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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:00


Cinquante ans après sa mort, Camus fait toujours tourner le fonds Gallimard


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L
e 4 janvier 1960, Albert Camus disparaissait dans un accident de voiture. Pour les éditions Gallimard, il s'agit d'"une histoire symbolique très lourde", rappelle Yvon Girard, adjoint d'Antoine Gallimard à la direction éditoriale : Michel Gallimard, neveu du fondateur de la maison et proche ami du Prix Nobel de littérature, à ses côtés dans la voiture, mourra cinq jours plus tard.

Cinquante ans après, cette double disparition reste un traumatisme, mais cet anniversaire permet de faire vivre l'oeuvre de l'écrivain. Et dans l'avalanche des titres liés à l'actualité Camus (une trentaine), Gallimard se taille toujours la part du lion, non pas tant par l'importance des nouveaux titres publiés que par sa capacité à redéployer le fonds. "C'est le plaisir du ressassement", commente Yvon Girard.

Albert Camus est, de loin, le premier auteur "poche" de la maison. Depuis 1972, date de leur première exploitation en Folio, les trois titres les plus connus de l'écrivain, L'Etranger, La Peste et La Chute, se sont vendus respectivement à 6,6 millions, 3,6 millions et 1,25 million d'exemplaires. L'Etranger, qui est prescrit dans les collèges, s'écoule à 180 000 exemplaires par an. Le titre a été traduit en 56 langues.

L'exemple de Camus illustre parfaitement la particularité de Gallimard au sein de l'édition française : une maison qui réalise 60 % de son chiffre d'affaires grâce à son fonds. "Les occasions médiatiques sont de plus en plus nombreuses, mais il faut savoir les saisir", souligne Yvon Girard.
 Gallimard s'est mis en ordre de marche dès mars 2009.
 Louis Chevalier, responsable de Folio (collection qui comprend 29 titres de Camus), a proposé de publier séparément
La Mort heureuse (176 p., 5,60 €), le premier roman de l'écrivain.
A côté de la biographie de référence d'Olivier Todd, parue d'abord chez Gallimard puis reprise en Folio, la maison publie en outre cette année, en "Folio Biographie", Albert Camus, de Virgil Tanase (416 p., 8,20 €), destiné à un public plus large.
La nouvelle publication des oeuvres complètes en "Pléiade", soit quatre volumes dont le premier est paru en 2006, s'est aussi achevée au printemps 2009.
Enfin, pour les amateurs de beaux livres, Gallimard a réédité
La Postérité du soleil (80 p., 22,50 €), grand format paru initialement en 1965 grâce à René Char,
 avec 30 photos d'Henriette Grindat.

 

Par son occupation méthodique du terrain, Gallimard laisse peu d'espace à ses concurrents, qui ne peuvent grappiller que quelques miettes du gâteau éditorial.
Biographe réputé, Alain Vircondelet s'y est pourtant essayé : il propose, chez Fayard, Albert Camus, fils d'Alger (680 p., 19,90 €), une nouvelle biographie de l'écrivain où l'accent est mis sur la terre natale du Prix Nobel.
C'est aussi le choix retenu par Stéphane Babey, dans Camus, une passion algérienne (Koutoubia, 192 p., 24 €), et par José Lenzini avec Camus et l'Algérie (Edisud, 160 p., 18 €).
 Ce dernier publie aussi chez Actes Sud Les derniers jours de la vie d'Albert Camus.

Pour se distinguer au sein de la très abondante actualité Camus, le choix de beaucoup de petits éditeurs consiste à traiter un aspect jusqu'à présent ignoré, voire périphérique, de la vie de l'auteur, quitte à le monter en épingle.
 Lou Marin, issu du mouvement anarchiste non-violent, s'est ainsi intéressé à la postérité d'Albert Camus chez les libertaires, avec deux titres publiés chez de petits éditeurs : Albert Camus et les libertaires (1948-1960), aux éditions Egrégores (366 p., 15 €), et Camus et sa critique libertaire de la violence, à paraître en février chez Indigène éditions.
Toujours dans cette petite maison d'édition reparaît une version revue et corrigée de Camus et l'Inde, de Sharad Chandra (240 p., 22 €).

L'autre moyen de se démarquer consiste par exemple à intégrer l'oeuvre de Camus dans une collection déjà réputée. C'est le choix opéré par "Bouquins", qui propose un Dictionnaire Albert Camus (992 p., 30 €), sous la direction de Jean - yves Guérin.
On se reportera avec intérêt à l'entrée "Gallimard", où l'on apprend que Jean Paulhan, achevant de lire le manuscrit de L'Etranger, écrit dans son rapport qu'il faut "prendre le livre sans hésiter".
Le texte paraîtra en mai 1942, avec la postérité qu'on lui connaît.

 

                       Alain Beuve-Méry             

( Article paru dans l'édition du 15.01.10 - Le Monde )

 

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commentaires

L

Albert Camus s est tué au volant d une Facel Vega, la voiture de Gallimard. Sans intérets me direz vous, certes, mais elle fut construite a peu d exemplaires.
Equipée d un moteur Chrysler et d une boite Pont a Mousson, cette belle francaise n avait que sa ligne pour séduire ce qui n est pas suffisant. Sa tenue de route et sa fiabilité devait beaucoup
compter sur le hasard, pour se tirer d affaire en cas de difficulté.
Bonne journée Latil


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