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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 13:00











Entre le XVIIe et le XIXe siècle , les chats et l'attitude que l'homme a envers eux deviennent un thème littéraire. En écho au poème du XIIIe siècle où une femme attaquait en justice le meurtrier de son chat , la satire de l'époque moderne s'empare de l'engouement nouveau pour le chat , en l'exagérant et en le parodiant.
Lorque Jean Vauquelin de La Fresnaye ( 1536 -1606 ) compare l'amitié à deux petits chats , dont il décrit longuement les jeux et les embrassements attendrissants , c'est pour mieux détruire ce tableau idyllique en jetant entre eux une friandise qui transforme les caresses en combat.

                                      Jean Vauquelin de La Fresnaye


Dans ses " REGRETS FACETIEUX " , Thomassin ( 1632 ) nous livre la harangue d'une certaine Dame Fleur qui pleure la mort de son chat Mitoüart et déclare avoir eu moins de peine à la mort de son mari. Dame Fleur décrit les mille passe-temps que lui offrait son chat , exalte ses vertus et sa modération : bon chasseur , il gardait les dépenses sans toucher aux provisions , mais était aussi le compagnon qui lui chauffait les pieds en hiver. Tous le chérissaient et aucun chat , fût-ce ceux d'Italie, d'Espagne ou de Syrie , ne pouvait lui être comparé.

C'est encore sur le mode de la parodie qu' Isaac de Benserade ( 1613 - 1691 ) écrit un sonnet dans lequel Moricaut, chat de Mme Deshoulières qui l'avait fait castrer , se plaint de ses plaisirs perdus.

                
Portrait anonyme, 1674, musée du Château de Versailles



L'amour moqué des chats inspire aussi les peintres : le thème de la " Bouillie du chat " donne lieu à un tableau de l'école de Vincenzo Campi ( 1536 - 1591 ) où des paysans nourrissent un chat emmailloté.
Une légende explicite accompagne une gravure qui représente une scène similaire :      " Est -il quelque mélancolie / qui vaille celle de ce fou / qui veut donner de la bouillie / à ce ridicule matou./ Mais je trouve encore plus sotte / l'extravagance de Margot / qui l'embéguine et l'emmaillote / plus étroitement qu'un fagot. "
Une gravure inspirée de Boucher montre également un chat emmailloté tenu avec tendresse par deux femmes.
Une autre emprunte à Watteau , le thème du chat malade qu'un médecin examine sous l'oeil inquiet de sa maîtresse.
Les amateurs de chats eux-mêmes adopteront longtemps un ton moqueur pour vanter les mérites de leur animal. Il est vrai que la " littérature féline " se place d'emblée sous le signe de la polémique entre les gens d'esprit : Les " Chats "de Paradis de Moncrif , premier ouvrage consacré exclusivement à l'apologie de ces animaux , parut d'abord anonymement et valut à son auteur des moqueries acérées.


                 
                                                     François-Augustin Paradis de Moncrif ...
                                                 
                                                                        Paradis de Moncrif


 Vanter les mérites de son chat ou pleurer sa mort semble avoir été une véritable mode dans les milieux proches de Paradis de Moncrif , qui a rassemblé lui-même bon nombre d'exemples de ce genre de productions de circonstances : ainsi  de Mme Deshoulières un poème sur la mort d'un des chats , une correspondance entre Grisette et Tata , chat de Mme de Montglat , puis entre Grisette et Cochon , chien du maréchal de Vivonne auquel elle finit par accorder son coeur.


         

( MADAME DESHOULIERES, née Du Ligier de La Garde (1638/1694). Mariée à Guilhaume Deshoulières, officier aux armées de Condé, elle est très cultivée, parle plusieurs langues. Grâce au salon qu'elle tient à Paris, elle fréquente les plus grands esprits de son temps. Très appréciée, elle est éditée de nombreuses fois et Voltaire la considère comme une des plus grandes poétesses françaises. )


Les ouvrages pratiques qui s'intéressent aux chiens, aux chats ou autres bêtes , se situent aussi durablement dans un registre parodique et plaisant , tout en traduisant à leur façon la faveur dans laquelle sont désormais tenus les animaux domestiques.
Les auteurs qui s'essaient à ce genre littéraire cherchent peut-être ainsi à prévenir, par la légèreté de leur ton , les attaques de leurs détracteurs.
Le Traité complet sur l'éducation physique et morale des chats suivi de l'art de guérir les maladies de cet animal domestique paraît en 1828 dans la " Petite Bibliothèque utile et amusante ".
L'auteur , Alexandre Martin , se cache avec humour sous le pseudonyme de " Catherine Bernard , portière " et observe que le commerce des chats " devient de jour en jour plus reconnu à Paris " où ces animaux commencent à jouir des égards qu'on a pour eux au Levant. Tenant compte de cette situation nouvelle, son traité propose de donner des conseils de tout ordre : choix d'un chat ou d'une chatte , nourriture , éducation, castration , opération de la queue , maladie et même empaillage de l' "objet aimé ".
La même année est publié le Traité raisonné sur l'éducation du chat domestique : écrit sous le pseudonyme de Raton , il se présente sous la forme d'un recueil de lettres adressées à la supérieure du couvent des Visitandines.


A suivre ...

Fabienne

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commentaires

noisette27 01/03/2009 17:20

amusant ton article sur les chats. Une qui me donnerait envie de la lire c'est la femme que tu nommes deshoulières. J'aime bien tout ce qui touche à ces dames qui tenaient des salons littéraires, celà devait être sympa et par contre très mordant.. c'est grâce à des salons comme ça que lkes écrivains se faisaient connaitre.
POur en revenir au cht andré malraux aimait beaucoup aussi les chats; il a signé beaucoup de petits mots à joseette clotis d'un chat

DENIS ET FABIENNE 01/03/2009 21:21


 merci pour cette info concernant Malraux et les chats! Bientôt la suite à cette article, et je pense qu'il y aura un 3è volet!
Donc, à suivre ... Amitiés, fabienne


Armide 22/02/2009 21:54

Et dire que certains d'entre nous mangent du lapin !!!
Mes enfants petits, nous avions adoptés des cochons d'Inde. Ils me saluaient dès le réveil de leurs squick-squick-squick et attendaient avec impatience mon retour du marché (ils avaient appris à reconnaître le bruit de la feuilla d'emballage des légumes.

Schlabaya 22/02/2009 20:13

Sympa cet article, j'aime beaucoup les chats... Beaucoup d'écrivains les aiment aussi. Ne pouvant pas en avoir, je me suis rabattue sur un lapinou, mignon aussi !

DENIS ET FABIENNE 23/02/2009 11:40


 Merci pour ton commentaire Schlabaya , cela fait plaisir de savoir que l'article publié a plu!
Tout comme toi, comme mon mari ne veut pas de chat à la maison, nous avons un lapin nain surnomé TIPIE , c''est à mon fils !
Bonne journée, Fabienne


clem 22/02/2009 18:48

Et sur la Blogosphère, il y a Fabienne qui nous raconte les histoires des gens célèbres et de leurs chats. Elle raconte si bien que l'article sur la blogosphère ressemble à la douceur d'un châton.
bisous
clem

DENIS ET FABIENNE 23/02/2009 11:46


 Alors là ,je rougis !!! merci pour ta gentillesse , clem!
Bonne journée, fabienne


TAILLE-CRAYON 22/02/2009 18:06

Petit coucou de fin de week end du "fou" du taille-crayon.... enfin fou... pas tant que cela.. ce petit objet et tout de même u objet de souvenirs d'école....
blog trés sympa je reviendrais....

lorent et ses taille-crayon...

DENIS ET FABIENNE 22/02/2009 20:51


Coucou Laurent ! A l'occasion laisse -moi tes coordonnées car j'ai quelques taille-crayons sympas que j'aimerais t'offrir et qui se feraient une joie de rejoindre ta collection!
Merci d'être passé sur mon blog! Amitiés du 76, fabienne


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