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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 20:58

 

La confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset (Pocket - 332 pages)

Première publication : 1836

 

Alfred de Musset (1810-1857) venait de sortir de sa liaison avec George Sand quand il écrivit ce texte autobiographique. Il rencontre George Sand le 19 juin 1833 lors d'un dîner et ils vont se quitter définitivement le 6 mars 1835. Un peu moins de dexu ans d'une aventure amoureuse tumultueuse dont Alfred de Musset tire ce livre en 1836, presque "à chaud", tandis que George Sand publiera "Elle et lui" en 1859, soit plus de vingt ans plus tard.

 

Octave, le héros de "la confession...", 19 ans lors au début du texte, raconte ainsi ses mésaventures sentimentales. Ce "mal du siècle" qu'il va nous présenter débute un soir dans un dîner, quand il s'aperçoit que sa maîtresse fait du pied à un de ses amis. Trahi, il demande réparation par un duel dont il sort blessé (au propre et au figuré). Il revoit sa maîtresse, se rend comtpe qu'il l'aime toujours mais la situation est compliquée et son ami Desgenais essaie e lui expliquer dans quel état d'esprit il est.

 

Page 33 : "J'ai à raconter à quelle occasion je fus pris d'abord de la maladie du siècle. // J'étais à table, à un grand souper, après une mascarade. Autour de moi mes amis richement costumés, de tous côtés de jeunes gens et des femmes, tous étincelants de beauté et de joie ; à droite et à gauche des mets exquis, des flacons, des lustres , des fleurs ; au-dessus de ma tête un orchestre bruyant, et en face de moi ma maîtresse, créature superbe que j'idôlatrais. (...) Comme je me retournais pour prendre une assiette, ma fourchette tomba. Je me baissai pour la ramasser, et, ne la trouvant pas d'abord, je soulevai la nappe pour voir où elle avait roulé. J'aperçus alors sous la table le pied de ma maîtresse qui était posé sur celui d'un jeune homme assis à côté d'elle ; leurs jambes étaient croisées et entrelacées, et ils les resserraient doucement de temps en temps".

 

Le drame "romantique" peut alors se mettre en marche. Octave va aller de déceptions en déceptions, d'abord avec Mme Levasseur, une amie de sa maîtresse qu'il va séduire et abandonner presque aussitôt, se disant qu'il n'est plus capable d'aimer.  Desgenais va l'entraîner dans le monde du libertinage et des aventures éphémères.

Et puis, il rencontre Béatrice Pierson, plus âgée que lui, qui va le repousser. Seulement Octave se rend compte qu'elle l'aime.

 

Elle lui écrit : 'page 169) "... Je suis plus vieille que vous de quelques années, et je vous demande de ne plus me revoir. Ce serait en vain que vous tenteriez d'oublier un moment de faiblesse ; ce qui s'est passé entre nous ne peut ni être une seconde fois ni s'oublier tout à fait. // Je ne vous quitte pas sans tristesse ; je fais une absence de quelques jours ; si, en revenant, je ne vous trouve plus au pays, je serai sensible à cette dernière marque de l'amitié et de l'estime que vous m'avez témoignées. - Brigitte Pierson".

 

Et telle la relation avec George Sand, celle entre Octave et Brigitte se révèle compliquée. Octave est suspicieux, essaie de savoir si elle lui est fidèle, surveille Smith qui va être l'amant de Brigitte, plusieurs preuves l'attestant.

Octave repousse alors de jours en jours le voyage qu'il doit faire en Italie avec Brigitte, pense même à la tuer... Musset met beaucoup de lui dans ces pages.

 

Page 282 : "Tandis que, du jour au lendemain, je remettais sans cesse ce départ, je perdais la force et le sommeil, et peu à peu, sans que je m'en aperçusse, toute la vie m'abandonnait. Lorsque je m'asseyais à table, je me sentais un mortel dégoût : la nuit, ces deux pâles visages, celui de Smith et de sa maîtresse, que j'observais tant que durait le jour, me poursuivaient dans des rêves affreux".

 

Ce récit est tout à fait dans l'esprit du romantisme apparu en France au début des années 1830. Musset s'inscrit en plein dans ce mouvement littéraire qu'il investit tout d'abord par le théâtre (Les caprices de Marianne, 1833 ; On ne badine pas avec l'amour, 1834 ; Lorenzaccio, 1835).

Une lecture inspirée par l'envie de relire cet auteur par un de ses écrits emblématique du romantisme. Alors, bien sûr, le ton par moments très lyrique peut paraître "daté", mais l'ensemble du récit s'avère lisible même 180 ans plus tard, à condition, bien sûr, de lire dans l'esprit de l'époque et non avec notre regard d'aujourd'hui.

 

Une très intéressant lecture pour revisiter un 19e siècle toujours aussi divers et passionnant.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Et cette lecture, bien que programmée avant la création du challenge, s'inscrit dans ce nouveau et passionnant "challenge du XIXe siècle" qu'a initié "Netherfield Park", un blog à quatre main comme bonheur de lire

 

Et comme ce blog s'intéresse autant à la littérature qu'au cinéma, je précise que "la confession d'un enfant du siècle" a fait l'objet d'une adaptation :

 

 

 

 

 

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Asphodèle 05/10/2013 18:49


J'aimais beaucoup Musset adolescente, mais de là à le relire...plus tard quand j'aurais épuisé la liste très looongue d'autres que je n'ai pas encore lus !

DENIS 05/10/2013 19:40



j'ai voulu le relire à l'occasion de ce challenge et comme je n'avais pas lu celui-ci !!!



Malika 20/09/2013 09:53


J'ai beaucoup aimé ce roman, il y parle avec intelligence, lucidité et sensibilité d'un mal être très touchant et d'un tournant de l'histoire compliquée à vivre pour la jeunesse en quête d'idéal.

DENIS 20/09/2013 21:04



un livre plus récit que roman d'ailleurs car on sent que c'est tout Musset qui est dans ce livre



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