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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 22:04
L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)

L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet

Camille Claudel - Séraphine de Senlis - Aloïse Corbaz

(Editions du Rocher - 220 pages - Septembre 2016)

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3 femmes artistes, 3 femmes internées pour folie !

1/ Camille Claudel (1864-1943), internée de 1913 à 1943 - 30 ans de vie asilaire) 

Camille a été la grande sœur de Paul Claudel, sous influence de son père dans sa jeunesse avant qu'elle puisse à Paris être l'élève puis l'amante de Rodin.

Leur passion va être intense et leurs oeuvres se confondre. Mais il a une maîtresse attitrée Rose Beuret qui passe avant elle.

Elle trouve Rodin "bourgeois" et prend ses distances quand il veut renouer avec elle.

Dans les dernières années 90 sa paranoïa commence à se faire sentir. Elle est très fantasque annulant des invitations en dernière minute. Sa correspondance relève quelques  incohérences de langage. Elle se sent persécutée par Rodin et sa folie commence à se voir réellement en 1906.

Son père meurt début 1913 et elle est internée peu après à Saint-Evrard. Elle se rend vite compte qu'elle y est pour longtemps. L'asile va déménager dans le sud du début de la guerre en août 1914. Elle est installée définitivement à Montdevergues. Elle s'insurge au début contre cette "condamnation" à vivre puis mourir près des fous. 

Elle voudrait sortir d'ici mais sa famille s'y oppose. Paul va culpabiliser jusqu'à la fin de sa vie, remettant en cause le plaisir d'être chrétien. Elle saura lui rappeler dans sa correspondance qu'il a de quoi se sentir coupable. Elle meurt fin 1943 et lui douze ans plus tard en 1955. 

 

L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)
L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)

2/ Séraphine de Senlis (1887-1942), internée de 1932 à 1942, 10 ans de vie asilaire

Séraphine vient de la campagne. Elle est silencieuse et plutôt frustre mais elle travaille bien. Elle a appris à lire et à écrire. Discrètement elle s'intéresse au dessin et à la peinture. 

Elle va croire à l'amour avec Cyrille un jeune militaire peut-être fictif. Vers l'âge de 20 ans elle rentre au couvent de Clermont près de Senlis et va y vivre sa foi en étant femme de ménage pendant près de vingt ans. 

Mais l'enfermement lui pèse et elle entend comme un appel divin de devenir peintre. Elle collecte tout ce qu'elle peut pour peindre en secret. De 1906 à 1931, cette femme qui parait excentrique voire "dangereuse" au regard des autres s'épanouit ainsi sous le regard de Marie et Dieu. 

Le galeriste allemand Wilhelm Uhde amateur d'art naïf s'installe à Senlis en 1912 et s'attache les services de Séraphine pour son ménage. Il apprend par des amis qu'elle peint en rachetant un de ses tableaux. Il lui parle et lui donne des conseils. Il envisage de l'exposer à Paris mais la guerre éclate et il doit rentrer en Allemagne. 

Il faudra attendre quelques années après la guerre pour que Uhde reprenne contact avec elle. Mais il s'intéresse moins à son oeuvre jusqu'à ce qu'elle soit fin janvier 1932 internée à l'hôpital de Senlis puis à l'asile de Clermont. 

Elle ne peint plus mais écrit. Uhde la croit morte et elle ne reçoit plus d'argent de sa part. Alors elle retourne avec les autres pensionnaires. La guerre revient. Elle ne s'en rend pas compte mais le régime mis en place ne donne que peu de subsides aux asiles. Un cancer du sein va accélérer sa mort fin 1942. Sa notoriété viendra plus tard grâce entre autre à l'auteur de ce livre. 

L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)
L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)

3/ Aloïse Corbaz (1886-1964). Internée en 1918, 46 ans de vie asilaire 

Aloïse est née à Lausanne dans une famille modeste mais elle a été employée à la cour de Guillaume II au moment où allait éclater la grande guerre. 

Très vite elle sombre dans la schizophrénie et est internée en Suisse d'abord à Céry puis à La Rosière d'où elle ne sortira plus avant sa mort. C'est à l'asile qu'elle s'est mise au dessin. Les médecins ont gardé précieusement ses dessins pour mieux analyser et comprendre la schizophrénie. 

Jacqueline Forel, jeune médecin, fait connaissance d'Aloïse à l'asile. Elle se prend de passion pour ses dessins et une profonde amitié naît entre les deux femmes qui accompagnera les 25 dernières années de la vie de l'artiste. Jacqueline va entrer en contact avec Jean Dubuffet par hasard après avoir reçu une lettre que le peintre destinait à un autre docteur Forel. 

Jean Dubuffet tout comme André Breton aiment l'art brut. Ce que réalise Aloïse. Elle coud et assemble ses oeuvres très colorées dans la spontanéité de sa folie schizophrène.

L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)
L'art jusqu'à la folie d'Alain Vircondelet (Editions du Rocher)

Camille Claudel et Séraphine de Senlis ont perdu leur art à l'asile tandis qu'Aloïse Corbaz va commencer à dessiner à l'asile.

L'auteur retrace leur vie, leur art et leur folie avec finesse. Son art est celui d'un écrivain qui se penche sur des destins de femmes qu'il a longuement étudiés tout au long de sa vie.

C'est un vrai "livre passion".

Merci aux Editions du Rocher de m'avoir adressé ce livre en service de presse, surtout que j'apprécie Alain Vircondelet qui a beaucoup écrit sur Marguerite Duras et sur Albert Camus.

Bonne lecture,

Denis

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