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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 17:45

                          
                            De HANS CHRISTIAN ANDERSEN

 


                      




                                          Hans Christian Andersen sculpture,
                                    Central Park, Manhattan




J'ai lu cette petite histoire et c'est de tout coeur que je vous la fait partager !


Je vais raconter une histoire sur le bonheur. Nous connaissons tous le bonheur : certains le voient des années durant , d'autres , seulement certaines années , un jour par- ci , un jour par - là , il y a même des gens qui ne le voient qu'une seule fois de leur vie , mais pour le voir , nous le voyons tous.
Et je n'ai pas besoin de raconter , car tout le monde le sait , que Notre- Seigneur envoie un petit enfant et le dépose dans le sein d'une mère - que ce soit dans le riche château et dans la maison confortable ou aussi en plein champ où souffle le vent glacé.Toutefois , tout le monde ne sait probablement pas , et c'est certain tout de même , que Notre- Seigneur , en apportant l'enfant , lui apporte aussi un porte- bonheur , mais celui-ci n'est pas posé ouvertement à côté ; il est posé quelque part dans le monde , là où l'on ne penserait surtout pas le trouver , et , cependant , il existe toujours. c'est cela qui me réjouissait. Il peut être déposé dans une pomme. Ce fut le cas pour un savant qui s'appelait Newton : la pomme tomba et il trouva son bonheur.
Si tu ne connais pas cette histoire , demande à ceux qui la connaissent de la raconter.
J'en ai une autre à te dire , et c'est une histoire de poire.
Il y avait un pauvre homme qui était né dans la misère , qui avait grandi dans la misère et dans la misère s'était marié. Pour le reste , il était tourneur de son métier , il tournait en particulier des manches de parapluie et des anneaux de parapluie. Mais il n'était guère à l'aise.
" Je ne trouverai jamais le bonheur ! " disait-il.
C'est vraiment une histoire vécue , on peut mentionner le pays et l'endroit où cet homme habitait , mais ça n'a pas d'importance.
Les sorbes rouges et âpres faisaient la plus somptueuse parure autour de sa maison et de son jardin. Il y avait aussi dans celui- ci un poirier mais il ne donnait pas une seule poire , et pourtant , le bonheur était dans ce poirier , dans ces poires invisibles.
Une nuit , le vent fit une tempête épouvantable. On disait dans les journaux que la grosse diligence avait ét soulevée de la route et projetée comme un chiffon. Certainement qu'alors une grosse branche de poirier pouvait bien être cassée.
Cete branche fut déposée dans l'atelier , et l'homme en fit , par plaisanterie , avec son tour , une grosse poire , puis une grosse encore , sur ce , une plus petite et , ensuite , quelques toutes petites.
" Il fallait tout de même bien qu'un jour cet arbre donne des poires " , dit l'homme , et il les donna aux enfants pour jouer.
Dans un pays humide , un parapluie fait évidemment partie des nécessités de la  vie.
La maison tout entière n'en avait qu'un pour l'usage général. Si le vent soufflait trop fort , le parapluie se retounait , il cassa même deux ou trois fois , mais l'homme le remettait aussitôt en état.
Le plus agaçant cependant , c'était que le bouton qui devait tout tenir quand on le refermait sautait trop souvent , ou bien l'anneau qui l'entourait se brisait.
Un jour , le bouton sauta. L'homme le chercha par terre et s'empara d'une des plus petites poires qu'il avait faites au tour , une de celles qu'on avait données aux enfants pour jouer.
" Pas moyen de trouver le bouton , dit l'homme , mais cette petite chose doit bien pouvoir rendre le même service ! " Et il perça un trou dedans , passa un cordon dedans et la petite poire s'adapta , comme il faut à l'anneau brisé. En vérité , c'était la meilleure fermeture que le parapluie ait jamais eue.
Quand l'année suivante , l'homme dut envoyer des manches de parapluie à la capitale où il faisait ce genre de livraisons , il envoya aussi quelques-unes des petites poires de bois faites au tour , encerclées d'un demi-anneau , demandant qu'on les essaie , et elles arrivèrent de la sorte en Amérique. On remarqua bientôt que la petite poire tenait bien mieux que tout autre bouton , et l'on demanda au marchand que tous les parapluies qui suivraient ferment au moyen d'une petite poire.
Eh bien , il y eut fort à faire! Des poires par milliers! Des poires de bois à tous les parapluies!
L'homme dut s'y employer. Il tournait , tournait.
Le poirier tout entier passa dans ces petites poires de bois! Cela donna des skillings , cela donna des rixdales!
" Mon bonheur était dans ce poirier !" dit l'homme.
Il eut alors un grand atelier avec compagnons et apprentis. Il était toujours de bonne humeur et disait : " Le bonheur peut se trouver dans un bout de bois!"

C'est aussi ce que je dis , moi qui raconte cette histoire.
On a ce dicton : Mets-toi une baguette blanche dans la bouche et tu seras invisible! Mais il faut alors que ce soit le bon bout de bois , celui qui nous est donné comme porte-bonheur par Notre - Seigneur.
Moi , je l'ai eu et je peux aussi , comme cet homme , avoir de l'or sonnant , de l'or scintillant , le meilleur , celui qui scintille dans les yeux d'enfant , celui qui sonne dans une bouche d'enfant , et dans celle de son père et de sa mère également.
Ils lisent ces histoires , et je suis au milieu de la pièce , auprès d'eux , mais invisible , car j'ai la baguette blanche dans la bouche.
Si je sens alors qu'ils sont contents de ce que je raconte , eh bien , alors je dis , moi aussi : " Le bonheur peut se trouver dans un bout de bois!"



                          
Cette histoire est extraite de ce livre :








                                                         Portrait de Hans Christian ANDERSEN






                                                 1805-1875 Nationalité danoise.
                                                    (lieu de naissance : Odense)




BIOGRAPHIE



Hans Christian Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense. Après la mort de son père en 1816 et le remariage de sa mère, il partit seul et
presque sans ressources à Copenhague (1819) pour y chercher fortune. Mais ce fut, au départ tout du moins, un échec. En 1822, grâce à
l'intérêt d'un directeur de théâtre, Jonas Collin, il obtint une bourse qui lui permit de suivre des études régulières. Son baccalauréat passé, il
commença à publier, à partir de 1830. La jeune réputation d'Andersen lui procura, grâce à l'appui de Jonas Collin, une bourse de voyage.
En 1833 et 1834, il visite la France et l'Italie. De retour dans son pays, Andersen publie, en 1835, le premier fascicule des
Contes racontés
aux enfants
. Ce recueil connaît un grand succès, il sera suivi d'un autre presque chaque année
(comme par exemple La Petite Sirène,
La Petite Fille aux allumettes, Poucette, Le Vilain Petit Canard, La reine des Neiges). Devenu célèbre, Andersen partagera son
temps entre les voyages et les séjours auprès d'amis influents. Il écrit ainsi des récits de voyages (Reflet d'un voyage dans la Harz,
1831), des pièces de théâtre (Amour sur la tour de Saint-Nicolas), des poèmes (Fantaisies et esquisses, 1831), des romans (L'Improvisateur,
1835 ; Les Deux baronnes, 1848).
L'œuvre essentielle d'Andersen, qui lui valut la célébrité mondiale, est constituée par ses contes. S'inspirant des récits populaires,
empruntant ses personnages et ses intrigues à la légende, à l'histoire ou à la vie quotidienne, il écrivit 164 contes, dont les quatre premiers furent
publiés en 1835. Destinés aux enfants, ils s'adressent aussi aux adultes par leur imagination poétique et surtout par le sens moral ou philosophique qui se cache derrière l'anecdote.





                                                     FABIENNE

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commentaires

E
Superbe article et super conte! Je partage tout à fait cette vision du bonheur, de la poire qui existe quelque part, de la baguette magique que l'on porte en nous.J'ai lu aussi un livre de Philippe DELERM sur le bonheur. J'en parle sur mon autre blog : http://place-aux-bonheurs.over-blog.com/.Merci à Denis pour sa visite sur mon blog.Je pourrais parler aussi de l'Egypte et de l'impresion d'éternité que j'ai ressenti sur le Nil.Bonne journée à tous les deux,Brigitte 
Répondre
P
pour moi le bonheur c'est : mes enfants et mes petits enfants...puis aussi, plus simplement, d'ouvrir les yeux tous les matins!!!...(enfin, entre 10 et 11h...) bref, le bonheur est simple !!! 
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D

Merci phyll, pour moi le bonheur est partout,  et comme tu le dis si bien, le bonheur est simple saus que certains se compliquent la vie et ne le trouvent pas!!!
Amitiés, fabienne


P
bonsoir fabiennec'est une bien belle histoire qui nous amène à réfléchir.Merci de nous la faire partagerje t'embrassePAT
Répondre
D

 merci PAT , j'ai beaucoup aimé cette histoire d'Andersen , d'où l'envie de vous la faire partager!
Amitiés, fabienne


C
Je corus dans le bois.. ce soir.. promis.. Je te ramènerai un morceau de bonheur. clem
Répondre
D

 merci à toi chère clem, je te reconnais bien là! Bisous, fabienne


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