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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 15:49
Les chimères de Gérard de Nerval

Ce petit recueil accompagnait, en 1854, les Filles de feu.

Ces douze sonnets sont parmi les plus mystérieux de toute la littérature française. De fait, Nerval a désiré fusionner ici ses expériences personnelles avec les préceptes de diverses doctrines ésotériques, comme si les événements qu'il vivait, comme si les amours qu'il éprouvait étaient tout autant de signes que le destin lui manifestait et qu'il se devait dès lors de couler dans la langue la plus magique et la plus hiératique qui soit.

Depuis cent cinquante ans, les lecteurs s'interrogent donc devant ces courtes pièces, parmi les plus belles issues du romantisme français. De fait, la connaissance de la biographie de Nerval (cf. notamment les liens du poète avec Jenny Colon qui inspira Myrtho et dont les cheveux flamboyants expliquent quelques-unes des allusions au feu contenues dans le recueil); une connaissance aussi de la généalogie imaginaire du poète (cf. là-dessus les mentions à Lusignan et Biron contenues dans El Desdichado); celle de la Cabale et des mythologies égyptiennes et grecques, ne sont pas de trop pour permettre une compréhension ne serait-ce qu'approximative du recueil. Mais, étrangement, même l'intelligence imparfaite de ses vers n'empêchent pas les Chimères d'exercer une fascination véritable sur le lecteur, pour peu que celui-ci sache, à partir des intuitions de Nerval, imaginer des correspondances et des résonances nouvelles.

(Source poetes.com)

 

Voici le premier sonnet, bien connu :

 

EL DESDICHADO

 

Je suis le ténébreux, — le veuf, — l’inconsolé,

 

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :

 

Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé

 

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

 

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

 

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

 

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?

 

Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;

 

J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

 

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

 

Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

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