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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:30


CARPENTARIE  d'Alexis Wright (Editions Actes Sud - collection "Antipodes" - 510 pages - Septembre 2009) Titre original : Carpentaria - 2006 traduit de l'anglais (Australie) par Pierre Furlan


                                             




Alexis Wright (qui est une femme australienne d'origine aborigène) a eu un réel succès dans son pays, puisque "Carpentaria" a été récompensé par de nombreux prix dont la plus prestigieuse récompense le "Miles Franklin Literary Award en 2007.





Un peu de géographie, car Carpentarie est le nom d'un golfe tout au nord de l'Australie. Je vous renvoie à Wikipedia pour en savoir plus sur ce golfe
Le livre se passe ainsi dans l'atmosphère exceptionnelle des aborigènes et des blancs qui cohabitent là-haut, loin de la "civilisation".

                              

Autre point avant d'aller plus avant dans l'univers d'Alexis Wright : c'est le rappel de la
définition d'aborigène : "Les Aborigènes d'Australie sont les premiers humains connus pour en avoir peuplé la partie continentale. Ils constituent, avec les indigènes du Détroit de Torres, la population autochtone de l'État océanien. Le mot commun aborigène désigne plus généralement celui dont les ancêtres sont les premiers habitants connus de sa terre natale" (Wikipedia).

Quant à Alexis Wright, elle est née en 1950 et est membre du peuple waanji, établi sur les plateaux au sud du golfe de Carpentarie.
Elle a publié plusieurs romans chez Actes Sud depuis "les plaines de l'espoir" en 1999.

C'est dire, qu'après avoir dressé le contexte de ce roman, il faut s'immerger dans l'écriture et le monde de l'auteur. Et là, pour moi, les qualificatifs sont difficiles à trouver tellement ce livre m'a emporté pendant de longues heures dans ce golfe, que j'ai l'impression d'y être encore et de n'y être pas encore rentré.

Norm Phantom, le pêcheur amoureux de la mer, est le personnage principal, avec sa famille et vit à Desperance, le quartier des aborigènes.
Tout d'abord il y a son épouse Angel Day, qui vit de petits riens et de récupération dans les poubelles de ceux des "beaux quartiers" (les blancs de Pricklebush). Et il y a ses enfants comme Will, qui vit souvent avec Mozzie Fishman, le "prophète aborigène des temps nouveaux".

Quant à Elias, il est arrivé de "nulle part", s'est installé à Desperance, puis a disparu. Il est retrouvé mort par Will mais Norm veut qu'il soit jeté à la mer, loin de là. Alors, il part en bâteau avec Elias à son bord et va lui donner une belle sépulture "dans la mer".
MAis dans ce livre, la nature joue un rôle essentiel, dont le temps et ses méfaits est très présent : cyclone, pluies violentes, chaleur humide... qui a une influence non négligeable dans la vie des australiens du golfe.

Norm va vivre alors une sorte de "voyage d'Ulysse", se perdant, retrouvant par hasard son petit fils Bala, le fils de Will et rentrant finalement dans un Desperance dévasté par un cyclone...

Le conflit entre blancs et aborigène plane aussi tout au long du livre avec en apothéose la destruction de la mine "des blancs"...

Tout ne peut pas être dit, car on résume pas un livre foisonnant comme celui-ci.

L'écriture est fascinante car elle prend la "respiration aborigène", avec la magie des images, des rêves qui sont parfois des  "hallucinations". On ne lit jamais de tels livres dans nos proses "occidentales". C'est aussi pour cela qu'il faut absolument lire ce livre, qui n'aura peut-être, hélas, pas le même succès qu'en Australie.

Marc de Gouvenain qui dirige la collection "Antipodes" chez Actes Sud ne peut qu'être salué pour le travail qu'il fait pour nous faire découvrir cette littérature du bout du monde.

                                                    

Ce livre ne se lit pas en un jour, car il mérite d'être "dégusté". L'intrigue n'est pas compliquée mais la langue et la musique des mots demandent ce temps de lecture étalée sur quelques semaines.

J'espère vivement que cet article sur "Carpentarie" amènera quelques lecteurs pour ce livre merveilleux et envoûtant.

Bonne lecture

Denis

 P.S. : J'avais publié cet article lors de la rentrée littéraire 2009 et je le remets en ligne aujourd'hui dans le cadre  d'un challenge, qui est plutôt une "bibliothèque" de la littérature féminine des 5 continents initiée par Anis du blog "littérature au féminin" (ce sera une source inépuisable d'auteurs du monde entier à découvrir, d'où notre intention à Fabienne et à moi d'y participer régulièrement, au fur et à mesure de nos coups de coeur) :                                                            


Femmes du mondel ogo                                                                       

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commentaires

Anis 13/03/2011 21:16



Vous m'avez tellement donné envie de le lire que je l'ai d'ores et déjà commandé !


Je suis vraiment ravie de partager ces lectures avec vous deux !



Anis 06/03/2011 21:44



Effectivement, cette auteure m'avait vraiment attirée lors de mes recherches. Ce que je te propose pour qu'il apparaisse dans le challenge autour du monde , c'est que tu le rafraîchisse, tu
copies-colles, et le fais passer en relecture daté d'aujourd'hui ou demain et tu mets le logo du challenge, la petite image. A ce moment-là tu me préviens. Je pense que grâce à toi , nous allons
faire de merveilleuses découvertes. Tu as beaucoup de culture et tout le monde va pouvoir en profiter. Merci encore de nous avoir rejoints..



DENIS 07/03/2011 21:54



je le ferai dans la semaine ou au pire le week-end prochain



Pink.Canary 03/02/2010 10:49


J'avais beaucoup aimé "Les plaines de l'espoir" du même auteur, aussi, je terminerai peut être le challenge 1% par celui çi car j'hésite quant au dernier livre! Mais je n'en suis qu'à 3/7 pour
l'instant. "Le pacte du serpent arc en ciel" a aussi enrichi ma liste de livres à lire mais hors challenge, ou bien en anglais!!


DENIS ET FABIENNE 05/02/2010 21:27


ce livre de Wright m'a énormément plu car on est dépaysé et elle sait nous restituer l'ambiance aborigène avec la poésie de la vie
j'ai à lire "les plaines de l'espoir" que j'espère lire bientôt


Gweltas Belbeoc'h 20/11/2009 10:38


Merci beaucoup !

Voici quelque chose que j'apprend. Et j'adore apprendre.


Gweltas Belbeoc'h 20/11/2009 09:45


Merci bien de votre rapidité mais cela ne m'aide pas à comprendre qui a fait cette photo, ce qu'elle représente et surtout pourquoi le photographe l'a-t-il faite ?

Par ailleurs, même question pour vous : pourqu'elles raisons l'avez vous choisie pour illustrer votre article ?
Quel rapport entre le fond de votre écrit et ce cliché ?

Merci d'avance. et voici mon blog : http//sub-rosa.over-blog.com/


DENIS ET FABIENNE 20/11/2009 09:54



Avec la fin de la saison sèche en Australie, revient l’époque des morning glory clouds. On le voit sur le cliché ci-dessus, ce sont des nuages en
forme de tube. Ils peuvent atteindre un kilomètre de haut et mille de long.


Cette bande de nuages se déplace dans le golfe de Carpentarie à la vitesse de 60 kilomètres par heure, à la grande joie des deltaplanes et des
surfeurs-parachutistes.


Le phénomène reste encore partiellement inexpliqué. Les morning glory clouds naissent dans la péninsule de York, lieu aux conditions de pression
atmosphérique particulières où les brises marines du golfe et de l’océan convergent vers les terres.


Le refroidissement de l’air chaud et humide génère, en altitude, une bande de nuages le long de cette péninsule, ce qui explique que le tube puisse avoir une
longueur de 1000 km.  Les différentes conditions de refroidissement expliquent la formation de nuages dans de minces couloirs parallèles.


La bande de nuage se déplace comme une onde solitaire sur une grande distance sans se déformer et en gardant ses caractéristiques. La nuit, la brise venue
des terres pousse ces rouleaux de nuages vers le sud-ouest, le long du golfe de Carpentarie. Lorsque l’air est assez stable au dessus du golfe, la bande de nuage ne se délite pas et au petit
matin et ces nuages spectaculaires sont visibles. D’où leur nom de morning glory clouds.


Le phénomène des tubes de nuages est appelé soliton. C’est le même qui est en jeu lorsque des mascarets ou des
vagues scélérates s’abattent sur des navires.



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