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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 06:55
La belle romaine d'Alberto Moravia (Cercle du bibliophile)

La belle romaine d'Alberto Moravia (Le cercle du bibliophile - 408 pages)

Traduit de l'italien par Juliette Bertrand

Titre original : La romana (1947)

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J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre malgré une traduction trop francisée, au point que l'héroïne se prénomme Adrienne et que ses amis ont pour la plupart des prénoms français comme Jacques.

Ceci étant dit, l'histoire très linéaire, se lit avec bonheur. C'est le regard d'Adrienne (Adriana) qui nous est proposé. Malgré son manque évident de culture et d'éducation, Moravia l'a faite écrire avec grand talent.

 

Adrienne raconte qu'à seize ans, très belle, sa mère l'a faite poser nue chez un peintre par ailleurs toujours respectueux d' elle. Sa mère avait elle-même posé dans sa jeunesse. Et quand sa mère veut la faire entrer dans une troupe théâtrale où elle serait danseuse c'est un fiasco. Elle est trop"grosse" avec de trop gros seins pour faire une telle carrière.

Un matin elle voit un séduisant jeune homme qui lui propose de faire une promenade avec lui avant qu'il ne la dépose à son travail. Il se prénomme Gino et elle tombe vite sous son charme. Quand il lui dit qu'ils sont à présent fiancés, Adrienne en parle à sa mère et c'est la crise. Comment envisager un mariage avec un chauffeur alors qu'elle a d'autres ambitions pour sa fille. Quand Gino voit la mère par surprise et qu'il l'invite à dîner avec sa fille elle se détend mais dit malgré tout clairement qu'elle voit très mal ce mariage.

Gino lui fait visiter la maison de ses patrons et ce luxe lui donne envie d'avoir une maison propre et rangée à défaut de luxe. Ils font ensuite l'amour pour la première fois dans la chambre de Gino et quand Adrienne rentre chez sa mère celle-ci comprend ce qu'a fait sa fille. Elle la fait examiner par un médecin et se réjouit car elle est persuadée que Gino la quittera avant le mariage. Et pourtant les préparatifs se font sans failles. Chacun utilise ses économies pour acheter ce qu'il faudra dans la maison.

Adrienne a fait la connaissance de Gisèle un autre modèle du peintre, pas très intelligente mais elle en fait sa meilleure amie. Elle est fiancée avec Richard et la rencontre se passe très mal avec Gino. Gisèle a entrepris de lui présenter un homme marié et riche mais qui cherche une maîtresse à présent qu'il est séparé de sa femme. Et Gisèle a trouvé le moyen de faire une promenade en province pour la faire rencontrer Astarite. Pendant le repas dans une chambre à côté de la salle à manger du restaurant il lui fait l'amour presque de force. Au retour il lui donne de l'argent et elle l'accepte malgré tout presque avec fierté.

Rongée par le remords elle va voir un prêtre qu'elle trouve d'ailleurs à son goût. Il lui dit qu'il ne doit plus voir Astarite et qu'elle doit se marier au plus vite. Hélas, Gino retarde le mariage et sa mère et Gisèle lui disent que c'est la preuve que le mariage ne se fera jamais.

Astarite fait venir à son bureau Adrienne. Elle voit alors qu'il a une place importante dans le ministère de la police. Il déclare à son amie que Gino est marié et a une fille si bien que le mariage est impossible.

La vie d'Adrienne bascule alors dans la prostitution et se dit que cette vie est plutôt agréable.

Gisèle et Adrienne se font accoster dans la rue un soir par deux jeunes hommes en voiture. Très vite ils se retrouvent chez Adrienne. Elle sent de l'amour naître en elle pour Jacques.

Quand elle revoit Gino elle comprend que tout est fini entre eux d'autant qu'il a fait accuser une femme de chambre pour le vol du poudrier. Et son ami Sonzogne a été le receleur sauf qu'il a tué l'orfèvre et lui a volé son argent. C'est ce qu'il révèle à Adrienne quand il couche avec elle.

Le roman tourne alors presque au roman policier avec ce meurtrier qui peut devenir dangereux. Et puis Jacques en cette époque fasciste fait de la politique et il craint la prison.

Adrienne aime sans trop se poser de questions. C'est là le secret de son charme car elle est très naïve et il ne faut pas grand chose pour qu'elle se montre "romantique".

Elle a du charme cette jeune femme et elle nous convainc. Et on lui pardonne tous ses écarts... Connaitra-t-elle le vrai grand amour, durable ?

Un très beau livre, merveilleusement écrit, malgré sa facture très classique.

Bonne lecture,

Denis

 

Livre lu dans le cadre du mois italien proposé par Eimelle Laure

La belle romaine d'Alberto Moravia (Cercle du bibliophile)

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commentaires

eimelle 24/10/2015 20:03

encore un texte qu'il me faudra découvrir!

Denis 24/10/2015 20:32

J'ai beaucoup aimé ce roman qui restitue bien la vie et la psychologie d'Adrienne (Adriena) dans un contexte peu expliqué mais on comprend qu'on est alors en plein fascisme. Mais ce n'est en rien un livre politique. Moravia s'est toujours intéressé aux portraits de femme et c'est une belle réussite.

Valentyne 24/10/2015 18:26

Moravia sera ma découverte de ce beau mois italien :-)
Du coup je note celui ci (étrange cette traduction même des prénoms ....)

Denis 24/10/2015 20:33

Je le lis depuis longtemps et c'est toujours un plaisir de revenir à ses livres.

Florence 24/10/2015 17:20

Un roman que j'ai lu il y a quelques années en italien, comme plusieurs autres de Moravia, mais dans une édition de poche qui n'a rien à voir avec la tienne ! Comme toi, j'aime beaucoup l'écriture classique de Moravia qui se déroule avec fluidité. Un vrai plaisir de lecture !

Denis 24/10/2015 20:34

Ce qui m'a agacé c'est la traduction que l'on sent ici "vieillotte"? Ceci étant, j'adore toujours autant cet auteur.

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