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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 20:20

 

 

Les frères Karamazov de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (Omnibus)

Présenté et traduit du russe par Kyra Sanine

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Il fallait choisir une version et une traduction pour ce monument de la littérature mondiale et j'ai pris celle-ci car c'était celle qui était disponible à la bibliothèque. Il faut juste rappeler que André Markowicz a révolutionné la version française dans sa traduction pour Actes Sud.

Alors, c'est une vraie gageure de résumer en quelques phrases un texte de plus de 800 pages "serrées" dans la version Omnibus.

Très simplement, on pourrait dire qu'il y a un père : Fiodor Pavlovitch Karamazov, très peu sympathique voire complètement antipathique, très mauvais père, cupide... Et trois frères légitimes et un quatrième né d'une femme devenue folle et que Fiodor a confié à ses domestiques pour l'élever.

Trois frères donc : Dmitri (diminutif Mitia), l'aîné, en querelle avec son père pour l'héritage de sa mère que Fiodor a gardé pour lui seul. Et un montant de trois mille roubles aura toute sa "valeur" dans la suite du roman. Cet héritage sera une des clés du "parricide" dont il va être soupçonné plus tard; Ivan, tout comme Aliocha, est né d'une autre mère. Il est beaucoup plus raisonné que Dmitri et est progressiste, athée. Le plus jeune de ces frères "officiels" est Aliocha, très ancré dans la religion au point de vivre dans un monastère près du starets Zosime, sa "conscience", son "mentor".

Et le "batard" s'appelle Smerdiakov. Il est plutôt "voyou" et n'est guère aimé des trois frères. Le père s'en sert comme "domestiqu" et "homme à tout faire".

N'oublions pas quelques femmes qui ont toute leur importance dans ce "rapport de force" entre les Karamazov. Grouchenka est la maîtresse de Fiodor et de Dmitri, autrefois promise à un polonais qu'elle va retrouver pour le plus grand désarroi des Karamazov. Elle oscille entre l'un et l'autre et surtout se joue d'eux. Katarina Ivanovna est amoureuse de Dmitri mais elle n'est pas indifférente à Ivan qui lui montre de l'amour. Mme Khoklakhov et sa fille Lise ont un rôle moins important, sauf pour Aliocha car Lise lui dit l'aimer et il lui promet le mariage.

Tous les personnages principaux sont en scène. Zosime essaie de réconcilier la famille mais n'y parvient pas. Sa mort va troubler la ville entière et Aliocha en premier, d'autant que le statets lui a demandé de quitter le monastère après sa mort pour "vivre" une vie d'homme.

Le livre se tient sur une courte période et approfondit tous les dialogues, toutes les rencontres. Presque tous les dialogues sont "décalés", car on croit que les personnages vont aller dans un sens et ils vont dans une autre direction qui crée des tensions, des violences de paroles rudes, graves, qui laissent le lecteur amer. Là où l'on croit qu'une réconciliation pourra intervenir, le contraire se passe.

La folie, les délires, les pertes de conscience... sont présents constamment. Ivan a une fièvre qui le rend "fou" par exemple. Katerina a des crises également... Et puis, il y a le parricide, car c'est le thème central du livre. Dmitri est le coupable désigné, surtout qu'il a écrit une lettre en ce sens. Lors du procès et jusqu'au verdict, il va clamer son innocence. Smerdiakov pourrait être le meurtrier...

Parle-t-on encore de suspens aujourd'hui, car les classiques de la littérature n'ont généralement plus de secrets pour personne... Mais bon, j'y crois encore et toujours à l'innocence de Dmitri...

Albert Camus qui a adapté le roman au théâtre en 1938 préférait Ivan Karazamov aux autres personnages. C'est le personnage le plus "effacé" du roman. Autant honnête que Aliocha mais plus "discret", du moins c'est mon ressenti.

Ce chef d'oeuvre a inspiré nombre d'écrivains et de penseurs, dont Siegmund Freud (écrivant un article "Dostoïevski et le parricide"), Franz Kafka (touché par la haine vouée par les fils envers le père, qui le méritait bien compte tenu qu'il a "abandonné ses enfants pendant plusieurs années).

L'assassinat du père de l'écrivain par ses serfs serait pour quelque chose dans la genèse de ce livre.

Ce livre est d'une richesse absolue. D'une intelligence littéraire exceptionnelle, avec des digressions, des pensées profondes sur la religion, la politique et la littérature. Pouchkine est régulièrement cité.

Il faut de très longues heures de lecture, mais quel roman, quelle épopée russe...

 

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune initiée par "le blog des livres qui rêvent" (qui n'a pas encore publié son article) et "métaphore" (qui a abandonné sa lecture). Valentyne y a participé et a publié un superbe résumé. De même pour Ingannmic (Book'ing) et Nathalie. 

 

 

lc-sapristi-mais-tu-nas-jamais-lu-ce-livre.jpg

 

Bonne lecture, (c'était une relecture pour moi 40 ans après une première lecture "adolescente")

Denis

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

ingannmic 04/09/2013 14:39


Pas de problème, je note dans ce cas le 30 novembre !

DENIS 04/09/2013 18:24



moi aussi et annonce sur le blog de la LC



ingannmic 04/09/2013 13:14


Bonjour Denis,


Je reviens vers toi concernant la proposition que tu m'avais faite, d'organiser une LC autour de Crime et châtiment pour septembre / octobre


Pour septembre, cela me paraît un peu juste, mais si tu es toujours partant, on peut la programmer pour octobre (ou même plus tard, selon tes actuels projets de lecture)


Bonne journée

DENIS 04/09/2013 13:22



oui, c'est vrai que je voudrais relire aussi Crimes et Chatiments, mais je préfèrerais en effet par exemple le 30 novembre car je participe en octobre au "mois américain" et il faut le temps de
lire les presque 1000 pages du roman



Heide 05/02/2013 23:16


J'ai abandonné moi aussi en cours de lecture, par manque de temps. Mais ce n'est que partie remise car j'ai beaucoup aimé le début (j'ai lu environ 200 pages). Je reprendrai ce chef d'oeuvre
pendant les vacances d'été. Ton article montre bien la richesse exceptionnelle de cette oeuvre majeure de la littérature. Bravo d'avoir été jusqu'au bout de ta relecture !

DENIS 08/02/2013 18:56



c'est vrai qu'il prend beaucoup de temps à être lu


il fuat le lire dans un moment plus calme en effet



Anis 03/02/2013 10:10


Je l'ai lu très jeune et je ne m'en sousviens pas très bien.

DENIS 04/02/2013 17:11



cette relecture m'a été bénéfique car oui on oublie les détails d'une lecture



Métaphore 01/02/2013 11:59


Bravo, avec Missbouquinaix (Le blog des livres qui revent) nous n'avons pas reussi à la finir, c'est rare. Depuis le debut de mes lectures communes c'est la premiere fois. Elle ma tendu la perche
de l'abandon, et voilà:)


Quand je lis ton article, je me dis qu'il faut que je retente ma lecture. Ma libraire m'a dit de changer de traduction. Je prendrais plus le temps la prochaine fois, avec du soleil, l'ete sera
plus propice j'espere.


Encore bravo, quand je pense que tu l'as lu 2 fois!!!

DENIS 01/02/2013 20:01



oui Dostoïevski est le premier auteur russe que j'ai lu et depuis c'est une passion, étendue à la littérature russe plus généralement


alors, reprends ce livre tranquillement et tu verras ce sera un grand moment de littérature



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