de persévérance et soutenu par les siens a pu savoir lire puis il a pu travailler dans un CAT. Henri a passé beaucoup de temps à attendre. Attendre que l'on s'occupe de lui, attendre que les activités auxquelles il ne pouvait pas se mêler se terminent...

Keaton a eu plus de bas que de hauts dans sa vie d'artiste. Mais avec le temps il a eu du succès notamment lors de rétrospectives de des films dans les années 50-60. Sa femme l'a quitté mais Eleanor une jeune femme l'a suivi dans sa fin de carrière avec amour et dévouement. L'alcool et plus encore le tabac ont eu raison de sa vue et il est mort en 1966.

 

Le roman alterne ainsi entre la "biographie" de Buster Keaton et la narration des années passées aux côtés de Henri, le "demi-frère" que la famille a pris en charge et a accompagné dans sa vie.

On ne comprend pas trop bien le lien entre les deux histoires si ce n'est que ce sont des moments de vie de la narratrice.

La quatrième de couverture nous éclaire ainsi : "A travers leur commune étrangeté au monde (ne passent-ils pas tous deux pour des idiots ?), et cette fragilité qui semble les rendre invulnérables, Henri et Buster sont peut-être détenteurs d'un secret bouleversant."

Le grand intérêt de ce roman est le style de l'auteure qui nous emporte. En courts chapitres, ce sont des moments de vie qui sont racontés, comme de courtes nouvelles juxtaposées.

Florence née à Lyon en 1967 a peu publié :4 livres en 20 ans, dont "Les apparitions" qui a obtenu le Prix Goncourt du premier roman en 1995.

Un livre à lire pour ces instants de vie et pour se rappeler qui était Buster Keaton.

Denis 

Le garçon incassable de Florence Seyvos (L'Olivier)
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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 16:28
Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu)

Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu - 222 pages - décembre 2014)

Suivi de "Le désir et la peur" (Texte de septembre 2014)

Première édition : Stock - janvier 2014

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C'est l'auteure qui a persuadé son père qu'il serait bien qu'il retourne à Oran sur les traces de sa jeunesse. On est le 15 septembre 2005 à Orly et le père tarde à arriver. Anne culpabilise de l'avoir entraîné dans ce voyage.

Ils partent tout de même et le premier endroit où ils vont c'est rue Condorcet où le père a vécu avec ses parents, de condition modeste, en Algérie, ce que la grand-mère n'a jamais vraiment dit quand elle habita à Dijon à partir de 1961, un peu avant l'indépendance.

Anne aussi a habité une rue Condorcet mais à Paris.

L'habitant de l'appartement finit par ouvrir sa porte au père.

Amine est leur guide dans Oran et le soir ils vont sur la plage en compagnie d'un deuxième oranais Mohamed.

Le lendemain ils se rendent au village de Misserghin. Mais là le père ne reconnaît plus rien du village où il passait ses vacances dans la ferme des grands-parents. Et à force de persévérance ils voient un algérien qui reconnaît le père et ils passent un bon moment avec cette famille qui malheureusement n'a pas bien entretenu la ferme.

Avant de partir ils vont au cimetière où est demeuré le tombeau familial des Montoya.

Le troisième jour se passe à Oran et dans les alentours mais n'apporte plus grand chose aux souvenirs.

A Paris le père remercie sa fille.

 

Trois jours pour se retourner vers soi. Pour le père c'est évident puisqu'il revient sur les traces de son passé. Mais pour sa fille Anne c'est l'occasion de prendre du recul par rapport à sa vie parisienne entre sa famille et P., l'homme qui a changé sa vie récemment, qui l'aime et qu'elle aime, mais avec la réticence de faire exploser son univers familial.

 

"Trois jours à Oran" est donc un récit de voyage mais aussi un récit d'introspection qui vient télescoper cette Algérie "nouvelle" que retrouve le père et que découvre sa fille, ce qui rend parfois ce texte déroutant, décalé.

Il fallait "faire ce voyage", ce que certains lecteurs ont confirmé à Anne Plantagenet dans les courriers qu'elle a reçu à la suite de la première édition et qu'elle explique dans le texte "Le désir et la peur".

Ce livre entre dans mon cycle de lectures sur la littérature et le voyage.

Bonne lecture,

Denis

Trois jours à Oran d'Anne Plantagenet (J'ai lu)
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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 09:53
Citation de Patrick Modiano sur l'intimité du lecteur avec l'auteur
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 19:47
(Photo Fabienne)

(Photo Fabienne)

Lecture ce dimanche 2 avril 2017 d'un texte de l'écrivain Joydeep Roy-Bhattacharya par Sarah Vermande : Adèle dans le musée Victor Hugo de Villequier et dans le cadre du festival "Terres de Paroles".

 

L'endroit était bien sûr plus que jamais bien indiqué pour y parler d'Adèle, la plus jeune fille de Victor Hugo née en 1840 et décédée en 1915.

Adèle avait treize ans quand sa sœur Léopoldine s'est noyée ici, dans la Seine. Une blessure prochaine mais le texte nous révèle qu'Adèle n'était pas l'enfant préférée de son père. C'est donc une deuxième blessure qui a terni sa vie. Après Villequier ce sera Guernesey qui la fera souffrir, "esclave" de son père quand il a besoin d'elle pour recopier ses textes dans les moments où Juliette n'est pas disponible. Et au moment où elle va s'enfuir pour aller vers l'homme qu'elle aime, Albert Pinson elle va apprendre qu'il n'est pas celui qu'elle attendait. Elle nous dit d'ailleurs qu'elle ne l'a jamais aimé !

 

Adèle de J. Roy-Bhattacharya : lecture par Sarah Vermande à Villequier

Sarah Vermande lit avec beaucoup d'émotion ce court texte d'une vingtaine de minutes denses, intenses.

Elle sait nous faire ressentir les émotions d'Adèle dans tous ces moments difficiles qui ont fait ses malheurs.

 

Sarah Vermande est comédienne et traductrice. Formée comme comédienne au Drama Centre London, elle est venue à la traduction par la traduction théâtrale. Elle traduit aussi des romans et de la non-fiction, dont Le Fils de Philipp Meyer (Ed. Albin Michel), qui a obtenu le Prix Littérature-Monde du festival Étonnants Voyageurs en 2015. Elle a coordonné  le comité anglophone de la Maison Antoine Vitez, dont elle est membre depuis plus de dix ans. Elle a notamment traduit pour le théâtre James Saunders, Mark Ravenhill, Moira Buffini, David Farr, Amelia Bullmore (avec Dominique Hollier), Alexandra Wood, debbie tucker green (avec Sophie Magnaud et Gisèle Joly) et Linda McLean (avec Blandine Pélissier). Elle collabore avec l'auteur britannique Matthew Hurt à des traductions vers l'anglais (dont plusieurs surtitrages pour le Festival d'Avignon et Le Mardi à Monoprix d'Emmanuel Darley). (Source Maison Internationale Antoine Vitez)

Adèle de J. Roy-Bhattacharya : lecture par Sarah Vermande à Villequier

L'auteur du texte est Joydeep Roy-Bhattacharya. Il devrait publier l'an prochain un roman sur Adèle Hugo.

 

Joydeep Roy-Bhattacharya a étudié la philosophie et les sciences politiques à l'université de Calcutta et à l'université de Pennsylvanie. Ses romans, The Gabriel Club, The Storyteller of Marrakesh, et Une Antigone à Kandahar (The Watch), sont parus dans dix-sept langues et ont notamment été nominés à de nombreux prix littéraires. The Wall Street Journal a qualifié Une Antigone à Kandahar de "premier grand roman sur la guerre en Afghanistan". Le livre est publié en France chez Gallimard (2016). (Source Maison Antoine Vitez)

Adèle de J. Roy-Bhattacharya : lecture par Sarah Vermande à Villequier

Un très bon moment complété par une visite du musée Victor Hugo, que nous connaissons déjà. Mais c'est toujours un plaisir de revenir sur les traces du poète, de sa famille enterrée au cimetière de Villequier.

Denis

(Photo  Fabienne)

(Photo Fabienne)

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 16:00
Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)

Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert-Louis Stevenson

(Phébus - Libretto - mai 2006 - 293 pages)

Traduit de l'anglais par Isabelle Py Balibar

Préface de Michel Le Bris

Titre original : Our Samoan Adventure (Première édition posthume - 1955 - New York)

Première édition française :Phébus - 1994

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Une drôle d'aventure et de fin de vie pour le célèbre écrivain écossais Robert-Louis Stevenson (1850-1894) que ces 4 ans passés aux îles du Pacifique Samoa.

Le début de la préface de Michel Le Bris rappelle le cadre de vie des Stevenson :"Le Vailima des Stevenson? - Une clairière à peine débroussaillée, encore encombrée de souches brûlées. Un taudis irlandais, d'une saleté repoussante, un toit de métal galvanisé, avec une échelle à l'extérieur pour grimper à l'étage - : ainsi l'historien Henry Adams décrivit-il l'endroit lorsqu'il découvrit, effaré, les Stevenson en leur royaume samoan".

 

 

Fanny Stevenson (1840-1914) et Robert sont installés aux Samoa à Vailima et écrivent chacun leur journal de leur vie quotidienne. Ils ont acheté un terrain et y ont fait construire une maison et une ferme pour y élever des cochons notamment. Ils ont des ouvriers Samoëns pas toujours très courageux. Fanny expérimente toutes sortes de plantations et fait ou venir plusieurs races d'animaux de ferme.

En cette fin d'année 1890, Fanny a une otite et c'est la saison des pluies et des ouragans. Ils fêtent tout de même Noël avec des amis occidentaux à Apia.

Durant le premier semestre 1891 leur maison finit d'être construite. La fille de Fanny, Belle et sa famille s'installent près d'eux et la mère de Louis vient également les rejoindre. Louis continue à avoir une santé chancelante et une guerre éclate aux Samoa. Une guerre plutôt souterraine d'ailleurs, entre deux rois et qui met les occidentaux en porte-à-faux. Louis publie en 1892 " En marge du monde" qui lui vaut ainsi quelques inimitiés alors qu'il prône une paix durable.

Juillet 1893 est l'objet d'une "réelle" guerre "éclaire" qui met en fuite le roi Mataafa que les Stevenson ont toujours soutenu. L'art de la guerre chez les Samoans est de couper des têtes et trous femmes ont été victimes de cette coutume.

 

Voici en quelques phrases les événements qui se sont échelonnés entre 1890 et 1894.

L'essentiel de la vie quotidienne est détaillé par Fanny qui se montre passionnée pour faire de ces terres, un "laboratoire" où l'on peut expérimenter des cultures et de l'élevage, aux fins entre autre d'apporter un bien être aux Stevenson et à leurs ouvriers, sans oublier de favoriser les échanges avec les autochtones.

Robert-Louis est plus spécialement occupé par son oeuvre et ses échanges épistolaires avec ses amis occidentaux. Il s'intéresse aussi à la vie politique locale très compliquée et ne cache pas qu'il souhaiterait que le roi Mataafa soit confirmé dans ses fonctions, alors qu'il a été détrôné lors de cette guerre civile, contrôlée à distance par les occidentaux représentant leurs gouvernements.

N'oublions pas que Robert-Louis est déjà très malade quand il arrive en 1890 aux Samoa. Mais ce climat lui réussit assez bien et son épouse a compris que c'est ici qu'il mourra.

Après la mort de l'écrivain en 1894, Fanny et les siens quitteront la région pour rentrer aux USA mais fidèle à son mari, Fanny demandera à faire venir ses cendres aux Samoa auprès du corps de Robert-Louis.

 

Je ne cacherai pas que les longues pages écrites par Fanny sont parfois ennuyeuses car elle parle inlassablement de ses travaux, de ses difficultés relationnelles avec certains employés samoans et donc des tracas terre-à-terre du quotidien, sans prendre aucun recul.

Ceci reste un récit intéressant pour mieux connaître les dernières années de vie de Stevenson dans ces terres lointaines.

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon année "littérature de voyage" et dans le cadre également du "mois kiltissime" animé par Cryssilda sur Facebook et sur son blog.

 

 

Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)
Notre aventure aux Samoa de Fanny et Robert L. Stevenson (Phébus)
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:57
Remise du prix de la Closerie des Lilas le19 avril 2017

- Communiqué de presse - Paris, 21 mars 2017

Mercredi 20 mars 2017 les membres du jury du Prix de La Closerie des Lilas se sont réunis à la Closerie des Lilas à Paris. Une deuxième sélection de 4 romans de femmes parus à la rentrée de janvier a été établie. Le Prix sera remis le 19 avril 2017.

 

10 ans :

 

2017 est l'année des 10 ans du Prix de la Closerie des Lilas. Pour fêter cet événement, le plus féminin des prix littéraires a le plaisir d'accueillir Claude Lelouch, président d'honneur de l'édition 2017 ainsi que Benjamin Biolay, invité d'honneur. Le Prix de la Closerie des Lilas a pour mission de soutenir et faire connaître une littérature féminine de qualité. Par souci d'indépendance et d'ouverture, la volonté des fondatrices a été d'instituer un jury invité différent chaque année qui rassemble des femmes du monde des arts, des lettres, de la presse, des sciences et de la politique.

 

Le jury invité en 2017:

 

Lydia Bacrie, Victoria Bedos, Bérénice Bejo, Claire Chazal, Catherine Clément, Diane von Furstenberg, Emmanuelle Devos, Daniela Lumbroso, Orlan, Claude Lelouch ( président d'honneur) et Benjamin Bio- lay ( invité d'honneur).

 

Le jury permanent :

 

Emmanuelle de Boysson (journaliste Version Fémina, romancière), Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Point de Vue, romancière), Carole Chrétiennot (cofondatrice du Prix de Flore), Stéphanie Janicot (Muze, ro- mancière), Jessica Nelson (Editions des Saints Pères, romancière), Tatiana de Rosnay (romancière).

 

Deuxième sélection :

Hadamar de Oriane Jeancourt Galignani, Éditions Grasset Les parapluies d'Erik Satie de Stéphanie Kalfon, Éditions Joëlle Losfeld Par amour de Valérie Tong Cuong, Éditions J.C. Lattès Trois saisons d'orage de Cécile Coulon, Éditions Viviane Hamy

 

La lauréate :

 

La lauréate sera l'invitée privilégiée de La Closerie des Lilas pendant une année, pour un montant de 3 000 euros.

 

La Maison Montblanc partenaire du prix depuis sa création, liée à l'écriture depuis ses origines, remettra à la lauréate du Prix de la Closerie de Lilas ainsi que à la femme de l'année un stylo d'exception. Le sty- lo plume Bonheur, un instrument d'écriture ancrée dans l'histoire de la mode et la révolution des années 1920 symbolisant l'élégance et la liberté. Féminin dans sa forme, l'instrument d'écriture est en résine noire et blanche ornée d'attributs platinés, un style sobre et épuré qui fait écho aux femmes libérées de leurs corsets pour se porter vers des vêtements fonctionnels mais élégants. La plume est inspirée du mot Bonheur, associé à un symbole porte-bonheur, une étoile filante.

Élégant, intense et audacieux, le style de la maison Duval-Leroy reflète à la perfection les valeurs du Prix de la Closerie des Lilas. Assurément la plus féminine de champagne, la maison Duval-Leroy est très fière de remettre à la lauréate un magnum de « Femme de Champagne », la cuvée de prestige de la maison familiale et indépendante.

 

Plus d'informations :

 

Site officiel : www.prixcloseriedeslilas.fr

#PCL2017 / Facebook / Twitter / Vimeo

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:47
Citation de Leon Tolstoï sur la science de la vie
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 19:40
Les lauréates du 15e Salon du Livre Policier de Neuilly-Plaisance

Palmarès 100% féminin pour le 15ème salon du livre policier de Neuilly-Plaisance qui s'est tenu les 25 et 26 mars 2016.

Le prix du Lion Noir est revenu à :

- Marie Neuser pour "Prendre Gloria" (Fleuve Noir - janvier 2016)

 

Les lauréates du 15e Salon du Livre Policier de Neuilly-Plaisance

Le Prix des Lecteurs 2017 a été attribué à :

- Gaëlle Perrin-Guillet pour "Soul of London"

  (Fleur Sauvage Editions - Avril 2016)

Les lauréates du 15e Salon du Livre Policier de Neuilly-Plaisance

Le Prix du Lionceau Noir (livre dit "pour la jeunesse") a été remis à :

- Camille Brissot pour "Le manoir aux secrets"

  (Rageot Editeur - septembre 2015)

Les lauréates du 15e Salon du Livre Policier de Neuilly-Plaisance

Félicitation à elles trois.

Un très intéressant salon qui se passe chaque année depuis quinze ans le week-end précédant les congés scolaires de Pâques.

Denis et Fabienne

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:31
Une part de ciel de Claudie Gallay (Actes Sud)

Une part de ciel de Claudie Gallay

(Actes Sud - Août 2013 - 446 pages)

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Un livre bien étrange que ce huitième roman de Claudie Gallay.

J'avais envie de lire cette auteure qui a été reconnue avec "Les déferlantes" publiées en 2008 aux éditions du Rouergue.

Une amie, Catherine Rechenmann, m'a dit que "Une part de ciel" était un excellent roman, si bien que je suis décidé à lire ce roman. Marjorie Littérature s'est jointe à moi pour en faire une lecture commune.

De fait, oui, un étrange roman. Il se présente sous la forme d'un journal et s'étend sur une période qui va du Lundi 3 décembre au Dimanche 20 janvier. 7 semaines, soit 49 jours.

 

Carole vient d'arriver en train dans le village où elle est née, convoquée par son père que tout le monde connaît ici sous le nom de Curtil. Gaby et Philippe, eux, ont toujours demeuré là et ils ne savent pas quand le père arrivera. Il a toujours vécu ainsi, fuyant et revenant à son gré. Leur mère a subi avec résignation ce mode de vie jusqu'à sa mort.

Gaby est mariée à Ludo qui passe la plupart du temps en prison. " La môme" a été recueillie par eux et elle vit avec eux plutôt rebelle et très libre. Carole vit seule depuis que son mari l'a quittée et que ses deux filles vivent en Australie.

Ses journées commencent à devenir une routine entre traduction, repas et moments au café de Francky, passages chez Gaby et des ballades près du village.

Toujours pas de père en vue. Jean semble s'intéresser à elle. Il aime être en sa présence.

Un des souvenirs marquants de sa jeunesse ici a été l'incendie de la maison et le choix de sortir d'abord avec deux des trois enfants, Gaby étant restée seule dans le grenier en attendant les secours. Et il y a eu la mort de la mère qui n'a pas su la reconnaître avant de mourir.

Ludo semble être sorti de prison mais avant la date prévue. Philippe a appris que trois hommes le recherchent.

Une piste de ski est prévue ouvrir au village contre le gré des= la majorité des autochtones. Les tramps repartent car l'hiver arrive et le tronçonnage reprendra plus tard.

Toujours pas de Curtil et de Ludo. On a retrouvé une voiture abandonnée et une chaussure de Ludo. C'est tout. Carole a prolongé son séjour en espérant toujours voir son père et elle s'occupe de Gaby malade et en détresse.

 

Carole prend une photo tous les jours, entre 11 heures et midi, de la femme de ménage de l'hôtel en face quand elle ouvre la fenêtre pour secouer les draps des clients. Il y aura quelques exceptions mais cette photo fait partie des rites journaliers dans ce temps qui semble s'être immobilisé. Elle traduit une biographie de l'artiste de Land Art Christo. Cette activité qui pourrait la faire passer pour "intellectuelle", fait d'elle une femme en marge. Elle est si différente de Gaby et Philippe. Et pourtant, c'est un même sang qui circule dans leurs veines...

 

Le style est très minimaliste. Si vous aimez les envolées lyriques, vous serez forcément déçus. Au moins au début. Se passera-t-il quelque chose ou resterons-nous dans l'attente lancinante, ennuyeuse comme la vie qui généralement se répète de jour en jour.

Des phrases courtes, des dialogues plutôt brefs, avec de temps en temps des propos sur la philosophie de la vie.

Mardi 4 décembre (page 21) : "Un temps de chien au petit matin. Les yeux pas encore ouverts, je me suis tiré les jambes du lit. J'ai monté le thermostat des radiateurs. Il me restait des biscuits du voyage, un fond de café dans le placard. // J'ai poussé la table pour être face à la fenêtre. Je voulais pouvoir travailler et voir la route sans avoir à bouger, juste en levant la tête.// J'ai traduit le début d'un chapitre".

Vendredi 7 décembre (page53) : "Les températures ont chuté pendant la nuit. Quand je me suis lev, il y avait du givre sur les vitres et aussi sur le pare-brise. // J'ai attaqué un chapitre. // Un peu avant huit heures, j'ai vu passer Gaby, contrairement à ses habitudes elle montait à l'hôtel à pied. // A onze heures, la serveuse à Francky a ouvert ses fenêtres. Elle portait une robe rouge. Ses bras étaient nus. Elle a sorti un premier drap, s'est penchée, l'a secoué. Elle l'a retiré et a secoué le second, le ventre au balcon. Ensuite, elle a tapé les oreillers, du plat de la main et de chaque côté".

 

On se croirait par moment dans un musée, en train de décrire un tableau réaliste. Les détails sont méticuleusement décrits. Honnêtement, cette méticulosité sur plus de 440 pages, c'est parfois lassant. Alors on s'accroche à un personnage. J'ai particulièrement aimé "la môme" car on sent que cette vie dans ce village ne sera qu'un passage tandis que Gaby ou Philippe semblent condamner à vivre inlassablement dans cette contrée ingrate l'hiver et qui un jour ou l'autre deviendra un lieu touristique avec ses pistes, ses hôtels et commerces... Car ce paysage changera plus vite que ses habitants, assurément. Pour oublier le présent, Philippe, garde forestier, cherche à retracer le parcours d'Hannibal et ses éléphants dans ces Alpes, bien près d'ici, sans certitude toutefois.

Lire ce livre sur une vingtaine de jours est une bonne solution pour avancer presque au rythme des jours de ce journal et éviter l'ennui. Car finalement, ce livre est très riche. On apprend beaucoup sur la vie au quotidien dans un village de montagne, juste avant l'hiver et puis en pleine période de neige où tout change dans les comportements, l'organisation du travail etc... Et puis il y a cette histoire de famille "en attendant Curtil" dont on doute de plus en plus qu'il arrive, sans oublier Ludo qui est en fuite. Gaby va sur ses traces car il devrait venir obligatoirement la voir, même s'il est traqué...

Voilà. Lisez ce livre qui vous surprendra inévitablement...

Bonne lecture,

Denis

Une part de ciel de Claudie Gallay (Actes Sud)
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:14
Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva (Verticales)

Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva

(Editions Verticales - septembre 2016 - 180 pages)

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Nous voici devant un premier roman "jubilatoire" écrit par une jeune bulgare de 36 ans (née à Sofia en 1981) directement en français. Et quel français ! Un français que l'on sent être celui de l'enfance, transcrit bien plus tard par Elitza. Car la jeune fille du roman a 8 ans au moment de la chute du mur de Berlin. Elle était en Bulgarie et ne parlait pas un mot de français.

Sa culture c'était celle martelée par le parti communiste soumis à la botte russe.

Le héros, ici, surtout à l'école où va la jeune enfant, c'est Youri Gagarine (1934-1968). Il est venu planté un arbre dans son école autrefois, du temps où il avait fait la "conquête spéciale". Il y avait une statue de lui et un véritable culte pour le héros soviétique.

Incipit du roman ; "Vous êtes devant une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout, mais comme ta mère a l'air ému, tu comprends qu'on n'est pas là pour rigoler. Elle t'annonce que ça, c'est lui, c'est Youri Gagarine et quand elle avait ton âge, il y a quelques siècles au moins, elle l'a personnellement vu planter des sapins, ici, dans l'allée de ce bâtiment : il s'agit de ta future école, et vous y êtes pour t'y inscrire, te dit ta mère en allumant sa dix-neuvième cigarette de la journée."

 

Le roman s'adresse à cette jeune fille en lui disant "tu". En 1989, tout va basculer, comme on le sait et l'auteure nous raconte avec grand humour cette période de la chute du mur de Berlin et la suite en Bulgarie, où les communistes sont conspués, où la statue, entre autre, de Youri Gagarine est détruite... où la meilleure amie de la fillette, Constantza, si gentille devient une peste et part pour la Grèce... Et le rêve dédevenir cosmonaute comme Youri Gagarine s'effondre.

C'est la démocratie qui est annoncée, l'ouverture au capitalisme et à la culture occidentale. Alors, la jeune fille se tourne vers une nouvelle idole, Kurt Cobain (1967-1994), le grand chanteur et guitariste de Nirvana.

Page 122/123 "Maintenant, c'est officiel : Kurt Cobain vient de se suicider. Ou alors, c'est un accident, un meurtre, un complot, rien n'est clair sur MTV ces derniers jours. Les hypothèses surgissent de tous les côtés, s'entrechoquent, se contredisent, s'annulent, les pistes sont complètement brouillées (...) Une seule thèse est irréfutable : tu viens de perdre de nouveau une idole. La vie est un trou noir, avait chanté Kurt Cobain de son vivant, et l'angoisse inouïe qui se niche dans ce constat te prend au dépourvu".

 

Le grand-père communiste et le père au chômage ne savent plus que penser de ce "nouveau monde" qui s'ouvre et où s'est engouffré avec détermination le grand cousin Andrei.

Le seul fidèle parmi les fidèles reste son chien Joki...

L'humour est présent à toutes les pages pour analyser ces mutations compliquées pour la Bulgarie, tellement soviétique pendant si longtemps, et qui prend délibérément le virage démocratique, du moins c'est ce qu'elle croit fortement.

Et vivre tout cela quand on a eu 8 ans en 1989 ! c'est incroyable !

Je vous recommande ce roman qui est un véritable coup de cœur pour moi.

Vous verrez que l'humour d'Elitza Gueorguieva est fantastique dans la vidéo que j'ai rajoutée en fin d'article.

Son livre est publié aux Editions Verticales notamment suite au Master de Création littéraire à Paris et à la complicité d'Olivia Rosenthal et Maylis de Kerangal, deux auteurs phares de l'éditeur.

Un vrai moment de bonheur de lire pour moi que ce roman.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Les cosmonautes ne font que passer d'Elitza Gueorguieva (Verticales)
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