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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 17:44
Testament à l'anglaise de Jonathan Coe (Folio)

Testament à l'anglaise de Jonathan Coe (Folio - 685 pages - 1997)

Traduit de l'anglais par Jean Pavans

Titre original : What a carve up ! (1994)

Première édition française : Gallimard 1995

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What a carve up ! : traduction approximative "Quel découpage !" devient Testament à l'anglaise. Et le point d'exclamation du titre a disparu. Dommage ! Je déteste les titres traduits n'importe comment.

Heureusement que le roman est de bien meilleure figure que le titre.

On plonge dans l'Angleterre des année 1945 à 1991 à travers une riche famille très influente mais bien étrange que celle des Winshaw.

Un premier drame à ébranlé la famille lorsque Godfrey a été abattu avec son avion au dessus de Berlin en 1942. Le corps n'a jamais été retrouvé et sa sœur Tabitha ne s’en est jamais remise sombrant dans la folie après avoir accusé son autre frère Lawrence d'avoir été la cause de la mort de Godfrey.

Un second drame survient en 1961 quand Lawrence surprenant un cambrioleur dans la riche demeure familiale de Winshaw Towers le tue.

Michael Owen, écrivain, reçoit bien plus tard, en 1990,la visite inopinée de sa voisine Fiona un soir alors qu’il regardait un film. Il eut du mal à se concentrer sur ce qu'elle lui dit. Il s'agissait en fait de faire un don pour une course caritative. Elle revint le lendemain avec des plantes et un journal qu'elle avait trouvé dans le métro. Il tomba alors sur la chronique hebdomadaire d'Hilary Winshaw qu'il suivait régulièrement bien qu'elles soient de mauvaise qualité.

Hilary à fait son plan de carrière sur l'opportunisme, l'hypocrisie. Elle a voulu aller vers le goût de la majorité des téléspectateurs et lecteurs de journaux se faisant chantre du »populisme ». Une carrière sans scrupules écartant de son chemin ceux qui la gênaient.

Owen, missionné par Tabitha, a a bien avancé son livre sur les Winshaw et rencontre ses deux éditeurs potentiels. Mais il apprend chez le second que le manuscrit a été volé la nuit dernière. Peut-être un coup de Henry Winshaw le plus virulent contre ce projet de livre qui salit sa famille.

Henry a réussi dans la politique de son côté, surtout au temps de Mrs Thatcher.

Michael est bientôt contacté par le détective Findlay Onyx qui lui dit être celui qui a volé le manuscrit. Il voudrait voir le mot écrit par Lawrence le soir de la mort de Godfrey. Ce devait être un message codé qui révélerait si oui ou non sa sœur est folle et que rien n'a été comploté.

Phoebe a cru à son talent de peintre au point d'accepter de passer un weekend au château familial de Roddy Winshaw et de se faire humilier par lui. Mais comme elle est infirmière égalemen, elle soigne Mortimer, devenu le patriarche de la famille et qui l'engage pour le soigner et lui offre une salle pour peindre.

Ainsi, défilent les uns après les autres les derniers survivants connus de la famille Winshaw : Dorothy, thomas, Henry, Mark, Roddy et Hilary. Des gens bien peu fréquentables. Certains ont honoré Saddam Hussein en lui livrant des armes et en l'aidant indirectement à envahir le Koweit.

Comme l'auteur, aime particulièrement la satire et l'humour anglais, il s'en donne à cœur joie pour montrer les faiblesses, voire les corruptions des dirigeants britanniques auxquels sont étroitement associés ces infâmes Winshaw.

Et ce pauvre Michael Owen, frustré avec les femmes, en manque d'inspiration après avoir publié deux romans remarqués, il se fait manipuler par cette famille.

On navigue beaucoup dans le temps dans ce roman pour refaire, recouper les parcours des uns et des autres sans noyer pour autant le lecteur qui s'amuse franchement de ces "pitres", parodies de pouvoir mais encore plus de "scènes" dignes de Hitchcock ou d'Agathie Christie, le cinéma et la littérature faisant régulièrement des clins d'oeil au lecteur.

Une lecture stimulante et on oublie vite qu'il y a près de 700 pages, tellement c'est vivant et plaisant. Et vous aurez une deuxième partie assez courte mais vraiment "explosive".

Le nouveau roman de Jonathan Coe "Numéro 11" semble être une suite possible à ce roman où l'on retrouve des Winshaw.

J'ai eu le plaisir de partager cette lecture avec Marjorie et nos échanges par Internet ont montré notre grand intérêt pour ce roman.

Bonne lecture,

Denis

 

Testament à l'anglaise de Jonathan Coe (Folio)

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commentaires

Sigrid 09/06/2018 00:27

C'est le premier livre que j'ai lu de Jonathan Coe. Depuis, j'ai lu presque tout ce qu'il a publié, c'est un tableau des années 60-2000, sans concession. Vous m'avez donné envie de lire "Numéro onze" dont je ne savais rien de la sortie. Merci !

Denis 18/06/2018 15:57

Je lirai aussi Numéro 11 en forme de suite à ce roman. J'aime aussi cet auteur. La maison du sommeil reste mon préféré.

BlueGrey 07/06/2018 19:05

J'ai beaucoup aimé ce roman, à la fois policier, thriller, psychodrame, romance... et son ton drôle et ironique !

Denis 07/06/2018 20:00

Tout à fait d'accord. C'est un roman qui joue sur beaucoup de registres et c'est une vraie satyre de l'époque Thatcher.

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