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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 08:00

 

1ère PARTIE

 

 

1944 , 21 août

Au bout de cinq années de clandestinité, le journal , voix primordiale

de la Résistance , paraît au grand jour.

Pour un été de fleurs et de flammes.

 

 

 

numerisation0015-copie-1.jpg 

 

 

 

La feuille , imprimée recto verso , datée du 21 août 1944 ,

 porte fièrement le numéro 59, quatrième année.

" Il a fallu cinq années de lutte obstinée et silencieuse pour

qu'un journal né de l'esprit de résistance , publié sans interruption

à travers tous les dangers de la clandestinité , puisse paraître

enfin au grand jour dans un Paris libéré de sa honte ..."

" Au grand jour " ...Depuis l'avant -veille , la petite équipe

qui va faire Combat libéré est l'arme au pied.

La délégation du gouvernement provisoire d'Alger a fait attribuer

aux titres clandestins ( ils sont treize ) les imprimeries et bureaux

des quotidiens engloutis dans la collaboration.

" L'Humanité " est logé rue d'Enghien , dans les locaux du petit Parisien ,

 que le journal communiste partage avec " Le Parisien libéré " ;

Le populaire socialiste remplace Le Matin boulevard Poissonnière.

Quand aux quatre publications qui ont été la voix des mouvements

primordiaux de la Résistance :

Libération est installé dans les locaux de Paris - Soir , rue du Louvre ,

tandis que Défence de la France , Franc-Tireur et Combat

prennent possession , un étage chacun , de l'immeuble imposant

du 100 , rue Réaumur , fief du Parizer Zeitung.

Heures fiévreuses.

Après l'entrée de la Résistance à l'Hôtel de Ville et

 à la Préfecture de police , le feu vert est donné par alexandre Parodi , représentant du Général de Gaulle ; à la fin de l'après-midi du 21 août ,

 les rotatives sont autorisées à tourner.

A Combat , le titre était prêt depuis la veille , cinq colonnes à la une :

" L'insurrection fait triompher la république à Paris ".

Les jeunes crieurs de journaux affluent dans les escaliers avant

de s'en aller distribuer , à tous risques , dans les rues

et les banlieues et jusque sur les barricades,

au milieu des tirs sporadiques, les 180000 exemplaires que

Combat a été autorisé à produire.

Sur place , on jette avec bonheur , à pleines brassées,

des liasses de journaux par la fenêtre.

Simone de Beauvoir qui vient ce jour-là rue Réaumur en compagnie

de Jean - Paul Sartre , raconte dans " La Force de l'âge " :

 " Du haut en bas de l'immeuble , c'était un énorme désordre

et une énorme gaieté "

 

 

 

 

 

 

Cette équipe s'est forgée dans la clandestinité.

Pascal Pia en est le patron. Homme de culture et d'expérience ,

il a été avant la guerre dircteur de la rédaction d' Alger républicain ,

 où il a connu Albert camus, recruté par lui dès l'automne 1943

 et désormais rédacteur en chef.

S'adjoignent à eux Albert Ollivier , futur responsable de la télévision

au début de la V ième République , Jean Bloch - Michel , jeune avocat

 improvisé administrateur , et deux jeunes journalistes

Georges Altschuler et Marcel Gimont.

Si Combat s'est acquis d'emblée une place hors de pair ,

 et bientôt mythique, parmi cette presse débridée

des premières semaines , il le doit d'abord , chacun le ressent ,

au talent et à l'ardeur d'Albert Camus ,

à sa conviction que morale et réalisme peuvent faire bon ménage.

A peine trentenaire , il va très vite y élargir le prestige

que lui valent déjà la publication de " L'Etranger " et

du " Mythe de Sisyphe " et la création , toute récente ,

du " Malentendu " au théâtre.

Nul que lui ne s'est voulu fidèle à une certaine idée de la presse

 définie dans la clandestinité par les résistants.

" Nous n'aurions accompli , dit l'éditorial qu'il a rédigé au nom de l'équipe , qu'une infime partie de notre tâche si la république de demain se trouvait , comme la Troisième , sous la dépendance étroite de l'argent ...

 Le combat continue ..."

On rapporte que de Gaulle aurait dit un peu plus tard à Malraux :

" Ce sont des énergumènes , mais ils sont les seuls honnêtes. "

" De la Résistance à la Révolution " : cette formule de Léo Hamon ,

 dont le journal fait sa devise , est explicitée de la sorte

 dans l'article en forme de manifeste qui ,

écrit aussi par Camus , donne le ton.

Des " réformes de structures profondes s'imposent sans lesquelles

une politique de liberté est une duperie ,

avec la destruction impitoyable des trusts ...

Dans l'état actuel des choses, cela s'appelle la Révolution. "

 

 

A suivre ...

 

( Source Magazine L'Histoire - Décembre 2010 )

 

 

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commentaires

DAN 15/12/2010 08:46



Très intéressant article sur la presse et les hommes de cette époque.



FABIENNE 15/12/2010 21:53



Bonsoir Dan. Merci pour ton commentaire et c'est vrai que cet article est très intéressant. La suite très prochainement ...






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