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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 07:00

 

 

 

 

 

 

C'est avec ce Vieux-là que le chilien Luis Sepùlveda a fait une fracassante entrée littéraire en France.

 

Antonio José Bolivar Proano , le Vieux , a deux vies : l'une de chasseur de fauves dans la forêt amazonienne qu'il connaît comme sa poche.

L'autre de lecteur passionné de roman d'amour.

Entre ces deux activités délicates , son existence décrite d'une plume tendre est plus proche du conte ou de la légende que du roman traditionnel.

 

Antonio José Bolivar Proano savait lire, mais pas écrire.

Il parvenait toiut au plus à gribouiller son nom pour signer un papier officiel , par exemple au moment des élections , mais comme de tels événements

ne survenaient que fort sporadiquement , il avait le temps d'oublier.

Il lisait lentement en épelant les syllabes , les murmurant à mi-voix

 comme s'il dégustait et , quand il avait maîtrisé le mot entier ,

 il le répétait d'un trait.

Puis il faisait la même chose avec la phrase complète ,

 et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées

que contenaient les pages.

Quand un passage lui plaisait particulièrement , il le répétait

autant de fois qu'il l'estimait nécessaire pour découvrir

combien le langage humain pouvait aussi être beau.

Il lisait en s'aidant d'une loupe , laquelle venait en seconde position

 dans l'ordre de ses biens les plus chers. Juste après le dentier.

Il habitait une cabane en bambou d'environ dix mètres carrés meublée sommairement : le hamac de jute , la caisse de bière soutenant

 le réchaud à kérosène , et une table très haute , parce que ,

 le jour où il avait ressenti pour la première fois des douleurs

 dans le dos, il avait compris que les années commençaient

à lui tomber dessus et pris la décision de s'asseoir le moins possible.

Il avait donc construit cette table aux longs pieds dont il se servait pour manger debout et pour lire ses romans d'amour.

 

 

Extrait  " Le Vieux qui lisait des romans d'amour " traduit de l'espagnol

( Chili ) par françois Maspero.

Editions Métaillé , 1992

 

 

 

 

 

 

La vraie réussite de ce livre réside dans la simplicité de sa forme ,

la poésie de son écriture et ce tremblé de la passion naissante

d'un homme qui découvre la lecture comme source de vie ,

d'amour , de rêves.

Sont - ce les romans d'amour qui inventent l'amour ?

En tout cas , ils font battre le coeur du vieux chasseur. Et le nôtre.

 

 

***

 

( Source " Le goût de la lecture " )

 

 

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commentaires

Alice 16/07/2011 00:22



J'ai bien reçu votre carte qui m'a fait bien plaisir ; C'est à mon tour de partir en vacances .


A bientôt , à mon retour.


Bises. Alice



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