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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 15:08








































































 J'aime beaucoup ce style d'images victoriennes pleines de douceur, de pureté et de romantisme .
 J'en profite  , par la même occasion pour remonter dans l'histoire et me plonger dans ce qu'était la littérature  et le roman de cette époque victorienne .

La littérature victorienne, conditionnée par le climat de l’époque, reçoit son empreinte profonde des forces intellectuelles nouvelles. La prose domine, propice à l’exposé des problèmes religieux et des controverses que pose la pensée scientifique face à l’idéalisme. Mill (1806-1873) représente, en l’assouplissant, l’utilitarisme ; Darwin (1809-1882) l’évolutionnisme dont l’influence est la plus féconde du siècle. La géologie nie que la création du monde date de quatre mille ans. Herbert Spencer (1820-1903) édifie une histoire génétique de l’univers, ambitieuse mais moins efficace que l’œuvre de cet admirable décanteur d’idées qu’est Thomas Henry Huxley (1825-1895), biologiste, théologien, pédagogue. L’histoire garde des liens avec le romantisme de Walter Scott, mais s’oriente vers l’interprétation sociale et économique avec Thomas Babington Macaulay (1800-1859) et philosophique aussi avec Henry Thomas Buckle (1821-1862), disciple de Comte. La critique, appliquée à la société, la pensée religieuse, la littérature trouvent en Matthew Arnold (1822-1888) un esprit nourri de classicisme et élargi par le cosmopolitisme, l’influence de Goethe et de Sainte-Beuve. Thomas Carlyle (1795-1881), correspondant de Goethe, se fait le propagateur d’un germanisme qui imprègne sa doctrine du héros et son style, riche de fulgurations prophétiques et d’effets à la Rembrandt. En contraste complet, Newman (1801-1890) représente, par les voies de la logique et d’une intuition toute bergsonienne, une dialectique subtile, personnelle dans son admirable autobiographie Apologia pro vita sua  (1869), générale dans son Essay on the Development of Christian Doctrine  : 1845, date de sa conversion au catholicisme, donc de la victoire du mouvement d’Oxford. Ruskin (1819-1900) prépare le triomphe de l’esthétisme par sa défense de Turner et des préraphaélites et son propre style somptueux, mais sa philosophie de l’art est plus gênée qu’enrichie par son généreux prophétisme social moralisant.




Le roman victorien, patronné par la bourgeoisie, doit sa variété, sa vitalité et son originalité aux forces vives des artisans consciencieux et des génies qui lui assurent un triomphe autochtone incontestable mais non pas international. Le conformisme et l’isolationnisme retardent longtemps le plein épanouissement des méthodes réalistes pratiquées sur le continent. Dickens (1812-1870), réformateur efficace des tares sociales, frère des humbles, crée par son imagination et son humour des personnages qui ont le relief d’un Falstaff ou d’un Hamlet  : il est le génie le plus national que l’Angleterre ait produit avec Shakespeare. Autour de lui gravitent quantité de talents qui exploitent le "  roman social  " pour dénoncer l’industrialisme et le machinisme  : Benjamin Disraeli (1804-1881), observateur des "  deux nations  ", surtout de l’aristocratie en raison de ses fonctions de ministre  ; Charles Kingsley (1819-1875), fondateur de la "  Muscular Christianity  ", doctrine d’action issue de Carlyle  ; Mrs.  Gaskell (1810-1865), qui a pris avec la grande misère des villes un contact direct encore qu’insuffisant quant aux conditions économiques. Charlotte Brontë (1816-1855) a sa place ici par Shirley   (1849), mais Jane Eyre   (1847), autobiographie transposée, par sa passion maîtrisée transcende son époque. Sa sœur Emily (1818-1848) porte à son point d’incandescence les élans mystiques d’un amour dont la mort est l’assouvissement fatal  ; Les Hauts de Hurlevent   (Wuthering Heights  , 1847), malgré ses attaches avec le romantisme, est une très grande œuvre intemporelle. Thackeray (1811-1863) met en pratique un réalisme rival de celui de Dickens, mais visant un autre objectif  : la dissection swiftienne du snobisme dans une société dont il accepte la structure, ce que nous offre son chef-d’œuvre Vanity Fair   (1847-1848). Bien qu’il se réclame de la franchise de Fielding, il ne réussit pas à l’incorporer dans Pendennis  , qui aurait pu être un vrai Bildungsroman.   Le réalisme, prenant conscience de lui-même, favorise les interventions directes, les professions de foi chez Thackeray, Anthony Trollope, George Eliot et George Meredith. Anthony Trollope (1815-1882) est un romancier régionaliste et un peintre du clergé, admirable artisan et artiste dont la cote a grandi depuis la dernière guerre. George Eliot (Mary Anne Evans, 1819-1880) domine tout le roman victorien par son génie philosophique et les exigences de son réalisme psychologique au bénéfice des humbles  ; pour elle, le roman est "  élargissement de nos sympathies humaines  ", idéal pleinement accompli dans ses chefs-d’œuvre  : Adam Bede   (1859), Le Moulin sur la Floss   (The Mill on the Floss  , 1860) et Middlemarch   (1871-1872), ce dernier considéré par certains critiques comme le plus grand des romans anglais.


Au fil du siècle, le roman en reflète fidèlement les tendances  ; le victorianisme, dans ses institutions religieuses et familiales, est attaqué de front par Butler dans son grand roman "  séminal  ", Ainsi va toute chair   (The Way of All Flesh,   1903), et dans son culte du machinisme par le biais du roman d’anticipation, précurseur de la science-fiction, Erewhon   (1872). Le socialisme communisant nous offre l’antithèse  : le roman rétrospectif moyenâgeux de William Morris, Nouvelles de nulle part   (News from Nowhere  , 1891). L’exotisme est une inspiration centrale chez Stevenson  ; exploité par l’art du génial conteur qu’est Kipling, il se met au service de l’impérialisme. C’est une très riche variété d’exotisme, mais dans le temps, que réalise le grand critique et esthète, disciple de Platon et de Hegel, Walter Pater, avec Marius the Epicurean   (1885, 1892). George Gissing fait violence à ses goûts d’érudit et applique un réalisme relativement audacieux aux questions sociales, au féminisme dans Femmes en trop   (The Odd Women,   1893), annonçant l’ère des "  suffragettes  ". La poésie et la philosophie, dans l’inspiration et dans la technique, imprègnent les œuvres romantiques de Meredith (1828-1909), y compris leur sommet, The Egoist   (1879), et celles de Thomas Hardy (1840-1928) qui donne à ses évocations régionalistes des dimensions épiques, ainsi dans Tess d’Urberville   (Tess of the D’Urbervilles  , 1891).







Fabienne

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commentaires

C
tres belles ces images ou les trouves tu a bientot
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D

 merci à toi claudine . je les ai trouvées sur le net , tu mets " images victoriennes " et rechercher .
A bientôt, bon week-end, fabienne


E
Merci pour ce post qui parle d'une époque que j'affectionne tout particulièrement qu'elle soit littéraire ou de style. J'aime utiliser des chromos découpis dans mes créations car ils sont empreints de beaucoup de douceur. Belle journée
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D

Je suis allée voir ton blog et j'étais sous le charme de tes créations, l'horloge est magnifique en plus avec des cartes postales anciennes comme je les aime!
A bientôt , amitiés du 76, fabienne


P
merci fabienne pour cet article ô combien complet, précis et important pour les passionnés de lecture.
ce que j'aime sur votre blog c'est le savoir que l'on en retire !
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D

 Bonsoir Pat ,  Que d'éloges , alors là je rougis !!! Je mets tout mon coeur dans la réalistion de mes
articles et comme j'aime bien aller au fond des choses , j'essaie dans la mesure de mes possibilités d'être la plus complète possible! Je suis comme ça! amitiés, fabienne


P
Je t' ai attribué un prix que tu trouveras sur mon blog. bises !
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D

Merci pet'tfee , cela me va droit au coeur  et j'en profite pour te dire que je t'ai dédié une page sur les fées sur mon blog. EN ce samedi 10/01 , tu fêtes tes 13 ans , alors de tout coeur ,
nous te souhaitons un joyeux anniversaire ! Gros gros bisous de nous tous ! fabienne


O
Bonjour Fabienne et Denis,

les petites images de l' époque victoriennes sont mignonnes.

Charles Dickens, écrivain anglais, montre un autre côté de cet âge dans ces romans:
abus d' enfants, saleté dans les villes, manque d' hygiène, inégalité et injustice de toutes formes ...

Je vous souhaite un agréable vendredi,
Olivia-Eva
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D

Bonsoir Olivia-Eva et merci pour ton commentaire qui m'a fait grand plaisir . J'aime beaucoup ce style d'images victoriennes et en ce qui concerne Charles Dickens , je devrais lire un livre de lui
prochainement car le fait d'avoir revu Oliver Twist à la TV , début janvier , j'ai eu envie de lire quelquechose de lui .J'hésite entre Nicolas Nickleby ou Un chant de Noël...
Amitiés, Fabienne


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