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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 08:30








Camus ne devait pas languir à Alger. Très vite , il profita des interruptions et des aléas d'une carrière de journaliste " engagé " ( à Alger Républicain , où il plaida passionnément pour les Arabes déracinés et privés de patrie , prêchant vingt ans à l'avance en faveur d'une intégration qui ne fut accordée que lorqu'il était devenu trop tard , puis à Paris - Soir ) pour parcourir une Europe dont les secrets le hantaient.

Faits aux moindres frais , ses pélérinages européens confirmèrent l'attachement invincible qu'il éprouvait déjà pour la beauté du monde.
Dans Prague baroque du Hrad , comme dans l'Italie de la renaissance , le jeune Camus jouit de cette identification presque charnelle du corps et de l'univers qui fait le prix de ses meilleures pages.
Pour parler des toits dorés du vieux Prague , des lilas de Séville , des jardins Boboli ou du petit cloître San - Francisco à Palma , l'auteur de " NOCES " devait trouver des accents oubliés depuis Barrès à Gide.
Il venait de découvrir dans l'Art une école de vie , un gage de liberté , qui fait du créateur l'égal de Dieu.
Camus devait beaucoup aux peintres du Quattrocento , ces " romanciers du corps ".
A ses yeux , les oliviers de Fiesole l'emportent en noblesse sur ceux du Sahel , car ils ont été contemplés par les premiers artistes d'Europe , un Giotto , un Fra Angelico.
Aussi, grâce à ces derniers , sont-ils assurés de ne pas mourrir. Par l'intermédiaire des artistes , la beauté du monde continue. " C'est qu'ils travaillent dans cette matière magnifique et futile qui s'appelle le présent. "

Dernière étape : Paris et la métropole , Camus les découvrit aux pires heures de notre histoire , sous l'éclairage sinistre de la guerre.
A vingt-six ans , il avait reçu le " conseil " de quitter Alger : le journaliste qui osait écrire qu'il avait vu à Tizi - Ouzou " des enfants en loques disputer à des chiens le contenu d'une poubelle " n'avait pas sa place dans l'Algérie de la bonne conscience coloniale.
Secrétaire de rédaction à Paris - Soir , il se réfugiait à Lyon au lendemain de l'armistice et découvrait l'insondable tristesse des villes tentaculaires que le soleil ne déride point.
Puis, il revenait à Paris où Malraux l'avait introduit chez Gallimard , lequel publiait en 1942 , " L'ETRANGER " et " LE MYTHE DE SISYPHE ".
Vite , il plongeait dans la Résistance ( au côté de René Leynaud , fusillé l'été 1944 ) , et se retrouvait dans Paris libéré , au marbre de COMBAT , à côté d'amis tels que Pascal Pia , Roger Grenier , Albert Ollivier et Jacques Lemarchand.




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Albert Camus avec l’équipe du journal Combat en août 1944 © René Saint-Paul / Rue des Archives



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Désormais , sa marche vers la gloire allait s'accélérer : cet automne 1944 ,
Gérard Philipe incarnait CALIGULA ; trois ans plus tard , c'était le triomphe de la PESTE ; dix ans après , LE PRIX NOBEL ...



                 



Affiche de CALIGULA  jouée au Théâtre Hebertot

                                                  
( Source livre des Prix NOBEL 1957 )

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