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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:12
 
 
 
Chansons populaires de l'ère Showa de MURAKAMI Ryû
(Editions Philippe Picquier - 198 pages - Août 2011)
Traduit du japonais par Sylvain Cardonnel
Edition originale : Showa kaiyô daizenshuû (1994)
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Livre lu dans le cadre du challenge Ecrivains japonais 2013 proposé par Adalana sur son blog :
  
Pour ce 5e rendez-vous  en mai, l'auteur proposé est MURAKAMI Ryû.
L'auteur, né le 19 février 1952, est sans concessions dans ses romans. Il parle de violence, de sexe, de drogue... sans épargner ses lecteurs. On pourrait parler de langage "vrai".
Et ce roman rentre indubitablement dans ces récits que MURAKAMI Ryû souhaite mettre à notre "appréciation".
Ce roman est déjà ancien, puisque publié en 1994 au Japon et seulement traduit en France en 2011.
 
Je n'aime pas trop citer les 4e de couverture, mais cette fois-ci, je m'y soumets pour la dernière partie qui résume bien l'ambiance du roman : "Murakami a écrit une fable très noire, en forme d'un karaoké littéraire, jouant avec les références aux mangas, à la culture urbaine et aux chansons japonaises de la seconde moitié du XXe siècle. Un regard d'une lucidité effarante sur une société où seule l'intrusion de la violence donnerait sens à un monde voué à la solitude".
 
Tout est dit ici, pourrions-nous dire? Alors, il fait s'attacher à son fauteuil pour lire ce livre.
6 jeunes hommes se réunissent autour du karaoké, une de leurs passions et la chanson populaire les accompagne dans leurs soirées délirantes.
 
Un soir, l'un d'eux, Sugioka est particulièrement excité et à des pulsions sexuelles intenses qui le conduisent à suivre une femme dans la rue. Il s'approche d'elle mais il ne cherche pas à la violer, il lui plante un couteau dans la gorge, la laissant morte, là, dans la rue. Cette femme, c'est Yanagimoto Midori et son corps a été découvert par Henmi Midori, une amie.
 
Midori, même prénom pour cette amie, car en effet, elles faisaient toutes les deux partie d'une association de 6 femmes "les Midori".
 
Des femmes bien seules qui se rencontrent régulièrement.
 
Page 30 : "Les Midori n'étaient pas en manque de mecs, elles divorçaient, se remariaient, elles ne s'étaient jamais senties abandonnées. Elles n'étaient pas du genre à dépendre de qui que ce soit. Toutes les cinq vivaient très ordinairement, et sans doute parce qu'elles ne savaient pas se montrer affables ou réconfortantes, elles n'avaient pas beaucoup d'amis, et maintenant qu'elles avaient passé la trentaine, elles ne parvenaient à se faire que des amies qui leur ressemblaient".
 
Ces braves dames sans histoire souffrent de cette mort atroce et elles décident de se venger. L'assassin a laissé un indice : un badge gagné à un jeu et les rares vainqueurs notent leur nom. Ainsi, elles retrouvent Sugioki et décident de le tuer. C'est Iwata Midori qui s'attèle à cette tâche ingrate. A bord d'un scotter, elle s'approche du jeune homme et lui tranche également la gorge et s'enfuit. Une étudiante au visage déformé a vu l'assassinat et va en parler aux jeunes gens venus sur les lieux du crime.
 
On comprend alors que les deux clans vont tout faire pour s'exterminer les uns après les autres. Mais pour accélérer le mouvement et essayer d'en tuer plusieurs en même temps, il va falloir des armes plus sophistiquées...
 
Vous aurez compris que ce livre est souvent très difficile à lire, tant la tension est importante. Alors, bien sûr, ilf aut le lire au "second degré" et prendre de la hauteur par rapport aux excès de ces deux clans qui deviennent assoiffés de vengeance, de haine et de violence. Ils laissent tout de même souvent passer du temps entre deux "tueries".
 
Ce qui fait que le livre se lit tout de même avec envie de continuer, c'est que le style est excellent. On sent que l'auteur a travaillé son sujet et sans être un "thriller", le roman montre un suspens évident. Et c'est très bien écrit surtout. La littérature n'est pas toujous faite pour "séduire". Elle doit aussi savoir nous dire les travers de l'être humain, avec la même violence que celle qui est la sienne. C'est bien là un livre sans concessions. Ames sensibles, s'abstenir, oui, mais pas trop... car il ne faut pas non plus vivre en autruche sur sa planête bien "policée" quand la vie autour de soi est "chaotique". C'est pour moi, la grande leçon donnée par MURAKAMI Ruy, dans ce livre et dans son oeuvre plus généralement.
 
Merci à Adalana de nous offrir ces occasions d'approfondir nos connaissances de la littérature japonaise. Elle fera un récapitulatif des livres lus de cet auteur fin mai.
 
Et en juin, c'est le prix Nobel OE Kenzobue qui sera à l'honneur, un immense écrivain japonais, à lire impérativement.
 
Bonne lecture,
Denis

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Sharon 19/06/2013 20:22


J'ai failli le lire... j'en ai choisi deux autres. Je ne crois pas que j'aurai supporté cette violence.

DENIS 19/06/2013 20:33



la violence est en effet difficilement supportable par moments avec cet auteur



edea75 10/06/2013 21:46


ton billet me donne envie de découvrir également ce titre, j'ai été subjuguée par "miso soup", les bébés de la consigne m'attend et je pense que je lirais peu à peu toute la bibliographie
traduite de cet auteur car comme toi j'aime me confronter à la réalité aussi dure soit -elle.

DENIS 12/06/2013 12:16



je ferai de même aussi et miso soup a été très commenté dans ce mois Ryû


 



Anis 25/05/2013 13:56


Tu as tout à fait raison. j'avais beaucoup aimé Kyoko du même auteur mais roman beaucoup plus soft.

DENIS 25/05/2013 21:34



pas très soft dans l'exprit, c'est certain


cet auteur est de grande qualité assurément



Mind The Gap 23/05/2013 16:22


Hé bien ça ne me tente pas du tout...j'ai lu une seule fois un livre japonais et je l'ai  à l'époque beaucoup aimé : " je reviendrai avec la pluie".

DENIS 23/05/2013 18:12



Ce livre est vraiment "spécial" mais la littérature japonaise mérite d'être connue


 



Heide 22/05/2013 10:45


Ta critique est très intéressante et je suis d'accord pour dire que la littérature n'est pas toujours faite pour séduire ou pour se distraire. Visiblement, ce roman invite à la réflexion et
j'aime bien cette idée de devoir prendre de la hauteur pour tirer profit d'une telle lecture. Pour ce challenge, j'ai choisi, Love and pop, mais j'ai eu beaucoup de mal à choisir en
comparant les synopsis. Celui-ci n'y était pas, mais je le lirai dès que possible.

DENIS 23/05/2013 18:15



Je n'ai pas lu "love and pop", mais je pense que cet auteur est à approfondir car il nous fait réfléchir sur le monde "violent" dans lequel nous vivons



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