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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 17:13
Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)

sLes aventures d'Augie March de Saul Bellow

(Gallimard - Quarto - août 2014)

Nouvelle traduction intégrale de l'anglais (américain) par Michel Lederer

Titre original : The Adventures of Augie March (1949)

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On est face à un "roman fleuve" de plus de cinq cents pages dans cette collection où les pages sont très denses. C'est dire que j'ai passé de nombreuses heures en compagnie d'Augie March qui entreprend de raconter ses "aventures" depuis sa jeunesse dans le Chicago de l'entre deux guerres au temps de la "prohibition" jusqu'à son mariage.

 

 

C'est Grandma Lausch qui régit la maison depuis que le père d'Augie a quitté la maison. Mama et ses trois fils : Simon, Georgie et Augie ne peuvent pas assurer seuls la gestion de la maison  Grandma vient de Russie et a connu l'opulence autrefois. Maintenant il faut tout marchander et avoir deux locataires pour survivre ici à Chicago.

 

Dès l'âge de douze ans Augie doit travailler l'été en distribuant les journaux.

Georgie est "idiot" par contre dans la famille on met en compétition Simon et Augie pour ce qui est des études.

Simon travaille pour la diffusion de la presse et il fait embaucher son frère sans succès car il se fait licencier. Quant à l'assiduité scolaire elle n'est pas garantie. Augie va passer une grande partie de sa vie ainsi.

 

Il râte tout ce qu'il entreprend, devenant voleur au besoin, voire "trafiquant" et participe à un hold-up. En fait, il entend être libre.

 

Pendant ce temps, son frère handicapé est interné dans un centre spécialisé, ensuite c'est Grandma qui part dans une maison de retraite où elle va y mourir. Plus tard ce sera sa mère. Seul Simon peut assurer matériellement les dépenses liées à la famille.

 

Je passe sur une partie des péripéties qui égrennent ce roman, foisonnant, ne concervant que celles qui ont réellement influencé son parcours.

 

Il revoit un copain d'école Padilla qui paie en partie ses études en volant des livres. Augie se lance avec lui dans ce trafic mais il se prend de passion pour la lecture et garde les livres tant qu'il ne les a pas lus. Et il revoit Simon qui a fait de la prison et annonce un autre mariage cette fois avec une fille riche Charlotte Magnus. Il agit à présent en homme d'affaires riche et séduisant. Augie travaille pour lui et ils vont ensemble voir leur mère au home. Simon veut qu'elle ait le confort maximum. Simon aimerait bien que son frère épouse Lucy la cousine de Charlotte.

Mais très vite la relation se dégrade et Augie est renvoyé de la famille Magnus et Simon dit qu'il ne veut plus le voir. Pendant ce temps Mimi sa voisine va mal après avoir mis fin à sa grossesse. D'ailleurs ses proches pensent que Augie couchait avec elle.

 

Grâce à Mimi il travaille pour un syndicat. Mais les choses tournent mal. Il se tourne vers Théa en plein divorce avec son mari au Mexique.

Et ils partent tous deux pour le Mexique. En route Théa achète un aigle qu'elle appelle Caligula. La route devient plus compliquée avec cet animal.

 

C'est là le côté le plus "cocasse" du roman. A Mexico, Augie va apercevoir Trotski mais là encore le voyage finit lamentablement pour lui et il rentre désabusé à Chicago...

 

 

Saul Bellow (1915-2005) a obtenu le prix Nobel de Littérature en 1976. Il a également été ami avec Philip Roth. Il a, comme son personnage, eu une vie sentimentale très compliquée.

 

Ce quarto propose un entretien passionnant entre les deux écrivains autour des livres de Bellow. Roth explique qu'il a eu cette idée en 1998, après une nouvelle rencontre avec l'écrivain. Il a alors proposé de relire ses livres et de lui poser des questions circonstanciées. Hélas, il n'a pas pu reprendre tous ses livres avec lui, mais en a fait un article publié dans "The New Yorker" du 25 avril 2205 sous le titre "Reflexions, I got a Scheme, The Words of Saul Bellow".

 

Un des très grands écrivains américains à ne pas oublier et à lire avec patience et passion car son écriture est vraiment très belle.

 

Le roman débute ainsi : "Je suis un Américain, natif de Chicago - Chicago, cette ville sombre -, et je prends les choses comme je l'ai appris seul, en écriture libre, et je ferai le récit à ma manière : premier à frapper, premier à entrer ; un coup parfois innocent, parfois moins innocent. Mais le caractère de l'homme est son destin, dit Héraclite, et à la fin, il n'y a aucun moyen de camoufler la nature des coups par une isolation acoustique de la porte ou un gant sur le poing."

 

Bonne lecture,

Denis

 

​Ce livre s'inscrit dans le mois américain, groupe que vous retrouverez sur Facebook.

Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)
Les aventures d'Augie March de Saul Bellow (Gallimard)
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 10:27
La Restauration et la révolution espagnole d'Antoine Roquette (Editions du Felin)

La Restauration et la révolution espagnole (De Cadix au Trocadéro)

d'Antoine Roquette

Editions du Félin - collection "les marches du temps"

304 pages - septembre 2016

Préface de Jean-Philippe Luis

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​Ce livre évoque une période assez peu connue des français, celle pendant laquelle les liens entre les Bourbons de la branche établie en France et celle établie en Espagne, (depuis la descendance de Louis, fils de Louis XIV, le "grand dauphin" que l'on retrouve au début du XIXe siècle sous les traits de Louis XVIII (règne de 1814 à 1824) et Ferdinand VII (règne en 1808 puis de 1814 à 1833)), va conduire à un investissement en hommes et en fonds français pour rétablir et sauvegarder la royauté en Espagne.

 

On connaissait surtout l'occupation de l'Espagne pendant l'Empire napoléonien. Le père d'Alexandre Dumas et celui de George Sand, en autres, y ont séjourné.

 

Fin 1812 alors que l'Empire commence à s'effondrer, le pouvoir de joseph Bonaparte, roi d'Espagne depuis 1808 s'effondre devant l'armée de Wellington venue au secours des espagnols.

Un traité est signé à Valençay le 11 décembre 1813 qui restitue au roi d'Espagne Ferdinand VII tous ses droits sur la couronne espagnole et lui permet ainsi de rentrer au pays. Un pays sérieusement affaibli y compris en Amérique latine où les indépendances commencent à être proclamées.

Avant le retour du roi une constitution inspirée de celle de 1791 en France est publiée le 19 mars 1812 à Cadix. Mais dès son retour en Espagne le roi abroge la constitution, arrête nombre d'opposants et se redonne les pleins pouvoirs.

Cadix est de nouveau "frondeuse" en 1820 mais il faut attendre une rébellion dans le nord pour que le roi accepte de revenir à la constitution de 1812.

Des foyers de révolte se transforment en guerre civile en 1822. La constitution revient sur le devant de la scène et le pouvoir du roi faiblit à nouveau. Les états européens s'inquiètent de nouveau de l'avenir de l'Espagne. Les insurgés d'Urgel vont établir une régence qui va durer trois mois.

Le congrès de Vérone va conduire les européens à rappeler leurs ambassadeurs d'Espagne. Chateaubriand qui y a assisté en tant que ministre français a raconté dans son livre "Congrès de Vérone - guerre d'Espagne" ces discussions et ses conséquences.

Les armées françaises envahissent l'Espagne le 7 avril 1823 et arrivent à Madrid le 23 mai, acclamées par la population et sans avoir dû réellement engager de combats significatifs. Le roi est à nouveau rétabli dans ses droits mais Villèle conclut ainsi cette campagne: " elle aura l'avantage d'avoir assuré au roi une bonne armée et d'avoir rendu à la France la considération qu'elle doit avoir en Europe" (p. 206). Une nouvelle régence est mise en place à Madrid.

Les questions qui se posent : Pourquoi les espagnols ne sont pas en capacité de gérer eux-mêmes leur pays pour rejeter une ingérence étrangère? Ils espèrent même une médiation anglaise !

Le roi est libéré le premier octobre 1823. Les anglais sont frustrés de n'avoir pas participé aux pourparlers.

Débute alors la "decada omninosa" (décade abominable), de 1823 à la mort de Ferdinand VII en 1833. C'est la deuxième restauration. Des forces françaises restent en poste en Espagne. La situation reste toutefois relativement stable.

Assurément, Ferdinand VII n'a pas eu l'envergure suffisante pour s'imposer. Et de leur côté, les opposants n'ont pas eu les moyens suffisants pour éliminer la royauté en Espagne.

 

L'actuel roi d'Espagne, Felipe IV, reste un Bourbon. On sait ce qu'il en a été des Bourbons, dont le règne s'est arrêté en 1830 avec Charles X. Pour rappel Louis-Philippe 1er était un Orléanais.

 

Un livre donc qui détaille cette période trouble de l'Espagne dans ce même temps où la France reprend ses marques avec la Restauration.

 

A lire par tous les amateurs d'Histoire sous la "baguette" d'Antoine Rouquette, historien spcialiste de la Restauration. C'est dire qu'il maîtrise parfaitement son sujet.

 

Merci aux Editions du Félin de m'avoir adressé ce livre pour que je puisse le lire et le présenter ici.

 

Il vient tout juste de sortir en librairie.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 17:06
L'heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister)

L'heure de plomb de Bruce Holbert

(Gallmeister - Nature writing - septembre 2016 - 374 pages)

Traduit de l'anglais (américain) par François Happe

Titre original : The Hour of Lead (USA - 2014)

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"L'heure de plomb" est un des romans étrangers de la rentrée littéraire de l'été 2016 et les éditions Gallmeister ont eu la gentillesse d'envoyer ce roman aux membres du challenge Gallmeister animé sur facebook par Léa, qui le souhaitaient.

J'avais eu une première expérience en début d'année avec "Landfall" d'Ellen Urbani et cette deuxième lecture est également une belle aventure littéraire.

Pour ceux qui pourraient penser que le  label "Nature Writing" vous donnera l'occasion de voyager dans la nature comme dans un nirvana où tout est "merveilleux", il va falloir changer d'avis en lisant ce livre. Certes la nature y a un grand rôle dans la vie des personnages mais bien souvent loin de leur offrir du "bonheur".

 

 

Linda Jefferson a 24 ans et est veuve de guerre. Elle est maîtresse d'école. Parmi ses élèves il y a deux jumeaux Matt et Luke. On est en 1918 et une tempête de neige d'une force inconnue s'abat sur la région. Linda aperçoit le cheval des jumeaux et part à leur rencontre, les trouve et les amène à l'école. Trempés ils se couchent nus dans des couvertures et font du feu en brûlant des bureaux de l'école. Hélas Luke meurt et Matt pour se réchauffer fait l'amour à Linda.

Ils habitent le comté de Lincoln, état de Washington. Ed Lawson le père de Matt a disparu cette nuit là et son corps n'a pas été retrouvé. Alors son fils survivant le recherche. Et Wendy la fille de l'épicier l'accompagne quand il va frapper à chaque porte pour savoir si quelqu'un sait quelque chose. Aucun résultat, alors ils changent de secteur.

Ils vont avec leur chariot attelé jusqu'aux tribus indiennes.

Matt travaille à la ferme et va moins régulièrement à l'école. Et puis après quelques semaines Matt et sa mère décident enfin d'enterrer Luke puisque le corps du père n'a pas été retrouvé.

Les dimanches avec Wendy se poursuivent et il se sent bien avec elle. Ils se sont faits deux amis adultes. Alfred  avec sa meute de chiens et Miller et son employé indien. Ensemble ils assistent à un meeting organisé par un pasteur genre gourou, Jenkins. Et ils font capoter la fête, les chiens mangeant toute la viande ce qui crée une certaine violence. D'ailleurs Matt est blessé par balle à l'épaule.

Peu après son chien permet de retrouver la dépouille du père le dégel ayant permis d'exhumer le corps amputé. Le dimanche suivant Matt dit à Wendy que leurs sorties sont terminées.

Matt travaille à la ferme et finit par ne plus aller à l'école. Il ne voit plus Wendy et se renferme sur lui-même.

Linda Jefferson voit chaque semaine l'inspecteur Harrison et elle lui demande de lui faire un enfant. Il accepte jusqu'à ce qu'elle lui annonce qu'elle est enceinte. Quelques semaines plus tard il lui signifie son licenciement.

Matt dépose chaque nuit un cadeau devant la porte de Wendy. Il vient avec le cheval hongre qu'il a acheté à un indien et qui est difficile à dompter. Il lui offre mais il le tue car il l'a blessée. Elle découvre qui est le "prince charmant" après que la famille entière l'a guetté.

Linda quitte le village après être passée voir le banquier et le médecin.

 

Ainsi s'achève la première partie du roman où l'on voit bien les situations de violence faites par la nature ou par les hommes, selon les circonstances. Et toute la vie de Matt, Linda et Wendy, les trois personnages principaux, vont devoir se "battre" pour survivre dans cette contrée où rien n'est simple. Horace et le vieux Roland vont à leur tour faire leur entrée en scène dans un même climat de tension :

 

Ainsi, Matt quitte le village après avoir reçu une balle à la hanche et s'être cassé le bras en tombant du toit de la maison de Wendy. Pendant treize ans il va aller travailler un peu partout en faisant tout ce qui se présente à lui. Et un soir lui qui est devenu un sacré gaillard va sauver Horace Jarms des mains de quatre malfaiteurs et se mettre au travail pour lui et son père le vieux Roland qui a autrefois enterré deux enfants mort-nés et vu partir à son insu sa femme quand Horace avait trois ans.

Horace est fainéant et ne pense qu'à s'amuser.

Quant à Wendy elle s'est installée chez Mme Lawson dès le départ de Matt. Cela fait quinze ans à présent qu'elle vit au ranch mais il y a un avis d'expulsion, suite à la construction d'un barrage qui va faire monter les eaux et engloutir la maison....

La maison de Linda a brûlé et elle et son fils Lucky sont hébergées chez Mrs Lawson et Wendy.

 

On comprend alors que le destin de chacun va faire se rejoindre au-delà des années les protagonistes...

Presque toute une vie va ainsi passer entre rapport de force, combat avec la nature. Même l'amour est difficile à vivre dans ces contrées où tout paraît hostile.

 

J'ai vraiment ressenti beaucoup de tension dans ce roman qui aurait pu être aussi inscrit dans la collection "néo-noir", car on voit rarement briller la lumière.

 

Seulement, tout cela fait un grand livre, un grand et beau texte, merveilleusement raconté au fil du temps. Je n'ai pas vraiment trouvé de personnages sympathiques, mais quand on vit dans ces comtés entre 1918 et les années 60/70, on ne rit pas tous les jours...Où est le rêve américain?

 

Page 201 (début du chapître 20) pour voir l'ampleur du style : "Elles ne lui brossaient pas les cheveux et, s'ils étaient moins emmêlés depuis qu'il les avait coupés, sa tête resemblait toujours à une boule d'amarante, et avec son regard aux yeux de biche, il avait l'air d'être encore à moitié endormi bien après midi. Ses vêtements, à l'exception des habits de seconde main qu'elle lui avait fait mettre ce premier soir, étaient fins comme un voile, là où ils n'avaient pas encore été rapiécés ou élargis pour tenir compte de sa croissance. Son menton était parsemé de poils de barbe. Lucky avait seize ans, mais il était si étrange et si sauvage qu'aucun nombre, en dehors de sa taille et de son poids, ne pouvait le décrire de manière adéquate."

 

​Un auteur à découvrir et à suivre avec ce deuxième roman publié par Gallmeister après "Animaux solitaires" paru en 2013 et repris en collection de poche Totem en 2016. Il est né dans l'état de Washington, c'est dire qu'il connait bien la région qu'il décrit dans ce roman remarquable.

 

Un grand merci aux Editions Gallmeister et à Léa qui anime avec brio le challenge Gallmeister.

 

Et ce roman s'inscrit dans le mois américain conduit par Martine avec autant de brio.

L'heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister)
L'heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister)
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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:04
Citation de Robert-Louis Stevenson sur l'amour
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 19:01
Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus)

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

(Phébus - Août 2012 - 142 pages)

Traduit de l'anglais (américain) par Carine Chichereau

Titre original : The Buddha in the Attic (USA - 2011)

Prix Fémina Etranger 2012 - PEN/Faulkner Award for fiction etc...

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Un livre hyper primé annoncé partout et par presque tous comme un chef d'oeuvre. Et chez moi, cela fait "plouf" !!! Bof !!! Bien écrit mais il manque quelque chose pour en faire un chef d'oeuvre. Comme c'est une lecture commune avec Marjorie Littérature, nous avons confronté chaque jour notre ressenti au fil de la lecture qui s'est étalée sur quatre jours. Vous lirez son compte-rendu paru ce même jour et vous verrez que nous avons eu un ressenti très proche. Un bon livre, sans plus.

 

Tout d'abord : le titre. Rien à voir entre le titre original et le titre français. Le Bouddha parle-t-il plus aux états-uniens qu'aux français, quand on sait que c'est la "référence" japonaise en matière de pensée et de "religion" (au sens large pour ce qui est du Bouddha) ! Ne cherchez pas l'Attique, vous ne la trouverez pas dans le roman et sur une carte de géographie quand vous partez du Japon pour aller aux U.S.A., sauf à faire le tour du monde, ce qui n'est pas le cas dans ce roman.

Par contre, oui, la majorité des femmes japonaises qui ont pris le bateau pour aller aux USA dans les années 1920, n'avaient jamais vu la mer...

 

Ensuite : l'histoire (avec un grand H surtout après le mitan du livre).

Dans les remerciements, Julie Otsuka nous informe que "Ce roman s'inspire de la vie d'immagrants japonais qui arrivèrent aux Etats-Unis au début du XXe siècle. Je me suis servie d'un grand nombre de sources historiques". Et suis une liste de textes en anglais d'auteurs japonais et américains.

 

Il faut avouer qu'en France, à ma connaissance, on n'a jamais avant ce livre entendu vraiment parler de cette immigration.

L'auteure nous raconte dans 8 chapitres non numérotés cette "folle aventure".

Tout commence "sur le bateau", trois mots scandés à chaque début de paragraphe du chapitre "Bienvenue, mesdemoiselles japonaises !"

 

Page 11 : "Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville..."

 

Et cette manière de scander les phrases se continue ainsi pendant tout le livre, comme un chant choral antique (d'où peut-être la référence induite à l'Attique du monde grec ancien). Elles unissent leur voix pour dire "nous".

 Et honnêtement, cette manière d'écrire m'a assez vite lassé car l'auteure ne donne aucune profondeur à son texte. Elle essaie de résumer les émotions, les situations de chacune de ces japonaises embarquées vers San Francisco pour se marier avec un compatriote "américanisé".

Elles sont bouddhistes pour la majorité et elles ont une photo avec elles pour reconnaitre sur le quai leur futur mari.

Pour elles c'était partir ou devenir geisha compte tenu de leur origine pauvre où la famille devait les "vendre" pour survivre. Et pas question de rentrer au pays, quoiqu'il arrive !

Elles sont vierges pour la plupart et ne savent rien de la vie et de l'amour. Et quelque soit le type d'homme qu'elles vont épouser, dès l'arrivée, elles savent que leur première nuit sera celle de l'acte sexuel. 

Il faut travailler car ce que n'ont pas dit les maris c'est qu'ils ne sont pas patrons ou négociants mais eux-mêmes travailleurs exploités chez les blancs. Elles ont été trahies mais elles travaillent durement sans rechigner et obéissent aux ordres que ce soit dans les champs ou dans les maisons des riches. Et si elles doivent vendre leur corps, elles le font, en toute humilité.

Ces femmes ne se rebellent jamais !

Elles font naître leur enfant comme elles peuvent souvent en se cachant. Les enfants grandissent et apprennent l'anglais, vont à l'école mais très vite tout change. Les japonais ont attaqué Pearl Harbor et les japonais installés aux USA deviennent des ennemis. Le gouvernement en arrête beaucoup et prévoit de les parquer dans le désert notamment.

Les japonais partent consciencieusement de chez eux pour l'inconnu. Même les autochtones ne savent rien de leur destination finale.

Et c'est à ce moment, en décembre 1941, que le livre prend l'épaisseur d'un roman historique. Je n'avais pas vu venir "le coup" et de fait cet événement de guerre est terrible pour les américains, car les japonais ont violé leur neutralité du moment en attaquant leur base de Pearl Harbour.

 

Page 91 (début du chapitre "les traitres") : ​"Les rumeurs ont commencé à nous parvenir dès le deuxième jour de la guerre. // On parlait d'une liste. De gens enlevés au milieu de la nuit. D'un banquier parti pour son bureau et qui n'en était jamais revenu. D'un barbier disparu pendant sa pause déjeuner. De quelques pêcheurs manquant à l'appel. Ici et là, d'une pension où les froces de l'ordre avaient fait une descente. D'un commerce saisi. D'un journal fermé..."

 

Au début elles n'y ont pas cru. Ce n'étaients pas elles qui étaient concernées. Et pourtant "les rafles" ont bien eu lieu. Rien à voir avec les rafles nazies, mais leur destination reste des camps de regroupement dans le désert, ailleurs en tout cas.

 

Et comme toujours, elles sont résignées et acceptent de partir sans s'insurger.

 

Cette partie du livre, les derniers chapitres donc, sont les plus intéressants car ils rejoignent la Grande Histoire, celle qui a déstabilisé les USA, 70 ans avant l'attentat des tours jumelles.

 

Hiroshima n'est pas du tout cité dans le livre, mais on sait que c'est ainsi qu'en août 45, ce peuple a été contraint d'arrêter la guerre.

 

Pour que j'aime vraiment ce livre, il aurait fallu plus d'épaisseur au récit. Prendre par exemple deux ou trois japonaises et montrer leur vie depuis le bateau jusqu'aux camps, plutôt qu'égréner ainsi des successions de phrases qui essaient, par leur "empilement" (ou compilation) donner un sens aux événements vécus par ces japonaises. 

 

​Dommage, je suis passé à côté, mais je sais à présent que je vais pouvoir lire "Perfidia" de James Ellroy, qui raconte les quelques jours qui ont suivi Pearl Harbor, et il fait référence à cette "migration" des japonais vers des camps.

 

Voici un lien très intéressant sur le sujet des nippons internés aux USA suite à Pearl Harbour :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Internement_des_Nippo-Am%C3%A9ricains​

 

Encore merci à Marjorie pour cette lecture attentive qui a permis à chacun de nous deux de mieux appréhender ce roman.

​Bonne lecture,

 

Denis

 

Comme c'est le mois américain, cette lecture s'inscrit dans ce cadre.

 

 

 

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus)
Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus)
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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 16:11
Théâtre à Paris : Et tout s'effondre de Klaartje de Zwarte-Walvisch

 

J'ai reçu cette information de Anne-Sophie Philippon :

 

 

Deux représentations exceptionnelles

Les 28 et 29 septembre 2016, à l'Akteon Théâtre (Paris, XIe),

D'Et tout s'effondre, Journal du camp de Vught, de Klaartje de Zwarte-Walvisch 

Adaptation pour le théâtre de Klara Smeets

 

Notes de Nuit / éditions propose, les 28 et 29 septembre 2016, à 21 h 30,  à l'Akteon Théâtre (Paris, XIe), deux représentations exceptionnelles d'Et tout s'effondre de Klaartje de Zwarte-Walvisch. Klara Smeets a adapté pour le théâtre ce livre édité en français par Notes de Nuit / éditions. Ces représentations seront données en néerlandais et sous-titrées en français.

 

Le journal de Klaartje commence là où celui d'Anne Frank s'achève.

Ad van Liempt, journaliste, producteur et écrivain néerlandais

 

Écrit dans un style simple et direct, Et tout s'effondre est le Journal d'une femme en colère dont nous savons peu de choses : il ne reste que deux photographies de  Klaartje de Zwarte-Walvisch, une couturière âgée de 32 ans. Née le 6 février 1911, elle devait être gazée vers juillet 1943, à Sobibór. Son mari, Joseph, et elle furent arrêtés chez eux le 22 mars 1943. Ils ne s'étaient pas fait enregistrer comme la loi l'exigeait, mais n'étaient pas non plus entrés dans la clandestinité. Klaartje, jeune femme à la santé précaire, a tenu un Journal, qui n'a été authentifié qu'en 2008, du premier jour jusqu'à son départ pour la Pologne, parvenant à le donner à un cousin, lors de son passage par le camp de Westerbork.

 

   « Nous avons appris hier soir que le camp des enfants allait être évacué. Tous les enfants de moins de seize ans doivent quitter le camp. Le pire, c'est qu'ils vont être arrachés à leurs parents. Nous avons pris connaissance d'une déclaration qui nous a fait trembler d'effroi. Nous n'en croyions ni nos yeux, ni nos oreilles. Il faudrait s'y faire, mais nous ne pouvions le concevoir, c'était trop énorme. [...] Des familles entières allaient encore une fois être séparées ? Comment était-ce possible ? N'y aurait-il jamais de fin à nos souffrances ? Les hommes devaient se résoudre à voir partir leurs épouses et leurs enfants, déjà si affaiblis. Nous étions anéanties. Presque tout le monde avait des enfants, leur départ allait laisser un vide immense. [...] Un sentiment de panique impossible à décrire s'est emparé de nous. »

Extrait d'Et tout s'effondre

 

Notes de Nuit / éditions

Créées en 2009, les éditions Notes de Nuit comportent aujourd'hui trois collections qui, en miroir, tournent toutes autour de le la Shoah La collection Le passé immédiat réunit des textes et Journaux de déportés assassinés dans les camps de la mort, mots oubliés que Fabian Gastellier et toute son équipe s'efforcent de sortir de l'oubli, ainsi que des livres ou études sur celles et ceux qui ont vécu la Shoah dans leur chair. La collection Jean-Pierre Faye propose des  rééditions de l'œuvre littéraire et poétique ainsi que certains essais de cet écrivain majeur et  témoin engagé du XXe siècle. La collection La beauté du geste, quant à elle, offre des témoignages ou mémoires de chefs d'orchestre et instrumentistes ayant exercé leur art dans les années 1930, face à l'Allemagne nazie ou au Fascisme italien.

 

Informations pratiques

 

Deux représentations exceptionnelles les 28 et 29 septembre 2016, à 21h30 :

Et tout s'effondre de Klaartje de Zwarte-Walvisch

Adapté pour le théâtre par Klara Smeets

Traduction Mireille Cohendy

Mise en scène Reginald Kluijtmans

Interprète Angie Cotrotsos

à l'Akteon Théâtre

11, rue du Général Blaise

75011 Paris

Métro Saint-Ambroise (ligne 9) ; Métro Saint-Maur (ligne 3) ; Métro Père Lachaise (ligne 2)

Prix des places : 10 euros

Réservation indispensable au 01 43 38 74 62

Retrouvez Notes de Nuit / éditions sur Facebook

 

Le livre

Et tout s'effondre de Klaartje de Zwarte Walvisch Journal du camp de Vught

Traduit du néerlandais par Mireille Cohendy

Introduction : Ad van Liempt

Format : 150 x 225 mm

200 pages env.

Broché avec rabats

Prix : 18 €

ISBN : 979-10-93176-10-9

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 16:29
Traducteurs d'auteurs U.S. : 2/ Pierre Leyris

Pierre Leyris (1907 - 2001) a été un des très grands traducteurs d'auteurs anglo-saxons, reconnu notamment pour sa traduction des oeuvres complètes de William Shakespeare.

 

Pour le domaine U.S., il a été le traducteur de Herman Merville, T.S. Eliot, Nathaniel Hawthorne ou Edith Wharton, entre autres.

Il a fait paraître en 1995, chez Gallimard, "Esquisse d'une anthologie de la poésie américaine du XIXe siècle"

Traducteurs d'auteurs U.S. : 2/ Pierre Leyris
Traducteurs d'auteurs U.S. : 2/ Pierre Leyris

Son immense travail lui a valu de recevoir le grand prix de la traduction en 1985.

Ses mémoires sont parues en 2002 chez José Corti.

 

Si vous aimez les classiques de la littérature des USA, vous ne pouvez pas ne pas avoir croisé la plume de Pierre Leyris, tout comme celle de Maurice-Edouard Coindreau, que j'ai présenté récemment.

Ce sont à ma connaissance les deux principaux traducteurs "historiques" de la littérature U.S. quand elle a commencé à arriver dans les rayons de nos librairies françaises.

 

Denis

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 19:10
2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)

Deux jours passés à Nancy à l'occasion du "Livre sur la place 2016" ces 10 et 11 septembre 2016.

Une première pour nous. Il faut rappeler que nous habitons tout de même à 500 kilomètres de Nancy !

Mais, comme on dit, le voyage valait bien le déplacement.

Tout d'abord, on avait rendez-vous avec deux amies : Régine Heindryckx et Sabine Rémy.

 

Et puis, il y avait plus de 550 auteurs. Il fallait donc inévitablement choisir quelques auteurs.

 

Et pour ce qui me concerne, j'ai rencontré 5 auteurs.

 

Tout d'abord Leîla Slimani avec qui j'ai échangé quelques mots, lui disant notamment qu'elle avait eu la chance d'avoir le filon "La Grande Librairie" pour se faire connaitre. J'ai acheté sur premier roman paru en folio en novembre 2015 "Dans le jardin de l'ogre".

2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)
2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)

Je suis allé ensuite à la rencontre de Christine Montalbetti. J'avais pu assister auparavant à la "table ronde" dont le thème était "Vivre ou survivre?", animée par Florence Bouchy (Le Monde des Livres). Les trois auteures invitées étaient : Céline Minard (Le Grand jeu - Rivage), Christine Montalbetti (La vie est faite de ces toutes petites choses - P.O.L) et Valentine Goby (Un paquebot dans les arbres - Actes Sud).

Le thème de "survivre" n'a pas été très facile à définir pour ces trois expériences littéraires. Céline Minard invite le lecteur à partir avec son héroïne pour vivre quelque temps loin du monde, en pleine montagne ; Christine Montalbetti nous emmène en apesanteur avec des  spationautes (elle a bien précisé que tous les détails et événements sont entièrement vrais, le roman venant de la mise en page de ces moments de vie où le corps n'est plus tout à fait maîtrisé) ; Valentine Goby, elle nous a transporté vers le "paquebot", en fait le sanatorium d'Aincourt appelé ainsi de par sa forme "le paquebot". Trois belles expériences de littérature que je découvrirai plus tard.

 

Ainsi, j'ai pu rencontrer à son stand Christine Montalbetti, une femme très discrète, qui a déjà publié une petite quinzaine de livres, tous chez P.O.L (on ne met pas le point après L) et quelques essais littéraires puisqu'elle est maître de conférence en littérature française.

Après avoir discuté un bon moment autour des thèmes de ses livres, il s'est dégagé "Plus rien que les vagues et le vent" publié en 2014, et dont l'action se passe aux U.S.A. Un livre qui pourrait être classé dans les "Nature writings". On s'est rendu compte que l'on est né tous les deux au Havre et que son père n'est autre que Jean Montalbetti (1943-1987), que j'ai écouté avec beaucoup de bonheur sur France Culture dans les années 70-80.

2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)

Troisième rencontre avec Adélaïde de Clermont-Tonnerre très heureuse de partager un moment d'échange avec un lecteur.

J'ai acheté son livre "Fourrure", son premier roman paru en 2010 et repris en Livre de Poche en 2011. Un livre où l'héroïne est dans le ton de Françoise Sagan. D'ailleurs, elle a reçu le Prix Françoise Sagan pour ce roman !

2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)
2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)

Dernière rencontre avec une auteure : Alexandra Echkenazi pour acheter son premier roman paru avant l'été : Le journal de Mary (Belfond) et dédicacé pour Fabienne car je savais qu'elle aimait tout ce qui touchait à Kennedy et cette époque.

Un excellent moment de discussion autour du roman : ce qui est vrai, ce qui est imaginé autour de cet amour, le dernier mais avant tout un amour de jeunesse !

On s'est retrouvé le lendemain matin pour continuer notre dialogue et cette fois-ci en grande partie sur les origines bulgares d'Alexandra Echkenazi et sur son approche de ses lecteurs (et surtout futurs lecteurs). Elle est journaliste donc a le contact très facile, ce qui ne peut que ravir son interlocuteur.

2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)

Pour être complet, j'ai assisté à une rencontre entre Christophe Ono-dit-Biot et Kamel Daoud. L'entretien était centré sur les problèmes de l'écrivain algérien tant dans son pays que dans le milieu intellectuel européen qui lui a reproché quelques articles de journal, ce qui ne peut que le discréditer vis-à-vis de ses prises de position par rapport à l'islamisme en Algérie.

 

Dimanche, avant de repartir vers la Normandie, je suis allé vers Jim Fergus qui parle quelques mots de français et j'ai acheté "La fille sauvage".

 

En résumé, un excellent séjour nancéen à refaire...

2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)2 jours au "livre sur la place" à Nancy (10-11 septembre 2016)
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:55
Brouillard au pont de Tolbiac de Léo Malet (Pocket)

Brouillard au pont de Tolbiac de Léo Malet (Pocket - 187 pages)

Première édition : 1956

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Brouillard au pont de Tolbiac met en scène le détective privé Nestor Burma créé par Léo Malet (1909-1996) en 1942. Ce personnage est considéré comme le premier détective de la littérature française.

Ce roman fait partie de la série "Les nouveaux mystères de Paris" constituée de quinze romans et se déroule à Paris.​ 16 autres romans ont été écrits. Nestor Burma a fait l'objet de séries télévisées et de bandes dessinées.

 

 

Nestor Burma a reçu une lettre d'un  ancien camarade de classe Abel Benoit qui le somme de venir le voir en urgence à l'hôpital La Salpêtrière. Nestor prend le métro et aperçoit une jolie gitane, Bélita, d'environ 20/22 ans. A la sortie du métro elle l'interpelle et lui dit que c'est elle qui a posté la lettre mais son "ami" est mort depuis.

L'infirmière lui confirme la mort et quand il va voir le cadavre à la morgue il rencontre l'inspecteur Fabre de la section criminelle. Après échange de quelques plaisanteries ils se rendent auprès du cadavre et Burma finit par reconnaître l'homme côtoyé vers 1928 quand tous deux étaient anarchistes. Mais son vrai nom était Albert Lenantais. La police sait que le mort s'intéressait à Burma car ils ont retrouvé de nombreuses coupures de journaux concernant le détective anarchiste. Le commissaire Florimond Faroux vient les rejoindre. Il y aurait bien une histoire avec des nords africains à l'origine des blessures qui ont conduit Albert à la mort. Nestor se rend chez la gitane et tombe sur Dolorès une matrone que Nestor a du mal à maîtriser quand elle l'agresse. Enfin seul avec la jeune femme elle lui explique qu'Albert l'a sortie de son milieu mais à présent qu'il est mort son clan veut la récupérer.

Tous deux recherchent des indices chez Albert et ne trouvent rien d'intéressant sauf à se réchauffer dans le même lit et s'y aimer. Mais au matin Nestor va à la rencontre de Salvador un gitan qui comprend alors que les deux ont couché ensemble. Le secteur devient malsain.

Comme l'ancien anarchiste était chiffonnier Nestor et Bélita partent interroger sans succès certains de ceux avec qui il avait travaillé. L'infirmier qu'il est allé voir ne donne pas la réponse attendue de savoir qui est le médecin que la victime connaissait. Ils reviennent chez Albert car Bélita se souvient que ce médecin était venu le voir il y a deux ans et avait prescrit une ordonnance. En la retrouvant ils sauraient qui il était.

 

Mais ils sont loin d'avoir résolu le mystère de la mort d'Albert car les ennuis ne vont que continuer à les poursuivre... Et Nestor Burma qui voit son passé le rattraper ne renforce pas ses liens avec la police !

 

Un roman au style "polar" des années 1950.

 

En témoigne le début du roman : "Ma bagnole étant à la révision, je pris le métro. / J'aurais pu essayer de fréter un taxe, mais le Père Noël, c'était pour dans un mois et demi. Il crachinait salement et dès qu'il flotte un tant soit peu, les bahuts se raréfient. Ils doivent rétrécir à l'humidité. Je ne vois pas d'autre explication."

 

​Ceci étant, le texte reste très lisible et se lit surtout dans le contexte de l'époque, dans ces années où la guerre d'Algérie était présuméé amener des crimes racistes ! même si le meurtre n'a rien à voir avec ce climat particulier.

 

Denis

Brouillard au pont de Tolbiac de Léo Malet (Pocket)
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 16:39
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Muse de Jonathan Galassi

(Fayard - collection "littérature étrangère" - 267 pages - août 2016)

Traduit de l'anglais (USA) par Anne Damour

Titre original :Muse (New York 2015)

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Le premier roman d'un jeune homme de 67 ans (né en 1949 à Seattle - USA) qui nous plonge dans les arcanes de l'édition américaine sur une soixantaine d'année. Jonathan Galassi sait de quoi il parle puisqu'il est le Président des Editions Farrar, Straus & Giroux. Cet éditeur a publié plusieurs prix Nobel de Littérature dont Isaac Bashevis Singer, un des grands auteurs du XXe siècle. Egalement poète, puisque  Jonathan Galassi a publié trois recueils de poésie et traduit les grands poètes qu'on été Eugenio Montale et Giacomo Leopardi.

Un poète éditeur et on a les grands ingrédients principaux du roman "Muse" : un poétesse Ida Perkins et deux éditeurs qui vont passer leur vie à chercher à récupérer les grands auteurs publiés par l'autre.

 

Ida Perkins a une imposante bibliographie en tant que poétesse : environ 24 recueils de poésie presque tous publiés par les éditions Impetus à New York. N'oubliez pas que nous sommes dans une fiction, si bien que la majorité des noms d'éditeurs, d'auteurs sont imaginaires, y compris Ida Perkins !

 

 

Un livre d'amour, nous dit l'auteur en préambule, quand on met en scène la poétesse Ida Perkins, au temps où les livres étaient importants.

Homer Stern, juif new-yorkais s'est lancé dans l'édition aux lendemains de la seconde guerre mondiale en s'associant avec Franck Purcell formant l'enseigne Purcell & Stern (P&S). Mais le maître à bord est Homer et ses employés lui sont tous dévoués.

Le grand rival est Sterling Wainwright qui a l'outrecuidance de publier la belle rousse et grande poétesse Ida Perkins, sa cousine.

Paul Dukach s'est très jeune passionné pour l'oeuvre et la vie amoureuse intense d'Ida Perkins, dont sa poésie a été le reflet de sa vie. Elle a tenté avec moins de réussite l'abstraction. Adulée cette femme a intéressé les universitaires et Paul a vite été considéré comme un des grands spécialistes de la poétesse. Mais son ambition littéraire est de rentrer chez P&S. Avec beaucoup de patience il a réussi à obtenir la confiance de Homer. Il se sent tout de suite bien dans cette maison où il peut publier les auteurs majeurs de son temps comme Pépita Erskine et son compagnon poète d'un temps, nobélisé Dmitri Chavchavadze.

Paul a sympathisé avec "l'adversaire" Sterling. Ils parlent d' Ida et de son amant Arnold Outerbridge dit A.O. qui a laissé des carnets codés et indéchiffrables. Paul se met au défi de les rendre lisibles.  Et Sterling lui propose de travailler au calme dans sa propriété des Middlesex Mountains.

Ida et A.O. sont venus ici autrefois. Homer quant à lui est reçu par Sterling pendant ce temps où Paul travaillait sur les carnets.

La foire de Francfort est le grand événement de la rentrée et tous les grands éditeurs se doivent d'y être.

Et dans la foulée Paul rencontre Ida Perkins dans son appartement vénitien. Il lui parle de son travail en cours sur les carnets de A.O.

C'est alors qu'Ida lui parle de ses débuts littéraires :

 

Page 163 (question de Paul) "Quelle impression cela vous a-t-il fait d'être la coqueluche de la ville à même pas vingt ans ?"

(Réponse d'Ida) "Ces grotesques messieurs jeunes et vieux avec leurs magazines illisibleset leur précieuse fatuité. Des petits tartuffes ! J'ai toujours méprisé l'Establishment, Paul, y compris les bobos qui sont peu différents des banquiers en réalité. La poésie, pour moi,et pour tout, et pour toute personne sérieuse, à mon avis, touche à l'altérité : le fait d'être "inadapté", d'être à part.Ils ne comprenaient rien à ce que j'écrivais - ou à ce qui m'arrivait".

 

On voit bien avec cet extrait que l'auteur n'est pas tendre pour ce "petit monde" de l'édition. La lutte confraternelle mais sans concession entre Homer et Sterling est au centre de ce livre tandis que Paul cherche à arriver à ses fins : éditer Ida Perkins chez Homer.

 

Y parviendra-t-il? est la grande énigme de ce roman.

 

Je n'en dirai pas plus pour ne pas effleurer la fin de "Muse".

 

Voilà un livre bien écrit avec un petit bémol : on perd la finesse des querelles dans ce monde éditorial new-yorkais dès lors où on ne connait pas le contexte. Alors, il faut se rappeler qu'au-delà d'un contexte particulier, le schéma se répète partout dans le monde et en France bien évidemment. Et le passage par Francfort rappelle aussi que ce salon international a une très grande importance dans les tractations entre éditeurs notamment pour les droits de traduction.

 

Petit rappel historique : la foire du livre se tient à Francfort depuis environ 500 ans, quand Johannes Gutenberg inventa l'imprimerie à la cité de Mayence toute proche de Francfort.

 

Un des promo-romans étrangers de la rentrée littéraire à lire pour les amateurs de littérature et de poésie.

Le New York Journal of Books a écrit lors de sa parution aux Etats-Unis : "Parfaitement exécuté, drôle, touchant. Un bel hommage au monde de l'édition."

 

Merci à Anne Vaudoyer de l'agence "Anne & Arnaud" pour l'envoi de ce livre en service de presse.

Le livre est en librairie depuis le 31 août 2016.

 

Bonne lecture,

Denis

 

(Lecture qui s'inscrit également dans le "mois américain" )

Muse de Jonathan Galassi (Fayard)
Muse de Jonathan Galassi (Fayard)
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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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