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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 07:50

 

   

 

Epitaphe d'un chat

Petit museau, petites dents,

Yeux qui n'étaient point trop ardents,
Mais desquels la prunelle perse
Imitait la couleur diverse
Qu'on voit en cet arc pluvieux
Qui se courbe au travers des cieux ;
La tête à la taille pareille,
Le col grasset, courte l'oreille,
Et dessous un nez ébénin
Un petit mufle léonin,
Autour duquel était plantée
Une barbelette argentée,
Armant d'un petit poil follet
Son musequin damoiselet ;
La gorge douillette et mignonne,
la queue longue à la gueunonne,
Mouchetée diversement
D'un naturel bigarrement :
Tel fut Belaud la gente bête
Qui des pieds jusques à la tête,
De telle beauté fut pourvu
Que son pareil on n'a point vu.

Joachim du Bellay

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commentaires

claudie 08/11/2012 16:01


Bonjour

moi j'ai trouvé sur Facebook trois sonnets surgis de nulle part ailleurs, ni sur le Net sinon ni dans la Pléiade. Henri Suhamy les croit authentiques mais il est shakespearien et pas spécialiste
du XVIeme, alors qui ?

En tout cas si c'est un pastiche je ne vois qu'un génie comme l'habile Robert Rapilly ou le facétieux Louis Latourre pour avoir ce talent? Merci de me dire si vous trouvez un auteur ancien ou
moderne



I. Loing du propos ſans gouſt, loing du parler groſſier
Qui trop regna long-temps par le paÿs de France.
Loing des amuſemens, ſans ame, ſans ſcience,
Où mainct poëte hier cruſt bon de ſ'oublier.

Loing des diſcours oiſeux, des ſonges de papier,
Phebus de ſon grant art nous rend la conaiſſance.
Homere puis Petrarque y joignans leur puiſſance,
Noſtre langue à nouveau voit ſon ſoleil briller.

Un poëme aux accens ſçavament agencez
Prolonge la leſſon dez grans maiſtres paſſez.
De la Grece et de Rome il conſerve la marque.

Mais lors ſa plus grant gloire au royaume françois,
Son laurier qu'au jour d'huy le plus hauct je luy vois,
C'eſt de ſçavoir charmer ſon bien aymé monarque.




II. Qui veult conoiſtre vn homme aux mille courtiſans,
Doibt comme luy ſe faire amy de l'injuſtice,
Cherir la vanité, l'envie, l'avarice,
Et toutes les vertus communes aux puiſſans.

Qui veult conoiſtre pis, perfides, malfaiſans,
Des ſept pechez mortels toujours pronts au ſervice,
Il doibt entrer de Rome en la Tres-Haulte Lice
Y renconſtrer la Beſte et tous ſes partiſans.

Paſſant par tous degrez, ſous-diacre, diacre, preſtre,
Eveſque et archeveſque, il ſe preſente au Maiſtre
Avecque toge pourpre et galero bouffon :

Car la couleur icy change en vertu le vice.
Et l'apparat pompeux qu'on dict cardinalice
Deſguiſe la rougeur que meſt la honte au front.




III. Vous ſçachant trop, la nuict, ſous l'amoureuſe loy
Courir dissimulee où le Desir vous meine,
Je doubte ſi mon cueur doibt en reſſentir peine,
Ou s'éjouir plutost de voſtre peult de foy.

Car ſur ce champ celé dont vous payez l'octroy,
Scrupule ny regret ny honte ne vous freine.
Et vous tenez, ce ſemble, à vous imposer geſne
En affirmant le jour n'eſtre jamais qu'a moy.

LAURE, j'ay plain ſoupçon de vos eſbats nocturnes.
Mais quand de pleurs jaloux je remplirois cent urnes
Ils ſecheroient bien toſt ſous vos ardans ſoleils :

De la fidelite la chaiſne m'importune.
Nous ſommes loupve et loup que faict ſortir la lune ;
Commune liberté faict nos chemins pareils.


 


 


 

DENIS 08/11/2012 16:33



Je ne suis pas spécialiste de cette époque littéraire. Sur facebook, on lit ceci :


 


LES GRANDS INEDITS ET POEMES INTROUVABLES
JOACHIM DU BELLAY SONNET TOUT A FAIT INEDIT
tiré du recueil Les Soupirs d'Olivier de Magny (1555)


 


Laure me faisait penser à Pétrarque


Ces sonnets sont intéressants, merci de nous les faire partager



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