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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 16:51
La Tour de Guet d'Ana Maria Matute (Phebus - Libretto)

La Tour de Guet d'Ana Maria Matute (Phebus - Libretto - janvier 2011 - 236 pages)

Préfacé et traduit de l'espagnol par Michelle Lévi-Provençal

Titre original : La Torre Vigia (1971)

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Ana Maria Matute (1926-2014) est née à Barcelone et a longtemps vécu à Madrid. La guerre d'Espagne l'a profondément marquée. Elle est primée dès 1960 et entre à la Nacional de las Letras  Espanolas en 2007 avant de recevoir en 2010, le prestigieux prix Cervantes pour l'ensenble de son oeuvre. Elle est malheureusement assez peu connue en France et pourtant la majorité de ses romans a été publiée en France dès 1960. Elle a également publié 8 livres pour la jeunesse.

Les éditions Phebus ont ainsi publié ce roman ainsi que "Paradis inhabité".

 

On est très dépaysé dans ce roman "intemporel" qui raconte les années d'éducation du narrateur, de sa naissance à l'âge adulte. Et comme on comprend vite que l'on est au Moyen Age, l'évolution "ultime" est celle de se faire chevalier.

On ne sait pas trop où se situe l'action de ce roman. Peut-être en Europe centrale  Mais là n'est pas l'essentiel car on comprend vite que le roman pourrait se passer n'importe où et n'importe quand, dès lors où l'être humain mise sur la violence pour évoluer dans sa vie. Terrible constat !

 

 

 

Le narrateur est né d'un père âgé, ce qui a sérieusement compliqué son enfance.

Anoblie par le baron Mohl sa famille a eu une vie plus facile à vivre malgré l'obligation de donner  un tiers de son vin après les vendanges.

Quand il a eu six ans il a dû assister à la mise au bûcher de deux sorcières, une mère et sa fille . Il fallait qu'un enfant ait vu cela pour s'aguerrir. Et il a cru que l'esprit de cette mère voulait communier avec lui.

Être anobli signifie ne plus faire de tâches subalternes réservées aux servants mais se consacrer aux armes. C'est ainsi que débute pour lui le rude apprentissage de l'art de la guerre tandis que sa mère est partie ouvrir un couvent et que son père ne fait plus rien.

Il passe beaucoup de temps à la chasse et partage un sanglier avec un jeune mendiant qui le flatte avant de le voler durant la nuit.

Et nouvelle étape. L'arrivée au château de Mohl où il pourra un jour devenir chevalier. Il y retrouve ses frères ainés. C'est la baronne qui dans un premier temps s'occupe de son éducation. Puis il côtoie le baron lors de l'apprentissage des armes sans trop savoir quelle est réellement leur personnalité qu'il a trouvée plutôt humaine.

La baronne va en faire son jeune amant puis le baron va entrer en conflit avec le comte Lazsko.

Il voit bien que ses trois frères n'arrêtent pas de le regarder avec mépris. Et la baronne meurt.

Un jour le baron revient avec un jeune et beau prisonnier. Il en fait son esclave et son favori. Mais un jour il s'enfuit après avoir tué le chien de Mohl. Retrouvé, le jeune homme est tué par le baron. Peu après le comte Lazsko veut récupérer le corps mais il est tué à son tour par Mohl.

Il est à présent fait écuiller principal du baron en attendant la promesse d'être fait chevalier.

La confusion règne de plus en plus dans le château car le baron s'enivre de plus en plus. Et le narrateur est de plus en plus surveillé par ses trois frères. Il passe beaucoup de temps avec le guetteur de la tour de guet et voudrait y voir le sens de la vie et la maîtrise du temps. Un leurre.

 

Voilà l'essentiel de ce roman où le jeune narrateur n'a que la tour du guet pour rêver d'une autre vie, le quotidien n'offrant aucun espoir de bonheur et de bien être.

Par moments, on sent que l'auteure aime le conte car elle met un peu de "surnaturel", comme s'il y avait des rites initiatiques qui permettent de franchir des étapes. A l'image du regard de la sorcière qui voudrait lui faire passer des images "subliminales".

 

Un roman étrange, qui met mal à l'aise, mais le style, la façon de raconter nous emportent dans cet univers ténébreux.

 

Après la mise à mort de la sorcière par le feu :

Page 35 : "A mesure que le temps passait, j'oubliais - ou, du moins, reléguais dans un coffre de ma mémoire - la certitude qu'existait entre la vieille et moi un pacte, et que ce vent immobile que je vis de mes propres yeux m'éloignait à de si grandes distances des êtres avec lesquels je cohabitais, dont ceux qui m'avaient engendré".

 

Une auteure à ne pas oublier car son oeuvre a une grande place dans la littérature espagnole.

 

Bonne lecture,

 

Denis

La Tour de Guet d'Ana Maria Matute (Phebus - Libretto)
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 16:44
Citation d'Albert Camus : espoir et vie
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 16:37
Les nuits de Shanghai de Juan Marsé (Christian Bourgois)

Les nuits de Shanghai de Juan Marsé

(Christian Bourgois - mars 1995 - 264 pages)

Traduit de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu

Titre original : El Embrujo de Shanghai (1993)

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Juan Marsé, né en 1933, est l'auteur d'une quinzaine de romans (pour la plupart traduits chez Christian Bourgois) et de 6 essais (non traduits en français). Son premier roman est paru en 1960. Publiés tous deux chez Christian Bourgois, on sent une grand parenté littéraire entre Juan Marsé, l'ainé, et Enrique Vila-Matas né en 1948 dont le premier livre parait en 1973.

On est dans des livres où l'on se laisse porter par la langue, par la construction narrative. On ferme les yeux et on se laisse embarquer dans leur univers.

Ici, Juan Marsé situe son livre à Barcelone en 1948, peu après deux événements majeurs qui ont bouleversé la vie des espagnols : la guerre d'Espagne d'où nait le franquisme et la seconde guerre mondiale. Et l'un des personnages, Kim, a été pris dans cette tourmente où il fallait entrer en clandestinité pour intervenir dans ces événements et ensuite se cacher.

 

 

 

Le narrateur, Daniel, est orphelin de père et s'en remet au capitaine Blay avec qui il se sent en confiance et qu'il "promène" dans les rues, car on le dit plutôt "fou".

 

Incipit du roman : "Les rêves d'enfant se corrompent dans la bouche des adultes, dit le capitaine Blay, qui marchait devant moi de son grand pas hardi, sous sa précaire apparence d'Homme Invisible : tête bandée, gabardine, gants et lunettes noires, et une gesticulation abrupte et ostentatoire qui me fascinait. Il allait au bureau de tabac acheter des allumettes, et tout à coup il s'arrêta sur le trottoir et flaira anxieusement l'air à travers la gaze qui lui faisait son nez et une bouche de fantôme".

 

Le capitaine lui dit qu'il y a une sale odeur dans la rue. Quelques jours plus tard la compagnie catalane du gaz vient ouvrir une tranchée et dit avoir trouvé des ossements. La tranchée est rebouchée et l'odeur revient.

Le vieux repense à ses combats de jeunesse sur l'Ebre.

Et il y a Susana, 15 ans, si belle et clouée au lit par la tuberculose. Les frères Chacon, Finito et Juan veillent sur elle depuis leur étal de marché.

Blay veut porter plainte auprès de la mairie pour la fuite de gaz et la fumée noire de l'usine du quartier et comme il pense que la maladie de Susana est due en partie à cela il demande au narrateur d'aller la dessiner dans son lit en montrant la fumée autour d'elle.

 

Début du chapitre II (page 43) : "Peu de temps avant de devenir complètement fou, le capitaine Blay me demande d'aller avec mes crayons de couleur dessiner Susana dans son lit de phtisique. Il avait besoin d'un dessin de cette enfant malade pour une affaire d'une extrême importance. Il en avait parlé à sa mère, Mme Anita, dit-il, et elle était d'accord".

 

Susana veut bien qu'il fasse cet ignoble dessin mais il devra aussi faire un autre dessin qui la mettra en valeur et qu'elle enverra à son père Kim, lequel est allé clandestinement mener le combat pour la liberté du pays.

Forcat un ami de Kim arrive chez Anita porteur d'une lettre de son ami. Il écrit qu'il espère un jour pouvoir faire venir sa fille auprès de lui mais ne fait aucune allusion à Anita pour son futur avec elle. Forcat a besoin d'être hébergé car comme Kim il a quelques soucis importants à résoudre. Pour l'heure Kim est à Shanghai. Blay a été ami avec Forcat mais dit à Daniel qu'il ne veut pas le voir. Sinon il comprend que son histoire de pétition à peu de chances de réussir, ce qui arrange Daniel heureux de passer ses après-midi avec Susana mais en panne d'inspiration pour son dessin.

Forcat explique aux deux jeunes que Kim avait failli être arrêté par la police lors d'un voyage clandestin à Barcelone.

Kim a retrouvé à Paris son vieil ami de résistance Michel Lévy paralysé et en attente d'une intervention chirurgicale. Il raconte qu'il vit à Shanghai et est marié à une chinoise. Et il a repéré Kruger l'ancien nazi cause de sa paralysie. Il vit aussi à Shanghai sous un faux nom et il demande à Kim de partir là bas le tuer car l'homme l'a reconnu et déjà menacé des pires ennuis s'il le dénonçait.

Après un voyage en bateau Kim arrive à. Shanghai et se met au service de la femme de Lévy, Chen Jing. Et dès la première soirée où ils se rendent ils tombent sur Kruger alias Omar Meiningen...

 

Les scènes alternent entre le "présent" de la narration faite par Daniel et l'histoire compliquée de Kim racontée par Forcat, qui en fait un grand héros, sans doute pour faire plaisir à Susana...

Il y aura pas mal de rebondissements et de surprises en fin de roman.

 

Comme je le disais en préambule, on est vite envoûté par l'écriture et le fil narratif de Juan Marsé. Le livre est d'une très grande fluidité. On a forcément de l'empathie pour Daniel et Susana, ces adolescents encore naïfs mais qui sentent que leur corps est en mutation.

Shanghai, la nuit, tant à Barcelone pour le passé d'Anita, car il y avait une boite où elle travaillait la nuit que dans la vraie ville avec également le frémissement des nuits agitées.

Un livre de l'entre deux où la violence, la clandestinité ont marqué les vies des uns et des autres.

 

C'était le premier roman que je lisais de Juan Marsé. Ce ne sera pas le dernier. Et de l'avoir lu juste après "Loin de Veracruz" de Vila-Matas, m'a permis de sentir des résonances entre les deux auteurs.

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

Les nuits de Shanghai de Juan Marsé (Christian Bourgois)
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 16:42
Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)

Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas

(Christian Bourgois - mai 2000 - 273 pages)

Traduit de l'espagnol par Denise Laroutis

Titre original : Lejos de Veracruz (1995)

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Le roman débute ainsi : "Tout le monde ne sait pas qu'à Veracruz et ses plages lointaines jamais de ma vie je ne retournerai. J'y ai été heureux, le mois dernier, une nuit de pleine lune, à Los Portales, pas avant ni après, au cours du dernier mois de juillet de ma jeunesse. Mais jamais de ma vie je n'y retournerai, ai-je décidé, car je sais très bien que la nostalgie d'un lieu n'enrichit qu'à condition qu'elle reste de la nostalgie : qu'on retourne en ce lieu et c'est la mort."

 

Enrique est parti au Mexique pour y parler de son frère Antonio décédé, écrivain voyageur et ami de l'auteur Sergio Pitol originaire de Veracruz. Mais il n'est plus pressé de rentrer à Barcelone et décide d'écrire "moi je suis de Veracruz", ce qui est faux, lui rappelle Sergio.

Et c'est sur l'île de Majorque où est née Marta la veuve d'Antonio qu'il commence à écrire son livre. Les frères Tenorio se ressemblaient. Antonio a écrit des récits de voyages qu'il n'a jamais effectués. Et au moment de son suicide il avait commencé "La descente".

Maximo le frère aîné est peintre et la mère des trois frères est morte suite à l'accouchement d'Enrique. La vingtaine arrivée et n'en pouvant plus de cette famille d'artistes ratés il décide de partir en voyage en Afrique. Là bas il a dû tuer un homme pour survivre. Au retour il apprend la mort de son père.

Nouveau voyage avec une australienne de moeurs légères, dans son pays, puis en Inde. Là il va perdre un bras et se retrouver seul pour rentrer à Barcelone.

Il a vingt sept ans à présent et est sur l'île des Baléares à discuter avec son voisin dentiste inculte en littérature.

Il avait retrouvé son amie d'enfance, Carmen, en fait sa cousine, lors du mariage d'Antonio. Très vite ils se sont mariés et sont partis sur les traces de volcans, la grande passion de Carmen. Mais elle n'en est pas revenue piquée par des insectes, la fièvre l'ayant tuée. Nouveau retour catastrophique de voyage.

Maximo a poussé un cri d'alarme depuis les tropiques que ses frères n'ont pas compris. Peu après Rosita leur annonçait son décès par accident. C'est alors qu'Enrique a décidé de partir là-bas pour l'enterrement, sans Antonio, toujours réfractaire aux voyages...

 

Roman d'aventure, roman sur l'art ou non art d'être écrivain ou artiste, roman sur le mensonge... On a tout cela comme toujours chez Enrique Vila-Matas, écrivain des méandres, des mélanges de genre et de style. On y rencontre l'écrivain bien réel Sergio Pitol à Veracruz.

Oui, on est loin de Veracruz, un lieu toutefois qui a un sens dans la vie des trois frères Tenerio, sens du rêve ou du cauchemar.

 

Du très grand Enrique Vila-Matas, comme on l'aime. On est ici dans des allers-retours entre présent, passé, dans la difficulté d'être et d'écrire. Cervantes n'est pas loin. Don Juan aussi puisqu'il lui prend le nom de Tenorio. Enrique, le narrateur, écrivain en devenir, double ou non de l'auteur ! Tous ces entre deux sont fascinants. Le lecteur se plait dans cette ivresse des mots, des phrases, surpris au coin des pages, comme aime l'être le lecteur qui adore l'aventure littéraire insolite et tellement fascinante. Un voyage littéraire de grande facture entre immobilisme et rêve éveillé.

Dans les romans de tels auteurs, on n'attend rien de l'histoire elle-même, on attend d'être enivré par les mots et l'invention littéraire. John Irving, Enrique Vila-Matas ou Thomas Pynchon font partie de ces auteurs-là...

 

Un nouveau très grand coup de coeur pour un de mes auteurs contemporains préférés.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 
 
 

 

 

Loin de Veracruz d'Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)
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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 08:34
Citation de Saint-Exupéry sur l'amour
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 16:26
Albert Camus et la Méditerranée (Edisud)

Albert Camus et l'Espagne

(Edisud - Collection "Les écritures du Sud" - Septembre 2005 - 168 pages)

"Les rencontres méditerranéennes Albert Camus"

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Ce livre reprend les interventions effectuées aux Journées des 8 et 9 octobre 2004 au château de Lourmarin par l' "Association des Rencontres Méditerranéennes Albert Camus".

 

Le thème choisit cette année-là, pour ces XXIe Rencontres était "Albert Camus et l'Espagne", ouvrant un cycle sur les "Latinités" d'Albert Camus : Italie, Espagne et Amérique du Sud.

Camus ayant eu des liens de sang avec l'Espagne, c'est le premier pays qui a été choisi. Camus avait d'ailleurs dit lui-même : "Par le sang, l'Espagne est ma seconde patrie".

Il est bien rappelé dans l'introduction que les points qui seront évoqués seront ses origines "lévantines" et les influences reçues, présentes dans l'oeuvre de création de Camus (Carnets, Révolte dans les Asturies, L'Etat de Siège) et dans ses adaptations théâtrales : Calderon, Rojas et Lope de Vega. Ses articles de journaux feront également référence à une Espagne meurtrie, notamment dans ses prises de position pendant la "Guerre d'Espagne" puis pendant le "franquisme".

 

Albert Camus est le fils de Catalina (Catherine) Sintes (1882-1960) dont la famille est originaire de Ciudadela (Minorque), émigrée en Algérie comme beaucoup de famille au moment de la colonisation française, les troupes faisant escale à Minorque et donnant envie aux autochtones de les suivre avec l'espoir d'une vie meilleure, souligne Rosa de Diego lors de son intervention sur le thème "L'Espagne sur le coeur".

Son père Lucien Camus (1885-1914) ayant survécu seulement quelques mois après la naissance d'Albert Camus (1913-1960), l'entière éducation du futur écrivain s'est faite dans le contexte hispanique de sa mère et de sa grand-mère Catalina Maria (1857-1931).

 

Albert Camus n'est allé qu'une fois en Espagne et plus particulièrement à Minorque, en 1935, sur les traces familiales. Il n'y est pas retourné à cause du franquisme.

 

"La Dévotion à la Croix" de Calderon et "Le Chevalier d'Olmeda" de Lope de Vega sont deux oeuvres phares du théâtre classique espagnol que Camus a tenu à traduire et à représenter devant le public, marquant plus que jamais son amour pour le théâtre.

Dans son avant-propos au "Chevalier d'Olmeda", Camus rappelle que le théâtre espagnol du Siècle d'Or "donne la primauté à l'action et à la rapidité du mouvement". (P.43, intervention de Virginie Lupo).

 

Albert Camus a participé à la création collective de "Révolte dans les Asturies" début 1936, qui relate la grève révolutionnaire armée des Asturies, province du Nord-Ouest, en octobre 1934, suivie d'une terrible répression.

Christiane Chaulet Achour rappelle dans son intervention page 62/63 que "La pièce restitue le climat d'agitation, la misère paysanne et ouvrière qui sont à l'origine des troubles... La pièce comporte une répartition intéressante des personnages avec absence de premier rôle"... Camus et ses amis veulent marier efficacité et beauté. Ils veulent aussi associer le spectateur à l'action et faire de lui le bourreau et la victime potentiels de cette tragédie.

 

"L'Etat de Siège" (1948) se passe en Espagne mais n'aura pas le succès attendu malgré la présence d'Arthur Honegger pour la musique; Jean-Louis Barrault pour la mise en scène; Balthus pour le décor et les costumes; Pierre Bertin, Madeleine Renaud, Pierre Brasseur, Maria Casarès... pour l'interprétation. Le thème est celui de la peste qui sévit en Espagne.

 

Albert Camus a parlé du mythe de Don Juan régulièrement dans son oeuvre ce que développe longuement Laurence Viglieno dans son intervention, en faisant la nuance entre le "don Juanisme" (titre d'une sous-partie du Mythe de Sisyphe) et Don Juan. Ainsi dans "Le Mythe de Sisyphe", Camus dit " On ne comprend bien Don Juan qu'en se référant toujours à ce qu'il symbolise vulgairement : le séducteur ordinaire et l'homme à femmes. Il est un séducteur ordinaire".

 

Voici résumé à gros trait ce livre qui est une belle étude, complète, des rapports d'Albert Camus avec l'Espagne.

Le livre est sans doute difficile à trouver à présent mais si vous avez l'occasion de l'avoir entre les mains, lisez-le, vous approfondirez votre connaissance de l'écrivain.

 

Denis

 

 

 

Albert Camus et la Méditerranée (Edisud)
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 16:25
Citation d'Orhan Pamuk sur l'art d'écrire
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 17:04
Le lynx de Silvia Avallone (Liana Levi)

Le lynx de Silvia Avallone

(Liana Levi - Piccolo - 60 pages - inédit 2012)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : La Lince (2011 - Milan)

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J'avais été très impressionné par "D'Acier" de Silvia Avallone qui a été un de mes gros coups de coeur 2015. Et c'était l'occasion avec "Le Lynx" d'approfondir ma connaissance de la jeune oeuvre de Silvia Avallone (née en 1984).

Il s'agit ici d'une nouvelle de 60 pages. Il n'y a donc pas l'ampleur de son roman de plus de 400 pages. Mais on y retrouve l'essence de ses livres : décrire des personnages "perdus" dans une vie médiocre où il n'y a pas beaucoup de place à l'aventure. Des gens sans destin, enfermés dans leur tissu social et familial avec l'espoir toujours d'en sortir par tout moyen.

 

Piero s'est arrêté en pleine nuit sur une aire d'autoroute avec l'intention de braquer la caisse de la station-service. Mais en allant aux toilettes, il voit un jeune adolescent qui lui demande s'il peut lui prêter son téléphone portable. Quand Piero entend le jeune homme (Andrea) dire qu'il espère trouver une voiture pour rentrer chez lui, il se propose de le conduire à destination. Toutefois, il revient seul dans la station et dérobe la recette. Il dépose Andrea et rentre retrouver sa femmeet l'ambiance difficile de leur vie. Lui, a été plusieurs arrêté et envoyé en prison et elle survit comme elle peut car il n'a pas grand chose à lui proposer.

Piero décide de revoir Andrea et lui achète un téléphone portable. Mais l'adolescent ne le remercie même pas. Toutefois, comme omnubilé par lui, Piero revient le voir, l'emmène avec lui à la montagne. Toujours même ingratitude. Pourquoi s'acharner alors à se montrer complaisant avec Andréa alors que leur relation est également empreinte de violence !!

 

Une histoire simple racontée tout aussi simplement. On s'intéresse à la psychologie des personnages, au manque de leur vie et à leurs espoirs. On est vraiment, je le répète, dans l'esprit de "D'Acier". Décidément, Silvia Avallone est une très grande "sociologue" des paumés. Et on a hâte de lire ses prochains romans.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

 

Le lynx de Silvia Avallone (Liana Levi)
Ce livre s'inscrit hors thématique pour juillet, dans le cadre du challenge italien d'Eimelle.

Ce livre s'inscrit hors thématique pour juillet, dans le cadre du challenge italien d'Eimelle.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 09:48
Littérature nordique à l'honneur...

Comme j'ai plusieurs livres en attente de lecture du côté nordique, une région littéraire qui me passionne depuis de nombreuses années, ayant travaillé pendant une vingtaine d'anné avec des nordiques (finlandais et suédois).

 

Marjorie Liitérature a créé un challenge nordique et même si elle l'a noté pour 2016, "édition Scandinavie", dès lors où tous les pays dits "nordiques" y sont inclus, le challenge reste nordique pour 2016.

 

Voici sa présentation :

 

 

Le Challenge Nordique continue en 2016 pour une Edition Scandinave.

 

Les pays qui entrent dans le cadre du Challenge sont les pays scandinaves au sens large :

Danemark

Finlande

Norvège

Suède

Islande

Iles Féroé

 

Il s’agit de lire des livres écrits par des auteurs nés dans les pays précités, ou de livres dont l’action se passe dans l’un de ces pays.

J’accepte les romans, les BD, les livres jeunesse… Mais aussi tout ce qui concerne la culture de ces pays : nourriture, comptes rendus d’expositions, de visites de monuments, de week-ends passés là-bas, les bons plans, les lieux insolites, les jeux, l’Histoire, et la royauté des pays concernés.

Je n’impose pas de nombre de livres. Chacun en lit autant qu’il veut, l’essentiel est de s’amuser.

Il y aura aussi très certainement des marathons lectures, des lectures communes, et des pauses gourmandes selon des thématiques (pays, fêtes…).

Vous pouvez proposer des LC, par auteur ou par titre  :)

 

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Ainsi, n'hésitez pas à aller sur son blog pour vous inscrire et un groupe facebook a été également créé Challenge nordique.

 

Et puis, cerise sur le gateau, Cryssilda nous a concocté pour décembre, un "décembre nordique", avec les mêmes pays sauf les îles Feroe.

 

Là aussi allez sur le groupe pour vous y inscrire.

 

 

 

Bon été et bonnes lectures, nordiques ou non,

 

Denis

 

 

 
 
 
 
 
 

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 08:06
Citation de Marguerite Duras sur l'art d'écrire
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