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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 21:36

 

Thérèse en mille morceaux de Lyonel Trouillot

(Babel - 115 pages - première édition Actes Sud - 2000)

 

Début du roman : "Un jour de mars 1962, Thérèse Décatrel prit l'autobus de l'aube et quitta la ville du Cap pour ne plus jamais y revenir. Pour tout bagage elle emportait son journal intime, et trois-cent vingt-neuf piastres et quatre-vingts centimes..."

 

On sait tout de suite de quoi parlera ce roman de Lyonel Trouillot qui se passe à Haïti, (Le Cap étant la ville "Le Cap-Haïti). Le personnage principal est Thérèse. Elle a 26 ans et s'ennuie dans sa vie. Elle est mariée à Jean. Elise, sa soeur, est traitée par elle de "pute" et a épousé un pharmacien, Jérôme.

Et survient une autre Thérèse, qui lui parle à l'oreille, qui la conseille.

Anna est entrée dans la vie de Jean et Thérèse lui annonce son intention de partir. Et l'auteur nous fait lire ses carnets remplis de tristesse sur sa vie et porteurs d'espoir pour elle aussi, car elle n veut pas s'enfermer dans la monotonie de sa vie.

Père alcoolique mort accidentellement, sans que l'on croit trop à cette version car une femme l'a rejeté violemment quand il a voulu abuser d'elle. Ce père qui buvait l'argent que lui faisaient gagner les ouvriers, mal payés, exploités, qui regardaient d'un mauvais oeil cet homme. Et Thèrèse a vécu tout cela, une jeunesse non dorée.

Et Jean, alors, lui, fait passer Thérèse pour folle afin qu'elle ne soit pas embêtée par la milice qu'il dirige !!!... Comment voulez-vous que cette femme, portée par la voix de son double de surcroît, n'ait pas envie de partir, pour vivre enfin, en toute liberté... loin des tracas de ce quotidien qui la "harcèle"...

Sa vie est en "mille morceaux", pour reprendre le titre très évocateur de cette vie qui doit "éclater" par tout moyen, dont celui de partir.

Comme toujours chez Lyonel Trouillot, la langue est magnifique, d'une poésie à couper le souffle. On ne peut qu'être sous le charme de ses mots et ses phrases.

Beaucoup de simplicité chez lui, une épure de la langue pour dire les choses.

Exemple page 58 : "Regarde, Thérèse. Ne prend pas tes yeux de petite fille de manuel de lecture expliquée, tes yeux de biche, tes yeux d'innocence barricadée derrière ta porte en bois de chêne, tes yeux de maintien, tes yeux de contrition facile puant la naphtaline. Ne prend pas tes yeux de cher papa mort, tes yeux de grand petit papa chevaucheur d'alezan, seigneur des plaines du Nord et bel homme s'il en fut. Demain nous irons voir le dernier des Hauts la Main - rappelle toi, Thérèse, le seul rustre que Mère a jamais reçu dans le grand salon et il nous contera la mort de Père. Car il n'est pas tombé de cheval". 

De très courts chapitres non numérotés, comme des morceaux de vie mis bout à bout pour recomposer Thérèse...

Un très, très beau livre qui se déguste au long de ses 115 pages...

Bonne lecture,

Denis

 

Et j'inscris ce roman dans le cadre du challenge "littérature francophone d'ailleurs", que j'anime :

 

Et pour aller plus loin avec cet auteur de très grande qualité littéraire :

Yanvalou pour Charlie que j'ai lu en 2010

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commentaires

valentyne 14/08/2013 13:14


coucou Denis


 


Je note les deux titres de cet auteur que tu recommandes ;-)


J'aime la poésie de cet auteur aussi ("la belle amour humaine" m'avait bien plu même si je n'ai pas trop aimé la fin, que je n'ai dû très bien comprendre d'ailleurs)


bonne journée  

DENIS 16/08/2013 20:44



j'aime beaucoup ce qu'il écrit et je continuerai à le lire c'est certain



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