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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 20:42

(Photo decitre.fr)

Les français de 1900 par Gabrielle Cadier-Rey

(Circonflexe - 1999 -

coédition France Info & Tallandier Historia - 160 pages)

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Un livre richement illustré de documents d'époque pour faire un panorama de la France au détour du 19e siècle et quelques années avant l'embrasement de l'Europe puis du monde.

Ce livre rentre dans ma thématique de l'avant "grande guerre", car il est toujours utile de "planter" le décor et de voir comment l'on vivait en 1900.

Et franchement, on a l'impression qu'il y a plus de 110 ans entre nos deux périodes, tellement la vie était différente.

En 1900, l'arrivée du métro à Paris se fait grâce à l'Exposition Universelle", car la France a voulu marquer ce virage vers le 20e siècle. Cette même année, à Paris également, ont lieu les Jeux Olympiques ressuscités par Pierre de Courbertin en 1896 à Athènes.

On en est aux essais ô combien périlleux de la naissance de l'aviation notamment avec le brésilien parisianisé Alberto Santos-Dumont. L'automobile est en train de naître mais les hippomobiles sont encore de rigueur dans les villes.

Alors, bien sûr, les bourgeois commencent à vivre comme nous aujourd'hui car l'électricité, le gaz, l'eau et le téléphone arrivent dans les habitations cossues.

Chez les pauvres, on meurt encore beaucoup à la naissance : exemple dans le Nord où la mortalité infantile est de 40% chez les ouvrières d'usine.

L'éducation est encore bien précaire. Dans l'enseignement secondaire, à partir de la sixième, on dénombre pour l'année 1901-1902, 163 000 élèves pour la France entière, avec 7 000 bacheliers par an !!!

On commence chez les ouvriers à dire "gagner son bifteck" plutôt que "gagner son pain", signe de progrès tout de même, car il y a des progrès techniques et de conditions de vie à noter malgré tout.

Apparaissent les premiers HBM (Habitations Bon Marché) aux portes de Paris, en brique rouge pour donner des logements plus décents aux ouvriers.

Les W.C. à l'anglaise sont un luxe et à défaut de tout-à-l'égout pour nombre de logements, les immeubles gardent leurs fosses daisance que les vidangeurs viennent plus ou moins régulièrement pomper, de préférence la nuit (page 45).

On est à 15 heures par jour pour les hommes et 10 heures pour les femmes et les enfants de moins de 18 ans (loi du 30 mars 1900), sachant que l'on travaille souvent dès l'âge de 11 ans. La loi sur les accidents de travail a été votée en 1898, signe que les choses avancent et se mettent en place pour améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière.

Les femmes ne sont pas l'égal des hommes, encore moins à cette époque où elles pourront voter à partir de 1907, mais seulement pour les élections des Prud'hommes. La femme passe de la tutelle de son père à celle de son époux à qui elle "doit obéissance" (article 213 du code civil).

Les grands magasins sont déjà arrivés, à commencer par le Bon Marché qui emploie alors plus de 2 000 employés car il faut bien servir la bourgeoisie.

On lit beaucoup les journaux : 46 quotidiens à Paris, une dizaine à Lyon, de toutes tendances politiques et le roman feuilleton est un incontournable pour faire vendre. Le "sang à la une" plait et fait vendre aussi. L'affaire Dreyfus bat encore son plein car elle ne sera terminée qu'en 1906. Le "j'accuse" de Zola est de 1898.

Les bains de mer sont encore bien peu prisés car on dit que les femmes qui se baignent sont "excentriques", sauf si elles disent que l'iode leur fait du bien et est prescrit par leur médecin.

Pour bien comprendre le côté face, la bourgeoisie, on a tout intérêt à lire entre autre "A la recherche du temps perdu" de Proust qui campe bien la vie mondaine de l'époque. Et pour la pauvreté, côté pile, les livres de Zola restent, pour une grande part, d'actualité même s'ils se passent sous le Second Empire.

 

Voilà quelques traits d'époque très bien présentés dans ce livre et qui donnent un véritable éclairage sur la vie en 1900 avant que ces "braves gens", pauvres pour la plupart aillent servir de chair à canon qui à Verdun, qui dans la Somme... pour le grand bien des hommes politiques qui n'ont pas su régler leurs conflits par la voie de la diplomatie...

 

Bonne lecture,

Denis

 

2e lecture dans le cadre de l'avant grande guerre, après le livre sur l'Alsace et la Lorraine entre 1870 et 1914

http://bonheurdelire.over-blog.com/article-quand-la-france-pleurait-l-alsace-lorraine-par-laurence-turetti-121138716.html

A présent, je suis fin prêt pour m'intéresser à Jaurès et l'archiduc, les deux grandes premières victimes de la future "grande guerre".

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commentaires

aimela 18/12/2013 14:02


Un livre de plus noté sur ma liste au père Noël  sinon, je l'achèterai . Merci Denis  :)

DENIS 19/12/2013 21:41



Intéressant pour avoir un panorama très complet de la France au début du 20e siècle



La tête dans les livres 16/12/2013 11:26


Ce livre a l'air très intéressant :)

DENIS 19/12/2013 21:45



Un excellent panorama de la France de cette époque



gambadou 15/12/2013 15:13


Intéressant effectivement de voir comment le peuple vivait avant d'analyser les guerres qui ont suivi. On oubli souvent cet aspect

DENIS 19/12/2013 21:50



Il faut toujours recadrer une action dans un contexte. Rien ne vient par hasard.



Anis 14/12/2013 13:34


C'est une période charnière vraiment pazssionnante faite de grands bouleversements.

DENIS 19/12/2013 21:52



Oui et lire sur cette période nous montre aussi combien le monde a si vite évolué au tournant de cette terrible guerre.



Maeve 13/12/2013 20:31


Je le note comme idée cadeau de Noël : ça m'a l'air intéressant !

DENIS 19/12/2013 21:52



oui très bonne idée



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