Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 16:10

 

Du mercure sous la langue de Sylvain Trudel (10/18 - 125 pages - 2005)

Première édition Canada : 2001

---------------

Ce livre a d'abord été une nouvelle, devenu roman sous ce titre.

Alors, ce texte ne peut être qu'un choc puisque c'est le récit autobiographique d'une fin de vie à seize ans. Frédéric Langlois vit ses derniers jours dans un hôpital de Montréal. Il écrit des poèmes qui parsèment le texte. Et à un moment, lui atteint d'un cancer de l'os de la hanche, dit être le poète Metastase. Alors, personne ne connaissant le personnage historique, son nouveau nom fait scandale ici, où tout est fait pour effacer la maladie, la cacher, faire semblant qu'elle n'existe pas.

Or Pietro Metastasio (1698-1782), dit Metastase, a bien existé. Il était librettiste et poète.

 

Frédéric voit sa famille, se fait des amis dotn Bruno qui va avoir plus de chance que lui puisqu'il va pouvoir sortir de l'hôpital. Marilou, poète à son heure aussi, devient aussi amie avec Frédéric. Lui qui n'a pas le temps d'être amoureux, trouve Marilou à son goût mais elle va être mutée dans un autre hôpital, et il ne la reverra pas.

Ce jeune homme est aigri contre la religion, contre la vie aussi et contre les bons sentiments. Il ne veut aucune pitié à son égard.

 

J'avoue que la manière de traiter le thème du livre ne m'a pas entièrement conquis. Surtout la fin, où la bible et la religion envahissent la narration sans rien apporter de très intéressant, sauf à comprendre que Frédéric n'attend rien de personne et encore moins des prêtres, même s'il imagine ce que peut être le prugatoire. Car son cynisme va jusqu'à écrire des lettres à remettre à sa famille pour les un an de sa mort, et dans l'une d'elle, il décrit le purgatoire tel qu'il le voit.

 

En résumé, pas de coup de coeur et des moments d'agacement.

 

Quelques extraits qui vous donnerons le ton du livre : (page 18) "(...) depuis un certain temps, je reçois toutes sortes de cadeaux inexplicables, du beau linge que j'userai pas, des Asterix et des Tintin que j'ai déjà lus cent fois, des trucs de luxe dont j'ai jamais même rêvé, comme un petit transistor qui se glisse sous l'oreiller, ou une lampe de poche miniature qui fait une vie dans la nuit ; et le facteur m'enterre de cartes de souhaits stéréotypés, achetées à la pharmacie entre les aspirines et les capotes, qui ont l'air de me crier adieu sous l'espoir imprimé en Ontario, et je pense que c'est un signe des temps".

 

Page 26 : "Depuis cette triste découverte médicale qui me perd sans retour, j'ai emménagé à l'hôpital où j'essaie tant bien que mal de me faire un petit chez-moi accueillant malgré la chaise roulante stationnée le long du mur et qui m'attend comme une limousine, prête à m'emmener vers de nouvelles aventures sans lendemain. Mais ça sera jamais la plus charmante des garçonnières ici, c'est entendu, et je dors dans un lit de métal froid..."

 

Page 54 : "Le lendemain, j'ai osé regarder Marilou dans les yeux pour lui dire : "Tu écris des poèmes mille fois meilleurs que moi." Elle a rougi, comme exaucée, et je me suis excusé d'avoir un coeur qui bat fort pour elle."

 

Page 76, le poème qui donne le titre du livre : "Je songe à un million de mystères, / du mercure sous la langue, / et je me demande : / si je croquais le thermomètre, / et si je buvais du mercurochrome, / verrais-je l'autre côté des mondes?"

 

On voit bien là tout le tragique du sujet et de la façon dont Frédéric le vit de l'intérieur. On comprend sa révolte, sa colère mais je n'ai pas pu être compatissant en me posant constamment la question : comment vivrais-je une telle situation? Et je n'ai pas la réponse évidemment. Sa lucidité devrait le conduire au suicide, pour arrêter tout cela et il réagit autrement avec la Bible en tête, semblant vouloir donner aux autres, des clés de vie...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre d'une lecture commune de Sylvain Trudel pour le challenge "Québec en septembre" chez Karine et Laurence

Québec en septembre 2013 -2

 

 

Et cette lecture s'inscrit également dans mon challenge

"Littérature francophone d'ailleurs"

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

lilas 22/09/2013 22:10


D'après ce que je lis, tu n'as pas été convaincu par ce roman, le sujet est semble t-il plutôt triste, je ne pense pas lire cet autre roman. Je lis en ce moment un recueil de nouvelles du même
auteur la mer de la tranquillité mais je ne suis pas aussi enthousiaste qu'à la lecture du  Souffle de l'harmattan. 

DENIS 23/09/2013 21:05



non pas convaincu dans la façon de le traiter surtout la fin avec ce mysticisme étonnant alors qu'il refuse un prêtre !!!



Heide 22/09/2013 18:37


Bon, je pense que je ne m'attarderai pas sur ce roman vu le sujet et vu ton agacement. Il y a tant de belles histoires, joyeuses ou tristes d'ailleurs, à découvrir.

DENIS 22/09/2013 19:56



je n'ai pas senti de style prenant, je me suis détaché de ce jeune homme qui d'ailleurs fait sans doute inconsciemment le vide autour de lui avant de mourir



Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

             

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***