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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 17:58
Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe (Le Passeur)

Tu me vertiges : l'amour interdit de Maria Casarès et Albert Camus

de Florence M.-Forsythe (roman)

(Le Passeur - Poche - avril 2018 - 437 pages)

Première édition : Le Passeur - 2017

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Florence M.-Forsythe, actrice et metteur en scène, a été une grande amie de Maria Casarès. C'est donc "de l'intérieur" qu'elle restitue ici le grand amour de Camus et Casarès, sous forme romanesque tout en restant très prêt des grands moments qu'ils ont vécu ensemble entre 1944 et 1960, année de décès d'Albert Camus.

Ironie de l'histoire, Camus et Casarès débutent leur amour à Paris le 6 juin 1944 ! Leur passion commune pour le théâtre les a réunis ce soir-là chez Charles Dullin et Camus propose à Maria de la raccompagner jusque chez elle. Ils vont alors vivre la libération puis la fin définitive de la guerre en se voyant régulièrement.

Maria est libre de toute attache, par contre Camus est marié à Francine. Après la guerre, elle rentre en France et reprend sa place auprès de son mari et le 5 septembre 1945, Catherine et Jean, jumeaux naissent. Le jour même, Maria dit à Camus qu'elle arrête sa relation avec lui : 

"Nous avons vécu une très belle histoire. Intense, mais c'était la guerre. Et maintenant, elle est terminée et la réalité nous rattrape. Moi, j'ai ma vie à faire... On s'est rapprochés par ce que l'on partage et par une attirance réelle. (...) Mais laisse-moi libre d'aller. Puis, le regardant à nouveau : je dois construire ma vie, aller de l'avant." (page 281-282)

Et puis le 6 juin 1948, soit exactement 4 ans après le début de leur amour, elle descend le boulevard Saint-Michel et croise Albert camus et leur amour reprend pour ne plus s'arrêter jusqu'à l'accident du 4 janvier 1960.

L'auteure s'est attachée à détailler leurs deux premières années de leur "amour interdit" (les 2/3 du roman) et va beaucoup plus vite sur les années 1948-1960 (le dernier tiers et aussi la dernière partie intitulée "l'amour un peu plus loin").

Il est certain que Camus n'a jamais voulu quitter définitivement son épouse, dépressive, qui souffrait en silence de cet amour et l'écrivain en avait conscience. Maria le comprenait aussi et a accepté, comme lui, cet amour fugitif. On sait à présent qu'ils se sont beaucoup écrit tout au long de ces années, depuis que leur volumineuse correspondance a été publiée par Catherine Camus.

Les deux livres se répondent. La correspondance comble les absences, pendant que le roman raconte leurs nombreuses rencontres et retrouvailles.

Le théâtre a réellement été au cœur de leur vie sociale et intime. Maria a joué les pièces de Camus.

Au début, c'est Maria encore très jeune (1922-1996), 22 ans lors de leur rencontre tandis que Camus avait déjà publié des livres importants dont "'L'étranger" et "Le mythe de Sisyphe" en 1942, qui a vraiment besoin de ses conseils et de sa force intellectuelle. Il a été alors un guide pour Maria.

Et puis, pour Camus, les années 1950 lui ont été très pénibles : brouille définitive avec Sartre en 1951/1952 au sujet de "L'homme révolté", début de la guerre d'Algérie, santé chancelante et tarissement littéraire. Seul le prix Nobel l'a réellement relevé en 1957. C'est lui alors qui a le plus besoin des conseils de Maria Casarès.

On voit également, au travers du roman, combien Maria, fille d'un homme politique déchu en Espagne sous Franco et venu s'installer en exil à Paris, a montré son combat pour sa liberté et plus généralement pour la liberté. Elle a su prendre sa carrière en main et s'est bien sûr sentie en osmose complète avec la pensée et les "combats" d'Albert Camus.

On peut augurer que leur vie aurait été bien autre sans cet amour.

"Tu me vertiges" résume bien cet amour. Et le roman nous ramène à cette vie parisienne des années 1944-1960 où l'on croise aussi bien Sartre et Beauvoir que Claude Simon, Queneau ou Marcel Herrand (1897-1953) qui a tant fait pour le théâtre et pour soutenir Casarès et Camus, sans oublier Picasso et tant d'autres.

 

Vous aurez compris que ce roman est passionnant et il faut le lire en confrontation avec leur correspondance.

Bonne lecture,

Denis

Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe (Le Passeur)

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commentaires

Shana 09/03/2020 18:20

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