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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 19:09

 

A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (Pléiade - tome 1 - 1003 pages)

Edition de 1954, préfacée par André Maurois

et établie, annotée par Pierre Clarac et André Ferré

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Pour information, une autre édition de l'oeuvre a été publiée en 4 tomes sous la direction de  Jean-Yves Tadié avec un appareil critique beaucoup plus fourni

de 1987 à 1989.

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Ainsi, dans l'édtion de 1954, le tome 1 reprend  :

 

DU COTE DE CHEZ SWANN :

. Combray

. Un amour de Swann

. Noms de pays : le nom

 

A L'OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS

. Autour de Mme Swann

. Noms de pays : le pays

 

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Comme je l'avais annoncé le 8 juillet dernier dans mon article "lecture de Proust", j'ai entrepris sur un an "A la recherche du temps perdu", en lisant 10 pages par jour, ainsi les 1 000 pages m'ont permis de finir ce premier tome ces jours-ci.

 

Alors, n'utilisons pas la langue de bois, il y a des longueurs infinies, des détours sans nombres, avec certaines phrases interminables qui ont fait le "succès" de Proust.

Oui, certains matins, lire 10 pages de Pléiade très serrées, il faut l'accepter. C'est un vrai marathon sur la durée.

 

Mais, si vous lisez des textes autour de ce "livre-monument", vous verrez que les "proustophiles" ne peuvent plus s'en passer. Et les vrais amateurs vont toujours avoir "A la recherche..." à portée de main, et en lire quelques pages au hasard. Car dans la durée, c'est là que l'on aime vraiment Proust.

Proust, c'est un poète de la vie et du temps. Il a basé son travail sur cela : les souvenirs, l'observation du monde dans lequel il a vécu... On s'attache à Proust et je pense vraiment que je deviendrai proustophile quand j'aurais lu la dernière phrase du temps retrouvé, qui bouclera le livre et le travail de Proust sur le temps.

 

Le premier des sept volumes qui compose "A la recherche du temps perdu" s'intitule "Du côté de chez Swann".

Et l'action (si on peut employer ce terme pour Proust, car on est loin des livres "page-turner", ou alors oui mais avec lenteur pour en savourer chaque mot, chaque phrase), se passe à Combray. Lieu de l'enfance pour une grande part.

 

Alors, oui, c'est là que l'on a cette fameuse phrase qui ouvre le bal : "Longtemps...".

Mais la suite on ne la cite pratiquement jamais : "Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : "Je m'endors". Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François 1er et de Charles-Quint".

 

Et bien oui, c'est du Proust, ne l'oubliez pas. Et en lisant ce livre j'ai eu l'image du "bateau ivre" d'Arthur Rimbaud. Pour moi, "A la recherche..." est un immense poème "ivre de mots"

 

Ce premier tome fait aussi apparaitre la fameuse "madeleine" de Proust.

Page 46 (de ma version) : "Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul".

 

Le fil de la pelotte est tiré et à partir de ce souvenir, tout Combray, toute l'enfance revient à l'esprit du narrateur, qui n'est autre que Proust, bien sûr.

A Combray, il y avait les sorties du côté de chez Swann et celles du côté de Guermantes. Là, donc dans ce volume, on est dans l'univers des Swann. Un monsieur Swann parfois ennuyeux que l'on n'a pas trop envie de voir venir à la maison de tante Léonie. Car Proust est souvent féroce, ironique avec ses personnages. Il ne fait pas dans la "tendresse" quand il a envie d'être mordant. Oui, de temps en temps, on rit dans ce livre.

 

Après Combray, "un amour de Swann", nous mène à Paris où le cher Swann, jeune homme, avait le béguin pour Odette. Il en était amoureux, la voyait autant de fois qu'il le pouvait, même quand on ne l'invite plus chez les uns ou chez les autres, notamment lors d'un pique-nique organisé par les Verdurin avec Gilberte, sans lui. Et alors, quelle jalousie !!! Toujour à l'épier, s'assurer qu'un homme qui vient chez elle n'est pas un amant, notamment ce Forcheville.

 

Le deuxième tome débute "autour de Mme Swann". Ainsi, Gilberte est devenue l'épouse de M. Swann. Gilberte est leur fille et elle plait beaucoup au narrateur qui en fait une amie. Il aime aller se promener aux champs-Elysées et la retrouver dans le parc, accompagné de Françoise, l'employée de tante Léonie venue s'installer chez eux après la mort de la tante. Et puis il se fait inviter chez les Swann pour être encore plus prêt de Gilberte. Malgré cela, son amour pour elle s'enfuit...

 

Ce volume se referme sur une longue partie qui se passe intégralement à Balbec où le narrateur allait avec sa grand-mère et Françoise, l'employée, l'été.

Vous aurez compris que Proust se joue du temps et que d'une partie à l'autre, on entre dans un nouvel univers et une autre époque, jamais datée.

Ces jeunes filles en fleurs, ce sont de belles demoiselles que le narrateur a remarqué à la plage, à l'hôtel, dans les rues... Et il remarque plus particulièrement Albertine.

 

La révélation arrive page 712 : "Pour les belles filles qui passaient, du jour où j'avais su que leurs joues pouvaient être embrassées, j'étais devenu curieux de leur âme. Et l'univers m'avait paru plus intéressant".

 

Ses vacances prennent alors un autre tour. Il va traquer les regards des jeunes femmes, trouver le moyen de leur parler et d'approcher grâce à un peintre notamment cette belle Albertine qui le fascine. Il va oser essayer de l'embrasser quand elle est seule dans sa chambre... !!!

 

Roman d'apprentissage aussi. Cette "recherche" est une encyclopédie "vivante" avec le charme du piano et de la sonate de M. Vinteuil ; la beauté de la littérature avec M. Bergotte ; la peinture, celle d'Elstir...

 

Quelle richesse cette recherche, et je n'en suis qu'au tiers. Début novembre, je reprends mon bâton de pèlerin sur les chemins de M. Proust, qui, sans mener à Compostelle nous entraînent à Paris, Combray et Balbec... Et le prochain, justement m'emmènera du côté de Guermantes et à Sodome et Gomorrhe !!!

 

Bonne lecture de ce joyau littéraire, dont on parlerait pendant des pages et des pages, à la manière de Proust, car on finit par ne plus lire de la même façon après avoir été rompu au style charmeur de Proust qui nous conduit où l'on ne voulait pas forcément aller. On est dans un délectable labyrinthe, dont on cherche la clé du "temps" pour nous en sortir... Mais le "temps retrouvé" est encore loin pour moi... Patience...

 

Denis

 

Comme ce volume fait plus de  600 pages, il s'inscrit in extremis, dans le challenge "Le pavé de l'été", organisé par Brize

 

 

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commentaires

Valentyne 16/10/2013 14:37


je n'ai jamais osé me lancer dans ce "monument" mais tu sais être convaincant (notamment le paragraphe où tu parles de "immense poème ivre de mots" ;-))


 

DENIS 20/10/2013 20:44



c'est ce que je pense, on s'enivre de mots avec Proust, il lui faut dix pages pour dire une action qui serait écrite en 30 lignes par certains auteurs et 10 pages par jour c'est du bonheur



Brize 15/10/2013 12:38


Bravo pour ce projet et pour ta persévérance, qui t'a permis t'atteindre ce premier objectif !


J'aime beaucoup ta méthode : je devrais en prendre de la graine, moi qui n'ai lu que le premier tome de la Recherche, il y a maintenant plus de 20 ans.

DENIS 15/10/2013 20:10



c'est une méthode efficace et qui est agréable pour prendre le temps de lire un tel "pavé"



Malika 15/10/2013 10:50


Comme tu donnes envie de s'y replonger !! Je garde un très bon souvenir de mes lectures plus jeune, j'ai pourtant tenté de le relire il y a peu et mon esprit n'a pas su se concentrer assez ...
j'y reviendrai, c'est certain !

DENIS 15/10/2013 20:11



prends ce principe de 10 pages par jour et tu auras hâte le lendemain de reprendre le livre pour replonger dans ce texte



Dominique 15/10/2013 10:37


Je l'ai lu en totalité à deux reprises (il faut dire que je ne suis pas une jeune jeune) mais aujourd'hui mon plaisir comme vous le dites très bien c'est de revenir à certaines parties ou même
certains passages en particulier le premier et le dernier tome de la recherche


J'ai pour ma part fait le choix d'acheter les volumes dans la collection blanche car je les trouve plus confortables pour la lecture


mais ma meilleure découverte c'est vraiment les livres audio chez Thélème et en particuler toutes les parties lu par André Dussolier et Guilluame Gallienne qui sont de purs moments de bonheur

DENIS 15/10/2013 20:14



excellente idée de le lire ensuite en audio (des heures de lecture)



Lou 14/10/2013 21:54


Ce n'est pas mal cette idée de lire 10 p par jour, car je n'ai toujours pas réussi à lire Proust faute de temps et par manque de concentration... tu me donnes assez envie de m'y mettre !

DENIS 15/10/2013 20:18



oui tu verras et 1 000 en 100 jours cela passe très bien


je repars le 1er novembre avec la suite (environ 110 pages) pour finir vers la mi-juin, presque un an



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